0243 – Pataugeoire

Connaissez-vous cette magnifique chanson d’Anne Sylvestre ?

« Plus on approche de l’estuaire
Plus on se souvient du ruisseau
Qui, à peine sorti de terre,
Ignore tout des grandes eaux.
Qu’on ait cheminé sans histoires
Ou coulé comme un sauvageon
Tous on voudrait, comme la Loire,
Revoir son mont Gerbier-De-Jonc
 ».

Nous aussi, nous approchons de l’estuaire … et plus on approche … et plus on a envie de se souvenir de la source. Comblain-la-Tour, c’est notre Mont Gerbier-de-Jonc à nous.

30/09/2019 – JP Dz

1904
1.904 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pataugeoire : ( ? ) ; …; Monique  Kiełtyka ; …

Commentaires :

Monique Kieltyka : Ça, c’est une photo de moi ça. Je suis là, en total déséquilibre entre deux petites filles dont je ne me souviens plus des noms … Faut dire, qu’il y a toujours des cailloux pointus dans le lit de l’Ourthe et nous n’avions pas de basket aux pieds à abîmer dans l’eau …

1905
1.905 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pataugeoire : ( ? ) ; …
1906
1.906 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pataugeoire : Nadine Kucharzewski ; Mme Blaszka ; … ; Monique  Kiełtyka ; … ( collection Zdzisław Blaszka ).

Commentaires :

Monique Kieltyka : Ah lala, ne jamais manquer d’élégance même en baignade … Je ne sais pas qui est la dame près de nous … ( moi de dos en maillot bleu foncé à brides blanches et croisées ) mais vous avez remarqué … lunettes de soleil et petit sac à main blanc …

1907
1.907 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pataugeoire : ( ? ) ; …; Madame Kiełtyka ; …

Commentaires :

Monique Kieltyka : Très « brouillée » la photo, mais c’est encore une photo de ma maman de dos. D’après mon frère son maillot était bleu ciel et son bonnet blanc. Faut dire qu’il y avait toujours un ou deux adultes dans les parages. On ne nous laissait pas sans surveillance. Je pense que ce jour-là il devait faire très chaud et ça ne devait pas être très profond …

1908
1.908 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pataugeoire : ( ? ) ; …
1909
1.909 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pataugeoire : Après la baignade : ( ? ) ; …

 

0236 – Les glaces à l’eau de Monsieur Bardo

Ce n’était pourtant que de l’eau sucrée et glacée, aromatisée à l’orange ou au citron, et figée sur un petit bâton plat en bois … mais qu’est-ce que c’était bon les glaces à l’eau de Monsieur Bardo !

Avec sa petite échoppe, Pan Bardo parvenait à combler la plupart de nos petites gourmandises. L’essentiel nous était déjà apporté pendant les repas, mais ce petit plus … cette petite fantaisie qui fait que l’enfance est si douce … ce petit goût sucré qui nous faisait tous craquer … c’est là, dans la modeste boutique, située entre la cuisine et la grande porte d’entrée, que nous trouvions notre bonheur. Il y avait là des cartes postales, des timbres et même du papier à lettres … mais surtout des bonbons … L’offre n’était pas très diversifiée, mais elle suffisait à satisfaire toutes nos envies. À l’époque, il existait beaucoup moins de variétés de friandises. Les mentos, dans leurs tubes, étaient encore tout blancs … dans les petits sachets de gommes, on avait le choix entre des souris ou des oursons colorés … la réglisse avait la forme d’un lacet ou de pièces de monnaie noires où des visages inquiétants se laissaient dévorer … il y avait encore ces soucoupes acidulées que nous appelions des hosties … les sugus et les fruitella se présentaient en tube, mais les treets en sachets … on pouvait avoir des sucettes de différents goûts et des bonbons sous forme de quartier d’orange ou de citron.

Si les chewing-gums ( nos chics ) s’appelaient déjà « Hollywood », les chocolats étaient encore bien belges … c’étaient des bâtons de chocolat « Jacques ». Dans chaque bâton, ils avaient six morceaux détachables et on pouvait choisir entre banane, moka, trois fruits, praliné ou au lait avec des noisettes entières. Mmm. On achetait un chocolat pour aller en promenade, mais on ne résistait pas à l’envie de le déballer avant de partir … pour croquer juste un des six morceaux … En cours de route, on se rappelait encore qu’on l’avait fourré dans une poche et on s’en payait encore un bout … et puis, dans l’euphorie, on l’oubliait. C’est au soir, en se déshabillant qu’on retrouvait le sachet de chocolat … tout fondu … mais qu’on mangeait quand même.

Bien sûr, tous ces « extras », il fallait les payer nous-même. À l’époque, notre argent de poche … ce n’était pas beaucoup … Pour aller en colonies, on économisait bien un peu avant, mais ce n’était jamais une fortune ; on s’en contentait. Parfois, on aspirait à être déjà le dimanche quand les parents viendraient nous rendre visite à Comblain, pour obtenir une « rallonge ». On apprenait surtout à gérer notre budget. Et quand on avait choisi son bonbon ou sa glace et que c’était le moment de payer, on comptait les pièces, une à une, sous le regard patient et amusé de Pan Bardo. Là encore on ne pouvait pas s’empêcher de penser aux parents ! Rappelez-vous sur chacune de ces pièces, il y avait un visage de mineur qui était gravé … c’était les visages de nos pères. On avait l’impression de payer nos friandises avec des gouttes de sueur de nos papas. Et ça rendait encore meilleures les glaces à l’eau de Monsieur Bardo.

Pour que les plus petits ne perdent pas leurs sous, on les encourageait à confier leur précieux trésor soit à leur moniteur ou monitrice, soit directement à Pan Bardo. Des listes reprenaient les noms, les prénoms et le « solde des comptes » de chaque dépositaire … le tout dans une confiance totale, évidemment. En quand l’argent venait à manquer, il n’était pas rare que le moniteur, la monitrice et même Pan Bardo, émus par nos regards tristes, « s’arrangeaient » pour nous offrir encore une de ces irrésistibles glaces à l’eau de Monsieur Bardo.

Personnellement, je n’ai pas eu recours à cette méthode car, quand j’étais enfant, ma mère travaillait toujours comme cuisinière. Quand j’avais envie d’une friandise, il suffisait que je me glisse discrètement dans la cuisine, que je slalome entre les tabliers, que je relève la tête pour être sûr d’être devant le tablier de maman … et que je tire dessus. Et même si toutes les autres dames savaient déjà pourquoi j’étais là, il y en avait toujours une ou l’autre pour me demander : « Qu’est-ce que tu voudrais ? » juste pour m’entendre dire : « J’ai besoin d’une glace ! ». Et toutes éclataient d’un rire tendre et compréhensif. Maman frottait alors ses mains dans son tablier, nous sortions ensemble de la cuisine, puis du bâtiment, pour rejoindre la vieille maison blanche près de la grille d’entrée où logeaient les cuisinières. Je grimpais les escaliers en courant et j’attendais là, devant la chambre, qu’à son tour maman me rejoigne. Elle avait pris soin d’apporter avec elle la grosse clé et ouvrait enfin la porte.

Le spectacle de cette chambre m’impressionnait toujours. C’était spartiate, vétuste et sans aucun confort ! Les six ou sept lits étaient alignés comme dans une prison … juste quelques planches pour ranger les vêtements qui pour la plupart restaient dans des sacs posés par terre … un seul lavabo … très peu de lumière. À chaque fois, ma première impression, quand je rentrais là, c’était une espèce de compassion teintée de tristesse. Heureusement, maman avait vite fait de prendre quelques pièces dans son porte-monnaie et de me les donner … adieu tristesse … adieu compassion … j’étais déjà en train de courir dans l’escalier, les pièces à la main, avant que l’échoppe ne ferme et me prive du « plus important » … une glace à l’eau de Monsieur Bardo.

Par contre quand, à son tour, maman avait besoin de moi … juste pour me voir … juste pour être sûre que tout allait bien … et qu’elle me cherchait du regard dans le parc … j’essayais, comme un con, par tous les moyens de lui échapper ! Je ne voulais pas que les autres garçons se moquent de moi et me traitent de « fillette » à sa maman. Alors, je me dérobais à ses yeux, je me cachais derrière les arbres et les buissons et la laissais retourner inquiète vers sa cuisine. Et je n’en suis vraiment pas fier !

Elle aurait tant aimé qu’on passe ensemble quelques minutes … juste quelques minutes. L’enfance est cruelle !

Aujourd’hui, je m’en veux tellement de ne pas lui avoir offert ce petit plaisir. J’aurais tant aimé le faire. J’aurai tant aimé aussi avoir un tout petit peu de talent pour lui écrire quelques mots tendres à la manière du chanteur Renaud sur l’air du « Mistral gagnant » …

« Ah, m’asseoir, dans le parc, cinq minutes avec toi,
Laisser les autres y courir sans moi …
Sacrifier pour une fois quelques rires, quelques jeux
Pour prendre mon plaisir dans tes yeux.
Te serrer dans mes bras devant les autres enfants
Et t’offrir là un peu de mon temps.
Te raconter enfin mes journées en colo
M’attarder sur les trucs rigolos.
M’abreuver de ton rire en te tenant la main,
Partager mon bonheur d’être ici à Comblain.
Te remercier pour tout … et pour les glaces à l’eau …
De Monsieur Bardo !
 ».

https://www.youtube.com/watch?v=_YqzuE-5RE8

12/08/2019 – JP Dz

Commentaires :

Milczanowski Véronique : Pas de doute, Jean-Pierre, le talent est sans conteste à la pointe pleine de poésie de ta jolie plume … Merci de décrire si bien ce que mon cœur ressent si profondément …

Josee Zawadzki : Oui, Mr Bardo … je ne l’oublierais jamais. Je l’ai connu depuis ma naissance, on habitait les carrés de Bois-du-Luc en ce temps-là. Repose en paix.

1823
1.823 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade dans les bois : Madame Bardo ; (? ) ; … ; Marek Bujanowski et juste derrière lui, Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; (? ) ; Jerzy Bardo ; la monitrice, Helcia Garsztka ; le Chef moniteur, Zdzisław Blaszka.
1824
1.824 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le drapeau : (? ) ; … ; Ks Kurzawa ;… ; (? ).
1825_1978
1.825 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Devant la petite chapelle : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1826_1978
1.826 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Devant la petite chapelle : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; ( ? ) ; Ksiadz Czesław Kiek ; Jef Rozenski ; Pan Paterka ; ( ? ) ; …
1827_1979
1.827 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko : Freddy Motała ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski ; ( ? ) ; … ; Henri Zapałowski ; ( ? ) ; …
1828_1979
1.828 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1829
1.829 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Jerzy Kiełtyka ; ( ? ) ; … ; Pan Bardo ;… ; ( ? ).
1830
1.830 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; Jerzy Kiełtyka ; … ; ( ? ).
1831
1.831 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1832_1979
1.832 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko : ( ? ) ; Ks Kurzawa ; … ; ( ? ) ; et en partant de droite : Irena Malek ; Thérèse Spiewak ; Monique Paluszkiewicz ; ( ? ) ;  … ; Nathalie Swiderski, qui danse ; plus haut : Michel Konarski ; Piotr Rozenski ; Dominique Ogonowski ; Nathalie Haine ; Cécile Dannielewski ; Béatrice Laffut, sa soeur, Fabienne Laffut, près de David et …..
1833_1977
1.833 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : En promenade : ( ? ) ; Dominique Ogonowski ; ( ? ) ; ( ? ).

 

0207 – Ala i As à Comblain-la-Tour

Regardez la photo 1.542 … ce petit air de déjà vu … on croit rêver mais … c’est l’incarnation d’Ala i As !  Vous la reconnaissez ? Oui, vous ne rêvez pas, c’est : Ala i As à Comblain-la-Tour !

C’est exactement comme ça que je me représentais Ala : même sourire un peu rêveur, même douceur dans le regard. Ala a enfin un visage. Comment ne pas se remémorer toutes les aventures de la petite fille modèle qui a bercé notre enfance. La voir là, à Comblain, c’est magique. Et même si As à l’air d’être un peu distrait, on imagine déjà la page suivante … la prochaine aventure … la suite. On n’a qu’une envie : continuer à feuilleter.

Ce sourire vous le connaissez, évidemment ! Il n’a pas changé. Et c’est toujours un plaisir de le revoir. Elle était avec nous en septembre. J’aurai dû prendre avec moi mon exemplaire de l’Elementarz pour le faire dédicacer ! Je suis sûr qu’elle l’aurait fait avec beaucoup de plaisir et d’humour. J’entends déjà son rire si communicatif et je m’attends à une de ses réparties, moitié en polonais moitié en français, dont elle a le secret.
Pour ceux qui en douteraient encore, ce sourire, c’est celui de Monique Kiełtyka … et en voici encore, sur la photo 1.543, deux autres « échantillons » pris à quelques mètres de distance, à quelques années d’intervalle. Elle n’a pas changé.

Les photos publiées aujourd’hui témoignent d’une autre réalité, d’un autre aspect de Comblain tout aussi important. Comblain-la-Tour, ce n’est pas « seulement » une colonie de vacances … ce n’est pas « seulement » un lieu où les enfants se rendaient, sans leurs parents, pour faire l’apprentissage d’un autre mode de vie que le modèle familial ! Comblain, c’est aussi un endroit où on se rendait régulièrement en famille, comme dans une maison de vacances où on aurait eu ses petites habitudes. Sur ces photos, Ala – ou plutôt Monique – n’a visiblement pas l’âge de participer aux colonies. Pourtant, entourée par ses parents, et par ses proches, elle découvre un autre lieu de vie, une autre maison, un autre jardin que le sien … et elle a l’air de s’y sentir déjà comme chez soi. Rien d’étonnant.

L’avantage des lieux chargés d’émotions, c’est qu’ils ne demandent qu’à déborder. Et quand ce sont nos propres émotions qui remplissent ces lieux … on n’a pas envie de résister. On se laisse envahir par la tendresse du moment, par la douceur des sourires ou par la solennité de l’instant. Et la photo devient la clé du plaisir.

Ce n’est pas par hasard si la photo 1.542 nous fait tellement penser à Ala i As. C’est parce que Comblain s’inscrit parfaitement dans la suite logique des choses : une famille qui cultive des valeurs polonaises, un entourage qui entretient les traditions, une école du samedi qui donne du sens à cette éducation, des structures qui multiplient les manifestations culturelles, des mouvements de jeunesse qui éveillent au folklore et, enfin des lieux de rassemblement qui prolongent le sentiment d’appartenir à une communauté. Ça s’appelle la cohérence  et on peut dire que nos parents n’en manquaient pas. Ce n’est pas qu’ils voulaient absolument nous façonner à leur image ou nous « formater », mais ils savaient que pour l’équilibre des enfants, il était important de faire preuve de cohérence. C’est sans doute la vertu qui fait le plus défaut aujourd’hui dans le monde où nous vivons.

Il y a mille et une manières de raconter Comblain … Et nous nous y attelons chaque lundi, en essayant d’aborder le sujet, à chaque fois, par un éclairage différent. N’avons-nous pas chacun « Notre Comblain » ?

Si la réalité dépend du prisme à travers lequel on la regarde, il doit exister des centaines de Comblain. Celui que j’ai envie de montrer aujourd’hui, c’est celui d’un endroit accueillant et convivial où on vient en famille, où on prend la pose, avec ses parents, ses frères et sœurs, pour alimenter l’album familial. Album qu’on feuillettera ensuite avec tellement de plaisir, les longs soirs d’hiver, pour se souvenir d’où on vient.

Comblain, c’est cet endroit où se créaient parfois des liens quasi-familiaux à une époque où il n’était pas toujours simple, ni évident, d’entretenir des liens avec les familles restées en Pologne … Comblain, ce petit bout de terre polonaise qui savait – et sait toujours – accueillir et entretenir le souvenir !

Alors, oui, on aimerait beaucoup feuilleter vos albums, parcourir vos souvenirs dont Comblain est la toile de fond et découvrir ainsi d’autres facettes de ce lieu si attachant !

21/01/2019 – JP Dz

1542
1.542 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ala i As – Monique Kiełtyka.
1543
1.543 : COMBLAIN-LA-TOUR : Monique Kiełtyka.
1544
1.544 : COMBLAIN-LA-TOUR : Monique Kiełtyka entourée par ses parents.
1545
1.545 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sous le perron : Monique Kiełtyka et ( ? ).
1546
1.546 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sous le perron : Madame Kiełtyka ; Madame Bardo.
1547
1.547 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le réfectoire : Stefan Romanowicz ; Christine Romanowicz.
1548
1.548 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le pare-terre : Stefan Romanowicz ; Christine Romanowicz.
1549
1.549 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant les tartines : Stefan Romanowicz  ; Jeanine Romanowicz ou Halina Chudzicka ; Christine Romanowicz et Monsieur Romanowicz.
1550
1.550 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant les tartines : Madame et Monsieur Chudzinski ; Monsieur Jurga ? ; Ciocia Franka ; … ; Halina Chudzicka ou Jeanine Romanowicz,  Stefan Romanowicz, Christine Romanowicz ; Monsieur et Madame Kciuk.

 

0198 – Ce jour-là, il y avait banane …

Je me mets à la place de ceux qui avaient reçu comme instruction, avant de partir en colo, d’écrire régulièrement aux parents pour expliquer leurs activités journalières … Pour certains jours, c’était relativement facile, un évènement ou un autre avait tout à coup fait irruption dans notre quotidien … c’était l’évènement du jour, tout le monde en parlait et il semblait important de le raconter aux parents. Par contre, il y a des jours … où il ne se passait rien !

La journée s’était déroulée sans péripétie particulière. Tout ce qui avait été programmé s’était enchaîné sans incident. C’était la routine qui battait la mesure au rythme des usages immuables qui ordonnançaient chaque moment de la journée … sans qu’aucun de nos rituels habituels ne subisse le moindre dérapage. Bref, il n’y avait rien à dire !

J’imagine les malheureux « reporters » désespérés devant leur feuille blanche, mâchouillant le stylo à bille et se creusant la cervelle pour quand même écrire quelque chose … C’était d’autant plus important qu’il fallait abreuver les parents de toutes sortes de détails pour qu’ils aient le sentiment que leur progéniture non seulement ne s’ennuie pas, mais n’arrêtent pas de découvrir, d’apprendre, d’expérimenter … Nous, la douceur de la routine … l’absence d’extraordinaire, ne nous dérangeait pas … au contraire, on en redemandait.

Nous, depuis le matin, on avait déjà chanté et prié devant le drapeau, on avait eu nos trois promenades et nos quatre repas, on était partis à l’aventure sous une chaleur de plomb et on était rentré trempés sous une drache mémorable, on avait participé à la vaisselle, ramasser les « grzybki », vécu une journée ordinaire … alors quand le soir arrivait, et que nous étions enfin libres de faire ce qu’on avait envie, c’est souvent « ne rien faire de tout » qu’on choisissait.

On se laissait glisser lentement vers cette sorte de torpeur qui fait qu’on se sent vraiment en vacances. On laissait l’oisiveté nous envahir … On traînait un peu dans le parc, on se laissait aller à quelques confidences, on en profitait pour faire des papouilles au petit chat et des ronds dans l’eau de la rivière en y jetant ces petits cailloux noirs qu’on avait ramassés sur les chemins … L’Ourthe, sans doute heureuse de nous retrouver, jouait cette petite musique si agréable, si mélancolique, qui nous enveloppait d’une langueur si douce que pour rien au monde on n’aurait voulu être ailleurs … Même la lumière du jour, inspirée par notre indolence, décidait de faire relâche en nous offrant cette clarté suave si propice à la mélancolie. On s’apprêtait à aller, enfin, s’installer dans un de ces petits endroits si singuliers, qui ne prêtaient pas de mine, mais qui nous donnaient l’impression que chacun d’entre nous avait sa place … préférée.

Alors, cette fameuse lettre à écrire … cette corvée qui allait nous faire perdre quelques minutes de si précieuse paresse … il fallait trouver le moyen d’en finir ! J’imagine, en regardant la photo 1.466, à quoi elle pouvait se résumer :

« Chère maman, cher papa,

Aujourd’hui, on a eu des bananes …
Pour le reste, tout va bien, je n’ai pas le temps de vous écrire plus … on a encore plein de chose à faire avant d’aller dormir.

Alors bonne nuit !

Jean-Pierre, à Comblain-la-Tour, le 14 juillet 1972 »

1466
1.466 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Au premier plan : Czesiu Kucharzewski ; ( ? ) ; Georges Załobek ; Jerzy Bardo ; Léo Wattiez ; A l’arrière : Alexandre Persich ; Christian Wisła ; Pierre Front ; ( ? ).
1467
1.467 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; … ; ( ? ) ; Dr Rudolf Wilczek ; ( ? ).
1468
1.468 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : Beata Kotara ; Nathalie Swiderski ; Annie Kieltyka.
1469
1.469 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : Sophie Swierkowicz ; Yolande Hordynska.
1470
1.470 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : Dominique Ogonowski ; Christine Piech ; Monique Paluszkiewicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; Anne-Marie Kantyka.
1471
1.471 : COMBLAIN-LA-TOUR : A la vaisselle : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1472
1.472 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le perron : Dominique Ogonowski ; Alexis Łagocki ; Marek Bujanowski.
1473
1.473 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au bord de l’Ourthe : Hélène Piech.
1474_1976
1.474 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1976 : A sa place préférée, en attendant le prince charmant : Dominique Ogonowski.

 

0188 – Purpere Duivel

Pas plus tard que la semaine dernière, j’évoquais le passage à Comblain-la-Tour d’un « sex-symbol » Roger Moore, alias « Le saint » ! Mais l’illustre acteur n’est pas le seul Don Juan qui ait hanté les rues du petit village ardennais. Que nenni … il y en a eu d’autres … Bien sûr, tous n’ont pas été surnommés « Le saint » … parfois c’était même le contraire ! Celui dont il est question aujourd’hui était surnommé : « Purpere Duivel », le diable pourpre ! ? !

Malgré de longues recherches et d’inlassables questionnements, je ne suis pas en mesure aujourd’hui d’expliquer pourquoi Czesiu Kucharzewski a été rebaptisé le « Purpere Duivel » de Comblain. Je pense que lui non plus ne le sait pas. Nous en sommes donc réduits aux conjectures. Et puisqu’il nous faut envisager différentes hypothèses … allons-y. Je me régale déjà …

Tout d’abord les faits : bien que je m’honore d’être un proche de Czesiu, je n’avais jamais entendu parler, durant les colonies, de ce surnom. Pourtant il était connu et largement utilisé par les filles. La preuve : lors de notre première rencontre, en septembre 2015, c’est la première chose que ces dames du Limbourg – Zosia, Regina, Monica et Elisabeth – ont rappelée ! Pour se souvenir, après 40 ans, d’un détail aussi précis à propos de quelqu’un … il faut que cette personne ait marqué durablement les esprits. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le type ne laissait pas indifférent et n’est pas passé inaperçu ! Mais pourquoi le Diable pourpre ?

Je pense qu’on peut d’emblée rejeter une quelconque ressemblance avec le personnage de « Simon Templar » de la série télévisée. L’un est un intrépide cascadeur … l’autre moins. De là à prétendre que c’est tout le contraire, et que donc c’est normal d’opposer le Saint au Diable, c’est un paralogisme que je me refuse d’envisager. D’autant plus que Roger et Czesiu ont quand même des points communs … ils sont tous les deux aussi sympathiques que beaux gosses !

Peut-être faudrait-il essayer de trouver l’explication en commençant par la couleur parce qu’il est bien question ici de la couleur « pourpre » et non pas « rouge » … la nuance est précise ! « Rode duivel » aurait été bien plus simple, on aurait pu penser à la politique ou au sport !

Le pourpre, c’est la couleur des cardinaux. On en revient à quelque chose qui évoque la sainteté. Et donc, associer la couleur du Vatican au pire ennemi de l’Église, n’est-ce pas une manière de mettre en lumière l’ambivalence du personnage ? Ou de décomposer le spectre de lumière qui s’en dégage ? D’autant plus que la couleur pourpre est absente dans l’arc-en-ciel … le saviez-vous ?

Alors bien sûr, les plus pragmatiques d’entre vous ne me suivront pas si loin et opteront plutôt pour une explication plus basique … Le pourpre est la teinte la plus proche du mauve, avec qui il partage d’ailleurs cette exception grammaticale … celle des adjectifs de couleurs qui proviennent de noms de choses, mais qui s’accordent quand même. On dira : « des robes marron », et non pas « des robes « marronnes », mais pourpres s’accorde, donc : « les culottes sont pourpres ». J’ignore si Czesiu portait des culottes pourpres ?

Mais si c’est le cas, qui – et dans quelles circonstances – aurait pu dévoiler cette petite fantaisie vestimentaire ? L’information serait alors passée de bouches à oreilles et aurait traversé les années sans qu’on puisse se souvenir comment elle aurait filtré ? Mais ce n’est qu’une hypothèse, bien sûr. Peut-être que d’ici quelques jours, lors de notre week-end de septembre, nous pourrions vérifier ?

Le mauve est aussi la couleur de club de football d’Anderlecht qui avait, à l’époque, la faveur de Czesiu … c’est aussi une explication possible, mais beaucoup moins poétique. Mais je préfère la précédente.

Pour le reste, il faut bien admettre qu’avec sa « petite gueule d’ange » et son humour « démoniaque », Czesiu était inclassable … à part dans la catégorie « mi-ange – ni-démon ». Son côté « petit diable », n’échappait à personne. On aurait pu lui donner le bon Dieu sans confession et en même temps, on préférait échapper à ses reparties qui pouvaient parfois être cinglantes.

Pour en avoir le cœur net, j’ai analysé plus en détail les photos sur lesquels il est présent, et … en y regardant de plus près … j’ai constaté qu’un détail m’avait échappé jusqu’ici… voyez vous-même. Je n’ai fait qu’augmenter la sensibilité des clichés…

10/09/2018 – JP Dz

1358_Le_Saint
1.358 : Roger Moore, alias « Le Saint ».
1359_L'autre_Saint
1.359 : COMBLAIN-LA-TOUR : Purpere Duivel : Czesiu Kucharzewski, alias le « Purpere Duivel » ; Richard Konarski ; Freddy Fuitowski ; Jerzy Bardo.
1360
1.360 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Czesiu Kucharzewski, « Purpere Duivel », entouré de Annie Borowski ; ( ? ) ; Zosia Król ; Hélène Borowski ; Annie Wisła ; Micheline Zwierzyk ; Betty Nowicki ; Alexandre Persich ; Isabella Cosaro ; Annie Nowicki ; Zuhal Gunal ; ( ? ) ; Eric Nowicki.
1361
1.361 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Edward Kucharzewski ; ( ? ) ; … ; Lydia Młynarski ; Zuhal Gunal ; Annie Wisła ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; … ; Czesiu Kucharzewski ; Richard Konarski ; Georges Persich, debout ; Jerzy Bardo ; Pierre Bartnik ; Ks Józek, le séminariste ; Helena Wochen ; Eveline Ogonowski ; Ks Kazik, le séminariste ; Henri Bogdanski ; ( ? ) ; … ; Mr Załobek ; Mme Załobek ; Mr Józef Rzemieniewski.
1362
1.362 : En spectacle avec le KSMP de Mons : Pierre Front ; Czesiu Kucharzewski ; à l’arrière, Pascal Łagocki ; Freddy Motała ; Giovani Cortelletti.
1363
1.363 : Quelque part, au bord d’un lac : Zuhal Gunal ; Czesiu Kucharzewski.
1364
1.364 : Quelque part, au bord d’un lac : Pierre Front ; Michel Brzezicha ; Pascal Łagocki ; Czesiu Kucharzewski ; Didier Boucheï ; Freddy Motała ; Giovani Cortelletti ; Martine Brzezicha ; Lydia Hantson ; Patricia Dudziak ; Sylvie Motała ; Zuhal Gunal ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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1.365 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2015 : Au retour de la promenade à Hamoir : Jean-Pierre Dziewiacien ; Czesiu Kucharzewski.
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1.366 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2016 : Spectacle commun de Spotkanie et Wisła : Czesiu Kucharzewski, entouré des danseuses de Spotkanie.
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1.367 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Au bord de l’Ourthe : Czesiu Kucharzewski, enfin apaisé …

0170 – Salle des moniteurs

J’ai envie, aujourd’hui, d’évoquer avec vous une des aspirations les plus récurrentes des moniteurs et monitrices que nous étions : le besoin d’avoir quelques moments rien qu’entre nous !

Toutes nos journées à Comblain étaient réglées comme du papier à musique … Les activités s’enchaînaient et nous laissaient peu de place pour un peu de temps de libre. Nous étions responsables des enfants 24 heures sur 24. Alors, le soir venu, on se prenait à rêver de quelques minutes … rien que quelques minutes … où on pourrait décompresser … lâcher prise … s’entourer de jeunes gens qui avaient le même âge et les mêmes préoccupations que nous … Il nous paraissait important aussi d’échanger nos expériences de la journée, d’apprendre, aux autres moniteurs, ce que nous avions découvert nous-même, de partager …

Évidemment, à toutes ces nobles intentions, il faut bien ajouter notre besoin de se retrouver entre garçons et filles pour « fréquenter » un peu.

Ks Kurzawa n’était pas favorable à ces échanges. Quand je dis qu’il n’était pas favorable, c’est un euphémisme !

Pour lui, le sacrifice devait être complet. On était venus pour s’occuper des enfants … « alors occupez-vous des enfants ! ». Et pas question de revendiquer quoi que ce soit ! On avait beau lui expliquer qu’on en avait besoin … que ça ne nuisait en rien à l’efficacité de notre engagement, au contraire … qu’il n’avait qu’à, lui, s’occuper toute la journée d’une bande de joyeux lurons pour qui mettre en difficulté un moniteur ou une monitrice était un passe-temps très amusant … notre directeur restait inébranlable.

Et puis tout d’abord, dire qu’« On était venus pour ça … », c’était une vision très poétique … Il fallait le dire vite pour le croire un peu. Nous venions à Comblain pour beaucoup de raisons … un peu pour s’occuper des enfants … mais aussi « beaucoup » pour s’amuser, pour rencontrer d’autres jeunes du même âge et de la même origine que nous. Et si de ces rencontres pouvaient naître des couples qui perpétueraient les traditions et poursuivraient l’action, c’était tant mieux. Tous les adultes autour de nous en étaient pleinement conscients … sauf Ks Kurzawa.

Du coup, chaque année, à chaque turnus, c’était le même manège : les premiers jours, on n’osait pas trop en parler, pour ne pas brusquer le directeur … après quelques jours, on finissait par aborder le sujet, du bout des lèvres, sans vraiment insister … le prêtre faisait semblant de ne pas comprendre … quelques jours encore, et on osait enfin dire ce que nous voulions … Ks Kurzawa semblait tomber des nues … comme si la demande était nouvelle … devant son attitude, on commençait à insister fortement … il se mettait en colère en espérant que ses cris nous dissuaderaient … on faisait monter la pression … il se raidissait … finalement … il acceptait que nous nous réunissions pendant une heure en soirée … mais c’était déjà la fin des vacances. Et quand le nouveau turnus recommençait, on recommençait la boucle.

L’homme était très  rusé. Il savait parfaitement qu’en jouant à ce petit jeu du chat et de la souris, il parviendrait à limiter nos aspirations à un petit peu de liberté. En fait, il ne se départissait jamais de son rôle de garant de la morale et du sérieux. Comme il connaissait trop bien la nature humaine en général et la notre en particulier, il comprenait certainement nos besoins, mais il semblait persuadé que nous n’étions pas des anges … allez savoir pourquoi …

Plusieurs d’entre vous m’ont déjà évoqué leur combat. Quelques fois, l’issue a été positive, à d’autres moments, il a fallu aller jusqu’à faire « grève » … Par moments, on a été jusqu’à avoir notre propre salle des moniteurs … mais ça n’a jamais duré très longtemps. Racontez-nous vos expériences, vos victoires et vos défaites.

Elles font partie de l’histoire mouvementée de nos colonies de vacances.

07/05/2018 – JP Dz

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1.203 : COMBLAIN-LA-TOUR : Salle pour les moniteurs : Henri Zapałowski ; Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; Irena Malec ; Anne-Marie Kantyka ; Christine Piech ; ( ? ) ; Jef Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Richard Szymczak.
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1.204 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le perron : ( ? ) ; ( ? ) ; Lodzia Baum et Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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1.205 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur l’escalier de l’entrée principale : Michel Pająk ; Dominique Ogonowski ; Patricia Jakobowski ; Pierre Bartnik ; Helena Wochen.
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1.206 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de volley : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; … ; ( ? ).
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1.207 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; Antek Kiełbowicz ; Jerzy Bardo ; Pani Veronica Załobek ; … ; ( ? ).
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1.208 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Dans le parc : Pani Bardo ; Pani Duszowa ; Ks Kurzawa ; David Brismé et sa soeur.
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1.209 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Dans le parc : Fabienne Laffut ; Piotr Rozenski.

 

0166 – Balançoires, carrousels et toboggans

Les photos d’aujourd’hui semblent directement sorties d’un catalogue de vente de jeux et d’équipements de plein air ! On y voit des enfants sagement installés sur des toboggans, des carrousels et autres portiques. On s’attend presque à voir, juste en dessous, une légende du genre : « Voyez comment ces enfants sont heureux d’utiliser les toboggans « truc-much » et les balançoires « machin-chose. Si vous voulez voir vos enfants aussi satisfaits, n’hésitez pas à acheter nos modèles en stock ! ».

Et c’est vrai, que nous adorions passer du temps sur ces engins-là. D’ailleurs, il y avait souvent la queue. Nous filions vers le terrain de volley, après chaque repas, pour être les premiers à nous balancer … mais il fallait être rapide … les places étaient chères. Heureusement, en bonne cohabitation, et devant l’impatience des retardataires, les premiers venus finissaient toujours par partager leur temps de lévitation. Les frustrations restaient de courte durée. Par contre, les cris de joie, et parfois de frayeurs, n’arrêtaient jamais.

On aurait pu proposer ces photos à des publicistes … il y avait là du bonheur à revendre … mais personne n’y a pensé. Personne d’ailleurs ne pensait à tirer profit de quoi que ce soit. Ce n’était pas encore « à la mode » de se faire sponsoriser. Le seul plaisir que nous connaissions, c’était celui de vivre intensément l’instant présent.

Il n’y a pas de doute, ces installations ont été bien amorties. Nous y avons usé nos fonds de culotte. On ne peut que remercier les responsables de l’époque d’avoir toujours veillé à nous offrir ce qui se faisait de mieux comme jeux de plein air. Même si parfois l’attraction était un peu dangereuse, comme cette fameuse balancelle qui a tant coincé de doigts ! Finalement, c’est nous qui étions plus dangereux que ces installations. La preuve, combien en avons-nous abîmé ? Et que sont-elles devenues ?

Soyons clairs, tout le monde se fiche éperdument de savoir où sont passés les quelques piquets, plus ou moins colorés, les quelques bouts de bois et de fer, les cordes et les planchettes, plus ou moins usées, qui composaient chacun de ses équipements ; bien sûr qu’on s’en fiche. Le côté matériel des choses n’a finalement que peu de valeur … mais le temps que nous y avons passé … le plaisir que nous avons pris … et l’insouciance … ça n’a pas de prix.

« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante » disait le renard au petit Prince.

Je ne pense pas que nous avons perdu notre temps à nous balancer au gré de nos envies. On ne perd jamais son temps quand on s’en sert pour se faire plaisir ; pas plus hier qu’aujourd’hui. Ne croyez pas tous ces fâcheux qui essayent de nous culpabiliser, qui prétendent que le temps, c’est de l’argent, qui nous conseillent de « rentabiliser » chaque instant de notre existence … Pour peu qu’on les écoute, ils finiront par nous encourager à nous soumettre … à tendre la joue droite quand on nous frappe sur la joue gauche … et puis quoi encore ?

Moi, je vais mettre une des photos d’aujourd’hui comme fond d’écran sur mon ordinateur. Je veux me souvenir toujours que le bonheur c’est léger comme un petit tour en balançoire. Chaque fois que j’allumerai mon ordinateur, il me rappellera qu’on peut – l’espace d’un instant – échapper à la pesanteur …

Et si vous me permettez de vous donner un conseil, mettez-vous en vacance, trouvez-vous un carrousel ou un manège ( ou un rocking-chair, ce sera … bientôt … plus de notre âge ), replongez-vous dans vos émotions d’enfant, prenez le temps de regarder les nuages et ayez le courage de dire : « Finalement … tout le reste … on s’en balance ! »

Croyez-moi, si aujourd’hui, nous éprouvons tant de plaisir à l’écriture et à la lecture de ces petits fragments de notre passé, c’est peut-être que nous avons trouvé ici – ensemble – enfin – comment dire « au revoir » à notre enfance …

09/04/2018 – JP Dz

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1.172 : COMBLAIN-LA-TOUR : Balançoires, carrousels et toboggans : Pyramide sur le carrousel : ( ? ) ; Annie Paluszkiewicz ; Vincent Swiderski ; Gisèle Wojas ; André Wojas ; ( ? )..
1173_1975
1.173 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1975 : Balançoires, carrousels et toboggans: Ca se bouscule sur le toboggan : ( ? ) ; Véronique Swiderski ; Annie Kiełtyka ; Béatrice Laffut ; Nathalie Swiderski ; Hélène Piech ; ( ? ).
1174_1977
1.174 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : Balançoires, carrousels et toboggans : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1175
1.175 : COMBLAIN-LA-TOUR : Balançoires, carrousels et toboggans : Jurek Stoj ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ). ( collection Zdzisław Blaszka ).
1176
1.176 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Balançoires, carrousels et toboggans.