0195 – Pan Robert Wojda

« Le bonheur ne fleurit bien que dans la pénombre ». Cette citation d’Arthur Masson colle parfaitement au personnage auquel j’ai envie aujourd’hui de rendre hommage : Pan Robert Wojda.

Ne cherchez pas dans le dictionnaire, ni sur Wikipédia, vous ne le trouverez pas. Et si malgré tout vous persistez à chercher, vous en trouverez quelques-uns qui portent le même nom … mais ce n’est pas lui. Celui dont il est question aujourd’hui est le plus discret des hommes. Pourtant, il mérite largement que nous lui consacrions quelques lignes. Je m’excuse déjà, auprès de lui, de le mettre ainsi à la lumière …

Tous ceux qui sont passés, comme ça à l’improviste, par Comblain-la-Tour il y a quelques années – je veux parler des environs des années 2010 – en ont gardé un sentiment particulier … presque désagréable. C’est surtout le souvenir d’une odeur, forte, acre et déplaisante qui s’exhalait du parc. L’ail des ours avait envahi la totalité des lieux … on ne distinguait plus où étaient les allées, on ne savait plus où commençaient les pelouses … Et pour célébrer encore mieux sa victoire, l’ail empestait sa plus mauvaise haleine. C’en était presque écœurant. Du coup, notre merveilleux parc faisait pâle figure ; on aurait dit qu’il avait abandonné la partie !

Aujourd’hui, il est redevenu magnifique. Que s’est-il passé entre-temps ? Qui a pris sa défense ? Qui a relevé ce défi fou de rendre sa splendeur au « petit paradis » de notre enfance ? C’est Monsieur Robert Wojda.

Quand vous viendrez à Comblain-la-Tour, je vous encourage à flâner à travers ce havre de paix, à prendre du temps pour redécouvrir les lieux, à vous émerveiller devant tel arbre ou telles fleurs et surtout … à méditer sur l’incroyable travail qu’il a fallu pour rendre, à ce jardin, son lustre d’antan.

À présent, l’ail des ours a disparu. Elle n’a pas fait le poids devant la détermination du jardinier. Et ce n’est pas, non plus, un été caniculaire, plus une sécheresse historique et encore une tornade mémorable qui vont décourager ce travailleur acharné. À chacun sa manière de s’exprimer ! Mais rendre les choses plus belles – et parfois plus belles qu’elles ne le sont vraiment dans la vie ou dans la nature – n’est-ce pas la manière la plus altruiste de répandre le bonheur autour de soi ?

Inutile de chercher Pan Robert pour le féliciter. D’ailleurs, vous aurez beaucoup de mal à le trouver … sa discrétion est si importante pour lui, qu’il semble presque invisible. Si vous voulez vraiment le voir, cherchez le tracteur, il sera dessus ou à côté … il aura des outils en main … il sera en train de ratisser, de tailler, de tondre, de planter, de récolter, … Car en plus de l’avoir rendu « beau », il l’a rendu aussi « utile ». Aujourd’hui, des petits potagers, particulièrement bien implantés, fournissent les légumes avec lesquels les cuisinières font des merveilles et dont les enfants raffolent.

Et si par hasard, vous croisez quand même Pan Robert, n’allez pas le déranger … vous le mettriez mal à l’aise. Faites-lui un sourire et un petit signe de la main pour lui montrer votre gratitude. Il en sera ému et ne demande pas plus.

Pour qu’un jardin devienne un « Versailles », il suffit qu’il trouve Son jardinier … avec Pan Robert, nous, on a trouvé Le Nôtre.

29/10/2018 – JP Dz

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1.437 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Le tracteur.
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1.438 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Monsieur Robert Wojda, sur son tracteur.
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1.439 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Monsieur Robert Wojda, au secours des arbres après la tornade.
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1.440 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Lutek Kurek et Robert Wojda.
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1.441 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le parc.
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1.442 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le parc.
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1.443 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le parc.
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1.444 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le parc.
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1.445 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le parc.
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1.446 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le parc.
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0146 – 1.000

Aujourd’hui, nous allons franchir un cap significatif… celui de la millième photo.

Depuis juin 2015, notre album de souvenirs commun s’est épaissi. Dans cet album, il y a déjà énormément de photos de nous, enfants et adolescents, gambadant dans le parc à Comblain, ou nous livrant aux milles et unes activités qui nous occupaient alors. Il y a aussi des photos plus anciennes de Comblain-la-Tour, histoire de redécouvrir les lieux, et enfin des photos plus récentes qui prouvent que nous avons retrouvé le chemin du Centre Millennium.

Mais j’avais envie que la millième photo soit « spéciale » … que ce soit le genre de document qui marque les esprits … qu’on n’oublie pas facilement. J’ai beaucoup hésité. J’ai souvent changé d’avis. Le choix est difficile.

Il faut dire que toutes les photos qui sont déjà parues sont chargées d’émotions. Elles sont toutes « spéciales » et témoignent toutes du formidable enthousiasme qui a prévalu durant tant d’années pour faire naître et vivre ce projet. Finalement, j’ai choisi celle-ci : photo 1.000.

On peut y voir un groupe de bénévoles occupé à construire « le bâtiment rouge ». Vous ne direz : « Pourquoi cette photo-là et pas une autre ? ».

À la fin du mois de septembre 2017, une grande cérémonie protocolaire s’est déroulée à Comblain-la-Tour. Le comité qui gère la maison – la Macierz Szkolna – fêtait ses 65 ans. C’est en effet en 1952 que quelques passionnés ont entrepris de mettre sur pied un organisme pour chapeauter toutes les initiatives qui s’étaient données pour but de valoriser la langue et la culture polonaise en Belgique. La plus grande réussite de ce comité a été de rassembler toutes les forces possibles, à travers le pays, et canaliser toute cette énergie positive pour en faire quelque chose de pérenne et d’unique en Europe … un centre de vacances pour les petits polonais vivant hors de Pologne. Les premières colonies à Comblain verront le jour 9 ans plus tard.

Pour célébrer cet anniversaire, de très nombreux invités sont venus écouter les discours des autorités polonaises qui avaient fait le déplacement. Il y avait du beau monde, des petits plats et des bulles. Le réfectoire a rarement été aussi rempli. Tous se sont réjoui que l’initiative, qui paraissait folle au début des années soixante, ait pu perdurer et tous se sont félicité que dorénavant, grâce à l’aide de l’Ambassade, plus rien ne risquait de freiner l’essor du Centre Millennium. Bravo. Nous aussi, nous sommes très heureux. Nous nous associons au concert de félicitations et de congratulations. Madame Wojda, et toutes celles et ceux qui l’entourent méritent vraiment que nous leur chantions un « Sto lat » sincère et tonitruant. Grâce à cette petite équipe de bénévoles, le Centre Millennium est assuré d’avoir un avenir.

La fête a été une grande réussite, mais je n’ai pu m’empêcher d’éprouver comme un sentiment de nostalgie teintée de tristesse en pensant à tous ceux qui n’étaient plus là pour faire la fête, mais surtout pour voir à quel point leur contribution a été essentielle dans l’existence et la survie du centre Millennium jusqu’à nos jours.

La photo 1.000, et celles qui suivent, sont là pour rappeler que tout ça ne s’est pas fait tout seul.

Il a fallu que des dizaines de bénévoles, venus de Liège, du Limbourg, de Charleroi, du Centre, du Borinage et d’ailleurs, viennent se fatiguer pour construire, jour après jour, brique après brique, cet ensemble unique.

Pour tous ceux qui se sont investis sans compter, qui n’ont pas ménagé leur peine, qui ont donné de leur temps et de leur énergie pour Comblain, hier, avant-hier et aujourd’hui, nous avons la plus grande admiration.

J’ai une pensée émue pour Monsieur Franek Bujanowski, Monsieur Casimir Swiderski, Monsieur Léon Czak, Pan Jan, Monsieur Léon Warchulski, Monsieur Kazik Michalski, Monsieur Zbigniew Matusiewicz, Monsieur Walek Chmielecki, Monsieur Jean Dziewiacien, Madame Zalobek, Madame Koldziejka et tous ceux qui sont sur ces quelques photos. Eux … ils se sont fatigués pour Comblain … c’est sûr ! À travers eux, je veux rendre hommage à toute cette génération de bénévoles venus des quatre coins de la Belgique ; ils ont apporté, en toute modestie, leurs contributions à l’œuvre commune, sans compter, et sans rien attendre en retour.

C’était facile de les reconnaître, on les voyait le plus souvent en salopette, en bottes ou en tablier. C’est bien dommage qu’ils ne soient pas plus souvent sur les photos … ils étaient sans doute plus préoccupés par leurs tâches que par le souci d’immortaliser ces moments, au service de la communauté. Je sais qu’ils préféraient rester dans l’ombre, mais je suis heureux de les avoir mis … un peu … dans la lumière. Puissions-nous ne jamais les oublier.

Quant à nous, les Anciens de Comblain, c’est MISSION ACCOMPLIE.

Nous n’avions que deux objectifs : prendre du plaisir à nous revoir sur les lieux de notre enfance et rendre au Centre Millennium un peu de sa mémoire. Les 1.000 photos qui sont à présent déposées en « Notre maison polonaise » prouvent que les deux objectifs sont atteints. Et c’était bien là notre seul souhait, notre seule ambition …

27/11/2017 – JP Dz

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1.000 : COMBLAIN-LA-TOUR : Construction du bâtiment rouge : Mr Zbigniew Matusiewicz ; Pan Jan ; Mr Léon Warchulski ; Mr Walek Chmielecki ; Mr Baron d’Hensies ; ( ? ) ; Mme Veronika Załobek ; ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; Mr Kazik Michalski ; Mr Léon Czak. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.001 : COMBLAIN-LA-TOUR : Construction du bâtiment rouge : ( ? ) ; Mr Jean Dziewiacien ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Léon Czak ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Veronika Załobek. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.002 : COMBLAIN-LA-TOUR : Construction du bâtiment rouge : ( ? ) ; Jurek Stoj ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Janek Perzyna ; ( ? ). ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.003 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant la grille : ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; Mr Kazik Michalski ; … ; Janek Perzyna ; Mr Casimir Swiderski ; Ks Kurzawa ; … ; Mr Léon Czak ; … ; Jurek Stoj ; … ; Mme Veronika Załobek ; … ; Ks Kiek.
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1.004 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant la grille : ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; Mr Kazik Michalski ; … ; Janek Perzyna ; Mr Casimir Swiderski ; Ks Kurzawa ; … ; Mr Léon Czak ; … ; Jurek Stoj ; … ; Mme Veronika Załobek ; … ; Ks Kiek.

 

0131 – Jan la belote

Loin de moi l’idée de vous refaire le coup de la madeleine de Proust, mais quand même … l’odeur de la cuisine de Comblain …

Surtout quand on avait la chance d’arriver dans les premiers, après une longue période d’absence. On entrait dans la cuisine et on était submergé par cette odeur si familière et si particulière … mélange de renfermé, de senteurs bizarres et par le plaisir d’arriver enfin. Pan Jan était là, tout sourire. On avait droit à une tasse de café réchauffé et à une ou deux rondelles de son salami préféré qu’il offrait avec sa générosité habituelle. Malgré l’envie irrésistible d’aller redécouvrir le parc, on se laissait imprégner par cette odeur et envahir  par l’émotion ; les deux étaient les signes d’un même état âme : le bonheur.

Il ne s’agit pas de dépeindre Pan Jan comme un héros sans peur et sans reproche ; il ne sera jamais canonisé, n’aura jamais le prix Nobel … tout au plus, pourrions-nous le nominer pour le grand prix du « dévouement » … et pourtant qu’est-ce qu’on l’aimait bien ! La simplicité avec laquelle il nous accueillait, c’était la promesse d’un séjour comme « à la maison ». Il ne possédait que très peu de choses, mais les partageait avec tant de spontanéité. Bien sûr, il avait une fâcheuse habitude à boire un peu plus que de raison … Bien sûr, de temps en temps, il laissait exploser une colère qui s’abattait sur le premier qui passait par là … mais cette colère avait la même couleur que le reste du personnage … elle était folklorique.

Épicurien, bavard, à en devenir parfois prolixe, il profitait de ces moments – où la communauté polonaise décidait que l’hiver était enfin fini et qu’il était grand temps de revenir à Comblain – pour rattraper le temps perdu et raconter, à qui voulait bien l’entendre, sa vie et son œuvre. Moi, je le vois comme un de ces monuments qui symbolisent une époque … comme une vieille statue qui aurait eu son heure de gloire et qu’on aurait déplacée, au fil des ans, au gré des modes, et qu’on aurait fini par remiser dans un coin du parc, parce qu’on ne savait plus très bien quoi en faire. Comme une statue qui aurait souffert du temps qui passe et de l’oubli. Sauf que Pan Jan, n’était ni de marbre, ni de bronze … au contraire, c’était l’émotion à l’état pur et au service de la communauté.

C’est un peu notre Obélix à nous : le symbole d’une communauté retranchée qui s’était érigée comme « libre », qui a résisté, qui avait créé son propre univers, ses propres écoles et son propre camp de vacances. Et qu’importe si rien n’était parfait ; tout était indispensable. L’histoire a prouvé que nous avions raison de défendre ces valeurs et ces traditions, de les mettre à l’abri … à Comblain-la-Tour.

Depuis 1981, Pan Jan nous a quittés, mais son souvenir perdure. J’ai été contacté récemment par un habitant de Comblain-la-Tour, Monsieur André Philippe, le responsable de la salle Talier, attenante au café des Sports. Monsieur Philippe m’a appris que Pan Jan avait une sorte de double vie … quand nous étions là, il nous consacrait tout son temps … mais quand nous désertions Comblain, il rejoignait les villageois et se fondait parfaitement dans cette autre communauté. Là-bas, on l’appelait « Jan le polonais ou Jan la belote ».

Monsieur Philippe précise que « Jan la belote aimait venir boire ses petites gouttes avec nous » et il ajoute : « Quand le bâtiment est resté inoccupé, celui-ci a été hébergé dans deux maisons à Comblain-la-Tour, un certain temps Rue des Écoles et puis Rue des Crétalles ». Ces précisions n’ont rien d’étonnant, elles témoignent de l’incroyable accueil que la communauté polonaise a reçu dans le village et de l’incroyable bonhomie qui émanait de Pan Jan.

Aujourd’hui, quand je vois Monsieur l’Ambassadeur de Pologne et Madame la Consul se pencher sur la tombe de « Jan la belote » ( photo 867 ), j’ai envie de sourire et j’ai du mal à retenir une larme de plaisir. J’imagine l’étonnement du gisant et son irrésistible envie de lever – une fois encore – son bras et crier « Na zdrowie ».

L’Histoire, celle qui fait parfois basculer des états d’un extrême à l’autre, ferait mieux de s’inspirer de scènes comme celles-là. Si l’aspiration des peuples à la sagesse et la simplicité pouvait un jour devenir des valeurs dignes d’être entendues, elle balaierait cette fâcheuse habitude qu’ont prise les politiques à « agiter les peuples pour après s’en servir », comme disait déjà Talleyrant. Merci Monsieur L’Ambassadeur. Merci pour Jan la belote, merci pour nous et merci pour la reconnaissance. Si Pan Jan avait encore été là, il aurait partagé avec vous deux rondelles de son salami.

Mais surtout Merci à tous ceux sans qui tout cela n’aurait pas été possible. Merci Madame Barbara Wojda, merci Madame Stefania Ludwikowski et merci aussi Lutek, merci Anna Kabat et à tous ceux qui travaillent là où nous, on vient seulement prendre du plaisir. Vous avez su perpétuer cet héritable, pas seulement en entretenant le parc et la maison, mais aussi en maintenant l’esprit et le souvenir. MERCI.

14/08/2017 – JP Dz

PS : Sur les photos 865 – 866 – 867 et 868 vous reconnaîtrez également Madame la Comtesse Róża Komorowska ( comtesse en polonais = « Hrabianka » ). Madame la Comtesse Róża Komorowska est la tante de notre Reine Mathilde. C’est donc la sœur d’Anna Komorowska, la maman de la Reine Mathilde, et aussi la « petite cousine » de l’ancien Président de la Pologne, Bronisław Komorowski, Comte également.

Madame Róża Komorowska est particulièrement impliquée dans la gestion du Centre Millennium de Comblain-la-Tour puisqu’elle est Secrétaire de PMSZ  avec Madame Zosia Ladomirska qui est 2ème « sekretarz ».

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0862 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Jan la belote, dans le parc : Isabelle Swiderski ; Nathalie Swiderski ; Pan Jan.
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0863 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jan la belote, dans le parc : Pan Jan ; Mme Krysia Panek / Załobek ( la maman de Francine et Georges ).
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0864 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jan la belote, dans la cuisine : Pan Jan ; Mr Kazik Michalski ; Yurek Stoj ; ( ? ) ; Mme Veronica Załobek ( la grand-mère de Francine et Georges ).
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0865 : COMBLAIN-LA-TOUR – 04/03/2017 : En route vers le cimetière : Madame la Comtesse Róża Komorowska ; Barbara Wojda ; Madame la Consul, Agnieszka Paciorek ; Son Excellence Artur Orzechowski, Ambassadeur ; Stefania Ludwikowski ; Piotr Ładomirski ; Monsieur le Consul général, Jacek Grabowski.
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0866 : COMBLAIN-LA-TOUR – 04/03/2017 : En route vers le cimetière : Madame la Consul, Agnieszka Paciorek ; Son Excellence Artur Orzechowski, Ambassadeur ; Stefania Ludwikowski ; Barbara Wojda ; Madame la Comtesse Róża Komorowska.
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0867 : COMBLAIN-LA-TOUR – 04/03/2017 : Devant la tombe de Pan Jan : Piotr Ładomirski ; Son Excellence Artur Orzechowski, Ambassadeur ; Madame la Consul, Agnieszka Paciorek ; Monsieur le Consul général, Jacek Grabowski ; Madame la Comtesse Róża Komorowska ; Barbara Wojda ; Stefania Ludwikowski.
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0868 : COMBLAIN-LA-TOUR – 04/03/2017 : Devant l’église : Son Excellence Artur Orzechowski, Ambassadeur ; Stefania Ludwikowski ; Madame la Comtesse Róża Komorowska ; Madame la Consul, Agnieszka Paciorek ; Barbara Wojda ; Monsieur le Consul général, Jacek Grabowski ; Piotr Ładomirski.

 

0118 – Les factotums

Moi … je ne m’en souvenais plus …

Mais, c’est vrai. Nous étions évalués sur l’ordre et la propreté de nos chambres !

Dominique Ogonowski a retrouvé dans les caves de la colonie, un de ces grands tableaux sur lequel l’autorité jugeait et notait l’état de nos chambres. Comme il était impossible de scanner une si grande feuille, j’ai reproduit le tableau à l’identique … c’est le document 765.

Je ne sais pas ce qu’il faut penser de cette évaluation, ni comment il convient d’interpréter les notations ?

Il est clair qu’au hit-parade des chambres les plus pimpantes, ce sont les n° 7 ( si chère à Georges Zalobek … « Mets-là dans la 7 … » les intéressés s’en souviendront ), la n° 11 et la 24 qui brillent par leur régularité. À l’opposé, les chambres 13, 26 et 15 … sont nominées ex aequo dans la catégorie des plus négligées.

Sur le tableau retrouvé, il ne figure ni de date, ni les noms des « candidats » … c’est frustrant ! Il aurait été très amusant de taquiner ceux et celles qui étaient ainsi mis à l’honneur … ou à l’index.

Moi, la seule chose dont je ne souvienne, dans les chambres des garçons … c’est l’odeur des chaussettes roulées en boule dans le fond des armoires. Cette odeur virile était « accablante » … surtout au début … Après, elle ne disparaissait pas – bien au contraire – mais on finissait par s’habituer.

Par contre, si nous étions responsables de nos chambres, vous êtes-vous déjà demandé qui veillait sur la propreté des parties communes ? À l’époque, cela ne nous préoccupait aucunement. Je dirais même qu’on s’en fichait royalement. Le réfectoire était toujours très propre. Les halls, escalier, échoppe, perron … étaient toujours impeccables. Cela tient de l’exploit quand on y pense … Rappelez-vous ces marées humaines tantôt montantes, tantôt descendantes qui déferlaient sur les parties communes, par tous temps … ces dizaines de pieds martelant le sol, les inévitables petits accidents à table … les verres renversés, les gouttes perlant sur le sol ….

Mais pourquoi se serait-on préoccupé de savoir pourquoi et comment ce petit miracle se produisait quotidiennement, alors que nous avions tant d’autres choses à penser ? Tout cela n’était pour autant, pas laissé au hasard ; ces tâches étaient le lot quotidien des factotums.

Leur présence bienveillante a été constante. Même si ce n’était pas toujours les mêmes, il y avait toujours plusieurs bénévoles dévoués dont le rôle consistait à nettoyer derrière nous, à effacer en quelque sorte, les traces de notre passage. Ils profitaient de ce que nous étions en vadrouille pour frotter, balayer, astiquer et ranger. Leur discrétion les rendait presque invisible. Par contre, leur travail et leur dévouement les rendaient indispensables. J’aimerais tant retrouver le nom de tous ces courageux, les mettre, pour une fois, à l’honneur et les faire passer de l’ombre dans laquelle ils accomplissaient leurs tâches à la lumière de notre reconnaissance et de notre gratitude.

Si chacun d’entre eux était sympathique, chacun avait son style, ses habitudes et ses marottes.

Le plus « folklorique » d’entre eux a été certainement Léon Warchulski. Léon était à la fois épicurien, philosophe et le violoncelliste attitré du KSMP de Mons. Même s’il faut bien l’avouer que ses dons pour la philosophie et le violon étaient parfois inversement proportionnels à son état de sobriété : Léon soignait, en effet, sa timidité naturelle avec une médication que la morale réprouve mais que la franche camaraderie – surtout polonaise – encourage fortement …

Donc, notre brave Léon – qui se consacrait toute la journée au nettoyage et autres tâches ingrates qui lui était assignées – souhaitait s’investir davantage dans l’intérêt général. Il organisait donc, régulièrement, en fin de soirée, des activités aussi utiles que sympathiques. Pour faire court, il avait installé, dans la remise, un atelier « vodka ». Le but : fabriquer de la wiśniówka pour alimenter toutes les manifestations où les adultes étaient présents et favoriser leur intégration, et assurer ainsi une meilleure ambiance. Avouez qu’il n’y a pas plus noble comme intention.

Nous, les moniteurs, nous étions sollicités par Léon pour l’aider à la concrétisation de cette œuvre de bienfaisance. Donc, à la nuit tombée, quand les enfants étaient enfin couchés ( et laissés à la surveillance des sous-moniteurs ), nous allions discrètement rejoindre Léon dans son atelier d’alchimiste. On s’asseyait alors en rond et notre participation consistait à enfoncer des cerises dans des bouteilles.

Régulièrement, le Maître des lieux, d’une façon très militaire, stoppait la chaîne de fabrication pour « huiler » les rouages de la machine ( c’est-à-dire nous ). Il fallait bien goûter à la production pour être sûr du résultat. Et puis on reprenait en cadence l’introduction de ces longs chapelets de cerises que nous manipulions quasi religieusement.

Je ne me souviens plus de la quantité de cerises qu’il fallait enfoncer avant chaque pose … Je ne me souviens plus du nombre de poses dont on bénéficiait … Ni de combien de temps ça durait …  Je ne me souviens plus – non plus – comment je parvenais à rejoindre ma chambre ? Peut-être à l’odeur des chaussettes ?
Par contre, ce dont je me rappelle … ce sont les lendemains matins …
Au lieu du « Salut les copains » habituel, c’était plutôt « Âge tendre et gueule de bois ».

C’est sans doute déjà là que nous avons laissé quelques neurones aux « abonnés absents » … même si, avec le temps, je peux dire que tout cela n’a entamé ni notre mémoire ni notre enthousiasme … Par contre, je ne suis pas sûr de pouvoir rechanter le « temps des cerises » avec le même tempo aujourd’hui !

15/05/2017 – JP Dz

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0765 : COMBLAIN-LA-TOUR : Konkurs czystości.
0766
0766 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les factotums : ( ? ) ; Mr Andrei Makarov.
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0767 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : Dans une chambre : Marilyne Desmet ; Hélène Piech ; Cécile Danielewski.
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0768 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans une chambre : Michel Konarski ; Richard Chwoszcz ; Freddy Motała ; Michel Łagocki ; Henri Zapałowski ; Giovanni ( ? ) ; ( ? ).
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044 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Les cuisinières et l’intendance : Pan Jan ; Mme Bardo ; Mr Léon Warchulski ; Mr Stepien ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? ).
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0769 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’orchestre du KSMP de Mons : Léon Warchulski ; Pierre Front ; René Sarpette ; Freddy Lis ; Mr ( ? ) Lis ; Zygfried ( ? ).

 

0104 – La friterie

Piotr Rozenski se souvient de : la friterie

 Le dimanche à Comblain rimait avec petits moments de plaisir : la messe ( sauf, on l’a bien compris, pour Jean-Pierre, qui s’y dérobait en se réfugiant au « Café des Sports » ), la visite des parents ( pour certains ), le feu de camp ( quand il ne pleuvait pas ) et … les FRITES ( quoi qu’il arrive ) ! Comme pour rappeler à nous autres, enfants issus de l’immigration polonaise, quelle terre nous accueillait.

Vous vous souvenez de la mystérieuse « roulotte » à l’entrée du parc, qui dominait le champ d’appel ?  D’abord, elle intriguait, surtout les nouveaux arrivants. Mais au retour de la messe, dès l’instant où l’auvent s’est mis à se lever – et, avec lui, le secret – on savait : c’était … une FRITERIE ! Le maître des lieux – sans doute le seul à en posséder la clé – c’était Franek Bujanowski, un homme affable à l’accent truculent ( roulant les « r » et ignorant les nasales ).

Pour lui, faire des frites, ce n’était pas une corvée, même pas une tâche, c’était une véritable passion. Heureusement ( pour nous ), car préparer des frites pour un bataillon, affamé par l’effort de chanter à tue-tête dans une église, relevait d’une gageure. Au point qu’il se voyait systématiquement contraint de faire appel à des commis pour venir à bout de la mission dont il s’est investi.

Un jour – j’ai dû avoir 10 ans, ma connaissance du français se limitait au b.a.-ba … mais, très vite, j’allais faire des progrès fulgurants – je me suis porté volontaire, avec un autre Limbourgeois, l’un des jumeaux Nowicki, Eric ou Eddy, je ne me rappelle plus. On allait enfin percer le secret du grand maître-friteur, de son antre sacré et de ses frites millimétrées.

Monsieur Bujanowski nous a installés au coupe-frites, un grand ustensile professionnel disposant d’une presse à levier et d’une grille pour tailler la patate. Eddy – ou était-ce Eric ? – posait la patate sur la grille tranchante, moi, j’actionnais la poignée et, ô miracle, les patates se transformaient en parfaits bâtonnets, tous calibrés 8,5 x 8,5 mm. Monsieur Bujanowski exprimait son approbation en nous lançant de temps à autre un gentil « dous-ma ».

C’est là que les choses dans la friterie ont commencé à se corser. Tentait-il de nous parler en néerlandais, voulait-il dire « doe ma ! » ( vas-y ) ? Ou m’apostrophait-il en polonais ( « duś » = appuie) ? Ou était-ce un savant mélange des deux langues ? En tout cas, pour moi, il n’y avait pas l’ombre d’un doute : il fallait accélérer la cadence, une centaine de petits gourmands n’allaient pas tarder à réclamer leur récompense. J’y allais de plus en plus vite. Pan Bujanowski insistait : « DOUS-MA, DOUS-MA ! », confirmant par là que notre tandem était sur la bonne voie. Parfaitement huilé et synchro – tchique-tchaque, tchique-tchaque – on continuait donc à un rythme effréné, transpirant comme des bœufs dans cette cabane chauffée à blanc, mais heureux d’être à la hauteur des exigences du chef.

Et puis, au moment où je contemplais – non sans un regard empreint d’autosatisfaction – le panier se remplissant à vue d’œil … un cri strident transperça l’air moite de la roulotte, amplifié par les parois de la structure métallique. Eric / Eddy s’est retourné en tenant sa main, est sorti et s’est précipité vers l’infirmerie ( Eveline ? ), me laissant seul face à mon maître interloqué : « Bon sang ( c’était le cas de le dire ! ), je n’arrête pas de répéter : DOU-CE-MENT !!! ».

Difficile d’évaluer la gravité de la blessure d’Eddy / Eric. Jusqu’à la fin des vacances, sa main est restée cachée sous un gigantesque pansement ( bravo, Eveline ! ). Quoi qu’il en soit, je peux vous rassurer que, même si jamais un ( bout du ) doigt est parti dans le panier des frites, il a dû parfaitement se confondre avec la masse des patates coupées, je n’en ai retrouvé aucune trace.

De toute façon, peu importe, personne ne s’est plaint de la qualité des frites. Comme à l’accoutumée, l’œuvre de pan Bujanowski a été unanimement admirée et acclamée par l’ensemble des enfants. Même par Eric … ou était-ce finalement Eddy … ? Bon sang, décidément, je ne le saurai jamais.

À moins que … S’il vous arrive de les croiser et de leur serrer la main, d’abord, faites-leur un grand bonjour de ma part. Puis, vérifiez quand même … à qui il manque un bout … juste pour avoir le cœur net. Tenez-moi au jus !

20/02/2017 – Piotr Rozenski

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0676 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ah, les frites : ( ? ) ; Zygmunt Mielcarek ; Marie-Thérèse Mielcarek ; Zbigniew Blaszka ; Raymond Mielcarek ( collection Zdzisław Blaszka ).
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0677 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le repos après l’effort : Jean Dziewiacien et Martha Sladecka ( mes parents ) ; Madame et Monsieur Franek Bujanowski.
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0678 : COMBLAIN-LA-TOUR : La friterie.
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0679 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, un dimanche de visite des parents : Daniel Pietka ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Erik Nowicki ; Betty Nowicki.
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0680 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, un dimanche de visite des parents : Daniel Pietka ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Erik Nowicki ; Annie Nowicki ; Mr Nowicki.
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0681 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, un dimanche de visite des parents : Accroupis : Piotr Rozenski ; Marek Ordutowski ; Debout : Jef Rozenski ; Jozek Pachel.

 

0062 – A toutes les anonymes

Nous, quand il faisait trop chaud et qu’on avait envie de se rafraîchir, nous avions plein de possibilités.

On allait patauger dans l’Ourthe … on trempait nos pieds dans le ruisseau du Boé … on se réfugiait dans l’ombre des bois … on improvisait des batailles d’eau … on s’arrêtait au café des sports, ou chez Tintin, ou à la buvette du camping … on se ruait sur les glaces à l’eau de Monsieur Bardo … ou on piquait un plongeon dans une piscine privée ( voir article à paraître prochainement. Tremblez jeunes filles ) mais elles, comment faisaient-elles ?

Entassées – à longueur de journée – dans cette minuscule cuisine, à préparer la soupe, à cuire les légumes, à rôtir la viande, comment faisaient-elles pour se rafraîchir ? Elles devaient vraiment souffrir des chaleurs des mois de juillet et d’août. Les avez-vous souvent entendus se plaindre ? Moi, jamais.

Je pense qu’elles se rafraîchissaient à nos sourires. Leur en avons-nous donné assez ?

Non seulement elles passaient leurs journées à nous préparer l’essentiel, mais étaient toujours prêtes à donner encore plus. Quand nous allions discrètement à la cuisine pour avoir un supplément de ceci ou pour goûter, avant les autres, un peu de cela, elles n’hésitaient pas à enfreindre les règles … juste pour nous faire plaisir.

Et quand la chef cuisinière se mettait à râler, on avait droit à un clin d’œil complice, comme pour dire « Ne t’inquiète pas, elle râle seulement pour la forme ». On ressortait, rassuré, en se disant qu’on avait des alliés dans la place.

Leur avons-nous dit, assez souvent, « Merci » ?

Parmi elles, il y avait les « vedettes », celles que tout le monde connaissait leur nom, parce qu’elles étaient très souvent là ou parce qu’elle était la maman d’untel ou la grand-mère d’unetelle, et puis les autres … les moins connues … les plus discrètes … celles qu’on appelait pudiquement « Pani kucharka prosze » parce qu’on ne connaissait même pas leur nom … celles qui restaient anonymes. Sans doute qu’elles aussi auraient aimé qu’on prenne la peine de retenir leur nom.

Combien d’entre elles ont fêté leur anniversaire, pendant les colonies, sans que nous leur chantions « Sto lat » ?

Et au moment du départ, quand l’émotion nous submergeait et qu’on serrait dans nos bras nos amis, nos petites amies, nos frères … combien d’entre nous ont pensé aller à la cuisine pour embrasser, une dernière fois, les cuisinières ?

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme un regret.

Si c’était à refaire … je les serrerais très fort … jusqu’à ce qu’elles comprennent qu’on ne les oubliera jamais.

16/05/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0344 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0345 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko dans le parc : Pan Jan ; Pani Veronika Załobek ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Ksiadz Kurzawa ; Ksiadz Czesław Kiek.
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0346 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0347 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Pani Veronika Załobek ; ( ? ) ; ( ? ).
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0348 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0349 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1976 : Sur le perron : … ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Ksiadz Kurzawa ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0350 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2004 : Dans la cuisine : Jola Blazejczyck ; ( ? ).

 

0035 : Madame Koldziejka

Béatrice Laffut raconte sa grand-mère : Madame Koldziejka

 Le temps des cerises à peine terminé et les pots de confitures tiédissant encore sur la table … ma grand-mère était déjà prête, sa petite valise en cuir à coté du fauteuil, elle attendait …

Elle attendait désespérément Monsieur Paterka qui venait la chercher pour un mois de vacances à Comblain -la-Tour.

Car pour elle c’était bien des vacances, le travail ne lui faisant pas peur, elle adorait se réapproprier la grande cuisine et ses odeurs, sa petite chambre au deuxième étage, qu’elle a longtemps partagé avec Madame Załobek, et le grand parc où elle aimait flâner après une journée bien remplie … elle était enfin de retour chez elle.

Elle était chez elle comme nous étions chez nous, c’était son Comblain, comme ce fut le nôtre, chacun ayant vécu « Comblain » à sa façon, chacun avec ses propres souvenirs.

Toujours levée aux aurores, elle était la première à se réveiller pour préparer le café du matin. Je me souviens d’elle en tablier devant les fourneaux à rôtir les viandes et à surveiller la soupe qui mijotait tout en papotant avec les autres cuisinières qui s’affairaient à d’autres tâches.

Je n’ai pas oublié son sourire qui nous saluait le matin lorsque nous descendions prendre notre petit déjeuné, ni les petites sucreries cachées dans ses poches ou les billets de vingt francs qu’elle me donnait et que je dépensais aussitôt en crème glacée …  et bien sûr  je lui pardonne volontiers toutes les réprimandes ou autres remontrances qu’elle a pu me faire quand je m’aventurais trop loin ou trop tardivement dans le fond du parc …

Elle me manque beaucoup aujourd’hui, mais j’aime à penser que lors de nos dernières retrouvailles en septembre dernier, elle était un peu là … tout comme Monsieur Bardo, qui courait du réfectoire aux cuisines,  l’Abbé Kurzawa,  assis dans son  bureau, Pan Jan jouant aux cartes dans le hall d’entrée,  tous ceux qui ont laissé un peu de leur cœur à Comblain-la-Tour et qui ne sont plus à nos côtés … oui j’aime à penser qu’ ils étaient tous là, ils étaient forcément là …

16/11/2015 – Béatrice Laffut

0181 : COMBLAIN-LA-TOUR : Mr Joseph Rzemieniewski ; Mme Koldziejka ( grand-mère Béatrice et Fabienne Laffut ) ; Mr Wochen ( père d’Hélèna, de Christiane ).
0181 : COMBLAIN-LA-TOUR : Mr Joseph Rzemieniewski ; Mme Koldziejka ( grand-mère Béatrice et Fabienne Laffut ) ; Mr Wochen ( père d’Hélèna, de Christiane ).
0182 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : Mme Koldziejka.
0182 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : Mme Koldziejka.
0183 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Assise : Mme Koldziejka ; ( ? ). Debout : la jeune fille en vert, c'est la petite fille d'une dame de Pologne qui venait chaque année travailler en cuisine.
0183 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Assise : Mme Koldziejka ; ( ? ). Debout : la jeune fille en vert, c’est la petite fille d’une dame de Pologne qui venait chaque année travailler en cuisine.
0184 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le perron : Le grand-père de Béatrice et Fabienne Laffut ; il décédé en 1968.
0184 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le perron : Le grand-père de Béatrice et Fabienne Laffut ; il décédé en 1968.
0185 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le perron : ( ? ) : Béatrice Laffut ; Mme Koldziejka - ce sont d'anciens scouts.
0185 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le perron : Mr Pomorski : Irena Małek ; Mme Koldziejka – ce sont d’anciens scouts.
0186 : COMBLAIN-LA-TOUR : Montée du drapeau : Les cuisinières à l’honneur lèvent le drapeau : au centre : Mme Koldziejka, à sa droite, c'est Madame Witecki, qui travaillait également aux cuisines, l'autre dame venait aussi de Pologne.
0186 : COMBLAIN-LA-TOUR : Montée du drapeau : Les cuisinières à l’honneur lèvent le drapeau : au centre : Mme Koldziejka, à sa droite, c’est Madame Witecki, qui travaillait également aux cuisines, l’autre dame venait aussi de Pologne.
0187 : COMBLAIN-LA-TOUR : Majówka Mme Koldziejka vendant de la choucroute à la majówka.
0187 : COMBLAIN-LA-TOUR : Majówka – Mme Koldziejka vendant de la choucroute à la majówka.