0193 -Revisitons Comblain ( 20 ) : Les carrières

On a du mal à s’imaginer aujourd’hui que Comblain-la-Tour ait pu avoir un passé industriel ! Déjà quand nous étions enfants, lors de nos promenades à travers le village, nous ne supposions pas que Comblain puisse être autre chose que ce paisible et accueillant petit coin des Ardennes.

Bien sûr, çà et là, on voyait bien des vestiges de quelques bâtiments abandonnés, des trous et des monticules qui n’avaient rien de naturels, des décombres, des amoncellements de pierres … Mais le décor grandiose qui enveloppait tout ça, rendait le tableau si harmonieux qu’aucun d’entre nous n’osait penser qu’ici – quelques années plus tôt – c’était une zone d’exploitation industrielle ! Nous sommes sur la route entre la gare et le camp des gitans.

Imaginez-vous ici, avant la 1ère guerre mondiale ou juste après … De chaque côté de la rivière, des centaines d’ouvriers s’activant sur les versants des collines … un bruit de machines permanent, ponctué par des explosions de mines … un charroi incessant de tombereaux remplis de pierres … des wagonnets chargés se dirigeant vers la gare, d’autres vides remontant les pentes vers les lieux d’extraction, d’autres encore suspendus au-dessus de l’Ourthe … Qui mieux que Mr Fernand Dussart pourrait vous décrire l’animation qui régnait alors ; voici ce qu’il raconte dans les Échos de Comblain de 1969 et 1970 :
« Du matin au soir, la vallée retentissait de bruits divers : le halètement des moteurs des concasseurs, le broyage du grès par les grosses lames d’acier, le chargement des pierres dans les wagonnets en tôle forte, le sifflement des locomotives, la détonation de mines. 1 ».

« Toutes ces carrières, la Heid de Géromont, la Heid Keppenne, Lawé ( la famille Pirotton ), les 2 sièges des Hayîres, la Niblonheid ( Mr Hody ), La Batterie ( Mr Spineux ), couvraient une superficie de plusieurs hectares, formaient un secteur industriel actif et prospère, et procuraient du travail à un grand nombre d’ouvriers ».

« À l’approche de l’explosion d’une mine, le dirigeant de la carrière devait parfois interrompre toute la circulation. Les gens qui se rendaient d’un Comblain à l’autre ( le plus souvent à pied ) soit par la grand-route, soit par le chemin du Fond de Lawé se trouvaient tout à coup devant un carrier brandissant un drapeau rouge : cet ouvrier maintenait les passants à distance respectable du lieu de l’explosion, tandis qu’un autre carrier, par des coups brefs et répétés de son cornet d’alarme, invitait ses compagnons de travail à se mettre à l’abri. L’attente durait quelques minutes, puis, c’était la déflagration, avec un bruit sourd et, dans un gros nuage de poussière, une partie du rocher s’affaissait, cependant que ces pierres étaient projetées dans toutes les directions. Cette opération procurait du travail au personnel pour plusieurs semaines. 1 ».

« Les principaux puits d’extraction se trouvaient au sommet de la montagne, les marchandises étaient descendues au moyen de plans inclinés installés à même la colline. Ces plans se composaient d’une voie de chemin de fer à écartement réduit sur laquelle circulaient les berlines. Celles-ci étaient tirées ou retenues selon le cas par un solide câble d’acier tressé s’enroulant sur un treuil installé au faîte de la ligne. La circulation s’effectuait automatiquement en ce sens que la berline chargée à la descente assurait la remontée de la berline vide. Ces berlines se croisaient au centre de la ligne au moyen d’un morceau de voie supplémentaire raccordée à la voie principale par des aiguillages fonctionnant, eux aussi, automatiquement. »

Difficile d’évoquer ici, en détail, chacune des exploitations. J’en évoquerai seulement quelques-unes.
Rive droite, sur le chemin vers le camp des gitans, il y avait les deux sièges des Hayires, dont les déblais remplissaient l’ancienne carrière de la Heid Dronette. Jusque 200 ouvriers, dont des anciens de la construction du chemin de fer y travailleront. Avant la première guerre mondiale, les Hayires exploitaient aussi un puits de l’autre côté de l’Ourthe, derrière les maisons Rollin et Pierrard. Les produits de la rive gauche étaient alors acheminés vers la rive droite ( et le concasseur ) par un chemin de fer aérien ( bennes suspendues à un câble ). Après 1919, l’aérien ne sera plus remis en service … des tombereaux tirés par des chevaux prendront la relève.
1924, verra la mise en service d’un gros compresseur du type Awans-François, un concasseur granulateur et un gros concasseur primaire.

En 1944, les Américains réquisitionnèrent les débris de la Heid Dronette afin de colmater les trous causés par leur charroi sur les routes du ravitaillement du front. Les Hayires seront exploitées jusqu’en 1956.
Ses dernières fournitures serviront à la réparation des digues hollandaises rompues par les marées violentes de l’hiver 1953.

De l’autre côté de l’Ourthe : on exploitait le Trou Bodson dont la production était acheminée par « l’aérien » vers le concasseur des Hayires, jusqu’en 1914. Rappelons que sur cette rive gauche, il y avait aussi la Batterie ( de chanvre ) qui était le lieu de lavage du minerai de fer descendu de Géromont. Voilà pourquoi, la route qui va à Comblain-au-Pont s’appelle la Rue de la Batterie … eh non, ça n’a rien à voir avec le festival de jazz …
À Géromont, on exploitait aussi des carrières de grès, d’abord à ciel ouvert, ensuite en sous-terrain en s’enfonçant dans le flanc de la colline.

Quant à la carrière du Chirmont, elle fut abandonnée lors de la disparition des « betchètes » qui évacuaient sa production. Enfin, la Carrière du Lawé, ses ouvriers posent ici sur la photo 1.426. À l’extrême droite, Félix Pirotton mort à 53 ans de la silicose, comme beaucoup d’autres.

Tout ce petit monde cohabitait et peinait à la tâche souvent bien rude, mais n’oubliait cependant pas de se réjouir et s’amuser quand l’occasion se présentait, ce qui  nécessitait la présence d’estaminets où on pouvait venir boire  un verre et oublier les aléas de l’existence …
« Les cabarets abondaient à l’époque ( 1920 ). On en trouvait deux à Pod là ( Flagothier et Colson ), deux sur le Wez ( Bougelet et Coquay ), deux au Tram ( Dadoumont et Demarteau ), deux au village ( Célestine Pirotton et Victor Dadoumont )… + celui d’Eugène Storder … Sur la route de l’École, il y avait encore 2 maisons où l’on vidait la goutte ( Léonie Pirotton et Marie Voisin ). Le quartier des hauteurs était aussi très bien alimenté avec le café Théophile Poncin au Batty, celui d’Alfred Paulus ( Darville ) et celui d’Alphonsine Rouvroy ( maison de Mme Marie Brasseur ). » 2. Si vous comptez bien, ça en fait … 14 ! 

En plus, « Chaque dimanche, la petite salle de danse de l’établissement Bougelet ( Rue du Parc ) était ouverte aux amateurs. Pour 25 centimes, la « Musique » ( li wigne ) ( ? ) vous dispensait le morceau de votre choix. Aux jours de fête, des bals étaient organisés non seulement dans les salles mais aussi dans plusieurs cafés. Et déjà, on commençait à délaisser nos vieilles « polkas et autres mazurkas » pour les danses dites modernes. » 2.
Pas mal pour un petit village modeste, calme et tranquille … 

Aujourd’hui, Comblain c’est un peu la « Belle au grès dormant » … mais comme il n’est pas de prince ( capitaine d’industrie ) qui puisse la tirer de sa torpeur par un doux baiser ( beau projet ), il n’en reste pas moins le Centre Millenium dont l’animation et les soirées valent bien l’ambiance de quelques estaminets …

15/10/2018 – JP Dz

Pour revoir tous les épisodes précédents : https://anciensdecomblain.com/

1 : Extrait des Échos de Comblain de novembre 1969 ; page 84
2 : Extrait des Échos de Comblain d’octobre 1970 ; page 77

1419
1.419 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières : Vue sur les Hayires.
1420
1.420 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1421
1.421 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1422
1.422 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1423
1.423 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1424
1.424 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1425
1.425 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1426
1.426 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières : Les ouvriers de la carrière du Lawé. A l’extrême droite, Félix Pirotton, mort à 53 ans de la silicose, comme tant d’autres.
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0186 – Revisitons Comblain ( 19 ) : Le vicinal

La Rue du Vicinal  à Comblain, doit son nom à l’implantation du chemin de fer vicinal et de  la ligne : Comblain-la-Tour – Manhay – Melreux ( voir affiche 1.339 ).

Sur cette ligne, circulait à l’origine un petit tram à vapeur. En 1935, le petit tram est remplacé par une motrice à moteur diesel. La ligne servait aussi bien aux transports de marchandises, qu’aux transports de voyageurs. Son tracé était particulièrement accidenté : partant d’une altitude de 106 mètres, il arrivait déjà après 5 km de parcours à 335 mètres à Xhoris-Battys, pour atteindre 502 mètres à Chêne-al-Pierre.

À Comblain-la-Tour, le vicinal à vapeur passait au pied du « Tiér des Pourcês » ( voir article n° 175 ), et venait se glisser entre cette roche conique et la gare du chemin de fer. Malheureusement, la voie du tram était de petite section … et les wagons, chargés de troncs d’arbres, qui y circulaient, ne pouvaient rouler sur les rails du train ! Il fallait donc absolument – à chaque fois – transborder la marchandise … à la force des bras.

Il est à noter également que les wagons qui arrivaient des carrières, chargés de pierres, n’avaient pas, non plus, le même écartement des rails. Une vaste aire de manœuvre ( dont on peut apercevoir une partie sur les photos 1.345 et 1.346 ) servait donc aux transbordements des marchandises d’un wagon sur l’autre.

Le transport des voyageurs connaissait un grand succès. Il faut dire que « construit à une époque où l’on ne voyait pas, ou presque, de motocyclettes, ni de voitures automobiles ( à Comblain-la-Tour, on n’en connaissait qu’une, propriété de Mr Félicien Hody, maître de carrières ), il s’était rapidement imposé comme l’outil indispensable 1 ».

Le transport des marchandises s’est définitivement arrêté le 1er septembre 1955. Le service des voyageurs était déjà interrompu depuis le 22 mars 1948. C’est avec un petit pincement au cœur que les Comblinois ont vu disparaître leur petit tram qui – pendant presque un demi-siècle – avait permis de rapprocher les habitants des villages avoisinants. Avec le petit tram, c’est tout une partie du folklore local qui disparaissait.

Il faut savoir, qu’avant guerre, de très nombreux pèlerins empruntaient ce moyen de transport pour se rendre le 16 août à Ferrières pour y fêter la Saint-Roch. Ils voulaient ainsi se préserver des épidémies et spécialement du choléra. Au retour, ces « Sint Rockis et Rock’resses » offraient, aux villageois, un spectacle haut en couleur.

« À peine débarqués ( du tram ), ces joyeux pèlerins tout fleuris de bruyère … formaient un cramignon ( Le cramignon est une danse traditionnelle de la région de Liège ) et, sous la conduite d’un « meneur », se répandaient en une chaîne dansante dans le fond du village, tout en répétant les couplets que chantait l’un des danseurs ». La fête se terminait, dans une ambiance extraordinaire, sur la Place du Wez, où s’enchaînaient des « cramignons » jusqu’à l’heure du dernier train pour Liège.

L’histoire du vicinal commence en 1900, quand le conseil communal de Comblain-Fairon s’est prononcé, pour la première fois, en faveur de la construction de cette ligne. En 1903, les plans et budgets avaient été approuvés. Remarquez en passant qu’il n’a fallu que 3 ans pour imaginer, proposer, convaincre, étudier, rédiger le cahier des charges, dessiner, calculer le coût, et approuver le projet ! Aujourd’hui, il faut en moyenne 30 ans pour en faire la moitié ! Dès le départ, les élus comblinois souhaitaient que la ligne se prolonge jusqu’à La Rock ( commune d’Anthisnes ).

Les travaux proprement dits débutent dès 1908. Le 28 août 1909, la ligne était terminée jusqu’à Xhoris. La section – Comblain-la-Tour – Manhay – Melreux – était déjà achevée le 5 février 1911. Par contre, l’autre section, Comblain – La Rock, posait problème. En effet, même si la distance de ce tronçon était relativement faible ( 7 à 8 km ), il fallait traverser la ligne de chemin de fer et surtout l’Ourthe !

Plusieurs projets furent étudiés. L’un d’entre eux envisageait sérieusement que le tram longe le mur de soutènement du chemin de fer, Rue du Vicinal … traverse les rails en passant sous le viaduc ( qu’on aurait élargi ) … longe la « propriété Detienne » ( c’est-à-dire le Centre Millennium et son parc ) … et finalement franchisse la rivière sur un pont à construire au pied du Rocher de la Vierge 3 ! ! !

Heureusement pour nous … ce projet n’a jamais vu le jour. Vous vous imaginez ce tram, si pittoresque soit-il, juste au bord de notre parc ?

Nous l’avons échappé belle !

 27/08/2018 – JP Dz

1 : Extrait des Échos de Comblain de décembre 1966 ; page 91
2 : Extrait des Échos de Comblain de décembre 1966 ; page 92
3 : Voir extraits des Échos de Comblain de janvier 1967 ; page 5

1339
1.339 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal Manhay Melreux : Pèlerinages de St Roch et de St Antoine.
1340
1.340 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal : Le tram et la gare.
1341
1.341 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal : Départ du tram vers St Roch.
1342
1.342 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal : Départ du tram.
1343
1.343 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal.
1344
1.344 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue du haut de la Roche conique : En bas, tracé des voies du tram.
1345
1.345 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue du haut de la Roche conique : En bas, la gare, les rails du train et ceux du tram.
1346
1.346 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue du haut de la Roche conique : Les rails du train et ceux du tram. Dans le fond, le centre Millennium.

 

 

0175 – Revisitons Comblain ( 18 ) : La roche conique

Au lieu de redescendre la Rue du Parc, passons plutôt de l’autre côté du chemin de fer … traversons ensemble le passage à niveau. D’ici, nous pouvons nous diriger dans toutes les directions ( voir le plan 1.246 ).

Si on décide d’aller vers la gauche, nous emprunterons le chemin qui nous mènera aux carrières des Hayires et un peu plus loin au camp des gitans que nous avons déjà évoqué ( article n° 27 ). Aujourd’hui, cette voie conduit également à un stade de tir et au centre d’escalade.

Tout droit, c’est la Rue du Boë, du nom de cette petite rivière à cause de laquelle Comblain est un « confluent », d’où son nom ( voir article n° 56 ). La Rue du Boë remonte tout doucement – en suivant plus au moins la petite rivière – pour passer par le quartier du Batty et se diriger vers les Crétalles.

À droite, par contre, c’est la Rue du Vicinal. Cette dernière est une voirie parallèle à la Rue du Parc ; elles sont séparées par le remblai du chemin de fer. Trois passages existent entre ces deux rues : le viaduc, juste à côté de la sortie du Centre Millénium ; le petit tunnel, en face de la Place du Wez et le passage à niveau que nous venons de franchir ensemble.

Mais avant d’aller plus loin, découvrons ce carrefour où semblent se croiser tant d’itinéraires … Vu d’ici, ce qui domine c’est cette petite colline pointue, et plus ou moins arborée, que nous avons tant de fois croisée sans jamais vraiment la regarder, ni jamais nous y intéresser.

Pourtant, ce monticule porte un nom … et même plusieurs. Comme vous le constaterez sur les cartes postales anciennes qui le représentent, il s’appelle tantôt : « le mont conique », tantôt « la roche conique » … ( parfois même « la roche comique », comme sur la carte postale n° 1.252 – sans doute par erreur ), mais le plus intéressant, c’est le nom donné par les comblinois qui le désignent par : le « Tiér des Pourcês » …

Comme c’est souvent le cas, cette appellation tire son origine du patois local et se rapporte à l’histoire du village. En effet, les habitants de Comblain-la-Tour emmenaient là leurs porcs ( les pourcês ) à « la glandée ». Pour ceux qui – comme moi – ignorent ce qu’est la glandée, il s’agit d’une pratique qui permet d’envoyer ses porcs paître dans les forêts pour y consommer les glands des chênes et les faînes des hêtres.

Moi, je ne sais pas quel genre de porcs pouvait escalader la roche conique ? ! ? Espérons qu’il y avait un autre chemin pour monter là-haut … si non … ces porcs-là devaient être balaises. Du coup, je me suis creusé la mémoire, de fond en comble, pour essayer de me rappeler si nous … pour faire comme les pourcês … nous l’avions escaladé aussi ?

Nous qui étions pourtant des casse-cou de première catégorie, qui n’hésitions jamais à grimper, à escalader, et prendre toutes sortes de risques, nous n’avons jamais à ma connaissance gravi la roche conique !

Je me trompe peut-être, mais personne ne m’a jamais dit qu’il l’avait fait.

Si VOUS l’avez fait, s’il vous plaît … racontez-nous. J’attends avec impatience vos témoignages. Si aucun d’entre vous ne se manifeste, nous serons dans l’obligation de désigner le « Tiér des Pourcês » comme étant la seule bêtise qu’on n’aura jamais faite à Comblain !

Pourtant, la vue du haut de cette roche est magnifique … d’un seul regard, on peut voir tout le village.
Et si on essayait de l’escalader lors de notre prochaine promenade à Comblain ? Qu’en pensez-vous ?

Enfin, sur la photo 1.253, au pied du « Tiér des Pourcês », à gauche, c’était la maison de Guy Demarteau et à droite, l’ancien café Dadoumont. Mr Francis Dadoumont, l’un des responsables des Échos de Comblain, qui nous lit régulièrement, pourrait peut-être nous dire s’il existe un lien de parenté entre lui et ce café ?

11/06/2018 – JP Dz

1246
1.246 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’autre côté du chemin de fer : Description du quartier – plan.
1247
1.247 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1248
1.248 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1249
1.249 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1250
1.250 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1251
1.251 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1252
1.252 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique.
1253
1.253 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : La gare du vicinal.
1254
1.254 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu à partir du sommet du Chirmont.
1255
1.255 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Aujourd’hui.

 

Voici un supplément d’information. Il émane de Monsieur André Philippe de Comblain-la-Tour. Je le remercie pour tous ces détails que j’ignorais. JP Dz

Monsieur,

J’ai beaucoup admiré votre article sur le Rocher des Pourcès.

Je peux vous documenter sur cet article. En étant jeunes, avec mes copains, nous escaladions le rocher de face pour arriver à une petite plate-forme. Le plus dangereux était le côté de chez Guy Demarteau.

En ce qui concerne, les particuliers qui détenaient des cochons, ils empruntaient des sentiers suivant :

1° au pied de la Rue de la Chera

2° au tournant en épingle à cheveux, à la moitié de cette rue

3° et pour les casse-cou, les jeunes sautaient au-dessus du Ruisseau du Boê, en face de l’ancienne maison forte ( Grill Graspowy ).

Aujourd’hui, tous ses sentiers n’existent plus. Le Mont conique ( Rocher des Pourcès ) est devenu une propriété privée ( Famille Cawet – Dermouchamps ).

Dernièrement, la région wallonne a placé des moutons pour un grand nettoyage du rocher.

Pour rappel, Francis Dadoumont n’est pas parent avec les anciens du café Dadoumont, deux familles différentes. Plus tard, ce café est devenu une menuiserie, toujours tenue par la même famille.

Tous les lundis, j’ai plaisir à lire tous vos articles.

PHILIPPE André

 

0168 – Revisitons Comblain ( 17 ) : L’Hostellerie Saint-Roch

Lorsque nous étions enfants, pendant les colonies, nous passions quotidiennement devant l’Hostellerie Saint-Roch. À chaque fois, nous nous arrêtions pour lire le menu qui était affiché devant l’entrée ou pour tenter d’apercevoir, à travers les fenêtres, le mobilier et les équipements du restaurant. Il faut dire que le luxe de l’établissement tranchait avec notre « ordinaire » de la maison polonaise.

Plus tard, quand on est devenu adolescent, on se prenait à rêver qu’à notre tour nous irions un jour loger là. C’était le cas pour Eveline et moi. Lorsque nos promenades, main dans la main, nous conduisaient devant l’hôtel et on se disait : « Quand nous serons adultes, nous viendrons passer nos vacances ici … ». Vu de l’extérieur – et vu du haut de nos seize ans – l’établissement paraissait inabordable. C’était un rêve.

Le temps est passé et les années se sont écoulées tellement vite que nous ne les avons pas vus filer.

Pourtant quand mon épouse m’a demandé ce qui me ferait le plus plaisir pour mes 50 ans, j’ai répondu sans hésitation : « Passer un week-end à l’Hostellerie Saint-Roch ». Nous avons donc écrit à Mr et Mme Dernouchamps pour réserver et aussi pour leur expliquer nos origines et notre histoire à la colonie polonaise. Dans ce petit courrier, j’ai mentionné combien leur établissement nous fascinait depuis tant d’années. J’ai raconté nos promenades et nos arrêts systématiques devant ce lieu emblématique.

Notre petite lettre les a profondément touchés. Ils se souvenaient – ni d’Eveline ni de moi bien sûr – mais de ces longues files d’enfants qui piétinaient bruyamment le trottoir depuis tant d’années. Mr et Mme Dernouchamps nous ont réservé un accueil chaleureux et la suite bleue, celle qui donne … sur l’Ourthe.

Durant ce séjour, nous avons pu évoquer le passé avec Mme Dernouchamps. Nous lui avons raconté nos années de colonies polonaises, et elle les nombreuses rencontres et des clients illustres qu’elle et sa famille avaient hébergés. Son plus grand souvenir reste la présence, dans ses murs, de Roger Moore au sommet de sa gloire.

C’était en 1965, lors du festival de jazz. Mme Dernouchamps nous a raconté cette visite inoubliable. La foule des fans était tellement avide d’apercevoir l’immense vedette, qu’il a fallu héberger l’artiste dans la partie privée de l’établissement. Mais rien ne décourageait les groupies. Au point qu’une des vitres du restaurant a été brisée par la poussée des femmes … et leur curiosité. Cette petite vidéo, qui commence sur la terrasse de l’hôtel, illustre toute la difficulté qu’avait « l’homme le plus beau du monde » à s’extirper du bâtiment pour aller rejoindre la scène du festival :

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170524_01008801/quand-roger-moore-etait-a-comblain-la-tour-quelques-mots-en-francais-et-des-jets-de-tomates

Depuis 2012, l’Hostellerie Saint-Roch est à vendre … avis aux amateurs … si vous disposez de beaucoup de moyens et que vous ne savez pas comment les utiliser, je vous encourage à en devenir le nouveau propriétaire. Au début, le couple Dernouchamps souhaitait vendre l’immeuble avec toutes ses annexes, son mobilier et tout l’équipement pour que le commerce puisse reprendre directement avec de nouveaux patrons. Finalement, devant le manque de candidats acquéreurs, ils se sont résolus à vendre le mobilier et les équipements séparément … et à un prix modique. C’est donc le week-end du 9 au 11 septembre 2016 ( c’est-à-dire exactement une semaine avant notre 2ème rencontre des Anciens de et à Comblain ), que s’est déroulée cette vente assez spéciale, je dirais même « mythique » à nos yeux … Cette autre vidéo montre le couple en pleins préparatifs pour la vente. On ressent bien toute l’émotion de ces gens qui ont veillé sur  l’hostellerie Saint Roch pendant … 40 ans :

https://www.rtc.be/video/info/hostellerie-st-roch-tout-est-a-vendre_1471964_325.html

23/04/2018 – JP Dz

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1.185 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vue sur l’ensemble du quartier.
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1.186 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vue à partir de la Rue du Parc.
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1.187 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vue à partir de l’autre côté de l’Ourthe.
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1.188 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Le petit salon.
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1.189 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Le restaurant.
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1.190 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vers les chambres et les suites.
1191
1.191 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Quelques parties de l’hôtel.
1192
1.192 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : L’hôtel dans son environnement.
1193
1.193 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2006 : L’Hostellerie Saint-Roch : Recouvert de lierre.
1194
1.194 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Monsieur et Madame Dernouchamps / Cawet.
1195
1.195 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Le petit mot gentil que nous avait écrit Madame Dernouchamps avant notre séjour.

 

0161 – Revisitons Comblain ( 16 ) : L’Hôtel Gillard

L’Hostellerie Saint-Roch, que nous avons si bien connue, ne s’est pas toujours appelée ainsi.

En effet, c’est dans un ancien relais de Poste qu’a été fondé en 1898, par deux frères commerçants en chaussures, un hôtel de luxe. L’établissement s’appelait à l’origine l’Hôtel de la Gare, puis il a pris le nom de l’Hôtel Gillard ( plus exactement : Veuve Gillard / Philippin ). Déjà il était connu pour être l’endroit idéal pour jouer au billard.

 Finalement, l’hôtel fut repris, en 1946, par un hôtelier, Mr Cawet, dont l’établissement ( le « Saint-Roch », à Houffalize ) avait brûlé pendant la guerre 44 – 45. En souvenir, il lui donna le nom de cet hôtel qui deviendra ainsi : l’Hostellerie Saint-Roch. Sur certains documents, on peut encore lire le nom de : Hôtel Cawet, du nom de son propriétaire, mais cette appellation n’est pas conforme. Durant 66 années, l’hôtel sera tenu par la même famille. En 1972, Mme Nicole Cawet ( la fille de Mr Cawet ) et son mari, Mr Francis Dernouchamps reprennent le flambeau et seront, durant 40 ans, à la tête de l’établissement jusqu’en 2012 … année de l’arrêt des activités.

L’Hostellerie Saint Roch – Rue du Parc, 1 à Comblain-la-Tour est devenue un établissement de grand standing. Il a été régulièrement récompensé et ce durant de nombreuses années. Il figurait en bonne place dans le Guide des Relais & Châteaux, où il faisait partie des 453 restaurants et hôtels dans le monde les mieux cotés. Quant à la cuisine de Mr Dernouchamps, elle lui a valu 1 étoile au Guide Michelin ; 2 toques au Guide Gault & Millau et 4 toques ( = classé dans les Top 20 ) + 4 rubis ( = cadre prestigieux ) par le Guide Lemaire 2005.

Tout naturellement, de nombreuses personnalités en vue ont séjourné ici. Durant le Festival de Jazz, Benny Goodman et Roger Moore y logèrent. Mais aussi Eddy Mitchell, Patachou, Ayrton Senna et Alain Prost. Il faut dire que le circuit de Spa – Francorchamps n’est pas bien loin.

D’ailleurs à propos d’automobile, il paraît évident que les gens qui pouvaient se permettre, à l’époque, un séjour à l’Hostellerie Saint Roch étaient relativement aisés … voire riche. Du coup, ce sont les mêmes qui avaient les moyens de se payer les premières automobiles. Quand ils débarquaient à Comblain-la-Tour, ils venaient avec leurs véhicules. Si vous regardez les photos 1.130 à 1.134, vous verrez ces ancêtres stationnant devant l’hôtel.

Aujourd’hui, c’est toujours le cas. Sur la photo 1.135, vous pouvez voir encore une de ces « vieilles carrosseries » attendant son maître à l’arrière de l’hôtel … et je ne parle pas de ma femme en rouge, mais plutôt de la bagnole en vert juste derrière elle(*). La photo 1.136, prise le même jour en façade, montre encore un autre ancêtre ; ces deux dernières photos ont été prises en 2006 lors d’un week-end en amoureux que nous avons passé dans ce prestigieux établissement. Ce dimanche-là, nous avons partagé notre déjeuner avec deux couples de britanniques qui visitaient la Belgique à bord de ces engins d’un autre temps.

12/03/2018 – JP Dz

(*) : Pour ceux qui en douteraient … j’adore ma femme et nous avons bien rigolé, tous les deux, en ajoutant cette petite phrase … nous espérons qu’elle vous fera sourire aussi ! ( et je m’excuse de m’excuser ).

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1.126 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard – fondé en 1898 : Affiche de promotion.
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1.127 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard – Ex Hôtel de la Gare – Vve Gillard – Philippin : Vue de l’autre côté de l’Ourthe.
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1.128 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Cawet : Terrasse et un coin du parc.
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1.129 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Cawet : La terrasse.
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1.130 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel de la Gare : Automobile d’un autre âge.
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1.131 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel de la Gare : Automobile d’un autre âge.
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1.132 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard : Trois automobiles d’un autre âge.
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1.133 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard : Deux automobiles d’un autre âge.
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1.134 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard : Voiture ancêtre.
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1.135 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2006 : Hostellerie Saint-Roch : Eveline Ogonowski et une carrosserie ancienne.
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1.136 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2006 : Hostellerie Saint-Roch : Voiture ancêtre.

Addendum de Jef Rozenski :

La photo 1.133 m’étonnait parce qu’il y avait l’inscription « Bières Vantilt Louvain » sur l’auvent de l’Hôtel Gillard. Je travaille à Louvain et je n’ai jamais entendu parler des « bières Vantilt ». Grâce à Google, j’ai trouvé que la brasserie n’existe plus car rachetée par Stella en 1952.

http://www.erfgoedplus.be/sites/all/files/media/themas/bijlagen/Erfgoeddag-leven%20in%20de%20brouwerij-fol-015_0.pdf

http://testavzw.be/de-brouwerij-gezusters-van-tilt-uit-leuven-werd-opgekocht-door-artois-in-1952/

Jef Rozenski

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1.133 B : La Bière VAN TILT de Louvain

 

0155 – Revisitons Comblain ( 15 ) : La Rue du Parc

La Rue du Parc, à Comblain-la-Tour, est sans doute la rue que nous avons empruntée le plus souvent …

C’est non seulement la rue qui va de la gare au Centre polonais, mais c’est aussi celle qu’il fallait emprunter pour aller au marché du jeudi à Comblain-au-Pont, mais aussi pour aller au camp des Gitans, à la plage, à Fairon, à Hamoir, à Anthisnes, … Bref, cette Rue du Parc, c’était un peu l’artère névralgique de toute la vie au centre, mais c’était surtout la rue au bout de laquelle … c’était « chez nous » … et ça l’est toujours !

Même si elle est relativement étroite, et coincée entre le remblai du chemin de fer et l’Ourthe, la Rue du Parc, c’est un peu le « boulevard », la « vitrine » de Comblain-la-Tour. En effet, celle qui s’appelait à l’origine Rue de la Station a vu apparaître, très vite des petits hôtels et des pensions de famille qui trouvaient là une situation idéale à proximité la gare et de la rivière. Malheureusement, l’essor du tourisme, la multiplication des voitures unifamiliales et leur utilisation pour les congés à faible distance, sonneront le glas pour ces sympathiques petits hôtels. MAIS Pas pour tous … heureusement.

Celui que nous avons bien connu, c’était l’Hostellerie Saint-Roch. C’est l’établissement le plus proche de la gare, mais je consacrerai deux articles spécifiques rien qu’à ce « monument » de Comblain-la-Tour. Passons directement au suivant …

L’Hôtel de l’Ourthe ( ex Hôtel / pension Houltiau ) est l’immeuble situé juste à côté de l’Hostellerie Saint-Roch, mais … il n’a pas connu le même succès que son voisin … D’ailleurs, il finira par être racheté par Mr Cawet, propriétaire de l’Hostellerie Saint-Roch, dans un premier temps pour agrandir son établissement, puis pour devenir une annexe à caractère privé.

Mais avant ça, il a même servi de … prison ! En effet, durant la première guerre mondiale, les forces d’occupation, « avisées du manque de clients » lui trouveront une autre affectation. Les Échos de Comblain relatent, avec beaucoup d’humour, dans un article écrit en septembre 1967, comment les allemands avaient réussi à faire le plein de l’établissement : « Il faut bien admettre que, d’un certain point de vue, cette mesure se justifiait pleinement, la relance de cet établissement s’avérant indispensable. En effet, un hôtel n’a-t-il pas été édifié pour recevoir des pensionnaires ? Or, par ces temps particulièrement tourmentés, celui qui nous occupe était vide ( vide, en tout cas, de touristes ) ; il fallait donc lui rendre une certaine vitalité … Les allemands eurent tôt fait de trouver la solution à cet important problème : alles raus ; fous pandits, fous foleurs … fous en prisons ! Et l’on arrêtait par ci, on « ramassait » par là … ».

Malheureusement pour les pensionnaires, les geôliers n’assuraient que l’hébergement … pas le ravitaillement. Ce sont donc les familles des prisonniers qui devaient subvenir à leurs besoins ; ce qui devait s’avérer bien difficile, en période de guerre, quand les malheureux venaient de loin !

Un peu plus loin, la Rue du Parc croise la Place du Wez. Sur le coin, le café-épicerie Bougelet servait jadis, de salle de spectacle et même de classes primaires, en 1946. Ce qui explique sans doute le bâtiment « un peu spécial » qu’on aperçoit sur les photos 1.075, 1.076, 1.078 et 1.079. Sur l’autre coin, nous avons très bien connu le magasin de souvenirs.

Entre la Place du Wez et notre Hôtel du Parc, il y avait encore un hôtel : l’Hôtel Rorive ( photo 1.082 ).
Cette grosse bâtisse et sa sœur quasi jumelle, située juste à côté, ont été construites par le tailleur Dabée ( qui habitait à l’origine dans la maison voisine du Centre polonais ; voir la photo 239 ) pour ses filles. Il faut croire que déjà à l’époque le métier de tailleur rapportait bien … Mais l’une des deux maisons deviendra le magasin du tailleur et l’autre l’Hôtel Rorive. Certains de nos parents profitaient d’ailleurs de leur passage à Comblain pour aller se faire rhabiller au magasin du tailleur … c’est dire que ce commerce a perduré au moins jusque dans les années 60 / 70.

La Rue du Parc se termine tout naturellement par le parc … « Notre parc ». Dans son prolongement, un sentier court entre le parc et le remblai du chemin de fer … sentier bien connu de tous puisqu’il mène au lieu-dit « la source ».

29/01/2018 – JP Dz

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1.071 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Aujourd’hui.
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1.072 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de la gare.
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1.073 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philipin ; la gare.
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1.074 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : La gare et l’hôtel de la gare.
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1.075 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel de la gare – hôtel Veuve Gillard.
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1.076 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philippin.
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1.077 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel Gillard – L’hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philippin.
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1.078 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Panorama sur les Rue du Parc, Quai de l’Ourthe et Rue de Fairon.
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1.079 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Panorama sur la Rue du Parc.
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1.080 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de l’Ourthe.
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1.081 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de l’Ourthe – Pascal Houlteaux.
1082
1.082 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel Rorive.
1082_B_Eco_1967_68_septembre
1.082 B : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Extrait des Echos de Comblain : septembre 1967 – page 68.
1082_C_Eco_1967_69_septembre
1.082 C : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Extrait des Echos de Comblain : septembre 1967 – page 69.

 

0149 – Revisitons Comblain ( 14 ) : Un canal ? À Comblain ?

Comme déjà évoqué dans un article précédent ( n° 144 ), pour construire la ligne de chemin de fer, il fallut d’abord « reboucher le canal » ! Qu’est-ce que c’est que ce canal ? Pourquoi fallait-il construire là, à Comblain-la-Tour, un canal, alors que l’Ourthe n’est distante que d’une centaine de mètres ? Pourquoi ces travaux ont-ils été finalement abandonnés ? Est-ce déjà le début d’une suite sans fin de « travaux inutiles » ? Nous allons essayer de comprendre et de répondre à quelques-unes de ces questions.

Effectivement des bateaux « commerciaux » empruntaient la rivière, mais l’Ourthe est plus romantique que navigable. Parfois elle déborde, parfois elle manque cruellement d’eau. Par endroits, elle n’est pas assez profonde, à d’autres trop rapide. Malgré des travaux réguliers de curage, d’élargissement et des dispositifs spécifiques comme les barrages et les « vènes », avec leurs plans inclinés, il était très compliqué pour les « bètchètes » d’assurer un service régulier pour livrer leurs marchandises, essentiellement le minerai de fer et les pierres. Pourtant la forme et les caractéristiques de cette petite barque étaient adaptées aux caprices de l’Ourthe. La « bètchète » offrait un faible tirant d’eau ( 85 cm ), elle pouvait embarquer entre 10 et 18 tonnes de fret, possédait un mât déplaçable qui se trouvait toujours du côté du chemin de halage ; car évidemment, elle était tractée, depuis le chemin de halage, par un cheval. Et malgré tout ça, entre juillet et août, la navigation était impossible … par manque d’eau. Cette courte période de chômage s’appelle l’étiage.

Donc, pour remédier aux « insuffisances » de la rivière, un gigantesque projet fut imaginé. L’idée, c’était carrément de relier, par voie d’eau, la Meuse à la Moselle … et donc au Rhin. C’est le plus vaste projet de travaux publics qui ait été entrepris en Belgique à cette époque.

Le Canal de l’Ourthe, projet soutenu par Guillaume Ier des Pays-Bas, est mis au point par Remi De Puydt.

Les chiffres sont impressionnants : il prévoit la canalisation de 300 à 400 kilomètres de voies navigables et la construction de 205 écluses ainsi qu’un tunnel de quelque 2,5 kilomètres à Bernistap ; le tout à travers le massif ardennais. À Comblain-la-Tour, le canal coupera le village en deux ! Il passera juste à côté de notre maison polonaise et longera le parc … c’est exactement l’itinéraire qu’emprunte aujourd’hui la ligne de chemin fer.

Les travaux sont commencés en 1827, mais l’entreprise sera affectée par des problèmes de financement. La révolution belge de 1830 et l’invention du chemin de fer mineront le projet. La construction du canal se poursuivit sans interruption jusque 1832, puis sporadiquement en 1836 et 1837 et fut finalement arrêtée, malgré l’avancement déjà important des travaux, notamment les 16 maisons éclusières qui étaient sous toit.

L’indépendance reconnue du Grand-Duché du Luxembourg en 1839 provoquera son arrêt définitif.

Quel dommage ! Imaginez comment auraient été nos vacances entre l’Ourthe et le Canal de l’Ourthe ! Le Centre Millennium et le parc auraient été une île … et nous des Robinsons.

Au lieu d’avoir ce train qui poussait des cris stridents et qui nous faisait sursauter … on aurait eu la douce quiétude des chalands qui remontaient le canal à pas lents. Au lieu de ce mur immense qui nous séparait du reste du village, on aurait eu une vue splendide sur Comblain-l’amour … et qui sait si on n’aurait pas sympathisé davantage avec des autochtones … Je suis sûr que les plus romantiques de nos filles seraient allées chiper des carottes dans le petit potager pour aller les offrir aux chevaux qui tiraient les « bètchètes ». Et je suis sûr qu’elles seraient rentrées, au centre, impressionnées et  affectées par le dur labeur de ces braves montures. Et nous … on aurait pu les réconforter …

De cette immense entreprise, il ne reste plus grand-chose … à Comblain-la-Tour : rien. Tout a été rebouché pour construire le chemin de fer. Ailleurs, d’importantes sections de ce canal sont encore visibles aujourd’hui.

Désaffecté en amont d’Esneux en 1917, le canal fut encore utilisé entre Angleur et Tilff durant la guerre 1940-1945. À Bernistap, le tunnel est encore visible ( classé monument historique en 1988 appartenant à la Région Wallonne ).

Si vous êtes du genre curieux, je vous engage à lire les quelques extraits en annexe des « Échos de Comblain » pour en savoir plus sur la navigation des « bètchètes » à Comblain.

Si vous voulez en savoir plus sur le Canal de l’Ourthe, allez voir le site :

http://meuse-moselle1830.be/cmm.index.html.

Mais si vous êtes, comme moi, plutôt rêveur … laissez-vous entraîner par votre imagination, embarquez avec moi, sur une de ces « bètchètes », laissons-nous « haler » et rêver à ce décor qui aurait été tellement différent …

18/12/2017 – JP Dz

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1.019 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Plan d’un parcours tout en relief.
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1.020 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Présentation du chantier le plus grandiose de l’époque.
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1.021 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
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1.022 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
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1.023 a : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 b : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.013 c : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 d : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 e : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.