0175 – Revisitons Comblain ( 18 ) : La roche conique

Au lieu de redescendre la Rue du Parc, passons plutôt de l’autre côté du chemin de fer … traversons ensemble le passage à niveau. D’ici, nous pouvons nous diriger dans toutes les directions ( voir le plan 1.246 ).

Si on décide d’aller vers la gauche, nous emprunterons le chemin qui nous mènera aux carrières des Hayires et un peu plus loin au camp des gitans que nous avons déjà évoqué ( article n° 27 ). Aujourd’hui, cette voie conduit également à un stade de tir et au centre d’escalade.

Tout droit, c’est la Rue du Boë, du nom de cette petite rivière à cause de laquelle Comblain est un « confluent », d’où son nom ( voir article n° 56 ). La Rue du Boë remonte tout doucement – en suivant plus au moins la petite rivière – pour passer par le quartier du Batty et se diriger vers les Crétalles.

À droite, par contre, c’est la Rue du Vicinal. Cette dernière est une voirie parallèle à la Rue du Parc ; elles sont séparées par le remblai du chemin de fer. Trois passages existent entre ces deux rues : le viaduc, juste à côté de la sortie du Centre Millénium ; le petit tunnel, en face de la Place du Wez et le passage à niveau que nous venons de franchir ensemble.

Mais avant d’aller plus loin, découvrons ce carrefour où semblent se croiser tant d’itinéraires … Vu d’ici, ce qui domine c’est cette petite colline pointue, et plus ou moins arborée, que nous avons tant de fois croisée sans jamais vraiment la regarder, ni jamais nous y intéresser.

Pourtant, ce monticule porte un nom … et même plusieurs. Comme vous le constaterez sur les cartes postales anciennes qui le représentent, il s’appelle tantôt : « le mont conique », tantôt « la roche conique » … ( parfois même « la roche comique », comme sur la carte postale n° 1.252 – sans doute par erreur ), mais le plus intéressant, c’est le nom donné par les comblinois qui le désignent par : le « Tiér des Pourcês » …

Comme c’est souvent le cas, cette appellation tire son origine du patois local et se rapporte à l’histoire du village. En effet, les habitants de Comblain-la-Tour emmenaient là leurs porcs ( les pourcês ) à « la glandée ». Pour ceux qui – comme moi – ignorent ce qu’est la glandée, il s’agit d’une pratique qui permet d’envoyer ses porcs paître dans les forêts pour y consommer les glands des chênes et les faînes des hêtres.

Moi, je ne sais pas quel genre de porcs pouvait escalader la roche conique ? ! ? Espérons qu’il y avait un autre chemin pour monter là-haut … si non … ces porcs-là devaient être balaises. Du coup, je me suis creusé la mémoire, de fond en comble, pour essayer de me rappeler si nous … pour faire comme les pourcês … nous l’avions escaladé aussi ?

Nous qui étions pourtant des casse-cou de première catégorie, qui n’hésitions jamais à grimper, à escalader, et prendre toutes sortes de risques, nous n’avons jamais à ma connaissance gravi la roche conique !

Je me trompe peut-être, mais personne ne m’a jamais dit qu’il l’avait fait.

Si VOUS l’avez fait, s’il vous plaît … racontez-nous. J’attends avec impatience vos témoignages. Si aucun d’entre vous ne se manifeste, nous serons dans l’obligation de désigner le « Tiér des Pourcês » comme étant la seule bêtise qu’on n’aura jamais faite à Comblain !

Pourtant, la vue du haut de cette roche est magnifique … d’un seul regard, on peut voir tout le village.
Et si on essayait de l’escalader lors de notre prochaine promenade à Comblain ? Qu’en pensez-vous ?

Enfin, sur la photo 1.253, au pied du « Tiér des Pourcês », à gauche, c’était la maison de Guy Demarteau et à droite, l’ancien café Dadoumont. Mr Francis Dadoumont, l’un des responsables des Échos de Comblain, qui nous lit régulièrement, pourrait peut-être nous dire s’il existe un lien de parenté entre lui et ce café ?

11/06/2018 – JP Dz

1246
1.246 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’autre côté du chemin de fer : Description du quartier – plan.
1247
1.247 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1248
1.248 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1249
1.249 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1250
1.250 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1251
1.251 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1252
1.252 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique.
1253
1.253 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : La gare du vicinal.
1254
1.254 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu à partir du sommet du Chirmont.
1255
1.255 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Aujourd’hui.

 

Voici un supplément d’information. Il émane de Monsieur André Philippe de Comblain-la-Tour. Je le remercie pour tous ces détails que j’ignorais. JP Dz

Monsieur,

J’ai beaucoup admiré votre article sur le Rocher des Pourcès.

Je peux vous documenter sur cet article. En étant jeunes, avec mes copains, nous escaladions le rocher de face pour arriver à une petite plate-forme. Le plus dangereux était le côté de chez Guy Demarteau.

En ce qui concerne, les particuliers qui détenaient des cochons, ils empruntaient des sentiers suivant :

1° au pied de la Rue de la Chera

2° au tournant en épingle à cheveux, à la moitié de cette rue

3° et pour les casse-cou, les jeunes sautaient au-dessus du Ruisseau du Boê, en face de l’ancienne maison forte ( Grill Graspowy ).

Aujourd’hui, tous ses sentiers n’existent plus. Le Mont conique ( Rocher des Pourcès ) est devenu une propriété privée ( Famille Cawet – Dermouchamps ).

Dernièrement, la région wallonne a placé des moutons pour un grand nettoyage du rocher.

Pour rappel, Francis Dadoumont n’est pas parent avec les anciens du café Dadoumont, deux familles différentes. Plus tard, ce café est devenu une menuiserie, toujours tenue par la même famille.

Tous les lundis, j’ai plaisir à lire tous vos articles.

PHILIPPE André

 

Publicités

0168 – Revisitons Comblain ( 17 ) : L’Hostellerie Saint-Roch

Lorsque nous étions enfants, pendant les colonies, nous passions quotidiennement devant l’Hostellerie Saint-Roch. À chaque fois, nous nous arrêtions pour lire le menu qui était affiché devant l’entrée ou pour tenter d’apercevoir, à travers les fenêtres, le mobilier et les équipements du restaurant. Il faut dire que le luxe de l’établissement tranchait avec notre « ordinaire » de la maison polonaise.

Plus tard, quand on est devenu adolescent, on se prenait à rêver qu’à notre tour nous irions un jour loger là. C’était le cas pour Eveline et moi. Lorsque nos promenades, main dans la main, nous conduisaient devant l’hôtel et on se disait : « Quand nous serons adultes, nous viendrons passer nos vacances ici … ». Vu de l’extérieur – et vu du haut de nos seize ans – l’établissement paraissait inabordable. C’était un rêve.

Le temps est passé et les années se sont écoulées tellement vite que nous ne les avons pas vus filer.

Pourtant quand mon épouse m’a demandé ce qui me ferait le plus plaisir pour mes 50 ans, j’ai répondu sans hésitation : « Passer un week-end à l’Hostellerie Saint-Roch ». Nous avons donc écrit à Mr et Mme Dernouchamps pour réserver et aussi pour leur expliquer nos origines et notre histoire à la colonie polonaise. Dans ce petit courrier, j’ai mentionné combien leur établissement nous fascinait depuis tant d’années. J’ai raconté nos promenades et nos arrêts systématiques devant ce lieu emblématique.

Notre petite lettre les a profondément touchés. Ils se souvenaient – ni d’Eveline ni de moi bien sûr – mais de ces longues files d’enfants qui piétinaient bruyamment le trottoir depuis tant d’années. Mr et Mme Dernouchamps nous ont réservé un accueil chaleureux et la suite bleue, celle qui donne … sur l’Ourthe.

Durant ce séjour, nous avons pu évoquer le passé avec Mme Dernouchamps. Nous lui avons raconté nos années de colonies polonaises, et elle les nombreuses rencontres et des clients illustres qu’elle et sa famille avaient hébergés. Son plus grand souvenir reste la présence, dans ses murs, de Roger Moore au sommet de sa gloire.

C’était en 1965, lors du festival de jazz. Mme Dernouchamps nous a raconté cette visite inoubliable. La foule des fans était tellement avide d’apercevoir l’immense vedette, qu’il a fallu héberger l’artiste dans la partie privée de l’établissement. Mais rien ne décourageait les groupies. Au point qu’une des vitres du restaurant a été brisée par la poussée des femmes … et leur curiosité. Cette petite vidéo, qui commence sur la terrasse de l’hôtel, illustre toute la difficulté qu’avait « l’homme le plus beau du monde » à s’extirper du bâtiment pour aller rejoindre la scène du festival :

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170524_01008801/quand-roger-moore-etait-a-comblain-la-tour-quelques-mots-en-francais-et-des-jets-de-tomates

Depuis 2012, l’Hostellerie Saint-Roch est à vendre … avis aux amateurs … si vous disposez de beaucoup de moyens et que vous ne savez pas comment les utiliser, je vous encourage à en devenir le nouveau propriétaire. Au début, le couple Dernouchamps souhaitait vendre l’immeuble avec toutes ses annexes, son mobilier et tout l’équipement pour que le commerce puisse reprendre directement avec de nouveaux patrons. Finalement, devant le manque de candidats acquéreurs, ils se sont résolus à vendre le mobilier et les équipements séparément … et à un prix modique. C’est donc le week-end du 9 au 11 septembre 2016 ( c’est-à-dire exactement une semaine avant notre 2ème rencontre des Anciens de et à Comblain ), que s’est déroulée cette vente assez spéciale, je dirais même « mythique » à nos yeux … Cette autre vidéo montre le couple en pleins préparatifs pour la vente. On ressent bien toute l’émotion de ces gens qui ont veillé sur  l’hostellerie Saint Roch pendant … 40 ans :

https://www.rtc.be/video/info/hostellerie-st-roch-tout-est-a-vendre_1471964_325.html

23/04/2018 – JP Dz

1185
1.185 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vue sur l’ensemble du quartier.
1186
1.186 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vue à partir de la Rue du Parc.
1187
1.187 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vue à partir de l’autre côté de l’Ourthe.
1188
1.188 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Le petit salon.
1189
1.189 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Le restaurant.
1190
1.190 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Vers les chambres et les suites.
1191
1.191 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Quelques parties de l’hôtel.
1192
1.192 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : L’hôtel dans son environnement.
1193
1.193 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2006 : L’Hostellerie Saint-Roch : Recouvert de lierre.
1194
1.194 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Monsieur et Madame Dernouchamps / Cawet.
1195
1.195 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Hostellerie Saint-Roch : Le petit mot gentil que nous avait écrit Madame Dernouchamps avant notre séjour.

 

0161 – Revisitons Comblain ( 16 ) : L’Hôtel Gillard

L’Hostellerie Saint-Roch, que nous avons si bien connue, ne s’est pas toujours appelée ainsi.

En effet, c’est dans un ancien relais de Poste qu’a été fondé en 1898, par deux frères commerçants en chaussures, un hôtel de luxe. L’établissement s’appelait à l’origine l’Hôtel de la Gare, puis il a pris le nom de l’Hôtel Gillard ( plus exactement : Veuve Gillard / Philippin ). Déjà il était connu pour être l’endroit idéal pour jouer au billard.

 Finalement, l’hôtel fut repris, en 1946, par un hôtelier, Mr Cawet, dont l’établissement ( le « Saint-Roch », à Houffalize ) avait brûlé pendant la guerre 44 – 45. En souvenir, il lui donna le nom de cet hôtel qui deviendra ainsi : l’Hostellerie Saint-Roch. Sur certains documents, on peut encore lire le nom de : Hôtel Cawet, du nom de son propriétaire, mais cette appellation n’est pas conforme. Durant 66 années, l’hôtel sera tenu par la même famille. En 1972, Mme Nicole Cawet ( la fille de Mr Cawet ) et son mari, Mr Francis Dernouchamps reprennent le flambeau et seront, durant 40 ans, à la tête de l’établissement jusqu’en 2012 … année de l’arrêt des activités.

L’Hostellerie Saint Roch – Rue du Parc, 1 à Comblain-la-Tour est devenue un établissement de grand standing. Il a été régulièrement récompensé et ce durant de nombreuses années. Il figurait en bonne place dans le Guide des Relais & Châteaux, où il faisait partie des 453 restaurants et hôtels dans le monde les mieux cotés. Quant à la cuisine de Mr Dernouchamps, elle lui a valu 1 étoile au Guide Michelin ; 2 toques au Guide Gault & Millau et 4 toques ( = classé dans les Top 20 ) + 4 rubis ( = cadre prestigieux ) par le Guide Lemaire 2005.

Tout naturellement, de nombreuses personnalités en vue ont séjourné ici. Durant le Festival de Jazz, Benny Goodman et Roger Moore y logèrent. Mais aussi Eddy Mitchell, Patachou, Ayrton Senna et Alain Prost. Il faut dire que le circuit de Spa – Francorchamps n’est pas bien loin.

D’ailleurs à propos d’automobile, il paraît évident que les gens qui pouvaient se permettre, à l’époque, un séjour à l’Hostellerie Saint Roch étaient relativement aisés … voire riche. Du coup, ce sont les mêmes qui avaient les moyens de se payer les premières automobiles. Quand ils débarquaient à Comblain-la-Tour, ils venaient avec leurs véhicules. Si vous regardez les photos 1.130 à 1.134, vous verrez ces ancêtres stationnant devant l’hôtel.

Aujourd’hui, c’est toujours le cas. Sur la photo 1.135, vous pouvez voir encore une de ces « vieilles carrosseries » attendant son maître à l’arrière de l’hôtel … et je ne parle pas de ma femme en rouge, mais plutôt de la bagnole en vert juste derrière elle(*). La photo 1.136, prise le même jour en façade, montre encore un autre ancêtre ; ces deux dernières photos ont été prises en 2006 lors d’un week-end en amoureux que nous avons passé dans ce prestigieux établissement. Ce dimanche-là, nous avons partagé notre déjeuner avec deux couples de britanniques qui visitaient la Belgique à bord de ces engins d’un autre temps.

12/03/2018 – JP Dz

(*) : Pour ceux qui en douteraient … j’adore ma femme et nous avons bien rigolé, tous les deux, en ajoutant cette petite phrase … nous espérons qu’elle vous fera sourire aussi ! ( et je m’excuse de m’excuser ).

1126
1.126 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard – fondé en 1898 : Affiche de promotion.
1127
1.127 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard – Ex Hôtel de la Gare – Vve Gillard – Philippin : Vue de l’autre côté de l’Ourthe.
1128
1.128 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Cawet : Terrasse et un coin du parc.
1129
1.129 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Cawet : La terrasse.
1130
1.130 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel de la Gare : Automobile d’un autre âge.
1131
1.131 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel de la Gare : Automobile d’un autre âge.
1132
1.132 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard : Trois automobiles d’un autre âge.
1133
1.133 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard : Deux automobiles d’un autre âge.
1134
1.134 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel Gillard : Voiture ancêtre.
1135
1.135 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2006 : Hostellerie Saint-Roch : Eveline Ogonowski et une carrosserie ancienne.
1136
1.136 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2006 : Hostellerie Saint-Roch : Voiture ancêtre.

Addendum de Jef Rozenski :

La photo 1.133 m’étonnait parce qu’il y avait l’inscription « Bières Vantilt Louvain » sur l’auvent de l’Hôtel Gillard. Je travaille à Louvain et je n’ai jamais entendu parler des « bières Vantilt ». Grâce à Google, j’ai trouvé que la brasserie n’existe plus car rachetée par Stella en 1952.

http://www.erfgoedplus.be/sites/all/files/media/themas/bijlagen/Erfgoeddag-leven%20in%20de%20brouwerij-fol-015_0.pdf

http://testavzw.be/de-brouwerij-gezusters-van-tilt-uit-leuven-werd-opgekocht-door-artois-in-1952/

Jef Rozenski

1133_B
1.133 B : La Bière VAN TILT de Louvain

 

0155 – Revisitons Comblain ( 15 ) : La Rue du Parc

La Rue du Parc, à Comblain-la-Tour, est sans doute la rue que nous avons empruntée le plus souvent …

C’est non seulement la rue qui va de la gare au Centre polonais, mais c’est aussi celle qu’il fallait emprunter pour aller au marché du jeudi à Comblain-au-Pont, mais aussi pour aller au camp des Gitans, à la plage, à Fairon, à Hamoir, à Anthisnes, … Bref, cette Rue du Parc, c’était un peu l’artère névralgique de toute la vie au centre, mais c’était surtout la rue au bout de laquelle … c’était « chez nous » … et ça l’est toujours !

Même si elle est relativement étroite, et coincée entre le remblai du chemin de fer et l’Ourthe, la Rue du Parc, c’est un peu le « boulevard », la « vitrine » de Comblain-la-Tour. En effet, celle qui s’appelait à l’origine Rue de la Station a vu apparaître, très vite des petits hôtels et des pensions de famille qui trouvaient là une situation idéale à proximité la gare et de la rivière. Malheureusement, l’essor du tourisme, la multiplication des voitures unifamiliales et leur utilisation pour les congés à faible distance, sonneront le glas pour ces sympathiques petits hôtels. MAIS Pas pour tous … heureusement.

Celui que nous avons bien connu, c’était l’Hostellerie Saint-Roch. C’est l’établissement le plus proche de la gare, mais je consacrerai deux articles spécifiques rien qu’à ce « monument » de Comblain-la-Tour. Passons directement au suivant …

L’Hôtel de l’Ourthe ( ex Hôtel / pension Houltiau ) est l’immeuble situé juste à côté de l’Hostellerie Saint-Roch, mais … il n’a pas connu le même succès que son voisin … D’ailleurs, il finira par être racheté par Mr Cawet, propriétaire de l’Hostellerie Saint-Roch, dans un premier temps pour agrandir son établissement, puis pour devenir une annexe à caractère privé.

Mais avant ça, il a même servi de … prison ! En effet, durant la première guerre mondiale, les forces d’occupation, « avisées du manque de clients » lui trouveront une autre affectation. Les Échos de Comblain relatent, avec beaucoup d’humour, dans un article écrit en septembre 1967, comment les allemands avaient réussi à faire le plein de l’établissement : « Il faut bien admettre que, d’un certain point de vue, cette mesure se justifiait pleinement, la relance de cet établissement s’avérant indispensable. En effet, un hôtel n’a-t-il pas été édifié pour recevoir des pensionnaires ? Or, par ces temps particulièrement tourmentés, celui qui nous occupe était vide ( vide, en tout cas, de touristes ) ; il fallait donc lui rendre une certaine vitalité … Les allemands eurent tôt fait de trouver la solution à cet important problème : alles raus ; fous pandits, fous foleurs … fous en prisons ! Et l’on arrêtait par ci, on « ramassait » par là … ».

Malheureusement pour les pensionnaires, les geôliers n’assuraient que l’hébergement … pas le ravitaillement. Ce sont donc les familles des prisonniers qui devaient subvenir à leurs besoins ; ce qui devait s’avérer bien difficile, en période de guerre, quand les malheureux venaient de loin !

Un peu plus loin, la Rue du Parc croise la Place du Wez. Sur le coin, le café-épicerie Bougelet servait jadis, de salle de spectacle et même de classes primaires, en 1946. Ce qui explique sans doute le bâtiment « un peu spécial » qu’on aperçoit sur les photos 1.075, 1.076, 1.078 et 1.079. Sur l’autre coin, nous avons très bien connu le magasin de souvenirs.

Entre la Place du Wez et notre Hôtel du Parc, il y avait encore un hôtel : l’Hôtel Rorive ( photo 1.082 ).
Cette grosse bâtisse et sa sœur quasi jumelle, située juste à côté, ont été construites par le tailleur Dabée ( qui habitait à l’origine dans la maison voisine du Centre polonais ; voir la photo 239 ) pour ses filles. Il faut croire que déjà à l’époque le métier de tailleur rapportait bien … Mais l’une des deux maisons deviendra le magasin du tailleur et l’autre l’Hôtel Rorive. Certains de nos parents profitaient d’ailleurs de leur passage à Comblain pour aller se faire rhabiller au magasin du tailleur … c’est dire que ce commerce a perduré au moins jusque dans les années 60 / 70.

La Rue du Parc se termine tout naturellement par le parc … « Notre parc ». Dans son prolongement, un sentier court entre le parc et le remblai du chemin de fer … sentier bien connu de tous puisqu’il mène au lieu-dit « la source ».

29/01/2018 – JP Dz

1071
1.071 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Aujourd’hui.
1072
1.072 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de la gare.
1073
1.073 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philipin ; la gare.
1074
1.074 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : La gare et l’hôtel de la gare.
1075
1.075 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel de la gare – hôtel Veuve Gillard.
1076
1.076 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philippin.
1077
1.077 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel Gillard – L’hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philippin.
1078
1.078 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Panorama sur les Rue du Parc, Quai de l’Ourthe et Rue de Fairon.
1079
1.079 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Panorama sur la Rue du Parc.
1080
1.080 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de l’Ourthe.
1081
1.081 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de l’Ourthe – Pascal Houlteaux.
1082
1.082 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel Rorive.
1082_B_Eco_1967_68_septembre
1.082 B : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Extrait des Echos de Comblain : septembre 1967 – page 68.
1082_C_Eco_1967_69_septembre
1.082 C : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Extrait des Echos de Comblain : septembre 1967 – page 69.

 

0149 – Revisitons Comblain ( 14 ) : Un canal ? À Comblain ?

Comme déjà évoqué dans un article précédent ( n° 144 ), pour construire la ligne de chemin de fer, il fallut d’abord « reboucher le canal » ! Qu’est-ce que c’est que ce canal ? Pourquoi fallait-il construire là, à Comblain-la-Tour, un canal, alors que l’Ourthe n’est distante que d’une centaine de mètres ? Pourquoi ces travaux ont-ils été finalement abandonnés ? Est-ce déjà le début d’une suite sans fin de « travaux inutiles » ? Nous allons essayer de comprendre et de répondre à quelques-unes de ces questions.

Effectivement des bateaux « commerciaux » empruntaient la rivière, mais l’Ourthe est plus romantique que navigable. Parfois elle déborde, parfois elle manque cruellement d’eau. Par endroits, elle n’est pas assez profonde, à d’autres trop rapide. Malgré des travaux réguliers de curage, d’élargissement et des dispositifs spécifiques comme les barrages et les « vènes », avec leurs plans inclinés, il était très compliqué pour les « bètchètes » d’assurer un service régulier pour livrer leurs marchandises, essentiellement le minerai de fer et les pierres. Pourtant la forme et les caractéristiques de cette petite barque étaient adaptées aux caprices de l’Ourthe. La « bètchète » offrait un faible tirant d’eau ( 85 cm ), elle pouvait embarquer entre 10 et 18 tonnes de fret, possédait un mât déplaçable qui se trouvait toujours du côté du chemin de halage ; car évidemment, elle était tractée, depuis le chemin de halage, par un cheval. Et malgré tout ça, entre juillet et août, la navigation était impossible … par manque d’eau. Cette courte période de chômage s’appelle l’étiage.

Donc, pour remédier aux « insuffisances » de la rivière, un gigantesque projet fut imaginé. L’idée, c’était carrément de relier, par voie d’eau, la Meuse à la Moselle … et donc au Rhin. C’est le plus vaste projet de travaux publics qui ait été entrepris en Belgique à cette époque.

Le Canal de l’Ourthe, projet soutenu par Guillaume Ier des Pays-Bas, est mis au point par Remi De Puydt.

Les chiffres sont impressionnants : il prévoit la canalisation de 300 à 400 kilomètres de voies navigables et la construction de 205 écluses ainsi qu’un tunnel de quelque 2,5 kilomètres à Bernistap ; le tout à travers le massif ardennais. À Comblain-la-Tour, le canal coupera le village en deux ! Il passera juste à côté de notre maison polonaise et longera le parc … c’est exactement l’itinéraire qu’emprunte aujourd’hui la ligne de chemin fer.

Les travaux sont commencés en 1827, mais l’entreprise sera affectée par des problèmes de financement. La révolution belge de 1830 et l’invention du chemin de fer mineront le projet. La construction du canal se poursuivit sans interruption jusque 1832, puis sporadiquement en 1836 et 1837 et fut finalement arrêtée, malgré l’avancement déjà important des travaux, notamment les 16 maisons éclusières qui étaient sous toit.

L’indépendance reconnue du Grand-Duché du Luxembourg en 1839 provoquera son arrêt définitif.

Quel dommage ! Imaginez comment auraient été nos vacances entre l’Ourthe et le Canal de l’Ourthe ! Le Centre Millennium et le parc auraient été une île … et nous des Robinsons.

Au lieu d’avoir ce train qui poussait des cris stridents et qui nous faisait sursauter … on aurait eu la douce quiétude des chalands qui remontaient le canal à pas lents. Au lieu de ce mur immense qui nous séparait du reste du village, on aurait eu une vue splendide sur Comblain-l’amour … et qui sait si on n’aurait pas sympathisé davantage avec des autochtones … Je suis sûr que les plus romantiques de nos filles seraient allées chiper des carottes dans le petit potager pour aller les offrir aux chevaux qui tiraient les « bètchètes ». Et je suis sûr qu’elles seraient rentrées, au centre, impressionnées et  affectées par le dur labeur de ces braves montures. Et nous … on aurait pu les réconforter …

De cette immense entreprise, il ne reste plus grand-chose … à Comblain-la-Tour : rien. Tout a été rebouché pour construire le chemin de fer. Ailleurs, d’importantes sections de ce canal sont encore visibles aujourd’hui.

Désaffecté en amont d’Esneux en 1917, le canal fut encore utilisé entre Angleur et Tilff durant la guerre 1940-1945. À Bernistap, le tunnel est encore visible ( classé monument historique en 1988 appartenant à la Région Wallonne ).

Si vous êtes du genre curieux, je vous engage à lire les quelques extraits en annexe des « Échos de Comblain » pour en savoir plus sur la navigation des « bètchètes » à Comblain.

Si vous voulez en savoir plus sur le Canal de l’Ourthe, allez voir le site :

http://meuse-moselle1830.be/cmm.index.html.

Mais si vous êtes, comme moi, plutôt rêveur … laissez-vous entraîner par votre imagination, embarquez avec moi, sur une de ces « bètchètes », laissons-nous « haler » et rêver à ce décor qui aurait été tellement différent …

18/12/2017 – JP Dz

1019
1.019 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Plan d’un parcours tout en relief.
1020
1.020 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Présentation du chantier le plus grandiose de l’époque.
1021
1.021 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
1022
1.022 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
1023a
1.023 a : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
1023b
1.023 b : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
1023c
1.013 c : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
1023d
1.023 d : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
1023e
1.023 e : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.

 

0144 – Revisitons Comblain ( 13 ) : La gare et le chemin de fer

Il n’avait pas tort, notre brave Joseph ( Joseph Huberty, le conteur wallon de Comblain-la-Tour ) quand il disait : « Le chemin de fer balafre « noss vièdge ». C’est vrai, cette ligne de chemin de fer … en plein milieu du village … c’est comme une cicatrice, comme une blessure qui sépare le village en deux. D’un côté, la Rue du Parc, la Place du Wez et notre Centre polonais, coincés entre le rail et l’Ourthe, de l’autre côté, la Rue du Vicinal et le reste de la bourgade.

Cette impression est d’autant plus forte que la ligne ferroviaire a été construite largement en remblai. Le mur de soutènement est massif, imposant et monumental. Saviez-vous qu’à l’origine, il n’existait que deux moyens de passer d’un côté à l’autre du remblai : le petit pont au niveau de la Place du Wez et le « viaduc » construit juste en face de l’entrée du Centre Millennium. La Place du Wez était d’ailleurs beaucoup plus grande avant tous ces travaux ; elle partait de la rivière jusqu’aux pieds des maisons de l’actuelle Rue du Vicinal. La construction du chemin de fer a réduit cette jolie place aux proportions que nous connaissons aujourd’hui.

Autre constat, la Rue du Parc est légèrement en pente ; le point bas est justement la maison polonaise. Du coup, le passage sous le chemin de fer au « viaduc » était fréquemment noyé lors des crues de l’Ourthe. Des travaux furent entrepris pour rehausser le sol de l’ouvrage d’art … pas le plafond. Ce qui explique pourquoi ce pont nous a toujours semblé si bas. Souvenez-vous, nous nous amusions, à l’époque, à toucher la voûte en montant sur l’accotement en pierre. Mais après ces aménagements, l’ouvrage ne permettait plus le passage des camions ou des charrettes chargées. Ce qui imposa la construction d’un passage à niveau dans le prolongement du pont ( érigé en 1873 ). C’était au départ, un passage à niveau occasionnel muni d’une simple barrière pivotante, ouverte à la demande par le personnel de la gare. En 1930, on la remplaça par une barrière roulante actionnée par une manivelle, puis en 1970 par des bras articulés qui furent automatisés en 1977.

Mais revenons au chemin de fer, c’est en 1866 que fut inaugurée la ligne de chemin de fer Liège / Jemelle.

C’était le point final d’un travail colossal. En effet, il fallut tout d’abord combler en 1864 le canal (1) dont la construction avait été stoppée en 1830 et percer le tunnel Keppenne (2) de 393 m. Ce qui exigea la force de travail de 200 ouvriers dont de nombreux étrangers … déjà ! Comme les comblinoises étaient particulièrement charmantes, certains d’entre eux n’hésitèrent pas à convoler avec les belles villageoises. Certains ouvriers étaient venus avec leur famille, la population scolaire s’en trouva ainsi quasi doublée.

La construction du chemin de fer causa la fin des si pittoresques « bètchètes » qui naviguaient sur l’Ourthe : le minerai de fer venu de Lorraine, par chemin de fer, revenait désormais moins cher que celui des filons de la vallée. La 2ème voie du chemin de fer fut construite en 1907. Elle aida puissamment à l’exploitation des carrières (3). Les digues hollandaises rompues par les violentes marées de l’hiver 1953, furent comblées grâce aux pierres des Hayires ( c’est cette carrière à côté de laquelle nous passions pour aller au camp des Gitans ).

Derrière la gare, on peut voir le monticule « Tiér des Pourcês » (4), appelé aussi la « Roche conique » au pied duquel passait un vicinal à vapeur (5) qui amenait les troncs d’arbres que l’on transbordait, à la force des bras, sur les wagons du train. Une vaste aire de manœuvre servait au transbordement des marchandises, du bois et des pierres d’un wagon à l’autre, car aucun de ces wagons que ce soit ceux de la carrière, ceux du vicinal ou du chemin de fer n’avaient le même écartement !

Quant à la gare, elle connut plusieurs « looks » différents. Celle d’origine, fut remise en état en 1949, puis démolie en septembre 1976 et remplacée par un simple abri.

Le personnel de la gare vers 1910, comprenait : le chef et le sous-chef de gare, l’employé délivrant les coupons et bordereaux d’expédition, le chargeur, les manutentionnaires dont le desservant du château d’eau, ainsi que le machiniste qui répartissait les wagons sur les différentes voies. Tous ces emplois ont progressivement disparu. Les temps ont bien changé …

Une dernière chose encore … la Vierge du Rocher, qui protégeait les marins des « bètchètes » contre les remous dangereux au pied des Tartines, disparut en 1866 lors de la construction du chemin de fer. En effet, le passage de la voie ferrée obligea les ouvriers à tailler dans la roche. Ce n’est qu’en 1949 que l’abbé Gielen la fit remplacer par la Vierge que nous avons connue et … tant fréquenté.

13/11/2017 – JP Dz

NB : Le canal (1) ; le tunnel Keppenne (2) ; les carrières (3) ; le « Tiér des Pourcês » (4) et le vicinal à vapeur (5), feront l’objet d’un prochain article. Nous n’avons pas fini de revisiter Comblain …

0984
0984 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le quartier de la gare : Aujourd’hui.
0985
0985 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0986
0986 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0987
0987 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0988_Rosine_Dujardin_garde_barrière
0988 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Mme Rosine Dujardin, la garde barrière.
0989
0989 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0990
0990 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0991
0991 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0992
0992 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
0993
0993 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Le personnel de la gare.
0994
0994 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sous le « viaduc » : JP Dz.

 

0140 – Revisitons Comblain ( 12 ) : le monument de la gare

Une fois le pont de Comblain franchi, nous quittons le quartier « Po d’la » pour nous retrouver dans le quartier de la gare. La première chose qui apparaît sur la gauche, c’est le monument aux héros de la première guerre ( photos 950 et 951 ).

Ce monument – inauguré le 10 août 1919 lors d’une grande fête patriotique – fut élevé par souscription publique des habitants de Comblain-la-Tour, à leurs soldats de la grande guerre.

Aujourd’hui, il est plus sobre qu’à l’origine. En effet, lors de son inauguration, la stèle était encadrée par deux canons allemands bien imposants … prise de guerre des comblinois lors de la retraite des allemands ( photos 952 à 957 ). Évidemment, quand les vaincus de 1918 sont revenus en 1940 … ils les ont récupérés. La stèle est désormais solitaire mais elle n’en porte pas moins le souvenir des disparus avec beaucoup de dignité.

Dommage, je n’ai pas trouvé trace d’un récit qui aurait pu nous éclairer sur cette fameuse prise de guerre par les valeureux habitants de Comblain. Les soldats d’outre Rhin étaient sans doute un peu trop pressés de rentrer chez eux … Dans la grande débandade, leur fameuse organisation habituelle a dû souffrir de quelques « ratés ».

Par contre, il existe un récit précis de l’arrivée des Teutons à Comblain en ce début de mois d’août 1914 et avec le recul, cette histoire paraît même un peu surréaliste … Une fois de plus, ce sont les « Échos de Comblain », véritable encyclopédie rurale, qui ont pris la peine de recueillir les témoignages. Je vous livre ce court récit en remerciant les responsables des « Échos de Comblain » de nous permettre d’en apprendre toujours un peu plus sur un village si cher à nos cœurs.

Vous constaterez, à la lecture de ces quelques lignes ( documents 959 et 960 ), que les villageois étaient réellement courageux et … persuadés qu’ils arrêteraient l’offensive. Ils n’ont, en tout cas, pas manqué d’audace. Tout ce qui pouvait servir à ralentir la marche inexorable de l’ennemi fut utilisé. Des arbres furent coupés et entravaient les routes, des charrettes, des tombereaux, des machines agricoles furent renversées, des herses placées les dents en l’air et des tranchées furent creusées.

Malheureusement, les envahisseurs prirent de pauvres riverains en otage : « Et sous les ordres d’un officier, revolver au point, les obstacles furent enlevés en beaucoup moins de temps qu’il en avait fallu pour les construire … ». J’imagine donc qu’en 1918, les villageois confisquèrent les 2 canons avec un plaisir inénarrable. Et ce n’est sans doute pas un hasard si on a décidé de les placer là, juste devant le pont, et d’avoir pris soin de tourner les fûts en direction de Xhoris, d’où l’envahisseur était arrivé. Il y avait comme qui dirait : « un petit message » au cas où …

Mais si l’histoire des deux guerres avec un grand et un petit « h » est encore bien présente dans les mémoires et demeure inscrite dans la pierre, c’est une page que l’on a tournée pour en écrire une autre … celle de l’ouverture sur le monde, celle de l’amitié profonde et fraternelle avec tous ceux qui ont fait de Comblain leur port d’attache, leur point de chute l’espace de quelques colonies et ce, de quelque côté qu’ils viennent ou repartent !

Ceci dit, nous aussi, nous avions nos « canons » … et nous n’étions pas moins fiers de les exposer autour du monument. Sauf que nos canons à nous, portaient des jupes et étaient parfaitement pacifiques et inoffensifs, encore que ….  ( photo 958 ).

Ce jour-là, autour du monument, il y avait Lodzia Baun ( Madame Paluszkiewicz ), sa sœur Sophie, Bernadette Lachowicz ( ? ) et quelques autres dont le nom m’échappe. Elles étaient entourées de Jean Paluszkiewicz, Alfred Materna, Pierre Front et moi-même. Nous étions « endimanchés » … ça ne vous a pas échappé. En effet, c’était un dimanche matin.

Nous aussi, à notre tour, nous battions en retraite … nous tentions d’échapper … à l’offensive de la messe.

D’ailleurs, après une courte pause devant le monument, nous sommes allés établir notre nouveau quartier général provisoire de l’autre côté du pont … au café « Pimprenelle », chez Pimpim, notre meilleur allié.

16/10/2017 – JP Dz

0950
0950 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0951
0951 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0952_1925
0952 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare, en 1925.
0953
0953 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0954
0954 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0955
0955 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0956
0956 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0957
0957 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
0958
0958 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le monument en face de la gare : Lodzia Baun ( Madame Paluszkiewicz ), sa sœur Sophie, Bernadette Lachowicz ( ? ) ; ( ? ) ; Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; Alfred Materna ; Pierre Front ; Jean-Pierre Dziewiacien.
0959_Aout_1914_Page_60
0959 : COMBLAIN-LA-TOUR : Extraits des Échos de Comblain.
0960_Aout_1914_Page_61
0960 : COMBLAIN-LA-TOUR : Extraits des Échos de Comblain.