0285 – Enfin juillet …

Enfin juillet … Quand nous étions enfants et adolescents, l’arrivée du mois de juillet c’était pour nous le synonyme de « liberté ». Enfin les cours étaient finis, les examens derrière nous, les devoirs devenaient des souvenirs lointains et les profs des fantômes du passé. Enfin on allait pouvoir sortir, partir, voyager … s’éclater. Enfin on allait revoir les sourires de ces amis de vacances qu’une année scolaire trop longue avait tout fait pour essayer de nous faire oublier. Enfin … on repartait pour Comblain-la-Tour !

C’est vrai que, devenus adultes, ce sentiment de liberté et d’indépendance à l’approche du mois de juillet s’est quelque peu estompé … Quand on est grand, on décide soi-même de ce qu’on a envie de faire. On planifie tout seul ses congés, on organise tout seul son planning, sa destination, la durée de ses vacances … on décide tout seul qui on a envie de revoir … normalement !

Cette année – si spéciale – a chamboulé nos habitudes et remis en question nos droits et privilèges d’adultes … Un automne maussade et particulièrement pluvieux, suivi d’un hiver qui ne donnait pas envie de sortir, suivi d’un confinement strict, obligatoire, ponctué d’oukases, d’interdictions, de restrictions, d’ordres et de contre-ordres… et nous voilà redevenus des enfants obéissants… des enfants qui attendent patiemment qu’on leur dise : « Allez, vous pouvez sortir » … enfin.

Ce n’est donc pas étonnant que cette année – beaucoup plus que d’habitude – l’arrivée du mois de juillet sonne l’heure de la liberté … comme quand nous étions enfants. D’autant plus, qu’on a entendu durant des mois : « Fais pas ci, fait pas ça … Mange pas ci, mange pas ça … Reste ici, va pas là … Pense ceci, crois cela … ». Ils ont tout fait pour nous rendre dociles et résignés … Ils ont seulement réussi à nous rendre nos réflexes d’ados… à nous redonner l’envie de rêver d’autre chose … l’envie de s’évader … l’envie de désobéir … et surtout, l’envie de revoir ceux qu’on aime.

En ce premier lundi de juillet, je n’ai qu’une seule envie : savoir comment vous allez ?

Je vous propose que tous ensemble nous nous fassions un immense câlin… virtuel ( il est encore trop tôt pour des embrassades plus physiques ). Suivez-moi … on va tous ensemble dans la petite échoppe de Pan Bardo … on va y choisir chacun sa carte postale préférée … comme quand on débarquait début juillet à Comblain-la-Tour et qu’on avait promis d’écrire à ses parents pour les rassurer … Vous avez le choix. Il y a, à votre disposition, les 33 cartes postales que Pan Bardo exposait sur son comptoir. Elles sont toutes là. Vous en choisissez une et vous nous écrivez juste quelques lignes … par Facebook, via le blog, par mail … Merci.

Profitez-en pour nous dire comment vous allez, comment s’est passé votre confinement, quels sont vos projets, dans quel restaurant vous allez bondir pour fêter la liberté, quelle sera votre prochaine destination de voyage, … Dites-nous surtout d’où vous écrivez … ça nous fera voyager un peu. Et même si toutes ces cartes postales représentent Comblain-la-Tour, si elles pouvaient nous revenir de là où vous vivez, que ce soit Hotton, Trooz, Zwartberg, Winterslag, Courcelles, Tertre ou Mignault ou que sais-je encore … ce serait une merveilleuse façon de nous enlacer.

06/07/2020 – JP Dz

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2.381 : Un bonjour de Gottignies. Eveline et moi, nous allons bien et le confinement ne s’est pas trop mal passé. Nous en avons profité pour travailler au jardin à démonter et démolir pas mal de chose. Reste plus qu’à reconstruire. Ce qui nous a le plus manqué ? Vous. Nous avons hâte de vous revoir. A bientôt. Eveline Ogonowski et Jean-Pierre Dziewiacien.

Lodzia Paluszkiewicz : Coucou, bonjour à tous de Liège.

Monique Kieltyka : Bons baisers de Beaufays et de Trooz ( Liège ) à tous et toutes.

Francois Chwoszcz et Krystiane Wochen : Bisous à tous de Bassenge.

Barbara Kubarek : Un bonjour de Saint-Vaast.

Betty Nowicki : Un petit coucou de Ransart.

Monica Nauschutz : Bisous de Maasmechelen.

Katty Swiderski : Un bonjour de Coo aujourd’hui et de Mont-sur-Marchienne, semaine dernière.

Bernadette Lachowicz : Un bonjour de Grâce-Hollogne.

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Dorota Druszcz : Un bonjour de Charleroi, tout va bien en semi-confinement, on cherche une maison plus grande en location, vu le covid pas évident, maintenant cela devient urgent. Sinon enfin mamie depuis presque 1 mois, je vais revoir ma Lucie, et concert au resto chinois prévu et payer depuis le début de l’année, en deux parties pour le 22 aout, tout est ok, distanciation et masques à l’entrée, je pense bien à vous, gros bisous.

Regina Gymza : Je crois que j’ai envoyé cette carte plusieurs fois à mes parents … chaque fois en pensant que c’était la première fois … Je vous envoie tous un grand bisou de Hasselt !

Beatrice Laffut : Gros bisous à tous de Varsovie où cette année nous avons eu le même temps qu’à Comblain … juste un tout petit peu de soleil, beaucoup de pluie et par moments … des inondations ! Tout ça pour ne pas oublier Comblain-la-tour et notre jeunesse où nous étions si heureux de nous retrouver en ce mois de juillet qu’il pleuve ou qu’il vente ! Big kiss à tous.

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2.385 :

Dominique Ogonowski : Gros bisous de Maurage à toutes et à tous, bientôt Gdansk pour une petite dizaine de jours ( il faut bien faire le plein de wodka ! ). Tout va bien chez nous. Hâte de vous revoir bientôt.

Christiane Konarski : A bientôt.

Jacqueline Mikus : Que j ai aimé cet endroit quand je venais de là …

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Alice Golusinski : Un grand bonjour de Lobbes … Nous y avons emménagé un peu à la hâte grâce au confinement … et nous comptons y passer nos 2 mois de vacances donc n’hésitez pas à passer par notre belle vallée thudinienne pour prendre l’apéro … Nous serons là … A bientôt !

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2.410 :

Aline Bien : Bonjour à tous de Limal. J’ai choisi la photo du pont, parce que, toutes les fois où je suis allée à Comblain, mon cœur se mettait à battre plus fort dès que je l’apercevais. Nous allons tous bien. Le confinement a été plutôt agréable : quel plaisir de se voir toute la journée et de manger chaque fois ensemble. Seuls les amis nous ont manqué, mais nous nous sommes déjà bien rattrapés : 4 restos depuis qu’ils sont ouverts. Reste la nostalgie de Comblain … Bisous à tout le monde.

Milczanowski Véronique : Le pont !!! Le cœur qui bat à 120 pulsations … Le bidou qui vrille ! Qui sera là ? Les allemands ? Les anglais ? Les flamands ? Et les copines de l’année passée, pourvu qu’elles soient au même tournus ! Et qui sera ma monitrice ??? Toutes ces questions existentielles déjà dans la descente et surtout en traversant le pont … Dans 3, 2, 1 minute j’y serai !!!

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2.413 :

Aniela Paterka : Bonjour à tous. Merci pour ce tour panoramique de C.L.T. Les photos sont magnifiques et pleines d’histoires. Ici tout va bien, malgré le déconfinement je ne quitterai pas ma terre d’adoption cette année. Bonnes vacances à tous et bisous de Winterslag.

Malvina Rusowicz : Bisous temporairement ensoleillés de Godarville. Bonnes vacances à tous les Anciens !

0256 – Les Échos de Comblain : quand le livre se referme …

En cette toute fin d’année 2019, j’ai décidé de tirer un énorme coup de chapeau à une équipe dont la jeunesse, le dynamisme et l’enthousiasme font rêver … je veux parler du comité de rédaction du périodique des Échos de Comblain. Depuis 4 ans et demi que nous revisitons ensemble notre passage par Comblain-la-Tour, vous m’avez régulièrement entendu faire référence à cette publication ; je dis « référence » parce qu’il s’agit réellement d’un ouvrage de référence … même si chaque mois ce qui arrive dans ma boîte aux lettres ressemble à 4 pages photocopiées d’un visuel assez modeste … mais quel contenu !

C’est ici que j’ai puisé les informations les plus pertinentes, les plus justes, en un mot, les plus intéressantes sur l’histoire de Comblain. Bien sûr, ce n’était pas ma seule source et les illustrations proposées n’étaient pas récupérables ; il me fallait élargir les recherches pour vous montrer d’anciennes cartes postales de Comblain-la-Tour, mais nulle part ailleurs qu’aux Échos de Comblain vous ne trouverez autant de détails et de précisions sur l’histoire locale. Imaginez-vous que le mensuel est publié depuis le mois d’avril 1946 !

Dans son n° 1 de la 1ère année, d’avril 1946, l’éditorial annonçait déjà fièrement : « Une feuille nouvelle, « Les Échos de Comblain » se présente à vous. Elle constitue l’organe officiel du « Syndicat d’Initiative touristique » dont elle diffusera les buts, le programme et les réalisations ». Tout un programme ! On était juste un an après la guerre !

Quant aux buts poursuivis par le périodique, ils ont été précisés d’emblée : « faire mieux connaître Comblain au monde touristique ; le faire apprécier d’avantage par la population … ;… faire le maximum d’efforts pour attirer le touriste … » ( à peu de chose près, c’est le but que nous poursuivions, nous Anciens de Comblain, quand nous avons entrepris de faire revivre notre propre découverte des lieux, et plus précisément dans les articles consacrés à « Revisitons Comblain » ). Et depuis plus de septante ans … les publications s’enchaînent sans interruption ! Quelle constance … quelle persévérance … quelle opiniâtreté … quelle cohérence ! Je ne connais pas d’autres communes qui peuvent s’enorgueillir de posséder une telle bible sur leur histoire locale. L’ouvrage mérite d’être conservé dans un musée de la vie rurale. Bravo.

Si j’ai décidé de vous parler des Échos de Comblain aujourd’hui, ce n’est pas par hasard … Dans l’exemplaire que j’ai reçu il y a quelques jours – le mensuel de novembre 2019 – j’ai eu la tristesse de lire que l’aventure se termine … En effet, Mr Alphonse Castermans, qui dirige le périodique, annonce la fin des publications. Si vous prenez le temps de lire ce que Mr Castermans écrit, et que j’ai reproduit ci-dessous, vous comprendrez pourquoi l’histoire s’arrête. Ce jeune homme a aujourd’hui 92 ans ! Son collègue, Mr Robert De Ridder, a aussi 92 ans ! Et le dernier membre de l’équipe, Mr Françis Dadoumont – que j’ai eu le plaisir de rencontrer et que vous reconnaîtrez sur deux des photos en annexe – est … un peu plus jeune ! Et donc, quand, en commençant ces quelques lignes, je parlais d’une équipe « dont la jeunesse, le dynamisme et l’enthousiasme font rêver … » c’était pour mettre en évidence un esprit et une vitalité dont beaucoup de « plus jeunes » devraient s’inspirer …

J’aimerais aussi associer à ce coup de chapeau notre ami René Defossé. C’est lui, notre correspondant local, qui m’a fait découvrir les Échos de Comblain. Quand il m’a prêté sa collection complète de tous les fascicules, dont certains étaient déjà reliés, j’ai tout lu … presque tout. J’ai, en tout cas, pris plaisir à extraire de cette encyclopédie tout ce qui pouvait intéresser les Anciens de Comblain. Par exemple quand, en février 1951, alors que le Centre Millennium n’était encore que l’Hôtel du Parc, la publication annonçait qu’un « écusson » à caractère touristique devrait être apposé sur toutes les façades de ce qu’on n’appelait pas encore le secteur Horeca ( photos 2.055 et 2.056 ) ; ou quand, en 1962, il annonçait l’inauguration du Centre de vacances polonais ( document 2.057 ).

C’est donc avec un regret ponctué de respect que je vois se refermer une page essentielle de la vie locale de Comblain-la-Tour. Soyez assurés Messieurs que votre travail sera mis en valeur à chaque fois que ce sera possible. Et nous, Anciens de Comblain, nous profitons de l’occasion pour vous chanter un STO LAT aussi mérité que sincère.

30/12/2019 – JP Dz

Et voici le texte de Mr Alphonse Castermans :

« Au revoir et merci …

Durant des mois et des mois, le comité de rédaction des Échos a attendu du renfort, espérant qu’un jeune pensionné allait se manifester : en vain !

Actuellement, ce comité est réduit à 3 personnes : votre serviteur, 92 ans, Robert De Ridder, même âge, et Françis Dadoumont, heureusement un peu plus jeune, lequel, outre ses articles, assume tous les déplacements nécessaires et les contacts avec l’imprimeur.

Aussi ai-je pris la décision qui s’imposait, si pénible soit-elle, de mettre fin à la publication de nos chers Échos de Comblain, avant que l’un de nous trois soit brusquement incapable de poursuivre ; les deux autres se retrouvant plongés dans la situation intenable que l’on devine !

 Le moment est donc venu de dire merci. D’abord à nos dizaines de collaborateurs aujourd’hui disparus et en premier à Emile Detaille, fondateur du mensuel et qui allait pendant plus de 40 ans par ses articles d’une richesse incroyable lui donner cette réputation dépassant nos frontières locales, à Arthur Jadot, Ninie Dehossay, Jean Luxen, Paul Senny ( je cite de mémoire les plus prolifiques ) mais aussi ceux toujours bien vivants, en premier lieu Robert Martin, mon prédécesseur à la rédaction durant près de 25 ans et dont on ne soulignera jamais assez les qualités littéraires. Je pense notamment à sa série d’articles « L’homme traqué », un modèle du genre. Salut mon cher Robert et mes hommages à ta si charmante épouse. Citons encore Ivan Rasquin ou Pol Walhain. N’oublions pas Cyrill Tahay, qui au comité de direction nous a aidés efficacement pendant plusieurs années ; dernièrement des ennuis de santé l’ont obligé à « lever le pied ».

 Le moment est venu de remercier chaleureusement la cheville ouvrière de Échos, c’est-à-dire les indispensables distributeurs locaux et leur champion local Jean Braipson. Actuellement il distribue Comblain centre et le Pont-de-Sçay, alimente Géromont et Mont ; il est partout avec un dévouement et une bonne humeur qui n’ont d’égal que sa modestie. Merci Jean. Cette 72ème année de parution prend fin en avril 2020.

 Afin de remercier nos fidèles abonnés, le comité a décidé d’arrêter la publication en mars mais nos abonnés recevront donc gratuitement nos trois derniers numéros.

 Et oui, les meilleures choses ont une fin. Au revoir et à tous un tout grand merci.

 Alphonse Castermans »

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2.049 : COMBLAIN-AU-PONT – 2.018 : Mr Françis Dadoumont ; Jean-Pierre Dziewiacien.
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2.050 : COMBLAIN-AU-PONT – 2.018 : Mr Françis Dadoumont ; Jean-Pierre Dziewiacien.
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2.051 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Au Centre Millennium : Dominique Ogonowski ; René Defossé ; Dominique Stefanski.
2052
2.052 : COMBLAIN – 1.946 : Premier numéro des Échos de Comblain. Première page.
2053
2.053 : COMBLAIN – 1.946 : Premier numéro des Échos de Comblain. Extrait.
2054_Ecusson
2.054 : COMBLAIN – 1.951 : 6ème année de parution des Échos de Comblain. Extrait.
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2.055 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1.951 : Hôtel du Parc : Différents écussons présents sur la grille.
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2.056 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1.951 : Hôtel du Parc : Différents écussons présents sur la grille.
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2.057 : COMBLAIN – 1.962 : Les Échos de Comblain. Extrait annonçant l’inauguration, le 24 juin, du « Centre de vacances pour enfants polonais ».

 

 

 

0247 – Revisitons Comblain ( 25 ) : La légende des Rochers de la Vierge

J’aimerais revenir aujourd’hui sur la légende des Rochers de la Vierge. J’avais déjà évoqué cette légende en 2015 ( le 31/08/2015 plus exactement, dans l’article n° 21 ). Je vous disais alors que cette histoire avait eu pour cadre le « Tourniquet » ( aussi appelé « Trou Lucas » ), c’est-à-dire ce tronçon où l’Ourthe est la plus étroite, mais aussi la plus tumultueuse … derrière les chalets en bois, en face de ce que nous appelions « la source » !

Pour les bateliers de jadis ( les oût’lîs ), la circulation aux abords des rochers de la Vierge s’avérait périlleuse, surtout en période de crue : turbulences, gouffres, remous. Pour conjurer leurs peurs, ils y invoquaient la Vierge afin d’être protégés du danger.

Voici donc la légende telle que les « Échos de Comblain » la publiaient, en août 1947 ( et encore un énorme merci aux Échos de Comblain, et à tous leurs auteurs, pour être une « source » intarissable sur l’histoire de Comblain-la-Tour ) : Légende des Rochers de la Vierge – les cloches de Saint-Laurent :

« C’était en l’année 1.429.

Enguerrand de la Tourelle, seigneur de Comblain à la Tour, cherchait souvent querelle aux seigneurs des environs ; mais un jour, il fut fait prisonnier par le seigneur de Harzé. Sa dame, Lydwine de la Tourelle, montée au-dessus de la tour, attendait en vain le retour de son mari. Après des jours et des nuits passés dans les pleurs et les prières, elle se décide à aller, avec sa servante Herlinde, implorer le seigneur de Harzé. Près d’Awan, elle rencontre celui-ci qui s’en revenait de la chasse ; de bonne humeur, il accorde la grâce demandée.

 Pour le remercier, dame lydwine lui promet de lui faire envoyer les cloches de Saint-Laurent qui se trouvaient à l’abbaye d’Anthisnes ; ces cloches avaient le pouvoir miraculeux de préserver de la foudre toute la région où on pouvait les entendre.

 Le transport devait se faire le jour avant Noël. Comme il n’y avait pas de pont pour la traversée de l’Ourthe, on avait décidé de faire un radeau entre Chirmont et le Rocher de la Vierge, parce qu’en cet endroit les deux rives de l’Ourthe étaient fort rapprochées : seulement, c’était un gouffre dont on ne voyait pas le fond et le passage était si dangereux que les oût’lîs n’avaient garde de le franchir sans implorer la Vierge qu’ils avaient placée dans le rocher.

 Les seigneurs, les prêtres et les manants attendaient avec impatience l’arrivée du chariot. Celui-ci aurait dû arriver vers 6 heures mais, à cause de la neige qui avait rendu les chemins impraticables, l’arrivée se fit seulement vers 11 heures du soir.

 Materne Ninane, qui avait été chargé de construire le radeau, était connu comme mécréant. On disait qu’un jour, il avait été danser avec sa fiancée Herlinde, la servante du château, dans le cimetière de Xhignesse, avec les sorciers et les sorcières. Il était furieux du retard, car il devait se trouver à minuit près de sa fiancée.

 Enfin, vers 11 h 30, tout était prêt pour le passage des cloches ; tous les assistants se mirent à genoux et le prieur de Bernardfagne donna la bénédiction. Quand Materne donna le premier coup de perche pour faire démarrer le radeau, il s’écria dans un juron qu’il voudrait que les cloches s’en aillent au fond du gouffre ; à ce moment précis, éclata un orage comme on n’en voit jamais à cette saison ; les éclairs sillonnèrent le ciel, les corbeaux, par centaines, sortirent du rocher en croassant, les loups hurlèrent dans la « Heid de Stritchou » et un violent coup de tonnerre fit trembler le rocher sur ses bases. Dans un éclair, on put voir le radeau s’engloutir au milieu de l’Ourthe avec les cloches et Materne Ninane.

 À la même heure, Herlinde était tuée par la foudre dans la chapelle du Château. Ainsi, ceux qui avaient profané le cimetière de Xhignesse, avaient été punis comme ils l’avaient mérité.

 Depuis ce jour, les bons chrétiens qui ont vraiment la foi, peuvent entendre, chaque année au milieu de la nuit de Noël, les cloches de Saint-Laurent résonner tristement au fond de l’Ourthe, au pied du Rocher de la Vierge ».

( Tiré d’un « Patriote Illustré » de la fin du XIXe siècle ) et publié par – Les Échos de Comblain – Août 1947 – 2è année – n° 8)

Comme vous pouvez le voir sur la photo 1.957 … Eveline continue à chercher les cloches de Saint-Laurent … mon épouse ne renonce jamais !!!

28/10/2019 – JP Dz

1946
1.946 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1947
1.947 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1948
1.948 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1949
1.949 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1950
1.950 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1951
1.951 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1952
1.952 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1953
1.953 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1954
1.954 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Source en face du « Tourniquet ».
1955
1.955 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Source en face du « Tourniquet » : ( ? ) ; Freddy Motala ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1956
1.956 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet ».
1957
1.957 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’Ourthe – le « Tourniquet » : Eveline Ogonowski qui cherche toujours les cloches de Saint Laurent.
1958_aout_1947
1.958 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les Échos de Comblain : Août 1947.

 

0232 – Revisitons Comblain ( 24 ) : De l’autre côté du mur

Tout en bas de la Rue des Écoles, juste avant de passer sous le Viaduc, on croise deux rues : à droite, c’est la Rue du Vicinal et à gauche, la Rue du Rocher de la vierge. Elles se situent l’une dans le prolongement de l’autre. Bizarrement, l’une nous était familière et l’autre beaucoup moins. Pourtant elles avaient, pour nous, toutes les deux un point commun : c’était de « l’autre côté du mur ! ».

Le remblai du chemin de fer … celui qui « balafre noss vièdge » comme disait Joseph Huberty … ne fait pas que balafrer le village, il crée une véritable séparation. La maison polonaise s’en trouve ainsi isolée du reste. Par certains côtés, ce n’est pas plus mal, ça permet de préserver nos « petits secrets » tout en offrant aux riverains une relative quiétude. Mais cette situation ne favorise pas les échanges ! Du coup, rares étaient ceux du village qui s’aventuraient de « notre » côté, du moins à notre époque. Mais il y a quand même eu des rapprochements dont il reste pas mal de souvenirs et de nostalgie.

Nous avons d’ailleurs été contactés par quelques comblinois qui ont découvert par hasard l’existence du blog des Anciens de Comblain ; l’un d’eux nous a écrit :

« … je suis originaire et habitant de Comblain-la-Tour, dans la Rue du Rocher de la Vierge, juste en face du « Parc Polonais » … Que de souvenirs revécus, en tant que « jeune de Comblain », durant les années 80 et 90 surtout. Je me suis souvenu de nombreux matchs de football organisés entre les garçons du village et les jeunes polonais, mais aussi des agréables soirées ( feu de camp, soirées dansantes, etc… ) auxquelles Monsieur Stéphane Paterka nous avait quelques fois exceptionnellement autorisés à venir participer. Pour autant que nous nous tenions bien et que nous soyons respectueux des jeunes polonaises. Car reconnaissons-le, étant adolescents, beaucoup d’entre nous venaient … pour voir les filles ». Évidemment … on s’en doutait !

Ceci pour dire qu’aucun mur ne sera jamais assez haut, aucun remblai ne sera jamais assez large, aucun fossé ne sera jamais assez profond que pour séparer ceux qui ont envie d’être ensemble. Et je suis sûr que ces tendres souvenirs sont partagés par celles qui les ont inspirés. J’encourage les comblinois – et spécialement celui qui a écrit ces quelques lignes, il se reconnaîtra – à nous rejoindre lors d’un de nos rassemblements à Comblain-la-Tour, et pourquoi pas à nous raconter.

De la Rue du Rocher de la vierge, je n’ai pas grand-chose à dire … nous l’empruntions rarement. Tout au plus on passait par là pour monter sur Xhignesse, mais c’était assez rare et particulièrement sportif.

À une certaine époque, cette rue commençait par un estaminet : le café Hofferlin, qui était d’ailleurs, avant 1905, une coopérative « A la bonne ménagère » … elle était tenue par Hortense Degotte ( la dame sur la photo 1.784 avec ses deux seaux ). Plus loin, une porte cochère donnait accès au cinéma paroissial de l’abbé Pesser ( photo 1.785 ) et juste après la porte cochère, le bureau de poste de Mme Méan s’y trouvait en 1912.

De l’autre côté du carrefour, c’est la Rue du Vicinal du nom de ce petit train dont nous avons déjà parlé. Ce tronçon-là, nous était particulièrement connu … beaucoup de nos balades commençaient ou finissaient par là. Sur la photo 1.784, on peut encore voir « l’affreux pylône » – comme l’avaient surnommé les riverains – qui datait de 1920, quand Comblain-la-Tour a été enfin électrifié, et qui était vite devenu la « pissotière » de tous les chiens du quartier. Ce pylône fut finalement supprimé. Un peu plus loin, sur la photo 1.789, l’attelage serait celui d’Auguste Talier, marchand de « clicotes » et vieux fers, et grand amateur de pèket.

Pour ma part, cette Rue du Vicinal reste une énigme ! J’ai lu, à plusieurs reprises qu’elle : « bordait jadis le canal et était habitée principalement par les « oûtlis » ( les bateliers ) des « bètchètes » » !!!

Il est certain, que d’impressionnants travaux de creusement du canal ont été entrepris entre la Rue du Vicinal et l’actuel Rue du Parc. Mais j’ignore totalement dans quel état étaient ces travaux quand, en 1865, le canal fut comblé pour la construction du chemin de fer ? Le canal était-il sous eaux ? Pour avoir lu avec attention pas mal de littérature sur le sujet, je ne peux que constater qu’il existe des théories qui se contredisent, des auteurs qui confondent le projet de canalisation de l’Ourthe et le projet du site propre, etc … Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a une certaine confusion. Bref, en absence de photo ou d’autres preuves, je ne peux qu’être perplexe.

Cette perplexité s’aggrave encore quand je regarde le plan 1.791 sur lequel il semble bien que 2 cours d’eau encerclent toute une partie de Comblain-la-Tour. Alors … je donne ma langue au chat et espère qu’un érudit, mieux documenté que moi, m’apportera la preuve qu’on naviguait bien tout autour de notre parc.

15/07/2019 – JP Dz

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1.783 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Rocher de la Vierge – aujourd’hui.
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1.784 : COMBLAIN-LA-TOUR : Carrefour Rue des Ecoles et Rue du Rocher de la Vierge.
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1.785 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Rocher de la Vierge : La porte cochère donnait accès au cinéma paroissial de l’abbé Pesser.
1786
1.786 : COMBLAIN-LA-TOUR : Carrefour Rue du Rocher de la Vierge et Rue du Vicinal.
1787
1.787 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal.
1788
1.788 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal.
1789
1.789 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal : L’attelage serait celui d’Auguste Talier, marchand de « clicotes » et vieux fers, et grand amateur de pèket.
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1.790 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal :
1791
1.791 : COMBLAIN-LA-TOUR : Plan ? ou croquis le l’Ourthe et du canal ?

En complément à mon texte de lundi dernier, je me dois de vous annoncer que mes doutes sont désormais de l’histoire ancienne … En effet, dès lundi matin, j’ai reçu un message très gentil d’une dame – Madame Jacqueline Renard – qui habite Comblain-la-Tour et qui m’a informé :

« Bonjour, j’habite la maison des bateliers de « l’autre côté du mur » … ayant entrepris des travaux dans la maison, nous y avons découvert les guichets où l’on payait pour prendre le bateau sur le canal ( ancien nom de la rue ) … et le pré en face de la maison s’ appelle la « petite île ». Je vous remercie mille fois de nous faire un si merveilleux site sur notre village. Bonne journée. ».

Merci infiniment Jacqueline.

Ceci confirme que le canal était bien navigable et que, par voie de conséquence, la maison polonaise, son parc et tout le quartier qui va de la maison polonaise vers la gare, était une île ceinte par l’Ourthe et le canal. Si nous avions été là à cette époque … nous aurions été des Robinson Crusoé ( ski ).

0219 – Revisitons Comblain ( 23 ) : Nos Champs-Élysées à nous

À peine la messe terminée, nous nous précipitions dans l’allée centrale de l’église pour sortir … Une fois au niveau de la double porte d’entrée, on pouvait déjà entrevoir, là … tout au fond, notre maison polonaise … c’est une longue ligne droite qui se déroulait devant nous … il n’y avait qu’à se laisser redescendre – photo 1.650.

La configuration des lieux – une église haut perchée, une longue avenue, bordée de bâtiments et de monuments, qui se termine par une sorte d’Arc de triomphe – pouvait laisser imaginer, pour peu qu’on ait de l’imagination ( et nous n’en manquions pas ) et qu’on ait de Paris une vision enfantine, que nous étions sur le point de redescendre … les Champs-Élysées de Comblain-la-Tour !

Et donc, tous les dimanches matin vers le coup de onze heures, après la messe, c’était notre 14 juillet à nous. Nous défilions fièrement en imaginant que nous étions la « Polska brygada ».

Notre parade s’organisait juste au pied du Sacré-Cœur ( oh pardon, de l’église Saint-Clément ) ; deux par deux, entourés par les moniteurs et les monitrices, notre colonne s’ébranlait avec discipline ; la Rue du Cimetière nous permettait d’ajuster nos pas … le cimetière du Père Lachaise ( pardon, le cimetière de Comblain-la-Tour ) s’éloignait au fur et à mesure que nous progression ; nous passions devant la statue de Jeanne d’Arc ( pardon, la statue de Sainte-Thérèse ), puis on croisait l’Avenue du grand poète Victor Hugo ( pardon, du poète Joseph Huberty ).

À peine avions-nous commencé notre progression, que nous étions déjà au pied de l’obélisque de la Place de la Concorde ( pardon, au pied du monument aux morts ). En passant devant le Fouquets ( pardon, devant le Café des Sports ), nous récupérions quelques-uns des plus grands qui s’étaient réfugiés là pour faire la « tenaille » au cas où.

Restait encore à passer devant la Sorbone ( pardon, l’école communale ), à gauche, et devant le Palais de l’Élysée ( pardon, le château Biron ), à droite, puis longer les vitrines des « grands magasins » … et nous étions déjà en train de passer sous l’Arc de Triomphe ( pardon, sous le viaduc du chemin de fer ).

Oui, je sais, c’est puéril ! Excusez-moi. Mais j’avais envie de le revivre comme ça … une dernière fois ! Et aussi parce qu’il faut bien l’admettre, la Rue des Écoles de Comblain-la-Tour a beau être l’avenue principale du village, il n’y a pas grand-chose à en dire !

L’école était adossée à la Maison communale, avec des classes séparées pour filles et garçons. En 1947, l’école fut transformée et agrandie … en 1967, elle devient mixte !

En face de l’école ( photo 1.656 ), c’était la boulangerie Voisin … elle deviendra plus tard la boulangerie Lecerf. C’est précisément Mr Lecerf qui venait tous les jours nous apporter notre pain … avec son fils Patrick, l’actuel Député / Bourgmestre d’Hamoir

Un peu plus bas, toujours à droite en descendant, il y avait le magasin de vélo, chez Gheur ( photo 1.658 ) et encore deux maisons plus loin, le café tenu par Célestine Delporte ( photo 1.659 ). En face, encore un magasin, la maison Eloy – Delcroix ( photo 1.660 ) et enfin au carrefour de la Rue des Écoles avec la Rue du Rocher de la Vierge, un autre estaminet, le café Hofferlin.

Oui, je sais … on est loin des Champs Elysées … mais c’est « manifestement » moins dangereux !

NB : je vous rassure, la plupart des photos de cet article datent d’une époque où nous n’étions pas encore nés … nous sommes des Anciens … mais pas à ce point là !

15/04/2019 – JP Dz

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1.650 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Vue à partir de l’église.
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1.651 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Eglise et statut de Sainte-Thérèse.
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1.652 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Statut de Sainte-Thérèse.
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1.653 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Le monument aux morts et le café « des Sports ».
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1.654 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Rue des Ecoles, en direction de l’église.
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1.655 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : L’école.
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1.656 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : L’école et en face la boulangerie Voisin, puis Lecerf.
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1.657 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : L’école.
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1.658 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Rue des Ecoles.
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1.659 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Rue des Ecoles.
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1.660 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Rue des Ecoles.
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1.661 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’église au Centre Millennium : Le viaduc du chemin de fer et la maison Eloy-Delcroix.

 

0202 – Revisitons Comblain ( 22 ) : L’église et le cimetière

Revenons vers le centre de Comblain-la-Tour. Au centre du village, il y a l’église et le cimetière … comme souvent dans les petites localités de nos Ardennes. L’église Saint-Clément – que nous connaissons bien pour l’avoir souvent pratiquée – est une petite église très sympa qui ne paie pas de mine. Son architecture est relativement sobre et, à l’intérieur, l’aménagement est fonctionnel.

Pourtant, nous ne sommes pas n’importe où …

Cette église, bâtie en 1743, sur les fondations d’un ancien édifice, était en piteux état après la seconde guerre mondiale. Le prêtre qui en avait la charge, l’abbé Pesser ne savait plus à quel saint se vouer pour lui venir en aide ! Le miracle a quand même bien eu lieu … un G.I. américain – Joe Napoli – s’est pris d’amitié pour les comblinois et a décidé d’aider le prêtre à redonner à la petite église son lustre d’antan en organisant les fameux festivals de jazz. Vous en connaissez, vous, d’autres petites églises qui ont été sauvées par un festival international de jazz ?

Autour de l’église s’enroule le petit cimetière pittoresque où reposent en paix les comblinois … plus quelques « étrangers » dont les noms résonnent étrangement en polonais. Ce n’est pas par hasard si lors de nos premières retrouvailles, en septembre 2015, notre premier geste a été de nous rendre dans ce cimetière et d’y déposer des fleurs. Ici sont inhumées quelques-unes des personnalités les plus emblématiques de notre collectivité polonaise. Nous nous sommes arrêtés longuement sur la tombe de Notre Pan Jan ( Mr Jan Smolag ), mais aussi sur d’autres tombes … celles des initiateurs, des bienfaiteurs et autres sommités qui ont très largement contribué à l’essor du Centre Millennium, mais aussi au rayonnement de notre communauté.

Parmi ces grands hommes, il y en a deux que nous avons déjà évoqués à plusieurs reprises et que nous évoquerons encore : Mr Józef Rzemieniewski, le sympathique journaliste du « Narodowiec », membre – fondateur du Comité central des Écoles des Polonais libres de Belgique ( Macierz Szkolna Wolnych Polaków w Belgii – PMSz ), et même président à partir de 1984 ( article n° 61 ) et Dr Rudolf Wilczek, Président de la Macierz Szkolna de 1956 à 1984 ( article 106 ) qui a donné, entre-autre, son nom à la splendide allée du parc qui longe le chemin de fer.

Mais d’autres personnages importants sont enterrés là. Ils ont profondément marqué l’histoire de notre émigration et méritent toute notre admiration et tout notre respect : Dr Edward Pomorski, Ministre plénipotentiaire du gouvernement polonais en exil, commandant de la résistance polonaise, président du Związek Polaków w Belgii, responsable du scoutisme polonais et Inspecteur des écoles polonaises de Belgique … pour ne citer « que ça » ; mais aussi Pr Stefan Glaser ; et encore d’autres … Nous reviendrons, bien sûr, plus en détail sur les itinéraires hors du commun de ces élites au grand cœur.

Vous en connaissez, vous, d’autres petits cimetières qui mériteraient d’abriter le Panthéon des Polonais de Belgique ?

Ce n’est pas par hasard, non plus, que des autorités polonaises de haut vol, viennent ici se recueillir et déposer des gerbes de fleurs pour marquer la reconnaissance d’une nation à quelques-uns de ses brillants ressortissants. Les photos de 1.507 à 1.510 datent du 30 septembre 2017, lors des festivités organisées à Comblain-la-Tour pour célébrer le 65ème anniversaire de la naissance de la Macierz Szkolna. On peut y voir Son Excellence, Mr l’Ambassadeur de Pologne en Belgique, Mr Artur Orzechowski, Madame la Consul Agnieszka Paciorek, ainsi que des représentants du parlement polonais, des chancelleries du Sénat et de la Présidence Polonaises qui ont fait le déplacement pour honorer le travail et la mémoire de ceux qui reposent ici. Messieurs Patrick Lecerf, député- Bourgmestre d’Hamoir et Michel Legros, Bourgmestre faisant fonction étaient évidemment présents.

Vous en connaissez, vous, d’autres petits cimetières non militaires qui sont capables de drainer pareille concentration de VIP ?

 Décidément, Comblain-la-Tour n’est pas un village comme les autres …

D’ailleurs, vous en connaissez, vous, d’autres petits villages dans lesquelles on aurait séjourné quelques jours … il y a 40 ans … et qui nous auraient marqués à ce point qu’on se les remémore toujours 40 ans plus tard ?

 17/12/2018 – JP Dz

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1.502 : COMBLAIN-LA-TOUR : Eglise et centre du village : Carte postale.
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1.503 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le presbytère et l’église : Carte postale.
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1.504 ; COMBLAIN-LA-TOUR : L’église : Carte postale.
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1.505 : COMBLAIN-LA-TOUR : La statut de Sainte-Thérèse : Carte postale.
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1.506 : COMBLAIN-LA-TOUR : Intérieur de l’église : Carte postale.
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1.507 : COMBLAIN-LA-TOUR – 30 septembre 2017 : Hommage aux personnalités polonaises : Son Excellence, Mr l’Ambassadeur de Pologne en Belgique, Mr Artur Orzechowski ; les représentants du parlement polonais, des chancelleries du Sénat et de la Présidence Polonaises ; …
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1.508 : COMBLAIN-LA-TOUR – 30 septembre 2017 : Hommage aux personnalités polonaises : Madame la Consul Agnieszka Paciorek ; … ; l’ensemble Wisła ; …
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1.509 : COMBLAIN-LA-TOUR – 30 septembre 2017 : Hommage aux personnalités polonaises : ( ? ) ; … ; Stefania Ludwikowski ; l’ensemble Wisła.
1510
1.510 : COMBLAIN-LA-TOUR – 30 septembre 2017 : Hommage aux personnalités polonaises : Columbarium avec les plaques de Mrs Józef Rzemieniewski et Adam Gorski.
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1.511 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’église.

 

0199 – Revisitons Comblain ( 21 ) : Le tunnel

Puisque nous sommes dans le coin – rive droite, derrière les carrières, entre Comblain-au-Pont et Comblain-la-Tour – il m’apparaît opportun d’évoquer aujourd’hui un phénomène étrange qui nous surprenait quand, enfant, nous arrivions en train à Comblain-la-Tour.

Souvenez-vous … jusqu’à la gare de Comblain-au-Pont tout allait bien … Une fois que le train quittait la gare … presque tout de suite … nous étions plongés dans l’obscurité ! C’était comme si on nous demandait de fermer les yeux parce que la surprise allait apparaître … C’était presque comme avant un cadeau … Et au bout de quelques minutes, la lumière du jour réapparaissait et on était à … Comblain-la-Tour ! ! !

Le jour du retour, c’était tout aussi étrange … à peine le train avait-il quitté la gare de Comblain-la-Tour … qu’une sorte d’obscurité nous enveloppait … comme si notre chagrin de quitter la colonie trouvait un écho jusque dans la lumière du jour qui nous témoignait ainsi son désarroi !

Évidemment, ce phénomène n’avait rien d’étrange. Dommage. L’explication est d’une banalité affligeante : entre ces deux gares, il y a un tunnel … « le tunnel de Comblain ». Alors bien sûr, ce n’est pas le « Gothard », nous n’étions pas en route vers la Suisse pour des vacances à la neige … nous n’avions pas de « ski » avec nous … quoique … les « ski » ne manquaient pas … c’était même la terminaison la plus répandue pour la plupart de nos noms de famille. N’empêche que nous avions Notre tunnel et, même si les 393 mètres étaient franchis en quelques minutes, de l’autre côté c’était … chez nous.

Ce tunnel, nous l’avons pratiqué souvent sans jamais le voir vraiment. Les quelques photos d’aujourd’hui combleront cette lacune. Le plan ( doc 1.475 ) situe l’emplacement de l’ouvrage d’art. Les autres photos illustrent les entrées et sortie, hier et aujourd’hui.

Pour être complet, j’ajouterais : « On a commencé le creusement du tunnel de Comblain en amont du village, du côté de la Heid Keppenne ( c’est-à-dire du côté de Comblain-la-Tour ), le 15 janvier 1864. Nous ignorons la date de la fin des travaux. Notons que cet ouvrage d’art a une longueur de 393 mètres.

 Le premier train qui ait circulé sur la ligne de l’Ourthe, alors à voie simple, était un train de marchandises dont le voyage inaugural eut lieu le 18 juin 1866. Le 1er août 1866, c’est-à-dire treize jours après la mise en exploitation du service marchandises, le premier train de voyageurs passa par nos Comblain. L’arrivée du premier « convwè » ( nom wallon des premiers trains ) suscita une grande curiosité et provoqua dans la vallée et même au sommet des versants de l’Ourthe une affluence énorme de badauds venus des régions avoisinantes ( Condroz, vallée de l’Amblève, etc. ).

 La gare de Comblain-au-Pont fut ouverte le 18 juin 1866 pour le passage du premier train de marchandises. La gare de Comblain-la-Tour fut-elle également ouverte dès 1866 ? Nous l’ignorons, mais le premier chef de gare du village est cité en 1867 ». Les Échos de Comblain – Août 1966 page 61

« La construction de la ligne avait duré de très longs mois et avait déjà révolutionné la vallée. La main-d’œuvre était fort nombreuse. On est assez surpris d’apprendre par exemple qu’à Comblain-la-Tour « plus de deux cents ouvriers ont habité en 1864 – 1865 dont beaucoup avec famille et enfants », ce qui eut d’ailleurs pour résultat d’encombrer l’école en un temps où l’on ne s’étonnait guère de voir 75 ou 80 élèves ou plus encore dans la même classe. Certains de ces ouvriers se sont fixés chez nous et les Échos ont parlé de trois ou quatre d’entre eux dans leur numéro de novembre 1965 ». Les Échos de Comblain – Août 1966 page 57

Nous aussi nous reparlerons bientôt de ces braves qui ont été séduits par Comblain-la-Tour et qui y ont trouvé l’amour … tiens tiens … eux aussi ? Décidément Comblain-l’amour a toujours été la cité de l’amour !

26/11/2018 – JP Dz

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1.475 : Entre COMBLAIN-AU-PONT et COMBLAIN-LA-TOUR : Le tunnel : Plan représentant l’implantation du tunnel.
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1.476 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Oups ! Rectification : Ce tunnel n’est pas un tunnel de la ligne de l’Ourthe, mais celui qui est sur la ligne de l’Amblève à la sortie de la gare de Rivage. Les travaux : mise à 2 voies de la ligne de l’Ourthe. Francis Dadoumont
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1.477 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Entrée du tunnel, côté Comblain-la-Tour.
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1.478 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Entrée du tunnel, côté Comblain-la-Tour.
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1.479 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Entrée du tunnel, côté Comblain-au-Pont.
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1.480 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Entrée du tunnel, côté Comblain-la-Tour.
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1.481 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Entrée du tunnel, côté Comblain-la-Tour.
1482
1.482 : COMBLAIN-AU-PONT : Le tunnel : Entrée du tunnel, côté Comblain-la-Tour.

 

0193 -Revisitons Comblain ( 20 ) : Les carrières

On a du mal à s’imaginer aujourd’hui que Comblain-la-Tour ait pu avoir un passé industriel ! Déjà quand nous étions enfants, lors de nos promenades à travers le village, nous ne supposions pas que Comblain puisse être autre chose que ce paisible et accueillant petit coin des Ardennes.

Bien sûr, çà et là, on voyait bien des vestiges de quelques bâtiments abandonnés, des trous et des monticules qui n’avaient rien de naturels, des décombres, des amoncellements de pierres … Mais le décor grandiose qui enveloppait tout ça, rendait le tableau si harmonieux qu’aucun d’entre nous n’osait penser qu’ici – quelques années plus tôt – c’était une zone d’exploitation industrielle ! Nous sommes sur la route entre la gare et le camp des gitans.

Imaginez-vous ici, avant la 1ère guerre mondiale ou juste après … De chaque côté de la rivière, des centaines d’ouvriers s’activant sur les versants des collines … un bruit de machines permanent, ponctué par des explosions de mines … un charroi incessant de tombereaux remplis de pierres … des wagonnets chargés se dirigeant vers la gare, d’autres vides remontant les pentes vers les lieux d’extraction, d’autres encore suspendus au-dessus de l’Ourthe … Qui mieux que Mr Fernand Dussart pourrait vous décrire l’animation qui régnait alors ; voici ce qu’il raconte dans les Échos de Comblain de 1969 et 1970 :
« Du matin au soir, la vallée retentissait de bruits divers : le halètement des moteurs des concasseurs, le broyage du grès par les grosses lames d’acier, le chargement des pierres dans les wagonnets en tôle forte, le sifflement des locomotives, la détonation de mines. 1 ».

« Toutes ces carrières, la Heid de Géromont, la Heid Keppenne, Lawé ( la famille Pirotton ), les 2 sièges des Hayîres, la Niblonheid ( Mr Hody ), La Batterie ( Mr Spineux ), couvraient une superficie de plusieurs hectares, formaient un secteur industriel actif et prospère, et procuraient du travail à un grand nombre d’ouvriers ».

« À l’approche de l’explosion d’une mine, le dirigeant de la carrière devait parfois interrompre toute la circulation. Les gens qui se rendaient d’un Comblain à l’autre ( le plus souvent à pied ) soit par la grand-route, soit par le chemin du Fond de Lawé se trouvaient tout à coup devant un carrier brandissant un drapeau rouge : cet ouvrier maintenait les passants à distance respectable du lieu de l’explosion, tandis qu’un autre carrier, par des coups brefs et répétés de son cornet d’alarme, invitait ses compagnons de travail à se mettre à l’abri. L’attente durait quelques minutes, puis, c’était la déflagration, avec un bruit sourd et, dans un gros nuage de poussière, une partie du rocher s’affaissait, cependant que ces pierres étaient projetées dans toutes les directions. Cette opération procurait du travail au personnel pour plusieurs semaines. 1 ».

« Les principaux puits d’extraction se trouvaient au sommet de la montagne, les marchandises étaient descendues au moyen de plans inclinés installés à même la colline. Ces plans se composaient d’une voie de chemin de fer à écartement réduit sur laquelle circulaient les berlines. Celles-ci étaient tirées ou retenues selon le cas par un solide câble d’acier tressé s’enroulant sur un treuil installé au faîte de la ligne. La circulation s’effectuait automatiquement en ce sens que la berline chargée à la descente assurait la remontée de la berline vide. Ces berlines se croisaient au centre de la ligne au moyen d’un morceau de voie supplémentaire raccordée à la voie principale par des aiguillages fonctionnant, eux aussi, automatiquement. »

Difficile d’évoquer ici, en détail, chacune des exploitations. J’en évoquerai seulement quelques-unes.
Rive droite, sur le chemin vers le camp des gitans, il y avait les deux sièges des Hayires, dont les déblais remplissaient l’ancienne carrière de la Heid Dronette. Jusque 200 ouvriers, dont des anciens de la construction du chemin de fer y travailleront. Avant la première guerre mondiale, les Hayires exploitaient aussi un puits de l’autre côté de l’Ourthe, derrière les maisons Rollin et Pierrard. Les produits de la rive gauche étaient alors acheminés vers la rive droite ( et le concasseur ) par un chemin de fer aérien ( bennes suspendues à un câble ). Après 1919, l’aérien ne sera plus remis en service … des tombereaux tirés par des chevaux prendront la relève.
1924, verra la mise en service d’un gros compresseur du type Awans-François, un concasseur granulateur et un gros concasseur primaire.

En 1944, les Américains réquisitionnèrent les débris de la Heid Dronette afin de colmater les trous causés par leur charroi sur les routes du ravitaillement du front. Les Hayires seront exploitées jusqu’en 1956.
Ses dernières fournitures serviront à la réparation des digues hollandaises rompues par les marées violentes de l’hiver 1953.

De l’autre côté de l’Ourthe : on exploitait le Trou Bodson dont la production était acheminée par « l’aérien » vers le concasseur des Hayires, jusqu’en 1914. Rappelons que sur cette rive gauche, il y avait aussi la Batterie ( de chanvre ) qui était le lieu de lavage du minerai de fer descendu de Géromont. Voilà pourquoi, la route qui va à Comblain-au-Pont s’appelle la Rue de la Batterie … eh non, ça n’a rien à voir avec le festival de jazz …
À Géromont, on exploitait aussi des carrières de grès, d’abord à ciel ouvert, ensuite en sous-terrain en s’enfonçant dans le flanc de la colline.

Quant à la carrière du Chirmont, elle fut abandonnée lors de la disparition des « betchètes » qui évacuaient sa production. Enfin, la Carrière du Lawé, ses ouvriers posent ici sur la photo 1.426. À l’extrême droite, Félix Pirotton mort à 53 ans de la silicose, comme beaucoup d’autres.

Tout ce petit monde cohabitait et peinait à la tâche souvent bien rude, mais n’oubliait cependant pas de se réjouir et s’amuser quand l’occasion se présentait, ce qui  nécessitait la présence d’estaminets où on pouvait venir boire  un verre et oublier les aléas de l’existence …
« Les cabarets abondaient à l’époque ( 1920 ). On en trouvait deux à Pod là ( Flagothier et Colson ), deux sur le Wez ( Bougelet et Coquay ), deux au Tram ( Dadoumont et Demarteau ), deux au village ( Célestine Pirotton et Victor Dadoumont )… + celui d’Eugène Storder … Sur la route de l’École, il y avait encore 2 maisons où l’on vidait la goutte ( Léonie Pirotton et Marie Voisin ). Le quartier des hauteurs était aussi très bien alimenté avec le café Théophile Poncin au Batty, celui d’Alfred Paulus ( Darville ) et celui d’Alphonsine Rouvroy ( maison de Mme Marie Brasseur ). » 2. Si vous comptez bien, ça en fait … 14 ! 

En plus, « Chaque dimanche, la petite salle de danse de l’établissement Bougelet ( Rue du Parc ) était ouverte aux amateurs. Pour 25 centimes, la « Musique » ( li wigne ) ( ? ) vous dispensait le morceau de votre choix. Aux jours de fête, des bals étaient organisés non seulement dans les salles mais aussi dans plusieurs cafés. Et déjà, on commençait à délaisser nos vieilles « polkas et autres mazurkas » pour les danses dites modernes. » 2.
Pas mal pour un petit village modeste, calme et tranquille … 

Aujourd’hui, Comblain c’est un peu la « Belle au grès dormant » … mais comme il n’est pas de prince ( capitaine d’industrie ) qui puisse la tirer de sa torpeur par un doux baiser ( beau projet ), il n’en reste pas moins le Centre Millenium dont l’animation et les soirées valent bien l’ambiance de quelques estaminets …

15/10/2018 – JP Dz

Pour revoir tous les épisodes précédents : https://anciensdecomblain.com/

1 : Extrait des Échos de Comblain de novembre 1969 ; page 84
2 : Extrait des Échos de Comblain d’octobre 1970 ; page 77

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1.419 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières : Vue sur les Hayires.
1420
1.420 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1421
1.421 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1422
1.422 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1423
1.423 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1424
1.424 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1425
1.425 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières.
1426
1.426 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les carrières : Les ouvriers de la carrière du Lawé. A l’extrême droite, Félix Pirotton, mort à 53 ans de la silicose, comme tant d’autres.

0186 – Revisitons Comblain ( 19 ) : Le vicinal

La Rue du Vicinal  à Comblain, doit son nom à l’implantation du chemin de fer vicinal et de  la ligne : Comblain-la-Tour – Manhay – Melreux ( voir affiche 1.339 ).

Sur cette ligne, circulait à l’origine un petit tram à vapeur. En 1935, le petit tram est remplacé par une motrice à moteur diesel. La ligne servait aussi bien aux transports de marchandises, qu’aux transports de voyageurs. Son tracé était particulièrement accidenté : partant d’une altitude de 106 mètres, il arrivait déjà après 5 km de parcours à 335 mètres à Xhoris-Battys, pour atteindre 502 mètres à Chêne-al-Pierre.

À Comblain-la-Tour, le vicinal à vapeur passait au pied du « Tiér des Pourcês » ( voir article n° 175 ), et venait se glisser entre cette roche conique et la gare du chemin de fer. Malheureusement, la voie du tram était de petite section … et les wagons, chargés de troncs d’arbres, qui y circulaient, ne pouvaient rouler sur les rails du train ! Il fallait donc absolument – à chaque fois – transborder la marchandise … à la force des bras.

Il est à noter également que les wagons qui arrivaient des carrières, chargés de pierres, n’avaient pas, non plus, le même écartement des rails. Une vaste aire de manœuvre ( dont on peut apercevoir une partie sur les photos 1.345 et 1.346 ) servait donc aux transbordements des marchandises d’un wagon sur l’autre.

Le transport des voyageurs connaissait un grand succès. Il faut dire que « construit à une époque où l’on ne voyait pas, ou presque, de motocyclettes, ni de voitures automobiles ( à Comblain-la-Tour, on n’en connaissait qu’une, propriété de Mr Félicien Hody, maître de carrières ), il s’était rapidement imposé comme l’outil indispensable 1 ».

Le transport des marchandises s’est définitivement arrêté le 1er septembre 1955. Le service des voyageurs était déjà interrompu depuis le 22 mars 1948. C’est avec un petit pincement au cœur que les Comblinois ont vu disparaître leur petit tram qui – pendant presque un demi-siècle – avait permis de rapprocher les habitants des villages avoisinants. Avec le petit tram, c’est tout une partie du folklore local qui disparaissait.

Il faut savoir, qu’avant guerre, de très nombreux pèlerins empruntaient ce moyen de transport pour se rendre le 16 août à Ferrières pour y fêter la Saint-Roch. Ils voulaient ainsi se préserver des épidémies et spécialement du choléra. Au retour, ces « Sint Rockis et Rock’resses » offraient, aux villageois, un spectacle haut en couleur.

« À peine débarqués ( du tram ), ces joyeux pèlerins tout fleuris de bruyère … formaient un cramignon ( Le cramignon est une danse traditionnelle de la région de Liège ) et, sous la conduite d’un « meneur », se répandaient en une chaîne dansante dans le fond du village, tout en répétant les couplets que chantait l’un des danseurs ». La fête se terminait, dans une ambiance extraordinaire, sur la Place du Wez, où s’enchaînaient des « cramignons » jusqu’à l’heure du dernier train pour Liège.

L’histoire du vicinal commence en 1900, quand le conseil communal de Comblain-Fairon s’est prononcé, pour la première fois, en faveur de la construction de cette ligne. En 1903, les plans et budgets avaient été approuvés. Remarquez en passant qu’il n’a fallu que 3 ans pour imaginer, proposer, convaincre, étudier, rédiger le cahier des charges, dessiner, calculer le coût, et approuver le projet ! Aujourd’hui, il faut en moyenne 30 ans pour en faire la moitié ! Dès le départ, les élus comblinois souhaitaient que la ligne se prolonge jusqu’à La Rock ( commune d’Anthisnes ).

Les travaux proprement dits débutent dès 1908. Le 28 août 1909, la ligne était terminée jusqu’à Xhoris. La section – Comblain-la-Tour – Manhay – Melreux – était déjà achevée le 5 février 1911. Par contre, l’autre section, Comblain – La Rock, posait problème. En effet, même si la distance de ce tronçon était relativement faible ( 7 à 8 km ), il fallait traverser la ligne de chemin de fer et surtout l’Ourthe !

Plusieurs projets furent étudiés. L’un d’entre eux envisageait sérieusement que le tram longe le mur de soutènement du chemin de fer, Rue du Vicinal … traverse les rails en passant sous le viaduc ( qu’on aurait élargi ) … longe la « propriété Detienne » ( c’est-à-dire le Centre Millennium et son parc ) … et finalement franchisse la rivière sur un pont à construire au pied du Rocher de la Vierge 3 ! ! !

Heureusement pour nous … ce projet n’a jamais vu le jour. Vous vous imaginez ce tram, si pittoresque soit-il, juste au bord de notre parc ?

Nous l’avons échappé belle !

 27/08/2018 – JP Dz

1 : Extrait des Échos de Comblain de décembre 1966 ; page 91
2 : Extrait des Échos de Comblain de décembre 1966 ; page 92
3 : Voir extraits des Échos de Comblain de janvier 1967 ; page 5

1339
1.339 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal Manhay Melreux : Pèlerinages de St Roch et de St Antoine.
1340
1.340 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal : Le tram et la gare.
1341
1.341 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal : Départ du tram vers St Roch.
1342
1.342 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal : Départ du tram.
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1.343 : COMBLAIN-LA-TOUR : Chemin de fer vicinal.
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1.344 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue du haut de la Roche conique : En bas, tracé des voies du tram.
1345
1.345 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue du haut de la Roche conique : En bas, la gare, les rails du train et ceux du tram.
1346
1.346 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue du haut de la Roche conique : Les rails du train et ceux du tram. Dans le fond, le centre Millennium.

 

 

0175 – Revisitons Comblain ( 18 ) : La roche conique

Au lieu de redescendre la Rue du Parc, passons plutôt de l’autre côté du chemin de fer … traversons ensemble le passage à niveau. D’ici, nous pouvons nous diriger dans toutes les directions ( voir le plan 1.246 ).

Si on décide d’aller vers la gauche, nous emprunterons le chemin qui nous mènera aux carrières des Hayires et un peu plus loin au camp des gitans que nous avons déjà évoqué ( article n° 27 ). Aujourd’hui, cette voie conduit également à un stade de tir et au centre d’escalade.

Tout droit, c’est la Rue du Boë, du nom de cette petite rivière à cause de laquelle Comblain est un « confluent », d’où son nom ( voir article n° 56 ). La Rue du Boë remonte tout doucement – en suivant plus au moins la petite rivière – pour passer par le quartier du Batty et se diriger vers les Crétalles.

À droite, par contre, c’est la Rue du Vicinal. Cette dernière est une voirie parallèle à la Rue du Parc ; elles sont séparées par le remblai du chemin de fer. Trois passages existent entre ces deux rues : le viaduc, juste à côté de la sortie du Centre Millénium ; le petit tunnel, en face de la Place du Wez et le passage à niveau que nous venons de franchir ensemble.

Mais avant d’aller plus loin, découvrons ce carrefour où semblent se croiser tant d’itinéraires … Vu d’ici, ce qui domine c’est cette petite colline pointue, et plus ou moins arborée, que nous avons tant de fois croisée sans jamais vraiment la regarder, ni jamais nous y intéresser.

Pourtant, ce monticule porte un nom … et même plusieurs. Comme vous le constaterez sur les cartes postales anciennes qui le représentent, il s’appelle tantôt : « le mont conique », tantôt « la roche conique » … ( parfois même « la roche comique », comme sur la carte postale n° 1.252 – sans doute par erreur ), mais le plus intéressant, c’est le nom donné par les comblinois qui le désignent par : le « Tiér des Pourcês » …

Comme c’est souvent le cas, cette appellation tire son origine du patois local et se rapporte à l’histoire du village. En effet, les habitants de Comblain-la-Tour emmenaient là leurs porcs ( les pourcês ) à « la glandée ». Pour ceux qui – comme moi – ignorent ce qu’est la glandée, il s’agit d’une pratique qui permet d’envoyer ses porcs paître dans les forêts pour y consommer les glands des chênes et les faînes des hêtres.

Moi, je ne sais pas quel genre de porcs pouvait escalader la roche conique ? ! ? Espérons qu’il y avait un autre chemin pour monter là-haut … si non … ces porcs-là devaient être balaises. Du coup, je me suis creusé la mémoire, de fond en comble, pour essayer de me rappeler si nous … pour faire comme les pourcês … nous l’avions escaladé aussi ?

Nous qui étions pourtant des casse-cou de première catégorie, qui n’hésitions jamais à grimper, à escalader, et prendre toutes sortes de risques, nous n’avons jamais à ma connaissance gravi la roche conique !

Je me trompe peut-être, mais personne ne m’a jamais dit qu’il l’avait fait.

Si VOUS l’avez fait, s’il vous plaît … racontez-nous. J’attends avec impatience vos témoignages. Si aucun d’entre vous ne se manifeste, nous serons dans l’obligation de désigner le « Tiér des Pourcês » comme étant la seule bêtise qu’on n’aura jamais faite à Comblain !

Pourtant, la vue du haut de cette roche est magnifique … d’un seul regard, on peut voir tout le village.
Et si on essayait de l’escalader lors de notre prochaine promenade à Comblain ? Qu’en pensez-vous ?

Enfin, sur la photo 1.253, au pied du « Tiér des Pourcês », à gauche, c’était la maison de Guy Demarteau et à droite, l’ancien café Dadoumont. Mr Francis Dadoumont, l’un des responsables des Échos de Comblain, qui nous lit régulièrement, pourrait peut-être nous dire s’il existe un lien de parenté entre lui et ce café ?

11/06/2018 – JP Dz

1246
1.246 : COMBLAIN-LA-TOUR : De l’autre côté du chemin de fer : Description du quartier – plan.
1247
1.247 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1248
1.248 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1249
1.249 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
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1.250 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1251
1.251 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu de l’autre côté de l’Ourthe.
1252
1.252 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique.
1253
1.253 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : La gare du vicinal.
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1.254 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Vu à partir du sommet du Chirmont.
1255
1.255 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le mont conique : Aujourd’hui.

 

Voici un supplément d’information. Il émane de Monsieur André Philippe de Comblain-la-Tour. Je le remercie pour tous ces détails que j’ignorais. JP Dz

Monsieur,

J’ai beaucoup admiré votre article sur le Rocher des Pourcès.

Je peux vous documenter sur cet article. En étant jeunes, avec mes copains, nous escaladions le rocher de face pour arriver à une petite plate-forme. Le plus dangereux était le côté de chez Guy Demarteau.

En ce qui concerne, les particuliers qui détenaient des cochons, ils empruntaient des sentiers suivant :

1° au pied de la Rue de la Chera

2° au tournant en épingle à cheveux, à la moitié de cette rue

3° et pour les casse-cou, les jeunes sautaient au-dessus du Ruisseau du Boê, en face de l’ancienne maison forte ( Grill Graspowy ).

Aujourd’hui, tous ses sentiers n’existent plus. Le Mont conique ( Rocher des Pourcès ) est devenu une propriété privée ( Famille Cawet – Dermouchamps ).

Dernièrement, la région wallonne a placé des moutons pour un grand nettoyage du rocher.

Pour rappel, Francis Dadoumont n’est pas parent avec les anciens du café Dadoumont, deux familles différentes. Plus tard, ce café est devenu une menuiserie, toujours tenue par la même famille.

Tous les lundis, j’ai plaisir à lire tous vos articles.

PHILIPPE André