0155 – Revisitons Comblain ( 15 ) : La Rue du Parc

La Rue du Parc, à Comblain-la-Tour, est sans doute la rue que nous avons empruntée le plus souvent …

C’est non seulement la rue qui va de la gare au Centre polonais, mais c’est aussi celle qu’il fallait emprunter pour aller au marché du jeudi à Comblain-au-Pont, mais aussi pour aller au camp des Gitans, à la plage, à Fairon, à Hamoir, à Anthisnes, … Bref, cette Rue du Parc, c’était un peu l’artère névralgique de toute la vie au centre, mais c’était surtout la rue au bout de laquelle … c’était « chez nous » … et ça l’est toujours !

Même si elle est relativement étroite, et coincée entre le remblai du chemin de fer et l’Ourthe, la Rue du Parc, c’est un peu le « boulevard », la « vitrine » de Comblain-la-Tour. En effet, celle qui s’appelait à l’origine Rue de la Station a vu apparaître, très vite des petits hôtels et des pensions de famille qui trouvaient là une situation idéale à proximité la gare et de la rivière. Malheureusement, l’essor du tourisme, la multiplication des voitures unifamiliales et leur utilisation pour les congés à faible distance, sonneront le glas pour ces sympathiques petits hôtels. MAIS Pas pour tous … heureusement.

Celui que nous avons bien connu, c’était l’Hostellerie Saint-Roch. C’est l’établissement le plus proche de la gare, mais je consacrerai deux articles spécifiques rien qu’à ce « monument » de Comblain-la-Tour. Passons directement au suivant …

L’Hôtel de l’Ourthe ( ex Hôtel / pension Houltiau ) est l’immeuble situé juste à côté de l’Hostellerie Saint-Roch, mais … il n’a pas connu le même succès que son voisin … D’ailleurs, il finira par être racheté par Mr Cawet, propriétaire de l’Hostellerie Saint-Roch, dans un premier temps pour agrandir son établissement, puis pour devenir une annexe à caractère privé.

Mais avant ça, il a même servi de … prison ! En effet, durant la première guerre mondiale, les forces d’occupation, « avisées du manque de clients » lui trouveront une autre affectation. Les Échos de Comblain relatent, avec beaucoup d’humour, dans un article écrit en septembre 1967, comment les allemands avaient réussi à faire le plein de l’établissement : « Il faut bien admettre que, d’un certain point de vue, cette mesure se justifiait pleinement, la relance de cet établissement s’avérant indispensable. En effet, un hôtel n’a-t-il pas été édifié pour recevoir des pensionnaires ? Or, par ces temps particulièrement tourmentés, celui qui nous occupe était vide ( vide, en tout cas, de touristes ) ; il fallait donc lui rendre une certaine vitalité … Les allemands eurent tôt fait de trouver la solution à cet important problème : alles raus ; fous pandits, fous foleurs … fous en prisons ! Et l’on arrêtait par ci, on « ramassait » par là … ».

Malheureusement pour les pensionnaires, les geôliers n’assuraient que l’hébergement … pas le ravitaillement. Ce sont donc les familles des prisonniers qui devaient subvenir à leurs besoins ; ce qui devait s’avérer bien difficile, en période de guerre, quand les malheureux venaient de loin !

Un peu plus loin, la Rue du Parc croise la Place du Wez. Sur le coin, le café-épicerie Bougelet servait jadis, de salle de spectacle et même de classes primaires, en 1946. Ce qui explique sans doute le bâtiment « un peu spécial » qu’on aperçoit sur les photos 1.075, 1.076, 1.078 et 1.079. Sur l’autre coin, nous avons très bien connu le magasin de souvenirs.

Entre la Place du Wez et notre Hôtel du Parc, il y avait encore un hôtel : l’Hôtel Rorive ( photo 1.082 ).
Cette grosse bâtisse et sa sœur quasi jumelle, située juste à côté, ont été construites par le tailleur Dabée ( qui habitait à l’origine dans la maison voisine du Centre polonais ; voir la photo 239 ) pour ses filles. Il faut croire que déjà à l’époque le métier de tailleur rapportait bien … Mais l’une des deux maisons deviendra le magasin du tailleur et l’autre l’Hôtel Rorive. Certains de nos parents profitaient d’ailleurs de leur passage à Comblain pour aller se faire rhabiller au magasin du tailleur … c’est dire que ce commerce a perduré au moins jusque dans les années 60 / 70.

La Rue du Parc se termine tout naturellement par le parc … « Notre parc ». Dans son prolongement, un sentier court entre le parc et le remblai du chemin de fer … sentier bien connu de tous puisqu’il mène au lieu-dit « la source ».

29/01/2018 – JP Dz

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1.071 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Aujourd’hui.
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1.072 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de la gare.
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1.073 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philipin ; la gare.
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1.074 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : La gare et l’hôtel de la gare.
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1.075 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel de la gare – hôtel Veuve Gillard.
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1.076 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philippin.
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1.077 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : L’hôtel Gillard – L’hôtel de la gare – Veuve Gillard – Philippin.
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1.078 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Panorama sur les Rue du Parc, Quai de l’Ourthe et Rue de Fairon.
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1.079 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Panorama sur la Rue du Parc.
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1.080 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de l’Ourthe.
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1.081 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel de l’Ourthe – Pascal Houlteaux.
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1.082 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Hôtel Rorive.
1082_B_Eco_1967_68_septembre
1.082 B : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Extrait des Echos de Comblain : septembre 1967 – page 68.
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1.082 C : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc : Extrait des Echos de Comblain : septembre 1967 – page 69.

 

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0149 – Revisitons Comblain ( 14 ) : Un canal ? À Comblain ?

Comme déjà évoqué dans un article précédent ( n° 144 ), pour construire la ligne de chemin de fer, il fallut d’abord « reboucher le canal » ! Qu’est-ce que c’est que ce canal ? Pourquoi fallait-il construire là, à Comblain-la-Tour, un canal, alors que l’Ourthe n’est distante que d’une centaine de mètres ? Pourquoi ces travaux ont-ils été finalement abandonnés ? Est-ce déjà le début d’une suite sans fin de « travaux inutiles » ? Nous allons essayer de comprendre et de répondre à quelques-unes de ces questions.

Effectivement des bateaux « commerciaux » empruntaient la rivière, mais l’Ourthe est plus romantique que navigable. Parfois elle déborde, parfois elle manque cruellement d’eau. Par endroits, elle n’est pas assez profonde, à d’autres trop rapide. Malgré des travaux réguliers de curage, d’élargissement et des dispositifs spécifiques comme les barrages et les « vènes », avec leurs plans inclinés, il était très compliqué pour les « bètchètes » d’assurer un service régulier pour livrer leurs marchandises, essentiellement le minerai de fer et les pierres. Pourtant la forme et les caractéristiques de cette petite barque étaient adaptées aux caprices de l’Ourthe. La « bètchète » offrait un faible tirant d’eau ( 85 cm ), elle pouvait embarquer entre 10 et 18 tonnes de fret, possédait un mât déplaçable qui se trouvait toujours du côté du chemin de halage ; car évidemment, elle était tractée, depuis le chemin de halage, par un cheval. Et malgré tout ça, entre juillet et août, la navigation était impossible … par manque d’eau. Cette courte période de chômage s’appelle l’étiage.

Donc, pour remédier aux « insuffisances » de la rivière, un gigantesque projet fut imaginé. L’idée, c’était carrément de relier, par voie d’eau, la Meuse à la Moselle … et donc au Rhin. C’est le plus vaste projet de travaux publics qui ait été entrepris en Belgique à cette époque.

Le Canal de l’Ourthe, projet soutenu par Guillaume Ier des Pays-Bas, est mis au point par Remi De Puydt.

Les chiffres sont impressionnants : il prévoit la canalisation de 300 à 400 kilomètres de voies navigables et la construction de 205 écluses ainsi qu’un tunnel de quelque 2,5 kilomètres à Bernistap ; le tout à travers le massif ardennais. À Comblain-la-Tour, le canal coupera le village en deux ! Il passera juste à côté de notre maison polonaise et longera le parc … c’est exactement l’itinéraire qu’emprunte aujourd’hui la ligne de chemin fer.

Les travaux sont commencés en 1827, mais l’entreprise sera affectée par des problèmes de financement. La révolution belge de 1830 et l’invention du chemin de fer mineront le projet. La construction du canal se poursuivit sans interruption jusque 1832, puis sporadiquement en 1836 et 1837 et fut finalement arrêtée, malgré l’avancement déjà important des travaux, notamment les 16 maisons éclusières qui étaient sous toit.

L’indépendance reconnue du Grand-Duché du Luxembourg en 1839 provoquera son arrêt définitif.

Quel dommage ! Imaginez comment auraient été nos vacances entre l’Ourthe et le Canal de l’Ourthe ! Le Centre Millénium et le parc auraient été une île … et nous des Robinsons.

Au lieu d’avoir ce train qui poussait des cris stridents et qui nous faisait sursauter … on aurait eu la douce quiétude des chalands qui remontaient le canal à pas lents. Au lieu de ce mur immense qui nous séparait du reste du village, on aurait eu une vue splendide sur Comblain-l’amour … et qui sait si on n’aurait pas sympathisé davantage avec des autochtones … Je suis sûr que les plus romantiques de nos filles seraient allées chiper des carottes dans le petit potager pour aller les offrir aux chevaux qui tiraient les « bètchètes ». Et je suis sûr qu’elles seraient rentrées, au centre, impressionnées et  affectées par le dur labeur de ces braves montures. Et nous … on aurait pu les réconforter …

De cette immense entreprise, il ne reste plus grand-chose … à Comblain-la-Tour : rien. Tout a été rebouché pour construire le chemin de fer. Ailleurs, d’importantes sections de ce canal sont encore visibles aujourd’hui.

Désaffecté en amont d’Esneux en 1917, le canal fut encore utilisé entre Angleur et Tilff durant la guerre 1940-1945. À Bernistap, le tunnel est encore visible ( classé monument historique en 1988 appartenant à la Région Wallonne ).

Si vous êtes du genre curieux, je vous engage à lire les quelques extraits en annexe des « Échos de Comblain » pour en savoir plus sur la navigation des « bètchètes » à Comblain.

Si vous voulez en savoir plus sur le Canal de l’Ourthe, allez voir le site :

http://meuse-moselle1830.be/cmm.index.html.

Mais si vous êtes, comme moi, plutôt rêveur … laissez-vous entraîner par votre imagination, embarquez avec moi, sur une de ces « bètchètes », laissons-nous « haler » et rêver à ce décor qui aurait été tellement différent …

18/12/2017 – JP Dz

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1.019 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Plan d’un parcours tout en relief.
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1.020 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Présentation du chantier le plus grandiose de l’époque.
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1.021 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
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1.022 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
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1.023 a : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 b : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.013 c : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 d : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 e : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.

 

0144 – Revisitons Comblain ( 13 ) : La gare et le chemin de fer

Il n’avait pas tort, notre brave Joseph ( Joseph Huberty, le conteur wallon de Comblain-la-Tour ) quand il disait : « Le chemin de fer balafre « noss vièdge ». C’est vrai, cette ligne de chemin de fer … en plein milieu du village … c’est comme une cicatrice, comme une blessure qui sépare le village en deux. D’un côté, la Rue du Parc, la Place du Wez et notre Centre polonais, coincés entre le rail et l’Ourthe, de l’autre côté, la Rue du Vicinal et le reste de la bourgade.

Cette impression est d’autant plus forte que la ligne ferroviaire a été construite largement en remblai. Le mur de soutènement est massif, imposant et monumental. Saviez-vous qu’à l’origine, il n’existait que deux moyens de passer d’un côté à l’autre du remblai : le petit pont au niveau de la Place du Wez et le « viaduc » construit juste en face de l’entrée du Centre Millénium. La Place du Wez était d’ailleurs beaucoup plus grande avant tous ces travaux ; elle partait de la rivière jusqu’aux pieds des maisons de l’actuelle Rue du Vicinal. La construction du chemin de fer a réduit cette jolie place aux proportions que nous connaissons aujourd’hui.

Autre constat, la Rue du Parc est légèrement en pente ; le point bas est justement la maison polonaise. Du coup, le passage sous le chemin de fer au « viaduc » était fréquemment noyé lors des crues de l’Ourthe. Des travaux furent entrepris pour rehausser le sol de l’ouvrage d’art … pas le plafond. Ce qui explique pourquoi ce pont nous a toujours semblé si bas. Souvenez-vous, nous nous amusions, à l’époque, à toucher la voûte en montant sur l’accotement en pierre. Mais après ces aménagements, l’ouvrage ne permettait plus le passage des camions ou des charrettes chargées. Ce qui imposa la construction d’un passage à niveau dans le prolongement du pont ( érigé en 1873 ). C’était au départ, un passage à niveau occasionnel muni d’une simple barrière pivotante, ouverte à la demande par le personnel de la gare. En 1930, on la remplaça par une barrière roulante actionnée par une manivelle, puis en 1970 par des bras articulés qui furent automatisés en 1977.

Mais revenons au chemin de fer, c’est en 1866 que fut inaugurée la ligne de chemin de fer Liège / Jemelle.

C’était le point final d’un travail colossal. En effet, il fallut tout d’abord combler en 1864 le canal (1) dont la construction avait été stoppée en 1830 et percer le tunnel Keppenne (2) de 393 m. Ce qui exigea la force de travail de 200 ouvriers dont de nombreux étrangers … déjà ! Comme les comblinoises étaient particulièrement charmantes, certains d’entre eux n’hésitèrent pas à convoler avec les belles villageoises. Certains ouvriers étaient venus avec leur famille, la population scolaire s’en trouva ainsi quasi doublée.

La construction du chemin de fer causa la fin des si pittoresques « bètchètes » qui naviguaient sur l’Ourthe : le minerai de fer venu de Lorraine, par chemin de fer, revenait désormais moins cher que celui des filons de la vallée. La 2ème voie du chemin de fer fut construite en 1907. Elle aida puissamment à l’exploitation des carrières (3). Les digues hollandaises rompues par les violentes marées de l’hiver 1953, furent comblées grâce aux pierres des Hayires ( c’est cette carrière à côté de laquelle nous passions pour aller au camp des Gitans ).

Derrière la gare, on peut voir le monticule « Tiér des Pourcês » (4), appelé aussi la « Roche conique » au pied duquel passait un vicinal à vapeur (5) qui amenait les troncs d’arbres que l’on transbordait, à la force des bras, sur les wagons du train. Une vaste aire de manœuvre servait au transbordement des marchandises, du bois et des pierres d’un wagon à l’autre, car aucun de ces wagons que ce soit ceux de la carrière, ceux du vicinal ou du chemin de fer n’avaient le même écartement !

Quant à la gare, elle connut plusieurs « looks » différents. Celle d’origine, fut remise en état en 1949, puis démolie en septembre 1976 et remplacée par un simple abri.

Le personnel de la gare vers 1910, comprenait : le chef et le sous-chef de gare, l’employé délivrant les coupons et bordereaux d’expédition, le chargeur, les manutentionnaires dont le desservant du château d’eau, ainsi que le machiniste qui répartissait les wagons sur les différentes voies. Tous ces emplois ont progressivement disparu. Les temps ont bien changé …

Une dernière chose encore … la Vierge du Rocher, qui protégeait les marins des « bètchètes » contre les remous dangereux au pied des Tartines, disparut en 1866 lors de la construction du chemin de fer. En effet, le passage de la voie ferrée obligea les ouvriers à tailler dans la roche. Ce n’est qu’en 1949 que l’abbé Gielen la fit remplacer par la Vierge que nous avons connue et … tant fréquenté.

13/11/2017 – JP Dz

NB : Le canal (1) ; le tunnel Keppenne (2) ; les carrières (3) ; le « Tiér des Pourcês » (4) et le vicinal à vapeur (5), feront l’objet d’un prochain article. Nous n’avons pas fini de revisiter Comblain …

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0984 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le quartier de la gare : Aujourd’hui.
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0985 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0986 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0987 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0988 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Mme Rosine Dujardin, la garde barrière.
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0989 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0990 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0991 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0992 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Jadis.
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0993 : COMBLAIN-LA-TOUR : La gare : Le personnel de la gare.
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0994 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sous le « viaduc » : JP Dz.

 

0140 – Revisitons Comblain ( 12 ) : le monument de la gare

Une fois le pont de Comblain franchi, nous quittons le quartier « Po d’la » pour nous retrouver dans le quartier de la gare. La première chose qui apparaît sur la gauche, c’est le monument aux héros de la première guerre ( photos 950 et 951 ).

Ce monument – inauguré le 10 août 1919 lors d’une grande fête patriotique – fut élevé par souscription publique des habitants de Comblain-la-Tour, à leurs soldats de la grande guerre.

Aujourd’hui, il est plus sobre qu’à l’origine. En effet, lors de son inauguration, la stèle était encadrée par deux canons allemands bien imposants … prise de guerre des comblinois lors de la retraite des allemands ( photos 952 à 957 ). Évidemment, quand les vaincus de 1918 sont revenus en 1940 … ils les ont récupérés. La stèle est désormais solitaire mais elle n’en porte pas moins le souvenir des disparus avec beaucoup de dignité.

Dommage, je n’ai pas trouvé trace d’un récit qui aurait pu nous éclairer sur cette fameuse prise de guerre par les valeureux habitants de Comblain. Les soldats d’outre Rhin étaient sans doute un peu trop pressés de rentrer chez eux … Dans la grande débandade, leur fameuse organisation habituelle a dû souffrir de quelques « ratés ».

Par contre, il existe un récit précis de l’arrivée des Teutons à Comblain en ce début de mois d’août 1914 et avec le recul, cette histoire paraît même un peu surréaliste … Une fois de plus, ce sont les « Échos de Comblain », véritable encyclopédie rurale, qui ont pris la peine de recueillir les témoignages. Je vous livre ce court récit en remerciant les responsables des « Échos de Comblain » de nous permettre d’en apprendre toujours un peu plus sur un village si cher à nos cœurs.

Vous constaterez, à la lecture de ces quelques lignes ( documents 959 et 960 ), que les villageois étaient réellement courageux et … persuadés qu’ils arrêteraient l’offensive. Ils n’ont, en tout cas, pas manqué d’audace. Tout ce qui pouvait servir à ralentir la marche inexorable de l’ennemi fut utilisé. Des arbres furent coupés et entravaient les routes, des charrettes, des tombereaux, des machines agricoles furent renversées, des herses placées les dents en l’air et des tranchées furent creusées.

Malheureusement, les envahisseurs prirent de pauvres riverains en otage : « Et sous les ordres d’un officier, revolver au point, les obstacles furent enlevés en beaucoup moins de temps qu’il en avait fallu pour les construire … ». J’imagine donc qu’en 1918, les villageois confisquèrent les 2 canons avec un plaisir inénarrable. Et ce n’est sans doute pas un hasard si on a décidé de les placer là, juste devant le pont, et d’avoir pris soin de tourner les fûts en direction de Xhoris, d’où l’envahisseur était arrivé. Il y avait comme qui dirait : « un petit message » au cas où …

Mais si l’histoire des deux guerres avec un grand et un petit « h » est encore bien présente dans les mémoires et demeure inscrite dans la pierre, c’est une page que l’on a tournée pour en écrire une autre … celle de l’ouverture sur le monde, celle de l’amitié profonde et fraternelle avec tous ceux qui ont fait de Comblain leur port d’attache, leur point de chute l’espace de quelques colonies et ce, de quelque côté qu’ils viennent ou repartent !

Ceci dit, nous aussi, nous avions nos « canons » … et nous n’étions pas moins fiers de les exposer autour du monument. Sauf que nos canons à nous, portaient des jupes et étaient parfaitement pacifiques et inoffensifs, encore que ….  ( photo 958 ).

Ce jour-là, autour du monument, il y avait Lodzia Baun ( Madame Paluszkiewicz ), sa sœur Sophie, Bernadette Lachowicz ( ? ) et quelques autres dont le nom m’échappe. Elles étaient entourées de Jean Paluszkiewicz, Alfred Materna, Pierre Front et moi-même. Nous étions « endimanchés » … ça ne vous a pas échappé. En effet, c’était un dimanche matin.

Nous aussi, à notre tour, nous battions en retraite … nous tentions d’échapper … à l’offensive de la messe.

D’ailleurs, après une courte pause devant le monument, nous sommes allés établir notre nouveau quartier général provisoire de l’autre côté du pont … au café « Pimprenelle », chez Pimpim, notre meilleur allié.

16/10/2017 – JP Dz

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0950 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0951 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0952 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare, en 1925.
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0953 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0954 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0955 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0956 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0957 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0958 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le monument en face de la gare : Lodzia Baun ( Madame Paluszkiewicz ), sa sœur Sophie, Bernadette Lachowicz ( ? ) ; ( ? ) ; Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; Alfred Materna ; Pierre Front ; Jean-Pierre Dziewiacien.
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0959 : COMBLAIN-LA-TOUR : Extraits des Échos de Comblain.
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0960 : COMBLAIN-LA-TOUR : Extraits des Échos de Comblain.

 

0134 – Revisitons Comblain ( 11 ) : Terrain de foot et de … jazz

En route vers le terrain de foot. Il suffit de redescendre la Route de Fairon.

En passant, vous pouvez encore admirer une autre de ces superbes villas : « La Villas des étangs » ( photos 888 ). Elle est située presqu’en face de la Villa Adeline, sur votre gauche. Cette surprenante construction – qui fait un peu penser au lugubre manoir du film « Psychose » d’Alfred Hitchcock, de 1960 – était occupée par la famille Funken et puis par la famille Dr. Delwaide.

Son porche d’entrée ( photo 892 ), est contigu au Chemin du Facteur que nous avons déjà évoqué dans l’article n° 73. Et de l’autre côté du chemin, se trouve un autre bâtiment emblématique de Comblain : le fameux et célèbre restaurant « Lucullus » dont la propriétaire est Melle Francine Meers. Durant des années, ce haut lieu de la gastronomie a fait la fierté du village. Lors des festivals de jazz, il était le quartier général de Joe Napoli.

Encore quelques mètres, et voilà, nous y sommes : le terrain de football. C’est là qu’ont été disputés des matchs mémorables y compris ceux de la colonie polonaise contre les sportifs locaux ( matchs soutenus, évidemment, par les supporters polonais. On les voit sur la photo 894 se préparer à crier pour soutenir leurs champions. Derrière eux, le Centre Millénium ; à vol d’oiseau la distance entre le terrain de foot et notre maison, est d’à peine quelques dizaines de mètres ).

C’est là aussi qu’a été organisé, en 1982, le Jamborée de Comblain-la-Tour dont nous reparlerons prochainement. C’est là surtout qu’ont eu lieu les festivals de jazz entre 1959 et 1966.

On a beaucoup de mal à s’imaginer, aujourd’hui, ce qu’a représenté pour Comblain-la-Tour le festival de jazz. Durant les quelques jours que durait la fête, des milliers de gens ont envahi le terrain de football, les rues du village, les bistrots et les restaurants. Il a fallu organiser, nourrir et loger tous les artistes et tous les spectateurs. C’est une véritable mobilisation générale de toutes les énergies et de toutes les ressources disponibles qui a permis cette réussite qui a fait de Comblain-la-Tour la « Capitale européenne du Jazz ».

L’Hôtel du Parc, qui est devenu en 1961 notre colonie de vacances, n’a pas échappé à l’incroyable aventure de ces festivités … évidemment. Des artistes ont été logés chez nous, d’autres pouvaient être aperçus, par hasard, au détour d’une rue ou à la sortie d’un établissement. Certains d’entre nous se souviennent d’avoir croisé la route de Ray Charles, de Roger Moore ou de Charles Aznavour

Difficile d’évoquer nos années bonheur à Comblain sans parler un peu du festival de jazz. Bien sûr l’objectif, ici, n’est ni de faire un compte rendu détaillé des évènements, ni une liste exhaustive des artistes présents et encore moins de vous transformer en « fan de jazz » … Comme toujours, on va seulement essayer de réveiller des souvenirs en plantant le décor … en rappelant la présence sur place de tel ou tel musicien ou chanteur … en évoquant des anecdotes plus ou moins drôles … mais surtout, en vous laissant nous raconter comment VOUS avez vécu ces moments. Alors, s’il vous plaît, rassemblez vos souvenirs et racontez-les nous, faites swinguer votre mémoire, faites crépiter les claviers et balancez nous quelques notes rythmées !

De notre côté, nous allons ouvrir un nouveau thème sur le blog des Anciens de Comblain : « Jazz à Comblain ». Il servira à collecter toutes les anecdotes que vous aurez la gentillesse de nous faire parvenir. Merci d’avance.

04/09/2017 – JP Dz

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0888 : COMBLAIN-LA-TOUR : La villa des Etangs.
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0889 : COMBLAIN-LA-TOUR : La villa des Etangs : Rue de Fairon.
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0890 : COMBLAIN-LA-TOUR : La villa des Etangs, aujourd’hui : Rue de Fairon.
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0891 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’entrée de la villa des Etangs : Rue de Fairon et Chemin du Facteur.
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0892 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ancien restaurant Lucullus.
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0893 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le terrain de foot et de jazz.
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0894 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de foot : ( ? ) ; Richard Materna ; Alice Bardo ; Stéphanie Goch ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Helcia Garsztka. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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0895 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de jazz. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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0896 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le quartier Pod’la.

 

0130 – Revisitons Comblain ( 10 ) : Les cigares du Pharaon

Nous venons de traverser ensemble le camping. Nous voici revenu sur la Route de Fairon. Mais avant de prendre à droite pour rejoindre le pont … prenez la peine de vous attarder sur la villa qui est située juste à gauche … la Villa Adeline. Elle ne vous rappelle rien ? Si … allez … remuez votre mémoire … ça remonte très loin, je sais, mais vous ne pouvez pas avoir oublié !

Quand nous étions enfants et que nos moniteurs ou monitrices nous entraînaient dans cette promenade qui nous amenait à Fairon – en longeant l’Ourthe pour l’aller et en suivant la route pour revenir – nous nous arrêtions toujours devant cette villa. On grimpait alors sur le petit muret et on s’agrippait aux grilles pour essayer de mieux voir le bâtiment et d’en apprendre un peu plus sur le mystère qu’il cachait. Il y avait forcément quelque chose de mystérieux. C’était sûr … sinon pourquoi auraient-ils pris la peine de placer dans les grilles de la clôture autant de symboles ? Pour nous, ça ressemblait tellement aux cigares du Pharaon … que ça ne pouvait qu’attiser notre imagination.

On restait là un long moment, accroché à la grille, en échafaudant des théories … plus folles les unes que les autres. On rêvait. Et notre imagination nous entraînait dans toutes sortes d’aventures. C’était à celui qui aurait la thèse la plus plausible ou la solution la moins rationnelle. Les moniteurs se prenaient au jeu et nous suggéraient des pistes qui nous entraînaient encore plus loin … Finalement, quand il fallait repartir, le moniteur devait absolument utiliser son sifflet pour nous faire lâcher prise et nous ramener sur terre. Mais sur le chemin du retour, on continuait à partager des hypothèses … à créer notre propre légende … la légende de la Villa des cigares du Pharaon.

Rien d’étonnant que là, à Comblain-la-Tour, nos imaginations d’enfants s’emballaient. Le reste du temps, nous vivions, presque tous, dans des cités minières, dans des corons, où chaque maison ressemblait à sa voisine … où l’uniformité était la règle … où la sobriété l’emportait sur tous les autres qualificatifs. On avait aussi nos montagnes, mais elles étaient le résultat d’un mélange de charbon et de la sueur de nos papas. Et même si ces cités transpiraient de joie de vivre et de convivialité, elles ne nous inspiraient, tout au plus, que des rêves « raisonnables » … des avenirs modestes … des destins effacés.

À Comblain, l’autre chez nous, tout était différent ! Ici, l’espace respirait la liberté. Il n’y avait plus de limite à nos imaginations. Des manoirs et des splendides villas parsemaient un décor qui n’attendait qu’à être peuplés par les héros qui sortaient directement de nos rêves d’enfant. Il ne fallait pas grand-chose pour enflammer nos jeunes esprits. Quelques volutes de métal sur une barrière trop austère et nous, on plongeait dans de nouvelles intrigues.

Quant à la Villa Adeline, sans doute que nos fantaisies ont participé à gonfler une légende improbable.

Il n’empêche que cette superbe bâtisse n’a pas manqué d’avoir sa propre petite histoire. Elle a été construite par Louis Dister, qui sera le mayeur du village entre 1921 et 1939. Durant la seconde guerre mondiale, elle a été le refuge d’un diamantaire anversois, le juif Herz Frankiel. Mais déjà, lors de la première guerre, elle a été occupée – tout comme notre Centre Millénium – par les armées allemandes qui semblaient apprécier le charme de Comblain-la-Tour ( voir les photos 857 et 858 ).

Peut-être même que la quiétude des lieux leur avait été transmise depuis bien plus longtemps … En effet, en 1815 déjà, lors des préparatifs militaires pour les combats qui finiront par la bataille de Waterloo, la commune de Comblain a dû loger des soldats prussiens qui étaient en route vers la grande bataille. Pour ces hébergements de soldats, d’officiers, de sous-officiers et de docteurs, des indemnités « auraient été allouées ».

Aujourd’hui, grâce aux Anciens de Comblain, nous pouvons mettre des noms sur les lieux qui nous faisaient fantasmer. On peut y associer de l’histoire et des anecdotes authentiques. Bien sûr, nous avons perdu notre faculté à créer nous-même ces histoires … Mais une question s’impose : « Et si toutes ces recherches d’aujourd’hui n’étaient que les réponses à toutes nos questions d’avant-hier ? ».

07/08/2017 – JP Dz

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0854 : COMBLAIN-LA-TOUR : Notre Villa des cigares du Pharaon : Villa Adeline, aujourd’hui.
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0855 : COMBLAIN-LA-TOUR : Notre Villa des cigares du Pharaon : Quelques volutes de métal sur une barrière trop austère et …
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0856 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa des cigares du Pharaon : Villa Adeline, il y a quelques décennies.
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0857 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Adeline : Sous l’occupation.
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0858 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Adeline : Sous l’occupation.
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0859 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Adeline : Villa Adeline.
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0860 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Adeline : Villa Adeline.
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0861 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Adeline : Villa Adeline.

0126 – Revisitons Comblain ( 9 ) : Le camping du Rocher de la Vierge

Le camping du Rocher de la Vierge et la colonie polonaise sont, apparemment, deux univers bien différents.

En effet, ces deux entités semblent appartenir à des mondes bien différents et rien, à première vue, ne justifie que ces deux univers se côtoient. Ils sont non seulement séparés par la rivière, mais aussi par beaucoup d’autres choses. Pourtant des ponts ont existé. Je ne parle pas de pont en pierres ou en béton, mais de pont « bâti » au hasard, des relations d’amitié.

Il faut dire que, quand nous allions à la « Plage », il n’était pas rare de faire un crochet par la buvette du camping. Et en revenant, c’était encore plus fréquent. Du coup, on rencontrait des vacanciers et on sympathisait.

En soirée, certains de ces campeurs ou campeuses faisaient le mur, mais dans le sens inverse de nos propres échappées et venaient nous rejoindre dans notre parc. C’était interdit. Ks Kurzawa s’y opposait formellement, mais pourtant c’était courant. La concentration de jeunes filles et de garçons présents à la colonie agissait un peu comme un « aimant » auprès des jeunes vacanciers avides de rencontres et d’aventure … c’était, en quelque sorte, la loi immuable de l’attraction universelle en version « jeunesse en vacances » ! Et après tout, qu’y avait-il de mal à ça ? Tout cela restait bien bon enfant …

J’ai quand même le souvenir d’une péripétie qui aurait pu tourner assez mal pour moi.

Ce jour-là, le groupe de garçon dont j’étais le moniteur était allé à Hamoir. C’était un exploit. Le reste du temps, ils ne voulaient que suivre les groupes de filles. Il faut que je précise que c’était un groupe de « grands » garçons … j’étais à peine un peu plus âgé qu’eux. Et j’ai vraiment dû insister pour faire une grande balade rien qu’entre garçons. Tout s’était très bien passé. J’étais content de moi.

Au retour, pour récompenser mes gaillards, j’avais promis de payer une tournée générale au camping du Rocher de la Vierge. Évidemment, ils ne l’avaient pas oublié. J’ai dû m’exécuter. Mais ça me faisait plaisir ; ils l’avaient mérité. On s’est donc tous arrêté au bar du camping. J’ai ouvert mon portefeuille et j’ai payé … mais dans l’euphorie, j’ai oublié mon portefeuille sur le comptoir.

Après un ou deux verres, nous sommes rentrés à la colonie. Je n’ai même pas remarqué que j’avais perdu quelque chose. Au camping, par contre, ils avaient retrouvé le portefeuille, et comme nous étions connus – peut-être trop – une des « filles-que-je-connaissais-très-bien » – peut-être trop – s’est proposée de me le ramener. Jusque-là, tout allait bien. Sauf que

En voulant rentrer à la maison polonaise, elle est tombée sur Pan Bardo ! Comme celui-ci refusait qu’elle rentre, elle lui a remis l’objet, gentiment, en disant : « Jean-Pierre l’a oublié chez nous au camping ».

Quelques minutes plus tard, j’étais convoqué dans le bureau de Ks Kurzawa. Le curé et Pan Bardo avaient les mines graves … on pressentait qu’un drame terrible se jouait entre ces murs. Ils m’ont directement assailli de questions … je me retrouvais devant un véritable tribunal d’inquisition : « Que faisais-tu au camping ? Avec qui as-tu passé la journée ? Comment se fait-il que ton portefeuille a glissé de ton pantalon ? Qui est cette fille qui te connaît si bien ? Pourquoi ramène-t-elle tes affaires ? ».

L’affaire était sérieuse, avec la tournure de l’interrogatoire, j’ai vite compris de quoi ils m’accusaient … tout à fait injustement. Le pire, c’est que c’était la première fois de toutes les vacances que le groupe allait là où j’avais dit que nous irions. Pour une fois que c’était la vérité !

J’essayais de me défendre, d’expliquer, mais aucun des deux ne voulait m’entendre. Pour eux, j’avais passé la journée au camping, avec cette fille, et avais perdu mon portefeuille peut-être en tombant mon pantalon ! J’étais horrifié par l’accusation et impuissant à les convaincre de ce qui c’était réellement passé … Ils m’ont dit que pareil comportement était totalement injustifiable et n’appelait qu’une seule réponse : mon renvoi de la colonie ! Cette injustice m’a fait exploser de colère.

Je me suis précipité vers mes garçons à qui j’ai expliqué toute l’affaire. Ils sont tous venus avec moi dans le bureau et tous ensemble, sans aucune exception, ils ont déclaré : « Si Jean-Pierre est renvoyé, nous rentrons tous à la maison ».

Je pense que face à la détermination de mes garçons, face à cet élan de solidarité ; les deux accusateurs ont dû admettre que nous étions sincères. Il n’y a eu finalement aucune suite à cette fâcheuse mésaventure. Le reste des vacances s’est très bien déroulé. Mais, je peux dire que j’ai eu … chaud ! Je n’ai jamais revu la fille du camping et je n’ai pas pu la remercier d’avoir rapporté mon portefeuille oublié … même si cet empressement à rendre service avait failli me coûter cher ….

Et vous, avez-vous des anecdotes inédites, amusantes, cocasses à partager concernant le camping ? Ne me laissez pas tout seul face à ce souvenir cuisant d’une déclaration de culpabilité et d’une condamnation imméritée …  enfin …  cette fois-là !

10/07/2017 – JP Dz

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0825 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.
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0826 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.
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0827 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.
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0828 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.
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0829 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.