0140 – Revisitons Comblain ( 12 ) : le monument de la gare

Une fois le pont de Comblain franchi, nous quittons le quartier « Po d’la » pour nous retrouver dans le quartier de la gare. La première chose qui apparaît sur la gauche, c’est le monument aux héros de la première guerre ( photos 950 et 951 ).

Ce monument – inauguré le 10 août 1919 lors d’une grande fête patriotique – fut élevé par souscription publique des habitants de Comblain-la-Tour, à leurs soldats de la grande guerre.

Aujourd’hui, il est plus sobre qu’à l’origine. En effet, lors de son inauguration, la stèle était encadrée par deux canons allemands bien imposants … prise de guerre des comblinois lors de la retraite des allemands ( photos 952 à 957 ). Évidemment, quand les vaincus de 1918 sont revenus en 1940 … ils les ont récupérés. La stèle est désormais solitaire mais elle n’en porte pas moins le souvenir des disparus avec beaucoup de dignité.

Dommage, je n’ai pas trouvé trace d’un récit qui aurait pu nous éclairer sur cette fameuse prise de guerre par les valeureux habitants de Comblain. Les soldats d’outre Rhin étaient sans doute un peu trop pressés de rentrer chez eux … Dans la grande débandade, leur fameuse organisation habituelle a dû souffrir de quelques « ratés ».

Par contre, il existe un récit précis de l’arrivée des Teutons à Comblain en ce début de mois d’août 1914 et avec le recul, cette histoire paraît même un peu surréaliste … Une fois de plus, ce sont les « Échos de Comblain », véritable encyclopédie rurale, qui ont pris la peine de recueillir les témoignages. Je vous livre ce court récit en remerciant les responsables des « Échos de Comblain » de nous permettre d’en apprendre toujours un peu plus sur un village si cher à nos cœurs.

Vous constaterez, à la lecture de ces quelques lignes ( documents 959 et 960 ), que les villageois étaient réellement courageux et … persuadés qu’ils arrêteraient l’offensive. Ils n’ont, en tout cas, pas manqué d’audace. Tout ce qui pouvait servir à ralentir la marche inexorable de l’ennemi fut utilisé. Des arbres furent coupés et entravaient les routes, des charrettes, des tombereaux, des machines agricoles furent renversées, des herses placées les dents en l’air et des tranchées furent creusées.

Malheureusement, les envahisseurs prirent de pauvres riverains en otage : « Et sous les ordres d’un officier, revolver au point, les obstacles furent enlevés en beaucoup moins de temps qu’il en avait fallu pour les construire … ». J’imagine donc qu’en 1918, les villageois confisquèrent les 2 canons avec un plaisir inénarrable. Et ce n’est sans doute pas un hasard si on a décidé de les placer là, juste devant le pont, et d’avoir pris soin de tourner les fûts en direction de Xhoris, d’où l’envahisseur était arrivé. Il y avait comme qui dirait : « un petit message » au cas où …

Mais si l’histoire des deux guerres avec un grand et un petit « h » est encore bien présente dans les mémoires et demeure inscrite dans la pierre, c’est une page que l’on a tournée pour en écrire une autre … celle de l’ouverture sur le monde, celle de l’amitié profonde et fraternelle avec tous ceux qui ont fait de Comblain leur port d’attache, leur point de chute l’espace de quelques colonies et ce, de quelque côté qu’ils viennent ou repartent !

Ceci dit, nous aussi, nous avions nos « canons » … et nous n’étions pas moins fiers de les exposer autour du monument. Sauf que nos canons à nous, portaient des jupes et étaient parfaitement pacifiques et inoffensifs, encore que ….  ( photo 958 ).

Ce jour-là, autour du monument, il y avait Lodzia Baun ( Madame Paluszkiewicz ), sa sœur Sophie, Bernadette Lachowicz ( ? ) et quelques autres dont le nom m’échappe. Elles étaient entourées de Jean Paluszkiewicz, Alfred Materna, Pierre Front et moi-même. Nous étions « endimanchés » … ça ne vous a pas échappé. En effet, c’était un dimanche matin.

Nous aussi, à notre tour, nous battions en retraite … nous tentions d’échapper … à l’offensive de la messe.

D’ailleurs, après une courte pause devant le monument, nous sommes allés établir notre nouveau quartier général provisoire de l’autre côté du pont … au café « Pimprenelle », chez Pimpim, notre meilleur allié.

16/10/2017 – JP Dz

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0950 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0951 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0952 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare, en 1925.
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0953 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0954 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0955 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0956 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0957 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le monument en face de la gare.
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0958 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le monument en face de la gare : Lodzia Baun ( Madame Paluszkiewicz ), sa sœur Sophie, Bernadette Lachowicz ( ? ) ; ( ? ) ; Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; Alfred Materna ; Pierre Front ; Jean-Pierre Dziewiacien.
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0959 : COMBLAIN-LA-TOUR : Extraits des Échos de Comblain.
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0960 : COMBLAIN-LA-TOUR : Extraits des Échos de Comblain.

 

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0139 – 10 %

J’aimerais revenir, une dernière fois, sur notre week-end de septembre à Comblain, pour éclaircir un mystère. Plusieurs des participants m’ont soutenu mordicus que : « La pente était de 10 % » ! ! ! Ils ont peut-être raison … reste à savoir de quelle pente il s’agit.

Pour essayer de comprendre, je me suis efforcé de visionner, et de re-visionner, les photos du week-end. Après de longues recherches, j’ai dû me rendre à l’évidence … nous avons été confrontés à plus d’une pente. Et comme je suis incapable de savoir laquelle, c’est vers vous que je me tourne pour m’aider à choisir.

À votre avis laquelle des propositions ci-dessous vous paraît la plus judicieuse :

1° la pente « montante » qui partait du Ranch Little Creek ( photo 936 ) ?

2° la pente « descendante » qui partait des hauteurs de Hôyemont vers l’Ourthe ( photo 937 ) ?

3° la pente « double » de l’escalier du perron … point de départ de la promenade ( photo 938 ) ?

4° la pente « fatale » … celle qui nous a poussés tous – dans une espèce de folie collective – à immortaliser ce départ en posant avec des photos des top-modèles polonaises ! ? ! ( photo 939 ) ?

5° la pente de « l’âge qui s’avance » qui nous a obligés à nous arrêter souvent ( photos 940 à 944 ) ?

6° la pente des « limites qui reculent » qui nous force à prévoir des arrêts « pipi » appropriés ?

7° la pente « naturellement polonaise » … celle qui nous conduit instinctivement au bon endroit … c’est-à-dire vers le coffre de la voiture-bar ( photos 945 à 948 ) ?

Moi, je ne sais pas … je vous laisse juges ( photo 949 ).

09/10/2017 – JP Dz

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0936 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « montante » ?
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0937 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « descendante » ?
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0938 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « double » de l’escalier du perron ?
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0939 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « fatale » … en posant avec des photos des top-modèles polonaises ! ? ! ?
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0940 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente de « l’âge qui s’avance » qui nous a obligés à nous arrêter souvent ?
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0941 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente de « l’âge qui s’avance » qui nous a obligés à nous arrêter souvent ?
0942
0942 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente de « l’âge qui s’avance » qui nous a obligés à nous arrêter souvent ?
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0943 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente de « l’âge qui s’avance » qui nous a obligés à nous arrêter souvent ?
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0944 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente de « l’âge qui s’avance » qui nous a obligés à nous arrêter souvent ?
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0945 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « naturellement polonaise » … celle qui nous conduit instinctivement au bon endroit … c’est-à-dire vers le coffre de la voiture-bar ?
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0946 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « naturellement polonaise » … celle qui nous conduit instinctivement au bon endroit … c’est-à-dire vers le coffre de la voiture-bar ?
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0947 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « naturellement polonaise » … celle qui nous conduit instinctivement au bon endroit … c’est-à-dire vers le coffre de la voiture-bar ?
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0948 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? La pente « naturellement polonaise » … celle qui nous conduit instinctivement au bon endroit … c’est-à-dire vers le coffre de la voiture-bar ?
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0949 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens : 10 % ? Je vous laisse juges.

 

0138 – Ks Kurzawa raconté par Ks Kurzawa

Le texte d’aujourd’hui est historique et majeur.

En effet, si personne n’ignorait que Notre Directeur emblématique, Ks Kurzawa, avait « séjourné » dans les camps de concentration durant la guerre, très peu d’entre nous ont entendu le prélat en parler. C’est un sujet qu’il évitait. À titre personnel, je ne l’ai entendu qu’une seule fois évoquer cet épisode si douloureux. Je ne sais plus à quelle occasion, il m’avait expliqué que ses tortionnaires les avaient obligés lui, et ses compagnons d’infortune, à déplacer une montagne de cailloux vers l’autre extrémité du camp. Quand la montagne fut complètement reconstruite de l’autre côté, l’ordre a été donné de la replacer dans l’endroit initial. C’était le mythe de Sisyphe réinventé par les nazis.

Le texte d’aujourd’hui, est un extrait d’un livre : « Biografia byłych więźniów politycznych niemieckich obozów koncentracyjnych » ( Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands ).

Ce livre, de 1974, écrit en polonais et édité aux États-Unis, à Philadelphie, retrace le calvaire de 100 prisonniers des camps de la mort. Chacun d’eux explique, avec ses propres mots et son propre ressenti, ses années de profonde misère. Parmi ces 100 martyrs, il y en a deux que nous connaissons très bien : Ks Kurzawa et Zbigniew Bardo. C’est d’ailleurs extraordinaire que ces 2 personnages, qui ont tant marqué Comblain-la-Tour, se retrouvent ensemble dans pareil ouvrage. On y trouve aussi le témoignage de Józef Zaniewski qui a été actif, après la guerre, au sein de la communauté polonaise d’Anvers. Nous le connaissons sans doute moins – et nous n’arrivons pas à retrouver des membres de sa famille ou de ses amis qui pourraient nous le faire découvrir. Rappelez-vous cependant : au moment de l’achat du domaine de Comblain-la-Tour, il a fait un prêt d’une durée de 15 ans pour un montant de 100.000 FB. ( voir document 60 du blog « Anciens de Comblain » daté du 2 mai 2016 ).

Une fois de plus, c’est notre ami André Karasinski qui a traduit ce texte si précieux. Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ces quelques mots d’André quand il m’a transmis sa traduction :

« Bonjour Jean-Pierre, comme toi, j’ai été ému et bouleversé en lisant le témoignage de Ks Kurzawa ; mais aussi déconcerté, décontenancé. Sa narration est à la fois très dure, car les événements qu’il a vécus ont été atroces et remplie d’espoir et de confiance dans l’avenir. Que dire de l’humour qui ne l’a pas quitté dans ces moments où beaucoup ont plongé dans le désespoir le plus profond. Cet humour et sa foi en la bonté de Dieu l’ont aidé à surmonter l’insurmontable. Sur les plans intellectuel et humain, ce texte est un des plus beaux qu’il m’a été donné de lire… Je vais m’attaquer à la traduction du récit de Zbigniew Bardo. Il donne une autre vision de la même expérience de vie traumatisante. Les deux ressentis s’entrecroisent, se rejoignent, se complètent. Ils doivent être portés tous les deux à la connaissance des Anciens de Comblain. Alors qu’ils auraient pu se refermer sur eux en maudissant le genre humain, nos deux devanciers courageux et exemplaires se sont dévoués pour leur communauté et particulièrement pour sa jeunesse. Et nous avons profité du fruit de leur travail. Amitiés. André ».

Je me dois d’ajouter que ce témoignage unique nous a été confié par Géniu Perzyna. En effet, si ce livre a été offert par l’éditeur à chaque co-auteur, Ks Kurzawa a offert son exemplaire à Géniu. Merci à lui pour cette découverte.

Voici donc le texte écrit par Ks Kurzawa. C’est Ks Kurzawa raconté par Ks Kurzawa.

Il y explique son calvaire, l’assassinat, par les allemands, de son propre frère et aussi comment il a commencé, dans sa tête à construire l’église qui sera érigée à Ressaix quelques décennies plus tard.

Ce texte est plus long que d’habitude … mais comment aurions-nous pu l’interrompre ?

Le 02/10/2017 – André Karasinski et Jean-Pierre Dziewiacien

Bribes de souvenirs … par le Père Bolesław Kurzawa – Belgique

J’ai dû me faire violence pour écrire quoi que ce soit sur les camps de concentration.

En effet, se remémorer implique de retourner vers ces lieux horribles, vers ces temps et ces gens à la frontière de l’inhumain. De revenir, en outre, en costume rayé et redevenir un numéro anonyme avec lequel on remplit un bloc, une unité de travail et que l’on dénombre lors de la distribution d’un maigre bouillon qui ne nourrit pas … Et pourtant, lorsque j’étais au camp, je brûlais du désir de faire connaître au monde tout ce qui s’y passait.

Dès la fin de la guerre, la Pologne a connu une des occupations parmi les plus épouvantables et les plus barbares mais la nation ne fut pas vaincue.

7 novembre 1939. Au retour d’une tentative d’exode en direction de Varsovie – Lublin, je me suis retrouvé à Włocławek avec un petit groupe de séminaristes. A l’exception de la bibliothèque, tous les bâtiments du séminaire étaient occupés par l’armée allemande. Nous logions dans la bibliothèque. Nous avions entamé le sauvetage des livres en les transportant en un lieu sûr car les Allemands avaient commencé à les brûler dans la cour intérieure. Nous avions travaillé jusqu’au soir dans la poussière, la transpiration perlant sur nos fronts, afin de terminer le travail au plus vite et sauver ainsi les œuvres les plus précieuses de l’inestimable bibliothèque des abbés Chodyński.

Ce jour-là, au matin, Monseigneur l’évêque Michał Kozal et le Père recteur Dr Korzyński avaient obtenu des autorités allemandes l’autorisation d’entamer une année académique au séminaire. Le soir de ce même jour, à 21 heures, nous avons tous été arrêtés : séminaristes, professeurs, l’évêque, les prêtres de Włocławek. On nous a donné 15 minutes pour faires nos bagages ! Seule recommandation des auxiliaires de police : emporter valeurs et argent liquide.

« Et les couvertures ? » demandons-nous,
« Vous pouvez» nous répond-on.
« Motif de notre arrestation ?»
« Vous partez en formation».
« Où ?»
« On ne sait pas».

C’est à ce moment-là que m’est revenu à l’esprit le proverbe appris par cœur au cours de langue allemande : « Wer einmal lügt, dem glaubt nicht, wenn er auch die Wahrheit spricht » ( traduction : On ne croit pas un menteur même lorsqu’il dit la vérité ). Ainsi donc, pensais-je, ceux qui ont menti ce matin, ne disent probablement pas la vérité ce soir.

Exactement 15 minutes plus tard, escortés par la police allemande, nous sortîmes du séminaire. En passant devant la chapelle, le groupe s’agenouilla et pria dans un grand recueillement. Ce fut un assaut vers le ciel et un appel vibrant à l’Aide divine. Après cette courte prière, naquit en moi une grande confiance dans la divine Providence ainsi qu’une paix profonde ; j’aurai suffisamment de force pour supporter le plus dur.

Un peu plus tard, la porte de fer de la prison de Włocławek se referma sur nous. On ne peut décrire par des mots ce que ressent un individu dont le seul fait d’être Polonais, prêtre, d’aimer son pays et son peuple, de les servir honnêtement, devient subitement une faute.

Chaque crissement de la clef ouvrant ou fermant la porte de notre cellule ravivait et renforçait le sentiment que la dignité humaine et que les droits humains les plus élémentaires étaient bafoués. Nous étions entassés à une cinquantaine dans l’ancienne chapelle, petite et vide, de la prison. Nous dormions à même le sol ; les manteaux servaient de couverture et la couverture, pour celui qui l’avait emportée avec lui, faisait office de couchage. Après plusieurs jours, nous reçûmes un peu de paille. Mgr Kozal était dans une cellule séparée.

Dans le registre de la prison, notre groupe était qualifié de « Sicherheitsschutzgefangenschaft » ( traduction : Détention pour des raisons de sécurité et de protection ). Que signifiait cette longue expression ? Selon l’explication sophistiquée de l’agent pénitentiaire, cela signifiait que s’il se passait quelque chose à Włocławek le 11 novembre, nous serions alors en sécurité sous la protection du Reich !

La vérité était tout autre : nous étions des otages et s’il advenait quelque chose lors de la fête du 11 novembre, nous serions fusillés. Du reste, le 11 novembre de nombreuses exécutions nocturnes eurent lieu dans la prison de Włocławek.

Au travers des fenêtres de notre prison, nous observions les mouvements des trains et voyions comment les Allemands pillaient la Pologne ainsi que le nombre de choses que, durant des mois, ils s’autorisèrent à emporter.

De tristes nouvelles nous parvenaient de la ville : la terreur y faisait rage. La population polonaise ne pouvait utiliser les trottoirs, elle devait marcher au milieu de la rue. L’usage de la langue polonaise était interdit. L’édition de livres et la parution de la presse étaient également prohibées ; les écoles polonaises étaient fermées. Les instituteurs étaient arrêtés. Seul paraissait un magazine allemand : « Leslauer Bote ».

Le quartier le plus pauvre « Grzywno » avait été détruit par le feu. La population était maltraitée et emprisonnée sans raison. On racontait aussi comment un groupe de personnes amenées dans la cour de notre prison furent alignées contre le mur, furent battues et obligées de se cogner la tête contre le mur … Des photos de ces événements paraissaient dans les journaux allemands avec la légende : « polnische Verbrecher » ( traduction : Criminels polonais ).

Le 16 janvier 1940, la température était très basse, une tempête de neige faisait rage. On nous a transférés à l’abbaye cistercienne des pères Salésiens à Ląd. Nous y fûmes internés et coupés du monde ; nous étions privés de liberté mais avions, au moins la possibilité de poursuivre nos études. Nous recevions par différents canaux des nouvelles du diocèse et du monde. Subitement, après la Fête-Dieu, un messager secret apporta à Mgr  l’évêque la nouvelle de l’exécution à Osięciny, dans la nuit du 23 mai, de deux prêtres: mon propre frère Józef et le chanoine Matuszewski. Apparemment, leur seul crime avait été l’organisation la procession de la Fête-Dieu à l’extérieur de l’église. Ce fut pour moi un choc très douloureux.

Le 26 août, jour de la fête de Notre-Dame de Częstochowa, notre séjour « bucolique » à Ląd prit fin de manière surprenante. Au matin, subitement, nous vîmes apparaître des SS enragés. Des voitures noires, semblables à des corbillards, s’arrêtèrent près du bâtiment. Comptage. Deux personnes manquent à l’appel. Menaces d’exécution.

Très vite, nous nous sommes retrouvés dans le camp de transition de Szczeglin, près d’Inowrocław.

Trois jours derrière les barbelés. A nouveau on nous a fait part des sévices atroces qu’on fait subir les colons allemands aux personnes arrêtées et envoyées au travail forcé. Pour le moindre manquement, voire même sans raison, les gardiens frappaient avec des triques en noisetier. Ceux que l’on achevait à coups de bâton étaient enterrés dans le jardin. J’ai pensé à m’évader mais ce n’était pas envisageable et encore moins possible.

Le 29 août, nouveau départ vers l’inconnu : à pied jusque Inowrocław, puis en train jusque Berlin.

Les SS  se comportaient avec nous de façon  de plus en plus brutale. De Berlin, on nous a envoyés plus loin,  dans des voitures noires ornées d’une tête de mort. Mais où allons-nous ? Où allons-nous ? En cours de route nous déchiffrons l’inscription sur un poteau indicateur : Oranienburg. Ensuite un bois. Dans le bois, des baraquements. Les voitures s’arrêtent. Qu’est-ce que c’est ? Nous n’en croyons pas nos yeux. « Koncentrazionslager Sachsenhausen ». Porte cochère métallique surmontée par l’inscription : « Arbeit macht frei » ( Traduction : Le travail rend libre ). Est-ce vrai ? Un camp de concentration ? Pour quel motif ? Pour quel motif ? Et qu’est-ce qu’un camp de concentration ?

Sous les coups et les cris des gestapistes : « los, los », nous entrâmes dans un camp de baraquements extrêmement propre. Cet ordre et cette propreté contrastaient de manière choquante avec ce qui s’y passait. Oui, même l’ordre et la propreté peuvent mentir !

C’était la nuit. Le camp était fortement éclairé. Les prisonniers dormaient déjà. En ce moment, ils étaient au moins libres en songe ! On nous a emmenés dans notre baraquement via la place d’Armes, immense et vide. Nous avons pu remarquer sur cette place les allers-retours effectués en courant par des prisonniers en costume rayé, les coursiers « Läufer ». Il fallait toujours traverser la place en courant – « im Laufschritt ». Lorsque je vis ces prisonniers-coureurs, j’eus l’impression qu’ils étaient fous. Nous reçûmes de la soupe du camp, soupe que personne ne but.

Le deuxième sentiment désagréable ressenti au camp le fut à la vue des gens tirant des charrettes – image parfaite de l’esclave du XXe siècle. Par la suite, je ressentis beaucoup d’autres émotions, ô combien horribles.

Le camp fut une réinvention de la machine à déshumaniser l’homme, un procédé complexe de fabrication d’une mentalité d’esclave. Tout ce qui s’y passait était subordonné au principe suivant : l’homme est un numéro, sans aucune valeur. Ici, on lui retirait tout : son nom, ses vêtements, ses effets personnels et le droit à un traitement humain. La faim constante, le froid, le travail souvent absurde et les chicaneries continuelles ainsi que l’incertitude liée au sort faisaient partie intégrante des journées sombres du prisonnier.

L’hôpital, appelé « rewir – le quartier » faisait aussi partie du système hypocrite du camp. On y soignait les blessures, on y mesurait la fièvre provoquée par la faim, le froid, le travail éreintant, les coups, … Et en même temps, c’était là que l’on constatait le bon fonctionnement de l’appareil de destruction des gens.

La seule admission au « quartier », à condition d’avoir de la fièvre ou d’être blessé, se déroulait selon un cérémonial qui, pour nous les prisonniers, était amusant. Après l’appel du matin, les malades étaient conduits en colonne. Ils attendaient dans le froid, la pluie et le gel, debout pendant des heures, quel que fût le temps. Et le froid à Sachsenhausen était intense ! Outre les prisonniers, les infirmiers, des médecins SS exerçaient à l’hôpital. Ils arrivaient plus tard. A leur arrivée, les ordres tombaient : Achtung ! Kehrt um ! Mützen ab ! Garde à vous ! Demi-tour ! Otez vos bonnets ! Comme ils interdisaient aux prisonniers de les regarder, les malades leur rendaient donc les honneurs en leur tournant le dos, avec mépris. Cette cérémonie nous causait beaucoup de satisfaction. Pour un instant, elle nous exaltait littéralement. Nietzsche y aurait trouvé une illustration parfaite pour son « Umwertung aller Werte » ( Traduction : Renversement ( ou réévaluation ) des valeurs ou encore transvaluation de toutes les valeurs ).

En nous imposant un travail pénible, inutile souvent et improductif, on nous détruisait physiquement et moralement. Ainsi, en automne 1940, on nous a obligés à porter une brique, les bras tendus, d’un endroit à un autre. Interdiction absolue d’alléger la tâche de quelque manière que ce soit en utilisant un fil ou un bout de ficelle ou en plaçant du papier. Toute la colonne de prêtres, entourée de gardiens, se déplaçait lentement, pas après pas, dans la pénombre. Sous les effets combinés de la fatigue et du froid, les mains s’engourdissaient, défaillaient, tout le corps, à peine protégé par le treillis à rayures, se raidissait. Une question nous obsédait : « Pourquoi faisons-nous cela ? ». Nos tortionnaires le savaient : c’était du mépris, de la torture mentale ! Afin de ne pas me soumettre à cette ineptie, afin de me calmer, de ne pas me révolter, je cherchais ma propre réponse, ma raison d’être.

Je l’ai trouvée grâce à mon imagination et ma réflexion : «  Avec cette brique que tu portes dans tes mains, tu bâtis une belle, une superbe église en action de grâce pour ton salut. Manqueras-tu de force pour la réalisation d’une telle œuvre ? ». Et toute la journée, en pensée, j’étais libre … Je faisais ce qu’on me disait de faire au camp mais dans un autre but, fictif en réalité, mais choisi par moi. Et cet objectif, pour un temps, a mobilisé toutes mes ressources dans le seul but de survivre.

Un peu avant la Noël est arrivé l’ordre de transférer tous les prêtres à Dachau. « Comment cela va-t-il se passer là-bas ? ». Mais le plus important, en ce moment, c’était que quelque chose changeait dans nos vies. Lorsque le 14 décembre notre train s’arrêta à la gare de Dachau, nous confiâmes notre sort futur entre les mains de la Mère de Dieu. À la stupéfaction des SS et de la population locale, de plusieurs centaines de poitrines jaillit le cantique « Serdeczna Matko » ( Mère Affectueuse ), Et à nouveau nous fûmes face à la porte cochère surmontée de la même inscription qu’à Sachsenhausen : « Arbeit macht frei ».

De l’autre côté de la porte, c’était plus ou moins la même chose, à l’exception du climat qui me paraissait plus supportable et de l’organisation du camp dont le fonctionnement interne dépendait de communistes allemands et de prisonniers de longue date qui, pour certains, avaient connus les débuts des camps en Allemagne. Nous retombâmes dans le système retors et hypocrite du recensement et des mensonges. Nous venions d’arriver et on s’inquiétait déjà de la cause de la mort à communiquer à nos familles si notre carrière de prisonnier devait s’achever ici. On nous pèse, et comment ! Ce n’est pas pour cela qu’on nous donnera une ration supplémentaire de pain s’il nous manque quelques kilos. On nous mesure. On définit même notre type anthropologique. Ensuite, des lèvres des bureaucrates SS, fusent les questions suivantes : « De quelles maladies avez-vous souffert ? A quelles maladies êtes-vous sujet ? Quelles sont les maladies infantiles dans votre famille » …

On m’a attribué le numéro 22.817. Au début, tous les prêtres, et puis, presque tous les prêtres, ont été affectés aux tâches les plus dures et les plus difficiles « dans les plantations ». Personnellement, le sort m’a un peu souri par la suite car pendant un temps j’ai travaillé dans la menuiserie, « à l’intérieur », ce qui était le rêve de chaque prisonnier.

Dans ce camp également, le travail était planifié pour épuiser et exterminer physiquement et moralement mais après la déroute de Stalingrad, il a été décidé d’exploiter nos forces pour un travail productif et utile.  Nous devions à ce fait providentiel l’autorisation de recevoir des colis en provenance de nos familles. Mais après un certain temps, les colis aussi disparurent. Et s’ensuivirent, à nouveau, une grande famine, le typhus, des jours de grande terreur.

Les gens tombaient comme des mouches et parmi eux des personnes de grande valeur : le séminariste Tadeusz Dulny, le prêtre Frelichowski, l’évêque Kozal, le prélat Kaczorowski, … et beaucoup, beaucoup d’autres. En général, de nombreux intellectuels polonais périrent à Dachau.

Si, d’une part, nous étions effarés par la rapidité avec laquelle les gens périssaient, nous étions étonnés, d’autre part, par les résistances morale et physique miraculeuses d’un grand nombre de prisonniers face à tout ce qu’ils subissaient au camp.

La dernière période de notre vie à Dachau a été très dramatique. La guerre touchait à sa fin. Le front se rapprochait. La liberté approchait et notre vie était très incertaine et menacée. « Qu’est ce qui nous attend ?  Soit nous allons périr pendant l’évacuation du camp, soit les SS vont nous exterminer dans le camp avant de se rendre ». Des évacuations fictives furent organisées. Nous, les prêtres, célébrâmes une neuvaine à Saint-Joseph. Le dernier jour de la neuvaine tombait le dimanche 29 avril 1945. Ce fut le jour de notre libération.

Ks Kurzawa

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0930 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Couverture.
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0931 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Exemplaire de Ks Bolesław Kurzawa.
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0932 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Comité de rédaction.
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0933 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Page 140 : Ks Bolesław Kurzawa.
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0934 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Page 141 : Ks Bolesław Kurzawa.
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0935 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Page 142 : Ks Bolesław Kurzawa.

 

Śpiewnik – 081 – Czyja ta dziewczyna

https://www.youtube.com/watch?v=aImSJEJai7Y

https://www.youtube.com/watch?v=eoqMkGpbqdw

Czyja ta dziewczyna
Co po wodę idzie
Ładnie się ubrała
Pewnie moją będzie.

Czyja ta dziewczyna
Czyja ta, czyja ta
Com ja do niej chodził
Trzy zimy, trzy lata.

Czy pamiętasz, dziewczę
Jak żeś szła z kościoła
Jam ci się zapytał
Czy ty będziesz moja.

Czy pamiętasz, dziewczę
Coś mi powiedziała
Jak mama pozwoli
To mnie będziesz chciała.

Czy pamiętasz, dziewczę
Jak my się poznali
Jak my se pierwszy raz
Buziaka dawali.

 

0137 – Comme prévu …

Comme prévu … nous avons écrit ensemble, ce week-end, une nouvelle page de notre histoire commune à Comblain-la-Tour.

Comme prévu … le temps était sublimissime. Il a plu durant un mois, juste avant … il pleuvra sans doute dans quelques heures … mais pour nous – comme d’habitude – c’était de nouveau l’été. Je pense que le soleil aussi est nostalgie. Il n’a pas oublié combien il nous a accompagnés jadis et à quel point c’était agréable, même pour lui.

Comme prévu … l’ambiance était excellente. Nous n’avons pas connu l’ombre d’un problème. Ce n’était que du plaisir.

Comme prévu … on a bien mangé, beaucoup bu, bien chanté, beaucoup ri.
Comme prévu … la balade nous a enthousiasmé … suffit de voir les photos …

Comme prévu … l’ognisko était parfait. Les flammes du feu et celles de nos cœurs se sont élevées dans l’obscurité au rythme des chansons que nous avons enchaînées.

Comme prévu … nous avons inauguré la toute nouvelle « Ulica Pana Jana ». Pan Jan a dû se réjouir de l’hommage, et quelque chose me dit qu’il n’est pas étranger au fait que notre canon de « Panie Janie », au pied du panneau portant son nom, était si réussi.

Comme prévu … nous avons procédé à l’élection de « Miss Polonia 2017, vu de Comblain ». Celle qui a recueilli le plus de suffrages est Agnieszka Cegielska ; les deuxième et troisième sont Anna Draganska et Magda Molek. Et comme prévu … nos épouses et compagnes se sont juré de se venger en organisant, dès l’année prochaine, un concours similaire, mais cette fois pour élire le « Mister Polonia ».

Et enfin, comme prévu … quand l’heure de rentrer à la maison a sonné … c’est avec un pincement au cœur que nous nous sommes quittés en se jurant qu’on reviendrait.

Devant le drapeau, j’ai rappelé à tous que pour nous, « l’essentiel », c’est Vous.

Sans Vous, rien de tout ça n’existerait. Les Anciens de Comblain, c’est avant tout : VOUS.

Vous, qui étiez là, sur ce terrain de volley que nous avons tant piétiné ensemble, mais Vous aussi, qui n’êtes pas venus cette année, mais qui étiez là l’année passée ou l’année d’avant, ou qui serez là l’année prochaine.

C’est Vous aussi, qui nous aidez au quotidien, en écrivant des articles, en corrigeant les miens, en traduisant les textes en polonais, en néerlandais ou en allemand, en cherchant des photos, pour les partager, en nous aidant à reconnaître qui est présent sur ces photos, en réalisant des vidéos de nos rencontres, en nous suggérant des anecdotes et des thèmes à explorer, ou en contribuant à mettre de la vie et de l’ambiance sur Facebook.

Vous enfin, qui simplement nous suivez et nous donnez l’envie de continuer.
Sans Vous …

25/09/2017 – JP Dz

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0918 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0919 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0920 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0921 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0922 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0923 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0924 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0925 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0926 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0927 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0928 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.
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0929 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Week-end des Anciens.

 

Śpiewnik – 080 – Tam nad Wisłą

https://www.youtube.com/watch?v=ebRRoZF9rsk

Tam nad Wisłą w dolinie siedziała dziewczyna,
Była piękna jak różowy kwiat.
Tam nad Wisłą w dolinie siedziała dziewczyna,
Była piękna jak różowy kwiat.
Kwiaty i róże zbierała co dzień.

Wiła wianki i wrzucała je do falującej wody,
Wiła wianki i wrzucała je do wody.
Wiła wianki i wrzucała je do falującej wody,
Wiła wianki i wrzucała je do wody.

A gdy ona nad Wisłą swe wianki wiła,
Przyszedł do niej rycerzyk młody.
A gdy ona nad Wisłą swe wianki wiła,
Przyszedł do niej rycerzyk młody.
Miła, ach miła, chodź ze mną we świat!

Wiła wianki i wrzucała je do falującej wody,
Wiła wianki i wrzucała je do wody.
Wiła wianki i wrzucała je do falującej wody,
Wiła wianki i wrzucała je do wody.

Nie minęło nic więcej jak dziewięć miesięcy,
Stoi ona nad Wisłą, płacze.
Nie minęło nic więcej jak dziewięć miesięcy,
Stoi ona nad Wisłą, płacze.
Miłość ach miłość zdradziłaś ty mnie.

Wiła wianki i wrzucała je do falującej wody,
Wiła wianki i wrzucała je do wody.
Wiła wianki i wrzucała je do falującej wody,
Wiła wianki i wrzucała je do wody.

0136 – Mijn Jamboree 1982

door Elisabeth Rozenski :

In 1982 vond in Comblain-la-Tour een belangrijk evenement plaats … een Jamboree.

Het woord Jamboree, dat door Baden-Powell werd gebruikt, duidt op een bijeenkomst van scouts. De bedoeling van een Jamboree is om met een geweldig feest de scouts van heel de wereld rond een en hetzelfde vuur, symbool van de grote verbondenheid tussen de scouts, te verenigen. In juli 1982, organiseerde de ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego, vereniging van Poolse scouts buiten Polen ) zijn Jamboree, die gehouden werd in … Comblain-la-Tour.

Mijn Jamboree 1982 door Elisabeth Rozenski :

Tijdens de zomerkolonie van juli 1982 werden de voorbereidingen volop getroffen voor de jamboree van Poolse scouts ( buiten Polen ) ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego ) in Comblain-la-Tour.

Ik was dat jaar monitrice van de oudste groep meisjes ( van 11 tot 14 jaar ). Ook Irena Malek was in Comblain en het was vooral zij die vond dat er ook een Belgische groep scouts op de jamboree niet mocht ontbreken. Doch in die tijd bestonden er geen actieve groepen Poolse scouts in België meer, dus begon het idee te groeien om zelf een groepje op te richten.

Al snel hadden we een aantal meisjes uit mijn groep warm gemaakt om samen het scoutsleven te verkennen. Irena had ergens patronen en stof vast gekregen om uniformen te ontwerpen en eenmaal thuisgekomen zetten we onze moeders aan het naaien om er als een volwaardige scout de jamboree te kunnen meemaken.

Het resultaat mocht er zijn : we vormden uiteindelijk een groepje met een 20-tal leden. Op de foto herken ik Elzbieta en Danuta Osiadacz, Carine Malek ( dochter van Irena ), Monika Kurek, Cécile Danielewski, Elisabeth ( achternaam Kciuk ? ) van Luik. Ik denk dat er ook een paar van Frankrijk of Duitsland zich bij onze groep hadden aangesloten.

Anderzijds zocht men nog vrijwilligers voor de logistiek zoals de bedeling van het water op het scoutskamp. Hiervoor hadden een aantal monitoren zich kandidaat gesteld nl. Piotr Rozenski, Heniek Zapalowski, Georges Załobek, Richard Chwoszcz.

Uiteraard sliepen en leefden we de hele tijd als echte scouts in tenten op het scoutskamp. Het ontbijt was een Engels ontbijt ( spek met eieren, bonen, Cornflakes… ) daar het merendeel van de scouts uit Engeland kwam. Het toilet was een afbakening in het bos, met in het midden een diep gat.
We kregen een spoedcursus in morse tekens en sjorren. Ieder kreeg een totemnaam, maar ik herinner mij niet meer dewelke.

Het weer viel toen niet echt mee. Het had veel geregend. We hadden moeite om onze kleren droog te houden. Gelukkig hadden we de juiste connecties in het huis beneden ( Rue du Parc ), zodat we daar terecht konden om ons op te warmen aan een tas soep, te douchen en ook niet onbelangrijk, naar een deftige toilet te gaan.

Wat mij het meest is bijgebleven zijn de kampvuren. Iedereen zong vol passie mee en vooral het lied « Góralu czy ci nie żal » was een « kippevel »-moment. Dit lied werd opgedragen aan de toenmalige Poolse paus Karol Wojtyła, die als echte « góral » zijn vaderland verlaten had om paus te worden in Rome.

Op een zondag was het bezoekdag en werd er een groot kampvuur georganiseerd samen met de lokale bevolking. Wij hadden ons toen verkleed als de boerinnekes van destijds. Kleren die we trouwens van de plaatselijke bewoners gekregen hadden. Wij kregen toen hoog bezoek namelijk van de bisschop Szczepan Wesoły.

Verder hebben wij ook een aantal uitstappen gedaan zoals naar een militair kerkhof nabij Arnhem waar ook Poolse soldaten begraven liggen.

Op een bepaald moment was er ook iets te doen op het voetbalveld in Comblain. Op de foto’s te zien moesten we toen stickers proberen te verkopen.

Het werd een onvergetelijke vakantie. Achteraf hebben we nog de eed afgelegd tijdens het jaarlijkse scoutsweekend, dat plaats had in september in Comblain. Maar dat was dan meteen ook een afsluiter en einde van mijn scoutservaring.

18/09/2017 – Elisabeth Rozenski

Et voici la traduction par Piotr Rozenski :

En 1982, à Comblain-la-Tour s’est déroulé un évènement considérable … un Jamboree.

Le mot Jamboree, utilisé par Baden-Powell, désigne un rassemblement de scouts. Le Jamboree se veut être une fête extraordinaire, rassemblant tous les scouts du monde, autour d’un même feu, symbole de la grande fraternité scoute. En juillet 1982, le ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego, l’association des scouts polonais hors Pologne ) a organisé son Jamboree qui se tiendra à … Comblain-la-Tour.

Lors de la colonie de juillet 1982, le ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego, scouts polonais hors Pologne ) avait entamé les préparatifs pour leur jamboree qui allait se tenir à Comblain-la-Tour.

Cette année-là, j’étais monitrice des filles ainées ( 11-14 ans ). Irena Malek s’est également retrouvée à Comblain et c’est surtout elle qui était d’avis qu’un groupe de scouts belges devait être présent au jamboree. Comme à l’époque, en Belgique, il n’existait plus d’unités de scouts polonais actives, l’idée a commencé à germer de créer notre propre groupe.

Nous avons vite réussi à enthousiasmer plusieurs filles de mon groupe pour explorer ensemble la vie de scouts. Irena a trouvé quelque part des modèles et des tissus pour fabriquer des uniformes. Rentrées à la maison, nous avons mis nos mères à la couture afin qu’on puisse participer au jamboree en vrais scouts.

On n’avait pas à rougir du résultat. Finalement on a pu constituer un groupe d’une vingtaine de membres. Sur la photo je reconnais Elzbieta et Danuta Osiadacz, Carine Malek ( fille d’Irena ), Monika Kurek, Cécile Danielewski, Elisabeth ( Kciuk ? ) de Liège. Il me semble que plusieurs filles de France ou d’Allemagne sont venues renforcer l’équipe.

Par ailleurs, on cherchait encore des candidats pour effectuer des tâches logistiques, comme la distribution de l’eau dans les camps de scouts. Plusieurs moniteurs se sont portés volontaires : Piotr Rozenski, Heniek Zapalowski, Georges Załobek, Richard Chwoszcz.

Il va de soi qu’en vrais scouts, on dormait et on vivait dans des tentes qui avaient été montées dans un des camps de scouts. Comme une bonne partie des participants venait du Royaume-Uni, le matin on nous servait un English breakfast ( œufs avec bacon, haricots, Cornflakes… ). Pour les toilettes, ils avaient aménagé une espèce d’enclos dans les bois, avec un grand trou au milieu.

On a eu droit à un cours accéléré en morse et en travaux de pionnier, on a tous reçu un nom de totem, mais je ne me rappelle plus lequel.

La météo n’était pas vraiment au beau fixe. Il avait beaucoup plu et on avait du mal à garder nos vêtements au sec. Heureusement nous avions de bonnes relations avec le château ( Rue du Parc ), où on pouvait se réchauffer avec un bol de soupe, prendre une douche et, chose importante, aller aux toilettes dignes de ce nom.

Ce qui m’a le plus marqué l’esprit, c’est les feux de camp. Tout le monde chantait en se donnant à fond, surtout la chanson « Góralu czy ci nie żal » était à chaque fois un moment d’émotion intense. Cette chanson était dédiée au pape polonais de l’époque, Karol Wojtyła, qui, étant un vrai « góral », avait quitté sa patrie pour devenir pape à Rome.

Un dimanche – c’était le jour des visites – un grand feu de camp a été organisé avec la population locale. A cette occasion on s’est déguisées en paysannes d’antan, avec des habits qu’on a reçus des habitants du village. Un des dignitaires invités n’était pas moins que l’évêque Szczepan Wesoły.

On a participé à plusieurs excursions avec entre autres une visite au cimetière militaire d’Arnhem où se trouvent plusieurs tombes de soldats polonais. A un moment donné, il y avait un évènement sur le terrain de foot de Comblain. Comme on peut le voir sur une des photos, on était missionnés pour vendre des autocollants.

Bref, c’étaient des vacances inoubliables. Après coup, en septembre, on a prêté serment lors d’un weekend de scouts organisé à Comblain. C’était une dernière expérience et en même temps la fin de ma carrière de scout.

18/09/2017 – Elisabeth Rozenski

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0906 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : L’affiche officielle.
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0907 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : In het midden : Claudia ( ? ) ; zittend : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; ( voor hen : Carine Malek ) ; Irena Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski. Au milieu : Claudia ( ? ) ; assises : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; ( devant elles : Carine Malek ) ; Irena Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski, aumônier auprès des colonies des Ecole polonaises libres à Comblain ( à l’époque l’Aumônier faisait automatiquement partie du Comité de Direction ) et aussi aumônier des Scouts polonais.
0908
0908 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : In het midden : Claudia ( ? ) ; zittend : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; Irena Malek ; Monika Kurek ; Carine Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski. Au milieu : Claudia ( ? ) ; assises : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; Irena Malek ; Monika Kurek ; Carine Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski.
0909
0909 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; Irena Malek ; ( ? ).
0910
0910 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Elisabeth Rozenski ; Piotr Rozenski ; Cécile Danielewski ; Heniu Zapalowski.
0911
0911 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Mgr Szczepan Wesoły.
0912
0912 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : A l’accordéon, Mr Wacek Bień ; Georges Załobek ; Heniu Zapalowski ; Piotr Rozenski ; ( ? ).
0913
0913 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : ( ? ) ; Irena Malek ; Lucie ( Nieduziak ? met vaandel ) ; ( ? ) ; Elisabeth Rozenski ; Monika Kurek ; Cécile Danielewski ; Carine Malek ; ( ? ). ( ? ) ; Irena Malek ; Lucie ( Nieduziak ? avec le drapeau ) ; ( ? ) ; Elisabeth Rozenski ; Monika Kurek ; Cécile Danielewski ; Carine Malek ; ( ? ).
0914
0914 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Cécile Danielewski ; Irena Malek ; Danusia Osiadacz ; Monika Kurek ; Elisabeth Rozenski.
0915
0915 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Cécile Danielewski ; Elisabeth Rozenski.
0916
0916 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Elisabeth Rozenski.
0917
0917 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : ( rechtstaand ? ) ; Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski. ( debout ? ) ; Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski.