0278 – Müller ou Miller ?

Dans le cadre des grandes énigmes de notre petite histoire, nous vous proposons aujourd’hui de participer, avec nous, à élucider un mystère … Comme vous pouvez le constater, il y a un personnage qui apparaît sur toutes les photos en annexe Vous le reconnaissez … évidemment. Sa bouille ronde et son air débonnaire sont reconnaissables par tous les Polonais … surtout que ce prêtre avait comme on dit « la bougeotte » et a pratiqué son apostolat dans différentes régions de Belgique et de France ainsi qu’au Grand-Duché de Luxembourg. MAIS comment s’appelait-il exactement « Ks Müller » ou « Ks Miller » ? C’est précisément l’objet de l’énigme !

Si on vous pose la question, c’est que nous aussi nous nous la posons ! Et la réponse n’est pas si évidente que ça. Pour tout vous dire, nous sommes deux à nous être penchés sur le problème et nous ne sommes même pas d’accord entre nous ! C’est dire à quel point nous avons besoin de votre arbitrage. Merci d’avance. Mais écoutez d’abord nos arguments :

André Karasiński, en parfait scientifique, a rassemblé des données précises sur la vie d’Augustyn Müller ( avec un tréma sur le « ü » ). Parmi ses sources, il y a le livre écrit par Ks. Józef Szymański et intitulé :

« Duszpasterze Polonii i Polaków za granicą » ( Les pasteurs de la communauté polonaise et des Polonais de l’étranger ), dont voici l’extrait correspondant à notre brave curé :

« Müller Augustyn – Prêtre de la Congrégation des Missionnaires Oblat de Marie Immaculée ( OMI ).

Il est né le 3 août 1909 à Szalej Śląski. Fils d’Antoni et d’Emma née Wojsa. De 1923 à 1929, il fréquente le petit séminaire oblat de Lublin. Ensuite, il commence son noviciat à Markowice et prononce ses premiers vœux religieux le 15 août 1930. Entre 1930 et 1932, il étudie la philosophie à Krobi et Obrze, puis, au séminaire des Oblat Notre-Dame des Lumières en France de 1932 à 1936. Il est ordonné prêtre le 30 juin 1935 par l’évêque d’Avignon. En mai 1936, il retourne en Pologne et devient professeur de français au Petit Séminaire de Lublin.

 Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Lublin le 28 janvier 1940, avec les séminaristes oblats. Il se rend d’abord en Italie, puis en France le 31 mai 1940. Le 5 août, il est redirigé vers l’école de Saint-Foy-lez-Lyon. À sa propre demande, il reçoit l’autorisation de s’occuper des Polonais dans la région de Carmaux, près de Toulouse, où il séjourne de 1941 à 1946. Il devient prêtre à l’Abbaye-de-Cendras de 1946 à 1948.

 Du 8 avril 1948 au 3 décembre 1952, il travaille parmi les Polonais au Grand-Duché de Luxembourg. Puis, pendant trois ans jusqu’au 6 juillet 1955, il travaille parmi les mineurs polonais dans la région d’Hautrage-Etat ( Borinage ) en Belgique, et pendant les deux années suivantes ( 6 juillet 1955 – 1er août 1957 ), il est maître des novices à La Ferté sous Jouarre ( France ). Après la fermeture du noviciat, il rentre en Belgique et à partir du 1er août 1957, il est pasteur polonais à Charleroi.

 Vers la fin de sa vie, Il prend enfin sa retraite. Pendant de nombreuses années, il a été à la tête de l’Association missionnaire de Marie Immaculée, pendant 10 ans il a été aumônier en chef de la Confrérie du Rosaire vivant en Belgique. Depuis 1981, il gérait un fonds de santé pour les prêtres et les sœurs. Il est décédé le 2 avril 1992 à Charleroi et repose dans la tombe des Oblats à Vaudricourt en France.

 Extrait de : Ks. Józef Szymański – Les pasteurs de la communauté polonaise et des Polonais de l’étranger – Tom I – Pages 100 – 101. ( Version en polonais ci-dessous ).

André Karasiński, souligne encore que c’est la même orthographe qui apparaît sous la photo ( photo n° 2.316 ) qui figure dans le livre intitulé : « Oblaci Polscy » écrit par Ks Józef Pielorz OMI … source digne de foi ( si j’ose dire ) puisqu’il a été le recteur de la Mission Catholique Polonaise à Bruxelles de 1988 à 1992 !

Moi, Jean-Pierre Dz, je n’ai rassemblé que mes souvenirs … je n’avais que ça sous la main ! Mais aussi loin que je me souvienne, mes parents – qui connaissaient très bien le prêtre – l’ont toujours appelé Ks Miller ( avec un simple « i » ) ! C’est lui, Ks Miller, qui a donné le catéchisme à ma mère qui était ukrainienne et donc orthodoxe avant de célébrer le mariage religieux de mes parents ( photo 2.317 ). Toutes les autres personnes que j’ai croisées ont toujours dit Miller ( enfin il me semble ! ). D’ailleurs, le document que j’ai publié il y a quelques jours à propos de l’Union sacrée mentionnait : « Miller O. » de Charleroi.

Nous sommes donc ici en présence d’un dilemme. A vous de nous départager. La question est simple :

S’appelait-il Müller ou Miller ? Ou bien existait-il deux prêtres dont l’orthographe du nom de famille ne variait que par une seule lettre ? On compte sur vous. Et si vous avez des histoires ou des anecdotes à partager à son sujet … c’est le bon moment.

25/05/2020 : André Karasiński / Jean-Pierre Dziewiacien

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2.315 : Ks Müller ou Ks Miller ?
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2.316 : Dystrykt polski we Francji i Belgii w 1951 r.
2317
2.317 : Mariage religieux de mes parents : Jean Dziewiacien / Matha Sladecka : Ks Miller ( Müller ? ) ; ( ? ) ; … ; Mr et Mme Kotas ; Mr et Mme Mandryk ; ( ? ) ; …
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2.318 :

Commentaires – Photo 2.318 :

Par Alexis Łagocki : Continuant sur ma lancée de ce matin, je vous propose de lister les noms des personnes se trouvant sur une deuxième photo, celle célébrant un événement Stolarek-Mielcarek ( bien entendu, avec les mêmes réserves concernant les erreurs éventuelles ) :

1. Franusz Perz
2. Josianne Stolarek ( soeur de Joseph )
3. ?
4. ?
5. Henri Mielcarek ( fils de Leon )
6. Madame Hélène Perz / Nowak ( maman de Franusz et Kaziu )
7. Monsieur Joseph Mielcarek
8. Monsieur Stolarek ( papa de Joseph )
9. Madame Bronia Mielcarek ( grand-mère de Joseph )
10. Monsieur Antoine Mielcarek
11. Magda Nowak épouse de Ignacy Mielcarek ( 12 )
12. Monsieur Ignace Mielcarek
13. Monsieur Joseph Mielcarek
14. Madame Katarzyna Laufer ( merci Marie-Françoise )
15. Madame Sophie Mielcarek ( maman de Joseph )
16. Monsieur Leon Mielcarek
17. Madame Kłębowska ( dite Baciolek, maman de 6. )
18. Madame Kaczerowska / Budzinski
19. Madame Modroczka
20. Madame Wierus / Kurzawa ( ma grand-mère maternelle )
21. Monsieur Cieszlak
22. Monsieur Kosłowski
23. Monsieur Kaczerowski ( mari de 18. )
24. …et ks. Müller.

Raymond Mielcarek : Photo faite à Hautrage, événement familial dans la famille Stolarek Mielcarek. Il y a notamment mon grand père, Joseph, avec ses frères Antoine, Ignace leurs épouses ; au fond à gauche Matki Rozancowej d’Hautrage et à droite des membres de « Barbara » d’Hautrage.

André Karasinski : A gauche, en partant du bas, Franuś Perz, sa maman, sa grand-mère et que, petit, j’appelais Baciolek, madame Kaczorowski. Il y a tout le clan des Mielcarek dont Raymond a parlé. Je connaissais aussi les deux porte-drapeau de la société de sainte-Barbe d’Hautrage-Etat, mais j’ai oublié les noms.

Joseph Stolarek-Mielcarek : Toute la famille Mielcarek, mes grands-parents, mon père et ma mère, mon parrain, mes tantes, mes oncles et mon arrière grand-mère de Condé sur l’Escaut.

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2.319 : Ks Müller ( Miller ? ), au centre ; …

Commentaires – photo 2.319 :

André Karasinski : Ma maman, ma grand-mère, Baciolek, dont j’ai déjà parlé, Kaziu Perz, Edziu Skrzypczak et d’autres dont les noms m’échappent. Raymond Mielcarek, de part et d’autre de l’étendard du bas, il me semble reconnaître la maman d’Edmond et Henri Lagocki et ta grand-mère ?

Raymond Mielcarek : Oui exact et à côté de ma grand-mère, c’est Mme Garde la qui habitait 2 maisons plus loin que vous a la cité, en face de Tadek Kaczmarek. Il y a également à droite, on voit sa tête Mr Léon Kazimierski d’Elouges. A l extrême gauche, en noir avec un chapeau, c’est ma grand mère paternelle et la vieille dame à droite, Babucha avec un fichu noir, c’est mon arrière grand-mère paternelle ..!!

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2.320 :

Commentaires – Photo 2.320 :

Par Alexis Łagocki : Voici quelques indications concernant les personnes apparaissant sur les photos prises sur le parvis de l’église d’Hautrage-Etat, avec ks. Müller. Avant tout, et selon les souvenirs de mes parents ( et plus particulièrement de ma maman, qui a presque toujours habité à la Rue de Varsovie à Hautrage-Etat ), il s’agit bien de ks. Müller, avec un « u » ( avec ou sans umlaut, elle ne sait pas ), et non de Miller avec un « i ». Ensuite, elle a mis en branle tous ses neurones ( … et elle en a encore beaucoup, croyez-moi ) afin de mettre un nom sur les personnes. Mais les souvenirs étant ce qu’ils sont, il n’est pas exclu qu’une erreur se soit incidemment glissée, tantôt sur un prénom, tantôt sur l’orthographe d’un nom, et même sur la personne. À vous de corriger … si possible ( je pense plus particulièrement à Jendrus et à Raymond ). Alors, on y va :

1. André Karasinski ( à tout seigneur, tout honneur )
2. Zdzisiu Chmielecki ?
3. Edziu Nowak
4. ?
5. ?
6. Zbyszek Matusiewicz ( papa de Lucia )
7. ks. Müller ( probablement avec le umlaut sur le u )
8. Rektor Kubsz
9. Franek Bujanowski ( papa de Marek et Geniu )
10. Kazubek Dzierzgowski ( papa de Tolek, le brasseur )
11. ?
12. ?
13. Szala ( ou Chala ?? – Habitait à la rue de Boussu )
14. ? ( semblerait que ce soit une personne de Bruxelles )
15 Oszczak ( papa de Krysia )
16. Kacierowski
17. Menes ( papa de Helène )
18. ?
19. Jan Wierus ( mon grand-père maternel )
20. Stasiu Wierus ( fils de Jan, mon oncle )
21. Łyskawka ( grand-père de Marek et Geniu )
22. Antoine Mielcarek
23. ?
24. Czeslak
25. Kosłowski ( aidant à ks. Müller, puis ks. Woryna )
26. Pilipiak ( beau-frère de F. Bujanowski )
27. Jósef Karasinski ( papa d’André )
28. Walenty Chmielecki
29. et ( désolé André ) sans numéro, complètement à droite de la photo, pan Jop ( grand-père d’André ).

Au cas où des erreurs se serraient glissées, n’hésitez pas à me les communiquer. Merci.

2321

2.321 : Ks Müller : Photo d’aout 1954 à Hautrage : Ordination de 2 prêtres polonais, Grabinski et Georges ( Lech ) Jankowski.

Commentaire :

André Karasinski : Georges ( Lech ) Jankowski. Il est décédé depuis de nombreuses années. Entre-temps, il est retourné à l’état laïc, s’est marié et a eu un fils qui est lieutenant-colonel de la gendarmerie française. N’est-ce pas Hélène Swieconek, la dernière à droite des krakowianki ?

2322
2.322 : Ks Müller ( Miller ? ) et le KSMP de Charleroi : 1 = ( ? ) ; 2 = Isabelle Celczynski ; 3 = Alain Kisiel ; 4 = ( ? ) ; 5 = ( ? ) ; 6 = Barbara Trytko ; 7 = André Celczynski, frère d’isabelle ; 8 = ( ? ) ; 9 = ( ? ) ; 10 = Cathy Cieslik, la nièce de Annick Majchrowski ; 11 = Dominique Stefanski ; 12 = Christine Piech ; 13 = Hélène Piech ; 14 = Anna Mazur ( épouse Wojcik ), la chorégraphe ; 15 = Sabine ? ; 16 = Christine Stefanski ; 17 = Annick Majchrowski ; 18 = Anne-marie kantyka ; 19 = ( ? ) ; 20 = Ks Müller.
2323
2.323 : Ks. Rektor Henryk Repka et Ks Müller ( Miller ? ), pour les communions : ( ? ) ; … ; Philippe Pietka ; Ks. Rektor Repka ; Ks. Müller ; ( ? ) ; Cathy Cieslik ; Annick Majchrowski ; Michel Pietka ; ( ? ) ; ( ? ) ; Monsieur Abrahamowicz, avec le drapeau et chemise blanche.
2324
2.324 : À RESSAIX, un 15 août : Ks. Brzezina ; Ks. Okroj ; Ks. Kuchcinski ; Ks. Müller ; Ks Szczesny ; Diacre Białecki ; Ks. Prałat Kurzawa et sa soeur Daniela ; Ks. Prałat Kiedrowski ; Ks. Krzeminki ; Ks. ( ? ) ; Pani Perzynowa. Assis : ( ? ) ; Laurence Perzyna ; Lodia Perzyna ; ( ? ) ; Sébastien Perzyna ; Vincent Swiderski ; Daniel Czajkowska ; ( peut-être Dorothée Swiderski ? ) ; Marek Swiderski.
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2.325 : Oblaci Polscy – écrit par Ks Józef Pielorz OMI : Première page.

Version en polonais.

Müller Augustyn – kapłan Zgromadzenia Misjonarzy Oblatów Maryi Niepokalanej OMI (oblat).

Urodził się 3 sierpnia 1909 w Szaleju Śląskim. Syn Antoniego i Emmyz d. Wojsa. W l. 1923-1929 uczęszczał do Małego Seminarium Duchownego OO. Oblatów w Lublińcu. Potem rozpoczął nowicjat w Markowicach i 15 sierpnia 1930 złożył pierwsze śluby zakonne. W l. 1930-1932 odbył studia filozoficzne w Krobi i Obrze, następnie w seminarium oblackim Notre Dame de Lumières we Francji 1932-1936. Święcenia kapłańskie przyjął 30 czerwca 1935 z rąk biskupa Avignonu. W maju 1936 wrócił do Polski i został wykładowcą języka francuskiego w Małym Seminarium w Lublińcu.

Po wybuchu II wojny światowej wraz z seminarzystami oblackimi, opuścił Lubliniec 28 stycznia 1940. Wyjechał do Włoch, potem 31 maja 1940 do Francji. 5 sierpnia został skierowany doszkoły w Saint-Foy-lez-Lyon. Na własną prośbę otrzymał pozwoleniena zajęcie się Polakami w rejonie Carmaux k. Tuluzy, gdzie przebywał w l. 1941-1946. Duszpasterzował w Abbaye-de-Cendras 1946-1948.

 Od 8 kwietnia 1948 do 3 grudnia 1952 pracował wśród Polaków w Wielkim Księstwie Luksemburg. Następnie, przez trzy lata do 6 lipca 1955 pracował wśród górników polskich w rejonie Hautrage-Etat (Borinage) w Belgii, a przez następne dwa lata (6 lipca 1955 – 1 sierpnia 1957) był mistrzem nowicjatu w La Ferté sous Jouarre (Francja). Po zamknięciu nowicjatu wrócił do Belgii i od 1 sierpnia 1957 był duszpasterzem polskim w Charleroi.

Pod koniec życia przeszedł na emeryturę. Przez wiele lat był kierownikiem Stowarzyszenia Misyjnego Maryi Niepokalanej, przez 10 lat – kapelanem naczelnym Bractwa Żywego Różańca w Belgii.

Od 1981 prowadził kasę chorych dla księży i sióstr. Zmarł 2 kwietnia 1992 w Charleroi. Pochowany w grobowcu OO.Oblatów w Vaudricourt we Francji.

Extrait de :
Ks. Józef Szymański
Duszpasterze Polonii i Polaków za granicą
Tom I – Pages 100 – 101

Commentaires :

Par Dominique Stefanski : Ksiądz « Miller » » … que de souvenirs … maman l’invitait parfois à dîner, le dimanche, après la messe … On sortait les beaux verres en cristal ramenés de Pologne, la nappe brodée et maman faisait souvent pour l’occasion des petites croquettes rondes et savoureuses … je n’en ai jamais mangé de meilleures, elle y passait toute la soirée du samedi …

Évidemment, il récitait le bénédicité au moment de passer à table et c’était toujours ( très ) long … On rentrait de la messe et on n’avait qu’une envie, se jeter sur les plats mais tout se faisait avec ordre et discipline quand « Ksiądz » était là … ( les autres dimanches, moins ).

Quand nous étions enfants, il venait parfois nous chercher pour nous emmener chez des sœurs polonaises où il célébrait la messe, dans un petit couvent à Jemappes ( ou Jemeppes ? ) … Je me rappelle de leur merveilleux jardin au fond duquel il y avait comme une petite grotte couverte de lierre et une statue de la Vierge … Elles étaient toujours heureuses de nous voir et nous offraient un petit goûter et des fraises du jardin … Inutile de préciser qu’aussi turbulente que j’aie pu être enfant, dans ces occasions-là, on se tenait tranquille et droite comme des « i ».

Des anecdotes, j’en ai tant que je pourrais écrire sans fin mais je repense à cette habitude qu’il avait quand il venait bénir la święconka : il prélevait toujours une pisanka, chaque année il nous en prenait une, mais c’était un honneur que de les lui présenter, à chaque fois …

Je me suis demandée s’il en prenait aussi une dans les autres familles, s’il en avait eu beaucoup et ce que toutes ces pisanki étaient devenues … car depuis lors, j’ai moi aussi commencé une collection d’œufs : pisanki, minéraux et autres … Aujourd’hui, j’en ai plus de 1.000 et je me demande combien il a bien pu en avoir, avec le secret espoir de l’avoir surpassé dans ce domaine avec ma collection … lui qui avait cette prestance, cette stature, cette autorité naturelle qui en imposait au premier regard et dont le seul frémissement d’un sourcil nous réduisait au silence le plus absolu ( et pour longtemps ).

Mais le souvenir le plus touchant que j’en garde, c’est quand vers la fin de sa vie, il ne pouvait plus conduire, à cause de sa vue, je pense … maman m’avait raconté qu’il était venu lui dire un jour, « Ils disent que je ne dois plus mais dites leur que je peux encore célébrer la messe … » Je crois me rappeler que quelqu’un l’amenait en voiture et conduisait pour lui : quand il entrait alors dans la chapelle de Beaulieusart à Fontaine-l’Evêque, d’un pas très lent, on ne voyait plus que l’immense sourire plein de douceur qui illuminait son visage …

DS

Krysia Cieslik : C’est Ksiądz Müller qui a célébré la messe de mon mariage, conjointement avec le curé de la paroisse de Courcelles Motte en 1966. C’était une personnalité.

Raymond Mielcarek : Moi j’ai jamais entendu « Miller » mais bien « Müller ». Il est passé 2 ans à Hautrage, ensuite je l’ai revu plusieurs fois à l’internat de Vaudricourt, où j’y ai passé 2 ans et là ses confrères OMI le présentaient comme Ks Müller ! Je suppose que dans ce milieu-là on ne ment pas … sinon on ne va pas au Paradis !!

Dominique Ogonowski : Il ne faut pas oublier que les polonais ont du mal à prononcer le « u » et le transforment en « i » ( les juifs aussi ) et j’ai de l’expérience.

André Karasinski : J’ai fait des recherches car j’ai aussi connu personnellement le père Müller. Je voulais seulement étayer mon affirmation par des éléments probants tirés de sa biographie. Et puis, surtout, j’ai pris beaucoup de plaisir à entretenir cette controverse avec Jean-Pierre Dziewiacien. Plaisir partagé, je le sais. Il n’empêche que j’aimerais lire un ancien de Charleroi qui aurait aussi connu Ks. Miller, si ce dernier a réellement travaillé au sein des Polonais de cette région.

Czeslawa Majchrowska : Bonjour à vous tous, je confirme c’est bien Ks Müller avec les deux petits points.

Jean Dalgan : Bonjour Jean-Pierre, voici une lettre de la mission catholique polonaise de Charleroi, « Wyjazd do Villers-la-Ville », w niedziele 26 sierpnia 62, dans laquelle on peut voir la signature du Ks Augustyn Müller OMI, c’est lui qui officiait dans la région de Charleroi en 1962.

1962

André Celczynski : Bonjour, les polonais entre eux disaient entre eux « Idziemy na Msze do księdza Millera » mais il signait tous ses documents Ks. Augustyn Müller. Il n’y a pas eu d’autre prêtre que lui dans la région de Charleroi. Il m’a baptisé, j’ai fait ma communion avec lui, et j’ai servi comme enfant de chœur aux messes qu’il donnait à la mission italienne à Marchienne-au-Pont, Route de Mons. Il y dispensait aussi des cours de polonais aux enfants le samedi matin. Que de bons souvenirs !

Dominique Stefanski : Oui, bien sûr, c était bien « Müller ». Sur sa correspondance, il y avait un cachet avec son nom orthographié de la sorte … mais pour nous, il a toujours été Ks « Miller » …

 

0277 – Comblain-la-Tour à l’heure du Jamboree

Voici encore des photos du fameux jamboree de 1982 à Comblain-la-Tour. Ces photos retracent quelques moments forts de ce rassemblement mondial. En même temps … j’ai l’impression que durant ces quatorze jours de fête, il n’y a eu QUE des moments forts ! À chaque instant il se passait quelque chose ! C’était tantôt sur le terrain de football, tantôt dans les rues du village, tantôt sur le chemin vers la petite église. Ici … personne ne s’est ennuyé … ni les innombrables participants … ni les comblinois.

J’aime beaucoup les 2 photos où ces demoiselles de couleur sont les vedettes … la Pologne n’est jamais aussi belle que quand elle accueille la diversité !

Et comme à chaque fois … tout s’est terminé par un immense ognisko … celui-ci a eu lieu dans le Parc Biron. Souvenirs inoubliables et renommée qui ont largement dépassé les frontières du royaume de Belgique.

18/05/2020 – JP Dz

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2.292 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Dr Rudolf Wilczek ; ( ? ) ; … ; Mr Edward Pomorski ; Mr Mieczysław Dulak ; ( ? ) ; … ; Mr Stefan Paterka ; …
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2.293 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.294 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.295 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Dans le parc du centre Millennium : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.296 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.297 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.298 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : ( ? ) ; … ; ( ? ) .
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2.299 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : ( ? ) ; … ; ( ? ) .
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2.300 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Monseigneur Szczepan Wesoły ; ( ? ).
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2.301 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Sur le terrain de football : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.302 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.303 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Place du Wez : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Monseigneur Szczepan Wesoły ; ( ? ).
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2.304 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Rue des Ecoles : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.305 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Rue des Ecoles : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.306 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Rue des Ecoles : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.307 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Rue des Ecoles : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.308 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Ognisko dans le parc Biron : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Monseigneur Szczepan Wesoły.
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2.309 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Ognisko dans le parc Biron : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Monseigneur Szczepan Wesoły.
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2.310 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Ognisko dans le parc Biron : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.311 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Ognisko dans le parc Biron : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.312 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Ognisko dans le parc Biron : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.313 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Ognisko dans le parc Biron : ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.314 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : À l’heure du Jamboree : Carte postale commémorative.

 

Une vie en Polonia – Édouard Papalski

J’ai des amitiés à vous transmettre, elles s’adressent aux Anciens de Comblain et aux séniors des KSMP de Belgique … à nous tous quoi … elles viennent de France et du plus jeune d’entre nous  Édouard Papalski ( 91 ans ), ancien président national des KSMP de France.

Mr Papalski m’a envoyé, par la poste, son livre sur « La vie en Polonia » de France … sa dédicace s’adresse à nous tous. C’est un plaisir pour moi de vous la transmettre.

Et comme dit Édouard : « Używajmy póki czas, bo za sto lat nie będzie nas ».

Alors, STO LAT Édouard.

14/05/2020 – JP Dz

May14_01
Monsieur Édouard Papalski.
May14_02
« Une vie en Polonia » dédicacée aux Anciens de Comblain et aux séniors des KSMP.

 

0276 – Pela

Il y a des personnalités que, quand on pense à elle, on se demande comment on aurait fait sans elle … Pela fait partie de ces gens.

Madame Pelagia BednarekPani Nowicka – est l’incarnation de ces bénévoles « fous de folklore » qui ont tout donné pour transmettre et diffuser leur passion pour la culture polonaise … sans jamais compter ni leur temps, ni leur énergie.

Rien d’étonnant de toujours la trouver, sur les photos, entourée par des enfants ou des ados habillés de costumes traditionnels. Ne vous étonnez pas non plus, de voir son nom figurer sur tellement d’articles écrits dans le Narodowiec … Elle était partout. Elle a formé plusieurs générations de danseurs ; elle a donné le goût du folklore à tant de jeunes ; elle a transmis le virus si souvent.

Dans son fief, à Heusden – Zolder, c’était la « Madame à tout faire » … et à tout faire bien ! Mais son implication dépassait largement les frontières de son Limbourg. De Montaigu à Banneux, pour les pèlerinages, de Bruxelles à Comblain-la-Tour, pour les réunions et les manifestations importantes, comme partout ailleurs où il était question de danses folkloriques … son sourire et sa détermination bousculaient les obstacles. Elle a marqué de son empreinte toutes les scènes de tous les festivals de KSMP.

J’ai eu le privilège de la connaître et la chance de la croiser régulièrement … toujours avec autant de plaisir. Et j’avoue que j’étais toujours impressionné par son opiniâtreté. À ce propos, laissez-moi vous raconter cette anecdote tout à fait authentique :

Ce jour-là, nous avions organisé un spectacle suivi d’un bal au Salon du Charbonnage à Hautrage-Etat … sans doute était-ce pour fêter un des nombreux anniversaires de notre KSMP de Mons.

J’ai vu arriver Pani Pela avec sa fille Annie. Elles arrivaient toutes les deux directement d’Heusden en voiture. Madame Nowicka avait le bras droit dans le plâtre jusqu’au-dessus du coude … et je savais qu’Annie était trop jeune pour conduire l’auto. Je me suis donc inquiété de savoir comment elles avaient fait pour venir de si loin ? Surtout qu’à l’époque, il n’y avait pas encore d’autoroute et il s’agissait là de traverser toute la Belgique. Madame Pelagia m’a souri et m’a simplement répondu : « J’ai conduit avec la main gauche et c’est Annie qui changeait les vitesses ». Je ne sais pas si vous mesurez l’exploit ! Moi, j’étais soufflé !

Ce jour-là, j’ai compris que, quand Pela avait décidé … rien ne pouvait l’arrêter.

11/05/2020 – JP Dz

Commentaires :

Monique Kieltyka : On pourrait résumer « à cœur vaillant, rien d’impossible ». Ça aurait pu être la devise de beaucoup de nos « Anciens », qui pensaient plus à la collectivité et aux générations futures. Un devoir de survie de la mémoire et de la fierté de nos origines … Ceux qui avaient dû quitter le « confort » de leur pays pour diverses raisons et qui ne pouvaient pas « oublier » leurs identités, leurs « âmes » …

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2.280 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : Annie Nowicki ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Regina Gymza ; Pelagia Bednarek ; ( ? ) ; Betty Nowicki.
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2.281 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Pelagia Bednarek.
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2.282 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : Pelagia Bednarek ; Carine Prekowski ; Eric Nowicki ; ( ? ) ; … ; ( ? ).
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2.283 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : Accroupis : Halinka Niemiec ; Margot Lewkin ; Mirusia Czajka ; Genia Goraj ; Edith Kozlowski ; Helcia Cucup ; Annie Nowicki. Debout : Pelagia Bednarek ; Eddy Zielinski ; Józiu Piekarczyk ; Kazik Cucup ; Wiesiu Król ; Wanda Popis ; Józiu Nowicki.
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2.284 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : ( ? ) ; … ; Pelagia Bednarek ;… ; ( ? ) ; et la toute petite devant, Betty Nowicki.
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2.285 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Pelagia Bednarek ; Betty Nowicki.
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2.286 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka : Mr Mikolaj Król, le papa de Zosia ; Pelagia Bednarek.
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2.287 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka à Montaigu : Wanda Popis ; Helcia Cucup ; Brigitte Prekowski ; Annie Nowicki ; Betty Nowicki ; Pelagia Bednarek.
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2.288 : – Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka à Montaigu : (? ) ; … ; ( ? ) ; Wanda Popis ; Helcia Cucup ; Brigitte Prekowski ; Annie Nowicki ; Betty Nowicki ; Pelagia Bednarek.
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2.289 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka à Montaigu : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Annie Nowicki ; Betty Nowicki ; Pelagia Bednarek.
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2.290 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka.
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2.291 : Madame Pelagia Bednarek – Pani Nowicka à Comblain-la-Tour : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Betty Nowicki ; Pelagia Bednarek ; ( ? ).

 

0275 – Wolnych polaków

Vous l’avez sans doute remarqué comme moi, les organisations polonaises des années 50 et 60 se revendiquaient comme étant des « organizacje Wolnych polaków » ( organisations de polonais libres ). Pour certaines d’entre elles, cette revendication s’inscrivait jusque dans le nom de l’instance, comme par exemple la Macierz Szkolna Wolnych polaków w Belgii. C’est justement à propos du mot « libre » que j’aimerais aujourd’hui disserter.

Ces gens-là – nos parents, nos voisins et amis de la génération avant la nôtre – avaient un besoin absolu de liberté. Ils ne voulaient pas reconnaître le pouvoir politique qui s’était autoproclamé souverain en Pologne à cette époque-là et défendaient l’idée d’une autre voie. Ils ne voulaient pas se soumettre à des idéaux qu’ils ne partageaient pas, ni à des « camarades » qu’ils n’avaient pas choisis. Ce faisant, ils renonçaient délibérément aux « avantages » que l’allégeance pouvait leur apporter. Mais ils ne se sont pas contentés de rejeter un système … ils ont relevé leurs manches pour essayer d’en imaginer un autre.

Le nombre d’organisations, de sociétés, de fraternités, et d’associations culturelles, folkloriques, religieuses, patriotiques ou éducatives qui foisonnaient alors en Belgique ( comme d’ailleurs dans tous les autres pays où la diaspora polonaise avait décidé de s’implanter ) n’était que le sommet de l’iceberg. Tous réunis par un même espoir, celui de pouvoir choisir eux-mêmes leurs valeurs et leur avenir, ils ont jeté ensemble les bases d’un nouvel équilibre. Certes tout n’était pas parfait … comme dans tout équilibre, il faut tâtonner souvent … mais quel courage et quelle détermination !

Si tout a commencé par des discours, des déclarations d’intention, des projets conceptuels, il est très vite apparu qu’on aurait besoin d’autre chose que de théories. Pour s’inscrire dans la durée, il devenait urgent d’avoir des lieux où se réunir, des locaux pour s’accueillir, des espaces « rien qu’à soi ». Alors, ils sont passés de la dialectique à la gestion pragmatique. On a vu apparaître des « swietlice », des « kaplice » », des écoles polonaises … qui au départ n’étaient que des locations, mais qui très vite – sans doute ici encore par esprit d’indépendance – sont devenus des biens propres à la communauté polonaise. C’est dans cet esprit qu’ils ont acheté le Domaine de Comblain-la-Tour.

Nous, anciens de Comblain, nous sommes les fils et les filles de ceux que ce besoin de liberté a poussés à entreprendre. Nous sommes les enfants de ces insoumis, les héritiers de cette autre voie.

Bien sûr, aujourd’hui, le mot « liberté » a perdu un peu de son sens … Nous vivons à présent dans des pays démocratiques … plus ou moins. Avec l’ouverture des frontières, la libre circulation, le libre-échange, … plus personne ne songe à partir en croisade pour défendre la liberté … Et peu à peu, on oublie que la liberté est un privilège. Et peu à peu, le mot liberté disparaît de nos préoccupations ; il s’efface de nos frontons, de nos slogans. SAUF … sauf quand, dans des moments comme ceux que nous vivons, cette liberté d’aller et de venir nous devient interdite.

Cette période de confinement forcé … propice à la méditation … réveille en nous des instincts que nous avions relégués aux oubliettes de nos mémoires, mais qui, du plus profond de nos ADN, se rappellent, tout d’un coup, à nos bons souvenirs. Nous avons infiniment besoin de liberté et d’espace ! Oui, nous sommes bien des fils de ces « Wolnych polaków » et notre besoin de liberté n’était qu’assoupi. Du coup, du fond des fauteuils où on nous a confinés, on a envie de crier comme Eluard :

« Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom …

 … Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté ».

Paul Eluard

 04/05/2020 : JP Dz

2263
2.263 :  ( ? ) ; … ; Mr Tadek Szymczak ; Mr Léon Czak ; Mr Józek Stepien ; debout à droite, Mr Stephane Turynec ; …
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2.264 : À l’arrière à partir de la droite : Mr Henryk Nowicki ; Mr Michał Miklusiak ; ( ? ) ;  Mr Ferdynand Hurny et son épouse ; Mr Józef Młynarczyk ; ( ? ) ; Mr Max Nepotschelowitsch ; Mr Casimir Swiderski. À droite de nouveau, devant Mr Henryk Nowicki, son épouse, Mme Anna Babynuk ; Mme Nepotschelowitsch ; Mme Bartecka ; ( ? ) ; Mme Obstowa ; Mme Barbara Miklusiak ; ( ? ) ; ( ? ). À l’avant Mme Anja Swiderska-Szymczak ; dans ses bras Mr. Malec ; ( ? ) ; Mr. Bartecki ; ( ? ).
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2.265 : À l’ arrière : ( ? ) ; de gauche à droite Mr Henryk Nowicki ; Mme Obstowa ; Mr Casimir Swiderski ; Mr Michał Miklusiak ; ( ? ) ; Mme Anna Babynuk ; Mme Miklusiak ; ( ? ) ; Mme Anja Swiderska-Szymczak ; Mr Józef Młynarczyk ; Mr Ferdynand Hurny ; Mr Malec ; Mme Bartecka ; Mme Chudzicka ; ( ? ).
2266
2.266 : À genoux : Anna Wronski ; Irena Kotarzewski ; ( ? ) ;  Edmond Gawlik ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; Jean Nocun ; la maman de Lucia kowal ; Mr Henri Nocun ; Mme Helene Wronski ; Pani Banasik, l’institutrice ; ( ? ) ; ….
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2.267 : Mr Kotarzewski ; Mr Kosiorek ; Mr Pomorski, en costume foncé ; Suzanne Adamczyk ; Cecilia Szymczewski ; Wanda Jajor ; Zygmund Szlesz ; Zbyniu Staszak ; Eugene Kotarzewski ; Robert Wojciechowski ; Lucia Kowal.
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2.268 : Mme Bartecka ; Ks Kurzawa ; la dame qui tend la main au curé, c’est Maria, épouse de Bolesław Hérod de Chapelle, elle a été présidente des Matki de chapelle ; Mme Cela Deputat, la mamam de Jean-michel Deputat ; Mme Genowefa Adamczyk ( Genia ), la maman de Marc Maliszewski ; Mr Stanisław Maliszewski, le papa de Marc ; le visage partiellement caché, Mr. Perzyna ( ? ) ; ( ? ) ; ….
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2.269 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mr Rusowicz ; Ks Kurzawa ; Mr Léon Czak ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; …
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2.270 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mr Zbigniew Bardo, qui semble s’amuser de notre présence ; Mr Rusowicz ; Ks Kurzawa ; Mr Léon Czak ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; …
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2.271 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

 

 

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2.272 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

Commentaires :

 Milczanowski Véronique : Et la chambre du milieu en haut, c’était celle de Ks Kurzawa … Lors d’un tournus, j’ai hérité de celle d’à côté, la fenêtre de gauche sur la photo. J’étais alors sous-monitrice et je pense que Béatrice Laffut et sa sœur étaient dans mon groupe … Ça m’amusait à moitié d’être si près de Ks Kurzawa car il avait l’oreille fine ! Je l’entends encore chaque fois que je faisais une bêtise : « Weronika Weronika !!! » … En hochant la tête pas content !

Jean-Pierre Dziewiacien : Qui aurait cru que tant d’années plus tard, nous serions encore là à parler de lui ? On finira par croire qu’il nous manque …

Milczanowski Véronique : Oui sûrement, je me souviens de lui comme d’un homme sévère mais juste.

Marilyne Desmet : Et oui … ça été ma punition de la nettoyée ( la chambre ) … hein Dominique. !!!!!

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2.273 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

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2.274 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
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2.275 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
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2.276 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
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2.277 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
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2.278 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
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2.279 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

T05 – La Constitution du 3 mai 1791.

Le 6 octobre 1788, Stanisław August Poniatowski, dernier roi de Pologne, convoqua, avec le consentement de la tsarine Catherine II, la session du parlement dite Grande Diète ou Diète de quatre ans – Sejm Wielki ou Sejm Czteroletni. La mission, tardive et donc désespérée, que s’assigna la Diète fut la réforme de la gouvernance du pays et la restauration la souveraineté de l’Etat.

L’œuvre principale de la Diète fut l’adoption, le 3 mai 1791, d’une constitution, en fait d’une Loi de Gouvernement – Ustawa Rządowa z dnia 3 maja – régissant le système juridique de la République Unie de Pologne-Lituanie ( 1 ). La nouvelle constitution fut adoptée par acclamation durant la séance du 3 mai 1791 et sanctionnée à l’unanimité durant la séance du 5 mai.

La constitution comprenait 11 articles et disposait, entre autres :

  • La religion catholique est la religion de l’Etat et quiconque abandonnera son culte catholique pour un autre sera condamné pour apostasie mais la liberté religieuse et de culte est garantie ;
  • L’Union polono-lituanienne devient un État unitaire ;
  • La monarchie devient constitutionnelle (le roi règne mais ne gouverne pas) et héréditaire. L’élection libre du roi est remplacée par une élection au sein d’une famille (dynastie des Wettyn) ;
  • Séparation des pouvoirs : législatif (détenu par un parlement bicaméral), exécutif (aux mains du roi et du conseil de surveillance) et judiciaire (magistrature avec juges élus) ;
  • Limitation du pouvoir de la noblesse : abolition du liberum veto et introduction du vote à la majorité, limitation des immunités légales ;
  • Principe de la souveraineté populaire et droits politiques étendus à la bourgeoisie (y compris le droit à la sécurité personnelle, à la possession de terres, accès à des postes d’officier et dans l’administration de l’État, et même à l’acquisition d’un titre de noblesse);
  • Droits accordés aux citadins des villes royales ;
  • Les paysans sont placés sous la protection de la loi et de l’Etat ce qui permet l’intervention des autorités judiciaires et administratives ;

 En réalité, peu de changements ont été introduits temporairement dans la position des villages et des paysans ; le servage a été préservé et seuls les étrangers ont obtenu la liberté personnelle. La constitution invitait la noblesse et les paysans à conclure des contrats, ce qui a été compris par certains paysans comme l’abolition de la subordination féodale.

  • Constitution d’une armée nationale de 100.000 militaires.

La Constitution du 3 mai devait être la première étape d’un processus de réformes ; elle ne sera d’application que durant quelques mois.

En effet, le parti pro-russe s’opposa à la Constitution et forma la Confédération de Targowica à laquelle le roi lui-même finit par adhérer le 23 juillet 1792, abolissant la Constitution.

Une diète réunie à Grodno consentit au second démembrement du pays (1793) au profit de la Russie et de la Prusse. L’insurrection patriotique de Kosciuszko (1794) fut vaincue, le roi contraint à l’abdication et la Pologne partagée définitivement en 1795 entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.

 Actuellement, bon nombre d’historiens polonais portent un jugement partagé sur la Constitution du 3 mai. « C’était un document exceptionnel, visionnaire, la preuve du patriotisme de l’élite polonaise et de sa volonté de réformer l’État. Mais les réformateurs auraient dû attendre un meilleur moment. La Constitution s’est avérée n’être qu’un testament. L’état qu’elle était censée servir, a disparu » – dit le prof. Andrzej Chwałba ( 2 ). Cette analyse moderne pourra faire l’objet d’une autre publication (3 mai 2021 ?), si vous en exprimez le désir.

Et pourtant, cette constitution éphémère occupe une place très importante dans la mémoire historique collective des Polonais. Pourquoi ? Pourquoi est-elle si très importante dans la vie de chaque Polonais ?

La Constitution du 3 mai est très importante pour les Polonais car des changements importants ont été introduits dans l’organisation des plus hautes autorités de la République de Pologne. Ce fut une étape importante sur la voie d’un type d’État moderne.

La Constitution du 3 mai est un élément tellement important de la mémoire collective, sans laquelle aucune communauté ne peut exister, car « la Pologne a retrouvé son indépendance à trois reprises : précisément le 3 mai 1791, le 11 novembre 1918 et le 4 juin 1989 », affirme l’historien prof. Henryk Samsonowicz ( 3 ).

Comme l’a souligné le prof. Janusz Odziemkowski ( 4 ), « la Constitution du 3 mai a mobilisé l’élite polonaise, a montré que nous pouvons prendre notre destin en main, que nous avons une idée pour la gouvernance de l’État et que nous pouvons nous sortir d’une situation très difficile. Tout au long du XIXe siècle, ce fut un vecteur certain, un liant auquel se référaient les chants et la poésie patriotiques ainsi que les soulèvements ». « Il y avait le sentiment que quelque chose de grand et de révolutionnaire se passait. Si seulement les élites polonaises pouvaient en profiter, si la direction de l’État était assurée par des personnes déterminées, dotées de qualités de leadership, notre histoire finirait peut-être mieux ».

« La Constitution du 3 mai reste pour les Polonais un modèle d’action politique et le mythe du sentiment national polonais, mythe qui nous rappelle que nous devons retrouver notre propre État, que nous en valons la peine » souligne la prof. Zofia Zielińska ( 5 ).

Rappelez-vous, durant notre enfance, notre jeunesse, dans toutes les régions de la Belgique, les associations des Polonais libres commémoraient chaque année la Constitution du 3 mai. Ils étaient fiers : la Constitution du 3 mai 1791 a été le premier acte juridique de ce type en Europe – deuxième au monde après la Constitution américaine de 1789 – précédant de 4 mois la Constitution française. Ils éprouvaient sans doute aussi beaucoup de nostalgie pour ce pays qu’ils avaient quitté, libre et qui était à nouveau, avec la complicité d’une minorité de Polonais, sous la coupe d’une puissance étrangère. C’est à ce sentiment double, fierté-nostalgie, qu’a fait un jour référence Lech Wałęsa : « …nous sommes si fiers de la Constitution du 3 mai qui espérait construire un État fort et libre qui apportait un espoir profond de souveraineté, d’indépendance et un espoir profond que nous surmonterions toutes les difficultés, que nous vaincrions nos ennemis éternels, que nous déciderions nous-mêmes dans notre propre pays. Tout cela était inscrit dans la Constitution du 3 mai ».

 Rappelez-vous, durant notre enfance, notre jeunesse, que de fois n’avons-nous pas entonné :

Witaj majowa jutrzenko
Świeć naszej polskiej krainie
Uczcimy ciebie piosenką
Pamięć twoja nie zaginie.

Witaj maj, Trzeci Maj!
U Polaków błogi raj.

02/05/2020 : André Karasiński

( 1 ) : Le texte en français de la Constitution du 3 mai 1791 est disponible sur :
https://mjp.univ-perp.fr/constit/pl1791.htm#1

 ( 2 ) : Andrzej Chwalba (né le 11 décembre 1949 à Częstochowa) – historien et essayiste polonais, professeur de sciences humaines, professeur à l’Université Jagellonne, spécialisé dans l’histoire du XIXe siècle, l’histoire des relations polono-russes, l’histoire de la Pologne moderne et l’histoire de Cracovie.

( 3 ) :  Henryk Bohdan Samsonowicz (né le 23 janvier 1930 à Varsovie – historien polonais, médiéviste et professeur universitaire, professeur de sciences humaines. Dans les années 1980-1982, recteur de l’Université de Varsovie, dans les années 1989-1991,  ministre de l’Éducation nationale du gouvernement de Tadeusz Mazowiecki. Chevalier de l’Ordre de l’Aigle blanc.

( 4 ) :  Janusz Józef Odzieżmkowski (né le 18 septembre 1950 à Łódź) – historien polonais, professeur de sciences humaines, maître de conférences et fonctionnaire. Professeur agrégé à l’Institut des sciences historiques de la faculté des sciences historiques et sociales de l’UKSW, il a également coopéré avec l’Université de la défense nationale, où il a lancé le département études européennes. Il étudie l’histoire universelle et l’histoire de la Pologne des XIXe et XXe siècles, l’histoire politique, la société polonaise du XIXe siècle, ainsi que l’histoire des conflits militaires et armés.

 ( 5 ) : Zofia Zielińska (née le 8 avril 1944 à Lviv) – historienne polonaise, professeure de sciences humaines, professeure universitaire Université de Varsovie. Dans ses travaux scientifiques, elle se spécialise dans les questions de l’histoire polonaise du XVIIIe siècle.

T016
T016 : Portrait du roi Stanisław August Poniatowski peint par Marcelleo Bacciarelli vers 1785.
T017
T017 : Première page d’un exemplaire original appartenant aux archives de la famille Potocki.
T018
T018 : Page de garde de la traduction en langue française éditée à Varsovie en 1791 par l’imprimerie Piotr Dufour.
T019
T019 : Tableau commémoratif (247 × 446 cm) peint par Jan Matejko en 1891.

 

T04 – Déclin de la « République unie de Pologne-Lituanie »

En introduction à l’article qui traitera de la Constitution du 3 mai, j’ai voulu situer cette dernière dans son contexte historique et rappeler très synthétiquement les points essentiels de l’histoire de Pologne qui sont indispensables pour en comprendre les effets réels et tenter d’expliquer la place importante qu’elle occupe dans la mémoire collective des Polonais.

En 1569, l’Union de Lublin formalisa le rapprochement qui existait entre la Pologne et la Lituanie depuis le mariage du roi de Pologne – roi et non reine ( 1 ) – Jadwiga (Hedwige d’Anjou) avec le grand-duc de Lituanie, Władysław II Jagiełło (Ladislas II Jagellon) ou, pour être complet, Jogaila Algirdaitis en lituanien. La noblesse polonaise avait joué un rôle primordial dans le choix de Jadwiga et de son mariage avec Ladislas Jagellon.

L’Etat nouvellement créé et que l’on appellera au XXe siècle la « République des Deux Nations » ( 2 ), est une monarchie élective et non héréditaire, caractérisée par un pouvoir monarchique très limité et encadré par une législation et une diète contrôlée par la noblesse. A partir de là, la puissance grandissante de la noblesse polonaise face au pouvoir central, va peu à peu mener le pays vers la division, l’anarchie et la disparition.

Après le décès en 1572 du roi Zygmunt August, le dernier Jagellon, le choix pour occuper le trône de Pologne va se porter de préférence sur un candidat étranger moins tenté d’affirmer son pouvoir ou de toucher aux privilèges des nobles ( 3 ).

L’affaiblissement de l’Etat fut encore accéléré après l’adoption du « liberum veto », principe constitutionnel inventé par la Diète en 1652 et selon lequel toutes ses décisions, en ce compris l’élection du souverain, devaient être prises à l’unanimité. Le système politique va encore s’affaiblir, le fonctionnement de la Diète va être bloqué et les puissances voisines – Autriche, Suède, Russie – vont imposer, tour à tour, leur candidat au trône.

Toutes ces ingérences étrangères vont priver la Pologne-Lituanie de son indépendance. Elle va devenir un simple enjeu territorial entre la Prusse, la Russie et l’Autriche. Finalement, lassées de ce petit jeu, sur proposition de Frédéric II de Prusse et malgré les réticences de l’Autriche, les trois puissances vont annexer, le 17 février 1772, un tiers du territoire de la République des Deux Nations. Ce sera le premier des « Trois Partages de la Pologne ».

En adoptant la Constitution du 3 mai 1791, la République accomplira un effort prodigieux pour réformer le système politique et sauver ce qui pouvait encore l’être. Trop tardive, cette tentative resta sans effets
Jouissant du statut de puissance européenne majeure dans la première moitié du XVIIe siècle, la Pologne finit par disparaître de la carte des états européens le 24 octobre 1795.

28/04/2020 : André Karasiński

1 ) En 1370, à la mort, sans héritier, de Casimir III dit le Grand, le denier des Piast, la couronne passe à son neveu Louis Ier roi de Hongrie. A son décès en 1382, la noblesse polonaise, désirant mettre fin à l’union personnelle entre la Hongrie et la Pologne, offre la couronne à sa fille Hedwige. Hedwige est couronnée à Cracovie le 16 octobre 1384 et porte le titre de roi (rex) de Pologne – et non pas de reine (regina) – pour indiquer qu’elle est monarque à part entière. Devenue patronne de la nation polonaise, Hedwige a été canonisée par le pape Jean-Paul II le 8 juin 1997. On la fête le 17 juillet.

2 ) Surnom créé par l’historien polonais Paweł Jasienica dans les années 1960.

3 ) Le premier des rois élus fut Henri de Valois, le fils du roi de France Henri II et de Catherine de Médicis. Elu roi de Pologne en 1573 sous le nom d’Henry Ier – Henryk Walezy – il ne régna que quelques mois. Apprenant la vacance du trône de France après le décès de son frère Charles IX, il se sauva de Pologne pour être couronné roi de France sous le nom de Henri III. Il était aussi le frère de Marguerite de France ou Marguerite de Valois, la célèbre reine Margot.