0150 – Gare aux sourires

par Eveline Ogonowski

Je ne suis jamais venue à Comblain-la-Tour en train … et je le regrette. J’ai souvent imaginé comment devait être l’ambiance dans les wagons qui amenaient les jeunes en colonies. Les vacances commençaient déjà à la gare où ils embarquaient. Le voyage devenait l’apéritif d’un festin qui durerait au moins deux semaines. Moi, je venais en auto … avec Kz Okroj ou Kz Kurzawa.

Je ne suis jamais descendue du train en gare de Comblain, pourtant … j’ai bien connu cette gare … j’y ai très souvent fréquenté les quais. Ks Kurzawa nous envoyait régulièrement à la « station » pour accueillir les nouveaux arrivants ou pour raccompagner ceux qui terminaient leur séjour. C’est une mission qui me plaisait beaucoup. J’y allais de bon cœur, malgré ma timidité. J’imaginais les retrouvailles et le plaisir de revoir des vieilles connaissances. De temps en temps, il nous accompagnait et quelquefois, j’y allais seule.

Parfois, je ne connaissais pas ceux que Ks Kurzawa me demandait d’aller accueillir. Ma timidité naturelle faisait de la résistance. Je ne pouvais pas m’empêcher de dire au prêtre : « Mais, Monsieur le curé, je ne connais pas ces gens… Comment puis-je les reconnaître ? Comment dois-je les aborder ? Que vont-ils penser de moi ? ».

Alors, le Directeur se faisait rassurant : « Quand les portes du train s’ouvriront et que des gens descendront avec des bagages, tu n’auras qu’à t’approcher et sourire. Et ensuite, tu n’as qu’à dire « Dzień dobry » toujours en souriant et tu verras … ». Il avait raison.

Pour Ks Kurzawa, le sourire était, en même temps, une vertu et une arme ; il savait l’utiliser dans toutes les circonstances et je ne connais personne qui était capable de lui résister. Il était même passé Maître dans l’art de se servir du sourire des autres. Ainsi, quand il m’envoyait sur les quais de la gare, c’est un peu de son sourire qu’il déléguait ; j’étais son sourire « par procuration ». Évidemment, les voyageurs étaient toujours extrêmement contents de voir qu’on les attendait, qu’on était venu jusque-là pour faire ensemble le petit bout de chemin qui nous séparait encore de la maison polonaise. Et surtout, que cet accueil soit si souriant.

Je ne sais pas pourquoi c’est souvent moi que le prêtre dépêchait pour cette mission. Mais j’avoue qu’il m’a convertie à sa philosophie du sourire qui désarme et aplanit les obstacles. En cherchant un peu, j’ai même trouvé un petit poème de René Remacle qui convenait parfaitement à cette philosophie. Ça commençait comme ça : « Un sourire ne coûte rien. Il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent … ». J’avais recopié le texte et je l’avais affiché dans notre chambre. Et chaque fois, qu’il fallait aller accueillir quelqu’un, je relisais ces quelques mots pour m’imprégner.

Quand il fallait accompagner un groupe qui repartait … c’était moins gai. On avait passé ensemble de si bons moments. Mais c’était important d’aller avec eux jusqu’à la gare … de porter un peu de leurs bagages … un peu de leur cafard. Il arrivait toujours un moment où la gorge trop serrée empêchait les mots de passer. Alors, la parole se faisait regard … l’émotion devenait silence. Les mots se transformaient en petites gouttelettes pour venir scintiller aux coins des yeux. Ce n’était pas encore la tristesse, elle viendra juste après, mais ce n’était déjà plus le bonheur. C’était quelques secondes d’éternité … d’immobilité. Et c’était encore des sourires qu’on partageait, mais des sourires noyés qui semblaient dire : « Reviendras-tu le prochain été ? ».

25/12/2017 – Eveline Ogonowski

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1.024 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : A l’avant-plan, les 2 petits garçons : Eric Kotarzewski ; ( ? ) ; Au premier rang : Philippe Pietka ; Annick Majchrowski ; Dominique Stefanski ; Dominique Ogonowski ; Patricia Jakobowski ; Liliane Kieltyka ; Isabelle Swiderski ; Christiane Switon ; Au deuxième rang : Georges Bardo ; les sœurs Milik : Charlotte et Karine ; Fabienne Laffut …
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1.025 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : Florian Hapek ; Olga ( ? ), originaire de Flénu et partie après son mariage au Canada ; Mietek Smalcerz ; était aux études petit séminaire de Velaines près de Tournai ; Jeanine Krasowska ; Stanis Adamski, aux études à Velaines et puis prêtre à Douai, décédé à Vaudricourt ; Zdzisław Blaszka. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.026 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : Zdzisław Blaszka ; et trois petites anglaises : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ). ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.027 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : A l’arrière plan : Wiesław Król ; ( ? ) ; Yola Lewandowska ; Raymond Mielcarek  ; Mirosława Tchajka, partie en Espagne après son mariage ; Liliane Benkowski. A l’avant plan : ( ? ). ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.028 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : Accroupis : ( ? ) ; ( ? ) ; Jurek Stoj.
Debouts : Wiesza de Liège ; Violette Kiełbowicz ; Christine Mironczyk ; Danièle Mironczyk ; ( ? ).
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1.029 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : Leszek Mach ; … ; Freddy Fiutowski ; ( ? ) ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Betty Nowicki  ; … ; ( ? ) ; Monica Nauschutz ; … ; ( ? ) ; Zosia Król ; Eddy Nowicki ; … ; Czesiu Kucharzewski ; Pierre Front ; Elisabeth Rozenski ; Daniel Pietka ; … ; ( ? ) ; les sœurs Milik : Charlotte et Karine.
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1.030 : COMBLAIN-LA-TOUR : Gare aux sourires : Accroupis : Lydia Młynarski  ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Alexandre Persich  ; Micheline Zwierzyk  ; Czesiu Kucharzewski  ; Franca Fisher.
Debouts : ( ? ) ; Janek Konarski  ; Zosia Król  ; Monica Nauschutz  ; Michel Konarski ; Richard Konarski ; Patrick Madaj  ; Regina Gymza  ; ( ? ) ; Isabella Cosaro  ; ( ? ) ; Alexis Łagocki  ; Hélène Borowski ; Zuhal Gunal ; Igor Gymza  ; Georges Persich ; Danielle Konarski ; ( ? ).

 

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0149 – Revisitons Comblain ( 14 ) : Un canal ? À Comblain ?

Comme déjà évoqué dans un article précédent ( n° 144 ), pour construire la ligne de chemin de fer, il fallut d’abord « reboucher le canal » ! Qu’est-ce que c’est que ce canal ? Pourquoi fallait-il construire là, à Comblain-la-Tour, un canal, alors que l’Ourthe n’est distante que d’une centaine de mètres ? Pourquoi ces travaux ont-ils été finalement abandonnés ? Est-ce déjà le début d’une suite sans fin de « travaux inutiles » ? Nous allons essayer de comprendre et de répondre à quelques-unes de ces questions.

Effectivement des bateaux « commerciaux » empruntaient la rivière, mais l’Ourthe est plus romantique que navigable. Parfois elle déborde, parfois elle manque cruellement d’eau. Par endroits, elle n’est pas assez profonde, à d’autres trop rapide. Malgré des travaux réguliers de curage, d’élargissement et des dispositifs spécifiques comme les barrages et les « vènes », avec leurs plans inclinés, il était très compliqué pour les « bètchètes » d’assurer un service régulier pour livrer leurs marchandises, essentiellement le minerai de fer et les pierres. Pourtant la forme et les caractéristiques de cette petite barque étaient adaptées aux caprices de l’Ourthe. La « bètchète » offrait un faible tirant d’eau ( 85 cm ), elle pouvait embarquer entre 10 et 18 tonnes de fret, possédait un mât déplaçable qui se trouvait toujours du côté du chemin de halage ; car évidemment, elle était tractée, depuis le chemin de halage, par un cheval. Et malgré tout ça, entre juillet et août, la navigation était impossible … par manque d’eau. Cette courte période de chômage s’appelle l’étiage.

Donc, pour remédier aux « insuffisances » de la rivière, un gigantesque projet fut imaginé. L’idée, c’était carrément de relier, par voie d’eau, la Meuse à la Moselle … et donc au Rhin. C’est le plus vaste projet de travaux publics qui ait été entrepris en Belgique à cette époque.

Le Canal de l’Ourthe, projet soutenu par Guillaume Ier des Pays-Bas, est mis au point par Remi De Puydt.

Les chiffres sont impressionnants : il prévoit la canalisation de 300 à 400 kilomètres de voies navigables et la construction de 205 écluses ainsi qu’un tunnel de quelque 2,5 kilomètres à Bernistap ; le tout à travers le massif ardennais. À Comblain-la-Tour, le canal coupera le village en deux ! Il passera juste à côté de notre maison polonaise et longera le parc … c’est exactement l’itinéraire qu’emprunte aujourd’hui la ligne de chemin fer.

Les travaux sont commencés en 1827, mais l’entreprise sera affectée par des problèmes de financement. La révolution belge de 1830 et l’invention du chemin de fer mineront le projet. La construction du canal se poursuivit sans interruption jusque 1832, puis sporadiquement en 1836 et 1837 et fut finalement arrêtée, malgré l’avancement déjà important des travaux, notamment les 16 maisons éclusières qui étaient sous toit.

L’indépendance reconnue du Grand-Duché du Luxembourg en 1839 provoquera son arrêt définitif.

Quel dommage ! Imaginez comment auraient été nos vacances entre l’Ourthe et le Canal de l’Ourthe ! Le Centre Millennium et le parc auraient été une île … et nous des Robinsons.

Au lieu d’avoir ce train qui poussait des cris stridents et qui nous faisait sursauter … on aurait eu la douce quiétude des chalands qui remontaient le canal à pas lents. Au lieu de ce mur immense qui nous séparait du reste du village, on aurait eu une vue splendide sur Comblain-l’amour … et qui sait si on n’aurait pas sympathisé davantage avec des autochtones … Je suis sûr que les plus romantiques de nos filles seraient allées chiper des carottes dans le petit potager pour aller les offrir aux chevaux qui tiraient les « bètchètes ». Et je suis sûr qu’elles seraient rentrées, au centre, impressionnées et  affectées par le dur labeur de ces braves montures. Et nous … on aurait pu les réconforter …

De cette immense entreprise, il ne reste plus grand-chose … à Comblain-la-Tour : rien. Tout a été rebouché pour construire le chemin de fer. Ailleurs, d’importantes sections de ce canal sont encore visibles aujourd’hui.

Désaffecté en amont d’Esneux en 1917, le canal fut encore utilisé entre Angleur et Tilff durant la guerre 1940-1945. À Bernistap, le tunnel est encore visible ( classé monument historique en 1988 appartenant à la Région Wallonne ).

Si vous êtes du genre curieux, je vous engage à lire les quelques extraits en annexe des « Échos de Comblain » pour en savoir plus sur la navigation des « bètchètes » à Comblain.

Si vous voulez en savoir plus sur le Canal de l’Ourthe, allez voir le site :

http://meuse-moselle1830.be/cmm.index.html.

Mais si vous êtes, comme moi, plutôt rêveur … laissez-vous entraîner par votre imagination, embarquez avec moi, sur une de ces « bètchètes », laissons-nous « haler » et rêver à ce décor qui aurait été tellement différent …

18/12/2017 – JP Dz

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1.019 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Plan d’un parcours tout en relief.
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1.020 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Présentation du chantier le plus grandiose de l’époque.
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1.021 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
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1.022 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Carte ancienne.
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1.023 a : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 b : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.013 c : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 d : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.
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1.023 e : COMBLAIN-LA-TOUR : Le Canal de l’Ourthe : Les bètchètes qui naviguaient sur l’Ourthe. Extrait des Echos de Comblain.

 

0148 – Le monopole des bêtises

Nous n’avions pas, nous les jeunes, le monopole des bêtises à Comblain … loin de là ! Les adultes s’amusaient aussi énormément. Sans doute que le climat s’y prêtait, et tant mieux.

La photo 1.013 illustre une de ces grandes farces qui a fait beaucoup rire. On peut y voir deux cuisinières, Martha Sladecka ( Madame Dziewiacien ) et sa meilleure amie Anne Konska ( Madame Dudziak ) en mode « vamp » au pied de l’arbre aux singes, dans le fond du parc. Cette mise en scène, soigneusement préparée, avait pour but de faire croire aux deux maris – Jean Dziewiacien et Stefan Dudziak – restés chez eux à Bernissart – qu’il se passait des choses louches à Comblain-la-Tour !

J’ignore où elles avaient dégoté de pareilles tenues ? Mais c’est la première fois ( et la seule fois d’ailleurs ) que je voyais ma maman et ma marraine en short ! Rien n’avait été laissé au hasard … chapeau, casquette et postures équivoques. Pas de doute, elles cherchaient à provoquer … ou du moins à séduire.

La photo a été très vite développée au petit magasin de souvenirs de la Place du Wez, et envoyée promptement, chez les maris respectifs.

Vous pouvez aisément imaginer l’émoi que cette photo a suscité dès sa réception !

Stephan et Jean n’en revenaient pas d’une pareille trahison. Ils grognaient et vociféraient, à qui voulait les entendre, que « ça ne se passera pas comme ça ». Ah, non ! L’expédition punitive a été programmée dès le lendemain matin. Ils ramèneraient leurs femmes à la maison sur le champ et sans discussions possible. C’est dit.

Évidemment, à Comblain, tous les adultes étaient au courant de la farce. Tout le monde connaissait les deux malheureux ( mâles heureux ), tous imaginaient la réaction épidermique que cette photo allait engendrer. Tout le monde attendait l’arrivée imminente des maris abusés. On riait déjà à l’avance.

Comme prévu, Jean et Stefan, les mines graves et les visages fermés, ont débarqué sur le gravier de l’entrée du parc dans un crissement de pneus qui en disait long sur leur détermination. Mais dès le premier contact, dès les premiers sourires qu’ils ont croisés, ils ont compris que ce n’était qu’une blague, et qu’elle avait pour but de les faire enrager … et que c’était réussi. Très vite, c’est tout le staff qui était autour d’eux pour les embrasser et les rassurer. Ils n’avaient rien à craindre … tout était normal à Comblain-la-Tour ; aucune dérive, aucun écart à la moralité, rien que des adultes qui trouvent un peu de temps pour s’amuser malgré la masse de travail.

Jean et Stefan sont quand même restés la journée entière à Comblain … pour être sûr ! Et finalement, après quelques verres et beaucoup de rires, ils sont repartis chez eux rassurés … enfin presque. Mais connaissant mon papa et mon parrain, je ne doute pas que le trajet de retour, fut l’occasion de « râler sec » ! L’histoire ne s’est pas terminée avec la fin des colonies. Cette photo a encore été évoquée souvent. Anna et Martha n’hésitaient pas à l’utiliser pour semer régulièrement le doute dans la tête des deux maris.

J’aimerais beaucoup profiter de cette anecdote pour rendre un vibrant hommage à Mr et Mme Dudziak.
Ce couple exemplaire détient un record qui sera difficile de battre. En effet, parents d’une famille nombreuse ( ce qui à l’époque était plus courant qu’aujourd’hui ), ils ont élevé 10 enfants dont 8 ont été membres du KSMP de Mons. Ce qui fait d’eux, les plus grands contributeurs au potentiel humain de cette formation.

La plupart des enfants du couple sont passés par Comblain-la-Tour, soit en colonie, soit lors des Majówki, soit pour venir assister leurs parents qui n’ont jamais pris pour prétexte d’avoir beaucoup d’enfants pour ne pas contribuer à l’effort commun. Au contraire, ils étaient présents, disponibles et efficaces aux cuisines et partout où on avait besoin d’eux. Les photos en annexe en témoignent.

Quant à la « tribu » … tout le monde se souvient de Maria, Eva, Każa, Anna, Janek, Thérèse, Jeanine et Patricia avec qui nous avons passé de si bons moments. Pas mal pour une seule famille …

À titre plus personnel, je leur dois beaucoup. Ils ont été Ma famille.

Quant aux photos 1.017 et 1.018, qui pourrait nous expliquer à quelle farce ou à quelle plaisanterie elles se rattachent ?

11/12/2017 – JP Dz

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1.013 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le fond du parc : Madame Martha Sladecka ( épouse de Jean Dziewiacien ), ma maman ; Madame Anna Konska ( épouse de Stefan Dudziak ), ma marraine.
1014
1.014 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant la cuisine : Monsieur Stefan Dudziak ; Madame Anna Konska, son épouse ; Madame Maryska Młynarski ; Thérèse Dudziak ; Patricia Młynarski.
1015
1.015 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le quai de la gare : Devant : Jeanine Dudziak ; Patricia Dudziak ; Thérèse Dudziak ; Derrière : Madame Dudziak ; Madame Bardo ; ( ? ) ; Madame Dziewiacien.
1016
1.016 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : Monsieur Stefan Dudziak ; Madame Veronica Załobek ; ( ? ) ; ( ? ) ; Madame Bernadette Rozlack ( épouse d’Adam Ogonowski ) la maman d’Eveline et de Dominique ; Monsieur Léon Czak ; ( ? ) ; ( ? ) ; Madame Bardo.
1017
1.017 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans une chambre : Monsieur Szczypanski.
1018
1.018 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant l’Ourthe : Pan Jan ; ( ? ).

 

0147 – 1959 – Jazz à Comblain-la-Tour

J’imagine aisément ce que l’annonce de l’organisation d’un festival international de Jazz dans le petit village de Comblain-la-Tour a dû produire comme effet sur les comblinois. Je suppose que l’enthousiasme des uns devait le disputer au scepticisme des autres. Que dire quand ils ont appris que « Le bénéfice sera réparti entre l’église et les différentes œuvres et sociétés de Comblain-la-Tour » ?

Qui plus est, les noms des participants commençant à filtrer, il s’est vite avéré que c’était la fine fleur du jazz international qui serait représentée là. J’ignore si cela a vraiment été le cas, mais le journal local « Les Échos de Comblain » affirmait, dès le mois de mai 1959 que : « Tous les artistes se produiront gratuitement » ! ( document « Echos_Comblain_1959_05_mai » ).

Les doutes n’ont pas eu beaucoup de temps pour s’installer. Une organisation à l’américaine, menée rondement par Joe Napoli, a vite fait de définir les détails de l’évènement : ce sera donc le 2 août 1959 de 11 h du matin à 11 h du soir sur le terrain de football !

Pour bien affirmer le caractère international de ce festival, 10 pays y seront représentés : les USA, la Colombie, l’Italie, la France, l’Allemagne, l’Égypte, la Jamaïque, la Grande-Bretagne, la Belgique ( évidemment ) et … la Pologne ( déjà ! ). Les artistes seront très nombreux et parmi les plus connus d’entre eux, on peut citer : Chet Baker ; Romano Mussolini ( fils du Duce ) avec sa fiancée la chanteuse, Anna Maria Scicolone, qui n’est autre que la sœur de Sophia Loren ; Ricardo Castro ; le Hot-club de Varsovie ; un orchestre de soldats américains casernés en Allemagne ; les compagnons du Jourdain ; …

La Belgique sera brillamment représentée par Jacques Pelzer ; Benoit Quersin ; Fats Sali ; Jean Saint-Paul ; etc … Et pour ajouter une touche de folklore local, une élection de « Miss Festival de jazz » sera organisée. La soirée se terminera en apothéose par un grand feu d’artifice et un bal de nuit. Le tout pour 50 francs Belges ! ( Pour les plus jeunes d’entre nous, 50 francs = 1,24 euros ).

Citons également quelques autres artistes qui étaient présents sur scène : Robert Jeanne ; Milou Struvay ; Félix Simtaine ; Sadi ; Christian Kellens ; Philip Catherine ; Janine Michel ; Marcel Van Snik ; Bent Jaedig ; Geo Steen ; Lilian Terry ; Jump College Band ; et Léo Souris et son orchestre qui jouera un concerto écrit pour Comblain.

Malheureusement, une invitée surprise – et qui n’était franchement pas la bienvenue – s’est conviée à la fête … la pluie ! Ce jour-là, il va tomber 12 litres d’eau au m² … mais les festivaliers résisteront. Ils seront 8.000 pour une seule journée. Quant à la pluie, elle deviendra presque une attraction de Comblain ; on dira : « Comblain sans pluie n’est pas Comblain ». Et tant pis si le terrain de football est devenu très vite un véritable bourbier.

 Malgré tout, le coup d’essai s’est transformé en coup de maître. Tous les commentaires qui ont suivi cette journée exceptionnelle vont aller dans le même sens, « Encore » « Bravo » et « Merci » ( voir documents : Echos_Comblain_1959_09a_septembre et Echos_Comblain_1959_09b_septembre ). Joe Napoli, lui, sera triplement remercié et fêté. Le comité du Festival et le Conseil de Fabrique lui offriront chacun un cadeau, quant à l’Administration communale, elle lui conférera, par la bouche de son Bourgmestre, le titre de « Citoyen d’Honneur ».

 C’était le premier festival de jazz de Comblain-la-Tour … c’était 2 ans avant que la communauté polonaise achète l’Hôtel du Parc pour en faire une colonie de vacances pour ses enfants.

 Si vous voulez vous mettre dans l’ambiance, je vous encourage à écouter les 2 extraits ci-dessous :

 https://www.youtube.com/watch?v=z4PKzz81m5c&index=3&list=RD2Ynn3mzC2E4 = Chet Baker

https://www.youtube.com/watch?v=xTL0I-X8j6w = Lilian Terry

 04/12/2017 – JP Dz

1005_jazz_1959
1005 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Le terrain de football envahi par les festivaliers.
1006_jazz_1959
1006 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Joe Napoli en route vers Comblain.
1007_jazz_1959
1007 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Quelques-uns des artistes présents au festival – recto.
1008_jazz_1959
1008 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Quelques-uns des artistes présents au festival – verso.
1009_jazz_1959_Chet_Baker
1009 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Chet Baker.
1010_jazz_1959_Lilian_Terry _Jacques_Pelzer
1010 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Lilian Terry.
1011_jazz_1959_Léo_Souris
1011 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Léo Souris.
1012_jazz_1959_Léo_Souris_2
1012 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1959 : Jazz à Comblain-la-Tour : Pochette de disque.
Echos_Comblain_1959_05_mai
Extrait des Echos de Comblain : Mai 1959.
Echos_Comblain_1959_07_juillet
Extrait des Echos de Comblain : Juillet 1959.
Echos_Comblain_1959_09a_septembre
Extrait des Echos de Comblain : Septembre 1959.
Echos_Comblain_1959_09b_septembre
Extrait des Echos de Comblain : Septembre 1959.