0064 – La villa Joujou

Si vous êtes de ceux qui pensent que ce sont les garçons qui faisaient les pires bêtises à Comblain … vous vous trompez ! Les filles étaient capables d’en faire de fameuses aussi. Elles étaient même parfois « pires » que les garçons. Si, si.

L’histoire que je vais vous raconter est véridique. Elle m’a été soufflée et confirmée par plusieurs « participantes ». Mais rassurez-vous, je ne citerai aucun nom. Il n’y aura – non plus – aucune photo personnelle pour accompagner ce texte. Même si, après tout ce temps, il y a prescription, je ne voudrais pas torturer inutilement celles qui ne sont pas tout à fait en paix avec leur conscience et dont la culpabilité tiraille encore un peu. Pour les autres, celles qui faisaient partie du groupe et n’ont aucuns soucis avec ce qui suit, s’il vous plaît, aidez-moi à préserver l’anonymat de toute la bande.

C’était donc un groupe de filles, très unies autour d’une monitrice, appréciée et respectée. Elles allaient se promener, comme tous les autres enfants de la colonie, à travers le village et les alentours. Elles ne cherchaient pas forcément l’aventure et n’avaient pas forcément envie de la provoquer. Jusqu’au jour où …

Lors d’une balade vers Comblinay ( en direction du château de Fanson ), elles ont aperçu une sorte de villa qui les a intriguées. Un peu craintives au début, elles se sont finalement approchées pour voir la villa de plus près.

C’est vrai que l’édifice était particulier. L’environnement dans lequel il était posé lui conférait un certain cachet. On aurait dit un peu la villa du film « Shining » dans laquelle des apparitions subliminales font perdre la tête à Jack Nicholson. Bref, cette villa avait quelque chose de fascinant, d’attirant. Un vrai joujou. D’ailleurs, elle s’appelle comme ça : la villa Joujou.

Le lendemain, bizarrement, c’est dans la même direction que l’escapade du matin était programmée. Au lieu de flâner en cours de route, comme habituellement, les filles se sont hâtées d’arriver devant la villa. Elle était toujours aussi attirante, toujours aussi déserte. « Et si plus personne n’habitait là ? »

En tout cas, l’endroit semblait inhabité. Comme il n’y avait personne, ni dans le coin, ni dans les environs, nos aventurières se sont approchées encore plus près. Tout près. Il y a bien une petite voix intérieure qui leur disait : « Vous n’avez pas le droit d’être là ! ». Mais s’il fallait toujours écouter sa raison … on ne s’amuserait pas souvent. Et puis, l’endroit était abandonné, c’était sûr … enfin probable … enfin peut-être.

Le jour suivant, avant même que la monitrice ne dise aux filles où aller, spontanément, elles se sont retrouvées « par hasard » devant la fameuse villa. Ce jour-là, ce n’était plus le jour de se poser des questions ou de lutter contre sa culpabilité. « On devrait rentrer pour vérifier si c’est vraiment abandonné ». La porte était fermée. Elles ont essayé les fenêtres … mais c’était « juste pour essayer ».

D’ailleurs, une des fenêtres fermait mal, c’était bien la preuve du peu d’intérêt des propriétaires pour leur bien. En la poussant juste un peu … elle s’est ouverte. « Cette fenêtre-là n’attendait que ça ! ».

La première fille qui est entrée, par la fenêtre, avait quand même une certaine appréhension. « Ça ressemblait un peu à une effraction, mais quand c’est par la fenêtre, c’est quand même moins grave … non ? ».

Quand tout le groupe s’est retrouvé dans la pièce, elles ont commencé à visiter. Elles étaient quand même venues pour ça.

Il n’y avait pas grand-chose dans la villa. À peine quelques meubles et quelques bibelots. On aurait dit que les proprios cherchaient à faire croire que l’endroit était encore occupé. Mais la ruse était grossière et le subterfuge peu crédible. Ce n’est pas la boîte de cigares, posée nonchalamment sur le coin de la table, qui allait tromper nos investigatrices.

D’ailleurs, ces cigares, c’était de la provocation. On ne laisse pas des cigares comme ça … au coin d’une table. Passez à côté, sans en fumer au moins un, ce serait grotesque. En plus, ils étaient bons.

Quand elles ont eu fini de fumer, elles sont rentrées à la colonie, gentiment.

Le lendemain, les filles n’avaient plus envie d’aller de côté de Comblinay … pourquoi faire ?

Elles ont décidé de changer de terrain de chasse. C’est donc de l’autre de l’Ourthe qu’elles sont parties ; vers Fairon.

Chemin faisant, elles ont aperçu une villa pas trop moche. Il y avait même une piscine. La classe. Et … il faisait si chaud. Et … on aurait dit qu’il n’y avait personne dans la villa. Et … c’est « quand même moins grave de pénétrer dans une piscine privée que dans une villa ! » Le plus gros avait déjà été fait … Elles ont donc passé un très bon moment à nager dans cette piscine.

Les jours suivant, il a fait très chaud aussi. Cette piscine a beaucoup servi. Que des bons souvenirs quoi.

Et moi qui leur donnais le bon dieu sans confession …

30/05/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0358 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0359 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0360 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0361 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0362 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0363 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.

 

 

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Śpiewnik – 037 – Kukułeczka kuka

https://www.youtube.com/watch?v=gHQTyOeHbDg

Kukułeczka kuka
Chłopiec panny szuka,
Spozira przebira
I nosa zadzira.

Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !
Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !

Chłopcy moje chłopcy,
Co wy to dufacie,
Cy to w tej surduty
Co po jednym macie.

Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !
Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !

Poznać ci to poznać
Chłopca fanfarona,
Choć pusto w kieszeni,
Głowa najizona

Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !
Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !

Kukułecka kuka
Serce we mnie puka,
Głupi ten kawalir
Co z majuntkiem suka.

Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !
Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !

Pytaj dla kukułki
Ona wam odpowie
Że ten najbogatszy
Co ma dobrze w głowie

Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !
Kuku kuku, aaha aaha
Łodiridi łodiridi dyna, łodiridi dyna u ha !

0063 – Dans le parc

Quand je regarde cette carte postale ( 351 ) – dont la photo a été prise à partir du rocher de la vierge – j’ai l’impression d’entendre une petite musique … J’ai envie de me rapprocher un peu …

Plus je me rapproche, et plus cet air me paraît familier.

C’est bien ça … c’est Pierre … Pierre Bartnik. Il est occupé à jouer à la guitare : « les jeux interdits » … comme d’habitude.

Autour de lui, assises sur l’herbe, cinq ou six filles l’écoutent religieusement. Elles ont l’air d’être amoureuses. On ne sait pas si c’est le guitariste ou la musique qui les met dans un état pareil. Il a toujours autant de succès ce Pierre. À peine quelques mètres derrière, c’est cinq ou six garçons qui observent la scène … en râlant. Eux, ils ne sont pas des fans. Au contraire. « Si j’avais su qu’il suffisait de gratter une guitare pour séduire ». « En plus, il joue toujours le même morceau … ». « Au foot, il doit être nul … ». « Pour l’année prochaine, j’apprends à jouer de la guitare … ». « Ce n’est pas encore fini ce morceau ? ».

De l’autre côté du sentier, un peu en arrière, c’est le groupe des petites filles. Elles chantent la nouvelle chanson qu’elles ont apprise aujourd’hui : Piekna Hanisia. Le premier couplet ne pose plus de problème, mais à partir du deuxième, les petites filles s’emmêlent les pinceaux. La monitrice, pour les aider, s’efforce de mimer les paroles. On la voit tantôt sangloter, tantôt être heureuse. Il faudra encore répéter.

Sur le sentier, côté Ourthe, ce sont trois cuisinières qui se promènent. Elles ont enfin un moment de répit. Après une longue journée derrière les fourneaux, elles ont besoin de décompresser. Cette petite promenade quotidienne leur permet de se mélanger aux enfants ; elles adorent ça.

Dans quelques minutes, elles vont croiser Ks Kurzawa. Lui, il préfère l’autre sentier, celui qui longue le chemin de fer. C’est là qu’il avance lentement en lisant son bréviaire. Il est tellement concentré sur sa lecture, qu’il n’apercevra même pas les sourires polis de nos trois cuisinières.

Dans le fond du parc, c’est « l’arbre aux singes ». Les enfants l’ont surnommé comme ça parce qu’ils adorent monter dessus. Et comme tous les jours, il est habité. Aujourd’hui, ce sont des filles ; les cris stridents qu’on peut entendre de loin prouvent qu’elles ne s’ennuient pas.

Au centre du parc, sur la grande pelouse, une partie de l’herbe est déjà coupée. Mais le tracteur s’est arrêté … là … en plein milieu … sans raison apparente. Mais tout le monde sait que c’est l’heure de la pose pour Pan Jan. D’ailleurs, si vous regardez bien derrière le petit bosquet, vous verrez ses pieds allongés par terre. Il ronfle.

En passant autour de lui, les garçons du deuxième groupe font le tour et observent un silence respectueux. Eux, ils sont de corvée papiers. C’est-à-dire qu’ils doivent ramasser tout ce qui traîne dans le parc et ailleurs. Ce n’est pas la corvée la plus facile ; d’ailleurs ils ont pris du retard. Sans les encouragements du moniteur … et les menaces de recommencer demain … ils auraient déjà baissé les bras.

Plus près de la maison, ce sont plutôt des craquements secs qu’on entend. C’est le chef-moniteur qui a réquisitionné quelques grands garçons pour l’aider à préparer le feu de camp. La consigne, c’est de ramasser le bois mort. Mais quelques branches bien vivantes seront sacrifiées, même si elles résistent.

Tout doucement, l’édifice prend forme. Dans une heure et demie, tout le monde sera assis autour du feu. Les plus frileuses auront été chercher une couverture pour s’y abriter. On chantera beaucoup. On rira des sketches présentés, même si tout le monde connaît déjà la chute. Mr Bardo racontera une de ses histoires dont il a le secret. Pierre Bartnik nous jouera, pour la dernière fois de la journée, ses « jeux interdits ». Et il fera déjà très noir quand on entamera, de plus en plus doucement, de plus en plus faiblement, les dernières notes de la chanson : « Dobra noc… ».

23/05/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

PS : Ce post-scriptum s’adresse à Pierre Bartnik.

Mon cher Pierre, ne m’en veut pas pour ces quelques lignes. Nous savons tous très bien que tu jouais aussi autre chose que les « Jeux interdits ». Tout le monde se rappelle de Led Zeppelin et d’autres groupes mythiques que tu nous as fait découvrir et aimer. Et quand ces notes « différentes » résonnaient dans le parc, on savait que Pierre Bartnik était parmi nous … pour le plus grand plaisir de tous.

Bien sûr, les garçons étaient un peu agacés par le succès que tu avais auprès des filles. Elles te regardaient avec admiration. Nous, nous étions obligés d’attendre la fin du morceau de musique pour « réattaquer ». C’était frustrant.

C’est un peu pour « venger » tous les garçons que j’ai écrit ces quelques lignes en insistant sur les jeux interdits. Mais sois-en sûr, j’aurai infiniment de plaisir à te serrer dans mes bras si j’ai le plaisir de te revoir à Comblain … et je suis sûr de ne pas être le seul.

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0351 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue sur le parc à partir du rocher : Carte postale
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0352 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pierre Bartnik.
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0353 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Pierre Bartnik ; ( ? ) ; ( ? ) … à l’arrière, Pan Bardo.
0354
0354 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Pierre Bartnik ; ( ? ) ; ( ? ) … à l’arrière, Pan Bardo.
0355
0355 : COMBLAIN-LA-TOUR : En balade : Pierre Bartnik ; Eddy Nowicki.
0356
0356 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue sur le parc et sur le village : Carte postale en couleur.
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0357 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue sur le parc et sur le village : Carte postale en noir et blanc.

 

Śpiewnik – 036 – Upływa szybko życie

https://www.youtube.com/watch?v=sElKaBQdY9M

https://www.youtube.com/watch?v=0W3fZ7ParRY

https://www.youtube.com/watch?v=65RsH0kjocM

Upływa szybko życie,
Jak potok płynie czas,

Za rok, za dzień, za chwilę,
Razem nie będzie nas.
Za rok, za dzień, za chwilę,
Razem nie będzie nas.

I nasze młode lata,
Popłyną szybko w dal,

A w sercu pozostanie
Tęsknota, smutek, żal.
A w sercu pozostanie
Tęsknota, smutek, żal.

Więc póki młode lata,
Póki wesołe dni,

Niechaj przynajmniej teraz,
Nie płyną gorzkie łzy.
Niechaj przynajmniej teraz,
Nie płyną gorzkie łzy.

 

0062 – A toutes les anonymes

Nous, quand il faisait trop chaud et qu’on avait envie de se rafraîchir, nous avions plein de possibilités.

On allait patauger dans l’Ourthe … on trempait nos pieds dans le ruisseau du Boé … on se réfugiait dans l’ombre des bois … on improvisait des batailles d’eau … on s’arrêtait au café des sports, ou chez Tintin, ou à la buvette du camping … on se ruait sur les glaces à l’eau de Monsieur Bardo … ou on piquait un plongeon dans une piscine privée ( voir article à paraître prochainement. Tremblez jeunes filles ) mais elles, comment faisaient-elles ?

Entassées – à longueur de journée – dans cette minuscule cuisine, à préparer la soupe, à cuire les légumes, à rôtir la viande, comment faisaient-elles pour se rafraîchir ? Elles devaient vraiment souffrir des chaleurs des mois de juillet et d’août. Les avez-vous souvent entendus se plaindre ? Moi, jamais.

Je pense qu’elles se rafraîchissaient à nos sourires. Leur en avons-nous donné assez ?

Non seulement elles passaient leurs journées à nous préparer l’essentiel, mais étaient toujours prêtes à donner encore plus. Quand nous allions discrètement à la cuisine pour avoir un supplément de ceci ou pour goûter, avant les autres, un peu de cela, elles n’hésitaient pas à enfreindre les règles … juste pour nous faire plaisir.

Et quand la chef cuisinière se mettait à râler, on avait droit à un clin d’œil complice, comme pour dire « Ne t’inquiète pas, elle râle seulement pour la forme ». On ressortait, rassuré, en se disant qu’on avait des alliés dans la place.

Leur avons-nous dit, assez souvent, « Merci » ?

Parmi elles, il y avait les « vedettes », celles que tout le monde connaissait leur nom, parce qu’elles étaient très souvent là ou parce qu’elle était la maman d’untel ou la grand-mère d’unetelle, et puis les autres … les moins connues … les plus discrètes … celles qu’on appelait pudiquement « Pani kucharka prosze » parce qu’on ne connaissait même pas leur nom … celles qui restaient anonymes. Sans doute qu’elles aussi auraient aimé qu’on prenne la peine de retenir leur nom.

Combien d’entre elles ont fêté leur anniversaire, pendant les colonies, sans que nous leur chantions « Sto lat » ?

Et au moment du départ, quand l’émotion nous submergeait et qu’on serrait dans nos bras nos amis, nos petites amies, nos frères … combien d’entre nous ont pensé aller à la cuisine pour embrasser, une dernière fois, les cuisinières ?

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme un regret.

Si c’était à refaire … je les serrerais très fort … jusqu’à ce qu’elles comprennent qu’on ne les oubliera jamais.

16/05/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0344 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0345 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko dans le parc : Pan Jan ; Pani Veronika Załobek ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Ksiadz Kurzawa ; Ksiadz Czesław Kiek.
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0346 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0347 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Pani Veronika Załobek ; ( ? ) ; ( ? ).
348
0348 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
349_1976
0349 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1976 : Sur le perron : … ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Ksiadz Kurzawa ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0350 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2004 : Dans la cuisine : Jola Blazejczyck ; ( ? ).

 

0061 : Mr Rzemieniewski

Son visage nous est familier. À Comblain, il était omniprésent… mais pas seulement à Comblain. Il ne se passait pas une fête polonaise quelque part en Belgique sans que Mr Rzemieniewski ne soit présent. On savait de lui qu’il était le journaliste de « Narodowiec », mais il n’était pas que ça… loin de là.

Biographie de Mr Józef Nikodem Rzemieniewski par André Karasinski.

Józef Nikodem Rzemieniewski est né le 14 Janvier 1915 à Ciechanów dans une famille paysanne. Il a étudié l’économie à l’Université de Poznań. Durant ses études, il a fait son service militaire et est sorti de l’École d’infanterie avec le grade de sous-lieutenant. Cependant, nonobstant ses études universitaires, c’est le sort de son village qui était le plus important pour lui. Józef Rzemieniewski a été mobilisé en 1939. Il a pris part à la défense de Modlin. Puis, et jusqu’à la fin de la guerre, il est parti en captivité dans un camp de prisonniers, et finalement dans un oflag, en Allemagne.

En 1945, il est venu en Belgique où il a poursuivi les études entamées en Pologne et a obtenu le grade d’économiste. À l’université, il a mis sur pied l’« Aide fraternelle des étudiants polonais » appelée « Bratniak ».

Au sein de la communauté polonaise de Belgique, il a fondé, à Maurage en juin 1948, le premier cercle du Parti paysan polonais. [NDT : Polskie Stronnictwo Ludowe, Parti paysan polonais ou Parti populaire polonais, en abrégé PSL]. Il est devenu le premier président de PSL en Belgique.

En 1947, après le départ de Stanisław Mikołajczyk de Pologne, il a maintenu un contact permanent avec lui. En 1950, lors de la première assemblée générale du PSL de Belgique, Józef Rzemieniewski a été élu secrétaire. Au début des années 50, il a terminé de nouvelles études à l’Université Catholique de Louvain et est devenu titulaire d’une deuxième maîtrise en économie. Il était également intéressé par le journalisme. Il était, entre autres, le correspondant en Belgique du journal « Narodowiec » [«Le Nationaliste »] édité à Lens en France dans le Pas-de-Calais.

En 1954, en raison du mauvais état de santé de Stanisław Truchan, Józef Rzemieniewski devint, à nouveau, président de PSL en Belgique, et après la mort de Stanisław Mikołajczyk, président du Parti paysan polonais en exil. Il a occupé ce poste jusqu’en 1969.

Le principal champ de ses activités, outre le PSL, était le Comité central des Ecoles des Polonais libres de Belgique ( Macierz Szkolna Wolnych Polaków w Belgii ). Il était l’un de ses membres – fondateurs.

Durant 40 ans, il a été membre du Comité exécutif, pendant 9 ans comme secrétaire et pendant 22 ans comme trésorier. En 1984, après le décès de ce dernier, il a succédé au président Rudolf Wilczek.

Józef Nikodem Rzemieniewski a succombé à une crise cardiaque le 16 Janvier 1992 à Bruxelles.

Source :

Muzeum Dyplomacji i Uchodźstwa Polskiego Uniwersytetu Kazimierza Wielkiego w Bydgoszczy – Archiwum

http://muzeum.niezurawski.pl/jozefrzemieniewski.php

Mons, 09/05/2016 : André Karasinski

0060_ 1964
0060 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1964 – Les pionniers : Pan Jan ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Joseph Rzemieniewski ; ( ? )
0126
0126 : COMBLAIN-LA-TOUR – Devant l’escalier latéral : Mr Jóseph Rzemieniewski ; Ks Kurzawa ; Pani Ludka Merta ; Pan Jan ; …
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0181 : COMBLAIN-LA-TOUR : Mr Joseph Rzemieniewski ; Mme Koldziejka ( grand-mère Béatrice et Fabienne Laffut ) ; Mr Wochen ( père d’Hélèna, de Christiane ).
0340_1974
0340 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1974 : Juste avant un ognisko : Mr Załobek ( le papa de Francine et Georges ) ; Mr Józef Rzemieniewski ; Mr Wochen ( père d’Helena et de Christiane ) ; Mme Koldziejka ( grand-mère Béatrice et Fabienne Laffut ) ; … Zosia Król ; …
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0341 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1975 : Montée du drapeau : Mr Józef Rzemieniewski ; Daniel Pietka ; … ; Jerzy Bardo ; … ; Pani Bardo ; … ; Ksiadz Kurzawa ; les séminaristes ; …
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0342 : COMBLAIN-LA-TOUR : Narodowiec du 20/07/1978. Ce document exceptionnel nous a été fourni par Jef Rozenski ; Merci à lui.
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0343 : COMBLAIN-LA-TOUR : Narodowiec du 27/07/1977 : … ; Cécile Danielewski ; Philippe Pietka ; Elisabeth Kciuk ; …

 

0060 : Naissance du centre de vacances

Comment est né le centre de vacances du Comité central des Écoles des Polonais libres de Belgique ?

D’après le texte original rédigé en polonais par Józef Rzemieniewski et paru dans la revue Polecho en 1992.

Le Comité central des Écoles des Polonais libres de Belgique ( Macierz Szkolna Wolnych Polaków w Belgii ) [NDT : PMSz, dans la suite de cet article] a vu le jour en 1952. Son premier président fut Tadeusz Plater- Zyberk et il le resta jusqu’en 1956. Ce fut ensuite le docteur Rudolf Wilczek qui occupa cette fonction jusqu’à son décès en avril 1984 ; Józef Rzemieniewski lui succéda.

Toutes les organisations qui faisaient partie des comités scolaires existant dans les différentes régions devinrent membres de PMSz qui se fixa pour tâche la supervision des écoles locales et mit sur pied, à cet effet, un inspectorat. Dès le début, l’inspecteur fut le docteur Edward Pomorski.

Dans le cadre de son action, PMSz décida d’organiser des colonies de vacances pour tous les enfants des écoles. La première se déroula à Bouillon en été 1954. Elles furent ensuite organisées dans différents endroits : à la mer ou en Ardenne. Elles connurent un vif succès. C’est donc tout naturellement que germa l’idée d’avoir son propre centre de vacances. Outre le manque d’argent, l’absence de personnalité juridique de PMSz fut une autre difficulté à surmonter.

Après moult discussions, principalement avec des juristes, une organisation officielle fut créée sous le nom de « Macierz Szkolna Wolnych Polaków – Ośrodek Kształcenia i Wakacji » ( Comité central des Écoles des Polonais libres de Belgique – Centre de Formation et de Vacances ; Schoolcomite van de Vrije Polen van Belgie – Opleiding en Vacancie Centrum ). L’assemblée constitutive de cette organisation, durant laquelle les statuts furent approuvés, se tint à Bruxelles le 28 avril 1959.

Afin de maintenir le lien entre cette nouvelle organisation officielle et PMSz, ses membres furent les présidents des organisations faisant partie de PMSz, ou leurs délégués, ainsi que les membres du bureau de PMSz. Les statuts furent publiés au Moniteur le 6 juin 1959. Ensuite, il fallut partir à la recherche de l’argent nécessaire à l’achat du Centre.

C’est alors que naquit le projet de vente, auprès de la communauté polonaise de tout le pays, de petites briques symboliques de 100, 500 et 1.000 FB ( ± 2,5 – 12,5 et 25 Euros ).

Et de fait, cela a marché. Dans les régions, il y eut beaucoup d’acquéreurs, personnes privées ou organisations. Mais il se disait que cela serait mieux si PMSz trouvait un immeuble car alors chaque donateur saurait pourquoi il donnait.

Les recherches pour trouver un bien commencèrent. Le président Wilczek, le secrétaire Rzemieniewski et le recteur de la Mission Catholique Polonaise, le père Karol Kubsz, se mirent à sillonner la Belgique. Le père Kubsz fit par hasard la connaissance d’un agent immobilier. Ce dernier proposa d’abord un vieil immeuble sur les hauteurs d’Esneux et, quelques jours plus tard, à Comblain-la-Tour, cet hôtel abandonné qui est aujourd’hui le centre de vacances de PMSz. La rupture du compromis de vente, déjà signé pour Esneux, se fit sans paiement d’une indemnité et un nouveau compromis fut signé pour l’achat de l’hôtel de Comblain-la-Tour.

L’acte notarié fut signé le 4 janvier 1961. Le montant de la transaction s’élevait à :

1.500.000 FB ( ± 37.500 Euros ) pour la propriété,

200.000 FB ( ± 5.000 Euros ) pour les frais d’achat,

18.800 FB ( ± 470 Euros ) pour les frais de l’emprunt hypothécaire,

5.430 FB ( ± 135 Euros ) pour les honoraires de l’avocat et d’autres petites dépenses.

Soit un montant total de 1.724.230 FB ( ± 43.105 Euros ).

Et d’où venait l’argent ?

Selon le PV de la réunion de 19 février 1961, PMSz a déboursé 1.000.000 FB soit ± 25.000 Euros. Cette somme comprenait :

[FB] [EURO]
Emprunt hypothécaire 600.000 ± 15.000
Prêt sans intérêt de Mr. Mazuriec d’Anvers * 50.000 ± 1.250
Prêt d’une durée de 15 ans de Mr. Zaniewski d’Anvers * 100.000 ± 2.500
Vente des petites briques 273.525 ± 6.838

*Prêts obtenus par l’intermédiaire du recteur Kubsz.

Les fonds propres de PMSz s’élevaient à 250.000 FB soit ± 6.250 Euros.

À cette époque, le docteur E. Pomorski était le président de Związek Polaków w Belgii ( Union des Polonais de Belgique ) et il y fit la promotion des petites briques. En ce qui concerne le remboursement des dettes, PMSz avait le projet de lotir et de vendre une partie du parc. Accord fut signé avec l’agent immobilier qui avait servi d’intermédiaire lors de la recherche d’un endroit où créer le centre ; quelques parcelles furent même vendues et des arrhes versées. Mais il apparut que l’intermédiaire annonçait à PMSz des prix inférieurs aux prix réels. PMSz lui intenta un procès mais l’affaire tomba rapidement à l’eau suite à son décès provoqué par une crise cardiaque. Les sommes qu’il avait perçues à titre d’arrhes furent remboursées aux 10 candidats acquéreurs.

C’est à nouveau le père Kubsz qui vint en aide à PMSz. Il connaissait un monsieur âgé, un belge, à qui il parlait de l’action de PMSz et du centre de vacances nouvellement acheté. Ce monsieur fit un don de 200.000 FB soit ± 5.000 Euros. A la même époque, le père Kubsz fit la connaissance de Madame Zofia Zubel qui prêta à PMSz 500.000 FB ( ± 12.500 Euros ) [NDT : et qui, en plus, fit l’acquisition de la brique de 100.000 FB soit ± 2.500 Euros]. Tous les prêts furent remboursés aux échéances fixées.

On avait acheté un hôtel abandonné avec ses dépendances et un parc en friche. Il fallut nettoyer les chambres, trouver des lits, des matelas, du matériel de cuisine, nettoyer le parc. Vinrent alors travailler des retraités et ceux qui ne l’étaient pas encore : mineurs, ouvriers d’usine, ingénieurs, employés, professeurs d’université.

Monsieur Leon Czak a consacré beaucoup de temps à cette tâche. Messieurs J. Stefański, Z. Bardo et Kaźmierczak se sont efficacement attelés à la recherche des lits, matelas, ustensiles de cuisine. Le transport de tous ces meubles et équipements fut l’œuvre de Monsieur W. Bień. Il dénicha dans son usine un camion ad hoc et son chauffeur. En un mot, les premières colonies purent se dérouler, comme prévu, durant l’été 1961.

Il faut aussi souligner, en ce qui concerne les colonies, la collaboration développée avec la PMSz de la République fédérale d’Allemagne. Cette collaboration perdure jusqu’à aujourd’hui [NDT : 1992].

Encore deux mots à propos des finances des années 60, années durant lesquelles PMSz reçut d’autres dons :

  • 909 FB ( ± 2.022 Euros ) de la société « Pro Polonia » dont le président était le consul honoraire Karol Prus-Piołunowski, suite à l’arrêt de ses activités,
  • 398 FB ( ± 1.760 Euros ) des comités régionaux ainsi que du comité central, comités créés à l’occasion du millénaire de la Pologne catholique,
  • 000 FB ( ± 1.250 Euros ) de l’Évêque du diocèse de Liège,
  • 000 FB ( ± 2.500 Euros ) sous forme de subsides annuels de 15 à 20.000 FB ( ± 375 à 500 Euros ) de l’organisation « L’Aide à l’Église en détresse», pour laquelle travaillait le père Alfons Stopa.

Pour terminer, il faut mettre en exergue que les conditions qui présidèrent à la naissance du Centre de Formation et de Vacances de PMSz de Comblain-la-Tour sont la preuve que les polonais sont de bons gestionnaires lorsqu’ils sont maîtres de leurs décisions. C’est cette atmosphère qui a régné, et qui règne toujours, au sein de PMSz. [NDT : ce sont les paroles prononcées par Mr. Rzemieniewski en 1992].

Ses membres furent, et sont, les organisations indépendantes, les décisions furent prises en commun et, par conséquent, on était au courant dans les régions de ce que PMSz faisait et on ne fut pas déçu.

Malgré nos divergences politiques, nous avons tous travaillé ensemble, et nous continuons à le faire, afin que la Pologne soit libre.

Et puisqu’Elle est libre maintenant, notre effort ne fut pas vain.

Mons, le 02/05/2016 : André Karasinski

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0335 : Ksiadz Karol Kubsz
0336_Tadeusz  Plater-Zyberk
0336 : Mr Tadeusz Plater-Zyberk
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0337 : Dr Rudolf Wilczek
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0338 : Mr Józef Rzemieniewski
0339
0339 : COMBLAIN-LA-TOUR : La propriété achetée par la Macierz Szkolna.