0123 – … à la plage

Il n’y avait presque rien, là … juste un peu d’herbe, un peu d’eau, un peu de soleil … et pourtant, c’est là que nous voulions aller le plus souvent … On s’installait par terre – au milieu de rien – et on se laissait vivre.

Quand l’un d’entre nous avait pensé à rapporter une couverture, on était quinze à la partager. On passait notre temps à patauger dans l’Ourthe et ensuite à sécher, à lézarder au soleil. Quand l’un d’entre nous avait pensé à rapporter un essuie, on était quinze à se frotter « avec ». Quand l’un d’entre nous avait eu la bonne idée de rapporter une bouteille d’eau du robinet, on était quinze à boire au même goulot.

Il n’y avait rien, là … pas de toilettes, pas de confort, pas de cabine pour se changer, et encore moins de distributeurs de boissons ou de friandises. La colonie était loin et personne n’imaginait retourner jusque-là pour aller chercher ce qu’il aurait oublié. Pourtant, aussi loin que remonte ma mémoire, je pense – j’en suis même sûr – que personne n’a jamais eu l’impression qu’il lui ait « manqué quelque chose ».

Il n’y avait là ni balançoire, ni toboggan, ni tremplin pour plonger … Pourtant, personne ne s’y est jamais ennuyé …

Inutile de chercher sur les photos, vous ne trouverez ni crème bronzante protection totale, indice machin, ni lunettes de protection polarisées contre les UV, ni casquette pour se cacher du soleil. Quand le soleil tapait vraiment trop fort, on improvisait des couvre-chefs pour les plus petits avec toutes sortes de linges que l’on trempait dans la rivière pour plus de fraîcheur, le reste du temps … on ne mettait rien … ou alors, parfois, quand on en trouvait, on coupait de grandes feuilles de rhubarbe pour se les mettre sur la tête.

N’y cherchez pas non plus de spray contre les abeilles, de crème contre les fourmis, de lotion contre les démangeaisons. Il n’y avait là, ni pharmacie, ni boîte de secours, ni pansements … non pas que l’on ait été négligent ou insouciant, c’était juste la nature et nous. Tous les petits bobos se résolvaient la plupart du temps, d’eux-mêmes, on prenait sur soi, personne n’aurait songé à se plaindre pour quelques attaques de fourmis ou quelques piqûres d’orties. D’ailleurs, on nous disait que c’était bon pour la circulation, les rhumatismes, … aussi, on « souffrait » de bonne grâce et en silence …

Il n’y avait pas non plus, là, de « maître nageur agréé » … « l’agréation », c’était la confiance que l’on plaçait en nous et qui était la meilleure des garanties …

Personne n’envisageait de se protéger de la nature, de La protéger … et encore moins de La sauver. On faisait corps avec elle, on ne se sentait pas coupable de ce qui risquerait d’arriver si nos jeux improvisés nous amenaient à casser une branche ou à déplacer trois cailloux. On n’avait pas la naïveté de croire qu’on était maître de la nature ou que son sort dépendait de nous … non, on aimait simplement, véritablement la nature, à une époque où tout était évident et … naturel … c’est tout.

Il n’y avait là ni connexion, ni réseau, ni 3 G ou 4 G. On n’avait pas, non plus, internet pour nous dire quelle était la température, à un moment précis, à Johannesburg ou à Anchorage … et on s’en fichait pas mal parce que nous étions pleinement heureux d’être simplement là où nous étions ! On n’avait pas « d’appli » pour nous préciser à quelle altitude on se trouvait par rapport au niveau de la mer … et ce n’était pas trop grave, parce que ce qui nous importait, c’était de pouvoir nous asseoir ou nous étendre sur l’herbe, quelle qu’ait été sa position par rapport aux astres !

On n’était pas contraint d’envoyer ou de répondre à 145 SMS par heure parce que nos meilleurs souvenirs on les gardait précieusement dans un coin de notre mémoire pour pouvoir les raconter avec force de détails, on n’était pas obligé de « liker » la dernière blague ou le dernier potin de tel ou tel autre puisqu’on avait l’occasion de se voir en « vrai » et de se « charrier » en direct. Aucun d’entre nous n’avait envie d’user ses pouces à raconter à des « amis-qui-avaient-préféré-ne-pas-être-là » comment ça se passait ici … Nos amis, ils étaient autour de nous. On n’était pas connecté avec le reste du monde – c’était même plutôt l’inverse – et ça ne perturbait personne … bien au contraire !

On vivait l’instant présent. Personne n’avait apporté sa montre ; on comptait sur notre ventre pour nous avertir que c’était l’heure de rentrer pour manger. Et quand le soleil décidait qu’il en avait assez fait comme ça pour la journée, on rentrait, à la colonie, le cœur léger … Quant aux « followers » qui nous suivaient ( pléonasme ? ), ils étaient juste derrière, en chair et en os, en file indienne, sur l’étroit sentier qui nous ramenait chez nous … Il n’y avait là, rien de virtuel ; tout était simple, direct, concret et pourtant personne n’avait l’impression d’avoir perdu son temps … bien au contraire. On avait juste passé un bon moment à la plage.

19/06/2017 – JP Dz

0448
0448 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au bord de l’Ourthe : Richard Konarski ; Dominique Ogonowski ; Pierre Bartnik.
0803
0803 : COMBLAIN-LA-TOUR : Traversée de l’Ourthe : Piotr Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
0804
0804 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
0805
0805 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
0806
0806 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
0807
0807 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage : Carte postale.
0808
0808 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage : Carte postale.

 

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0073 – Promenade ( 13 ) : Le Chemin du Facteur

Ce qui est marrant avec les photos de promenade, c’est qu’on peut essayer de retrouver l’endroit où la photo a été prise. Ce n’est pas toujours simple. Pour la photo 420, j’ai retrouvé l’endroit. Là, c’était facile. Vous étiez à la sortie de Comblain-la-Tour, sur la N654, Route de Fairon, en direction de Fairon et Hamoir. Vous posiez sous le porche, juste à côté du Chemin du Facteur. Le site n’a pas changé ( photo 421 ).

Vous souvenez-vous encore de ce Chemin du Facteur ? Nous l’empruntions régulièrement.

Au bout du chemin, quand on allait vers la droite, c’était pour rejoindre la Route de Géromont. On pouvait ainsi aller jusque Comblain-au-Pont en passant par le haut. La vue y était splendide … mais l’itinéraire un peu long. Par contre, si au bout du Chemin du Facteur, on remontait tout droit, on aboutissait à « Delà les Monts » et la route nous entraînait vers les Stepennes et même jusqu’Anthisnes. Mais là, ça devenait franchement beaucoup plus long.

Sur la photo, il est impossible de savoir vers où vous alliez, ou d’où vous reveniez.

Les photos 422, 423, 424 et 425 livrent peu d’indice pour déterminer l’endroit où elles ont été prises.

Par contre, on peut y reconnaître des visages connus. Et en premier lieu : Alice Bardo. Si vous le permettez – une fois n’est pas coutume – j’aimerais adresser un message personnel à Alice : « Bonjour Alice. J’espère que tu vas bien. Si j’ai la chance que tu nous lises un jour, j’aimerais que tu saches que nous recevons régulièrement des demandes d’anciens qui souhaitent avoir de tes nouvelles. Nul doute que tu as laissé à Comblain des souvenirs impérissables. Si tu pouvais nous faire juste un petit coucou, ce serait super-chouette et beaucoup d’entre nous en serait très heureux ».

L’autre visage « hyper connu », c’est notre Francine Załobek nationale ! Inutile de la présenter … qui ne connaît pas Francine ? Mais j’avoue que de la voir si petite – si mignonne – et si … inoffensive, m’émeut.

Saviez-vous que Francine et moi, nous sommes nés à quelques heures d’intervalle ; la même année, le même mois, mais elle juste un jour avant moi. Du coup, depuis pas mal d’années, je lui téléphone le jour de son anniversaire – c’est-à-dire la veille du mien – pour lui chanter « Sto lat » et la taquiner sur le fait qu’elle affiche, à ce moment-là – et pour quelques heures seulement – un an de plus que moi. Francine l’a toujours pris, jusqu’à présent, très bien. Il faut dire qu’elle a un sens de l’humour exceptionnel.

Mais ne comptez pas sur moi pour vous dire son âge ou pour vous donner l’année de sa naissance. Vous me connaissez … je suis un gentleman. C’est une règle que je me suis fixée ( et à laquelle je ne dérogerai sous aucun prétexte ) « ne jamais dire l’âge d’une dame » … ce serait salaud d’ailleurs. Quant à moi, personnellement, j’ai 60 ans.

On reconnaît aussi, bien sûr, les deux sœurs Borowski, Annie, la blonde, et Hélène, la brune et Christine Nahorniak. Pour ces trois-là aussi, j’ai une tendresse toute particulière. Elles ont été, au sein du KSMP de Mons, parmi les plus actives. C’est une preuve de plus que Comblain a été le terreau le plus propice à l’épanouissement de nos consciences et de nos valeurs polonaises.

 Je ne connais pas les autres filles … pas encore. Vous pouvez nous aider à les identifier ?

Ces photos illustrent la mixité régionale qui était la norme à la colonie. Dans chaque groupe, il y avait des gens des quatre coins de la Belgique. Ici, par exemple, Alice Bardo venait de la région de Centre ( Bois-du-Luc ) ; Francine habitait Liège ( prononcez Liêche ou Lîdje), ou plus exactement de Montegnée ( prononcez Montegnéêéêéêée ), avant de se radicaliser et de rejoindre Verviers ; à l’opposé de la Wallonie, Annie et Hélène Borowski, et Christine Nahorniak, venaient d’Hensies à l’extrémité du Borinage, juste sur la frontière française. Je ne serais pas étonné que les autres venaient encore d’autres régions.

Cette mixité régionale est d’ailleurs la seule … Car vous l’avez sûrement constaté – et d’ailleurs, vous vous en souvenez très bien – pas question d’avoir des groupes mixtes. Les garçons d’un côté, les filles de l’autre !

Quelle époque bizarre … on préférait voir partir un groupe de filles, toutes seules, dans les bois … plutôt que d’imaginer que des garçons les accompagnent !

Aujourd’hui, le monde a changé … c’est fort différent … même les filles sont moins farouches ! Aujourd’hui, on ne prendrait plus le risque … ce serait trop dangereux … on aurait trop peur qu’il arrive malheur à … un quelconque candidat agresseur.

25/07/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

PS : Pour ceux qui en doutaient, Francine m’a autorisé à écrire ce qui précède … évidemment. Elle m’a juste prédit que sa vengeance serait terrible … qu’un jour sa colère se réveillerait et qu’elle exploserait … en attendant, nous avons, nous aussi, notre cellule dormante à Verviers !

0420
0420 : COMBLAIN-LA-TOUR : Route de Fairon au carrefour du Chemin du Facteur : ( ? ) …….
0421
0421 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2016 : Route de Fairon au carrefour du Chemin du Facteur.
0422
0422 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : ( ? ) ; Annie Borowski ; Hélène Borowski ; ( ? ) ; Alice Bardo ; Francine Załobek ; ( ? ) ; Christine Nahorniak.
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0423 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : Assises : Francine Załobek ; Hélène Borowski ; Christine Nahorniak ; Annie Borowski ; ( ? ) ; Debout : ( ? ) ; ( ? ) ; Alice Bardo.
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0424 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : Accroupis : Christine Nahorniak ; ( ? ) ; Hélène Borowski ; Debout : Francine Załobek ; Annie Borowski ; ( ? ) ; ( ? ) ; Alice Bardo.
0425
0425 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : Hélène Borowski ; Annie Borowski ; ( ? ) ; ( ? ) ; Christine Nahorniak ; Francine Załobek ; ( ? ) ; Pani Bardo.

 

0072 – Promenade ( 12 ) : Les Stepennes

Je ne vais pas vous torturer davantage. Je jour là, vous étiez à Anthisnes, et plus exactement dans le hameau des Stepennes, qui fait partie de la commune d’Anthisnes.

Ce petit hameau se trouve à 2 km au sud du centre d’Anthisnes, dans la campagne condrusienne, à l’orée des bois de Comblain, le long d’une route en cul-de-sac. Il se trouve à la limite des communes de Comblain-au-Pont et de Hamoir.

Au-dessus et au sud du hameau, la drève de Tolumont – située à une altitude de 260 m – compte deux monuments commémorant la seconde guerre mondiale. Le premier est une stèle consacrée à Nicolas Compère qui fut le premier résistant belge à être fusillé ( à cet endroit le 13 mai 1940 ). Le second rend hommage aux résistants belges, partisans russes et soldats américains ayant combattu pour la liberté.

D’où le petit indice caché que j’avais laissé discrètement dans le texte de la semaine passée : « Ça n’a donc rien avoir avec un acte de résistance… quoique… » ; qui d’entre vous l’avait repéré ?

Vous étiez donc aux pieds de ce monument. La preuve ! Les photos 415 et 416 montrent la stèle autour de laquelle vous étiez agglutinés sur les photos 410 à 413 de la semaine dernière. Ici, elle est moins « surpeuplée ». Seul huit enfants l’occupent encore. Du coup, on peut voir le mémorial en entier.

Sur l’inscription, au bas du monument, on peut lire : « Aux résistants belges, Partisans russes, Soldats américains ayant combattu pour la liberté à Anthisnes » et à gauche … un marteau et une faucille ! Tiens … Ks Kurzawa n’est plus sur la photo !

Voilà le mystère de l’endroit résolu.

Ce n’est pas une destination courante. Je ne me souviens pas d’y être jamais allé. Je suppose qu’il y a une bonne raison pour que toute la colonie se soit déplacée jusque-là. La présence – sur les photos 410 et 411 de la semaine passée – d’un homme que je ne connais pas et qui pose en uniforme de camouflage m’a un peu intrigué.

Après recherches, j’ai retrouvé le même type sur une autre photo ( elle aussi issue de l’album de Pan Bardo ). Il s’agit du responsable d’un groupe de « russes blancs » qui sont venus, en nombre et en délégation, à la maison polonaise durant les colonies de 1979. Cette visite a laissé comme trace quelques photos très jolies et … inattendues. Qui se souvient de cet épisode ? Et qui pourrait nous expliquer ? Merci d’avance.

La présence à cet endroit de toute la colonie s’explique alors comme une sorte de retour de politesse.

Ceci dit, « Le russe blanc, le prêtre polonais, le marteau et la faucille » on dirait presque le titre d’une fable de La Fontaine. Si cette fable existait quelle en serait la morale ? Et si c’était :

« On peut semer toute sorte d’idées,
Et rêver de les voir prospérer …
On peut planter des drapeaux,
Et soutenir qu’ils sont les plus beaux …
On peut s’emmurer dans ses convictions,
Et prêcher l’exclusion …
Mais le plus beau cadeau qu’on puisse faire à l’humanité
C’est cultiver le pluriel, la tolérance et la diversité ! 
».

18/07/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

0415_1979
0415 : Les Stepennes – 1979 : Devant le monument : (? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Stani Malec.
0416_1979
0416 : Les Stepennes – 1979 : Devant le monument : 13 x ( ? ).
0417_1979
0417 : Les Stepennes – 1979 : Dans les bois : Fabienne Laffut ; ( ? ) ; Pani Bardo ; Thérèse Spiewak ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski ;…..
0418_1979
0418 : Les Stepennes – 1979 : Dans les bois : (? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Gisèle Wojas ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
0419_1979
0419 : Les Stepennes – 1979 : Dans les bois : (? ) ; ….. ( ? ).

 

 

0071 – Promenade ( 11 ) : destination ?

L’avantage des photos de groupe, c’est qu’on y reconnaît beaucoup de gens. Sur la photo 410, vous êtes très nombreux. Et bon nombre de ceux qui s’y trouvent font déjà partie de notre communauté de souvenirs.

Il nous reste à identifier les autres, à les retrouver et les inciter à nous rejoindre …. Au boulot !

Mais vous rappelez-vous où cette photo a été prise ? Et dans quel contexte ?

Allez, ne trichez pas … n’essayez pas d’aller voir plus loin dans le texte, si la réponse s’y trouve. Concentrez-vous uniquement sur la photo 410. Alors ? Vous ne voyez pas ?

On dirait presque un groupuscule paramilitaire … Vous vouliez vous rapprocher des FARC ? C’est dans le cadre d’un jumelage avec la Colombie ? Ou alors, une tentative de radicalisation ? Non. Pas possible. Vous étiez trop gentils. C’est juste autre chose … mais quoi ? Mais où ?

Je vous donne un indice : c’était dans un bois ! Oui, je sais … c’est évident que c’est un bois … mais des bois autour de Comblain … ce n’est pas ça qui manque.

Un autre indice : c’était en 1979 ! Toujours pas … Vous faites vraiment l’effort de chercher ou bien vous me laisser faire tout le travail ?

Bon … la pyramide formée par le groupe devrait vous orienter … il y a forcément quelque chose sur lequel ceux de derrière sont montés. D’ailleurs, on voit un petit bout de quelque chose tout en haut. On ne voit pas grand-chose, je vous l’accorde.

Changeons de perspective. La photo 411, c’est la même chose, mais de côté. Ça vous inspire ? Si vous regardez bien, il y a comme un petit muret. Vous ne reconnaissez pas ?

C’est peut-être parce que la photo est en noir et blanc que ça vous trouble.

La photo 412 est en couleur. J’espère que comme ça, ce sera plus clair. Visiblement, c’est toute la colonie qui était – ce jour-là – en vadrouille ; même Ks Kurzawa. C’est rare d’avoir eu le prêtre avec nous en promenade.

Qui vient de dire : « Tant mieux ? ». Ne soyez pas dissipés … je vous rappelle qu’on cherche l’endroit où a été prise cette série de photos. Visiblement … la couleur n’apporte pas plus d’éclaircissement.

La présence de Ks Kurzawa – et souriant en plus – prouve qu’on n’est pas dans le cadre d’une révolte générale, suivi d’une fuite dans le maquis, pour échapper à une quelconque punition. Ça n’a donc rien avoir avec un acte de résistance … quoique …

Et la photo couleur de profil 413 ? Toujours aucun souvenir ? Bon, je n’insiste plus. J’espère seulement qu’au passage vous avez reconnu un maximum d’enfants, d’adolescents et d’adultes. Même Pani Bardo était là.

Je pense que – depuis le début – vous faites semblant de chercher … Vous vous dites : « La réponse est sûrement tout en bas de l’article … Jean-Pierre a sûrement fait des recherches … il suffit de se laisser glisser jusqu’au bout du texte et la réponse apparaîtra toute seule ». Eh bien, NON !

Puisque vous ne proposez aucune piste, puisque vous cherchez « mollement », vous n’aurez la réponse que la semaine prochaine. Voilà. Na !

11/07/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

0410_1979
0410 : ??? – 1979 : Quelque part dans les bois ?  … Georges Załobek ; … ; Elisabeth Rozenski ; … ; Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; Michel Konarski ; Cécile Danielewski ; Hélène Piech ; Richard Chwoszcz ; Irène Malek ( ? ) ; Freddy Motała ; Piotr Rozenski ; …
0411_1979
0411 : ??? – 1979 : Quelque part dans les bois ?  … Georges Załobek ; … ; Elisabeth Rozenski ; … ; Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; Michel Konarski ; Cécile Danielewski ; Hélène Piech ; Richard Chwoszcz ; Irène Malek ( ? ) ; Freddy Motała ; Piotr Rozenski ; …
0412_1979
0412 : ??? – 1979 : Quelque part dans les bois ? Ks Kurzawa ; Michel Konarski ; Piotr Rozenski ; …
0413_1979
0413 : ??? – 1979 : Quelque part dans les bois ? ( ? ) ; Georges Załobek ; Pani Bardo ; Richard Chwoszcz ; …
0414_1979
0414 : ??? – 1979 : Quelque part dans les bois ? ( ? ) ; Thérèse Spiewak ; Freddy Motała ; Hélène Piech ; Fabienne Laffut ; Cécile Danielewski ; Piotr Rozenski ; Richard Chwoszcz ; Georges Załobek ; Michel Konarski ; ….

 

 

0054 : Promenades ( 10 ) : Jeux dans les bois

Qu’y avait-il de plus agréable que ces journées passées dans les bois ?

Quand la chaleur de juillet et d’août devenait trop intense, nous n’avions que deux options, soit se mouiller, soit chercher de l’ombre. Les promenades dans les bois devenaient alors des destinations très prisées.

Il faut bien dire que nous avions le choix. Comblain-la-Tour est heureusement entouré de bois.

On pouvait aller à Xhoris par les bois, à Hamoir par les bois, à Comblain-au-Pont par les bois, à Xhignesse par les bois, à Anthisnes par les bois, et même vers le rocher de la Vierge par les bois.

Et même les autres destinations, comme Comblinay ou Fanson, nous offraient la proximité d’arbres pour nous abriter du soleil.

En plus, pour les enfants et les ados que nous étions, la forêt ça représente depuis toujours l’inconnu, la liberté.

Passer toute une partie de la journée sous les arbres, c’était le pied. Il fallait emporter avec soi les vivres.

Des pique-niques mémorables ont été organisés. Ensuite toute sorte de jeux étaient improvisés et occupaient le reste de la journée.

Quand le chef moniteur était motorisé – ce qui était le cas avec Zdziszek Blaszka – c’était plus facile. C’est lui qui apportait, à l’endroit du rendez-vous, et le casse-croûte et les équipements nécessaires pour les jeux.

Les photos 295, 296 et 297 illustrent une de ces journées chaudes qu’on préférait passer à l’ombre.

Ça devait être une journée très très chaude si on en juge par la tenue – très décontractée – des garçons…

Heureusement, les monitrices faisaient tout ce qu’elles pouvaient pour les hydrater.

Tout le monde à l’air de bien s’amuser…

Mais qui a inventé ces jeux ?

La question est d’autant plus importante que ce sont les mêmes jeux auxquels les « générations suivantes » ont joué. Les photos 295, 296 et 297 doivent dater de fin des années soixante, les photos 298 et 299 datent de 79 / 80…, c’est-à-dire, 15 ans plus tard, et on s’amuse avec les mêmes bêtises…

Il est clair que nous devions énormément à tous ceux qui nous ont précédés.

Dès le début des colonies, l’organisation en général a été pensée. Bien sûr, on s’est adapté aux circonstances, mais la trame n’a pas vraiment changé. C’est la même chose pour les jeux, les animations, les « ognisko », comme tout le reste.

Tout a été inventé très tôt et transmis de bouche de moniteur à oreilles d’enfants, qui devenus grands ont transmis à leur tour… et ainsi de suite.

C’est sans doute pour ça qu’aujourd’hui encore – 40 ans plus tard – nos souvenirs communs rassemblent et intéressent tant de générations différentes.

28/03/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0295 : COMBLAIN-LA-TOUR : Quelque part dans un bois : Raymond Mielcarek ; André Karasinski ; Zdzisław Blaszka ; …. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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0296 : COMBLAIN-LA-TOUR : Quelque part dans un bois : Zdzisław Blaszka ; …. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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0297 : COMBLAIN-LA-TOUR : Quelque part dans un bois : Bernard Pytel ; Zdzisław Blaszka ; …. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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0298 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Sur le terrain de volley-ball : Isabelle Swiderski ; … ; Thérèse Spiewak ; …
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0299 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de volley-ball : ( ? ) ; ….

0038 – Les promenades ( 9 ) : le rocher de la Vierge

Cette carte postale ( photo 201 ), en noir et blanc, est bien connue. Elle faisait partie des cartes postales qu’il était possible de se procurer chez Mr Bardo.

Écrire à ses parents pour les rassurer, c’était presque une obligation.

À cette époque-là, les GSM et autres gadgets technologiques n’existaient évidemment pas.

Très peu de parents étaient raccordés au téléphone ; alors pour communiquer, nous n’avions que ça … les cartes postales … et de temps en temps une petite lettre.

Du coup, les photos reprises sur ces cartes, on s’en rappelle très bien. Elles font partie de notre mémoire.

Le rocher de la vierge est un grand classique.

Il faut dire que cette falaise a toujours réveillé en nous des émotions multiples :

– le danger d’abord ; tous ceux qui l’ont gravie connaissent l’extrême difficulté de l’ascension.

– le courage ( ou l’inconscience ? ) ensuite ; braver le danger, monter malgré tout, faire fi de la difficulté, n’est-ce pas la définition de l’adolescence ?

– l’orgueil d’avoir vaincu la montagne.

– le plaisir de la transgression : « c’était interdit, mais nous l’avons fait ».

– le défi de raconter ses exploits à des adultes en insistant bien sur le danger …

Rien d’étonnant que cette image a eu du succès. « Regarde maman, on est monté tout en haut … ».

Rétrospectivement … j’ai des sueurs froides en pensant à tout ce qui aurait pu arriver. Quand on en reparle entre Anciens de Comblain, tout le monde s’accorde à dire que notre inconscience était infinie.

Combien de fois n’avons-nous pas fait escalader ces pentes abruptes à des enfants très jeunes. Je les vois encore s’agripper là à une touffe d’herbe, là à un buisson, là à un caillou … et arrivés, près de la vierge, se coller contre la paroi tellement le passage était étroit.

À ma connaissance, aucun accident n’est jamais arrivé. Sans doute que la Vierge veillait sur nous.

Je sais que ce n’est pas une bonne excuse, mais … tous les enfants qui ont gravi cette falaise en gardent un souvenir impérissable.

Personnellement, je suis monté là-haut pour la dernière fois en février 1989 ( j’avais 33 ans ) lors d’un week-end prolongé que nous avons passé, avec un groupe d’amis, à la maison polonaise de Comblain-la-Tour.

J’y suis allé seul. C’était comme un pèlerinage. L’ascension m’a paru encore plus dangereuse.

Mais arrivé au sommet, quel bonheur ! C’est de là que la vue sur la maison et le parc est la plus incroyable.

Je savais déjà que c’était la dernière fois que je montais ; que plus jamais je n’aurais l’occasion de contempler ce panorama si cher à mon cœur. J’ai mis longtemps avant de redescendre. En descendant, je me suis fait peur et j’ai pesté contre mon imprudence. Je me suis juré de ne plus remonter … et je suis devenu… « vieux ».

Le meilleur moment pour déplacer les montagnes, c’est l’adolescence.

07/12/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0201 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.
0202
0202 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.
0203
0203 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.
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0204 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge.
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0205 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.
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0206 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge.
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0207 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Piotr Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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0208 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge. : La Vierge et l’enfant. Cette photo a été prise par Jef Rozenski. Quand on connait l’endroit … on se demande comment Jef a fait pour prendre cette photo ?

 

 

0034 – Les Promenades ( 8 ) : La grande question ?

Richard Materna raconte :

Au départ d’une journée de colonie, après le déjeuner, les moniteurs recevaient leur ordre de mission.

Ni militaire, ni tout-à-fait désinvolte, il était le plus souvent question d’aller avec son groupe dans une direction plus ou moins précise, d’organiser un jeu quelconque, souvent laissé à l’initiative du moniteur, et de revenir pour le dîner ou, si c’était l’après-midi, pour le souper.

De temps en temps, le programme prévoyait une rencontre des groupes quelque part, une activité ensemble et le retour des deux groupes ensemble. Je crois même bien, que ce n’était pas un hasard, que la rencontre concernait plus un groupe de filles que de garçons, mais comme c’était le chef moniteur qui établissait la chose, il était évident que c’est comme cela que cela devait se faire. Pas d’autres questions.

Pas vraiment en rang, plus en bande, on est parti.

Je n’étais pas un bleu en ce qui concerne les activités avec les enfants. Une expérience de quelques années de responsable de patronage avec le curé de la paroisse me confortait dans mon activité de moniteur ( sous-moniteur pour l’occasion, même si je n’estimais pas juste de n’avoir pas un groupe à moi ).

Ksiadz Kurzawa a dit que j’étais trop jeune et inexpérimenté et Dieu avait parlé.

Au patronage, j’avais à faire avec des enfants de 7 à 10 ans qui ne posent pas de questions et qui s’amusent avec un rien ; les faire courir derrière une balle était pour eux un jeu extraordinaire. Soit dit en passant, qu’il y a aussi des grands et même des adultes qui courent derrière un ballon. Mais c’est dans un autre contexte et le fait qu’ils soient si bien payés pour le faire ne nous regarde en rien.

Ceci pour dire que, si je ne me posais pas beaucoup de questions, on ne m’en posait pas non plus.

Tout en marchant vers l’endroit qui m’a été vaguement indiqué, on papotait ; je rêvais en me demandant comment j’allais faire pour me trouver le plus près et à mon meilleur avantage à côté de la belle flamande brune à qui j’avais quand même réussi à faire comprendre qu’elle me plaisait.

Les garçons qui étaient avec moi avaient plus de 10 ans, et ils ne me considéraient pas vraiment comme un grand. Si Raymond était le chef, moi qui étais sous-chef, je ne leur inspirais pas une grande crainte, d’autant plus que la différence d’âge entre eux et moi n’était pas grande.

La contestation est venue de façon sournoise. Un des plus grands, je pense bien que c’était Serge, a commencé à dire que « Ces promenades sans fin tous les jours, c’était pas marrant ». Un autre est parti dans son sens en disant que « C’était ennuyeux de marcher et marcher ». J’ai répondu qu’on m’avait dit d’aller vers cet endroit et que c’était ce qu’il fallait faire.

Et la grande question est arrivée : « Pourquoi on doit faire ça et pourquoi tous les jours ? ».

 Il est assez simple de répondre par une bêtise quelconque à un gosse de 10 ans, assez facile d’ignorer la question avec un adolescent de 13 ou 14 ans, mais là, ils étaient tous en train de me regarder et attendaient ce qui allait se passer. Je me suis senti assez démuni. Je me suis dit que je n’allais pas régler le problème avec une réponse du genre : « On m’a dit de le faire et je le fais ».

J’avais assez peur de me faire déborder ; c’étaient des adolescents qui pouvaient partir sans moi en suivant l’un ou l’autre meneur. Le cercle s’est fait autour de moi et ils étaient assez contents de me voir coincé. Je me suis rendu compte que tous ne se sentaient pas concernés, deux ou trois seulement se réjouissaient de la chose.

J’ai commencé à me dire que moi aussi, je ne trouvais pas cela tellement marrant et je le pensais… ce qui me compliquait le raisonnement, alors que je cherchais une réponse pertinente à faire. J’ai commencé par dire qu’effectivement « Ce n’était pas marrant pour moi non plus, d’aller vers un endroit, faire un jeu et revenir. C’était un truc de gamin et que ce n’était pas un truc pour nous ».

Bon et alors… qu’est qu’on fait ?

 « On ne va pas faire comme ils veulent. On va s’arrêter ici et on fait un jeu ici » leur dis-je. « Qu’est ce que vous proposez ? »

J’ai vu des mines perplexes et pensives, mais comme j’étais de leur bord, l’idée de s’opposer à moi n’était plus aussi présente dans leur tête. Surpris par la question, ils réfléchissaient et ne trouvaient pas d’idée qui leur semblait valable.

Pour ne pas faire de temps mort et profiter de mon avantage, je leur propose de réfléchir à la question tout en continuant encore un peu à marcher.

Je crois qu’on n’est pas arrivé à l’endroit prévu, on s’est arrêté, on a fait un cercle et fait un jeu de mouchoir.

Les garçons ont oublié la chose, pour moi ce souvenir m’est resté, plus à cause de la peur qui m’a pris en me disant que pour une fois, que j’étais seul avec le groupe, je n’allais pas y arriver.

Mais j’étais aussi content de moi, d’avoir trouvé le moyen de les rediriger sans qu’ils s’en rendent trop compte.

Il m’est resté quand même le doute du bien-fondé de ces promenades, cette idée d’aller et revenir sans vraiment de but à atteindre autre que perdre son temps.

J’étais certain de tenir là une question existentielle.

09/11/2015 – Richard MATERNA

0177 : COMBLAIN-LA-TOUR : Départ ou retour d’une promenade : Accroupis : Pierre-Marie Pytel ; Marek Bujanowski ; ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; ( ? ). Le sous-moniteur : Richard Materna ; le moniteur : Raymond Mielcarek ( collection Zdzisław Blaszka ).
0177 : COMBLAIN-LA-TOUR : Départ ou retour d’une promenade : Accroupis : Pierre-Marie Pytel ; Marek Bujanowski ; ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; ( ? ). Le sous-moniteur : Richard Materna ; le moniteur : Raymond Mielcarek ( collection Zdzisław Blaszka ).
0178 : COMBLAIN-LA-TOUR : Promenade et arrêt au bord de la route : Un groupe en promenade ( collection Zdzisław Blaszka ).
0178 : COMBLAIN-LA-TOUR : Promenade et arrêt au bord de la route : Un groupe en promenade ( collection Zdzisław Blaszka ).
0179 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rencontre, au bord de la route, d’un groupe de filles et d’un groupe de garçons : Accroupis : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Paul Jędrzejczyk ; Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Jeanine Grajesz ; Irène Jamka ; Thérèse Sierkowicz ; François Chwoszcz ; ( ? ) ; ( ? ) ( collection Zdzisław Blaszka ).
0179 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rencontre, au bord de la route, d’un groupe de filles et d’un groupe de garçons : Accroupis : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Paul Jędrzejczyk ; Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Jeanine Grajesz ; Irène Jamka ; Thérèse Sierkowicz ; François Chwoszcz ; ( ? ) ; ( ? ) ( collection Zdzisław Blaszka ).
0180 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeu du mouchoir au bord de la route : Jurek Stoj ; …… ( collection Zdzisław Blaszka ).
0180 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeu du mouchoir au bord de la route : Jurek Stoj ; …… ( collection Zdzisław Blaszka ).