0350 – 1972 … et plus encore

Voici quelques photos inédites !

Elles datent majoritairement de l’année 1972, mais aussi des années qui suivent.

J’ai eu la bonne surprise de les trouver ce matin dans ma boîte aux lettres.

Avant d’arriver chez moi, ces photos ont voyagé … elles viennent de loin … et plus précisément de Maasmechelen dans la province de Limbourg. C’est Eduard Schladen qui a eu la bonne idée de nous les envoyer. Je dis bien « de nous les envoyer » car c’est précisément pour que NOUS puissions tous en profiter qu’il a décollé ces photos de son album de souvenirs et qu’il les a mis dans une enveloppe à l’adresse des Anciens de Comblain.

Je ne connais pas Eduard Schladen … sans doute que nous nous sommes croisés à Comblain-la-Tour dans les années 1970 … j’en n’ai pas de souvenirs précis. Plus que probablement, Eduard n’a pas non plus de souvenirs précis avec moi … Pourtant, depuis qu’il est tombé par hasard sur nos aventures et nos évocations sur le web, il n’a pas hésité à ouvrir son album et à me transmettre des photos auxquelles il tient énormément. Merci pour ta confiance Eduard.

Évidemment d’ici quelques jours, ces photos reprendront la route dans l’autre sens et reviendront à Maasmechelen … bien sûr. Personne ne souhaite spolier ceux qui nous font confiance. Et si je vous ai parlé de la démarche d’Eduard, c’est pour vous encourager à suivre son exemple. Nul besoin d’être des amis intimes depuis toujours pour se faire confiance … Il suffit de se rappeler que nous avons tous baigné dans la tendresse de Comblain pour être sûr que nous sommes devenus – tous – des gens bien.

Reste à commenter ces photos … à reconnaître sont qui sont dessus. Et pour ça … je compte sur vous.

Et joyeuses fêtes de Pâques à tous.

12/04/2022 – JP Dz

3.222 : 1972
3.223 : 1973 – en vacances ! Je ( Eduard Schladen ) me promène dans le parc avec notre fille de 7 mois !
3.224 : 1972 – Irene Malek, sa maman Maria Malek et madame Frayer, une amie ! La petite fille, c’est Karin Malek, environs « 3 ans ! ». Les tentes ( 3 ou 4 ) étaient placées juste derrière le parc, à coté de la petit route de promenade, le long du chemin de fer !!
3.225 : 1974 – Petra donne cours de tennis à notre fille Chantal ! Sur la chaise, Gina Malek !
3.226 : 1972 – Au fond du parc ! Vacances vraiment magnifique ! La tente au milieu et à droite de la famille Rowald-Fluder de Maasmechelen ( Eisden ) !
3.227 : Claudine Verheyden au milieu de la photo !
3.228 : Natascha Jeurissen ( à gauche ) et Chantal Schladen !
3.229 : Si je me souviens bien ! 2ieme de gauche : Silvie Brismez, fille de Madame Alice Bardot et le 4ieme, c’est David, le fils d’Alice,  3ieme : Chantal Schladen !
3.230 : Dans le parc !
3.231 : Karin Malek ( G ) et Chantal Schladen
3.232 : 1990 – Karin Malek fait un massage à Chantal Schladen

0349 – Premières notes de jazz à Comblain … en 1944

Il y a quelques jours, Monsieur Edmond De Koker nous avait expliqué comment il avait vécu 16 mois à l’hôtel du Parc durant la seconde guerre mondiale. Je lui ai demandé s’il n’avait pas d’autres souvenirs. Voici donc la suite de ses souvenirs … vieux de 79 ans !

À la lecture de ce qui suit, vous verrez que Mr De Koker ne croit pas aux coïncidences – moi non plus – et que c’est là, sur les hauteurs de Comblain, qu’il a découvert en 1944 … le jazz !

« J’ajoute que :

C’est tout à fait par hasard que je suis tombé sur votre site et les souvenirs vieux de 79 ans ( ! ) ans se sont réveillés. C’était la guerre on espérait tout le temps que le jour suivant ne serait pas plus mauvais que le précédent. Ce n’était pas à proprement parler des colonies de vacances, on n’était pas là pour s’amuser, même si aux récréations nous jouions. Les promenades extérieures étaient rares. Les jours se suivaient inlassablement, à l’abri des bombardements ( je ne me souviens pas d’une seule alerte lors du séjour – et il fut long ). Nous étions là pour soulager nos familles qui étaient en difficultés, en les déchargeant de nos frais de nourriture sans intervention financière. Dans le milieu qui fréquentait ces lieux il n’y avait pas à l’époque de matériel photographique, donc pas de photo de ces joyeux ( ? ) moments.

Mon dernier souvenir, plaisant celui-là, se déroula quatre à cinq jours après notre libération. Après avoir vu les américains passer de l’autre côté de l’Ourthe avec tout leur matériel en direction de Liège, nous fûmes invités à visiter Leur camp de repos. C’est en rang que nous traversons le pont en bois qui surplombait les ruines de l’explosé et nous montons la côte qui nous mène à Comblain Fairon. Là sur le sommet, à gauche de la route, dans les prés et les vergés, une étendue de tentes, de camions, de ces petits véhicules qu’ils appellent jeep, et d’autres véhicules disons plus guerriers.

Nous entrons dans l’enceinte et on nous invite à circuler librement dans le camp. Nous sommes immédiatement happés les uns et les autres dans toutes ces tentes et ils nous invitent à goûter à toutes leurs nourritures. On découvre ou on retrouve, les oranges, le chocolat, la viande en boîte, le coca ( qui ne nous plaît pas car il a un goût de produit pharmaceutique ), du pain BLANC ! mais que l’on trouve cotonneux après le gris collant, les paquets de chewing-gum ( ils doivent nous expliquer le fonctionnement car cette chose nous est inconnue ), bref c’est bombance ( il y aura quelques indigestions le soir ) ils nous remplissent les poches !

Mais nous découvrons autre chose, une autre nourriture, il y a de la musique partout, une sonorité, un rythme, jamais entendu. J’entends des voix de femmes un peu nasillardes, des ouwap-ouwaps d’un trombone, mes oreilles viennent de découvrir les Andrews Sisters et Glen Miller mais je ne le sais pas encore, bref je découvre le jazz et je ne le sais pas ( il n’y a pas de traducteur ! ), mais il ne me quittera plus.

Le retour vers l’hôtel sera bruyant, chacun voulant dire à l’autre ce que lui, a vu. À la soirée il y a quelques indigestions pour nos estomacs un peu malmenés par un excès auquel nous ne sommes plus habitués. Mais quelle belle journée dans nos oreilles et dans nos yeux lorsque nous les fermons recrus de fatigue.

Bizarrement, une dizaine d’années plus tard, je décide de partir en vacances en vélo avec un ami, nous voulons aller au Luxembourg en faisant étape dans les fermes, dès le premier jour nous n’en trouvons pas. Nous n’avons pas pensé que les fermes ne sont pas sur les grand-routes. Il fait noir au-dessus d’une côte, on voit vaguement quelques meules de foin, et des vaches qui toussent. Nous décidons de nous abriter au pied d’une meule et nous sombrons dans le sommeil. Au petit matin je me réveille et je constate avec stupeur que j’ai passé la nuit dans le camp des américains.

Coïncidence ! ? ! ? ».

Monsieur Edmond De Koker – 21/03/2022

0348 – de Juillet 1943 à Octobre 1944 à Comblain-la-Tour

Voici un récit MAGISTRAL qui est arrivé un matin sur le blog des Anciens de Comblain.

L’auteur – Monsieur Edmond De Koker – raconte comment à l’âge de 9 ans, il a séjourné pendant 16 mois à l’Hôtel du Parc – notre Centre Millennium – entre Juillet 1943 et Octobre 1944. L’hôtel était alors transformé en … colonie de vacances pour protéger les enfants des bombardements.

Monsieur De Koker nous plonge dans ce que fut sa vie sous l’occupation et comment lui et ses condisciples ont vécu l’arrivée des américains et la libération à Comblain-la-Tour.

Ce témoignage est très intéressant parce qu’il relate une période – celle de la seconde guerre mondiale – dont nous n’avions encore jamais parlé … par faute de connaissance, mais il est aussi particulièrement bouleversant ! En effet, il arrive à un moment où tant d’autres enfants souffrent à nouveau sous les bombes … où ces bombes tombent à quelques kilomètres à peine des frontières polonaises … où l’Europe à nouveau s’embrase … où il faut à nouveau sauver les enfants de la folie des adultes.

Voici le récit de Mr Edmond De Koker :

« Je revois les photos de l’endroit où, à neuf ans, j’ai vécu seize mois ( du premier juillet 1943 à la fin octobre 1944 ). Pendant la guerre, l’Hôtel du Parc a été occupé par des colonies de vacances, tout comme l’Hôtel du Pont de Comblain-la-Tour, pour écarter les jeunes des villes des risques de bombardements fréquents les nuits par les anglais et le jour par les américains.

Deux institutrices de Herstal s’occupent des cours et nous surveillent lors de nos jeux dans le parc d’où l’on aperçoit le Rocher de la Vierge. Médicalement nous sommes suivis par le docteur local que nous avions baptisé Docteur Rubiazol, du nom du médicament qu’il utilisait pour presque tous les maux, du mal de tête à la jaunisse.

À partir de juin 1944, débarquement des alliés, les déplacements des parents sont très rares et malaisés. Début septembre les troupes américaines s’approchent de Hamoir. Nous sommes excités, et, avec l’aide des institutrices et du personnel on bricole des drapeaux et des banderoles en papier aux couleurs de la Belgique ainsi que des Alliés.

Quand, catastrophe, on est prévenu que les allemands arrivent. On enfourne tout en vrac dans des caisses que l’on transporte sur le toit de la partie arrière de l’hôtel. Ouf, tout est caché à temps. C’est l’arrière-garde allemande, ils creusent trois emplacements le long de l’Ourthe qui longe le parc et d’où ils ont en enfilade la route Hamoir-Liège.

Tout le personnel civil et les enfants sont confinés dans l’hôtel. On tremble en espérant qu’ils ne montent pas sur le toit où sont cachés nos drapeaux. Le comble, on entend tirer des coups de feu dans les arbres du rocher de la Vierge, ce sont les résistants qui s’entraînent, et les allemands sont extrêmement nerveux.

Les enfants et le personnel de l’hôtel du Pont nous rejoignent et nous devrons dormir tous au sous-sol. Au milieu de la nuit, une forte explosion retentit des morceaux de béton fracassent des fenêtres et blessent quelques enfants sans trop de gravité. Les allemands viennent de faire sauter le pont.

Au petit matin, nous sortons. Les soldats sont partis les mitrailleuses n’ont pas été utilisées. Une voiture se présente à la grille, deux hommes avec mitraillettes couchées sur les garde-boue et deux autres sur les marchepieds arrières, au volant le docteur Rubiazol. Ce sont les maquisards qui viennent nous libérer.

On monte sur le toit récupérer nos drapeaux et nous les déployons pour saluer les américains qui passent sur l’autre rive en direction de Liège. Il faudra encore un mois avant que tous les enfants retrouvent leurs parents.

Pour ma part, je fus le dernier à retourner à Herstal avec les institutrices et sortant de la gare des Guillemins nous fûmes accueillis par les sirènes et survolé par un petit avion avec un tuyau qui pétaradait comme une vieille moto et qui s’écrasa un peu plus loin dans une énorme explosion. Nous venons de faire connaissance avec les V1 et comprenons que tout n’est pas fini ».

Edmond De Koker – 17 mars 2022

3.221 : Hôtel du Parc

0347 – A Venise

Suite de nos aventures italiennes par Malvina Rusowicz :

Nous n’eûmes pas que des déconvenues durant nos vacances italiennes. Ainsi à Venise, après l’inévitable traditionnel tour en gondole, nous marchâmes longtemps, trop heureux de retrouver le plancher des vaches.

Soudain le coin d’une ruelle plus commerçante offrit à nos yeux effarés, le plus inattendu des spectacles : Dans l’angle ombragé de la venelle, un gigantesque soupirail vitré nous livra le secret d’un atelier, où trois verriers travaillaient passionnément ! Ils se mouvaient en silence, prélevant la matière molle et brûlante, au bout de longues tiges pour la modeler avec une précision chirurgicale et des outils appropriés. Avec des gestes parfaitement synchronisés, ils alliaient imagination et compétence afin de créer « l’œuvre » dans le recueillement au fond de l’atelier en sous-sol.

Ces artistes évoluaient quasi religieusement autour d’un arbre, un arbre mort … de deux pieds de haut, tout au plus, avec des branches tristement dénudées après l’hiver.

Chaque homme s’ingéniait à lui insuffler un peu de vie en l’habillant délicatement de jeunes feuilles verdoyantes, de fleurettes fraîchement écloses, de nids minuscules habités par des oiseaux imaginaires qui veillaient sur leur couvée. Rien n’y manquait, ni les nervures du feuillage ni le relief des plumes et même, détail attendrissant, certaines coquilles d’œuf commençaient à se fendiller.

J’ignore combien de temps, nous restâmes agglutinés à la vitre, à vivre, le cœur palpitant, à la résurrection de l’arbre. Depuis lors, j’éprouve toujours la même émotion, quand j’ai l’occasion d’admirer un ouvrage en provenance de Murano.

Jerzyk ne nous avait pas accompagnés sur ce coup-là ; Avec des potes français, il pensait s’offrir une glace sur une terrasse, où l’on jouait du violon … Heureusement, ils ont aperçu les tarifs avant de commander et ils ont tous décampé comme un envol de pigeons.

Je ne suis pas tout à fait sûre de cette dernière anecdote, Georges Bardo était si excité en nous la racontant et moi, encore trop hallucinée par le travail de trois maîtres verriers.

29/11/2021 – Malvina Rusowicz 

3.218 : A Venise
3.219 : A Venise
3.220 : A Venise

0346 – L’avertissement de Biskup

Suite des récits racontés par Malvina Rusowicz :

L’avertissement de Biskup

Si notre arrivée à Loreto pouvait paraître cavalière, notre petit groupe de 7 s’est vite intégré. Nous formions dorénavant une fine équipe fort appréciée de tous. Nous étions inséparables et le staff des prêtres nous surnommait : Belgia. Il nous estimait car notre comportement était exemplaire, jamais, nous n’arrivions en retard aux conférences, ni aux messes, ni aux excursions, encore moins aux soirées dansantes ou récréatives. Actifs durant les débats, inventifs quand il s’agissait d’animer les soirées.

Jusqu’au moment où… on a vu Biskup Wesoły surgir inopinément dans la salle juste avant notre cours de chant. Exceptionnellement, il n’avait pas l’air content ; Oh que non ! Son regard sombre encercla l’assemblée, d’un geste auguste, il consulta sa montre et haussa le ton pour nous engueuler… « fréquentation des bars… consommation abusive de boissons alcoolisées… gueules de bois… absence aux cours… total manque de respect… et ça ne peut plus durer ! » !!!

Belgia gardait la tête haute de crainte que son auréole ne tombe par terre. Belgia savait bien se conduire ; Chaque jour sans faute, depuis notre arrivée, nous prenions l’apéro avant le repas de 13 heures à la terrasse d’un café vieillot au coin de la rue. Le rituel consistait à avaler UN verre d’un immonde breuvage nommé : « Vino rosso ». On s’en fichait, on ne connaissait rien en vin à l’époque, mais pour rien au monde, on aurait renoncé à prendre ce verre de l’amitié.

Le lendemain matin, la messe dominicale fut célébrée dans la somptueuse cathédrale de Notre Dame de Loreto. Et après, on nous laissa temps libre. Il pleuvait à seaux et ce caprice météorologique réduisait considérablement la sélection de nos loisirs… Et si nous allions nous offrir l’apéro au « Cafe do Brazil » sur la grand’place ? Malgré l’avertissement de Biskup, la veille, nous adoptâmes la proposition à l’unanimité.

Mes amis, quel luxe ! Partout, d’énormes bouquets de fleurs harmonieusement disposés, des banquettes tapissées d’épais velours bois de rose avec les tentures assorties et de grands miroirs aux murs ! Pour sortir de l’établissement, il fallait se frayer un étroit passage ménagé entre les chaises de la terrasse couverte bondée de monde qui fuyait l’orage. Et ainsi en file indienne, l’un après l’autre, nous aboutîmes à la table occupée par… tout l’état-major des curés qui consommaient de petites gouttes dans des petits verres !

Poliment, Belgia salua tout ce beau monde d’un : « Na zdrowie » acquiescé de quelques sourires en coin. Prises toutes deux en flagrant délit, je me demande quelle équipe se sentit la plus gênée à ce moment-là. Mais comme on dit : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Malvina Rusowicz

3.210 : Loreto 1976
3.211 : Loreto 1976
3.212 : Loreto 1976
3.213 : Loreto 1976
3.214 : Loreto 1976
3.215 : Loreto 1976
3.216 : Loreto 1976
3.217 : Loreto 1976

Commentaire :

Malvina a raison … nous « Belgia » jouissions d’une excellente réputation durant ces journées brûlantes de l’été 1976 à Loreto. Pourtant, au départ ce n’était pas gagné !

Nous n’étions que 7 à venir de Belgique cette année-là. Tous des anciens de Comblain et fiers de l’être. En face de nous, il y avait 80 autres participants … 1 français, 2 danois, 1 ou 2 polonais de Pologne … mais l’immense majorité des jeunes présents venait d’Angleterre avec leur staff, leur mode de fonctionnement et leurs habitudes.

Dès le premier jour de notre arrivée, alors que nous nous installions dans une des grandes chambres de garçons, en compagnie d’une demi-douzaine d’anglais, la « musculation » entre mâles a commencé. Enhardis sans doute par la force du nombre, nos nouveaux amis ont eu l’envie d’en découdre ; comme ça, gentiment, histoire d’imposer un « leadership » et d’asseoir une réputation. Restait à savoir qu’elle discipline allait servir au duel.

Rapidement, c’est le góralski qui fut choisi pour déterminer le vainqueur : le plus « viril » serait le candidat choisi par son pays qui serait capable d’exécuter le plus de ciseaux dans la position accroupie. J’étais serein et sûr de moi … trop. Jusqu’ici, c’était une de mes spécialités et je ne craignais personne. J’ai donc défié l’Angleterre …en affirmant que je ferais deux fois plus que leur champion. Mais … je ne connaissais pas mon adversaire et … il s’est avéré plus coriace que prévu.

J’ai donc été enfermé dans la salle de bain, pour ne rien voir, pendant que mon rival britannique s’appliquait. Par chance, tous les autres spectateurs comptaient si bruyamment, que j’entendais tout. Quand il est arrivé à 100 ciseaux, j’ai bien cru que mon orgueil allait me punir. Heureusement, il est tombé finalement à 106 ! Ce qui est prodigieux !

Quand on m’a enfin libéré, Marek Bujanowski m’a dit à l’oreille : « Ça va être terrible, il est très fort … ».

Je me suis appliqué à mon tour… avec toute l’énergie du désespoir. La victoire des belges en dépendait et sans doute que mon orgueil piqué au vif m’a soutenu dans l’effort. Finalement, je me suis écroulé après 215 ciseaux, pulvérisant mon propre record.

En parfait « gentleman », nos adversaires ont reconnu leur défaite et nous ont offert la bouteille de vin qui faisait l’objet du pari et, que nous avons bu tous ensemble. Une bouteille de vin à partager en 10 … c’était surtout symbolique. Après ça, les 7 petits polonais de Belgique ont inspiré le respect.

Aujourd’hui, quasi chaque matin, quand j’essaie d’enfiler mes chaussettes … je repense à cet épisode en me disant : « On ne peut pas être et avoir été » !

Jean-Pierre Dziewiacien

0345 – En route vers Loreto

Voici quelques anecdotes racontées et écrites par Malvina Rusowicz :

Au temps de notre jeunesse, il n’y avait pas seulement les jolies colonies de vacances à Comblain-la-Tour, il y avait également le « kurs Loreto ». Les voyages forment la jeunesse.

Un voyage mémorable

J’étais particulièrement heureuse cet après-midi-là entre Juillet et Août1976. La raison ? Très simple : d’abord, j’avais 20 ans (souvenez-vous en) j’étais hyper amoureuse, fraîchement fiancée de surcroît, et là à Bruxelles, sur un quai de gare surchauffé, je me préparais à partir en Italie en compagnie d’anciens colons de Comblain que j’aimais beaucoup : Annie, Zosia, Aline, Jean-Pierre, Marek et Jerzyk. Quelle agréable rencontre !

L’excitation de notre rencontre surprise et la perspective de passer nos vacances ensemble nous submergeaient de joie… Nous retrouvions à cet instant nos 13, 14 peut-être 15 ans, tant à nous raconter et l’envie de rire.

Alors, tous entassés dans le compartiment réservé aux filles (pas question de mixité à l’époque… chacun chez soi), dans notre compartiment donc, nous chahutâmes jusque très tard.

Tandis que nous nous remémorions nos frasques et nos aventures de Comblain-la-Tour, une nombreuse famille italienne prit possession du fief des garçons et dormait paisiblement à leur place. À la guerre comme à la guerre : nous nous sommes relayés tantôt pour somnoler brièvement, tantôt pour monter la garde dans le couloir.

C’est alors que… des grognements semblables à ceux d’un ours nous éveillèrent. Ouf ! Pas de plantigrade dans les parages. Seul un Jean-Pierre râlant, armé d’un petit couteau, agenouillé en plein passage dans l’étroit couloir et perquisitionnant son sac de voyage à la recherche du lapin que sa maman lui avait préparé pour la route. Ouh, qu’il était fâché ; car évidemment plus il grommelait, plus il nous donnait envie de rire. (je crois bien qu’il ne l’a jamais trouvé son lapin, mais nous qu’est-ce qu’on a rigolé).

Le lendemain matin, anéantis par le choc thermique, barbouillés par manque de sommeil, nous dûmes admettre que personne ne nous attendait, comme prévu, à la gare d’Ancona où nous venions de poser nos bagages. Par galanterie les garçons nous laissèrent nous reposer un peu, tandis qu’ils essayaient de se renseigner. Mais à mon avis, ils n’ont pas très bien compris…

Nous grimpâmes dans un antique tortillard tout droit sorti d’un épisode de « Don Camillo » : banquettes en bois clair verni, vues panoramiques du pays … direction Loreto. Le soleil, quant à lui, s’était fait la malle accentuant davantage l’atmosphère pesante et étouffante sous un ciel d’une noirceur inquiétante. Arrivés finalement en gare de Loreto, le chef de gare, nous indiqua que la pension se situait de l’autre côté de la colline dressée devant nous. L’ascension commença.

Personne ne disait mot, la fatigue, l’accablante température et puis quoi ? On traversait le cimetière local quand même ! Le chemin de croix sur la gauche nous permettait quelques minutes de pause devant chaque Station car la pente était raide et le sommet de la colline encore loin. Soudain une nuée creva et nous versa toute la pluie du ciel sur le dos en nous forçant à hâter le pas. Enfin, on entendit des voix, des joueurs de cartes s’engueulaient sous une pergola enguirlandée de vigne, dans une rue bien proprette et tranquille encore ruisselante de pluie. La sieste était terminée ce dimanche-là et le soleil commençait à nous sécher.

Encore quelques mètres et nous voilà enfin devant la « Casa San Gabriele ». Le prêtre qui nous ouvrit la porte nous informa que personne ne nous attendait avant le lendemain soir. Nos places étant réservées dans l’autocar français. Il y eut dysfonctionnement certes mais quel joyeux périple à Loreto, pas vrai les copains ? Le séjour qui s’ensuivit s’inscrit dans le top10 de mes plus belles vacances même si André m’a manqué un peu.

21/11/2021 – Malvina Rusowicz 

En route vers Loreto : Malvina Rusowicz et Annie Nowicki.
En route vers Loreto : Malvina Rusowicz et Annie Nowicki.

Jean-Pierre Dziewiacien :

Voyage mémorable ! Moi aussi j’avais 20 ans. Quand on y pense, entre Bruxelles-midi et Loreto, nous avons passé un paquet d’heures confinés dans ce wagon … mais j’en garde un souvenir délicieux. Comme quoi : être confiné ce n’est pas si terrible quand … on est en bonne compagnie. Par contre, j’ai complètement zappé l’épisode du lapin ! Pourtant, un lapin qui vous pose un lapin … c’est pas banal. J’aurai dû m’en souvenir.

0344 – Tout n’est pas dit …

« Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes, et qui pensent ». C’est par ces mots que Monsieur de La Bruyère commençait son ouvrage unique intitulé : « Les Caractères » en 1688 … ça ne l’a pas empêché d’écrire quelques-unes des plus belles pages de la littérature française.

« Tout est dit … » disait-il … pourtant depuis 1688, il y en a encore eu des écrivains, des romanciers, des conteurs, des diseurs et qui ont écrit, raconté et dit des choses fabuleuses. Des millions et des millions d’ouvrages sont parus … tous plus intéressants les uns que les autres.

Si on s’était arrêté à « Tout est dit » que n’aurions-nous pas perdu ?

Loin de moi l’idée ( très très loin d’ailleurs ) que comparer l’œuvre de La Bruyère à nos petits récits d’adolescents des bords de l’Ourthe. Pourtant, depuis quelque temps déjà, la tentation d’arrêter là ces évocations si lointaines, si nostalgiques, et de passer à autre chose me tourmente. Je me dis : « Tout a été dit … que pourrait-on encore ajouter ? ». Et puis – heureusement – dans un sursaut de lucidité, je repense à Monsieur de La Bruyère et surtout à tout ce qui a été écrit … après lui.

Il y a quelques années déjà, nous avons commencé ensemble à raconter ce que furent ces années d’insouciance. Si ces évocations nous ont paru si agréables, c’est qu’elles nous replongeaient dans un environnement dans lequel il faisait si bon vivre. Non pas pour fuir – ou critiquer – le présent, mais simplement pour soupirer d’aise en pensant à la chance que nous avons eue de vivre ça. Aujourd’hui, je n’ai pas le courage de refermer ce livre-là et de le ranger au fond du tiroir.

Alors, soyons-en sûrs tout n’est pas dit ! Au contraire … tout reste à dire.

Tant qu’il y aura, en chacun de nous, quelques souvenirs à partager, quelques anecdotes, quelques histoires drôles, ou pas drôles, à mettre en commun, tant qu’il restera à rappeler des détails, des fous rires, des émois, des fiertés et des déconvenues, tout ne sera pas dit.

Et inutile de faire le tri entre l’essentiel et l’anecdotique. Dans notre mémoire tout se mélange. C’est souvent l’anecdotique qui occupe le plus de place, qui nous fait le plus de bien, qui nous fait sourire bêtement, tout seul, mais qui est l’essence même de ce que nous sommes et de ce que nous avons été. Comment pourrions-nous croire que notre histoire commune s’arrête ici, s’il reste encore tant d’anecdotes à faire remonter à la surface ?

Surtout qu’entre temps, nous sommes redevenus une grande famille. D’ailleurs, on n’arrête plus de se souhaiter « bon anniversaire » et de se chanter « Sto lat » … c’est presque tous les jours. Nous avons retrouvé le sentiment d’êtres « entre nous ».

Alors voilà ce que je vous propose – ce sera un nouveau chapitre dans les aventures des Anciens de Comblain – : racontez-nous vos « petites » anecdotes … celles qui vous ont fait sourire, rire et peut-être pleurer. Ne retenez plus, rien que pour vous, ces petits incidents qui sont restés gravés dans le plus profond de vos souvenirs et auxquels vous repensez de temps en temps en souriant intérieurement. Partagez-les ! Lâchez-vous ! Osez ! Que risquez-vous ? Nous sommes entre nous !

Pour vous donner du courage, je vous invite à relire ce petit texte de Rudyard KIPLING ( celui du Livre de la jungle ) :

« Rire, c’est risquer de paraître fou …

Pleurer, c’est risquer de paraître sentimental …

Tendre la main, c’est risquer de s’engager …

Montrer ses sentiments, c’est risquer de s’exposer …

Faire connaître ses idées, ses rêves, c’est risquer d’être rejeté …

Aimer, c’est risquer de ne pas être aimé en retour …

Vivre, c’est risquer de mourir …

Espérer, c’est risquer de désespérer …

Essayer, c’est risquer de faillir …

Mais nous devons en prendre le risque !

Le plus grand danger dans la vie est de ne pas risquer

Celui qui ne risque rien … ne fait rien … n’a rien … n’est rien ! »

Rudyard KIPLING

Alors à vos plumes ! Nous avons hâte de vous lire.

18/11/2021 – JP Dz

Dominique Ogonowski :

1ère anecdote croustillante : les garçons étaient sortis au soir en cachette et à leur retour ils étaient un peu ( ou beaucoup ) bourrés, et j’ai vu Jerzy Bardo qui faisait pipi par la fenêtre du 2ème étage, c’était la chambre des garçons de la maison rouge.

Milczanowski Véronique :

Un beau soir, on avait décidé de mettre le bazar ( je reste relativement polie ! ) au camping en face ! Donc, armées ( nous n’étions que des filles : 3 il me semble… ) de notre courage et de dentifrice, nous avons traversé le gué de l’Ourthe que nous connaissions bien, et nous avons enduit de dentifrice les poignées des caravanes et des voitures, et nous avons enlevé les piquets des tentes…….

Je ne vous raconte pas l’appel, le matin, avec ksiądz Kurzawa !!!… Ni les cris du camping d’en face !!!

Weronika !!!!! Je ne sais pas comment il savait mais,….. il savait !

Et ma complice de toujours, Dominique, a été aussi appelée il me semble !

0343 – Mr Jean-Baptiste Czajkowski

Notre histoire commune déborde de souvenirs … Ces petites anecdotes … amusantes, rafraîchissantes et si tendres … nous replongent dans ce climat si particulier dans lequel nous avons tous grandi. Si notre mémoire a pris soin de les conserver au plus profond de notre cerveau, c’est qu’elle a estimé que c’était là le plus important.

Aujourd’hui, à l’heure de l’informatique dominante, à un moment où nous sommes tous confrontés quasi en permanence à nous demander « Qu’est-ce qu’il est utile de sauvegarder dans mon prochain back-up ? » … « De quoi aurais-je encore besoin demain … et après-demain ? », nous ferions mieux de nous inspirer de notre mémoire naturelle … celle dont nous sommes tous dotés … et qui nous distille lentement … naturellement tous les secrets dont notre équilibre à besoin.

Et si vous prenez la peine d’y réfléchir, vous constaterez que les choses les plus importantes sont finalement toutes ces « petites choses de la vie » qui nous ont fait sourire ensemble et qui ont rendu nos existences si douces … c’est le souvenir de ces moments de tendresse et de ces gens « ordinaires » qu’on a eu le privilège de croiser et qui ont pourtant rendu notre vie « extraordinaire ».

C’est exactement la mission que nous nous sommes donnés … faire revivre ces petits moments d’exception.

Et c’est Malvina Rusowicz qui souhaite aujourd’hui rendre un hommage à quelqu’un qui vient de nous quitter. Merci Marion.

Écrit par Malvina Rusowicz :

« Cette semaine, nous avons dit « Au revoir » à Jean-Baptiste Czajkowski, particulièrement dévoué au foyer du Père Kolbe. Homme aux nombreuses casquettes, tantôt bedeau, tantôt barman, homme à tout faire, toujours de bonne humeur et toujours prêt à rendre service.

Je souhaiterais lui rendre hommage, en racontant une petite anecdote, le concernant. Un 16 août, toutes les bonnes volontés et les moins bonnes aussi étaient invitées à donner un coup de main à la remise en ordre des locaux, au lendemain de la fête. Naturellement, Jean figurait en première ligne. Soudain dans la fièvre du rangement, un bruit se répandit : « Jean a perdu ses clefs ».

Abandonnant qui, casseroles à récurer, qui seaux d’eau savonneuse, nous sortîmes arpenter le carré de pelouse devant la cuisine. Nous marchions déployés ( comme vu à la télé ).

C’était folklorique… De son côté pani Andrzejczak ( Babcia Czajkowska pour les intimes ) et maman de Sonia, la mise en plis irréprochable, sa petite sacoche pendue au bras, comme je me la rappelle, les mains jointes, le visage grave, se mit à implorer en boucle : « Swiety Antoni, pomorz mi… Swiety Antoni, pomorz mi… »

Pour la suite, chacun se fera sa propre opinion. Le fait est que rapidement, Jean retrouva son précieux trousseau dans une grosse touffe d’herbe. Et ce fut encore une bonne occasion de trinquer à la santé de saint Antoine et de tous les saints ».

08/10/2021 – Malvina Rusowicz

3.202 : RESSAIX : Mr Jean-Baptiste Czajkowski entouré par : Monseigneur Szczepan Wesoły ; Ks Kurzawa ; …
3.203 : RESSAIX : Mr Jean-Baptiste Czajkowski menant la procession du 15 août ; derrière lui, son épouse Sonia ; …
3.204 : RESSAIX : Mr Jean-Baptiste Czajkowski menant la procession du 15 août ; derrière lui, son épouse Sonia ; …
3.205 : RESSAIX : Mr Jean-Baptiste Czajkowski menant la procession du 15 août ; derrière lui, son épouse Sonia ; …
3.206 : RESSAIX : Mr Jean-Baptiste Czajkowski entouré par les jeunes du KSMP.
3.207 : RESSAIX : Mr Jean-Baptiste Czajkowski entouré par les jeunes du KSMP.

0342 – Inondations 2021

Face à la catastrophe qui vient de frapper toute une partie de la Belgique – et plus particulièrement cet endroit si cher qu’est pour nous le Centre Millennium de Comblain-la-Tour – je tiens à témoigner aux responsables de la Macierz Szkolna toute notre sympathie et leur réaffirmer notre soutien.

Mais les paroles ne suffisent pas devant une telle tragédie.

Vous êtes nombreux à souhaiter faire un geste de solidarité… comme ceux que nos parents ont fait il y a 60 ans pour l’achat de la maison polonaise. Et donc, je suggère que chacun qui souhaite verser une somme, si modique soit telle, le fasse directement sur le compte prévu à cet effet par le Centre lui-même.

Le numéro de compte est :

IBAN : BE25 3630 7380 1882 BIC : BBRUBEBB – PMSz Millennium Comblain-la-Tour

Je propose que nous mettions tous comme communication : « Don des Anciens CLT ».

19/07/2021 – Merci, JP Dz

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