0153 – Ala i As

J’aimerai aujourd’hui vous parler d’une rencontre qui a marqué mon enfance … et la vôtre aussi. J’en suis sûr.

Moi, la première fois que je l’ai rencontrée, elle était debout avec son chien : « Ala stoi i As stoi »1.

Dès le début, elle m’a paru très sympathique. Nous avions à peu près le même âge … et les mêmes préoccupations. Nous étions à l’aube de nos existences mais j’allais enrichir la mienne  grâce au récit de sa vie et de ses aventures …

Ala aimait ses deux poupées Ola et Cela. Elle avait deux frères aussi, Olek – « Olek ma kolej i klocki »2 – et Janek avec qui elle allait «  do sklepu »3.

Parfois, ils mangeaient ensemble : « Ala je jajko i Olek je jajko – a co je kotek Olka ? »4.

Ala avait aussi une petite sœur, Ola : « To jest malutka Ola. Mama ją myje na noc ale ona jest senna. Mama utuli  ją do snu – luli luli – moja malutka »5.

C’était une famille formidable. Peu à peu, j’ai appris à les connaître. Ils avaient une vie ordinaire, comme nous. Ils allaient au cinéma, au parc et à l’école. Et quand Ala et Janek étaient enrhumés « Mama im smaruje noski »6.

En automne, ils aimaient aller chez leur amie Agatka ; là, il y avait des kurki, un kogut, une krowa, une koza avec sa petite kózka7 et puis surtout le vieux Morusek qui surveillait la maison.

C’est avec eux que j’ai appris à lire en polonais … comme vous … comme tout le monde.

Ala et ses aventures ont bercé notre enfance. Chacun d’entre nous se souvient parfaitement de ce petit livre, en format de poche, qu’on a tous reçu dès nos premiers cours à l’école polonaise : Elementarz.

Mais qui se souvient encore du nom de l’auteur ? et l’illustrateur ? En fait, le livret avait été édité à Londres. L’auteur en est un certain Marian Falski et l’illustrateur Wacław Borowski. Ont-ils seulement imaginé en écrivant ce petit manuel, combien ils allaient marquer plusieurs générations de petits polonais ?

Ce n’est pas seulement notre apprentissage de la langue polonaise qui trouve ici son origine, c’est le fondement de notre conscience collective. C’est ici, avec Ala, ses frères Olek et Janek, et tous les autres, que nous avons découvert notre appartenance à cette communauté.

Nul doute que c’est ici aussi, que se sont développées nos valeurs communes. Ala et les siens, nous ont montré une image rassurante d’un bonheur simple, paisible et respectueux. Ils nous ont donné le goût de perpétuer nos traditions et une certaine nostalgie d’un petit paradis perdu.

Ce n’est pas par hasard si Elementarz se termine par « Jaka wielka jest Warszawa ! »8.

15/01/2018 – JP Dz

1 : Ala est debout et As est debout
2 : Olek a un chemin de fer et des cubes
3 : Au magasin
4 : Ala mange un œuf et Olek mange un œuf – et que mange le chat d’Olek ?
5 : Ceci est la petite Ola. Maman la lave pour la nuit mais elle est fatiguée
Maman la borde pour dormir –  luli luli – ma toute petite
6 : Maman leur met de la crème sur le nez
7 : Des poules … un coq … une chèvre et son petit
8 : Quelle est grande Varsovie !

Pour relire l’intégralité de l’Elementarz, cliquez ici.

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1.045 : ELEMENTARZ : Première page.
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1046 : ELEMENTARZ : Page 5 : La petite famille d’Ala.
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1.047 : ELEMENTARZ : Page 8 : Ala et As.
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1.048 : ELEMENTARZ : Page 11 : Ala, As et Ola la poupée d’Ala.
1049
1.049 : ELEMENTARZ : Page 22 : Olek, le frère d’Ala.
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1.050 : ELEMENTARZ : Page 23 : Ala, Olek et le chat d’Olek.
1051
1.051 : ELEMENTARZ : Page 35 : La maman d’Ala et sa petite sœur Ola.
1052
1.052 : ELEMENTARZ : Page 46 : Janek, Ala et leur maman.
1053
1.053 : ELEMENTARZ : Page 51 : Agatka et son chien Morusek qui court après le coq.
1054
1.054 : ELEMENTARZ : Page 92 : Comment bien écrire toutes les lettres.
1055
1.055 : ELEMENTARZ : Page 93 : Comment bien écrire toutes les lettres.
1056
1.056 : ELEMENTARZ : Page 156 : Varsovie.

 

 

 

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0117 – Cours de danse ( 2 ) : Olga Zeromska

Le cours de danses folkloriques polonaises de 1972 à Comblain s’est merveilleusement déroulé.

Les séances de danses se sont succédé dans le réfectoire, dans le hall d’entrée, dans les couloirs et même dehors. Dès que la météo le permettait, Mme Zeromska n’hésitait pas à nous rassembler sur les pelouses du parc pour profiter du bon temps ; même si l’herbe n’est pas le terrain idéal pour danser.

C’est ainsi qu’il était fréquent d’entendre à l’extérieur, son célèbre et tonitruant « » qui ponctuait chaque début de mouvement. Nous dansions tantôt accompagnés par un accordéon, tantôt sur la musique, légèrement grinçante d’un vieux 78 tours. Les Krakowiak, Kujawiak, Mazurka et polonaises s’enchaînaient sans jamais nous fatiguer.

Madame Zeromska, notre chorégraphe londonienne, avait été sollicitée pour donner quelques séances de cours directement au KSMP de Liège. En effet, c’est celui-ci qui était géographiquement le plus proche de Comblain.

Donc, plusieurs soirées de suite, Mr l’abée Szymurski est venu la chercher à Comblain pour l’amener à la salle « Rue des Anglais » à Liège où se déroulaient les répétitions du groupe. Comme il restait de la place dans l’auto et que Mme Zeromska s’était prise d’affection pour nous, Eveline et moi avons eu le privilège de l’accompagner.

Les photos 758 et 759 datent du dernier jour des cours. Les valises sont déjà bouclées. Tout le monde est prêt pour le départ. Quand quelqu’un lance l’idée de faire une dernière photo, c’est le branle-bas de combat. On se met à plusieurs pour réaliser un panneau d’inscription pour immortaliser l’évènement. On essaie de rassembler un maximum de danseurs. Mais la discipline, qui a régné toute la semaine, s’est transformée en une joyeuse agitation.

Finalement, ce n’est qu’un petit groupe qui se réuni autour de la chorégraphe. Certains sont déjà partis, d’autres terminent leurs préparatifs, d’autres encore sont en train de se dire au revoir. Ce stage s’est merveilleusement passé. Tout le monde est content et souhaite revenir pour d’autres sessions. Malheureusement, il n’y en aura jamais d’autres.

Madame Zeromska aussi est très contente. Elle sait déjà – alors qu’elle pose sur ces photos – qu’elle va bientôt revenir en Belgique. Elle et les organisateurs du cours se sont mis d’accord pour faire une surprise aux jeunes. Mais pour l’heure, c’est un secret bien gardé.

C’est donc avec émotion que nous allons saluer et remercier Madame Olga. Et quand viendra l’heure des départs, les embrassades entre tous les participants n’en finiront plus.

Mais l’histoire ne se termine pas là ! En septembre 1972, c’est le festival des KSMP à Liège. Et quelle bonne surprise, Madame Olga Zeromska est là … Elle est revenue de Londres spécialement pour revoir « ses » jeunes. C’est l’euphorie.

Tous les KSMP vont se succéder sur scène. Et dans chacun d’eux, il y a eu des jeunes qui ont eu la chance de participer au cours de danse. Pour eux, danser devant Madame Zeromska avec leur groupe, c’est un honneur ; ils vont se surpasser.

Visiblement la chorégraphe est contente d’être là. À la fin du spectacle, elle montra sur scène pour dire combien cette expérience lui a plu.

Elle remerciera tout le monde et … dévoilera son petit secret : elle a fait préparer pour les participants au stade de Comblain-la-Tour un « diplôme d’instructeur de danses folkloriques ».

Les lauréats passeront un à un chercher leur distinction et embrasser une dernière fois Mme Zeromska.

Même si ce document n’a qu’une valeur très symbolique, je l’ai toujours conservé avec une tendresse particulière. Depuis lors, il m’est arrivé de glaner d’autres diplômes, mais celui-ci est différent ; il est chargé de tellement d’émotions positives qu’il reste mon préféré.

Il a rejoint dans un tiroir celui d’Eveline. Tous les deux, ils nous rappellent que ce sont nos passions qui nous ont réunis.

08/05/2017 – JP Dz

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0762 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1972 : Cours de danse : Dans le désordre : Mr et Mme Dziewiacien ; Mr et Mme Rusowicz ; Mme Veronika Załobek ; Mme Olga Zeromska ; Ks Kurzawa ; Franek Klimanowicz ; Géniu Perzyna ; Mme Bierczyk ; Janek Perzyna ; Malvina Rusowicz ; Géniu et Marek Bujanowski ; Alfred Materna ; Eveline Ogonowski ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Bernadette Lachowicz ; Franca Fisher ; Lydia Młynarski ; Lodzia Baum ; Thérèse Dudziak ; Christiane Bierczyk ; Alexis Łagocki ; Henri Bogbanski ; … ; ( ? ) …
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0763 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1972 : Cours de danse : Dans le désordre : Mme Veronika Załobek ; Mme Olga Zeromska ; Ks Kurzawa ; Franek Klimanowicz ; Géniu Bujanowski ; Alfred Materna ; François Lachowicz ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Bernadette Lachowicz ; Franca Fisher ; Lydia Młynarski ; Lodzia Baum ; Thérèse Dudziak ; Alexis Łagocki ; … ; ( ? ) …
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0764 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1972 : Cours de danse : « Swiadectwo Instruktora tańców ludowych » distribué – aux participants du cours de danse de Comblain – lors du festival des KSMP de Liège 1972.

 

0116 – Comblain-la-Tour 1972 : cours de danses folkloriques polonaises ( 1 )

En 1972, la « Macierz Szkolna » décide de mettre sur pied un cours de danses folkloriques à Comblain-la-Tour. C’est une première. Comme ce stage était destiné à tous les jeunes qui souhaitaient perfectionner leur connaissance de la danse polonaise, tous les KSMP se sont rués sur l’occasion.

Cette formation s’est déroulée du 19 au 27 août  1972. Elle a réuni des jeunes de tous les coins de Belgique.

Les KSMP de Ressaix, de Charleroi, de Liège et du Limbourg étaient présents ; mais les participants les plus nombreux venaient du KSMP de Mons et du groupe Wisła. La plus jeune d’entre nous, notre « mascotte », c’était déjà Betty Nowicki.

Ce n’était pas la première fois que tous ces jeunes se rencontraient, loin de là. Les occasions étaient nombreuses. On se voyait lors des pèlerinages à Montaigu et à Banneux, lors de rassemblements comme au cimetière de Lommel, ou pendant les colonies à Comblain, mais surtout lors des festivals des KSMP qui se déroulaient chaque année – et alternativement – dans une région différente.

Ces rencontres, aussi agréables qu’elles étaient, favorisaient néanmoins une certaine compétition entre les groupes et une espèce de rivalité, bonne enfant, teintée de chauvinisme et d’esprit de clocher animait les conversations.

Ce stage de danse à Comblain est venu tout bouleverser, tout changer : pour la première fois, tous seront mélangés et les divisions, les régions, les étiquettes n’existeront plus l’espace d’une longue semaine. Il n’y avait plus de Mons, de Liège ou de Wisła … Nous étions tous égaux, tous élèves, tous avides d’apprendre et prêts à partager l’expérience.

Parmi tous les souvenirs laissés par ce stage, un des plus touchants, des plus émouvants, aura été de voir un tel danseur de Wisła expliquer à une telle danseuse de Charleroi un pas qu’il avait su dompter ou d’observer une de « Ressaix » corriger un de « Mons », et vice et versa. Le tout dans une ambiance merveilleuse. La réussite de ce cours a été double : elle a permis d’apprendre à mieux danser et surtout à mieux s’apprécier.

Le courant est bien passé entre les jeunes et la chorégraphe, Mme Zeromska. Pourtant, le premier contact fut « difficile ».

Madame Olga Zeromska, c’était une chorégraphe, spécialiste des danses folkloriques polonaises à Londres où elle côtoyait l’élite de l’émigration polonaise ; ses élèves étaient tous issus des hautes sphères et la jeune aristocratie en exil qui se donnait rendez-vous à ses cours.

On les imagine aisément affichant une belle prestance, pleins de distinction et parlant un polonais impeccable … À Comblain, elle se retrouvait devant un groupe différent, joyeusement hétéroclite et disparate. Imaginez un groupe présentant autant de diversités physiques ( des grands, des petits, des châtains, des foncés, des minces, des plus corpulents, … ) que régionales et culturelles : certains parlaient un polonais moyen, d’autres le comprenaient à peine ; certains parlaient français, d’autres le néerlandais … mais, ils avaient cependant tous en commun d’être enfants de mineurs et de travailleurs.

À Londres, elle suscitait l’admiration et le respect. Ici, en Belgique, dans les yeux de tous ces jeunes, elle pouvait lire de la curiosité, voir une certaine méfiance ; bref, elle n’était pas en terre conquise mais elle se retrouvait devant une population qui ne lui était pas toute acquise …

Son premier mouvement fut de faire marche arrière et un long entretien fut nécessaire avec les organisateurs du cours de danse. On peut imaginer la déception de la chorégraphe et son désir de retourner à Londres mais heureusement, quand ils sortirent du bureau après cette mise au point, la cause était entendue : Madame Olga reste.

La première séance du premier cours put commencer. Pour se faire une idée générale du niveau moyen de ses nouveaux élèves, Olga débuta son enseignement par un pas très difficile de Mazurka.

Dès les premières minutes, elle stoppa les danseurs et je l’ai vu foncer sur moi, avec une certaine appréhension : « Où as-tu appris à faire ce pas ? », « Qui est ton professeur ? » …

J’ai été surpris, angoissé même, à l’idée d’avoir peut-être mal suivi ses instructions ; j’ai balbutié que je dansais au K.S.M.P. de Mons, et désignant Monsieur Edmond Łagocki, que c’était ce monsieur-là qui m’avait appris ce pas, comme d’ailleurs tout ce que je savais.

Mme Zeromska s’est précipitée sur Edmond pour l’assaillir de questions. Il a répondu qu’il était mineur de profession et que la danse, il l’avait apprise tout seul. Et que depuis, sa grande passion, c’était de partager.

En quelques minutes, elle a compris qu’ici, la noblesse elle venait du cœur et que cette aristocratie-là, valait bien toutes les autres. Elle a compris que finalement, ce serait plus facile que prévu, parce que ces jeunes avaient certes, déjà, un bagage non négligeable, mais qu’ils étaient surtout constitués d’un formidable élan de passion et d’enthousiasme !

Oubliées les différences et la méfiance, le cours a repris et ce fut inoubliable …

01/05/2017 – JP Dz

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0759 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1972 : Cours de danse : Eveline Ogonowski ; Mme Olga Zeromska ; Alexis Łagocki ; Mme Dziewiacien.
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0760 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1972 : Cours de danse : Franca Fisher ; Marek Bujanowski ; Jean-Pierre Dziewiacien , Lydia Młynarski.
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0761 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1972 : Cours de danse : Alfred Materna ; Jean Paluszkiewicz ; Bernadette Lachowicz ( ? ) ; Franca Fisher ; Marek Bujanowski.

 

0089 – Cours de moniteurs ( 2 ) :

Ces cours ont été organisés plusieurs années de suite. Malheureusement, il n’existe que très peu de photos pour témoigner du succès de ces formations. Beaucoup de jeunes y ont participé et en gardent des anecdotes cocasses.

Par exemple, un soir, nous avions décidé de faire le mur.

Pendant les colonies, la vigilance était de rigueur. On nous confiait des enfants, leur sécurité et leur bien-être dépendaient de notre sérieux. Aucun d’entre nous n’aurait abandonné son poste. Mais là … pendant les cours de moniteur … il n’y avait aucun enfant … à part nous. Se laisser aller à quelques enfantillages devenait séduisant. Et si de surcroît on pouvait un peu provoquer l’autorité, cela devenait franchement excitant.

Donc, nous avons organisé notre fuite en ne négligeant aucun détail.

Le soir venu, nous nous sommes rassemblés – dans le plus grand silence – au pied de l’escalier. De là, nous avons rejoint, à pas de loup, une fenêtre que nous avions pris soin de laisser ouverte. Toujours dans le plus grand silence, nous avons escaladé la fenêtre. Une fois sur le gravier, avec d’infinies précautions, nous nous sommes dirigés vers le parc.

Quand nous avons échangé nos premiers mots – tout bas – nous étions déjà loin de la maison. La suite du plan consistait à passer au-dessus de la clôture, rejoindre le sentier qui longeait le parc et la ligne de chemin de fer, ensuite se diriger vers le village. À l’approche de la grille d’entrée, le silence s’est imposé à nouveau. Nous marchions comme des voleurs …

Quelle ne fut pas notre stupéfaction quand nous avons vu que la grille était … grande ouverte ! ! !

Un peu décontenancé, on a quand même été boire un verre au café des Sports. C’était le but de l’escapade.

Mais en rentrant, une heure plus tard, certain d’entre nous imaginait le pire : « Et si c’était un piège ? ». « Et si un comité d’accueil nous attendait déjà pour nous prendre la main dans le sac ? ». Malgré tout, la décision fut prise d’affronter l’ennemi. Nous sommes rentrés … par la grille. Puis, quelqu’un a essayé d’ouvrir la porte d’entrée : elle était ouverte aussi … Etrange. Les plus pessimistes imaginaient déjà la punition du lendemain. Le piège allait se refermer sur nous … Nous sommes rentrés …. Personne. Nous sommes remontés dans nos chambres … Personne. On a même fait du bruit …. Rien … C’était presque vexant.

Le lendemain au déjeuner, nous avons été jusqu’à évoquer – à demi-mot – notre aventure nocturne. Personne n’y a prêté attention.

En fait, l’autorité savait faire la part des choses. Ce qui aurait été intolérable avec des enfants, devenait bénin en autre temps. Nous étions donc libres d’envisager d’autres escapades. Mais bizarrement … les nuits suivantes … nous ne sommes plus sortis.

14/11/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0569 : COMBLAIN-LA-TOUR : Cours de moniteurs : Assis par terre : Vital Kciuk ; Henri Bogdanski ; Debouts : Malvina Rusowicz ; Georges Persich ; Dominique Ogonowski ; Henri Szulc ; Eveline Ogonowski : Marek Bujanowski.
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0570 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1973 : Cours de moniteurs : Au premier rang : ( ? ) : Alexandre Persich ; ( ? ) Annie Nowicki ; ( ? ) ; Deuxième rang : Malvina Rusowicz ; Francine Załobek ; Eveline Ogonowski ; Alfred Materna ; Dominique Ogonowski ; ( ? ) ; Troisième rang : Alexis Łagocki ; Micheline Zwierzyk ; ( ? ) : Jean-Pierre Dziewiacien.
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0571 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1975 : Cours de moniteurs : Au premier rang : Martine Brzezicha ; Zuhal Gunal ; Micheline Zwierzyk ; Alexis Łagocki ; Deuxième rang : Ks Kurzawa ; Thérèse Dudziak ; ( ? ) ; Dominique Ogonowski ; Isabella Cosaro ; Géniu Bujanowski ; Troisième rang : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Zosia Król ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; ( ? ) ; Edward ( ? ) d’Allemagne ; Dernier rang : Mr Rusowicz ; ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; Mr Bardo ; Janek Konarski ; Regina Gymza ; Mr Léon Czak ; Marek Bujanowski ; Malvina Rusowicz ; ( ? ) ; ( ? ), ces 2 derniers d’Allemagne aussi, c’était la première fois qu’il y avait des allemands pour les cours de moniteurs.
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0572 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Cours de moniteurs : Assises par terre : Hélène Piech ; Dorota Druszcz ; ( ? ) ; Ks Ryszard Sztylka ; ( ? ) ; ( ? ) ; Debouts : Christine Piech ; ( ? ) ; ( ? ) ; Fabienne Laffut ; Elisabeth Rozenski ; Gisèle Wojas ; ( ? ) ; ( ? ).
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0573 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Cours de moniteurs : Assises par terre : Hélène Piech ; Dorota Druszcz ; ( ? ) ; Ks Ryszard Sztylka ; ( ? ) ; ( ? ) ; Debouts : Christine Piech ; ( ? ) ; ( ? ) ; Fabienne Laffut ; Elisabeth Rozenski ; Gisèle Wojas ; ( ? ) ; ( ? ).
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0574 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Cours de moniteurs : Pascal ou Michel Łagocki ; Stanisław Malek ; Philippe Rouls ; Ks Ryszard Sztylka ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski ; Anne Marie Kantyka ; ( ? ) ; une demi Hélène Piech.

 

0048 – Cours de moniteurs ( 1 )

Comblain-la-Tour, ce n’était pas seulement les colonies…

Pour que les enfants, qui venaient en colonie, puissent avoir un encadrement de qualité, Polska Macierz Szkolna a décidé d’organiser des cours pour les futurs moniteurs et monitrices.

Ce type de cours a été organisé à plusieurs reprises.

Son but, former les adolescents que nous étions à toutes les facettes du métier.
Ces formations se déroulaient durant les vacances de Pâques.

Pour nous, qui ne connaissions Comblain-la-Tour que durant les vacances de juillet / août, et avec tous les enfants, se retrouver à la sortie de l’hiver en petit comité, c’était une expérience nouvelle.

Notre première impression a été : « Mais il fait froid à Comblain… ». C’était presque comme-ci dans notre inconscient, ce n’était pas possible. Comme-ci l’hiver ou le printemps n’avait des effets que chez nous, à la maison, mais pas à Comblain !

Une fois cette donnée nouvelle assimilée, nous avons pris possession de l’espace. Quand on est si peu nombreux, la maison et le parc semblent encore plus vastes.

Mais assez vite, les cours ont commencé. Les professeurs se succédaient avec un programme intéressant.

Il y avait différentes matières : l’apprentissage des chants polonais, la préparation de sketches pour animer les feux de camp, des conseils pour capter l’attention des plus jeunes, mais aussi un peu d’histoire polonaise et de littérature.

Même si nous n’étions pas toujours aussi attentifs qu’il aurait fallu, ce qui nous a été enseigné alors est resté gravé dans nos mémoires. J’en veux pour preuve ce petit poème de Mickiewicz qu’il a fallu apprendre par cœur et qu’il m’arrive encore aujourd’hui – 40 ans plus tard – de réciter : « Litwo, ojczyzno moja. Ty jesteś jak zdrowie. Ile cię trzeba cenić, ten tylko się dowie, kto cię stracił ». Les cerveaux des jeunes sont ainsi faits, ils captent, enregistrent, conservent, et sont capables de ne jamais oublier ce qui les a touchés.

Personnellement, ce qui m’a le plus touché durant ces premiers cours, c’est Mr Léon Czak.

Sa présence parmi nous était tellement naturelle que plus personne ne faisait attention à lui. Il faisait partie des « équipements » de Comblain ; comme Pan Jan et Mr Bardo. Il était omniprésent et toujours occupé à réparer ceci, à entretenir cela. D’ailleurs, son apparence et ses tenues de travail prouvaient que l’homme était indispensable aux fonctionnements de la maison polonaise. J’ajoute que sa bonne humeur et sa disponibilité le rendaient infiniment sympathique.

Et puis un beau jour – alors que le matin il avait encore travaillé à réparer je ne sais quoi – nous l’avons vu redescendre de sa chambre propre comme un sou neuf… dans une tenue impeccable… légèrement parfumé…

Il s’est présenté à nous comme notre formateur de premiers soins ! Nous étions… ébahis.

Il nous a expliqué être membre bénévole de la croix rouge et parfaitement habilité à transmettre ses connaissances. Et le cours a commencé. J’en garde un souvenir délicieux. Mr Czak nous a captivés.

Ses explications étaient lumineuses. Quand le moment est venu d’apprendre les gestes qui sauvent, il a usé d’une délicatesse exceptionnelle ; plaçant des mouchoirs entre ses mains et les torses des volontaires ; simulant les bouches à bouches avec tellement de tact et de circonspection qu’on aurait dit un papillon sur une fleur fragile.

Depuis ce jour-là, mon regard sur Mr Léon Czak a changé. Pour moi, il est resté… un grand Monsieur.

15/02/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0254 : COMBLAIN-LA-TOUR : Cours de moniteurs : Jerzyk Bardo ; Géniu Bujanowski ; ( ? ) ; Vital Czuk ; Marek Bujanowski ; Dominique Ogonowski ; Malvina Rusowicz ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Eveline Ogonowski. Ks Szczęśny ; Henri Szulc ; Janek Konarski ; Henri Bogdanski ; Georges Persich ; Christiane Konarski – ( ? ).
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0255 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Léon Czak ; la fille de Mr Paterka.
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0256 : COMBLAIN-LA-TOUR : Cours de moniteurs : Accroupis : ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; Ks Kurzawa ; Christine Piech ; Anne-Marie Kantyka ; Jef Rozenski ; Mr Dulak ; ( ? ).
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0257 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Cours de moniteurs : Hélène Piech ; Anne-Marie Kantyka ; ( ? ) ; Ks Ryszard Sztylka ; ( ? ) ; ( ? ).
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0258 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Cours de moniteurs : ( ? ) ; ( ? ) ; Piotr Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; Michel Konarski ; Anne-Marie Kantyka ; Stanis Malek ; Hélène Piech ; Philippe Rouls.