Cette carte postale ( photo 201 ), en noir et blanc, est bien connue. Elle faisait partie des cartes postales qu’il était possible de se procurer chez Mr Bardo.
Écrire à ses parents pour les rassurer, c’était presque une obligation.
À cette époque-là, les GSM et autres gadgets technologiques n’existaient évidemment pas.
Très peu de parents étaient raccordés au téléphone ; alors pour communiquer, nous n’avions que ça … les cartes postales … et de temps en temps une petite lettre.
Du coup, les photos reprises sur ces cartes, on s’en rappelle très bien. Elles font partie de notre mémoire.
Le rocher de la vierge est un grand classique.
Il faut dire que cette falaise a toujours réveillé en nous des émotions multiples :
– le danger d’abord ; tous ceux qui l’ont gravie connaissent l’extrême difficulté de l’ascension.
– le courage ( ou l’inconscience ? ) ensuite ; braver le danger, monter malgré tout, faire fi de la difficulté, n’est-ce pas la définition de l’adolescence ?
– l’orgueil d’avoir vaincu la montagne.
– le plaisir de la transgression : « c’était interdit, mais nous l’avons fait ».
– le défi de raconter ses exploits à des adultes en insistant bien sur le danger …
Rien d’étonnant que cette image a eu du succès. « Regarde maman, on est monté tout en haut … ».
Rétrospectivement … j’ai des sueurs froides en pensant à tout ce qui aurait pu arriver. Quand on en reparle entre Anciens de Comblain, tout le monde s’accorde à dire que notre inconscience était infinie.
Combien de fois n’avons-nous pas fait escalader ces pentes abruptes à des enfants très jeunes. Je les vois encore s’agripper là à une touffe d’herbe, là à un buisson, là à un caillou … et arrivés, près de la vierge, se coller contre la paroi tellement le passage était étroit.
À ma connaissance, aucun accident n’est jamais arrivé. Sans doute que la Vierge veillait sur nous.
Je sais que ce n’est pas une bonne excuse, mais … tous les enfants qui ont gravi cette falaise en gardent un souvenir impérissable.
Personnellement, je suis monté là-haut pour la dernière fois en février 1989 ( j’avais 33 ans ) lors d’un week-end prolongé que nous avons passé, avec un groupe d’amis, à la maison polonaise de Comblain-la-Tour.
J’y suis allé seul. C’était comme un pèlerinage. L’ascension m’a paru encore plus dangereuse.
Mais arrivé au sommet, quel bonheur ! C’est de là que la vue sur la maison et le parc est la plus incroyable.
Je savais déjà que c’était la dernière fois que je montais ; que plus jamais je n’aurais l’occasion de contempler ce panorama si cher à mon cœur. J’ai mis longtemps avant de redescendre. En descendant, je me suis fait peur et j’ai pesté contre mon imprudence. Je me suis juré de ne plus remonter … et je suis devenu… « vieux ».
Le meilleur moment pour déplacer les montagnes, c’est l’adolescence.
07/12/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien
0201 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.0202 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.0203 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.0204 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge.0205 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.0206 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge.0207 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Piotr Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).0208 : – COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge. : La Vierge et l’enfant. Cette photo a été prise par Jef Rozenski. Quand on connait l’endroit … on se demande comment Jef a fait pour prendre cette photo ?
Au départ d’une journée de colonie, après le déjeuner, les moniteurs recevaient leur ordre de mission.
Ni militaire, ni tout-à-fait désinvolte, il était le plus souvent question d’aller avec son groupe dans une direction plus ou moins précise, d’organiser un jeu quelconque, souvent laissé à l’initiative du moniteur, et de revenir pour le dîner ou, si c’était l’après-midi, pour le souper.
De temps en temps, le programme prévoyait une rencontre des groupes quelque part, une activité ensemble et le retour des deux groupes ensemble. Je crois même bien, que ce n’était pas un hasard, que la rencontre concernait plus un groupe de filles que de garçons, mais comme c’était le chef moniteur qui établissait la chose, il était évident que c’est comme cela que cela devait se faire. Pas d’autres questions.
Pas vraiment en rang, plus en bande, on est parti.
Je n’étais pas un bleu en ce qui concerne les activités avec les enfants. Une expérience de quelques années de responsable de patronage avec le curé de la paroisse me confortait dans mon activité de moniteur ( sous-moniteur pour l’occasion, même si je n’estimais pas juste de n’avoir pas un groupe à moi ).
Ksiadz Kurzawa a dit que j’étais trop jeune et inexpérimenté et Dieu avait parlé.
Au patronage, j’avais à faire avec des enfants de 7 à 10 ans qui ne posent pas de questions et qui s’amusent avec un rien ; les faire courir derrière une balle était pour eux un jeu extraordinaire. Soit dit en passant, qu’il y a aussi des grands et même des adultes qui courent derrière un ballon. Mais c’est dans un autre contexte et le fait qu’ils soient si bien payés pour le faire ne nous regarde en rien.
Ceci pour dire que, si je ne me posais pas beaucoup de questions, on ne m’en posait pas non plus.
Tout en marchant vers l’endroit qui m’a été vaguement indiqué, on papotait ; je rêvais en me demandant comment j’allais faire pour me trouver le plus près et à mon meilleur avantage à côté de la belle flamande brune à qui j’avais quand même réussi à faire comprendre qu’elle me plaisait.
Les garçons qui étaient avec moi avaient plus de 10 ans, et ils ne me considéraient pas vraiment comme un grand. Si Raymond était le chef, moi qui étais sous-chef, je ne leur inspirais pas une grande crainte, d’autant plus que la différence d’âge entre eux et moi n’était pas grande.
La contestation est venue de façon sournoise. Un des plus grands, je pense bien que c’était Serge, a commencé à dire que « Ces promenades sans fin tous les jours, c’était pas marrant ». Un autre est parti dans son sens en disant que « C’était ennuyeux de marcher et marcher ». J’ai répondu qu’on m’avait dit d’aller vers cet endroit et que c’était ce qu’il fallait faire.
Et la grande question est arrivée : « Pourquoi on doit faire ça et pourquoi tous les jours ? ».
Il est assez simple de répondre par une bêtise quelconque à un gosse de 10 ans, assez facile d’ignorer la question avec un adolescent de 13 ou 14 ans, mais là, ils étaient tous en train de me regarder et attendaient ce qui allait se passer. Je me suis senti assez démuni. Je me suis dit que je n’allais pas régler le problème avec une réponse du genre : « On m’a dit de le faire et je le fais ».
J’avais assez peur de me faire déborder ; c’étaient des adolescents qui pouvaient partir sans moi en suivant l’un ou l’autre meneur. Le cercle s’est fait autour de moi et ils étaient assez contents de me voir coincé. Je me suis rendu compte que tous ne se sentaient pas concernés, deux ou trois seulement se réjouissaient de la chose.
J’ai commencé à me dire que moi aussi, je ne trouvais pas cela tellement marrant et je le pensais… ce qui me compliquait le raisonnement, alors que je cherchais une réponse pertinente à faire. J’ai commencé par dire qu’effectivement « Ce n’était pas marrant pour moi non plus, d’aller vers un endroit, faire un jeu et revenir. C’était un truc de gamin et que ce n’était pas un truc pour nous ».
Bon et alors… qu’est qu’on fait ?
« On ne va pas faire comme ils veulent. On va s’arrêter ici et on fait un jeu ici » leur dis-je. « Qu’est ce que vous proposez ? »
J’ai vu des mines perplexes et pensives, mais comme j’étais de leur bord, l’idée de s’opposer à moi n’était plus aussi présente dans leur tête. Surpris par la question, ils réfléchissaient et ne trouvaient pas d’idée qui leur semblait valable.
Pour ne pas faire de temps mort et profiter de mon avantage, je leur propose de réfléchir à la question tout en continuant encore un peu à marcher.
Je crois qu’on n’est pas arrivé à l’endroit prévu, on s’est arrêté, on a fait un cercle et fait un jeu de mouchoir.
Les garçons ont oublié la chose, pour moi ce souvenir m’est resté, plus à cause de la peur qui m’a pris en me disant que pour une fois, que j’étais seul avec le groupe, je n’allais pas y arriver.
Mais j’étais aussi content de moi, d’avoir trouvé le moyen de les rediriger sans qu’ils s’en rendent trop compte.
Il m’est resté quand même le doute du bien-fondé de ces promenades, cette idée d’aller et revenir sans vraiment de but à atteindre autre que perdre son temps.
J’étais certain de tenir là une question existentielle.
09/11/2015 – Richard MATERNA
0177 : COMBLAIN-LA-TOUR : Départ ou retour d’une promenade : Accroupis : Pierre-Marie Pytel ; Marek Bujanowski ; ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; ( ? ). Le sous-moniteur : Richard Materna ; le moniteur : Raymond Mielcarek ( collection Zdzisław Blaszka ).0178 : COMBLAIN-LA-TOUR : Promenade et arrêt au bord de la route : Un groupe en promenade ( collection Zdzisław Blaszka ).0179 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rencontre, au bord de la route, d’un groupe de filles et d’un groupe de garçons : Accroupis : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Paul Jędrzejczyk ; Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Jeanine Grajesz ; Irène Jamka ; Thérèse Sierkowicz ; François Chwoszcz ; ( ? ) ; ( ? ) ( collection Zdzisław Blaszka ).0180 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeu du mouchoir au bord de la route : Jurek Stoj ; …… ( collection Zdzisław Blaszka ).
Parmi toutes nos destinations, la plus fréquente était certainement : la plage.
C’est là que nous allions nous reposer – photo 160.
Pour y aller, il fallait passer de l’autre côté de l’Ourthe … et pour traverser, il y avait plusieurs « écoles ».
La méthode raisonnable consistait, tout simplement, à faire le tour par le pont. C’était plus long, mais sans risque. Mais évidemment … à essayer sans risque … on réussi sans gloire.
La méthode chevaleresque, c’était quand les filles montaient sur le dos des garçons et que ceux-ci traversaient la rivière les pieds dans l’eau … Chevaleresque peut-être, mais pas … garantie.
Combien de réputations se sont jouées sur ces quelques mètres ? Combien d’illusions ne sont-elles pas tombées à l’eau … Combien de « chevaliers » n’ont-ils pas fini « tristes sires » au bout d’une traversée chaotique ?
D’autres méthodes étaient encore plus « farfelues ». Géniu Bujanowski, par exemple, avait sa propre technique : la technique des deux chaises. Géniu a toujours eu des idées farfelues.
Il prenait 2 chaises qu’il posait dans l’Ourthe et passait d’une chaise à l’autre jusqu’à l’autre berge.
En théorie, ça lui permettait de gagner du temps, sans se mouiller les pieds. En théorie seulement …
Les galets ronds du fond de l’Ourthe n’étaient pas ses amis … le courant non plus. Il tombait souvent dans l’eau, mais ne se décourageait pas. Géniu n’a jamais eu peur de se mouiller.
Une fois de l’autre côté, il suffisait de planquer les chaises pour recommencer dans l’autre sens au retour.
Sauf que … au retour … les chaises n’étaient pas toujours là. Soit que quelqu’un de la colonie les avait ramenées – en repassant par le pont ou en essayant d’imiter Géniu par la rivière – soit que des gens du camping les avaient réquisitionnées. Ce qui ne décourageait pas Géniu de recommencer la fois suivante. Géniu ne se décourage jamais.
Si quelqu’un possède des photos de Géniu en train de traverser … on achète.
Si la plage était synonyme de « détente », elle n’était pas synonyme de « laisser-aller ».
J’en veux pour preuve le geste héroïque de Michel Pietka qui a eu le bon geste au bon moment quand l’un des jumeaux Nowicki – photo 161 – a failli se noyer et que Michel l’a ressorti de l’eau.
Je sais que la modestie et la timidité de Michel ont tendance à minimiser l’évènement … mais imaginez-vous le drame qu’aurait été une noyade pour la Famille Nowicki tout d’abord et pour le reste de la communauté polonaise ensuite ! En plus de la douleur subie par tous, il y aurait eu certainement des conséquences sur la suite des colonies … peut-être même la fermeture pure et simple du Centre polonais.
Nous devons tous une fière chandelle à Michel Pietka – photo 162. MERCI Michel.
D’ailleurs, Michel a toujours eu la vocation de venir en aide.
Sur la photo 163, on peut le voir en train d’essayer de pratiquer le bouche-à-bouche sur Maryline Desmedt.
Je ne suis pas sûr que Maryline ait besoin, à ce moment-là, de bouche-à-bouche … Mais il vaut mieux prévenir que guérir. Et de toute façon, apprendre – et entretenir – les gestes qui sauvent, ne peut être que bénéfique.
Le bouche-à-bouche et le massage cardiaque ont été des disciplines souvent pratiquées en colonie et maintes fois répétées ; on ne badine pas avec la sécurité à Comblain-la-Tour.
Et pour finir sur Michel ( quand « je dis finir sur Michel », c’est une façon de parler ), je voudrais vous rassurer : tout est bien qui finit bien, puisqu’à la fin c’est … Maryline qui finit sur Michel ( photo 164 ) !
PS : j’embrasse très fort Betty et Michel, et Maryline, aussi que nous aimons tous très fort.
0160 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage0161 : COMBLAIN-LA-TOUR : La plage : Eddy Nowicki0162_1977 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant l’Ourthe : Michel Pietka0163_1976 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Michel Pietka, au dessus ; Maryline Desmet, en dessous0164_1976 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Maryline Desmet, au dessus ; Michel Pietka, en dessous
Le camp des Gitans, voilà pour moi, le meilleur synonyme de « tendresse ».
C’était une destination que nous appréciions particulièrement. Pourtant l’endroit n’avait rien de spécial.
La prairie descendait, en pente douce, jusqu’à l’Ourthe. Quelques arbres, au bord de la rivière, donnaient un peu d’ombre ; juste ce qu’il fallait. Les groupes de filles et ceux des garçons s’y donnaient rendez-vous ; nous y avons vécu des moments délicieux.
C’est souvent ici, allongés sur l’herbe, que naissaient nos petites idylles et nos grandes histoires d’amour.
Ça fleurait bon la douceur, la naïveté, la tendresse, et… les phéromones.
Vous souvenez-vous encore comment on y allait ?
Il fallait passer de l’autre côté des voies du train, remonter la Rue du Vicinal vers la gare, longer les anciennes carrières des Hayires, repasser le petit pont qui enjambe les voies du train, et enfin prendre le sentier qui longeait la prairie.
Je doute que des gitans se soient un jour installés là. Le chemin était trop étroit pour le passage des roulottes. Il était juste assez large pour nous.
Ici, nous nous sentions à l’abri. Il ne pouvait rien nous arriver. Personne ne pouvait ni nous voir, ni nous surprendre.
J’ai voulu retrouver l’endroit sur Google Earth. Regardez les photos 132 et 133. Même vu de satellite, l’endroit paraît paisible et isolé.
C’est un havre de paix au bout de nulle part.
Par contre, une pensée me fait frémir : Imaginez que Google Earth ait existé à l’époque !
Et si les nouvelles technologies avaient permis à Ks Kurzawa et à Mr Bardo de nous espionner, à distance ! Vous les imaginez manipulant un drone ? Survolant le camp des Gitans ? Cherchant à nous piéger ? Photographiant nos moindres gestes ? Surprenant nos émois ? Immortalisant nos amours ?
Dieu merci. Nous avons échappé à ce progrès-là. En ce temps-là, quand on était « connecté », c’était par les yeux et par le cœur.
Quand l’heure du souper approchait, il était temps de rentrer… à contrecœur. Pour le retour, on marchait moins vite. On faisant semblant de s’intéresser à ce qui nous entourait, pour profiter encore un peu de la douceur… On s’aventurait dans les carrières.
C’est là, tout au fond de la carrière, que j’ai réussi pour la première fois, par un bel après-midi de juillet, à coincer Eveline ( Jean-Loup ). Elle ne pouvait pas s’échapper, je la tenais fermement appuyée contre la falaise ( j’suis pas sûre qu’elle voulait vraiment se libérer ). C’est là, que pour la première fois, que je lui ai déclaré ma flamme en tremblant. Pendant qu’elle, froidement, chantonnait la chanson de Dalida : « Paroles, paroles, paroles, paroles… et encore des paroles ».
J’ai dû improviser, me montrer convaincant, faire preuve d’imagination, sortir mes tripes, aller chercher au plus profond de moi ce qui avait de plus sincère… Elle a fini par craquer.
Et c’est là, contre la falaise, que nous avons échangé notre premier baiser.
Et vous, votre premier baiser à Comblain, c’était où ?
C’était quand ?
C’était comment ?
C’était avec qui ?
Gdzie jest ta ulica, gdzie jest ten dom
Gdzie jest ta dziewczyna
Co kocham ją.
Znalazłem ulicę, znalazłem dom
Znalazłem dziewczynę
Co kocham ją.
Les promenades ( épisode 5 ) : Haltes dans les bois
Chaque moniteur devait remettre au chef-moniteur le planning des promenades.
Ceci dans un but de sécurité !
Le GSM n’existait pas, mais chaque moniteur avait le numéro de téléphone fixe du centre ( Ks Kurzawa ) en cas de besoin.
Quand nous partions à un ou deux groupes, nous suivions bien sûr les promenades indiquées dans le guide et nous aimions, à mi-parcours, nous arrêter pour une halte. Nous demandions aux groupes avec lequel nous avions des affinités ( souvent des groupes de grandes filles… ) de nous rejoindre à un endroit convenu, qui était soit une clairière, soit une prairie, soit au bord de l’Ourthe.
En 1967, je me souviens qu’il y avait un groupe de filles de Liège avec les sœurs Wochen, Aleksandzak Wiesia, Sophie Swierkowicz et une jolie fille de Zolder Mirka. Y avait aussi un autre groupe avec les sœurs Mironczyk Christine et Danièle !
Lors de la halte, c’était l’occasion d’occuper les jeunes par des jeux, des chants, des histoires… et un peu de temps libre pour parler avec les monitrices et les grandes filles.
Mais cette année-là, le chef-moniteur de l’époque avait sa voiture sur place, si bien qu’il savait suivre et vérifier, plus facilement, si les circuits prévus par les monitrices ou moniteurs étaient respectés comme prévu avant le départ de la promenade.
C’était somme toute logique. Alors pour ne pas être « surveillés », on faisait diversion !
On allait à Xhoris par les bois ou à Comblain-au-Pont par la colline, à gauche de la route…. bref, on s’amusait aussi… comme les enfants !!
Pour les retours, lorsque nous entrions dans le parc, alors on demandait aux enfants de chanter afin de prévenir tout le monde de notre arrivée.
Photo 90 lors d’une halte dans une clairière ( je la mets sur facebook également afin d’essayer d’obtenir des noms de tous les participants ) ; on sait déjà qu’il y a :
Devant Leleux ( de Bernissart ) ; allongé aux pieds d’Alice Bardo, Jean-Pierre Dziewiacien ; à la droite d’Alice, Bernard Pytel ;
au fond, au centre Raymond Mielcarek, avec à sa droite Pierre Front et à sa gauche, Mirka Tchajka de Zolder.
Si vous en reconnaissez d’autres, prévenez-nous, on les ajoutera sur le blog.
Un grand merci à Momia Krasowska d’avoir partagé avec nous ces photos et ses souvenirs.
0090 : COMBLAIN-LA-TOUR – Halte dans les bois : Devant, Francis Leleux ; allongé aux pieds d’Alice Bardo, Jean-Pierre Dziewiacien ; à la droite d’Alice, Bernard Pytel ; au fond, au centre Raymond Mielcarek, avec à sa droite Pierre Front et à sa gauche, Mirka Tchajka
Mais si, cette petite place à 300 mètres du centre polonais ? Elle était coincée entre l’Ourthe et le remblai du chemin de fer.
Même que sur le coin, il y avait le magasin de souvenirs. En revenant d’excursion, on s’y rassemblait pour renter ensemble à la colonie.
C’était devenu une tradition. Chacun marchait à son rythme, parfois main dans la main, et nos files s’étiraient à travers le village.
Ça discutait, ça gesticulait, ça chahutait, mais à l’approche de chez nous, il fallait montrer que nous étions « sérieux ».
Alors, on s’arrêtait sur la Place du Wez, pour s’attendre. Certains s’asseyaient sur les bords des vitres du magasin de souvenirs. D’autres en profitaient pour y faire des emplettes. On en ressortait, là avec un joli canif, là avec un bibelot pour ramener à la maison, là avec une peluche pour offrir à celle qui nous avait tenu la main, tout au long du chemin.
On allait voir les biches aussi… tout au bout de la place, le long de l’Ourthe, un petit sentier vers la droite, à quelques dizaines de mètres. On aurait dit que les biches nous attendaient. Elles étaient adorables.
Aujourd’hui, le magasin de souvenirs a disparu. Il a été remplacé par une… pharmacie ! ! !
À croire que, quand les souvenirs ne paraissent plus importants, on finit par avoir besoin d’autres médicaments.
Mais savez-vous pourquoi cette jolie place s’appelle la Place du Wez ?
Le mot « Wez » signifie littéralement « gué », c’est-à-dire un endroit où on pouvait traverser l’Ourthe à pied sec.
Du temps des « bètchètes » ( ces petites barques à fond plat ), les mariniers venaient s’y amarrer pour la nuit.
Depuis la construction du pont ( en 1873 ) l’accès au Wez ne servait plus que comme abreuvoir aux vaches et aux chèvres ( photo 85 ). Un petit escalier permettait aux ménagères de puiser de l’eau sans se mouiller les pieds.
En 1914, les fantassins allemands – qui ont occupé, avant nous, le château qui deviendra la colonie – craignant que le pont ne soit miné, traversèrent l’Ourthe par ce Wez. Avant de construire une passerelle juste devant ce qui deviendra le Centre Millennium. Mais ça, c’est une autre histoire sur laquelle nous reviendront.
Jadis, de magnifiques tilleuls ombrageaient avantageusement la petite place. Ils ont malheureusement disparu ( Photo 88 ).
Par contre, ce qui n’a pas disparu, c’est la plaque « Times Square », offerte par le maire de New-York au temps du festival de Jazz.
En septembre 1944, une unité des panzers de « Das Reich » traversa à Comblain-la-Tour sur l’unique pont encore intact sur l’Ourthe.
Elle se rassembla Place du Wez où elle se camoufla avec les perches à haricots des jardins, espérant échapper aux avions de chasse anglais.
Nous aussi, on se rassemblait là, mais c’était juste pour donner fière allure à la troupe. Les garçons reboutonnaient leurs chemises ; remettaient d’aplomb leurs casquettes ; lâchaient les mains des filles. On se rangeait en deux belles files indiennes et on partait en chantant fort :
« Jak dobrze nam zdobywać góry
I młodą piersią chłonąć wiatr,
Prężnymi stopy deptać chmury
I palce ranić o szczyt Tart »
Et en criant, de plus en plus fort, au moment d’entrer dans la cour de la maison polonaise :
«Mieć w uszach szum, strumieni śpiew,
A w żyłach roztętnioną kew»
Et finalement en hurlant, pour montrer que nous étions de retour :
0085 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez0086 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez0087 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez0088 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez0089 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
Lorsqu’on envisageait une excursion à Hamoir, il fallait prévoir qu’on allait rater au moins un repas.
En effet, la balade comptait 12 Km et la partie à travers bois nécessitait un certain effort physique.
Du coup, la halte sur place à Hamoir, se prolongeait. D’autant plus, qu’il y avait là, aussi, un « Café des Sports ». Donc la veille, on allait chez les cuisinières et on demandait un lunch pack pour tous les courageux qui s’en allait si loin.
L’itinéraire se composait d’une boucle qu’on pouvait suivre, soit dans le sens horlogique – c’est-à-dire par les bois pour commencer – soit dans le sens antihorlogique – en commençant par suivre l’Ourthe.
Une troisième possibilité consistait à longer la route nationale Comblain / Hamoir et faire du… stop.
Cette dernière était, évidemment, rigoureusement interdite. Mais quand vous êtes le moniteur d’une bande d’insoumis, qui ont ± votre âge, qui sont vos amis de toujours, qui partagent vos propres dérives depuis des années,… c’est très compliqué de les empêcher de faire du stop.
Il m’est donc arrivé de marcher jusqu’Hamoir, tout seul, pour rejoindre mon groupe… au café de Sport !
Ceci dit, que ce soit par le bois, ou au bord de l’Ourthe, la promenade en vaut la peine.
L’Office du Tourisme de Hamoir l’a remis au goût du jour. Des cartes sont éditées et en vente pour ceux qui se sentent encore suffisamment courageux. Honnêtement, Eveline et moi, nous l’avons tentée l’année dernière ( 2014 ), sans entraînement, et c’est très agréable.
Bien sûr, il faut faire des haltes. Je vous conseille de faire la première chez Mr et Mme Wen. C’est la petite supérette juste après le pont de Comblain. On peut y boire un verre pour se donner du courage et prendre des munitions pour la route. Le couple qui tient l’établissement est vraiment charmant et accueillant. Pour ceux qui ont encore un peu soif, le circuit passe tout près du Camping de la Vierge. Prenez néanmoins vos précautions, Mesdames, les possibilités de se soulager ne sont pas nombreuses.
La randonnée serpente en remontant la rivière. C’est de toute beauté. Les souvenirs et l’émotion qui va « avec » sont garantis. On passe derrière l’usine d’Hamoir. Anciennement, c’était la chocolaterie Nestlé ; certains d’entre vous s’en souviennent sûrement. Nous allions la visiter avec la colonie. Aujourd’hui, c’est Belourthe, un fabricant de céréales dont le directeur a remporté le prix du meilleur Manager de l’année.
Et déjà le centre du village apparaît. Un estaminet vous y attend : le Clapotis ( Quai du Batty ). C’est l’occasion de reprendre des forces, le retour est plus physique.
Ca commence doucement. On passe au-dessus du pont d’Hamoir, et puis on longe la rivière en suivant le courant. À un moment donné, il faut quitter l’Ourthe et se résigner à grimper vers Xhignesse. Nous le faisions en courant ; à présent, ce sera en « soufflant ». La petite église Saint-Pierre de Xhignesse est classée Patrimoine majeur de Wallonie, mais actuellement en travaux. Ensuite le sentier s’enfonce dans les bois.
Rassurez-vous, la commune a renouvelé le balisage. Vous ne risquez pas de vous perdre.
Vous apprécierez la fraîcheur du bois. Évitez quand même les talons aiguilles.
Pour finir, le sentier redescend vers la source, « Notre source ». Comptez 1 heure et demie pour aller et la même chose pour le retour. Sans forcer.
Et si nous allions ensemble ? Chiche ?
27/07/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien
0051 : COMBLAIN-LA-TOUR – HAMOIR : Circuit le long de l’Ourthe0052 : COMBLAIN-LA-TOUR – HAMOIR : Circuit le long de l’Ourthe0053 : COMBLAIN-LA-TOUR – HAMOIR : Circuit le long de l’Ourthe0054 : COMBLAIN-LA-TOUR – HAMOIR : Circuit le long de l’Ourthe0055 : COMBLAIN-LA-TOUR – HAMOIR : Circuit le long de l’Ourthe0056 : XHIGNESSE – Eglise Saint-Pierre – classée Patrimoine majeur de Wallonie0057 : – XHIGNESSE – Panorama
Un grand classique des promenades, c’était COMBLAIN-AU-PONT.
Tous les jeudis matin, tous les groupes de la colonie se rendaient au marché de Comblain-au-Pont.
L’air de rien, entre les 2 villages, il y a une fameuse trotte et la route qui les relie était, déjà à l’époque, dangereuse. C’est donc en file indienne, encadré par les moniteurs et avec un maximum de vigilance que tout ce petit monde s’en allait « faire son marché ». Aujourd’hui encore, après tant d’années, le marché existe toujours.
Une fois arrivé sur place, c’était programme libre. Les filles en profitaient ( déjà ) pour faire des achats, les garçons, pour boire un verre. Les plus courageux remontaient vers la Tour Saint-Martin. De là, le site offrait une vue splendide sur tout le village, jusqu’au confluent de l’Ourthe et de l’Amblève.
Le point de ralliement pour le retour, c’était sur les escaliers, au pied de l’église – photo 47.
Une fois que tout le monde était rassemblé, la longue file indienne s’en retournait vers Comblain-la-Tour.
Bien souvent, ce sont les filles qui avaient acheté des oranges, des pastèques,… et ce sont les garçons qui les transportaient.
J’avoue que ce n’était pas seulement par sens du sacrifice. D’autres considérations « techniques » rentraient en ligne de compte ; celui qui se chargeait du fardeau, méritait « au moins », sa part de fruits, et « au mieux », la considération de la fille. Et plus si affinité.
Un autre itinéraire existait pour rejoindre le marché : par en haut, en passant par le hameau de Géromont.
Cet itinéraire a été régulièrement utilisé au début. Plus tard, il a été délaissé, car pas très pratique.
Il fallait d’abord monter sur la colline qui surplombe l’Ourthe et puis redescendre, mais surtout traverser des zones où les anciennes carrières avaient laissé des milliers de cailloux. Le sentier devenait difficilement praticable. Les filles n’aimaient pas trop passer par là. Leurs sandalettes légères ne supportaient pas bien pareilles conditions de marche. Et quand les filles ne veulent pas…
Sur la photo 48, un groupe pose avant de quitter le marché et repartir pour la colonie.
Vous reconnaîtrez : Danielle Konarski ; Christine Konarski ; Marek Bujanowski ; Jean-Pierre Dziewiacien. Aidez-nous à retrouver le nom des autres.
Nous n’allions pas seulement à Comblain-au-Pont pour le marché…
Quand il faisait très chaud, et que les moyens financiers le permettaient, nous allions visiter la grotte de l’Abîme. C’était l’idéal pour se rafraîchir. L’expédition nécessitait d’avoir plus de temps et d’être préparée.
Il fallait absolument que les enfants emportent avec eux les pulls ou des vêtements chauds. Mais tous en repartaient fatigués, mais ravis.
Plus tard, dans les années 70 / 80, un bâtiment communal, à l’entrée de Comblain-au-Pont, a même abrité un musée du cycle. On pouvait y admirer une collection impressionnante de vélos et de motos.
Ce musée a malheureusement disparu.
Pour ceux que ça intéresse, le syndicat d’initiative travaille à mettre en valeur les différents aspects du village.
Ils ont développé un site très bien fichu. Voici le lien direct :
Vous y trouverez, entre-autre, des fiches promenades très intéressantes. La fiche n° 6 explique l’itinéraire qui passe précisément par le hameau de Géromont. Toutes sont téléchargeables gratuitement sur le site du syndicat d’initiative.
20/07/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien
0047 – COMBLAIN-AU-PONT – Place du Marché0048 – COMBLAIN-AU-PONT – Place du Marché : Lydie Gilson ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Danielle Konarski ; Emilia Wawczyniak ; Marek Bujanowski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Christiane Konarski ; ( ? ).0049 – COMBLAIN-LA-TOUR – Groupe en promenade0050 – COMBLAIN-AU-PONT – Vue sur la Place du Marché à partir de la Tour Saint-Martin
L’activité principale des participants aux colonies de vacances de Comblain-la-Tour, c’est… « promenade ».
Ks Kurzawa voulait que les enfants soient – le plus souvent possible – dans la nature.
Donc, trois fois par jour, nous partions à l’aventure.
Les promenades du matin étaient souvent les plus longues. Il faut dire qu’après une bonne nuit de sommeil, les gosses avaient besoin de se défouler. Après la sieste, la sortie était plus modérée ; nous disposions de moins de temps. La dernière balade de la journée, avait surtout pour but de fatiguer les plus « remuants » et de les préparer ainsi à un sommeil réparateur.
Les moniteurs et monitrices, que nous étions, se souviennent de ce petit fascicule qui nous permettait d’organiser nos déplacements tout autour de Comblain. On y retrouve les noms de villages, ou de lieux dits, qui résonnent encore dans nos cœurs : Hamoir, Comblinay, Xhoris et Xhignesse ( à prononcer avec un « x » muet ), Fairon,… Une petite carte ( document 25 ) illustrait, de manière succincte, les différentes propositions de promenades. Chaque itinéraire y était numéroté et renvoyait à des descriptions plus larges ( exemples les documents 26 et 27 ).
Les parcours étaient ainsi décrits en détail. Le nombre de kilomètres permettait de savoir si l’excursion devait s’envisager plutôt au matin ou à un autre moment de la journée. Des précisions concernant les chemins à suivre limitaient les erreurs de parcours. Même si, de temps en temps, il arrivait qu’un groupe se perde dans la nature.
Des annotations plus « touristiques » permettaient, d’apprécier là un paysage remarquable, là d’apprendre quelques détails sur le bâtiment ou le château qui se trouvait sur notre route.
Parfois, des variantes étaient proposées pour permettre de découvrir encore plus.
Qui ne se souvient pas du château de Fanson ? ( photo 28 )
La photo 29 montre un groupe de filles, fières d’être arrivées jusqu’au Château et qui posent devant l’édifice.
Vous reconnaîtrez aisément :
( ? ) ; Patricia Moury ; Danielle Konarski ; ( tiens un garçon ! ) ; Thérèse Dudziak ; Christiane Konarski ; Jeanine Dudziak ; Patricia Młynarski ( ? ) et au premier plan, accroupies : Bernadette Bierczyk et ( ? ).
Cherchez l’intrus ! ! !
Bon, c’est vrai… de temps en temps… il arrivait qu’un ou l’autre… par inadvertance… ou par étourderie… suive un groupe qui n’était pas le sien.
Tous les fascicules, tous les plans, toutes les cartes et toutes les descriptions d’itinéraires n’empêchaient pas – et n’empêcheront jamais – qu’un garçon « s’égare » et se retrouve « accidentellement » au milieu d’un groupe de fille…
Le cœur a des raisons dont la raison ignore souvent la complication.
Je suis sûr que, vous aussi, vous avez connu des « égarements ». Racontez-nous nous, ça. Ça nous intéresse.
N’hésitez pas… lâchez-vous… on est entre amis.
13/07/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien
0025 – Fascicule pour organiser les promenades – Carte et détails0026 – Fascicule pour organiser les promenades – Carte et détails0027 – Fascicule pour organiser les promenades – Carte et détails0028 – FANSON – Château de Fanson – Itinéraire n° 2 – 12 Km0029 – FANSON – Château de Fanson – groupe de filles : ( ? ) ; MOURY Patricia ; KONARSKI Danielle ; DZIEWIACIEN Jean-Pierre ; DUDZIAK Thérèse ; KONARSKI Christiane ; DUDZIAK Jeanine ; MLYNARSKI Patricia ; ( ? ) ; Au premier plan, accroupies : BIERCZYK Bernadette ; ( ? )0030 – Groupe en promenade