0027 – Les promenades ( 6 ) : Le camp des Gitans

Le camp des Gitans, voilà pour moi, le meilleur synonyme de « tendresse ».

C’était une destination que nous appréciions particulièrement. Pourtant l’endroit n’avait rien de spécial.

La prairie descendait, en pente douce, jusqu’à l’Ourthe. Quelques arbres, au bord de la rivière, donnaient un peu d’ombre ; juste ce qu’il fallait. Les groupes de filles et ceux des garçons s’y donnaient rendez-vous ; nous y avons vécu des moments délicieux.

C’est souvent ici, allongés sur l’herbe, que naissaient nos petites idylles et nos grandes histoires d’amour.

Ça fleurait bon la douceur, la naïveté, la tendresse, et… les phéromones.

Vous souvenez-vous encore comment on y allait ?

Il fallait passer de l’autre côté des voies du train, remonter la Rue du Vicinal vers la gare, longer les anciennes carrières des Hayires, repasser le petit pont qui enjambe les voies du train, et enfin prendre le sentier qui longeait la prairie.

Je doute que des gitans se soient un jour installés là. Le chemin était trop étroit pour le passage des roulottes. Il était juste assez large pour nous.

Ici, nous nous sentions à l’abri. Il ne pouvait rien nous arriver. Personne ne pouvait ni nous voir, ni nous surprendre.

J’ai voulu retrouver l’endroit sur Google Earth. Regardez les photos 132 et 133. Même vu de satellite, l’endroit paraît paisible et isolé.

C’est un havre de paix au bout de nulle part.

Par contre, une pensée me fait frémir : Imaginez que Google Earth ait existé à l’époque !

Et si les nouvelles technologies avaient permis à Ks Kurzawa et à Mr Bardo de nous espionner, à distance ! Vous les imaginez manipulant un drone ? Survolant le camp des Gitans ? Cherchant à nous piéger ? Photographiant nos moindres gestes ? Surprenant nos émois ? Immortalisant nos amours ?

Dieu merci. Nous avons échappé à ce progrès-là. En ce temps-là, quand on était « connecté », c’était par les yeux et par le cœur.

Quand l’heure du souper approchait, il était temps de rentrer… à contrecœur. Pour le retour, on marchait moins vite. On faisant semblant de s’intéresser à ce qui nous entourait, pour profiter encore un peu de la douceur… On s’aventurait dans les carrières.

C’est là, tout au fond de la carrière, que j’ai réussi pour la première fois, par un bel après-midi de juillet, à coincer Eveline ( Jean-Loup ). Elle ne pouvait pas s’échapper, je la tenais fermement appuyée contre la falaise ( j’suis pas sûre qu’elle voulait vraiment se libérer ). C’est là, que pour la première fois, que je lui ai déclaré ma flamme en tremblant. Pendant qu’elle, froidement, chantonnait la chanson de Dalida : « Paroles, paroles, paroles, paroles… et encore des paroles ».

J’ai dû improviser, me montrer convaincant, faire preuve d’imagination, sortir mes tripes, aller chercher au plus profond de moi ce qui avait de plus sincère… Elle a fini par craquer.

Et c’est là, contre la falaise, que nous avons échangé notre premier baiser.

Et vous, votre premier baiser à Comblain, c’était où ?

C’était quand ?

C’était comment ?

C’était avec qui ?

 Gdzie jest ta ulica, gdzie jest ten dom
Gdzie jest ta dziewczyna
Co kocham ją.
Znalazłem ulicę, znalazłem dom
Znalazłem dziewczynę
Co kocham ją.

 21/09/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien – https://anciensdecomblain.com/

132 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans.
0132 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans.
133 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans
0133 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans
134 - 1976 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans : Monique kiełtyka ; Thérèse Spiewak ; Beata Nowicki ; Nathalie Swiderski ; Gisele Wojas ; ( ? ).
0134 – 1976 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans : Monique kiełtyka ; Thérèse Spiewak ; Beata Nowicki ; ( ? ) Kotara ; Gisele Wojas ; ( ? ).
135 - 1976 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans : César ( de Liège ) ; Patricia Jakobowska.
0135 – 1976 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans : César ( ? ) ( de Liège ) ; Patricia Jakobowska.
136 - 1976 :COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans : Monique Kiełtyla ; Gisèle Wojas ; Patricia Jakobowska avec la jupe en jeans.
0136 – 1976 : COMBLAIN-LA-TOUR – Le camp des gitans : Monique Kiełtyla ; Gisèle Wojas ; Patricia Jakobowska avec la jupe en jeans.
137 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carrières des Hayires sur la route du camp des gitans
0137 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carrières des Hayires sur la route du camp des gitans
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Un commentaire sur “0027 – Les promenades ( 6 ) : Le camp des Gitans

  1. « Désolée, je serai moins bucolique, romantique … juste un peu pragmatique.

    Dans mon cas, pas d’amoureux qui se dévoile, mais un troupeau de vaches qui, sans sommation, envahi notre refuge préféré et le tartine sans modération de toutes sortes de déjections …

    Je réunis mes filles et nous allons voir ailleurs, en chantant …

    Malgré tout, j’aime la campagne ! » Francine Zalobek

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