Nous pouvons être fiers … non seulement notre blog est consulté à l’étranger, et plus particulièrement en Pologne, mais en plus, il inspire toutes sortes d’émotions et de vocations.
Je viens de recevoir un très gentil mail d’une étudiante polonaise. Mademoiselle Pelusz ( Agnieszka de son prénom ) qualifie notre communauté d’Anciens « d’exemplaire ». Elle nous trouve « très sympa et très cool ».
Je vous transmets donc ses salutations et ses compliments.
Panienka Pelusz étudie à la célèbre université « Gdanska Académia Głowna » et prépare une double licence : une en étymologie et une en ethnographie. Elle travaille sur une thèse pour laquelle elle souhaite notre collaboration. C’est la première fois que nous pouvons aider une scientifique et permettre ainsi de faire progresser la science. J’ai donc informé Agnieszka que tous les Anciens de Comblain étaient disposés à contribuer à la réussite de son projet.
Voilà de quoi il s’agit : Pour construire sa thèse, Mademoiselle Pelusz est partie de deux constats :
– 1° : le polonais est « querelleur, colérique et souvent de mauvaise foi » … c’est bien connu, là où il y a 2 polonais, il y a, au moins, 4 bonnes raisons de se faire la guerre et, dans ce genre de situation, ils peuvent se montrer particulièrement inventifs dans leurs expressions ;
– 2° : la diaspora polonaise est déjà ancienne et recouvre beaucoup de régions dans le monde.
Agnieszka – qui souhaite associer l’étymologie et l’ethnographie dans son étude – veut savoir comment les gros mots, les insultes, les injures et les jurons … ont évolué dans des communautés qui à l’origine parlent la même langue, mais que les circonstances et le temps ont séparées, voir isolé.
En résumé, elle voudrait qu’on lui envoie un maximum de gros mots, d’insultes, de « noms d’oiseaux » et autres invectives … en polonais que nous avons entendus dans notre passé.
Il est vrai que nos papas, nos wujek et nos dziadek pouvaient parfois déraper et se laisser aller à des termes qu’on ne comprenait pas toujours mais qui ne laissaient aucun doute sur leur état de colère … Et après quelques verres de vodka, ils oubliaient même qu’on était là. C’était parfois très coloré. Il y avait des spécialistes du genre.
Je veux absolument tirer mon chapeau à Agnieszka Pelusz … il faut être culotté pour oser pareil travail.
Ne craignez rien … la jeune universitaire nous garanti l’anonymat et m’a déjà indiqué que ses remerciements, qui ne manqueront pas à la fin de son ouvrage, seront adressés aux Anciens de Comblain en général, sans citer personne en particulier. Donc, allez-y, creusez vos mémoires, remémorez-vous, allez trouver les anciens polonais que nous avons encore la chance d’avoir parmi nous et faites les « péter un câble ». Ensuite, envoyez le tout à Agnieszka. C’est pour une bonne cause.
Pour préserver jusqu’au bout la confidentialité sur ses investigations, Agnieszka nous demande de ne surtout pas utiliser facebook pour lui transmettre ce genre de « souvenirs ». En plus, nous passerions pour une bande de grossiers personnages. Elle met donc à notre disposition une adresse mail qu’elle nous a spécialement dédicacée et qui aboutit directement à son université : Premier-avril@ACLT.gag.
À peine sorti de la « Maison rouge », c’est une autre partie de l’histoire locale qui s’écrit jusque sur les murs. Premier indice : deux maisons plus loin et toujours sur votre droite, l’inscription « BASIN ST. » ( pour Basin Street ) est encore fixée sur le pignon ( voir photo 710 ). Cette plaque discrète – devant laquelle nous sommes passés des centaines de fois et qui existe toujours – rappelle qu’en 1959, cette portion de la Rue de Fairon était nommée comme ça … à cause du fameux Festival de Jazz.
Basin Street ( ou Rue Bassin, en français ) est, en réalité, une rue de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane.
Basin Street a été rendu célèbre, dans le monde entier, par la chanson « Basin Street Blues » publié par Spencer Williams, en 1926, et enregistrés par Louis Armstrong en 1929 ; des centaines d’enregistrements de ce « standard de jazz » existent depuis. En gros, les paroles sont :
« Voulez-vous venir avec moi,
Descendre le Mississippi ;
Nous allons prendre un bateau pour les pays des rêves,
Un vapeur descendant le fleuve jusqu’à la Nouvelle Orléans. La bande est là pour nous accueillir,
Les vieux amis vont nous rencontrer,
Où tous les gens aiment se rencontrer
Le paradis sur terre, ils l’appellent : Basin Street … ».
Deuxième indice : Encore quelques mètres plus loin, et nous voici devant un petit square charmant : « le Square Joe Napoli » ( photo 711 ). Ce petit coin bucolique rend hommage à l’initiateur du très célèbre Festival de jazz. Nous l’avons déjà évoqué dans l’article n° 47 … mais qui était-il et pourquoi à Comblain-la-Tour ?
Joe Napoli est un ancien GI de l’armée américaine. Né en 1922, il a à peine 18 ans quand la seconde guerre éclate. Durant la bataille des Ardennes – entre le 16 décembre 1944 et le 30 janvier 1945 – lors de l’offensive Von Runstedt, des GI’s américains sont accueillis dans les petits villages de Xhoris et Comblain-la-Tour. Joe Napoli est l’un d’entre eux. C’est là qu’il se lie d’amitié avec les familles Pirotton et Distrée de Comblain-la-Tour.
Après la seconde guerre mondiale, Joe Napoli devint manager de groupes de jazz. En 1955, il revient à Comblain-la-Tour pour remercier les habitants de leur hospitalité. C’est là qu’il entend que la commune ( dont il est tombé amoureux ) a besoin d’argent pour rénover son église … il décide alors de s’investir personnellement pour participer à la restauration de l’église en organisant un … festival de jazz.
Joe est un professionnel – il est l’imprésario de Chet Baker – et connaît énormément de gens du milieu. Un projet à l’américaine est mis sur pied. Il s’entoure de l’équipe de « Jazz pour tous », l’émission radio de Nicolas Dor et Jean-Marie Peterken, de Raymond Arets et de Willy Henroteaux du journal « La Meuse ». Ceux qu’on surnommera dorénavant « les5 de Comblain » organiseront là, le 1er grand Festival Européen de jazz. Comblain deviendra, durant 8 années consécutives de 1959 à 1966, « la capitale européenne du Jazz ».
Plus de doute : nous approchons de l’endroit mythique qui a rassemblé tant de gens, mobilisé tant d’énergie et connu tant de gloire : le Festival de Jazz de Comblain-la-Tour.
Sur la photo 716, vous reconnaîtrez « les5 de Comblain », adossés à une barrière devant l’Ourthe : de gauche à droite, Nicolas Dor, Willy Henroteaux, Joe Napoli, Raymond Arets, Jean-Marie Peterken.
27/03/2017 – JP Dz
0710 : COMBLAIN-LA-TOUR : « Basin St » sur le pignon, Rue de Fairon.0711 : COMBLAIN-LA-TOUR : Square Joe Napoli.0712 : COMBLAIN-LA-TOUR : Festival Building 1956 – 1966.0713 : COMBLAIN-LA-TOUR : Festival Building 1956 – 1966.0714 : COMBLAIN-LA-TOUR : Square Joe Napoli ( 1922 – 1989 ) : Initiateur du Festival de Jazz.0715 : COMBLAIN-LA-TOUR : Square Joe Napoli, vu de l’autre côté de l’Ourthe.0716 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les 5 de Comblain, adossés à une barrière devant l’Ourthe : Nicolas Dor ; Willy Henroteaux ; Joe Napoli ; Raymond Arets ; Jean-Marie Peterken.
Sur la photo 705, qui date 1977, moi je vois déjà : Ks Kurzawa … Pani Bardo … Ks Kiek … Mr Paperka … Pani Merta … Mr Dulak … Pour les enfants … difficile de dire d’où ils viennent ?
Est-ce de Wallonie ? Du Limbourg ? D’Allemagne ? D’Angleterre ? Ou des Pays-Bas ?
Ce qui m’amène à revenir sur l’organisation des « turnus » ! ? ! Est-ce que quelqu’un d’entre vous a la moindre idée de savoir quelles étaient les raisons profondes qui prévalaient dans l’organisation de ceux-ci ?
Pour rappel, les colonies étaient structurées en 3 « turnus » ( traduction littérale = roulement … oui, c’est déjà moins romantique … On pourrait aussi traduire par « tournante » … roulement ou tournante, tous ces termes évoquent cependant bien le même tourbillon d’émotions et de sentiments qui nous emportait à chaque nouvelle colonie ). Deux turnus donc de 15 jours en juillet, suivi d’un turnus en août.
Ensuite, les deux dernières semaines permettaient à des pensionnés de séjourner quelques jours à Comblain.
( Notez au passage que ces pensionnés devaient avoir, en moyenne, plus ou moins 60 ans. Nous, ça nous paraissait être un âge canonique. Aujourd’hui … ).
Mais revenons sur la problématique des « roulements ». À chaque fois que se terminaient nos vacances, nous n’avions qu’une seule idée en tête : revenir et retrouver tous ceux – ou celles – qu’on avait connus durant cette période si courte. Et presque à chaque fois … l’année suivante … on se retrouvait dans un « turnus » différent.
On rêvait de revoir les petites anglaises … et on se retrouvait avec des allemandes … On avait envie d’avouer à cette allemande ( ou cet allemand ) combien elle était extraordinaire … et on passait nos vacances suivantes avec des nouveaux inconnus. Bref, c’était souvent une frustration.
Heureusement, la frustration était de courte durée. De la tournante des arrivages à la tourmente des sentiments, il y avait heureusement une nouvelle saison pour se remettre … Le plaisir de rencontrer de nouvelles têtes et le besoin de se lier d’amitié – ou plus si affinités – avec d’autres personnes prenaient le dessus. Au bout de quelques jours, on avait oublié « Stacy » … on avait rangé « Grechen » dans un tiroir de notre mémoire … et on était amoureux de « Brigitte » ou de « Rita » … ou le contraire.
N’empêche … j’aimerais quand même bien savoir qui – et avec quelle sorte de cruauté – imaginait ces « turnus » ? Savait-il seulement combien ces « roulements » nous ont torturés et combien ils ont influencé nos amours. Qui sait comment se serait organisée notre existence si nous avions revu « Stacy », si on avait pu avouer notre tendresse à « Grechen » et si « Andy » était revenu pour entendre – enfin – le petit secret de « Grażena » ?
NB : L’auteur de ce qui précède, par soucis de préserver la paix dans les ménages et de garder un équilibre inter-régional le plus sain possible, a volontairement choisi des prénoms, et des sensibilités totalement inventés. Autrement dit : « Je te jure, ma chérie, que je ne me souviens plus de « Stacy » et encore moins de « Grechen » ; quant à « Andy », … je te jure que c’est quand même toi que j’aurai préféré … SI, si. ». Ouf.
La photo 706 date de 1965 / 1967. Je reconnais : Pan Jan … Sophie Swierkowicz … Yolande ( ? ) … Mr Rzemieniewski … Ks Kurzawa … Kazimir Kiełbowicz … Mr Zerznik … Ici aussi, difficile de reconnaître tout le monde et de savoir de quelle région ils viennent.
Sur cette photo, on peut encore voir, la serre, le tilleul dans toute sa splendeur et l’ancien bâtiment qui sera démoli et deviendra celui des chambres des garçons.
Je me demande si, à l’avenir, je ne devrais pas me contenter d’évoquer seulement les arbres, les feuilles et les papillons ? Je prendrai sûrement … moins de risques. Qu’en pensez-vous ?
20/03/2017 – Les Anciens de Comblain
0705 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : Sur l’escalier de la porte principale : Ks Kurzawa ; Pani Bardo ; Ks Kiek ; Mr Paperka ; Pani Merta ; Mr Dulak ; … ; ( ? ).0706 : COMBLAIN-LA-TOUR : Entre le perron et l’Ourthe : Pan Jan ; Sophie Swierkowicz ; Yolande ( ? ) ; Mr Rzemieniewski et à sa gauche, l’infirmière qui était venue de Pologne ; Ks Kurzawa ; Kazimir Kiełbowicz ; Mr Zerznik ; … ; le président de la Macierz Szkolna de Londres + quelques anglaises ; au premier rang, à gauche accroupi Basia de Londres ; ( ? ).0707 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur l’escalier du perron : Chwoszcz François ; Jendrzejczyk Pol ; Wochen Krystiane ; Swierkowicz Sophie ; Paluszkiewicz Jean ; Jadzia, la monitrice épouse de René Owca ; … ; ( ? ).0708 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur l’escalier du perron : Mr Mirosław Wochen et Marianna, son épouse ; Pani Merta et son mari Wacek ; Mr Pomorski ; Mr Jan Stefanski et son épouse ; Mme Nioucka Bień ; Aline Bień ; Mr Dulak ; Pan Bardo ; Mme Marianna Kołodziejka ; Mr Marysia et Bolek Chwoszcz ; Mirka Chwoszcz ; … ; Mr Kiełtyka et Mme Kiełtyka ; André Paterka ; Danielle Paterka ; Mr Kaziu Rogacki ; Mme Irène Drabina et son mari ; Mr Tadek Plichta ; Mr Angowski ; ( ? ).
0709 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Elisabeth Rozenski ; Piotr Rozenski ; Zosia Krol ; … ; ( ? ).
Nous vous invitons à nous rejoindre le week-end des 24 et 25 juin 2017 à Comblain-la-Tour pour fêter, comme chaque année, l’été. Cet évènement – qui trouve son origine dès 1962 et que nous appelions la « Majówka » – a toujours eu comme objectif premier de réunir la communauté polonaise de Belgique.
Ce rassemblement festif, outre sa vocation première, permettait, et c’est toujours le cas, d’aider le Centre à faire face aux dépenses liées au bon fonctionnement de l’institution. Comme le disait déjà, en 1970, Monsieur Józef Rzemieniewski : « Par leur présence, les participants aux fêtes du printemps veulent aider le Comité des écoles à exprimer leur confiance et leur reconnaissance à ceux sur qui repose la responsabilité de l’avenir du Centre ». L’intégralité de cet article du Narodowiec n° 161 du 10/07/1970 vous est livrée ci-dessous ( merci à André Karasinski pour la traduction ).
Mais cette manifestation – qui s’appelle aujourd’hui « Powitanie lata » – permettait aussi à la communauté polonaise de montrer ce qu’elle avait de plus précieux : sa jeunesse. En 1970, c’est le KSMP de Charleroi qui était à l’honneur. D’autres années, c’était les KSMP de Liège, de Heusden-Zolder, du Centre ou de Mons qui envahissaient le chapiteau, dressé sur le terrain de volley-ball, pour galvaniser un public conquis d’avance.
Ceci prouve, une fois de plus, le lien étroit entre le Centre Millennium et l’ensemble de la communauté polonaise de Belgique. L’article ci-dessous se fait écho de cette synergie. Quant à nous, nous ne manquerons pas de rendre hommage aux KSMP, aux Scouts, aux anciens scouts, à Związek Polaków, à SPK, à tous les comités et à tous les bénévoles et sympathisants qui ont rendu cette aventure possible. MERCI à tous.
13/03/2017 – JPDz
Narodowiec n° 161 du 10/07/1970 – Nouvelles de Belgique
COMME LES ANNÉES PRÉCÉDENTES, LA « FÊTE DU PRINTEMPS » ORGANISÉE À COMBLAIN-LA-TOUR PAR LE COMITÉ DES ÉCOLES, A ATTIRÉ UN GRAND NOMBRE DE PARTICIPANTS.
Depuis 9 ans déjà, le dernier dimanche de juin est la journée de rencontre des Polonais de Belgique au Centre de vacances de Comblain-la-Tour. Ils viennent nombreux et même le mauvais temps ne les en dissuade pas.
Il faisait nuageux ce dimanche 28 juin au matin et une forte pluie se mit même à tomber. Le doute commença à envahir les organisateurs. Le mauvais temps n’allait-il pas inciter un grand nombre à rester à la maison ? Et pourtant, dès 10 heures, les premières voitures arrivèrent.
Contrairement aux années précédentes, vu la météo, la messe ne se déroula pas à l’air libre mais sous un chapiteau. À 11 heures, à l’entame de la messe célébrée par le père K. Szymurski, l’immense tente était bien remplie. Le célébrant a également prononcé une homélie à la fin de laquelle il a demandé de prier pour la prospérité du Centre ainsi que pour ceux dont l’initiative audacieuse a permis l’existence et le développement du Centre.
La messe a été animée par les jeunes de Liège sous la direction de Monsieur Bień W. À la fin de la messe, tous les participants ont entonné le « Boże coś Polskę ».
Pause déjeuner.
Après la messe c’est le déjeuner. C’est le temps des rencontres et des conversations ( chats ). Les gens continuent à arriver et le nombre d’un millier de visiteurs a été dépassé. On rencontre surtout des jeunes.
La cuisine, le bar, les buffets dans le parc tournent à plein rendement. Tout est bercé par de la musique polonaise, œuvre de Monsieur Ołownia. Durant la pause se déroule aussi un match de football entre l’équipe du KSMP de Liège renforcée et une formation belge qui s’impose 3-2. Monsieur J. Stefański a pris en charge la partie technique de l’organisation de cette rencontre puisqu’il en fut un des initiateurs, soucieux de diversifier le programme de la journée.
Spectacle donné par le KSMP de la région de Charleroi :
À partir de 14 heures, l’ensemble « Melodia Ojczysta » sous la direction de Franiu Klimanowicz interprète des morceaux qui invitent à la danse. À 15 heures, au nom du bureau du Comité des écoles, Józef Rzemieniewski souhaite la bienvenue à tous les participants. Il salue les Polonais de Belgique ainsi que leurs hôtes belges.
Il adresse des mots de remerciements chaleureux aux Polonais d’Allemagne, venus en nombre et pour la première fois, aux Polonais du Grand-Duché du Luxembourg qui participent pour la seconde fois avec à leur tête leur pasteur, le père Adamczyk et les membres des bureaux de leurs organisations. Il convient aussi de mentionner tous ceux qui ont pris en charge l’organisation des autobus : Związek Polaków de la région de Mons et de Heusden, SPK ( Association des anciens combattants ), les prêtres de la région de Charleroi, les organisations catholiques des régions du Centre et de Liège. Il faut leur exprimer beaucoup de gratitude car c’est aussi grâce à leur dévouement que le parc se remplit chaque année lors de la « Fête du printemps ».
Ensuite, Monsieur Rzemieniewski a présenté le groupe artistique de la jeunesse KSMP de la région de Charleroi qui, par ses chants et danses, a animé cette journée. C’est un des ensembles les plus jeunes de Belgique mais plein de bonne volonté et de dynamisme. Il faut excuser les défauts et récompenser la persévérance et le souci constant du groupe d’atteindre un niveau de performance plus élevé. La chorale est dirigée par Monsieur Adamowicz. La présentation des différents numéros du programme et l’animation du public furent l’œuvre de Monsieur J. Soblanka. Le public a remercié le groupe par de chaleureux applaudissements. C’est leur interprétation de la Polonaise qui a particulièrement enchanté l’assistance.
Le père L. Lewandowski était très content. Quant à madame Henryka Matecka, elle était particulièrement satisfaite puisque c’est elle qui enseigne les danses à ces jeunes. En fait, elle se dévoue à eux corps et âme. Elle ne peut rien leur refuser. Jamais elle ne leur dira : « Je n’ai pas le temps » !
Le programme artistique a été complété par la prestation d’Urszula Szyndalik et de son frère Tadeusz, d’Anvers, qui ont récité des poèmes dans un polonais parfait.
Ensuite, place à nouveau à la musique et à la dance jusque tard dans la soirée. Car il semble qu’on ait du mal à quitter Comblain.
Quelques remarques additionnelles :
En marge de cette fête, quelques remarques plus générales.
Bien que les organisateurs fassent tout pour que règne toujours une ambiance particulièrement chaleureuse, la majorité des participants ne viennent pas seulement pour s’amuser. Ils viennent avant tout pour « joindre l’utile à l’agréable ». Ils peuvent constater à chaque fois qu’aucun des sous qu’ils dépensent n’est gaspillé puisque le Centre de vacances du Comité des écoles s’embellit d’année en année. Par leur présence, les participants aux fêtes du printemps veulent aider le Comité des écoles à exprimer leur confiance et leur reconnaissance à ceux sur qui repose la responsabilité de l’avenir du Centre.
Il suffit d’un simple appel pour que viennent aussitôt en aide au Comité des écoles les organisations comme les personnes privées. Cette année, en un seul mois, sans efforts particuliers, le Comité a reçu en prêt la somme de 150.000 francs. Car chacun est convaincu que l’argent ne disparaît pas mais qu’il est utilisé utilement.
Tous ceux qui, des semaines, des mois durant, travaillent bénévolement au Centre de Comblain-la-Tour permettent au Comité des écoles d’épargner des milliers de francs. Et ce qui est le plus réjouissant, c’est que de plus en plus de jeunes proposent leur aide, convaincus que c’est leur Centre.
Revenons à la dernière « Fête du printemps ». Beaucoup de gens ont travaillé à sa préparation ( remise en ordre et préparation du bâtiment, etc ) et durant son déroulement : les familles Bujanowski, Bardo, Chmielecki, Matusiewicz, Soltysik, sans parler de ceux que l’on voit toujours à Comblain. La famille entière a mis la main à la pâte : parents, enfants adolescents, enfants adultes. De jeunes garçons de Heusden se sont occupés du bar. Il faut leur exprimer beaucoup de gratitude aussi bien à tous ceux qui ont été nommés dans cet article qu’à tous ceux qui n’y ont pas été expressément nommés.
Mais il ne s’agit pas seulement de cela. Il faut souligner avant tout que, nonobstant les jérémiades des pessimistes, il existe des gens sur lesquels on peut s’appuyer pour construire une vie polonaise en exil.
Une chose cependant est importante : ne pas les traiter comme des pions passifs et inconscients. Il faut tout faire, au contraire, pour qu’ils ne soient pas que des exécutants mais des coauteurs dans la mise en place des programmes.
Depuis toujours ceci est une préoccupation du bureau du Comité des écoles qui mène une gestion ouverte, en intégrant des personnes de bonne volonté lorsque des décisions importantes sont prises.
La Rue du Parc, celle qui traverse le cœur du village de Comblain-la-Tour, évoque chez la plupart d’entre nous des souvenirs indélébiles. Certains moniteurs se rappelleront avec bonheur la pharmacie : chose compréhensible, étant donné les maux de tête dont ils souffraient à force de passer leurs journées à jouer avec des enfants ( dépassant allègrement le seuil critique de 150 décibels ) et leurs nuits à … faire je ne sais quoi … D’autres l’associeront à un fait autrement plus prosaïque : c’est ici que se situait jadis le magasin de souvenirs.
Le lieu était tenu par une dame qui au cours des années s’était habituée aux débarquements successifs de cohortes de petits vacanciers. Et pourtant, à chaque fois, elle semblait en avoir gros sur le cœur de subir une énième invasion de sa caverne d’Ali Baba. Son regard en disait long, même si on peut se demander si les reflets dans ses yeux étaient des éclairs générés par la panique et la peur ( de voir son commerce saccagé par ces clients indélicats qui n’arrêtaient pas de s’agiter comme … des éléphants dans un magasin de porcelaine ) ou bien des étincelles de joie ( de voir ses ventes grimper en flèche, la quasi-totalité de son chiffre d’affaires annuel étant vraisemblablement réalisé sur les seuls mois de juillet et août ).
On peut également se demander comment le magasin a réussi à perdurer toutes ces années. L’argent de poche de la plupart des enfants suffisait à peine pour se payer de temps à autre une glace à l’eau au bar des Bardo, quelques cartes et timbres pour leurs chers parents, un kilo de granny smith âprement négocié au marché de Comblain-au-Pont, … si ce n’est un panaché et un tour de juke-box chez Pimpin ( à chacun ses priorités ! ).
Malgré l’état financier déplorable, il y en avait toujours un ou deux du zastęp qui ne pouvaient résister à débourser quelques francs : cadeau de saison pour maman ( boule à neige ), cadeau de circonstance pour papa ( briquet ) … Mais chose plus inquiétante, il y en avait toujours un qui se décidait pour … un couteau ? !
Redescendons un instant dans la rue. Elle mène – sans surprise – au parc, « notre » parc, le magnifique. Pourtant, quand le parc ne nous appartenait pas encore, il était loin d’être beau. À en juger par les photos remontant aux dernières années de l’exploitation de l’hôtel du même nom, le cœur n’y était visiblement plus ( voir photo 294 ). Des branches jonchent le sol et les mauvaises herbes commencent à envahir le chemin de gravier.
Si par la suite le parc a retrouvé sa splendeur d’antan, c’est grâce à toute une équipe de volontaires, pour la plupart anonymes. Cependant, parmi eux il y en avait un à qui ces espaces verts tenaient particulièrement à cœur : doktor Wilczek. Ce qui ne vous étonnera pas : il était botaniste de métier. Et pas le premier venu : Rudolf Wilczek ( né en 1903, près de Rzeszów ) était un scientifique passionné, de renom mondial. Rattaché à des universités polonaises ( entre autres à celle de Lwów ), puis professeur de collège et de lycée en Silésie, il participe à plusieurs expéditions d’envergure. Ainsi, en 1937, il passera 3 mois au Groenland à étudier la flore locale !
En 1939, il combat lors de la campagne de septembre comme lieutenant d’artillerie et passe quelques années dans le camp de prisonniers de guerre à Murnau en Haute-Bavière. Après sa libération en juillet 1945, il va retrouver sa femme et sa fille en Belgique où elles avaient atterri après un long périple en Asie Centrale et au Proche-Orient. Renonçant à un poste de professeur à l’université de Wroclaw, il s’installe définitivement à Bruxelles. Rattaché au Jardin Botanique ( Kruidtuin ), il réalise pendant 39 ans d’importants travaux scientifiques notamment sur la flore de l’Afrique centrale ( Congo belge et Ruanda-Urundi ). 320 espèces de la flore de l’Afrique portent le nom de « R. Wilczek ». Il n’a pourtant jamais eu l’occasion de voir les plantes sur lesquelles il a travaillé dans leur patrie africaine.
En 1956, Rudolf Wilczek devient « accessoirement » président du Comité central des Écoles des Polonais libres de Belgique ( Macierz Szkolna ou PMSz ), fonction qu’il occupera jusqu’à son décès en 1984. L’achat du centre de vacances à Comblain par PMSz s’est donc fait sous sa présidence. Doktor Wilczek mettait du cœur à l’ouvrage, lançant régulièrement des appels à dons pour récolter des fonds pour l’acquisition et l’entretien du centre et de son parc où il avait pris soin d’apposer devant chaque arbre un écriteau avec le nom de l’espèce ( en son honneur, un des arbres a été baptisé « R. Wilczek » ). Ces petits tableaux, je parie que vous ne les avez jamais remarqués, trop occupés à poursuivre vos petits camarades … ou à regarder un (e) moniteur/-trice dans les yeux … si ce n’est qu’à graver, dans les mêmes arbres ( à chacun son style de tag ! ), des cœurs transpercés de flèches de Cupidon. Bien utile finalement, ce couteau acheté quelques jours auparavant dans le magasin de souvenirs … ou confisqué à un des enfants.
Je me demande si cela lui fendait le cœur, à Rudolf Wilczek, de voir « ses » arbres estampillés de la sorte ou si cela lui faisait chaud au cœur de se voir entouré par tous ces signes d’amour … Et je me demande si c’est un hasard qu’en polonais, wilczek signifie louveteau. Quelque part dans les gènes du célèbre botaniste, quelque chose a dû lui dicter d’aménager dans ce parc, ici un arbre de singe, là un autre recoin, permettant, le jour, aux p’tits loups, de jouer à cache-cache et, la nuit, à leurs congénères plus âgés, de s’abriter des regards indiscrets, d’un Mr. Bardo, par exemple, qui après 23h, sortait sa lampe de poche et coiffait sa casquette de veilleur de nuit pour y effectuer des tournées nocturnes afin de veiller à la moralité de ses pupilles. Rendons hommage à Monsieur Wilczek pour tant de perspicacité et de bienveillance !
Si les arbres pouvaient parler, ils en raconteraient, des histoires. Que de souvenirs … et un petit pincement au cœur.
06/03/2017 – Piotr Rozenski
0294 : COMBLAIN-LA-TOUR : Hôtel du Parc.0691 : Dr. Rudolf Wilczek – 1976.0692 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Montée des couleurs : Richard Szymczak ; … ; Pan Jan ; Mr Rudolf Wilczek ; … ; Michel Pietka ; Michel Konarski ; ( ? ).0693 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le hall d’entrée : Mr Zbigniew Bardo ; Mr Stefan Paterka ; Mr Jan Stefanski ; Mr Mirosław Wochen ; Mr Rudolf Wilczek ; Mr Jan Stempniewicz.0694 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le hall d’entrée : Mr Rudolf Wilczek ; Mme Tonia Karpinski ; Mr Mirosław Wochen ; Mr Wacek Bień ; Mme Zosia Bień ; Mr Jan Stempniewicz.0695 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’entretien du parc : Mr Mirosław Wochen.0696 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’allée Wilczek.0697 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’allée Wilczek.0698 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’allée Wilczek.
Rozszumiały się wierzby płaczące,
Rozpłakała się dziewczyna w głos,
Od łez oczy podniosła błyszczące,
Na żołnierski, na twardy życia los.
Nie ślijcie wierzby nam,
Żalu co serce rwie,
Nie płacz dziewczyno ma,
Bo na wojence nie jest źle.
Do tańca grają nam
Armaty, stali szczęk
Śmierć kosi niby łan,
Lecz my nie wiemy, co to lęk.
Czy to deszcz, czy słoneczna spiekota,
Wszędzie słychać miarowy, równy krok.
To maszeruje polska piechota,
Na ustach śmiech, pogodna twarz, wesoły wzrok.
Nie ślijcie wierzby nam,
Żalu co serce rwie,
Nie płacz dziewczyno ma,
Bo na wojence nie jest źle.
Do tańca grają nam
Armaty, stali szczęk
Śmierć kosi niby łan,
Lecz my nie wiemy, co to lęk.
I choć droga się nasza nie kończy,
Choć nie wiemy, gdzie wędrówki kres,
Ale pewni jesteśmy zwycięstwa,
Bo przelano już tyle krwi i łez.
Nie ślijcie wierzby nam,
Żalu co serce rwie,
Nie płacz dziewczyno ma,
Bo na wojence nie jest źle.
Do tańca grają nam
Armaty, stali szczęk
Śmierć kosi niby łan,
Lecz my nie wiemy, co to lęk.
Poursuivant votre chemin, Route de Fairon, vous ne pouvez pas rater, au n° 79, « La Maison Rouge » ( photos 682 et 683 ). Si vous appréciez la bonne cuisine, dans un cadre très agréable, arrêtez-vous dans ce petit restaurant plein de charme. Vous y serez reçus par une propriétaire très sympathique qui se fera un plaisir de vous expliquer la petite histoire de son établissement.
Tout d’abord, elle vous dira que le nom du restaurant n’a pas été choisi au hasard : « Nous lui avons tout simplement rendu le nom qui lui avait été donné par les villageois « Li Rodje Mohone » … car à l’époque lointaine de sa construction, elle était la seule bâtisse érigée en briques rouges dans un paysage où la pierre était reine ».
En effet, l’estaminet ne date pas d’hier … il était très fréquenté par les bateliers de passage qui y dormaient, la tête sur les bras croisés posés sur une grosse corde tendue horizontalement et qu’on défaisait pour le réveil !
Mais sa construction date de 1555. Cette bâtisse fut érigée pour un des fils bâtard de Robert de la Marck, elle fut habitée, plus tard, par Jean-François Louis Thys ( mayeur du village ) jusqu’à son acquisition du bâtiment de la tour ( qui donnera son nom au village ) en 1800. Sa mère résida dans la maison jusqu’en 1821.
La vente de la Maison Rouge fut laborieuse car elle était hantée, disait-on … Ce fut, finalement, un ancien grognard sans peur, de Napoléon, qui l’acheta.
Avant la dernière guerre, il est devenu le « Café Colle ». On y jouait à la « seie » ( décapitation à l’aveugle d’un jambon suspendu ). Plus tard, il devint le restaurant renommé « Au Repos des Pêcheurs » ( photo 684 ), beaucoup d’entre vous s’en souviendront certainement … nous passions devant régulièrement … sans connaître la petite histoire du lieu.
Depuis 2007, l’établissement a repris le nom de « Maison Rouge » et mérite lui aussi sa réputation gastronomique. Les tables sont dressées dans les trois salles à manger aux atmosphères différentes et ce qu’on y sert est tout simplement délicieux ( photos 685 à 689 ).
Presque en face du restaurant, c’était l’arrivée du gué … ( de l’autre côté de l’Ourthe, c’est la Place du Wez ).
Cette pente douce vers la rivière servait au rinçage du linge préalablement blanchi sur l’herbe. Sur la photo 690, on peut voir la blanchisseuse Célestine en plein travail.
27/02/2017 – JP Dz
0682 : COMBLAIN-LA-TOUR : La maison rouge.0683 : COMBLAIN-LA-TOUR : La maison rouge.0684 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au repos des Pêcheurs.0685 : COMBLAIN-LA-TOUR : La maison rouge.0686 : COMBLAIN-LA-TOUR : La maison rouge.0687 : COMBLAIN-LA-TOUR : La maison rouge.0688 : COMBLAIN-LA-TOUR : La maison rouge.0689 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2016 : La maison rouge : Eveline Ogonowski.0690 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant la maison rouge : Célestine, la blanchisseuse en plein travail.
Le dimanche à Comblain rimait avec petits moments de plaisir : la messe ( sauf, on l’a bien compris, pour Jean-Pierre, qui s’y dérobait en se réfugiant au « Café des Sports » ), la visite des parents ( pour certains ), le feu de camp ( quand il ne pleuvait pas ) et … les FRITES ( quoi qu’il arrive ) ! Comme pour rappeler à nous autres, enfants issus de l’immigration polonaise, quelle terre nous accueillait.
Vous vous souvenez de la mystérieuse « roulotte » à l’entrée du parc, qui dominait le champ d’appel ? D’abord, elle intriguait, surtout les nouveaux arrivants. Mais au retour de la messe, dès l’instant où l’auvent s’est mis à se lever – et, avec lui, le secret – on savait : c’était … une FRITERIE ! Le maître des lieux – sans doute le seul à en posséder la clé – c’était Franek Bujanowski, un homme affable à l’accent truculent ( roulant les « r » et ignorant les nasales ).
Pour lui, faire des frites, ce n’était pas une corvée, même pas une tâche, c’était une véritable passion. Heureusement ( pour nous ), car préparer des frites pour un bataillon, affamé par l’effort de chanter à tue-tête dans une église, relevait d’une gageure. Au point qu’il se voyait systématiquement contraint de faire appel à des commis pour venir à bout de la mission dont il s’est investi.
Un jour – j’ai dû avoir 10 ans, ma connaissance du français se limitait au b.a.-ba … mais, très vite, j’allais faire des progrès fulgurants – je me suis porté volontaire, avec un autre Limbourgeois, l’un des jumeaux Nowicki, Eric ou Eddy, je ne me rappelle plus. On allait enfin percer le secret du grand maître-friteur, de son antre sacré et de ses frites millimétrées.
Monsieur Bujanowski nous a installés au coupe-frites, un grand ustensile professionnel disposant d’une presse à levier et d’une grille pour tailler la patate. Eddy – ou était-ce Eric ? – posait la patate sur la grille tranchante, moi, j’actionnais la poignée et, ô miracle, les patates se transformaient en parfaits bâtonnets, tous calibrés 8,5 x 8,5 mm. Monsieur Bujanowski exprimait son approbation en nous lançant de temps à autre un gentil « dous-ma ».
C’est là que les choses dans la friterie ont commencé à se corser. Tentait-il de nous parler en néerlandais, voulait-il dire « doe ma ! » ( vas-y ) ? Ou m’apostrophait-il en polonais ( « duś » = appuie) ? Ou était-ce un savant mélange des deux langues ? En tout cas, pour moi, il n’y avait pas l’ombre d’un doute : il fallait accélérer la cadence, une centaine de petits gourmands n’allaient pas tarder à réclamer leur récompense. J’y allais de plus en plus vite. Pan Bujanowski insistait : « DOUS-MA, DOUS-MA ! », confirmant par là que notre tandem était sur la bonne voie. Parfaitement huilé et synchro – tchique-tchaque, tchique-tchaque – on continuait donc à un rythme effréné, transpirant comme des bœufs dans cette cabane chauffée à blanc, mais heureux d’être à la hauteur des exigences du chef.
Et puis, au moment où je contemplais – non sans un regard empreint d’autosatisfaction – le panier se remplissant à vue d’œil … un cri strident transperça l’air moite de la roulotte, amplifié par les parois de la structure métallique. Eric / Eddy s’est retourné en tenant sa main, est sorti et s’est précipité vers l’infirmerie ( Eveline ? ), me laissant seul face à mon maître interloqué : « Bon sang ( c’était le cas de le dire ! ), je n’arrête pas de répéter : DOU-CE-MENT !!! ».
Difficile d’évaluer la gravité de la blessure d’Eddy / Eric. Jusqu’à la fin des vacances, sa main est restée cachée sous un gigantesque pansement ( bravo, Eveline ! ). Quoi qu’il en soit, je peux vous rassurer que, même si jamais un ( bout du ) doigt est parti dans le panier des frites, il a dû parfaitement se confondre avec la masse des patates coupées, je n’en ai retrouvé aucune trace.
De toute façon, peu importe, personne ne s’est plaint de la qualité des frites. Comme à l’accoutumée, l’œuvre de pan Bujanowski a été unanimement admirée et acclamée par l’ensemble des enfants. Même par Eric … ou était-ce finalement Eddy … ? Bon sang, décidément, je ne le saurai jamais.
À moins que … S’il vous arrive de les croiser et de leur serrer la main, d’abord, faites-leur un grand bonjour de ma part. Puis, vérifiez quand même … à qui il manque un bout … juste pour avoir le cœur net. Tenez-moi au jus !
20/02/2017 – Piotr Rozenski
0676 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ah, les frites : ( ? ) ; Zygmunt Mielcarek ; Marie-Thérèse Mielcarek ; Zbigniew Blaszka ; Raymond Mielcarek ( collection Zdzisław Blaszka ).0676 b : COMBLAIN- LA-TOUR : La friterie » chez Buja » est ouverte. Monsieur Franek Bujanowski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Pan Jan.
Commentaires :
Alice Golusinski : Les frites à Comblain … c’était un peu Noël en juillet !!!!
Monique Kiełtyka : Je me demande de quelle année date cette photo ? Au tout début de « Comblain », on ne nous cuisait pas des « frytki ». Nos repas étaient traditionnels vu qu’ils étaient préparés par nos mamans et babcia cuisinières bénévoles pendant la saison des colonies de vacances. Ne pas gaspiller les précieuses patates et huile pour en faire un plat qui ne viendrait pas de l’imagination culinaire polonaise. En plus, c’était beaucoup de travail, éplucher, laver et couper en bâtonnets plus ou moins réguliers, on n’avait pas tous les ustensiles … Bref, je pense qu’après le premier Festival de Jazz, la mode « Frytki » est entrée en force … Nous avions à Comblain un « voisin » direct au Centre. La première maison à droite et accolée à l’entrée de « Millennium » était habitée par un certain Mr. Florent ( je ne sais plus son nom de Famille ) ; un petit homme sec et musculeux avec un visage toujours souriant et plein de taches de rousseur. Je crois bien que c’est lui qui dans un premier temps a fait des frites presque sur le seuil de sa maison et qui en a peut-être vendu à quelques passants en détresse alimentaire …
Dominique Ogonowski : Quelle mémoire Monique !
Monique Kiełtyka : Je ne crois pas que c’est uniquement une question de mémoire, c’est aussi parce que j’ai vécu ces moments avec beaucoup de bonheur et que toutes ces personnes que j’ai croisées m’ont « marqué » au fer rouge, par leurs attentions, leurs attitudes. J’ai beaucoup de respect pour leurs mémoires …. Voir Pan Jan en costard et sans casquette m’impressionnait toujours beaucoup. Pour moi, il a toujours été mon « Grand Sauveur » face aux quelques rares colères paternelles. Je l’ai toujours admiré. Parfois avec mon papa, nous passions lui rendre visite à la morte-saison, c’était le gardien de la maison de nos colonies … Un « Dieu » en quelques sommes !!! Pendant que mon père discutait avec lui, moi pendant ce temps-là, hop un tour du parc de « mon château féerique » endormi sous la neige … Si cette photo date des années 74, il se pourrait même que ce soit moi de dos … je pense reconnaître une de mes pinces à cheveux … ( que je possède toujours malgré mes cheveux coupés …).
Regina Gymza : Pour moi les « frytki » c’est Pan Bujanowski. Je me souviens bien que c’était tout un travail …. et pour nous ça n’allait jamais assez vite …
Milczanowski Véronique : De toute façon, les « frytki » de Pan Bujanowski étaient les meilleures … J’en bave encore rien que d’y penser …
0677 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le repos après l’effort : Jean Dziewiacien et Martha Sladecka ( mes parents ) ; Madame et Monsieur Franek Bujanowski.0678 : COMBLAIN-LA-TOUR : La friterie.0679 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, un dimanche de visite des parents : Daniel Pietka ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Erik Nowicki ; Betty Nowicki.0680 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, un dimanche de visite des parents : Daniel Pietka ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Erik Nowicki ; Annie Nowicki ; Mr Nowicki.0681 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, un dimanche de visite des parents : Accroupis : Piotr Rozenski ; Marek Ordutowski ; Debout : Jef Rozenski ; Jozek Pachel.
Hej, do apelu stańmy wraz
Budować Polskę Nową.
Ojczyzna droga woła nas.
Do pracy ręką, głową.
Nie wydrze nam jej żaden wróg,
Tak nam dopomóż Bóg.
Sztandarem naszym będzie Krzyż,
Co ojców wiódł do chwały.
I nas powiedzie także wzwyż,
Gdzie buja Orzeł Biały.
Zwyciężym znój i stromość dróg,
Tak nam dopomóż Bóg.
Młodzieży, młodą Polskę twórz,
Szczęśliwą, Bogu miłą.
Gdy z nami Bóg, przeciw nam któż,
On jest Najwyższą siłą.
Ojczyźnie spłacim święty dług,
Tak nam dopomóż Bóg.