0275 – Wolnych polaków

Vous l’avez sans doute remarqué comme moi, les organisations polonaises des années 50 et 60 se revendiquaient comme étant des « organizacje Wolnych polaków » ( organisations de polonais libres ). Pour certaines d’entre elles, cette revendication s’inscrivait jusque dans le nom de l’instance, comme par exemple la Macierz Szkolna Wolnych polaków w Belgii. C’est justement à propos du mot « libre » que j’aimerais aujourd’hui disserter.

Ces gens-là – nos parents, nos voisins et amis de la génération avant la nôtre – avaient un besoin absolu de liberté. Ils ne voulaient pas reconnaître le pouvoir politique qui s’était autoproclamé souverain en Pologne à cette époque-là et défendaient l’idée d’une autre voie. Ils ne voulaient pas se soumettre à des idéaux qu’ils ne partageaient pas, ni à des « camarades » qu’ils n’avaient pas choisis. Ce faisant, ils renonçaient délibérément aux « avantages » que l’allégeance pouvait leur apporter. Mais ils ne se sont pas contentés de rejeter un système … ils ont relevé leurs manches pour essayer d’en imaginer un autre.

Le nombre d’organisations, de sociétés, de fraternités, et d’associations culturelles, folkloriques, religieuses, patriotiques ou éducatives qui foisonnaient alors en Belgique ( comme d’ailleurs dans tous les autres pays où la diaspora polonaise avait décidé de s’implanter ) n’était que le sommet de l’iceberg. Tous réunis par un même espoir, celui de pouvoir choisir eux-mêmes leurs valeurs et leur avenir, ils ont jeté ensemble les bases d’un nouvel équilibre. Certes tout n’était pas parfait … comme dans tout équilibre, il faut tâtonner souvent … mais quel courage et quelle détermination !

Si tout a commencé par des discours, des déclarations d’intention, des projets conceptuels, il est très vite apparu qu’on aurait besoin d’autre chose que de théories. Pour s’inscrire dans la durée, il devenait urgent d’avoir des lieux où se réunir, des locaux pour s’accueillir, des espaces « rien qu’à soi ». Alors, ils sont passés de la dialectique à la gestion pragmatique. On a vu apparaître des « swietlice », des « kaplice » », des écoles polonaises … qui au départ n’étaient que des locations, mais qui très vite – sans doute ici encore par esprit d’indépendance – sont devenus des biens propres à la communauté polonaise. C’est dans cet esprit qu’ils ont acheté le Domaine de Comblain-la-Tour.

Nous, anciens de Comblain, nous sommes les fils et les filles de ceux que ce besoin de liberté a poussés à entreprendre. Nous sommes les enfants de ces insoumis, les héritiers de cette autre voie.

Bien sûr, aujourd’hui, le mot « liberté » a perdu un peu de son sens … Nous vivons à présent dans des pays démocratiques … plus ou moins. Avec l’ouverture des frontières, la libre circulation, le libre-échange, … plus personne ne songe à partir en croisade pour défendre la liberté … Et peu à peu, on oublie que la liberté est un privilège. Et peu à peu, le mot liberté disparaît de nos préoccupations ; il s’efface de nos frontons, de nos slogans. SAUF … sauf quand, dans des moments comme ceux que nous vivons, cette liberté d’aller et de venir nous devient interdite.

Cette période de confinement forcé … propice à la méditation … réveille en nous des instincts que nous avions relégués aux oubliettes de nos mémoires, mais qui, du plus profond de nos ADN, se rappellent, tout d’un coup, à nos bons souvenirs. Nous avons infiniment besoin de liberté et d’espace ! Oui, nous sommes bien des fils de ces « Wolnych polaków » et notre besoin de liberté n’était qu’assoupi. Du coup, du fond des fauteuils où on nous a confinés, on a envie de crier comme Eluard :

« Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom …

 … Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté ».

Paul Eluard

 04/05/2020 : JP Dz

2263
2.263 :  ( ? ) ; … ; Mr Tadek Szymczak ; Mr Léon Czak ; Mr Józek Stepien ; debout à droite, Mr Stephane Turynec ; …
2264
2.264 : À l’arrière à partir de la droite : Mr Henryk Nowicki ; Mr Michał Miklusiak ; ( ? ) ;  Mr Ferdynand Hurny et son épouse ; Mr Józef Młynarczyk ; ( ? ) ; Mr Max Nepotschelowitsch ; Mr Casimir Swiderski. À droite de nouveau, devant Mr Henryk Nowicki, son épouse, Mme Anna Babynuk ; Mme Nepotschelowitsch ; Mme Bartecka ; ( ? ) ; Mme Obstowa ; Mme Barbara Miklusiak ; ( ? ) ; ( ? ). À l’avant Mme Anja Swiderska-Szymczak ; dans ses bras Mr. Malec ; ( ? ) ; Mr. Bartecki ; ( ? ).
2265
2.265 : À l’ arrière : ( ? ) ; de gauche à droite Mr Henryk Nowicki ; Mme Obstowa ; Mr Casimir Swiderski ; Mr Michał Miklusiak ; ( ? ) ; Mme Anna Babynuk ; Mme Miklusiak ; ( ? ) ; Mme Anja Swiderska-Szymczak ; Mr Józef Młynarczyk ; Mr Ferdynand Hurny ; Mr Malec ; Mme Bartecka ; Mme Chudzicka ; ( ? ).
2266
2.266 : À genoux : Anna Wronski ; Irena Kotarzewski ; ( ? ) ;  Edmond Gawlik ; ( ? ). Debout : ( ? ) ; Jean Nocun ; la maman de Lucia kowal ; Mr Henri Nocun ; Mme Helene Wronski ; Pani Banasik, l’institutrice ; ( ? ) ; ….
2267
2.267 : Mr Kotarzewski ; Mr Kosiorek ; Mr Pomorski, en costume foncé ; Suzanne Adamczyk ; Cecilia Szymczewski ; Wanda Jajor ; Zygmund Szlesz ; Zbyniu Staszak ; Eugene Kotarzewski ; Robert Wojciechowski ; Lucia Kowal.
2268
2.268 : Mme Bartecka ; Ks Kurzawa ; la dame qui tend la main au curé, c’est Maria, épouse de Bolesław Hérod de Chapelle, elle a été présidente des Matki de chapelle ; Mme Cela Deputat, la mamam de Jean-michel Deputat ; Mme Genowefa Adamczyk ( Genia ), la maman de Marc Maliszewski ; Mr Stanisław Maliszewski, le papa de Marc ; le visage partiellement caché, Mr. Perzyna ( ? ) ; ( ? ) ; ….
2269
2.269 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mr Rusowicz ; Ks Kurzawa ; Mr Léon Czak ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; …
2270
2.270 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mr Zbigniew Bardo, qui semble s’amuser de notre présence ; Mr Rusowicz ; Ks Kurzawa ; Mr Léon Czak ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; …
2271
2.271 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

 

 

2272
2.272 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

Commentaires :

 Milczanowski Véronique : Et la chambre du milieu en haut, c’était celle de Ks Kurzawa … Lors d’un tournus, j’ai hérité de celle d’à côté, la fenêtre de gauche sur la photo. J’étais alors sous-monitrice et je pense que Béatrice Laffut et sa sœur étaient dans mon groupe … Ça m’amusait à moitié d’être si près de Ks Kurzawa car il avait l’oreille fine ! Je l’entends encore chaque fois que je faisais une bêtise : « Weronika Weronika !!! » … En hochant la tête pas content !

Jean-Pierre Dziewiacien : Qui aurait cru que tant d’années plus tard, nous serions encore là à parler de lui ? On finira par croire qu’il nous manque …

Milczanowski Véronique : Oui sûrement, je me souviens de lui comme d’un homme sévère mais juste.

Marilyne Desmet : Et oui … ça été ma punition de la nettoyée ( la chambre ) … hein Dominique. !!!!!

2273

2.273 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

2274
2.274 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
2275
2.275 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
2276
2.276 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
2277
2.277 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
2278
2.278 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.
2279
2.279 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’espace de liberté.

T05 – La Constitution du 3 mai 1791.

Le 6 octobre 1788, Stanisław August Poniatowski, dernier roi de Pologne, convoqua, avec le consentement de la tsarine Catherine II, la session du parlement dite Grande Diète ou Diète de quatre ans – Sejm Wielki ou Sejm Czteroletni. La mission, tardive et donc désespérée, que s’assigna la Diète fut la réforme de la gouvernance du pays et la restauration la souveraineté de l’Etat.

L’œuvre principale de la Diète fut l’adoption, le 3 mai 1791, d’une constitution, en fait d’une Loi de Gouvernement – Ustawa Rządowa z dnia 3 maja – régissant le système juridique de la République Unie de Pologne-Lituanie ( 1 ). La nouvelle constitution fut adoptée par acclamation durant la séance du 3 mai 1791 et sanctionnée à l’unanimité durant la séance du 5 mai.

La constitution comprenait 11 articles et disposait, entre autres :

  • La religion catholique est la religion de l’Etat et quiconque abandonnera son culte catholique pour un autre sera condamné pour apostasie mais la liberté religieuse et de culte est garantie ;
  • L’Union polono-lituanienne devient un État unitaire ;
  • La monarchie devient constitutionnelle (le roi règne mais ne gouverne pas) et héréditaire. L’élection libre du roi est remplacée par une élection au sein d’une famille (dynastie des Wettyn) ;
  • Séparation des pouvoirs : législatif (détenu par un parlement bicaméral), exécutif (aux mains du roi et du conseil de surveillance) et judiciaire (magistrature avec juges élus) ;
  • Limitation du pouvoir de la noblesse : abolition du liberum veto et introduction du vote à la majorité, limitation des immunités légales ;
  • Principe de la souveraineté populaire et droits politiques étendus à la bourgeoisie (y compris le droit à la sécurité personnelle, à la possession de terres, accès à des postes d’officier et dans l’administration de l’État, et même à l’acquisition d’un titre de noblesse);
  • Droits accordés aux citadins des villes royales ;
  • Les paysans sont placés sous la protection de la loi et de l’Etat ce qui permet l’intervention des autorités judiciaires et administratives ;

 En réalité, peu de changements ont été introduits temporairement dans la position des villages et des paysans ; le servage a été préservé et seuls les étrangers ont obtenu la liberté personnelle. La constitution invitait la noblesse et les paysans à conclure des contrats, ce qui a été compris par certains paysans comme l’abolition de la subordination féodale.

  • Constitution d’une armée nationale de 100.000 militaires.

La Constitution du 3 mai devait être la première étape d’un processus de réformes ; elle ne sera d’application que durant quelques mois.

En effet, le parti pro-russe s’opposa à la Constitution et forma la Confédération de Targowica à laquelle le roi lui-même finit par adhérer le 23 juillet 1792, abolissant la Constitution.

Une diète réunie à Grodno consentit au second démembrement du pays (1793) au profit de la Russie et de la Prusse. L’insurrection patriotique de Kosciuszko (1794) fut vaincue, le roi contraint à l’abdication et la Pologne partagée définitivement en 1795 entre la Russie, la Prusse et l’Autriche.

 Actuellement, bon nombre d’historiens polonais portent un jugement partagé sur la Constitution du 3 mai. « C’était un document exceptionnel, visionnaire, la preuve du patriotisme de l’élite polonaise et de sa volonté de réformer l’État. Mais les réformateurs auraient dû attendre un meilleur moment. La Constitution s’est avérée n’être qu’un testament. L’état qu’elle était censée servir, a disparu » – dit le prof. Andrzej Chwałba ( 2 ). Cette analyse moderne pourra faire l’objet d’une autre publication (3 mai 2021 ?), si vous en exprimez le désir.

Et pourtant, cette constitution éphémère occupe une place très importante dans la mémoire historique collective des Polonais. Pourquoi ? Pourquoi est-elle si très importante dans la vie de chaque Polonais ?

La Constitution du 3 mai est très importante pour les Polonais car des changements importants ont été introduits dans l’organisation des plus hautes autorités de la République de Pologne. Ce fut une étape importante sur la voie d’un type d’État moderne.

La Constitution du 3 mai est un élément tellement important de la mémoire collective, sans laquelle aucune communauté ne peut exister, car « la Pologne a retrouvé son indépendance à trois reprises : précisément le 3 mai 1791, le 11 novembre 1918 et le 4 juin 1989 », affirme l’historien prof. Henryk Samsonowicz ( 3 ).

Comme l’a souligné le prof. Janusz Odziemkowski ( 4 ), « la Constitution du 3 mai a mobilisé l’élite polonaise, a montré que nous pouvons prendre notre destin en main, que nous avons une idée pour la gouvernance de l’État et que nous pouvons nous sortir d’une situation très difficile. Tout au long du XIXe siècle, ce fut un vecteur certain, un liant auquel se référaient les chants et la poésie patriotiques ainsi que les soulèvements ». « Il y avait le sentiment que quelque chose de grand et de révolutionnaire se passait. Si seulement les élites polonaises pouvaient en profiter, si la direction de l’État était assurée par des personnes déterminées, dotées de qualités de leadership, notre histoire finirait peut-être mieux ».

« La Constitution du 3 mai reste pour les Polonais un modèle d’action politique et le mythe du sentiment national polonais, mythe qui nous rappelle que nous devons retrouver notre propre État, que nous en valons la peine » souligne la prof. Zofia Zielińska ( 5 ).

Rappelez-vous, durant notre enfance, notre jeunesse, dans toutes les régions de la Belgique, les associations des Polonais libres commémoraient chaque année la Constitution du 3 mai. Ils étaient fiers : la Constitution du 3 mai 1791 a été le premier acte juridique de ce type en Europe – deuxième au monde après la Constitution américaine de 1789 – précédant de 4 mois la Constitution française. Ils éprouvaient sans doute aussi beaucoup de nostalgie pour ce pays qu’ils avaient quitté, libre et qui était à nouveau, avec la complicité d’une minorité de Polonais, sous la coupe d’une puissance étrangère. C’est à ce sentiment double, fierté-nostalgie, qu’a fait un jour référence Lech Wałęsa : « …nous sommes si fiers de la Constitution du 3 mai qui espérait construire un État fort et libre qui apportait un espoir profond de souveraineté, d’indépendance et un espoir profond que nous surmonterions toutes les difficultés, que nous vaincrions nos ennemis éternels, que nous déciderions nous-mêmes dans notre propre pays. Tout cela était inscrit dans la Constitution du 3 mai ».

 Rappelez-vous, durant notre enfance, notre jeunesse, que de fois n’avons-nous pas entonné :

Witaj majowa jutrzenko
Świeć naszej polskiej krainie
Uczcimy ciebie piosenką
Pamięć twoja nie zaginie.

Witaj maj, Trzeci Maj!
U Polaków błogi raj.

02/05/2020 : André Karasiński

( 1 ) : Le texte en français de la Constitution du 3 mai 1791 est disponible sur :
https://mjp.univ-perp.fr/constit/pl1791.htm#1

 ( 2 ) : Andrzej Chwalba (né le 11 décembre 1949 à Częstochowa) – historien et essayiste polonais, professeur de sciences humaines, professeur à l’Université Jagellonne, spécialisé dans l’histoire du XIXe siècle, l’histoire des relations polono-russes, l’histoire de la Pologne moderne et l’histoire de Cracovie.

( 3 ) :  Henryk Bohdan Samsonowicz (né le 23 janvier 1930 à Varsovie – historien polonais, médiéviste et professeur universitaire, professeur de sciences humaines. Dans les années 1980-1982, recteur de l’Université de Varsovie, dans les années 1989-1991,  ministre de l’Éducation nationale du gouvernement de Tadeusz Mazowiecki. Chevalier de l’Ordre de l’Aigle blanc.

( 4 ) :  Janusz Józef Odzieżmkowski (né le 18 septembre 1950 à Łódź) – historien polonais, professeur de sciences humaines, maître de conférences et fonctionnaire. Professeur agrégé à l’Institut des sciences historiques de la faculté des sciences historiques et sociales de l’UKSW, il a également coopéré avec l’Université de la défense nationale, où il a lancé le département études européennes. Il étudie l’histoire universelle et l’histoire de la Pologne des XIXe et XXe siècles, l’histoire politique, la société polonaise du XIXe siècle, ainsi que l’histoire des conflits militaires et armés.

 ( 5 ) : Zofia Zielińska (née le 8 avril 1944 à Lviv) – historienne polonaise, professeure de sciences humaines, professeure universitaire Université de Varsovie. Dans ses travaux scientifiques, elle se spécialise dans les questions de l’histoire polonaise du XVIIIe siècle.

T016
T016 : Portrait du roi Stanisław August Poniatowski peint par Marcelleo Bacciarelli vers 1785.
T017
T017 : Première page d’un exemplaire original appartenant aux archives de la famille Potocki.
T018
T018 : Page de garde de la traduction en langue française éditée à Varsovie en 1791 par l’imprimerie Piotr Dufour.
T019
T019 : Tableau commémoratif (247 × 446 cm) peint par Jan Matejko en 1891.

 

T04 – Déclin de la « République unie de Pologne-Lituanie »

En introduction à l’article qui traitera de la Constitution du 3 mai, j’ai voulu situer cette dernière dans son contexte historique et rappeler très synthétiquement les points essentiels de l’histoire de Pologne qui sont indispensables pour en comprendre les effets réels et tenter d’expliquer la place importante qu’elle occupe dans la mémoire collective des Polonais.

En 1569, l’Union de Lublin formalisa le rapprochement qui existait entre la Pologne et la Lituanie depuis le mariage du roi de Pologne – roi et non reine ( 1 ) – Jadwiga (Hedwige d’Anjou) avec le grand-duc de Lituanie, Władysław II Jagiełło (Ladislas II Jagellon) ou, pour être complet, Jogaila Algirdaitis en lituanien. La noblesse polonaise avait joué un rôle primordial dans le choix de Jadwiga et de son mariage avec Ladislas Jagellon.

L’Etat nouvellement créé et que l’on appellera au XXe siècle la « République des Deux Nations » ( 2 ), est une monarchie élective et non héréditaire, caractérisée par un pouvoir monarchique très limité et encadré par une législation et une diète contrôlée par la noblesse. A partir de là, la puissance grandissante de la noblesse polonaise face au pouvoir central, va peu à peu mener le pays vers la division, l’anarchie et la disparition.

Après le décès en 1572 du roi Zygmunt August, le dernier Jagellon, le choix pour occuper le trône de Pologne va se porter de préférence sur un candidat étranger moins tenté d’affirmer son pouvoir ou de toucher aux privilèges des nobles ( 3 ).

L’affaiblissement de l’Etat fut encore accéléré après l’adoption du « liberum veto », principe constitutionnel inventé par la Diète en 1652 et selon lequel toutes ses décisions, en ce compris l’élection du souverain, devaient être prises à l’unanimité. Le système politique va encore s’affaiblir, le fonctionnement de la Diète va être bloqué et les puissances voisines – Autriche, Suède, Russie – vont imposer, tour à tour, leur candidat au trône.

Toutes ces ingérences étrangères vont priver la Pologne-Lituanie de son indépendance. Elle va devenir un simple enjeu territorial entre la Prusse, la Russie et l’Autriche. Finalement, lassées de ce petit jeu, sur proposition de Frédéric II de Prusse et malgré les réticences de l’Autriche, les trois puissances vont annexer, le 17 février 1772, un tiers du territoire de la République des Deux Nations. Ce sera le premier des « Trois Partages de la Pologne ».

En adoptant la Constitution du 3 mai 1791, la République accomplira un effort prodigieux pour réformer le système politique et sauver ce qui pouvait encore l’être. Trop tardive, cette tentative resta sans effets
Jouissant du statut de puissance européenne majeure dans la première moitié du XVIIe siècle, la Pologne finit par disparaître de la carte des états européens le 24 octobre 1795.

28/04/2020 : André Karasiński

1 ) En 1370, à la mort, sans héritier, de Casimir III dit le Grand, le denier des Piast, la couronne passe à son neveu Louis Ier roi de Hongrie. A son décès en 1382, la noblesse polonaise, désirant mettre fin à l’union personnelle entre la Hongrie et la Pologne, offre la couronne à sa fille Hedwige. Hedwige est couronnée à Cracovie le 16 octobre 1384 et porte le titre de roi (rex) de Pologne – et non pas de reine (regina) – pour indiquer qu’elle est monarque à part entière. Devenue patronne de la nation polonaise, Hedwige a été canonisée par le pape Jean-Paul II le 8 juin 1997. On la fête le 17 juillet.

2 ) Surnom créé par l’historien polonais Paweł Jasienica dans les années 1960.

3 ) Le premier des rois élus fut Henri de Valois, le fils du roi de France Henri II et de Catherine de Médicis. Elu roi de Pologne en 1573 sous le nom d’Henry Ier – Henryk Walezy – il ne régna que quelques mois. Apprenant la vacance du trône de France après le décès de son frère Charles IX, il se sauva de Pologne pour être couronné roi de France sous le nom de Henri III. Il était aussi le frère de Marguerite de France ou Marguerite de Valois, la célèbre reine Margot.

0274 – L’Union sacrée autour du Millennium

Je vous ai déjà rappelé l’autre jour pourquoi le Centre polonais de Comblain-la-Tour s’appelait : « Millennium » ( voir article n° 200 sur le blog ) … c’est un hommage aux mille ans de chrétienté de la Pologne. Mais cette décision et tous les évènements qui sont liés à ces commémorations étaient le résultat d’une sorte d’Union sacrée de toute la Communauté polonaise de Belgique … toutes tendances confondues … sauf évidemment celle qui restait inexorablement attachée au pouvoir en place en Pologne à l’époque.

C’est donc une vaste organisation qui s’est mise en place, dès 1962, pour gérer les différentes phases et manifestations du Millennium. L’ensemble comprenait un « Présidium », un Comité exécutif, une commission d’audit et un large panel de délégués issus de toutes les organisations des polonais libres de Belgique. Et c’est ici que cela devient très intéressant. En effet, grâce aux documents que m’a transmis Jean Dalgan, nous avons la liste de ces délégations et les noms des participants. J’ai rassemblé ces éléments dans les 4 tableaux ci-dessous.

Ces listes reprennent les noms des organisations qui participent à cette Union sacrée … On y retrouve :

-Związek Polaków ( l’Union des Polonais ) ;

-SPK : Stowarzyszenie Polskich Kombatantów ( Association des anciens combattants Polonais ) ;

-Stowarzyszenie Mężów Katolickich ( Association des hommes catholiques ) ;

-Związek Bractw Żywego Różanca Pań i Panien ( Ass. des Confréries du Rosaire Vivant – MM et Mmes ) ;

-Koło Byłych Wojskowych w Gandawie ( Cercle des Anciens Militaires de Gand ) ;

-Koło Byłych Wojskowych w St. Nicolas ( Cercle des Anciens Militaires de St Nicolas ) ;

-Koło Byłych Wojskowych w Waterschei ( Cercle des Anciens Militaires de Waterschei ) ;

-Polska Organizacja Walki o Niepodległość ( Organisation Polonaise de Lutte pour l’Indépendance ) ;

-Związek Harcerstwa Polskiego w Begii ( Association du Scoutisme Polonais en Belgique ) ;

-Katolickie Stowarzyszenie Młodzieży Polskiej ( Association de la Jeunesse Catholique Polonaise ) ;

-Bratnia Pomoc Studentów Polskich w Begii ( Aide Fraternelle aux Étudiants Polonais ) ;

-Brygadowe Koło Młodych « Pogoń » ( Brigade du Cercle des Jeunes ??? ) ;

-Polskie Stronnictwo Ludowe ( Parti populaire polonais ) ;

-Stronnictwo Narodowe ( Parti National ) ;

-Stronnictwo Pracy ( Parti Travailliste ) ;

-Polska Partia Socjalistyczna ( Parti Socialiste Polonais ) ;

et évidemment :

-Polska Misja Katolicka – Księża duszpasterze ( Mission Catholique Polonaise – Les prêtres ) ;

-Polski Instytut Naukowy w Belgii ( Institut Polonais d’Éducation en Belgique ) ;

-Macierz Szkolna Wolnych polaków w Belgii ( Matrice Scolaire des Polonais Libres de Belgique ).

Comme vous pouvez le constater … ce ne sont pas uniquement des organisations à caractère « religieux ». Il y avait là des partis politiques différents, des groupements d’ex-militaires, d’autres qui s’étaient donnés comme missions d’éduquer, d’aider les étudiants, … C’est une véritable Union sacrée ! Et ça illustre parfaitement bien le formidable enthousiasme qui régnait à l’époque … Et que dire de la capacité de tous ces gens à s’entendre malgré leurs différences !!! À l’époque, c’était encore possible de vivre ensemble !

Dans ces listes vous retrouverez aussi des noms connus …Il y a ceux qui nous sont familiers puisque leurs enfants sont toujours à nos côtés lors de nos week-ends à Comblain : Chwoszcz ; Bień ; Karasiński ; Swiderski ; Bujanowski ; … Il y a des noms de certains qui nous suivent toujours sur Facebook ( comme Jean Dalgan à qui nous devons d’avoir conservé cette archive ), … D’autres noms sont gravés à jamais jusque dans le cimetière de Comlain-la-Tour : Prof. Dr Stefan Glaser ; Dr. R. Wilczek ; Mr J. Rzemieniewski ; Mr T. Plater-Zyberk ; Dr. E. Pomorski, … D’autres enfin, ont marqué de leur empreinte le Centre Millennium : Mr M. Dulak ; Mr L. Czak ; …

Mais la palme de la longévité et de la fidélité à Comblain-la-Tour revient sans conteste à Pani Stefania Ludwikowska … Elle était déjà là en 1962 … elle est toujours là aujourd’hui … Elle avait déjà en 1962 cette volonté d’être utile à la collectivité … et elle n’a pas changé. C’est ce qu’on appelle de la cohérence.

BRAVO Madame.

27/04/2020 – JP Dz

2249_Annexe_1
2.249 : Les autorités du « Millennium » – 1962.
2250_Annexe_2
2.250 : Liste des délégués / membres du comité « Millennium » – 1962.
2251_Annexe_3
2.251 : Liste des délégués / membres du comité « Millennium » – 1962.
2252_Annexe_4
2.252 : Liste des délégués / membres du comité « Millennium » – 1962.
2253
2.253 : USA – Jamborée : Stefania Ludwikowski ; Mr Mieczysław Dulak.
2254
2.254 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2015 : Premier rassemblement des Anciens de Comblain : Dominique Ogonowski ; Stefania Ludwikowski ; Anna Kabat.
2255
2.255 : COMBLAIN-LA-TOUR : Travail de mémoire au cimetière de Comblain-la-Tour : Stefania Ludwikowski, entourée par les enfants des colonies.
2256
2.256 : COMBLAIN-LA-TOUR : Travail de mémoire au cimetière de Comblain-la-Tour : Stefania Ludwikowski, entourée par les enfants des colonies.
2257
2.257 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rassemblement des Anciens de Comblain : Betty Nowicki ; Stefania Ludwikowski ; Barbara Wojda ; Isabella Cosaro ; Zuhal Gunal ; Anna-Rita Centurione ; Regina Gymza ; Dominique Stefanski ; Dorota Druszcz ; Christine Piech ; Hélène Piech ; Francine Załobek ; Dominique Ogonowski.
2258
2.258 : Cimetière polonais de LOMMEL : Stefania Ludwikowski.
2259
2.259 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Pani Stefania Ludwikowski ; ( ? ).

Et voici l’intégralité du PV de réunion qui officialisait ces comités :

Communication n° 1 du Comité du Millénaire de la Pologne

  1. Principales réalisations du Présidium et du Comité durant l’année 1962

 a ) Préparation d’un projet de statut, qui a été adopté lors de l’assemblée générale du 2 décembre 1962 ;

b ) Communication à la presse des mémoires du Général Maczek mentionnant la participation des troupes polonaises à la libération de la Belgique. ( Ces articles ont été publiés dans « Le Soir » et « Het laatste News » ) ;

c ) Interview du Prof. Dr. Glaser à la radio sur le programme des célébrations du « Millennium » ;

d ) Inauguration de la maison de Comblain-la-Tour ;

e ) Constitution d’un comité d’honneur ;

f ) Conférence du professeur Halecki, sur le Millénaire, donnée en français au Palais des Académies le 4 octobre 1962. Cette conférence a officiellement inauguré les célébrations du millénaire en Belgique et a réuni environ 500 personnes de la société belge la plus représentative. Les articles sont parus dans la presse : « La Dernière Heure » le 5/10/1962, « Le Soir » le 6/10/1962, « La Libre Belgique » les 6 et 7/10/1962, « Le Journal Polonais » à Londres » 16/10/1962, « Narodowiec » en France les 9 et 16/10/1962 ;

g ) Conférence du professeur Halecki en polonais, qui a eu lieu le 6 octobre 1962 dans le hall du Centre Culturel Européen, Avenue Molière à Bruxelles ;

h ) Exposé à la radio sur le Noël en Pologne, prononcé par Madame Czarnock le 19 décembre 1962 ;

  1. Assemblée générale du Comité du millénaire

Le 2 décembre 1962, le Comité du millénaire a tenu son assemblée générale.

A ) Statut : le statut du « Millennium » a été adopté lors de cette réunion, sur la base des orientations adoptées lors de la première réunion du comité le 26 novembre 1961.

Selon les statuts, peut être membre du comité, toute organisation et institution libre polonaise, ce qui lui donne le droit de déléguer jusqu’à 20 membres au comité ;

Les délégués des organisations libres choisissent les autorités du Millennium, contrôlent leurs activités et fixent le programme de travail de Millennium ;

En annexe, les listes de délégués envoyées au comité par des organisations polonaises et des institutions en Belgique ;

Les membres bienfaiteurs peuvent être toute personne qui s’engage à payer une contribution annuelle. Les membres bienfaiteurs ont une voix consultative.

Pour info, nous pouvons vous envoyer le texte du statut pour une somme de 60 Frs.

B ) Les autorités du « Millennium » : Voir annexe 1

 III. Programme pour 1963

A ) Organiser les comités de terrain de « Millennium »

Le comité a choisi une commission ayant pour but d’organiser les comités de terrain de Millennium.

Cette commission est présidée par Mr. Rzemieniewski, l’adjoint est Mr. Lachowski, et il appartient à ces Messieurs d’aborder toutes les questions relatives au travail de terrain.

B ) Collecte de fonds pour les actions du millénaire

 Le Présidium et le Comité chercheront une source de financement. Mais, dans un premier temps, nous devons compter sur les contributions des membres. À cette fin, nous demandons instamment à chacun de s’engager à verser une contribution annuelle aux objectifs du Millénaire, et que chaque délégué recrute 5 membres donateurs.

Nous joignions aux lettres 6 mandats postaux pour les honorables membres et membres donateurs, avec la demande de transfert sur le compte chèque du Millennium : CCP 75.19.87 Comité du Millénaire de la Pologne, Bruxelles.

Dans un proche avenir, le Présidium et le Comité établiront un programme d’actions plus détaillé pour 1963, qui sera annoncé dans la prochaine communication.

Nous demandons aux honorables Messieurs d’envoyer une proposition et des suggestions pour ce programme aux membres du Présidium ou du Comité.

C ) Résolutions de l’Assemblée Générale de « Millennium »

Voici les résolutions adoptées par l’Assemblée générale du 2 décembre 1962 :

– l’Assemblée générale du Comité du Millénaire et anniversaire du Baptême de la Pologne, suite à sa réunion à Bruxelles le 2 décembre 1962, exprime la détermination de tous les Polonais libres de Belgique et de leurs organisations à célébrer le grand coup d’envoi du millénaire polonais ;

– déclare solennellement que la base de cette célébration sera l’unité fraternelle et l’entente de tous les polonais libres de Belgique et de leurs organisations ;

– dans cet esprit, il appelle tous les Polonais de Belgique à suivre le slogan de l’unité et de l’entente dans leur vie familiale et organisationnelle, ce qui devrait devenir le slogan du Millennium ;

– recommande aux polonais libres de Belgique d’éduquer et d’élever les enfants polonais sous le même slogan et sous la direction de la « Macierz Szkolna des polonais libres de Belgique » dont le centre est devenu le centre Millennium ;

– rend hommage à l’héroïque nation polonaise et à ses autorités spirituelles pour leur caractère infaillible et implacable dans leurs engagements envers les plus importants idéaux et traditions nationaux ;

– salue la communauté belge et exprime son désir de resserrer les liens amicaux belgo-polonais par l’action de ce Comité du Millénaire.

F. Gałązka                                                                   K. Czarnocki

Secrétaire                                                                       Président

 

2260_PV_1
2.260 : PV de la réunion du 4/3/1963 du comité du « Millennium ».
2261_PV_2
2.261 : PV de la réunion du 4/3/1963 du comité du « Millennium ».
2262_PV_3
2.262 : PV de la réunion du 4/3/1963 du comité du « Millennium ».

 

 

T03 – Pologne : les Fêtes nationales

La date du 3 mai approchant, et pour formaliser la réponse à une question que l’on me pose régulièrement sur la date de la fête nationale polonaise, je vous propose les quelques lignes qui suivent. En Pologne, la notion de « fête nationale » est plus complexe que celle que nous connaissons en Belgique ou en France.

Les Polonais distinguent d’ailleurs « Święto Narodowe » – de naród, nation – et « Święto Państwowe » – de państwo, état – que l’on traduit pourtant, dans les deux cas, par « Fête nationale ». De plus il existe aussi un certain nombre de « Dzień Narodowy » – Jour national – qui ont été déclarés « Święto Państwowe ».

Pour être complet, signalons que Fête nationale ne rime pas nécessairement avec jour férié. On compte 11 jours fériés dans l’année dont seulement 3 Fêtes nationales alors qu’on dénombre au total 12 jours de Fête nationale.

Deux jours sont appelés « Święto Narodowe » et on peut les considérer comme les deux jours de Fête nationale, au sens où nous l’entendons chez nous :

Le 3 mai, les Polonais commémorent la Constitution du 3 mai 1791 – Święto Narodowe Trzeciego Maja. Cette Constitution polonaise est le premier acte juridique de ce type en Europe et le deuxième au monde ( après la Constitution américaine de 1789 ).

Après la renaissance de l’État polonais en 1918, l’anniversaire de la Constitution du 3 mai a été officiellement reconnu comme Fête nationale en 1919. Après la Seconde Guerre mondiale, il a été célébré en 1946 et a donné lieu, dans de nombreuses villes, à des manifestations étudiantes. Suite à ces manifestations, les autorités communistes en ont interdit la célébration publique. Le 3 mai a été officiellement retiré en 1951 de la liste des jours fériés. La Fête nationale du 3 mai a été rétablie en 1990. Ce jour-là est un jour férié.

Le 11 novembre est la Fête nationale de l’indépendance – Narodowe Święto Niepodległości. Elle est célébrée pour commémorer le retour à l’indépendance de la Pologne en 1918, à la fin de la Première Guerre mondiale, 123 ans après le dernier partage du territoire national en 1795. Le terme « Partages de la Pologne » – « Rozbiory Polski » – désigne les trois annexions successives ( 1772, 1793 et 1795 ) du territoire de la Pologne-Lituanie par l’Empire de Russie, le Royaume de Prusse et l’Empire d’Autriche-Hongrie.

Entre 1920 et 1936, les célébrations de la reconquête de l’indépendance se déroulaient exclusivement à Varsovie – le plus souvent le dimanche qui suivait le 11 novembre – et avaient un caractère strictement militaire. Le statut de jour férié n’a été accordé au jour de l’indépendance qu’en 1937.

En 1945, a été instituée la Journée nationale de la renaissance polonaise, célébrée le 22 juillet. En même temps, la Fête nationale de l’indépendance a été abolie.

Le 22 juillet 1944, a été publié le Manifeste du Comité polonais de libération nationale. En fait, ce document a été signé et approuvé par Staline le 20 juillet 1944 à Moscou, où il a été ensuite publié. Le Comité polonais de libération nationale – PKWN, Polski Komitet Wyzwolenia Narodowego – était un organe fantoche, créé à Moscou, à l’initiative des communistes polonais et d’une délégation du Parti ouvrier polonais. Il opérait sous le contrôle politique de Joseph Staline qui a pris la décision finale sur sa création, son nom, son statut et sa composition.

La célébration du 22 juillet a été abolie en 1990.

La Fête nationale de l’indépendance du 11 novembre a été rétablie en 1989 et est, évidemment, un jour férié.

NB : Le troisième jour de fête nationale férié est le 1er mai, jour de Święto Państwowe, officieusement appelé Fête du travail et instauré en 1950.

23/04/2020 : André Karasiński

 

0273 – Smutna Wielkanoc !

Et voilà que Pâques est derrière nous … La fête la plus importante pour les polonais … notre « Wielkanoc 2020 » fait désormais partie des évènements du passé. Pourtant, elle restera gravée dans nos mémoires comme la Pâques la plus triste de l’histoire moderne …

Il faut savoir que pour nous, les polonais, Wielkanoc ce n’est pas seulement une fête catholique essentielle, c’est aussi une tradition séculaire qui a engendré des rites, des usages et des coutumes auxquels chaque polonais est infiniment attaché. C’est un ensemble qui comprend la préparation de plats traditionnels, la bénédiction de ces plats par le prêtre, la présentation de toute cette nourriture sur des tables opulentes, le partage des repas, jusqu’à celui du lundi de Pâques particulièrement festif … et le fameux « Śmigus-dyngus » … Tout ça n’a évidemment qu’une seule finalité … le partage dans la fraternité. C’est l’expression du bonheur d’être ensemble.

Cette année, confinement oblige, il a fallu se résoudre à festoyer chacun de son côté ! Comme si c’était possible !

Ce coronavirus a tout balayé sur son passage … Et il ne s’attaque pas seulement à nos santés … c’est tout notre mode de vie qui s’en trouve ébranlé … ce sont toutes nos valeurs qui s’écroulent. Il va jusqu’à faire vaciller certains de nos instincts les plus primaires. Notre instinct grégaire par exemple, celui qui nous rassemble, surtout dans les moments difficiles, celui qui nous conduit à nous abriter les uns contre les autres, à nous réunir dans les églises, quand la peur nous tourmente, celui qui nous mobilise dans la rue quand la colère nous submerge, celui enfin qui nous agglutine dans les parcs ou les places pour fêter ensemble les victoires ou les issues heureuses … cet instinct grégaire – essentiel à l’humanité – nous est aujourd’hui interdit !

Fêter Pâques sans pouvoir serrer ses enfants dans ses bras … sans partager la krakowska, la babka, les œufs colorés et le chrzan avec les siens … quelle tristesse ! On s’en souviendra de ce Wielkanoc !

Ou plutôt non, oublions-le vite … et rappelons-nous plutôt nos Wielkanoc d’antan … ceux de notre enfance … quand nous assistions émerveillés aux préparatifs de la grande fête … quand l’instituteur de l’école polonaise nous faisait apprendre par cœur des « wierszyki » que nous devions réciter le jour venu devant toute la famille et sous l’œil fier et ému de nos parents.

J’ai retrouvé un de ces « wierszyk » dans un des livres que Dr Pomorski avait écrit pour nous. Ce livre, c’est « Nasza szkoła » édité en 1956. Le poème s’appelle : Wielkanoc. ( à lire ci-dessous )

Pour la petite histoire, j’ai cru un moment que ce petit poème avait été écrit par Dr Pomorski lui-même, puisqu’il ne comporte aucune signature, ni indication ( comme d’ailleurs aucun autre texte du livre ). Eh bien, non ! Il faut croire qu’à l’époque, on ne s’embarrassait pas trop des droits d’auteur ou qu’à l’instar de je ne sais plus qui, on pensait que « La poésie n’appartient pas à ceux qui l’écrivent, mais à ceux qui s’en servent ».

Sachez que ce poème a été écrit par Maria Konopnicka, personnage haut en couleur, qui était en même temps poète, nouvelliste et écrivain pour enfants, traductrice de littérature française, anglaise, allemande, italienne et tchèque, journaliste et critique, tout en militant pour les droits des femmes, des enfants et l’indépendance de la Pologne … mais aussi chrétienne et anticléricale … Vous trouverez sur Wikipédia tout ce qu’il faut retenir de cette personnalité qui fait partie de notre culture polonaise et bien au-delà puisque … un des cratères de la planète Vénus porte son nom.

Sachez aussi que Maria Konopnicka est également l’auteur d’un autre poème que nous connaissons tous pour l’avoir chanté tant de fois : Rota … et si le titre ne vous dit rien, écoutez : https://www.youtube.com/watch?v=OT124Co2e8A

Sachez enfin que je n’ai pas trouvé ça tout seul … ma connaissance de la culture polonaise est très modeste. Ce qui n’est pas le cas d’André Karasinski – notre Wikipédia à nous, en chair et en os – à qui il m’a suffi d’envoyer les premiers mots du poème pour avoir une réponse complète et une explication détaillée. Merci André.

D’ailleurs, nous avons décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique – dans le blog des Anciens de Comblain – dans laquelle André Karasinski nous rafraîchira la mémoire sur toutes ces traditions qui ont jalonné notre enfance. Il nous aidera à comprendre, à décrypter et à sauvegarder tout ce qui fait nos racines.

Voilà bien encore une preuve qu’ensemble c’est mieux !

20/04/2020 – JP Dz

Wielkanoc

Jutro będzie Wielkanoc,
Babki w piec już wsadzone,
Gotują się kiełbasy
I mieć będziem święcone.

Demain, c’est Pâques,
Les gâteaux sont déjà dans le four,
Les saucisses cuisent
Et j’aurai du « święcone » (1).

Najpierw obrus bielutki
Mama na stół położy,
Na nim stanie pośrodku
Ten baranek, ten Boży.

D’abord la nappe blanche
Que maman va mettre sur la table,
Sur elle, placé au milieu
Cet agneau, ce Dieu.

Chorągiewka czerwona,
A zaś kijek złocony,
Babka jedna i druga
Z każdej będzie stać strony.

Un fanion rouge,
Et ensuite un bâton doré,
Un gâteau puis une autre
De chaque côté sera placé.

Z rana pryjdzie ksiądz proboszcz
I poświęci stół cały,
Domek także pokropi,
By się dzieci chowały.

Dans la matinée le prêtre viendra
Et bénira la table entière,
La maison aussi sera arrosée,
Pour que les enfants se cachent.

Tak się zrobi wesoło,
Tak słoneczko zaświeci !
Ach, już nie ma, powiadam,
Jak Wielkanoc dla dzieci.

Ça va être amusant,
Il fera si beau !
Oh, il n’y a pas, je le dis,
Comme Pâques pour les enfants.

Maria Konopnicka

(1) : Petit-déjeuner festif et traditionnel du lundi de Pâques

2234
2.234 : École polonaise d’HAUTRAGE : Les frères Swięconek ; Hélène Swięconek au milieu à gauche ; les frères Chmielecki, Richard et Zdzisław ; André Karasiński ; tout à l’arrière, la fille c’est Urszula Twardowska,  l’épouse de Christian Wala et à sa gauche, Zdzisiu Kulbaka.
2235
2.235 : École polonaise d’HAUTRAGE : Au 2ème rang à gauche, Richard Chmielecki ; Casimir Święconek ; Edmond Skrzypczak ( Edziu ) ; Zdzisiu Kulbaka ; Każiu Swieconek ; Franus Perz ; ( ? ) ; et André Karasiński, tout à fait à droite.
2236
2.236 :
2237
2.237 :
2238_Krysia_Wochen
2.238 : À la procession de VOTTEM : Irène Jamka ; Krystiane Wochen.
2239_Helena_Wochen
2.239 : À la procession de VOTTEM :  Helena Wochen ; Krystiane Wochen.
2240_Liège
2.240 :
2241
2.241 : COMBLAIN-LA-TOUR : ( ? ) ; Vincent Swiderski ; Isabelle Swiderski ; Christophe Swiderski ; Béatrice Laffut, à l’arrière ; Annie Kieltyka, sur la droite.
2242
2.242 : Quelque part sur une scène : Jeanine Romanowicz et Marek Janicki.
2243
2.243 : Quelque part sur une scène : Marek Janicki ; Jeanine Romanowicz.
2244
2.244 : RESSAIX : Ośrodek Św. Maksymiliana Kolbe : À gauche, le mari de ciocia Franka ; Mr. Zaslona ; Mr. Adam Ogonowski ; Mr. Kiełtyka ; Mr Szymczak ; Mr. Casimir Swiderski ; Mr. Mlynarczyk ; ( ? ) ; …
2245
2.245 : Quelque part sur une scène : Dominique Ogonowski ; Lucette Kiełtyka ; Jeanine Romanowicz ; Danièle Pietraszek ; Eveline Ogonowski, de dos et habillée en garçon.
2246
2.246 : Quelque part sur une scène : Jeanine Romanowicz ; Dominique Ogonowski ; Danièle Pietraszek.
2247
2.247 : Quelque part sur une scène : Jeanine Romanowicz ; Lucette Kiełtyka ; Dominique Ogonowski ; Eveline Ogonowski ; Danièle Pietraszek ; Christine Marszalkowski.
2248
2.248 : Quelque part sur une scène : Danièle Pietraszek ; Christine Marszalkowski ; Eveline Ogonowski ; Jeanine Romanowicz ; Dominique Ogonowski ; Lucette Kiełtyka.

 

 

T02 – Śmigus-Dyngus

En Pologne, les festivités de Pâques se clôturent joyeusement le lundi par la tradition du Śmigus-dyngus durant laquelle familles et amis se versent de l’eau les uns sur les autres. Plus particulièrement, les garçons aspergent les filles célibataires d’eau et fouettent leurs jambes avec des branches de saule.

À l’origine, Śmigus et Dyngus étaient deux coutumes distinctes. Elles viennent des rites païens des tribus slaves originelles. La coutume consistant à s’arroser à l’eau serait apparue sur les terres polonaises avec la princesse Wanda, dont on situe le décès en l’an 750. Wanda est une princesse légendaire, fille du légendaire roi Krak, fondateur de Cracovie.

Śmigus consistait à fouetter les jambes avec des rameaux de saule ou de palmier et à asperger le corps avec de l’eau froide. Cette habitude symbolisait la purification printanière de la saleté et des maladies. Plus tard, l’Église l’a introduite dans le rite de ce qui est appelé le « Lundi Arrosé » ( lany poniedziałek ) et qui est une partie intégrante des fêtes de Pâques, l’eau symbolisant la résurrection du Christ qui nous sauve du péché.

Les slaves croyaient aussi que l’arrosage à l’eau était propice à la fécondité. C’est pourquoi c’étaient surtout les jeunes filles en âge de se marier qui faisaient l’objet de cette coutume. Celle qui n’avait pas été arrosée en éprouvait de la colère et de la crainte car cela signifiait un manque d’intérêt des garçons pour sa personne et un risque de rester célibataire.

Dyngus consistait à se rendre visite mutuellement au printemps après la longue période d’un hiver très rigoureux et donc peu propice aux sorties. En se rendant les uns chez les autres, les gens apportaient des cadeaux, des collations ainsi que le casse-croûte pour un éventuel vagabond. L’ambiance de ces visites était rythmée par des chansons, des récits … C’était aussi l’occasion pour les pauvres de pouvoir goûter des plats faisant partie du menu d’autres familles.

Petit à petit les deux coutumes se sont fondues en une seule. Sauf en Cachoubie – région lacustre qui s’étend au sud-ouest de Gdansk, et où se situe Sierakowice, ville jumelée avec Saint-Ghislain – où la flagellation symbolique perdure jusqu’à nos jours, l’arrosage à l’eau ( étendu à tout le monde ) s’est imposé. On peut toutefois s’y soustraire en offrant des œufs colorés et décorés.

13/04/2020 : André Karasiński

T012_dyngus
T012 : Dyngus.
T013_dyngus
T013 : Dyngus.
T014_dyngus
T014 : Dyngus.
T015_dyngus
T015 : Dyngus.

 

T 01 – Święconka ou « panier béni »

Pour se changer un peu les idées et oublier momentanément le Covid-19 et le confinement qui lui a été associé, et à l’intention de ceux que les traditions venues d’ailleurs intéressent, je vous propose quelques lignes à propos d’une coutume pascale polonaise.

En Pologne, Pâques est la fête religieuse la plus ancienne et la plus importante. Comme pour les catholiques du monde entier, cette fête commémore la résurrection du Christ et marque la fin du jeûne du Carême. A côté des célébrations strictement religieuses qui débutent le Dimanche des Rameaux et se terminent le Dimanche de Pâques, en passant par les célébrations du Jeudi Saint, Vendredi Saint et de la Vigile pascale le Samedi Saint, il existe, dans la tradition polonaise diverses coutumes – chrétiennes et populaires – liées à cette fête.

Je voudrais décrire rapidement la coutume appelée Święconka ou « panier béni ».
Le Samedi Saint, les familles se rendent à l’église avec un panier garni afin de le faire bénir par le prêtre. La coutume chrétienne de bénir la nourriture est née au 8ème siècle, bien qu’elle n’ait été adoptée en Pologne qu’au 14ème siècle. Au départ, les prêtres se rendaient dans les maisons des paysans riches et bénissaient toutes les denrées qui se trouvaient sur la table. Pour éviter aux ecclésiastiques de courir d’une maison à l’autre, la bénédiction a été transférée aux églises et les tables richement dressées se sont transformées en paniers symboliques.

Qu’est ce qui doit se trouver dans le panier, le plus souvent un panier en osier ?
Le pain – le produit de base, symbolise le corps du Christ ;
Les œufs – le deuxième produit le plus important après le pain, est un signe de renaissance. Ces œufs sont peints et décorés ( pisanki, en polonais ) ;
L’agneau – en pâtisserie, chocolat ou sucre – symbolise la victoire de la vie sur la mort ;
Les saucisses et charcuteries – symbolisent la prospérité, la fertilité et la santé ;
Le fromage – signifie amitié entre l’homme et les animaux de compagnie ;
Le sel – symbolise la purification ;
Gâteau ( babka, baba ) pascal – symbolise l’habileté et la perfection ;
Le raifort – est un signe de force physique et de vigueur ;
Le poivre – l’association avec le sel exprime durabilité, immortalité ;
Le beurre – un symbole de prospérité ;
Le panier doit également être garni par du buis. Bien qu’il ne soit qu’un ornement, le buis a son symbolisme propre – cela signifie joie et espoir en la résurrection.

Après la messe solennelle du Dimanche de Pâques, les familles se réunissent pour rompre le jeûne par un petit-déjeuner festif ; au milieu de la table, parmi d’autres plats, trône le panier béni. Le repas commence par le partage d’un œuf béni et l’échange mutuel de vœux entre tous les participants.

Bonne fête de Pâques à tous.

12/04/2020 : André Karasiński

T001_Swieconka
T001 : Święconka ou « panier béni ».
T002_Swieconka
T002 : Święconka ou « panier béni ».
T003_Swieconka
T003 : Święconka ou « panier béni ».
T004_Swieconka
T004 : Święconka ou « panier béni ».
T005_Swieconka
T005 : Święconka ou « panier béni ».
T006_Swieconka
T006 : Święconka ou « panier béni ».
T007_Swieconka
T007 : Święconka ou « panier béni ».
T008_Swieconka
T008 : Święconka ou « panier béni ».
T009_Swieconka
T009 : Święconka ou « panier béni ».
T010_Swieconka
T010 : Święconka ou « panier béni ».
T011_Swieconka
T011 : Święconka ou « panier béni ».

 

0272 – Wisła ( 2 )

Faisant suite à l’article de la semaine passée consacré à l’ensemble Wisła, voici le second volet du document que Madame Barbara Wojda, présidente de la Macierz Szkolna, a présenté, lors de l’exposition au Parlement Européen à Bruxelles. Ce second volet, explique les différentes facettes de l’action de l’ensemble Wisła et les distinctions honorifiques qu’il a déjà obtenues pour ces actions. Quant à notre ami Robert, il mérite amplement la « Croix de Chevalier » que lui a remise le président de la République de Pologne. C’est un honneur qui rejailli sur tous les polonais de Belgique.

Écrit par Madame Barbara Wojda

 Un groupe de chant et de danse Wisła

 En plus des spectacles de danse, le groupe organise également des expositions, des défilés et d’autres évènements. Conformément à la tradition et à un passé de scoutisme de Wisła, des camps d’été annuels sont organisés dans le centre de Comblain-la-Tour, acquis en 1960 par le Comité Central des Écoles des Polonais de Belgique. Seuls les jeunes ont pris part aux premiers camps. Actuellement, des familles entières des membres de l’équipe « Wisła » y participent. Cela montre un lien fort avec la Polska Macierz Szkolna en Belgique et les responsables du Centre « Millennium ».

Au regard de ses racines catholiques, le groupe n’a jamais cherché à coopérer avec les autorités communistes de l’époque. Depuis 1993, l’équipe dépose des fleurs au cimetière polonais de Lommel, lors des célébrations organisées par le consulat de la République de Pologne à Bruxelles en coopération avec l’Union des Polonais de Belgique, branche du Limburg.

Le 23/10/1993, lors de la représentation effectuée pour la journée des enseignants, les membres de l’équipe ont reçu la « Médaille d’argent des lieux de retraite du Souvenir national ». La décoration suivante a été remise le 21/03/2015 à Robert De Loenen par le président de la République de Pologne. Il a reçu la « Croix de chevalier » pour mérites envers la République de Pologne.

Le 17/10/2017, M. Artur Orzechowski, ambassadeur de Pologne en Belgique, et le président du Conseil des polonais de Belgique Józef Ptaszyński, ont remis le prix du « Polonais de l’année 2017 » en Belgique. Ces deux prix récompensent 50 années de travail sur le maintien des valeurs culturelles polonaises au sein de la communauté polonaise, dirigées par l’ensemble polonais de chants et danses Wisła.

 

Napisane przez panią Barbarę Wojda :

 Zespół pieśni i tańca Wisła

Zespół pieśni i tańca Wisła oprócz występów tanecznych zespół organizuje również wystawy, pochody i inne wydarzenia. Zgodnie z tradycją i harcerską przeszłością Wisły organizowane są coroczne obozy letnie na terenie Ośrodka Comblain-la-Tour, zakupionego w 1960 roku przez stowrzyszenie Polska Macierz Szkolna w Belgii. W pierwszych obozach tam organizowanych brała udział tylko młodzież. Obecnie uczestniczą w nich całe rodziny członków zespołu Wisła. Świadczy to o silnej więzi z Polską Macierzą Szkolną w Belgii i osobami odpowiedzialnymi za Ośrodek Millenium.

Katolickie korzenie zespołu spowodowały, że zespół nigdy nie szukał współpracy z ówczesnymi władzami komunistycznymi. Od 1993 r. zespół składa kwiaty na polskim cmentarzu Lommel, podczas obchodów organizowanych przez Konsulat RP w Brukseli we współpracy ze Związkiem Polaków w Belgii oddział Limburgia.

W dowód uznania w dniu 23 października 1993 roku, podczas występu z okazji Dnia Nauczyciela, członkowie zespołu za zasługi otrzymali Srebrny Medal Opiekuna Miejsc Pamięci Narodowej. Następnym dowodem uznania dla zespołu było odznaczenie nadane 21 marca 2015 roku przez Prezydenta RP dla Roberta De Loenen. Został on odznaczony Krzyżem Kawalerskim za zasługi dla Rzeczypospolitej Polskiej.

W dniu 17 października 2017 roku J.E Ambasador Polski w Królestwie Belgii Pan Artur Orzechowski wspólnie z prezesem Rady Polonii Belgijskiej Józefem Ptaszyńskim – wręczyli panu Robertowi De Loenen statuetkę Polak Roku 2017 w Belgii nagroda specjalna. Te dwa odznaczenia są uznaniem za 50-letnią pracę nad utrzymaniem polskich wartości kulturowych w społeczności polskiej, prowadzoną przez Polski Zespół Pieśni i Tańca Wisła.

Barbara Wojda

2221
2.221 : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; … ; ( ? ).
2222
2.222 : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; … ; Robert De Loenen ; … ; ( ? ).
2223
2.223 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; … ; ( ? ).
2224
2.224 : L’ensemble Wisła.
2225
2.225 : L’ensemble Wisła.
2226
2.226 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2227
2.227 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2228
2.228 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2229
2.229 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2230
2.230 : Cimetière polonais de LOMMEL : L’ensemble Wisła.
2231
2.231 : Cimetière polonais de LOMMEL : L’ensemble Wisła.
2232
2.232 : Cimetière polonais de LOMMEL : L’ensemble Wisła.
2233
2.233 : L’ensemble Wisła.

 

0271 – Wisła ( 1 )

L’ensemble de danses folkloriques Wisła se caractérise par son origine et par sa longévité. En effet, ce n’est pas un KSMP comme les autres ; il puise, au contraire, ses origines dans le mouvement scout, et plus particulièrement la branche des scouts polonais de Winterslag. Créé par des passionnés dès 1968, il continue inlassablement à propager le folklore polonais et la bonne humeur … ce qui fait de lui le groupe folklorique polonais le plus ancien en activité de Belgique. Madame Barbara Wojda, présidente de la Macierz Szkolna, lui a rendu un hommage bien mérité en présentant, lors d’une exposition au Parlement Européen à Bruxelles, deux panneaux expliquant l’histoire du groupe. Voici le contenu du premier panneau :

Écrit par Madame Barbara Wojda

Un groupe de chant et de danse Wisła :

En septembre 1968, la branche Winterslag de l’Association des Polonais de Belgique fêtait son 45ème anniversaire. Pour cette occasion, il a été demandé à d’anciens membres d’une unité de scouts polonais d’exécuter une danse. Un groupe de passionnés dirigé par Krzysztof Czerwiec s’est alors lancé dans cette entreprise. Ce fut la première danse réalisée par le groupe de chant et de danse « Wisła ». Krzysztof Czerwiec en était le dirigeant et le chorégraphe.

Les membres et les fondateurs du groupe étaient des enfants d’immigrés polonais, dont la majorité était arrivée à la colonie polonaise de Winterslag encore avant le début de la seconde guerre mondiale. Krzysztof Czerwiec dirigeait le groupe jusqu’en 1976. Son successeur fut Robert De Loenen, un ancien scout polonais de Belgique.

Au fil du temps, s’ajoutaient au groupe des enfants d’immigrés polonais de 2ème, 3ème, puis 4ème génération. Les membres du groupe étaient des enfants d’immigrés polonais. Au cours du temps, Wisła devenait un groupe spontané et ouvert avec une ambiance familiale, où des personnes d’autres nationalités sont les bienvenues. Son répertoire est composé de chants et danses traditionnelles. Le répertoire du groupe comprenait, entre autres, les danses suivantes : krakowiak ( de Cracovie ), Oberek ( Kujawy ), danse de Lublin ( Lublin ), Podhale ( Tatras ), Silésie et polka. Les figures de danse ont été combinées avec des chansons folkloriques de toutes les régions de la Pologne. Les représentations du groupe ont toujours lieu dans des costumes appropriés, achetés par les propres moyens des membres.

La première représentation du groupe eut lieu en septembre 1968 à Winterslag, où on commémora le 45ème anniversaire de « l’Union polonaise ». Ensuite, des spectacles de danse ont été organisés régulièrement pour l’Association des Femmes Polonaises à Winterslag et se sont étendus de Genk aux polonais se trouvant partout au Limbourg. La première représentation à l’étranger était une performance au début des années 70, pour les soldats belges stationnés en Allemagne. Une coopération fructueuse avec de nombreux groupes et associations de danse flamands a conduit à plus de représentations au fil du temps, non seulement en Belgique, mais aussi aux Pays-Bas, en France et même en Irlande.

Des émissions des performances du groupe ont également été diffusées à la télévision. La visite du pape Jean-Paul II en Belgique et la rencontre qui s’est déroulée le 20 mai 1985 au stade de Louvain ont été une expérience formidable pour l’équipe. Au cours de cette réunion, Wisła a eu l’honneur de comparaître devant le pape.

Au fil des années, le groupe a eu pour tradition d’effectuer une performance aux évènements « Bienvenue à l’été » au Centre polonais « Millennium » à Comblain-la-Tour ou l’évènement Genk Danst. Malgré de nombreuses performances à l’étranger, le groupe ne s’est jamais produit en Pologne.

Barbara Wojda

2209
2.209 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2019 : Powitanie lata : Madame Barbara Wojda ; Robert De Loenen ; à l’avant, les 2 panneaux, réalisés par Madame Barbara Wojda, qui ont été exposés lors d’une exposition au Parlement Européen à Bruxelles.
2210
2.210 : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
2211
2.211 : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; Robert De Loenen ; Krzysztof Czerwiec ; Jerzyk Szymczak ; Stasiu Kieronski, à l’accordéon.

Commentaire :

Regina Gymza : Zbyszek m’écrivait : « Je me souviens bien : 1974 – Performance Wisła au musée à ciel ouvert à Bokrijk. Je n’y suis pas, mais c’est mon frère Krzysztof et aussi Robert De Loenen, notre bon ami Stasiu Kieronski ( accordéon ) – en retard, ce petit garçon est Jerzyk Szymczak.

2212
2.212 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; à l’extrême droite, Robert De Loenen.
2213
2.213 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; … ; au milieu, Piotr Filipkowski ; ( ? ).
2214
2.214 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła : ( ? ) ; … ; Violetta Falba ; ( ? ) ; Anne Wuidar ;… ; Robert De Loenen ;…
2215
2.215 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła + l’ensemble Spotkanie.
2216
2.216 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2217
2.217 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2218
2.218 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2219
2.219 : COMBLAIN-LA-TOUR : L’ensemble Wisła.
2220
2.220 : L’ensemble Wisła.

Wisła ( 1 )  – version en polonais

Napisane przez panią Barbarę Wojda :

 Zespół pieśni i tańca Wisła

We wrześniu 1968 roku Związek Polaków w Belgii oddział Winterslag obchodził swoje 45 urodziny. Z tej okazji poproszono byłych członków polskiej drużyny harcerskiej o wykonanie tańca. Grupka entuzjastów z drużynowym Krzysztofem Czerwcem na czele podjęła się tego zadania. Taniec ten był pierwszym w wykonaniu później powstałego zespołu pieśni i tańca Wisła. Krzysztof Czerwiec był prowadzącym i choreografem zespołu.

Członkowie i założyciele grupy byli dziećmi polskich imigrantów, których większość przybyła do polskiej kolonii w Winterslag jeszcze przed wybuchem II Wojny Światowej. Krzysztof Czerwiec przewodził zespołowi do 1976 roku. Jego nastepcą został Robert De Loenen, były harcerz drużyny polonijnej w Belgii. Z biegiem lat do grupy dołączała druga, trzecia i czwarta generacja Polaków mieszkających w Belgii. Członkami zespołu były dzieci polskich imigrantów.

Z upływem lat Wisła stawała się spontaniczną i otwartą grupą z rodzinną atmosferą, gdzie inne narodowości były mile widziane. Repertuar zespołu to pieśni i tańce ludowe. Repertuar zespołu obejmował między innymi następujące tańce : Krakowiak ( z Krakowa ), oberek ( ziemia kujawska ), taniec lubelski ( Lublin ), podhalański ( pogórze tatrzańskie), śląskie i polkę. Figury taneczne były łączone z pieśniami ludowymi z   wszystich zakątków Polski. Występy zespołu odbywają się zawsze w stosownych strojach zakupionych z własnych środków.

Pierwszy występ zespołu odbył się we wrześniu 1968 roku w Winterslag, gdzie uświetnił 45-lecie istniena Unii Polskiej. Następnie organizowane były regularnie występy taneczne dla Związków Kobiet Polskich w Winterslag, a teren występów stopniowo rozszerzał się z Genku na Polonię w całej Limburgii. Pierwszym zagranicznym występem był występ, na początku lat 70-tych, dla żołnierzy belgijskich stacjonujących w Niemczech. Owocna współpraca z wieloma flamandzkimi zespołami tanecznymi i stowarzyszeniami doprowadziła z biegiem czasu do występów nie tylko w Belgii, ale również w Holandii, Francji, a nawet w Irlandii. Transmisje z występów zespołu pokazywane były również w telewizij. Wielkim przeżyciem dla zespołu była wizyta papieża Jana Pawla II w Belgii i spotkanie, które odbyło się 20 maja 1985 roku na stadionie sportowym w Lowanium. W trakcie tego spotkania Wisła miała zaszczyt wystąpić przed Papieżem.

Z biegiem lat do tradycji zaczęły należeć niektóre stałe występy, jak « Powitanie lata » w polskim Ośrodku Millenium w Comblain-la-Tour, czy happening Genk Danst, który corocznie odbywa się w kwietniu. Pomimo wielu zagranicnych występów zespół nigdy nie wystąpił w Polsce.

Barbara Wojda