0230 – Smok

Si « Ala i As » était l’ABC de notre apprentissage du polonais, nous disposions, dans nos cours du samedi ou du mercredi, d’autres ouvrages très intéressants. Certains d’entre eux avaient d’ailleurs été écrits spécialement pour nous … par Dr Edward Pomorski, celui qui est enterré au cimetière de Comblain-la-Tour.

Mr Pomorski prenait très à cœur son rôle d’Inspecteur des Écoles Polonaises ; au point de rédiger lui-même les manuels d’apprentissage. C’est ainsi que la plupart d’entre nous avons poursuivi l’aventure d’Ala i As par la découverte de notre histoire et de notre culture polonaise à travers les livres de Mr Pomorski. Vous ne vous en souvenez pas ? Je vais essayer de vous rafraîchir la mémoire. Je suis sûr, que d’ici quelques minutes, vous direz : « Ah oui, je me souviens de cette histoire et de ces dessins-là … ».

Les documents de 1.759 à 1.762, sont respectivement les couvertures et les secondes pages de 2 livres que nous avons tous eus en main ; ce sont « l’essentiel » ! « Nasza Rodzina » et « Nasza Szkoła » ont été publiés en 1956 … déjà. Mais le Docteur Pomorski a écrit pour nous d’autres ouvrages de référence comme repris sur la liste de la Biblioteczka szkolna PMS ( document 1.763 ) en 1958 : Dziennik lekcyjny ; Kolonie letnie ; Program nauczania ; Godło państwowe ; Mapa konturowa Polski ; Wycinanki historyczne.

Ces livres, largement illustrés, abordaient toutes sortes de sujets … on pouvait passer d’un thème consacré aux pigeons, ou aux papillons, à un épisode illustre de l’histoire polonaise, puis trouver un très beau poème, et à la page suivante, un rébus. En parfait pédagogue, Dr Pomorski voulait par-dessus tout nous donner l’envie de continuer à découvrir sans jamais nous lasser … il pratiquait l’alternance des thèmes … tiens, tiens, ça me rappelle quelque chose ! Mais l’épisode que j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui, c’est celui de la légende du « Smok » ! Je suis sûr qu’elle évoque quelque chose pour vous ! Ce récit est un extrait de « Nasza Szkoła ».

J’ai reproduit en annexe la légende complète telle que racontée par notre Inspecteur. Rappelez-vous … Même sans lire l’histoire, vous devriez vous souvenir ; les dessins sont évocateurs … ils appartiennent à la magie de notre enfance. En résumé :

« Il était une fois … là où s’étire aujourd’hui la ville de Cracovie, régnait un roi apprécié de tous ses sujets, le roi Krak … La seule chose qui pourrissait la vie du souverain et de ses citoyens, c’était la présence d’un dragon qui habitait dans une grotte au pied du Wawel : le Smok. Ce monstre ne sortait de son antre que pour dévorer tout ce qu’il trouvait, avant d’aller se désaltérer dans la rivière la Wisła, qui coulait non loin ; puis tranquillement il rentrait dans son repaire. Pour se débarrasser de l’animal encombrant, le roi demanda qu’on offre au dragon trois béliers vivants et un autre mort qu’on aura préalablement « fourré » avec du soufre !

 Après avoir dévoré les trois béliers vivants, la bête dévora le bélier assaisonné au soufre. Bien sûr, quand elle alla boire à la rivière, rien ne parvenait à étancher sa soif. Le smok bu tant et tant qu’il finit par éclater et disparaître dans les profondeurs de la Wisła ». Vous vous souvenez à présent ? Bien sûr !

Le génial auteur savait capter notre attention et nous faire découvrir – à travers ses narrations – des pans entiers de notre culture polonaise … à une époque où il n’était pas simple ( pour tout le monde ) de voyager en Pologne. Aujourd’hui, heureusement les choses ont changé. Alors, la prochaine fois que vous serez à Cracovie et que vous ferez un selfie, en famille, avec le dragon, ayez une petite pensée émue pour le Dr Edward Pomorski. Grâce à lui, toute cette culture nous est familière.

Et quand vous repasserez par Comblain-la-Tour, prenez le temps de vous recueillir sur la tombe de Mr Pomorski … c’est aussi un peu de nos racines qui sont enterrées-là.

01/07/2019 – JP Dz

1759
1.759 : Nasza Szkoła – 1956 : Par le Docteur Edward Pomorski : Couverture.
1760
1.760 : Nasza Szkoła – 1956 : Par le Docteur Edward Pomorski : Première page.
1761
1.761 : Nasza Rodzina – 1956 : Par le Docteur Edward Pomorski : Couverture.
1762
1.762 : Nasza Rodzina – 1956 : Par le Docteur Edward Pomorski : Première page.
1763
1.763 : Biblioteczka szkolna PMS : Liste des ouvrages à disposition des élèves.
1764
1.764 : Nasza Szkoła : O Królu Kraku : La légende du Smok.
1765
1.765 : Nasza Szkoła : O Królu Kraku : La légende du Smok.
1766
1.766 : Nasza Szkoła : O Królu Kraku : La légende du Smok.
1767
1.767 : Nasza Szkoła : O Królu Kraku : La légende du Smok.
1768
1.768 : CRACOVIE : Entre la statue du Smok et la Wizła : Le Smok ; André Cornut ; Dominique Ogonowski ; Elsa Mrzygłod ; Irek Mrzygłod ; Nicolas Dziewiacien ; Halina Ogonowski ; Jean-Pierre Dziewiacien.

 

0229 – Ensembles de danses et de chants polonais à Heusden-Zolder

écrit par Elisabeth, Jef et Piotr Rozenski et Zosia Król

Depuis la 2e guerre mondiale, plusieurs formations de danses et de chants se sont succédé au sein de la communauté polonaise de « Heusden-Zolder » ( nom utilisé par les Polonais locaux longtemps avant la fusion officielle de 1977 des deux communes voisines de Heusden et de Zolder, de sorte qu’il n’était pas rare de devoir récupérer les invités égarés dans les forêts car désorientés devant des panneaux « Heusden » à gauche et « Zolder » à droite … Pour les plus jeunes : le GPS n’existait pas encore ).

Un premier groupe s’est constitué dans les années 50. Mais c’est vers le milieu des années 60 que la vie culturelle prend un véritable essor. C’est notamment en 1966 que les Polonais du « Związek Polaków w Belgii oddział Heusden-Zolder » ont inauguré leur propre centre culturel, baptisé « Millenium » en l’honneur de la célébration du millénaire de la chrétienté en Pologne.

À cette occasion, Pelagia Bednarek ( mariée Nowicka, mère de Betty, Annie, Józiu, Eric et Eddy, mieux connue comme « Pani Pela », ou tout simplement « Pela » ) fonde un premier groupe de KSMP à Heusden-Zolder. « Pani Pela » incarnait à elle seule le KSMP local, y tenant toutes les fonctions : présidente, trésorière, directrice artistique ou encore chorégraphe. Accompagnée sur l’accordéon par son fils Józiu, elle a appris à danser à toute une génération de jeunes.

L’ensemble prit une telle ampleur ( les familles Nowicki, Król et Cucup y contribuant de façon substantielle ) qu’à la fin des années 60 il y avait même deux groupes : les petits enfants et les plus grands. Outre la participation aux festivals classiques des KSMP en Belgique ( vers le milieu des années 70, c’était au tour de Heusden-Zolder d’en organiser un à Lummen-Genebos ), les ensembles ont été régulièrement invités à différentes occasions, y compris à l’étranger ( e.a. à la Rochelle en France ). Un spectacle qui est particulièrement resté gravé dans les mémoires, c’est leur apparition fin des années 60 dans l’émission télévisée « Nonkel Bob », programme hebdomadaire pour les jeunes, immensément populaire à l’époque en Flandre.

Les enfants étant devenus des adultes vers la fin des années 70, il n’y avait plus assez d’adhérents pour continuer les activités de danse et de chant de sorte que, pendant quelques années, il n’y avait plus d’ensemble à Heusden-Zolder.

C’est vers 1980 qu’à l’initiative de Zosia Król, quelques anciens, devenus de jeunes adultes entre 20 et 30 ans, se sont retrouvés pour créer un nouvel ensemble prenant le nom « Millenium ». Tout est à reconstruire mais l’entraide fonctionne. N’ayant pas encore les moyens de s’acheter leurs propres costumes, ils font appel, pour les premières représentations, aux voisins de « Wisła » afin de les dépanner. Zosia prend des cours de danses folkloriques à Lublin en Pologne, d’où elle revient les valises remplies de serdaki et de kierpce. Les femmes se mettent alors à coudre les fameuses jupes, les tabliers et pantalons « zbójnickie » sur lesquels elles passent des heures à broder les décorations typiques ( parzenice ). Au milieu des années 80, l’ensemble a entre autres participé aux festivals internationaux d’Anvers et de Moerbeke-Waas.

Quand les études pour les uns et le rhumatisme pour les autres empêchaient de continuer l’activité, c’étaient les enfants des membres qui, pendant quelques années jusqu’en 1990, ont pris le relai sous la direction de Zosia, puis de Helcia Cucup.

23/06/2019 – Elisabeth, Jef et Piotr Rozenski et Zosia Król

1753
1.753 : KSMP Heusden – Zolder : Debout : Pelagia Bednarek ; Wanda Popis ; Helcia Cucup ; Tereska ? ; Edith Koslowski ; Genia Goraj ; Mirusia Czajka ; Accroupis : Margot Lewkin ; Hela Pawlowski ; Genia Piekarczyk ; Halinka Niemiec.
1754
1.754 : KSMP Heusden – Zolder – 1966 / 1967 : Debout : Irena Niemiec ; Emilia Sajdak ; Mirusia Czajka ; Halinka Niemiec ; Genia Goraj ; Lala Kuczwalski ; Edith Koslowski ; Helcia Cucup ; Betty Nowicki ; Pelagia Bednarek ; Wanda Popis ; Accroupis : Wieslaw Król ; Józiu Piekarczyk ; Annie Nowicki ; Jan Król ; Kazik Cucup ; Heniek Cucup ; Józiu Nowicki.
1755
1.755 : – KSMP Heusden – Zolder : Pelagia Bednarek ; Halinka Niemiec ; Eddy Zielinski ; Margot Lewkin ; Józiu Piekarczyk ; Mirusia Czajka ; Kazik Cucup ; Genia Goraj ; Wiesiu Król ; Edith Kozlowski ; Wanda Popis ; Helcia Cucup ; Józiu Nowicki ; et Annie Nowicki, devant.
1756
1.756 : KSMP Heusden – Zolder – 1967 /1968 : Debout : Edith Kozlowski ; Jan Król ; Emilia Sajdak ; Eddy Zielinski ; Pelagia Bednarek ; Wanda Popis ; Józiu Piekarczyk ; Helcia Cucup ; Heniek Cucup ; Mirusia Czajka ; Kazik Cucup ; Les deux enfants au milieu : Annie Nowicki ; Betty Nowicki ; Accroupis : Wiesiu Król ; Margot Lewkin ; Lala Kuczwalski ; Halinka Niemiec ; Helena Tutak ; Józiu Nowicki.
1757
1.757 : KSMP Heusden – Zolder – 1980 / 1981 : Millenium : Debout : Richard Pawlik ; Pierre Rozenski ; Wiesiu Król ; Jef Rozenski ; Kazik Danko ; Heniu Cucup ; Kazik Cucup ; Eddy Pawlowski ; Accroupis : Annie Cucup ; Hella Pawlowski ; Anna Proszowski ; Anna Di Turri ; Zosia Król ; Elisabeth Rozenski ; Marysia Pawlowski ; Helcia Cucup ; Annemarie Poelmans ; Roza Czubacki.
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1.758 : BERINGEN – 1967 : Festival des KSMP : ( ? ) ; Mme Nowicki, Pelagia Bednarek ; Betty Nowicki ; Ks Repka ; Ks Kurzawa.

 

0228 – Andreï Makarow

Je voudrais aujourd’hui évoquer avec vous un personnage et une réalité …

Le personnage, c’est Andreï Makarow … ce nom ne vous dit rien ? C’est normal … c’est une des personnes les plus modestes qui soit et qui ait fréquenté assidûment Comblain-la-Tour. Mais regardez les photos en annexe et son visage familier vous rappellera forcément quelqu’un que vous avez – forcément – croisé.

Andreï Makarow mérite amplement l’hommage que nous souhaitons lui rendre … et si du haut du ciel, où il se trouve aujourd’hui, ces quelques mots pouvaient le faire frissonner de plaisir … ce ne serait que justice et reconnaissance.

À Comblain, il a sacrifié énormément de temps et d’énergie. Cantonné aux tâches « ingrates », il n’a jamais économisé ses forces pour l’intérêt général … sans vraiment être remercié par les ingrats que nous étions. Il faut dire qu’entrer en communication avec lui n’était pas chose aisée …

Andreï Makarow, comme son nom l’indique n’était pas polonais ; il était russe. Ce qui ne nuisait en rien à sa bonté et à sa générosité naturelle. Par contre, sa manière très particulière de mélanger la langue de Tolstoï et celle de Mickiewicz avait quelque chose de poétique, mais de difficilement audible. Il fallait tendre l’oreille et s’accrocher. Ceux qui le fréquentaient régulièrement parvenaient à déchiffrer.

Dans la vie ordinaire – je veux dire en dehors de Comblain – Andreï habitait dans la région du Centre, et plus exactement à Ressaix, Rue Defuisseaux, surnommée la Rue des Diables avec ses comparses Tadek Szymczak, Józiu Młynarczyk et Mr Kiełtyka. Pour compléter la joyeuse « clique », il y avait encore Adam Ogonowski ( le papa d’Eveline et de Dominique ) et Michal Miklusiak. Des inséparables.

Même si toute cette bande de lurons s’amusait régulièrement à taquiner leur « russe », leur amitié était indéfectible. Il faut dire qu’Andreï était toujours disponible … et pas seulement à Comblain. Il a participé à de nombreux travaux, tant à l’école polonaise qu’à la construction de l’église. Il avait d’ailleurs habité antérieurement « aux baraques » ( appelé aussi le Camp Roland … c’est là que se situe aujourd’hui le Foyer du Père Kolbe, l’école, l’église polonaise et la cure ), comme beaucoup d’autres familles après la guerre. Et comme tous ces congénères il avait travaillé au charbonnage. Et comme tous les autres … il ne crachait pas sur une petite goutte ou sur une grosse pinte.

Pour compléter le tableau, je me dois d’ajouter qu’Andreï était le Dżadek de Notre Marilyne Desmet.

Par reconnaissance pour tous les services qu’il avait rendus pour le Millénium de Comblain, une délégation de responsables du Centre, emmenée par Stefania Ludwikowski, lui a rendu hommage en participant à ses funérailles au cimetière de Péronnes.

La réalité, c’est le fait que tous les bienfaiteurs de Comblain n’étaient pas … loin de là … des polonais.

Si Andreï était russe, ma maman, qui a travaillé pendant de nombreuses années aux cuisines, était ukrainienne,  d’autres encore étaient lituaniens, biélorusses, … Personne n’y a jamais vu l’ombre d’un problème. C’était naturel.

Il faut dire qu’après la guerre, il y avait eu un tel mélange de population … il y avait eu tant de souffrances … qui ont débouché sur une telle envie de vivre, un tel enthousiasme, une telle solidarité que c’est l’Humanité qui prévalait sur toutes les autres considérations. Alors, qu’ils soient russes, ukrainien, ou d’autres origines, toutes les bonnes volontés étaient bonnes à prendre … tous les enthousiasmes … étaient les bienvenus.

La semaine dernière, j’avais mis l’accent sur nos amis « autres que polonais » qui étaient des membres à part entière de nos KSMP – et qui méritaient amplement de l’être – aujourd’hui, je veux rendre un vibrant hommage aux « non polonais » qui ont largement contribué à la réussite de Comblain-la-Tour.

17/06/2019 – JP Dz

1744
1.744 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Pan Bardo ; Mr Andreï Makarow ; ( ? ) ; ( ? ) ; Ks Kurzawa ; ( ? ).
1745
1.745 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mr Andreï Makarow, sa fille et Chantal sa belle-fille.
1746
1.746 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mme Catherine Buski ; ( ? ) ; Mr Paterka ; Mr Andreï Makarow ; Mr Victor Buski ; ( ? ) ; ( ? ).
1747
1.747 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la remise : ( ? ) ; Georges Załobek ; Mr Andreï Makarow.
1748
1.748 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le perron : ( ? ) ; Mr Andreï Makarow.
1749
1.749 : RESSAIX : Foyer du Père Kolbe : Mr Tadek Szymczak ; Mr Michal Miklusiak ; Mr Andreï Makarow  qui tient sa petite-fille Karina ( Kalinka ) Gines Janicka ; ( ? ) ; ( ? ).
1750
1.750 : RESSAIX : Foyer du Père Kolbe : Denis Haine ; ( ? ) ; Mr Andreï Makarow ; Mr Nowicki ; ( ? ) ; Mme Młynarszyk ; Eveline Ogonowski.
1751
1.751 : BINCHE : Carnaval : ( ? ) ; Mr Andreï Makarow.
1752
1.752 : RESSAIX : Foyer du Père Kolbe : Mr Tadek Szymczak ; Mr Michal Miklusiak ; Mr Andreï Makarow ; Mr Romanowicz ; Mr Rusowicz.

 

0227 – Notre folklore ( 5 ) : Hej tam pod lasem

À force de chanter « Hej tam pod lasem, coś błyszczy zdala, banda cyganów, ogień rozpala » … à force d’être toute la sainte journée sur les routes de Comblain-la-Tour … à force de passer nos plus doux moments au « Camp des gitans » … à force d’accumuler tant de plaisir à se réunir autour des ognisko … nous finissions – nous aussi – pour nous prendre pour des « cygane ».

On est toujours un peu tzigane quand on est libre dans sa tête ; on est toujours un peu gitan quand on est en vacances ; et quand, rassemblé dans l’obscurité, autour d’un feu de camp qui crépite, on entend les premières notes de guitare, on devient tous, spontanément, des romanichels … des « Cygan bez roli », des « Cygan bez chaty », mais des « Cygan szczęśliwy », des « Cygan bogaty » … Bom, stradi dadi Bom, stradi dadi

Pas besoin de spiewnik pour cette chanson … nous la chantions si souvent qu’on connaissait le texte par cœur et on attendait le refrain pour chanter encore plus fort « Malowany koń, malowany wóz ». Et même si on ne comprenait pas exactement tous les mots, on avait bien saisi la finalité du message … il s’agissait ici de convaincre les filles de s’intéresser plutôt à nous « Nie kochaj dziewczę, kmiecia ni pana, lecz całym sercem, kochaj cygana » … Bom, stradi dadi Bom, stradi dadi

Cette musique est tellement entraînante que très vite on se sentait comme happé. Ça commençait, à chaque fois, par un irrésistible balancement de droite à gauche, en rythme, où tout le monde entraînait tout le monde … puis les mains se sentaient obligées d’intervenir pour battre la mesure. On improvisait d’insolites tambourins avec tout ce qui nous tombait sous la main … et presque aussitôt les jambes, à leur tour, s’agitaient. C’était difficile de rester assis. Alors les filles enfilaient leur plus longue robe colorée, se couvraient les épaules d’un châle et Béatrice devenait « Esmeralda », et Fabienne « Rodriguo » … comme quelques années plutôt Sophie et Alice, sur le même air … Bom, stradi dadi Bom, stradi dadi

Après les colonies, quand on rentrait chez nous, sur nos terres, dans nos groupes folkloriques, on avait encore envie de prolonger la tentation de se prendre pour des cygane. Au KSMP de Mons, on en a fait carrément une des danses le plus souvent reprises dans nos représentations : le « Cyganski ». Tout y était, le faux ognisko, les tambourins, les robes longues, les châles et les filles dansaient … sans soulier, en chaussettes blanches … Bom, stradi dadi Bom, stradi dadi

C’était un moment du spectacle qui était très apprécié des spectateurs. Personne ne se posait la question de savoir pourquoi cette incursion de la culture tzigane dans la culture polonaise. Pour nous c’était naturel ; nous l’avions découvert à Comblain-la-Tour et donc nous l’avions adopté. La culture et le folklore ne sont jamais figés, au contraire, c’est un partage … on prend d’un côté et on donne de l’autre. C’est tellement vrai que la photo 1.743 est, à ce titre, assez exceptionnelle : on y voit le KSMP de Mons en costumes traditionnels – avec au premier rang, accroupies, les filles habillées en gitanes – mais on y voit aussi quelques artistes qui n’avaient rien de polonais ! Ils étaient là parce que notre enthousiasme était communicatif. Ils dansaient avec nous parce qu’ils adoraient ça … tout simplement. Ils chantaient avec nous, souvent sans comprendre le moindre mot, mais avec le sentiment d’appartenir à la communauté polonaise. C’est ce qu’on appelle le brassage culturel et nous avons tous gagné à ce mélange-là … Bom, stradi dadi Bom, stradi dadi

On est tous un peu bohémiens quand on est sur une scène ! Bom, stradi dadi … Bęc.

10/06/2019 – JP Dz

1733_1976
1.733 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1976 : Ognisko. ( ? ) ; … ; ( ? ).
1734
1.734 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; Béatrice Laffut ; … ; ( ? ).
1735
1.735 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; … ; ( ? ).
1736_0071
1.736 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko – de jour – devant le perron : Les danseuses : Thérèsia Swierkowicz ; Alice Bardo ; ( ? ) ; Sur l’escalier à gauche : Mr Bardo.
1737
1.737 : KSMP Mons : En spectacle à Louvain-la-Neuve : Hélène Borowski ; Zuhal Gunal ; Christine Nahorniak ; Micheline Zwierzyk ; Annie Borowski ; Lydia Młynarski ; Stéphanie Goch ; Monia Krasowska ; … ; Léon Warchulski ; Edmond Łagocki.
1738
1.738 : KSMP Mons : En spectacle : Edmond Łagocki ; Sylvie Wawrzyniak ; Laurence Norkiewich ; Lydia Hantson ; Martine Brzezicha ; Zuhal Gunal ; Patricia Dudziak.
1739
1.739 : KSMP Mons : En spectacle : Laurence Norkiewich ; Candy Kucharzewski ; Lydia Hantson.
1740
1.740 : KSMP Mons : En spectacle : Laurence Norkiewich.
1741
1.741 : KSMP Mons : En spectacle.
1742
1.742 : KSMP Mons : En spectacle.
1743
1.743 : KSMP Mons : En spectacle : Accroupis : Micheline Zwierzyk ; Thérèse Taporski ; Stéphanie Goch ; Anna Dudziak ; Isabella Cosaro ; Zuhal Gunal ; 1ère rangée : Giovani Cortelletti ; Jeanine Dudziak ; Annie Wisła ; Martine Brzezicha ; Thérèse Dudziak ; Martine Mazgaj ; Véronique ? ; Carine Moury ; Patricia Dudziak ; Czesław Kucharzewski ; 2ème rangée : Pierre Front ; Richard Glogowski ; ( ? ) ; Richard Pawlak ; Michel Mikołajczyk ; Géniu Bujanowski ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Marc Bouchez ; Michel Brzezicha ; Marek Bujanowski ; Alexis Łagocki.

Francine Załobek

Une fois de plus, nous sommes dans la tristesse … une amie d’enfance nous a quittés. Francine Załobek s’en est allé.

Nous la savions souffrante, mais nous la connaissions battante … Nous l’avions vu fragile, mais elle se montrait toujours souriante et confiante …

La dernière fois que je l’ai eu au téléphone, elle m’a affirmé qu’elle serait présente, avec nous, aussi bien à la Majówka fin juin que lors de notre traditionnel week-end fin août / début septembre. Elle y tenait beaucoup. Elle savait que tous nous étions inquiets et elle voulait par-dessus tout nous rassurer …

Eh bien, rassure-toi Francine, tu seras avec nous … en pensée, en amitié, en communion.

Toi et ton incorrigible frérot, vous faites partie de Comblain-la-Tour ; vous serez à tout jamais des Anciens de Comblain de la première heure. Vous êtes partis trop tôt … tellement trop tôt. Mais les moments que nous avons passés ensemble à Comblain ou ailleurs seront des souvenirs inoubliables et intemporels.

À Frédéric, son neveu, et à toute sa famille, nous présentons, au nom de tous les Anciens de Comblain et de tous les KSMP, nos plus sincères condoléances.

Jean-Pierre Dziewiacien

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0226 – Le road-book

Si c’est le mot « effervescence » qui vient en premier à l’esprit quand on évoque le Jamborée de Comblain-la-Tour, l’idée qui s’impose toute de suite après, c’est : « Quelle organisation ! » …

En effet, ils – les organisateurs – avaient pensé à tout. De la sécurité à la logistique, de l’intendance au bien-être des participants, de leur bonne information à leur divertissement, tout était minutieusement ordonné et judicieusement aménagé. C’est d’autant plus étonnant, que ces organisateurs n’étaient pas des professionnels de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’évènementiel » … au contraire. Tous étaient des amateurs, des bénévoles, mais tous étaient aussi des passionnés … en un mot, ils étaient Scouts. Ce qui explique le petit côté ordonnancement quasi militaire, mais d’une efficacité parfaite.

La meilleure preuve de cette rigueur, c’est le road-book que chaque participant avait reçu. Ils y ont trouvé exactement tout ce qu’ils devaient savoir quand ils débarquaient des U.S.A, du Canada, d’Australie, ou d’ailleurs, sur les terres de Comblain.

Ils ne connaissaient rien de la Belgique ? Pas de problème, le road-book, situait la Belgique et ses caractéristiques ( voir la page 1.726 a ) :

« La Belgique :

Le Royaume de Belgique se situe au croisement des chemins des voyageurs d’Europe centrale. La Belgique fait partie du Benelux, au même titre que la Hollande et le Luxembourg, et en même temps, est un membre de l’Union Économique Européenne dont le siège est à Bruxelles. Ses habitants sont Flamands au nord, parlant en néerlandais, et Wallons au sud, parlant en français. En tout, il y a en Belgique 9,8 millions d’habitants.

 La capitale est Bruxelles – plus d’un million d’habitants – et les plus grandes villes sont : les ports d’Anvers et d’Ostende, Gand, Charleroi et Liège, ancienne principauté épiscopale. Le pays se divise en provinces : Anvers, Brabant, Flandre, Limbourg, au nord, et Hainaut, Liège, Luxembourg, Namur, au sud. La province de Liège est sise sur la limite du vieux massif montagneux des Ardennes – la plus haute altitude se trouve à Botrange : 692 m. Et c’est ici précisément, dans la vallée de l’Ourthe, sur les rochers, que nous avons installé les tentes du 3ème rassemblement mondial des Scouts.

 L’histoire de la Belgique se mélange, depuis le début, avec l’histoire de la Pologne car, quand fut déclarée en 1830 l’indépendance de la Belgique, l’armée belge fut soutenue par les officiers polonais, qui devaient quitter la Pologne après le soulèvement de novembre et qui ont aidé ensuite à la formation de l’armée belge.

 Aujourd’hui, la Belgique, même petite, constitue un des plus importants États d’Europe. Elle a une solide industrie de transformation, conduit commerce énergique et possède une agriculture efficace ».

Ils ignoraient où se nichait Comblain-la-Tour ? Le Road-book se chargeait, en quelques mots, de présenter le petit village et ses alentours ( page 1.726 b ) :

« Comblain-la-Tour

« Combleng » est semble-t-il l’ancien nom celtique de la localité de Comblain-la-Tour. Aujourd’hui, peu des 800 habitants de ce petit village silencieux se rappellent de ces histoires anciennes, mais ils se souviennent certainement du célèbre festival de jazz qui a été organisé entre 1959 et 1966, et que rappelle le monument aux « trois joueurs de jazz », près du pont qui enjambe l’Ourthe.

 Est-ce qu’un monument sera érigé pour commémorer notre rassemblement ? Sans doute que non. Par contre, nous nous efforcerons de laisser derrière nous la meilleure image du Scoutisme Polonais aux habitants de Comblain qui nous ont si chaleureusement accueillis.

 Le petit village de Comblain-la-Tour se situe à 35 Km au sud de Liège et constitue un point de départ idéal pour de nombreuses promenades. Pour ceux qui aiment flâner, il existe la vieille « Route Buissonnière ».

 Dans les alentours, il y a des énormes grottes et lacs souterrains à Remouchamps, un beau château à Xhoris, des ruines à Aywaille, une vieille église à Xhignesse, un parc de jeux à Hamoir et un plus grand parc à Esneux, des curieux monuments à Durbuy et Harzé et, évidemment des bois et des montagnes.

 Au-dessus du village, sur le rocher, une statue de la Sainte Vierge veille sur les bateliers qui naviguent sur la rivière. Prions, en passant par là, pour la réussite de notre travail de scout et pour notre patrie, la Pologne. »

Ils ne savaient rien du Centre Millénium ? Le road-book, se plaisait à les informer ( page 1.731 b ) :

« Centre de vacances Millennium

La maison « Millennium » de Comblain-la-Tour, c’est encore un petit coin de la Pologne sur une terre, étrangère, mais néanmoins hospitalière. Cet immeuble a été acheté en 1960 par la Macierz Szkolna des Polonais libres de Belgique.

Depuis ce temps, grâce aux soins et aux efforts de nombreux polonais, la maison a été rénovée, le jardin rendu agréable, les salles et chambres adaptées aux besoins de la Macierz et aujourd’hui constitue un centre de vie polonaise en Belgique.

 Ici sont organisées, par la Macierz Szkolna, des vacances pour les enfants de Belgique, d’Allemagne, de Hollande. Ici se déroulent des camps et des colonies scouts. Ici sont organisées des vacances pour les retraités par le cercle des Anciens Scouts. Ici affluent des polonais de tous les coins de la Belgique pour des rencontres et du repos.

 Cette année, Macierz Szkolna a accordé l’aimable hospitalité au centre Millennium à l’Union des Scouts Polonais pour son rassemblement mondial. Nous les remercions et souhaitons à nos hôtes de nombreuses années de réussite dans leur projet. »

 Mais le road-book va encore plus loin, il présente le programme détaillé du séjour et des feux de camp, le planning journalier ( 1.722 b ) ; il présente le staff, la hiérarchie, les responsables ( 1.723 a ) ; il accueille les participants, propose des chansons, des jeux, des concours, mais aussi des informations sur la Patrie, le scoutisme, … ; il encourage à profiter du séjour pour acquérir de nouvelles capacités ; il présente le plan d’installation des différents campements dans Comblain-la-Tour ( 1.727 a ) ; il offre la possibilité de rédiger ses propres notes de voyage ; il aborde, enfin, des aspects plus pragmatiques, comme la traduction de quelques phrases simples, comme l’adresse postale, le taux de change, etc.

Avouez que c’est, pour le moins, un précieux sésame pour un séjour réussi. Ce fascicule témoigne de l’extraordinaire sens de l’organisation des scouts et est un précieux ouvrage de référence pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur le Jamborée de 1982 à Comblain-la-Tour.

03/06/2019 – JP Dz

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1.721 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.721 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.722 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.722 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.723 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.723 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.724 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.724 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.725 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.725 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.726 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.726 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.727 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.727 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.728 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.728 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.729 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.729 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.730 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.730 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.731 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.732 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.732 a : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.
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1.732 b : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : 3ci Światowy Zlot ZHP : le road-book.

 

0225 – Comblain-l’amour

J’ai longtemps cru que nous étions, nous les polonais, les premiers « étrangers » qui avaient débarqué à Comblain-la-Tour et qui avaient trouvé là l’amour … Je pensais que l’expression « Comblain-l’amour » ne s’appliquait qu’à nous. Et ben non … nous n’étions pas les premiers, ni les seuls dont l’histoire mérite d’être racontée. Laissez-moi vous conter le parcours authentique de ces quatre valeureux jeunes hommes qui ont atterri un jour à Comblain-la-Tour, qui y ont trouvé l’âme sœur, et qui ne sont jamais repartis :

C’était dans les années 1860 quand à Comblain on construisait le chemin de fer.
« On comprendra aisément que ces travaux considérables nécessitaient l’emploi d’une importante main-d’œuvre, ouvriers plus ou moins qualifiés, arrivés de tous les coins du pays et même … de l’étranger.

 C’est ainsi qu’étaient parvenus à Comblain-la-Tour deux jeunes Français : Etienne Auduc et Charles Magnette, le premier originaire de Saône et Loire, l’autre du Haut-Rhin. Ils précédaient deux jeunes Luxembourgeois d’Orgéo ( Bertrix ) : les frères Auguste et Pierre Talier.

 Les étrangers s’étaient rapidement adaptés à la vie de notre région. C’étaient de joyeux drilles qui adoraient prendre « la chopine », mais qui avaient comme on dit, le gosier « assez bien en pente ».

 À leur sujet, on nous a raconté l’anecdote suivante : L’année de l’inauguration de la ligne ( 1866 ) la contrée fut éprouvée par une épidémie de choléra, maladie redoutable s’il en fut, parce que terriblement contagieuse. On déplora 37 décès pour la commune, soit plus du double des années précédentes. Or, il se fait que ces jeunes gens, experts dans l’art de « lever le coude » ne furent le moins du monde inquiétés par l’épouvantable maladie. Est-ce l’alcool absorbé en grande quantité qui les immunisait ?

 On ne le sut jamais, mais ce que l’on constata immédiatement ce fut le courage et l’abnégation dont ils firent preuve dans ces moments tragiques : corvées dangereuses pour apporter des soins aux malades, et non moins fastidieuses opérations d’aide au fossoyeur pour ensevelissement et inhumation des morts, ceux-ci devant être enterrés le jour même du décès. Inutiles d’ajouter que ces dévoués furent adoptés d’emblée par la population ; et ils le furent si bien, adoptés, qu’ils se fixèrent définitivement chez nous.

 Les Français n’avaient d’ailleurs pas laissé traîner les choses, ils n’avaient pas hésité à prendre pour compagnes de jeunes Comblinoises. Magnette avait épousé Marie-Josèphe Lejeune le 15 décembre 1864 et s’était retiré sur Lawé … Le lendemain, son compatriote Auduc se mariait avec Marie-Henriette Gillard …

 Pierre Talier, lui, n’était pas si pressé, il attendit 1874 pour unir sa destinée à celle de Marie-Catherine Lahaye. Il alla habiter à Comblinay … Quant à Auguste Talier, il convola en justes noces en 1867 avec Joséphine Jeandin. Contrairement à ses trois compagnons qui après la terminaison des travaux ferroviaires, étaient devenus ouvriers carriers, il se fit marchand de fruits et de chiffons. Il installa son commerce Rue des Écoles… ». Les Échos de Comblain – Novembre 1965 page 81 et 82

Cent ans plus tard, c’était le tour des polonais de débarquer à Comblain-la-Tour. Eux aussi, comme les quatre valeureux ci-dessus, étaient des « joyeux drilles qui adoraient prendre « la chopine », mais qui avaient comme on dit, le gosier « assez bien en pente » … eux aussi laisseront des traces de leur passage dans le village … eux aussi trouveront l’amour … parfois éphémère, parfois par intermittence, mais toujours sincère.

Combien de ces rencontres le destin a-t-il orchestré là ? Combien d’entre nous sont-ils rentrés « troublés » après les colonies ? Combien de noces trouvent-elles leurs origines dans le parc du centre Millennium ? Combien de mariages ont-ils été célébrés à la maison polonaise ? Bien sûr, le temps aussi a fait des ravages et certains couples se sont perdus … mais beaucoup d’autres résistent et Comblain-l’amour n’a pas volé sa réputation.

C’est justement ce qu’a voulu souligner Madame le Consul Paciorek lors du bal de ce 23 juin 2018 à Comblain. Elle a fait venir auprès d’elle deux couples d’Anciens de Comblain … Pour ces quatre-là, l’histoire d’amour a commencé là et se poursuit toujours. Eveline et moi, nous fêtions ce jour-là nos 48 ans de rencontre dans le parc de Comblain … pour Stephanie et Lutek, c’est encore plus …

À travers nous, Madame la Consul a voulu fêter l’amour et fêter tous ceux qui l’ont trouvé là.

Quant à cette effroyable maladie – le choléra – qui a ravagé Comblain beaucoup plus souvent qu’à son tour et qui a marqué l’histoire des comblinois, et plus particulièrement les 4 jeunes gens dont je vous ai parlé ci-dessus, nous avons eu une explication scientifique lors d’une récente visite aux grottes de Comblain-au-Pont :

Le guide nous a expliqué qu’en ces temps lointains, quand une vache ou un autre animal mourrait et qu’on n’osait pas la manger sans connaître la cause de la mort, il était fréquent qu’on se débarrasse de la carcasse en la jetant dans une fosse, un trou ou un gouffre naturel … L’animal finissait par atterrir dans les grottes de Comblain où il se décomposait. La rivière qui traverse la grotte entraînait avec elle les restes en décomposition. Et, évidemment, quand la rivière rejaillissait plus loin, on buvait l’eau ! ( Si vous voulez voir où la rivière de la grotte de Comblain-au-Pont sort de la montagne et se jette dans l’Ourthe, c’est facile, c’est juste à côté du restaurant « les roches grises » ).

C’est ainsi que le choléra naissait dans les ténèbres de la grotte et finissait par arriver en pleine lumière … Et c’est sans doute à cela que faisait référence Pan Jan quand, les jours un peu trop arrosés, il nous mettait en garde contre la « Jasna cholera » ! ! !

27/05/2019 – JP Dz

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1.713 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue des Ecoles, jadis.
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1.714 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vers la tour, jadis.
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1.715 : COMBLAIN-LA-TOUR : La vie en plein air, jadis.
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1.716 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Parc, jadis.
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1.717 : COMBLAIN-LA-TOUR – 23 juin 2018 : Powitanie Lata : Madame le Consul Agnieszka Paciorek ; Barbara Wojda et son beau-fils.
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1.718 : COMBLAIN-LA-TOUR – 23 juin 2018 : Powitanie Lata : Stefania Ludwikowski ; Lucjan ( Lutek ) Kurek ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Eveline Ogonowski.
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1.719 : COMBLAIN-LA-TOUR – 23 juin 2018 : Powitanie Lata : Stefania Ludwikowski ; Lucjan ( Lutek ) Kurek ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Eveline Ogonowski.
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1.720 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pan Jan.