0019 – Des pączki à Comblain

Des pączki à Comblain.

La photo 95, prise dans la cuisine de Comblain-la-Tour, montre Mr Franek Bujanowski en train de pétrir la pâte pour faire des pączki. Derrière lui, Mme Dziewiacien et Mme Dudziak s’apprêtent à entrer en action.

Il n’y avait que lui pour avoir des idées pareilles : faire des pączki pour tous les enfants de la colonie.

Il savait combien les enfants aimaient cette pâtisserie ; il imaginait déjà la ruée de ces jeunes affamés vers ces petites douceurs recouvertes de sucre ; mais il savait aussi, combien une aventure pareille exigerait de travail.

Il a donc convaincu deux des cuisinières à le suivre. Ça, c’était facile. Mme Dziewiacien et Mme Dudziak étaient ses amies depuis toujours. Elles faisaient partie de cette délégation de Mons qui apportait son aide régulière, importante et désintéressée à la survie de Comblain. Le défi était quand même de taille, car il s’agissait de faire la cuisine, comme tous les jours, mais en plus de prendre le temps de préparer ce dessert surprise ; le tout avec le maximum de discrétion.

Mr Bujanowski, comme à son habitude, a été le premier à mettre les mains à la pâte. Et comme d’habitude, il était impossible de ne pas le suivre.

Étant donné que ma mère et ma marraine étaient de la partie, j’ai très vite été mis « au parfum »…

C’est ainsi que je suis allé, beaucoup plus souvent que d’ordinaire, rôder autour de la cuisine. Ma photo illustre une des mes nombreuses incursions. Mais le secret a très vite tourné court… L’odeur qui s’échappait de la cuisine ne pouvait signifier qu’une chose : des pączki sont en préparation…

Quand la rumeur s’est propagée, je n’étais plus le seul à rôder dans le coin.

Il faut dire que les surprises de ce genre étaient rares. La nourriture était abondante et variée, mais vu les moyens matériels limités et l’exiguïté du local, le staff des cuistots préférait s’en tenir à des plats simples et nourrissants. Pendant longtemps, il n’était pas question, par exemple, d’avoir des frites. Il a fallu que Mr Bujanowski, encore lui, flanqué de son inséparable Léon Warchulski, se mettent en tête d’installer dans une cahute, à l’extérieur, une baraque à frites.

Pas sûr que cette installation n’ait jamais répondu à la moindre norme de sécurité… mais pour ces deux là, le plaisir des enfants passait avant le reste. Je les vois encore se démener pour rassasier tout le monde.

Les pączki et les frites que nous avons mangés, ensemble, à Comblain, nous ont semblé excellents ; ils avaient un petit quelque chose en plus… un petit goût très agréable… un parfum délicieux… ils sentaient bon… la gratitude.

Photo 95 :   Mr Franek Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; Mme Anna Dudziak.

Photo 96 :   Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; Mme Weronika Załobek.

Photo 97 :   Mme Anna Dudziak ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Weronika Załobek ;

A l’arrière plan : ( ? ).

Photo 98 :   Mr Szczypanski ; Mme Weronika Załobek ; ( ? ) ; Mme Martha Dziewiacien ;

A l’arrière plan : ( ? ).

Photo 99 :   ( ? ) ; Mme Bujanowski : Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; Mme Geneviève Kobylski

24/08/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien – https://anciensdecomblain.com/

0095 : COMBLAIN-LA-TOUR – Dans la cuisine : Mr Franek Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; Mme Anna Dudziak.
0095 : COMBLAIN-LA-TOUR – Dans la cuisine : Mr Franek Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; Mme Anna Dudziak.
0096 : COMBLAIN-LA-TOUR – Cuisinières devant le perron : Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; Mme Weronika Załobek.
0096 : COMBLAIN-LA-TOUR – Cuisinières devant le perron : Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; Mme Weronika Załobek.
0097 : COMBLAIN-LA-TOUR – Dans la cuisine :Mme Anna Dudziak ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Weronika Załobek ; A l’arrière plan : ( ? ).
0097 : COMBLAIN-LA-TOUR – Dans la cuisine : Mme Anna Dudziak ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Weronika Załobek ; A l’arrière plan : ( ? ).
0098 - COMBLAIN-LA-TOUR – Cuisinières et cuisiniers au travail : Mr Szczypanski ; Mme Weronika Załobek ; ( ? ) ; Mme Martha Dziewiacien ; A l’arrière plan : ( ? ).
0098 – COMBLAIN-LA-TOUR – Cuisinières et cuisiniers au travail : Mr Szczypanski ; Mme Weronika Załobek ; ( ? ) ; Mme Martha Dziewiacien ; A l’arrière plan : ( ? ).
0099 : COMBLAIN-LA-TOUR – Cuisinières au pied du tilleul : ( ? ) ; Mme Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; Mme Geneviève Kobylski.
0099 : COMBLAIN-LA-TOUR – Cuisinières au pied du tilleul : ( ? ) ; Mme Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ; Mme Geneviève Kobylski.
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0012 – La famille Bardo

Bonjour à tous et à toutes,

La famille Bardo est indissociable de Comblain-la-Tour. Mr et Mme Bardo ont consacré leur vie au bon fonctionnement de la maison polonaise. Ils ont largement contribué – avec quelques autres – à nous laisser Comblain en héritage. Photos 68 et 69.

Les anecdotes concernant Mr ou Mme Bardo sont légions.

Personnellement – et comme à mon habitude – je me contenterai d’aborder le sujet par le « petit bout de la lorgnette ».

Cette année-là, mon moniteur était un certain Krystof  ( en rouge sur la photo n° 70, juste à droite de Ks Kurzawa ). C’était un gars robuste, bien dans sa tête et bien sur ses jambes. Membre des scouts du Limbourg, il était le responsable du groupe Wisła.

Son autorité naturelle et son sens du respect en imposaient.

Moi, je devais avoir 8 ou 9 ans. Notre groupe était composé d’une bonne quinzaine d’enfants de mon âge.

Toute cette joyeuse troupe logeait dans la petite maison au bord de l’Ourthe. Nous disposions de 2 petites chambres et 2 grandes, réparties au rez-de-chaussée et au premier étage. Avec un chef comme Krystof, nous marchions droit et personne n’avait jamais rien à nous reprocher. Jusqu’au jour où…

C’était un vendredi après le repas de midi. La consigne nous imposait, à tous, une sieste d’une heure et demie. Nous étions donc en chambre – dans un calme relatif – à lire ou à écrire aux parents, quand… tout d’un coup… et sans vraiment savoir pourquoi… la pagaye s’est installée : bataille générale de coussins. Je ne sais pas qui a commencé, mais Krystof a laissé faire. Pire, il s’y est mis aussi ! Attiré par le bruit et les cris, les enfants des 3 autres chambres sont arrivés et tous se sont jetés dans une bagarre totale : Krystof et son sous-moniteur contre tous les autres. Très vite, des plumes ont volé dans toute la chambre. On aurait dit des belettes dans un poulailler.

Rapidement, les matelas se sont érigés en barricades. Tout ce qui pouvait servir de matériaux pour construire des remparts était réquisitionné ; tout ce qui pouvait servir d’arme était utilisé. Des couvertures sont passées par la fenêtre, des draps aussi. C’était le chambard absolu. La chambre ne ressemblait plus à rien ; si à un champ de bataille. Mais le pire était encore à venir…

Quand la première tomate s’est écrasée contre le mur… il y a eu un moment de stupeur. Qui avait osé dépasser les bornes ? Qui avait ramené, la veille, du marché de Comblain-au-Pont ces tomates ? Et qui les sacrifiait maintenant comme projectiles ?

Mais quand la deuxième s’est écrasée à son tour, l’hystérie collective a repris de plus belle. C’était l’apocalypse, le breakdown.

On ne s’était jamais autant amusé.

Nos cris de joie devaient s’entendre de loin et ont fini par attirer l’attention de Mr Bardo. Personne ne l’a vu arrivé. Nous avions mieux à faire. Quand il est apparu dans l’encadrement de la porte… et qu’il a vu le « bałagan »… il a jeté ses bras en l’air en hurlant : « Skandal, skandal ». Et il est reparti, en courant, chercher Ks Kurzawa en continuant à crier « Skandal, skandal ».

Cette courte apparition, nous a tétanisés. C’était comme-ci, en une fraction de secondes, nous prenions enfin conscience de la gravité de la situation. Nous avions dérapé. La folie collective faisait maintenant place à une culpabilité douloureuse. Mais très vite, notre instinct de conservation nous a dicté le bon réflexe : tout remettre en place. Vite. Très vite. Tout me monde s’y est mis.

Les uns ramassaient les plumes, les autres refaisaient les lits. Celui-là est descendu ramasser ce qui était dehors, et celui-ci frottait les taches de tomates. Le balai, la ramassette, les torchons, mais aussi les essuies, les gants de toilettes et… les brosses à dents, tout s’est mis en action en même temps pour effacer les traces du dérapage. Et pourvu que Ks Kurzawa tarde à venir…

Heureusement, le bon Dieu est du côté des « repentis ». Ks Kurzawa était loin. Sans doute au fond du parc à lire son bréviaire comme tous les jours. Le temps que Mr Bardo le retrouve, lui explique et le ramène, dix minutes s’étaient écoulées.

Et quand, finalement, ils ont fait irruption dans la chambre, tous les deux, essoufflés, c’est un calme absolu qui y régnait.

Nous étions couchés, sagement, sur nos lits ; chacun sur le sien. Krystof et le sous-moniteur étaient assis un livre à la main. Ils avaient même l’air d’être étonnés par cette visite impromptue. On entendait voler les mouches.

Mr Bardo s’est agenouillé pour voir en dessous des lits : rien. Ils ont ouvert quelques armoires métalliques sans rien trouver d’anormal. Ils ont cherché les tomates. Quelles tomates ? Se sont précipités sur la poubelle : vide et propre.

Aucun des deux n’a ouvert la bouche. Qu’auraient-ils pu dire ? Leurs visages reflétaient une colère contenue, mais impuissante.

Ils ont fini par redescendre, la « queue entre les jambes ».

Quand ils ont été suffisamment loin, nous avons éclaté de joie ! On s’embrassait les uns les autres. C’était un immense soulagement.

J’ignore si, après cet épisode, Krystof a été « recadré ». Il n’en n’a jamais parlé. Mais notre affection pour lui s’est encore accrue.

Quant à Mr Bardo… je n’ai pas raconté cette histoire pour le diminuer. Au contraire. Il jouait parfaitement son rôle.

Dans le petit jeu du chat et de la souris, cette fois-là, c’est nous qui avions gagné. Mais lui aussi a gagné.

Il a démontré qu’il protégeait NOTRE héritage, mais que, dans le fond, il nous aimait bien.

Il a prouvé qu’il n’était pas rancunier et jamais il n’est revenu sur l’incident.

Il représentait une autorité que notre statut d’adolescent nous dictait de provoquer. Les relations n’ont pas toujours été simples.

Mais, tout compte fait, il mérite bien notre tendresse.

Panie Bardo, dziękujęmy wam za wszystko.

Sur la photo 71, Pan Bardo admire sa fille – la très belle Alice – qui exécute une danse des gitans avec une grâce absolue.

03/08/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

0068 - COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0068 – COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0069 - COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0069 – COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0070 - COMBLAIN-LA-TOUR – Dans le parc en nocturne : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Franek Klimanowicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Krystof ? ; Ks Kurzawa
0070 – COMBLAIN-LA-TOUR – Dans le parc en nocturne : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Franek Klimanowicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Krystof ? ; Ks Kurzawa
0071 - COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko – de jour – devant le perron : Les danseuses : ( ? ) ; Alice Bardo ; ( ? ) Sur l’escalier à gauche : Mr Bardo
0071 – COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko – de jour – devant le perron : Les danseuses : Thérèsia Swierkowicz ; Alice Bardo ; ( ? ). Sur l’escalier à gauche : Mr Bardo

C’est VOTRE tour … racontez-nous vos chahuts, vos chambards et toutes les bêtises que vous avez faites à Comblain.

Nous sommes impatients de vous lire.

0010 – Pan Jan

Je vais peut-être vous étonner, mais Pan Jan n’est pas né à Comblain-la-Tour. Eh, non.

Je sais, ça paraît étrange. Pour nous, il était toujours là. Que nous arrivions ou que nous repartions, Pan Jan, lui, ne bougeait pas. Il était là à demeure. Au point qu’on pouvait penser que nous allions en vacances chez lui. Son histoire personnelle a commencé bien avant Comblain.

Il est né en Pologne, en 1912, et comme tous les autres émigrés polonais, il est devenu mineur dans un charbonnage du Borinage. Comme tous ses congénères, il était logé dans des habitations de « fortunes » construites à la hâte sur les terres poussiéreuses des terrils à Flénu.

Si vous avez envie de connaître les conditions de vie ( de survie ) des émigrés de l’époque, je vous engage à visionner l’excellent film de Paul MEYER : « Déjà s’envole la fleur maigre », tourné fin des années 1950 dans le Borinage. Ce chef-d’œuvre cinématographique est considéré par les connaisseurs comme un des plus beaux films du XX siècle.

Je ne vous parle pas de ce film par hasard. En effet, Pan Jan a participé à ce tournage.

La trame de cette histoire se résume à décrire une journée de la vie des émigrants italiens dans une colonie multiculturelle. Mais une scène importante est consacrée aux polonais. Leur convivialité et leur sens de la fête témoignent de leur capacité à se redresser malgré l’adversité.

Pan Jan – de son vrai nom Jan SMOLAG – joue le rôle du joyeux luron qui « arrose » ses compagnons dans la plus belle tradition de l’hospitalité polonaise. Ce n’est sans doute pas un hasard si ce grand gaillard a retenu l’attention du réalisateur. En plus, il avait un « physique ».

Ce film, si important soit-il, n’a été qu’un intermède dans la vie de Jan, évidemment.

Son ordinaire, c’était plutôt le charbonnage, descendre « au fond », jour après jour, et la cantine que ses compagnons finissaient par quitter pour fonder des foyers. Lui n’a pas eu cette chance. Il n’a pas rencontré l’amour et n’a pas trouvé sa place.

Aussi, dès le début des années 60, quand les charbonnages se sont mis à fermer, les uns après les autres, et les cantines aussi, il s’est retrouvé bien seul et sans avenir. Heureusement pour lui, c’est précisément à cette époque que la Communauté polonaise – qui commençait à s’organiser – s’est mise en quête de trouver un endroit où elle pouvait espérer offrir un petit paradis à ses enfants.

Nous étions alors tous parqués dans des corons et des cités bâties aux abords des mines. Aucun d’entre nous n’avait les moyens de voyager ou de partir en vacances. C’est dans ce contexte qu’une poignée de courageux s’est mis en tête d’organier des vacances aux enfants des mineurs. C’est ainsi que le site de Comblain-la-Tour a été déniché et que le rêve est devenu réalité.

Tout naturellement, Pan Jan a été sollicité pour devenir le premier concierge du lieu. Le fait d’être toujours célibataire – et prêt à relever tous les défis – lui a sans doute permis de vivre ce nouvel exil plus facilement. S’il a laissé dans le Borinage tous ses amis, il en a gagné des milliers d’autres à Comblain.

Pour nous, les enfants de mineurs polonais, nés dans les années 50, 60 et 70, la maison polonaise de Comblain-la-Tour est très vite devenue le paradis. Pour la plupart d’entre nous, nous n’avons jamais connu d’autres vacances que celles-là. Nous n’en n’aurions pas voulu d’autres. Comblain, c’était la récompense… le saint Graal. Nous attendions toute l’année le bonheur de se retrouver dans le parc et de retrouver les autres enfants des autres régions.

Toute la Communauté Polonaise se retrouvait réunie là. Il y avait des gosses des régions de Liège, de Charleroi, de Mons, du Centre, du Limbourg,… Il faut dire que partout où il y avait des charbonnages, il y avait des polonais pour y travailler… et des enfants.

Pan Jan est très vite devenu l’indispensable. C’est son sourire qui nous accueillait, qui nous souhaitait la bienvenue « chez nous ». On l’enviait d’être « toujours en vacances » ; on lui était reconnaissant d’entretenir « notre » paradis ; on lui vouait un respect inconditionnel. Il est devenu une icône. C’était le gardien du temple.

Entre 1960 et 1980, des milliers d’enfants, venus des quatre coins de la Belgique, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, de Pologne et d’ailleurs, se sont mélangés dans un esprit de communion et de fraternité.

Pour ceux qui venaient de l’étranger, Comblain-la-Tour c’était la seule chose qu’ils connaissaient de la Belgique… peut-être la seule chose qu’ils retiendront de leurs vacances d’adolescent et Pan Jan, c’était… l’ambassadeur.

Des milliers de cartes postales ont été envoyées à travers l’Europe qui représentaient la maison polonaise avec en avant plan Pan Jan. Il était devenu indissociable du reste : Comblain / la maison / le parc / l’Ourthe / le rocher de la vierge / et… Pan Jan.

Ceci explique que tant d’années après sa mort ( le 16/09/1981 ), il est toujours présent dans nos souvenirs et dans nos cœurs. Pan Jan n’a pas eu d’enfants, de descendants, d’héritiers, mais nous sommes des milliers à revendiquer une certaine filiation… celle du cœur.

C’est justement parce qu’il n’a pas de successeur, de personne qui puisse veiller sur sa mémoire, qu’il est important de ne pas l’oublier. Ce n’est pas seulement Pan Jan qui est enterré derrière l’église de Comblain, c’est aussi une partie de notre âme polonaise et une partie de notre âme d’adolescent qui repose près de lui.

À présent, trente ans après sa mort, l’administration communale d’Hamoir considère que la tombe de Pan Jan est « laissée à l’abandon »… C’est vrai que Comblain ce n’est pas tout près et qu’aller là-bas juste pour déposer des fleurs, faut être motivé. Mais ce n’est pas une raison pour croire que nous l’avons abandonné.

Les pierres tombales, avec le temps, se sont un peu écartées. Aucune n’est cassée, juste un peu écartée.

Il ne faudrait pas grand-chose pour corriger le défaut et rendre à Pan Jan un dernier hommage bien mérité.

27/07/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

0058 : COMBLAIN-LA-TOUR – carte postale : Pan Jan
0058 : COMBLAIN-LA-TOUR – carte postale :
Pan Jan
0059 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1962 – Les pionniers : ( ? ) ; Pan Jan ; Dr Wilczek ; ( ? ) ; ( ? ) ; Accroupis ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Léon Czak
0059 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1962 – Les pionniers : ( ? ) ; Pan Jan ; Dr Wilczek ; ( ? ) ; ( ? ) ; Accroupis ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Léon Czak
0060 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1964 – Les pionniers : Pan Jan ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Joseph Rzemieniewski ; ( ? )
0060 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1964 – Les pionniers : Pan Jan ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Joseph Rzemieniewski ; ( ? )
0061 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan
0061 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan et Kozlowski Kazimierz
0062 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan
0062 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan et Kozlowski Kazimierz

0063 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan

0063 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan et Kozlowski Kazimierz

0064 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan
0064 : BORINAGE – dans les années 1950 – Extrait du film de Paul Meyer : « Déjà s’envole la fleur maigre » : Pan Jan et Kozlowski Kazimierz

0007 – Les cuisinières

« Zołądek piszczy,
człowiek sie niszczy
Kuku, kuku, jesc nam sie chce.

Kucharki mają,
Ale nie dają
Kuku, kuku, jesc nam sie chce ».

Quand nous revenions de promenade, crevés et affamés, nous allions faire la sérénade aux cuisinières.

« Kuku, kuku, jesc nam sie chce »

Elles, d’habitude si modestes et effacées, devenaient d’un seul coup le centre de toutes les préoccupations.
Elles souriaient à nous voir mimer la déshydratation et l’inanition. Mais l’heure, c’est l’heure, et avant l’heure, c’est trop tôt. Il fallait patienter. Quand nous insistions un peu, elles finissaient par avoir pitié de nous.

Il n’était pas rare, qu’après le repas, au lieu d’aller se reposer, l’une ou l’autre, vienne nous aider à la vaisselle.
Alors que la vaisselle, ce n’était pas leur boulot, mais bien le nôtre.

C’était d’ailleurs l’une des corvées dont chaque groupe – chacun à son tour – devait s’acquitter.
La vaisselle pour les uns, ramasser les papiers dans le parc, pour les autres. Il me semble qu’il y avait encore d’autres corvées ?

Tout au long de ces années, des dizaines de cuisinières se sont succédé. C’était parfois les mamans des enfants de la colonie, parfois les grand-mères. D’autres n’avaient aucun enfants présents, mais venaient renforcer le staff. Il faut dire que le travail ne manquait pas. Nourrir toute cette communauté, offrir quatre repas par jour, en essayant de varier l’alimentation, relève d’une fameuse organisation. Elles étaient épaulées par des hommes qui souvent s’occupaient des tâches « moins nobles » : éplucher les patates ( n’était-ce pas aussi parfois une de nos corvées ? ), porter les marmites, etc …

Elles méritent toutes, et les messieurs aussi, notre reconnaissance éternelle. Sans elles … pas de vacances à Comblain.

Regardez ces photos. Vous les reconnaissez ? Pas toutes évidemment. Mais tous ces visages vous semblent familiers. C’est normal.

Je vous propose qu’on essaie, ensemble, de mettre un nom sur chacun de ces visages. Elles ont largement mérité de passer à la postérité et de rejoindre, définitivement, le panthéon de nos souvenirs les plus agréables.

La première qu’il convient de citer, c’est Madame Załobek, la grand-mère de Francine et de Georges.
Elle a été LA première, celle qui est restée LE plus longtemps, et certainement aussi LA plus âgée.
C’est donc tout à fait normal qu’elle apparaisse aussi souvent sur les photos.
Elle était infatigable, inlassable et … inoxydable. Malgré son âge, c’est souvent elle qui boostait les autres quand des moments de lassitude se faisaient ressentir.

Tout le monde la respectait ; il faut dire qu’elle avait l’âme d’un général. D’ailleurs quand on parlait d’elle, on disait « La Załobkowa », comme on dit « La Callas » ou la « Maillan ». La nôtre se prénommait Weronika.

Vous souvenez-vous de son émotion quand, au retour d’un marché de Comblain-au-Pont, Francine lui avait acheté des fleurs et que, tous ensemble, nous lui avions chanté, dans le hall, « Sto Lat » pour son anniversaire ?
C’était un 8 juillet. Elle n’avait pas 100 ans, même si elle n’en n’était pas loin ; elle est née le 08 juillet 1901.

Pour la petite histoire, les cuisinières qui ont travaillé avec elle, racontaient qu’elle utilisait toutes les ressources possibles, des feuilles aux racines de légumes. Elle faisait des merveilles de tout ce qui était comestible.
Le gaspillage n’était pas de mise à l’époque déjà.

Francine, qui m’a aidé à écrire ces quelques lignes, et que je remercie au passage, disait craindre un peu sa grand-mère. Comme elle avait beaucoup de travail, Francine avait pour consigne de ne pas trop la déranger et de lui laisser ses rares moments de répit. Alors que pour beaucoup d’autres enfants, elle était adorable !

Elle a fini par choper la maladie d’Alzheimer ( la grand-mère, pas Francine … pas encore ). Elle réveillait sa petite fille, à 2 heures du matin pour faire les valises et partir à Paris. Comblain devait lui manquer !

Elle est décédée le 17 janvier 1974. MERCI MADAME.

Francine et Georges ont sans doute beaucoup à dire sur leur grand-mère. Je les encourage à nous évoquer cette « super-mamy » si courageuse.

Pour les autres, s’il vous plaît, aidez-nous à retrouver leurs noms.

Sur la photo 40 : ( ? ) ; Mme Bernadette Ogonowski ( la maman de Dominique et Eveline ) ; ( ? ) ; Mme Załobek ( la grand-mère de Francine et Georges ) ; à l’arrière : Mr ( ? ).

Sur la photo 41 : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).

Sur la photo 42 : ( ? ) ; Mme Martha Dziewiacien ( ma maman ) ; ( ? ) ; Mr Szczypanski ; Mme Załobek ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).

Sur la photo 43 : Assises : Mme Bujanowski ( l’épouse de Franek Bujanowski ) – Mme Martha Dziewiacien – Mme Bernadette Ogonowski – Andrei Makarov.
Debout : Mr Franek Front ( le papa de Pierre Front ) – ( ??? ) – Mme Bardo.

Sur la photo 44 : Pan Jan ; Mme Bardo ; Mr Léon Warchulski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? ).

Sur la photo 45 : Mr Franek Bujanowski ; Mr Markiewicz ; Pan Jan ; Mr Léon Warchulski ; Mr Zbigniew Matusiewicz ; ( ? ) ; debout derrière : ( ? ).

Sur la photo 46 : Ks ( ? ) ; Mme Bardo ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Anna Dudziak ; Pan Jan ; Mr Franek Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ( l’oncle de Géniu Bujanowski ; Mr Léon Warchulski ; ( ? ) ; ( ? ).

0040 - - COMBLAIN-LA-TOUR –  Les cuisinières : ( ? ) ; Mme Bernadette Ogonowski ( la maman de Dominique et Eveline ) ; ( ? ) ; Mme Załobek ( la grand-mère de Francine et Georges ) ; à l’arrière : Mr ( ? )
0040 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières : ( ? ) ; Mme Bernadette Ogonowski ( la maman de Dominique et Eveline ) ; ( ? ) ; Mme Załobek ( la grand-mère de Francine et Georges ) ; à l’arrière : Mr ( ? )
0041 - COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? )
0041 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières :
( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? )
0042 - COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : ( ? ) ; Mme Martha Dziewiacien ( ma maman ) ; ( ? ) ; Mr Szczypanski ;  Mme Załobek ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? )
0042 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : ( ? ) ; Mme Martha Dziewiacien ( ma maman ) ; ( ? ) ; Mr Szczypanski ; Mme Załobek ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? )
0043 - COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Assises : Mme Bujanowski ( l’épouse de Franek Bujanowski ) – Mme Martha Dziewiacien – Mme Bernadette Ogonowski – Andrei Makarov ; Debout : Mr Franek Front ( le papa de Pierre Front ) – ( ??? ) – Mme Bardo
0043 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Assises : Mme Bujanowski ( l’épouse de Franek Bujanowski ) – Mme Martha Dziewiacien – Mme Bernadette Ogonowski – Andrei Makarov ; Debout : Mr Franek Front ( le papa de Pierre Front ) – ( ??? ) – Mme Bardo
0044 - COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Pan Jan ; Mme Bardo ; Mr Léon Warchulski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? )
0044 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Pan Jan ; Mme Bardo ; Mr Léon Warchulski ; Mr Stepien ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Franek Bujanowski ; ( ? )
0045 - COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Mr Franek Bujanowski ; ( ? ) ; Pan Jan ; Mr Léon Warchulski ; ( ? ) ; ( ? ) ;  debout derrière : ( ? )
0045 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Mr Franek Bujanowski ; Mr Markiewicz ; Pan Jan ; Mr Léon Warchulski ; Mr Zbigniew Matusiewicz ; ( ? ) ;
debout derrière : ( ? )
0046 - COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Ks ( ? ) ; Mme Bardo ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Anna Dudziak ; Pan Jan ; Mr Franek Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ( l’oncle de Géniu Bujanowski ; Mr Léon Warchulski ; ( ? ) ; ( ? )
0046 – COMBLAIN-LA-TOUR – Les cuisinières et l’intendance : Ks Kiek ; Mme Bardo ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mme Anna Dudziak ; Pan Jan ; Mr Franek Bujanowski ; Mme Martha Dziewiacien ; ( ? ) ( l’oncle de Géniu Bujanowski ; Mr Léon Warchulski ; ( ? ) ; ( ? )