0218 – Notre folklore ( 4 ) : Tant pis pour les rotules

Si vous vous demandez pourquoi j’ai commencé cette évocation de notre folklore par les danses des montagnards ? Si vous vous dites : « Pourquoi n’a-t-il pas débuté cette série par le Polonez, si royal, si majestueux … ou par le Krakowiac, si connu, si emblématique du folklore polonais … ou par le Mazur, si léger, si aérien ? » … je serais contraint de vous avouer que ces souvenirs-là, ceux du góralski, sont plus présents, moins « oubliables » que les autres … ils me tiennent au corps !

À cause d’eux – ou grâce à eux – j’ai bien compris ( et à mon avis, je ne dois pas être le seul à l’avoir compris ) que nous avons plusieurs mémoires. Il y a la mémoire du cerveau, celle qui enregistre les faits les plus importants de notre existence ; il y a la mémoire du cœur, qui retient les émotions, les joies et les plaisirs, même si ces vibrations de l’âme ne sont parfois inspirées que par des choses qui peuvent paraître insignifiantes pour d’autres … et puis, il y a la mémoire des rotules …

Les miennes se souviennent … souvent.

« Hier encore » comme chantait Charles Aznavour, tout paraissait simple. Nous avions vingt ans, une souplesse à toute épreuve, un souffle sans limite. On aurait déplacé les montagnes … en commençant par les Carpates. Le corps ne se révoltait pas … pas encore ; il suivait le rythme. On se croyait invincible et on ricanait des anciens quand ils nous saoulaient avec leurs prétendues douleurs articulaires.

Aujourd’hui, à chaque fois que j’essaie d’enfiler mes chaussettes, je repense à toutes nos acrobaties ! Je me dis qu’il aurait peut-être fallu se modérer un peu, ménager la monture, sauter moins haut, ou moins souvent.

Il aurait fallu savoir, à l’époque, que nos rotules, elles, n’oublieraient jamais !

Que reste-t-il aujourd’hui de toute cette époque ? Beaucoup de bons souvenirs, à peu près le même nombre de rhumatismes, quelques rares photos, et quelques cuipagi, accrochées au mur du hall d’entrée. À présent, elles ne servent plus à grand-chose. Tout juste pourrait-on les utiliser comme béquilles … et encore.

Mais il reste quand même quelque chose qui n’a jamais vieilli … qui est resté parfaitement en état … inaltérable, inoxydable … quelque chose qui ne craint ni l’érosion du temps qui passe, ni la fureur des vents qui nous ont dispersés, ni la sécheresse de l’individualisme … cette chose merveilleuse s’appelle : notre amitié.

Alors, « Je ne regrette rien », comme disait Edith Piaf… « Non, rien de rien… ». Et tant pis pour les rotules !

C’est Anne Wuidar qui clôturera cette série consacrée aux montagnards. Dans ce quatrième extrait de son journal, elle parle des zbójniki. Nous ne connaissions que très peu de détails sur leur existence, voici de quoi nourrir notre curiosité. Merci Anne.

08/04/2019 – JP Dz

1642_KSMP_Mons
1.642 : KSMP Mons : Zbójnicki : Freddy Motala ; ( ? ) ; Didier Boucheï ; Czesiu Kucharzewski ; Géniu Bujanowski.
1643_KSMP_Mons
1.643 : KSMP Mons : Zbójnicki : Pierre Front ; Freddy Motala ; ( ? ) ; ( ? ) ; Czesiu Kucharzewski ; Géniu Bujanowski.
1644_KSMP_Mons
1.644 : KSMP Mons : Zbójnicki : Pascal Łagocki ; Michel Brzezicha ; ( ? ) ; ( ? ) ; Didier Boucheï ; Freddy Motala.
1645_KSMP_Liège
1.645 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : Aline Jarosz ; Aline Bień ; Jasiu Paluszkiewicz ; André Paterka ; ( ? ) ; ( ? ).
1646_KSMP_Liège
1.646 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1647_KSMP_Liège
1.647 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : ( ? ) ; André Paterka.
1648_KSMP_Liège
1.648 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : André Paterka ; … ; Jasiu Paluszkiewicz ; ( ? ) …
1649_KSMP_Liège
1.649 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : Henri Krauza ; François Musialowicz ; Marek ? ; Zosia Zaremba ; Henri Paluszkiewicz.

LES LEGENDES GÓRALES – par Anne Wuidar

Je tiens à signaler qu’ici j’ai quasi recopié ces textes mot pour mot.

Légende de JANOSIK :

Le chef des brigands des Carpates

Le personnage de Janosik est aussi connu du côté polonais que de l’autre côté de la frontière, en Slovaquie. Nombreux furent les poèmes, les récits puis les films qui, dans l’un et l’autre pays, relatèrent les exploits de ce brigand au grand cœur.

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En fait, Janosik a réellement existé au 18ème siècle. Il est né dans le petit village perché dans les Tatras, à Techova du côté slovaque. Dès l’âge de 15 ans, il se fit remarquer pour son courage, alors que la contrée était occupée par les forces autrichiennes de l’empire des Habsbourg. Recruté de force comme gardien de prison, il s’empressa de faire évader les prisonniers politiques. A partir de ce moment, il devint un brigand des montagnes, à la tête d’une bande de hors-la-loi (les « zbójniki ») cachés dans les forêts, tantôt du côté slovaque tantôt du côté polonais.

Il s’avéra bien vite que leurs méfaits avaient des buts très généreux. Ils dépouillaient les riches voyageurs – et plus particulièrement lorsque ceux-ci étaient des Autrichiens – pour distribuer leur butin aux pauvres.

Janosik n’a jamais tué aucune de ses victimes, se contentant de les dévaliser. Il apparaît même que si un pauvre hère venait à passer et avait besoin de son aide, il s’empressait de lui porter secours. Pour ces raisons chevaleresques, parmi la population des Tatras, Janosik et ses zbójniki étaient plus admirés que craints.

Ce qui n’empêchait pas qu’il était activement recherché par les autorités autrichiennes au pouvoir et qu’un jour il fut capturé et fut condamné à mort.

Les conditions de sa mort, telles qu’elles furent relatées, sont particulièrement atroces : un crochet fut fixé à travers une de ses côtes et il fut ainsi pendu par ce crochet, lui assurant une mort aussi lente que douloureuse.

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Janosik se double d’une légende, relatée et chantée depuis des siècles par Polonais et Slovaques :

Selon la plupart des récits, les habitants affirmaient que Janosik avait des pouvoirs surnaturels : Une résistance surhumaine aux flèches et aux balles. Si malgré cela il avait pu être blessé, il avait tôt fait de guérir ses plaies à l’aide d’une plante qu’il portait dans sa poche.

Il pouvait en outre se déplacer d’un lieu à un autre cent fois plus vite que les autres humains. On raconte aussi qu’il imprimait la paume de sa main profondément dans les roches de la montagne.

Ses dons lui avaient été prodigués par trois sorcières qu’il avait rencontrées dans la forêt alors qu’il était enfant. S’apercevant de sa vaillance précoce, elles lui firent don de trois objets magiques : un piolet, une chemise et une ceinture.

Aussi ne voyait-on jamais Janosik sans ces trois présents qui lui assuraient chance et agilité.

Néanmoins, s’il fut finalement capturé, c’est parce qu’il avait eu le malheur de tomber amoureux d’une fille perfide qui ne méritait aucunement son amour.

Tentée par l’argent que les autorités avaient promis pour sa capture, elle le dénonça, après avoir pris soin de détruire les trois dons des sorcières qui le protégeaient.

Cependant, après la mort de Janosik, les histoires des brigands mystérieux ont continué de courir, alimentant la tradition et le folklore de toute la région. Certains vieux górales vous affirmeront que si vous vous éloignez dans les forêts autour de Zakopane, vous découvrirez les repaires des bandits.

L’une des danses spectaculaires, qu’exécutent volontiers les górales, porte le nom de

« Zbójnicki ». Les danseurs miment des luttes à l’aide de leurs piolets, tout en bondissant vertigineusement.

 Légende de Bartek et des (40 😊) zbójniki

Des histoires mystérieuses couraient sur ces brigands. Ils auraient enterré de fabuleux butins dans le fond des forêts ou bien dans des grottes.

Un jeune berger, nommé Bartek, s’était aventuré très haut dans la montagne avec ses moutons. S’asseyant sur une roche, il sentit que la lourde pierre vacillait. Intrigué, il la poussa de toutes ses forces et eut la surprise de découvrir entre les roches une fabuleuse collection de bijoux et de monnaies. Il hésita à les emporter, se rappelant les bavardages d’une vieille femme qui passait un peu pour sorcière dans le village, qui prétendait que quiconque trouverait l’un des trésors laissés par les zbójniki et l’emmènerait, serait maudit.

La tentation fut plus forte que la crainte. « Après tant d’années, la malédiction qui recouvrait le butin a dû perdre de sa force », pensa-t-il.  Il décida de n’en parler cependant à personne et cacha le trésor dans sa maisonnette.  Cependant, l’été était arrivé ; les récoltes de Bartek furent réduites à néant par un violent orage ; aucune de ses brebis ne donna naissance à des agneaux cette année-là. Bref, tout allait de travers. Ses voisins s’étonnaient de sa malchance, car aucun orage ne s’était abattu sur leurs récoltes et leurs troupeaux paissaient en pleine santé.

« Pourquoi la malchance s’abat-elle sur Bartek ? » se demandaient-ils. Ce bon bougre ne le mérite vraiment pas ». Tant et si bien que Bartek prit le trésor volé et le reporta à l’endroit où il l’avait trouvé. Etrangement, la chance lui sourit à nouveau, sa récolte fut excellente et ses brebis particulièrement fécondes. Il devint un homme riche et heureux.

Amicalement vôtre : Anne Wuidar  –  wuiwui007@hotmail.com

Extrait n° 4 des « Muses Vagabondes – Petit Journal Culturel et Artistique Slave » – n° 25 de décembre 2018.

 

0217 – Le téléphérique du Rocher de la Vierge

Voici bientôt 60 ans, nos parents se sont mis en tête de nous laisser une part d’eux-mêmes en héritage, pour nous et pour les générations futures, et ils ont décidé d’implanter cet héritage à Comblain-la-Tour. Ils ont œuvré sans compter. Aujourd’hui, c’est à notre tour de laisser quelque chose aux suivants. Pour nous, ce sera plus facile … nous ne partons pas de rien … l’endroit est déjà prêt et l’esprit de communion clairement amorcé. Restait à trouver « qu’est-ce qu’on pourrait bien léguer ? ».

J’avoue y penser depuis longtemps. Dans cette entreprise, nous n’aurons pas 36 chances devant nous. Il nous faut viser juste du premier coup et faire preuve d’originalité d’abord, et d’opiniâtreté ensuite. J’ai pensé à plusieurs projets qui tous aboutiraient à « marquer le coup », à symboliser le mieux notre passage à Comblain, à pérenniser les émotions que nous avons vécues là. Tout doucement, un projet a pris le dessus sur les autres … finalement, il s’est imposé : nous allons ériger le téléphérique du Rocher de la Vierge !

Si c’est ce projet-là qui s’est imposé, c’est qu’il représente le mieux nos jeunes années … notre insouciance, notre inconscience, notre volonté d’aller toujours plus haut, notre obstination à ne jamais renoncer … plus ce petit grain de folie et de légèreté sans lequel les adolescents que nous étions n’auraient pas pu grandir.

Encore fallait-il convaincre, entreprendre, planifier et résoudre mille et un détails administratifs et techniques. Aujourd’hui, le projet est en bonne voie … on peut même dire qu’il est « sur les rails ». Bien sûr, il a fallu réduire un peu la voilure et nous contenter d’un télésiège … mais le but est atteint : en 2020, pour fêter les 60 ans de l’achat du Centre Millennium, nous allons pouvoir remonter – et nous recueillir – à quelques centimètres de la Vierge du Rocher … comme il y a 50 ans … mais cette fois-ci sans risque, sans acrobaties et sans douleurs articulaires.

Concrètement, et pour ne pas vous saouler avec des détails, voici comment les démarches ont déjà progressé : un permis de bâtir a été déposé à l’Administration communale d’Hamoir ; ce permis a fait l’objet de plusieurs allers-retours entre la commune et l’architecte pour s’assurer d’avoir tous les apaisements au niveau de la sécurité. Nous avons aussi introduit une demande d’autorisation à la SCNB pour que le télésiège puisse passer au-dessus de la ligne de chemin de fer. Cette autorisation a été accordée à condition de passer « largement » au-dessus des trains. Pour y arriver, il a fallu se résoudre à surélever d’un mètre notre quai d’embarquement. À présent, ce ping-pong administratif est derrière nous : nous pouvons construire.

Les plans d’implantation de la machinerie sont en voie d’achèvement. Le système qui a été choisi est très simple : les gens pourront s’asseoir, deux par deux, sur des équipements comme ceux des photos 1.636 et 1.637. La montée ne durera guère plus de 10 minutes. Une fois qu’un siège arrive devant la Vierge, le mécanisme s’arrête une minute pour permettre à chacun de se recueillir un instant ; puis le mécanisme fait redescendre les sièges via rotation autour d’une roue suspendue au-dessus de la statue ; il ne sera donc pas possible de sortir des sièges au-dessus du rocher. Le quai d’embarquement sera construit dans le fond du parc … entre l’arbre aux singes et la barrière du fond.

Reste maintenant à trouver le financement ! Si vous avez des idées …

Pour réduire les frais, nous allons construire nous-mêmes le pavillon en bois qui contiendra la machinerie ( cet habillage nous est imposé par le permis d’urbanisme ). Là aussi, la solution est déjà toute trouvée. Nous avons acheté – pour 2 euros symboliques – deux des pavillons en bois qui étaient construits au niveau de la source. Ces pavillons, sis en zone inondable, devaient absolument disparaître. Les propriétaires étaient trop contents de s’en débarrasser à peu de frais. Nous allons donc les démonter, lors de notre week-end de septembre, et les ramener dans le parc. Le « transport » entre la source et le parc ne coûtera rien, lui non plus. Il suffira de plonger les poutres dans l’Ourthe … et la rivière se chargera de nous amener les bois jusqu’au parc où on n’aura plus qu’à les repêcher. Peut-être faudra-t-il construire un radeau, mais ceci ne me paraît pas impossible.

Une fois que la machinerie sera installée, nous irons passer un autre week-end pour reconstruire le pavillon par-dessus. Heureusement, il ne manque ni d’ingénieurs, ni de techniciens, ni d’excellents bricoleurs parmi les Anciens de Comblain. En 2 week-ends, tout sera réglé !

Plus tard, nous avons le projet de bâtir une passerelle qui traversera l’Ourthe. De cette façon, les campeurs du camping d’en face et les utilisateurs du Ravel pourront traverser la rivière pour utiliser, eux aussi, le télésiège. C’est une bonne manière de rentabiliser la machine … car évidemment l’ascension vers la Vierge sera payante … sauf pour ceux qui participeront à la construction de l’ouvrage. Toutes vos aides sont les bienvenues … financières, intellectuelles comme musculaires. Inscrivez-vous dès à présent sur les sites : « http://www.téléfériquedelavierge.fish »

Nous comptons inaugurer ce dispositif le 15 août 2020, le jour de l’ascension.

Premier avril 2019 – JP Dz

1632
1.632 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au sommet du rocher de la Vierge : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1633
1.633 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au sommet du rocher de la Vierge : ( ? ) ; ( ? ) ; Freddy Motala ; ( ? ) ; ( ? ).
1634
1.634 : COMBLAIN-LA-TOUR : Trajectoire du futur téléférique.
1635
1.635 : COMBLAIN-LA-TOUR : Trajectoire du futur téléférique.
1636
1.636 : COMBLAIN-LA-TOUR : Modèle du futur téléférique.
1637
1.637 : COMBLAIN-LA-TOUR : Modèle du futur téléférique.
1638
1.638 : COMBLAIN-LA-TOUR : Emplacement du départ du futur téléférique.
1639
1.639 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pavillon à reconstruire sur la machinerie.
1640
1.640 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pavillon à reconstruire sur la machinerie.
1641
1.641 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pavillon à reconstruire sur la machinerie.

 

Quiz 33, 34, 35 et 36 :

Quiz_33_KSMP_Ressaix
Quiz n° 33 : 26/03/2019 – Région du Centre : Cécile Jurga ; ? Bartecka ; Janka Miklusiak ; ? Kwiatkowska ; Thérèse Ogonowski ; Marysia Perzyna, épouse de Casimir Swiderski.
Quiz_34_KSMP_Liège
Quiz n° 34 : 26/03/2019 – Région de Liège : A genoux : Migon Richard ; Niedudziak Freddy ; Owca René ; debout, Patalas Mirka ; Nicpon Richard ; Nicpon Christiane ; (? ) , Marek, le dirigeant des danses ; Migon Aline ; Winiarski Henri ; Mazur Hélène ; Napora César ; Jamka Lucie.
Quiz_35__KSMP_Mons
Quiz n° 35 : 26/03/2019 – Région de Mons : Christine Blazak ; Nadine Kucharzewski ; ( ? ) ; Stéphanie Goch ; Serge Preat.
Quiz_36_Charleroi_Kazia
Quiz n° 36 : 26/03/2019 – Région de Charleroi : Lucien kaczmarzyk et son épouse ; Czesława Majchrowska et son époux Joseph Cieslik ; ( ? ) ; … ; et Jules Dominianczyk, accordéoniste du KSMP de charleroi.

 

0216 – Montaigu / Scherpenheuvel

Grand moment de « communion communautaire » : les pèlerinages … Montaigu en tête !
Aussi loin que remonte ma mémoire, le pèlerinage à Montaigu en fait partie.

Au début de mes souvenirs, nous y allions en train. C’était une véritable expédition. Il faut dire qu’en habitant le Borinage, nous étions sans doute les pèlerins polonais de Belgique les plus éloignés du site consacré au culte de Marie. Qui plus est, notre petite implantation de Bernissart était la plus à l’Ouest du Borinage ; c’était déjà un peu le début du Tournaisis. Au-delà de Bernissart, plus de charbonnage … donc plus de polonais.

L’expédition débutait, très tôt déjà, au Coron Lagache où tout le monde se réunissait pour partager les rares places des rares voitures qui pouvaient nous emmener jusqu’à la gare la plus proche : Blaton. Je revois encore le quai envahi de tous les « ciocia et Wuja », de tous les enfants, dont certains étaient revêtus d’habits folkloriques, des porteurs de drapeaux – qui maintenaient leurs précieux étendards à l’abri dans des housses en cuir – et des « Babcia et Dziadek », qu’on aidait à gravir les escaliers. Une fois installé dans le wagon, on aurait dit que le train n’était réservé que pour nous. Pourtant, ce n’était que la première gare …

L’omnibus s’arrêtait ensuite à Harchies, où embarquaient les polonais du village, à Ville-Pommeroeul, à Hautrage-Etat, … et à chaque fois, un nombre impressionnant de pèlerins grimpait dans les wagons qui commençaient à se remplir. L’ambiance était festive et la bonne humeur de rigueur. Très vite, on voyait les grands sacs des femmes et les carnassières des hommes s’ouvrir … c’était déjà l’heure d’une première collation. On partageait la saucisse polonaise ( la krakowska ), les œufs cuits durs, les tartines au beurre et … la wódka … évidemment. Comment pouvait-on envisager une « pielgrzymka » sans « wódka » ?

Plus tard, le train a été abandonné au profit d’autocars ; je ne sais pas pourquoi … peut-être parce que c’était plus pratique … mais le folklore y a perdu. Que ce soit en train ou en car, c’est toute la communauté polonaise qui convergeait vers Montaigu. Et quand ils débarquaient, ce n’était qu’embrassades, congratulations et plaisir de se retrouver. Tous se dirigeaient alors vers le lieu où était célébrée la messe.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir assisté à la messe dans la basilique proprement dite, par contre, je me rappelle parfaitement de célébrations à l’extérieur, autour de ce « kiosque » où officiaient toute une série de nos prêtres polonais. Nous, nous étions installés sur ces petits bancs en bois fait d’une planche fixée sur deux rondins. L’endroit était ombragé. Quand il faisait très chaud, c’était agréable … mais parfois … il pleuvait averse ! Les plus à plaindre alors, c’étaient les malheureux porteurs et porteuses de drapeaux. Là où nous pouvions nous serrer pour avoir moins froid et mettre nos vêtements de pluie … eux restaient stoïques et concentrés. Par la suite, la grand-messe s’est faite dans une nouvelle implantation, vaste et spacieuse, qui pouvait accueillir tout le monde.

Après l’homélie, le temps était venu de dîner ; c’est-à-dire de finir ce qu’on avait déjà entamé dans le train. Personne, à ma connaissance, n’allait dans les restaurants … j’ignore même s’il y en avait ? Tous avaient apporté leur repas. C’était très gai. Nous mangions par petits groupes sur les mêmes bancs qui avaient servi pour prier.

Venait ensuite la procession. On pouvait alors voir nos prêtres régionaux à la manœuvre … rassemblant leurs troupes, organisant leurs fidèles, plaçant les enfants habillés en costumes folkloriques à l’avant de la délégation, suivis par les porteurs de drapeaux, les prêtres et les fidèles. C’était presque un concours pour savoir quelle région serait la mieux représentée, la mieux organisée, la plus méritante … On sentait bien que pour nos curés, ce défilé-là … il ne fallait pas le rater !

Dès que le cortège démarrait, les rues de Montaigu se remplissaient de toutes nos couleurs et résonnaient des prières et des « Zdrowaś Maryo » d’une multitude de pèlerins. C’était là le véritable moment de dévotion et de communion … le moment où nous avions l’impression de participer vraiment.

Après la procession, il nous restait encore un peu de temps pour nous balader autour des petits chalets en bois où on pouvait acheter qui des petites saintes Vierges en plastique remplie d’eau bénite, qui des boules à neige représentant la Basilique, qui des chapelets en ambre … C’était surtout le temps de la détente.
Pour les enfants que nous étions, pas de passage à Montaigu sans canne en sucre d’orge ! Très vite, chacun d’entre nous avait la sienne et … chacun suçait son bâton coloré avec application. Dieu que c’était bon ! Mais qu’est-ce que c’était long ! À force de sucer, le bâton se transformait en une longue pointe très aiguisée qui finissait par être dangereuse. Au bout d’un moment, même nous, on en avait marre. Les bonbons finissaient souvent dans le sac de maman ou dans les poubelles.

Mais c’était déjà le temps de retourner, chacun chez soi. On n’oubliait pas de saluer ceux des autres régions en se jurant de se revoir bientôt à Comblain-la-Tour ou à Banneux, et on réembarquait dans les trains, ou les cars.

Et rendez-vous l’année prochaine !

25/03/2019 – JP Dz

1620
1.620 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : L’église.
1621
1.621 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : L’église.
1622
1.622 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : L’autel sur le kiosque.
1623
1.623 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : Pendant la messe.
1624
1.624 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : Pendant la messe.
1625
1.625 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : Un porte-drapeau : Monsieur Sylvestre Bierczyk.
1626
1.626 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : D’autres porte-drapeaux : ( ? ) ; … ; Irena Kotarzewski, c’est la fille avec son imper sur les bras et à côté, c’est son papa. Ils viennent de Souvret.
1627
1.627 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : La procession.
1628
1.628 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : La procession.
1629
1.629 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : La procession.
1630
1.630 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : Détente avant le retour : Anna Dudziak ; Véronique Materna ; Ks Kurzawa ; ( ? ).
1631
1.631 : MONTAIGU / SCHERPENHEUVEL : Détente avant le retour : Anna Dudziak ; Véronique Materna.

 

Quiz n° 31 et 32 :

Quiz_31
Quiz n° 31 : Salle des fêtes de ? – région de Mons : A l’avant plan, ce sont les enfants des écoles polonaises de Tertre et Hautrage dont l’instituteur était Mr Joseph Karasiński, le papa d’André : devant, Helena Swieconek ; Lucie Matusiewicz ; Raymond Mielcarek ; André Karasiński ; ( ? ) ; deuxième rangée, ( ? ) ; Franusz Perz ; Richard Chmielecki ; ( ? ) ; … ; Edziu Skrzypczak ; au 3ème rang, Mr et Mme Swieconek ; ( ? ) ; … ; au 4ème rang, Mme Bujanowski ( la maman de Géniu ), sa mère, sa sœur, son beau-frère et son papa.

Quiz_32

Quiz n° 32 : RESSAIX : devant la chapelle : Belinda Chmura ; Marc Maliszewski ; Laurence Perzyna ; Cécile ou Catherine Dannielewski ; Lodzia Perzyna.

0215 – Dr Stefan Glaser

Après Monsieur Edward Pomorski, voici l’histoire d’une autre sommité qui a choisi de se faire enterrer modestement dans le petit cimetière de Comblain-la-Tour : Dr Stefan Glaser.

C’est André Karasiński qui vous raconte cette biographie impressionnante.

« Stefan Glaser est né le 20 janvier 1895 à Tarnów. Il décédera le 30 Avril 1984 à Bruxelles. Il est enterré au cimetière de Comblain-la-Tour, aux côtés de son épouse Marta.

 Professeur et avocat, il a commencé ses études de droit à Vienne et les a continuées à Lvov où il a obtenu, en 1918, le titre de docteur. Il a obtenu le titre de docteur habilité1 à la Faculté de droit de l’Université Jagellonne à Cracovie, dans le domaine de la procédure pénale et du droit pénal. Dans les années 1920-1924, il a enseigné à l’Université catholique de Lublin, où il a également exercé la fonction de doyen de la Faculté de droit. En 1924, il a déménagé à l’Université de Vilnius, où il a occupé la chaire de droit pénal et de procédure pénale.

 En 1930, il a été l’initiateur et l’un des signataires de la « Protestation de Brześć » dans laquelle, avec de nombreux professeurs d’université polonais, il s’est élevé contre l’arrestation de députés de l’opposition, 2 contre leur emprisonnement à la citadelle de Brześć et leur condamnation dans ce que l’on a appelé le « Procès de Brześć ». En guise de représailles, il a été privé de sa chaire à l’université et, en 1934, à 39 ans, il « a été admis » à la retraite. Par la suite, et jusqu’au déclenchement de la guerre, Stefan Glaser a travaillé comme avocat à Varsovie. Il a pris part à plusieurs procès politiques célèbres, en défendant, entre autres, Stanisław Cywiński, Stanisław Mikołajczyk, Władysław Tempka. Il a également représenté Stanisław Kot. Tout au long de cette période, il a poursuivi ses travaux scientifiques et a publié plusieurs livres et plus d’une centaine d’articles et de publications diverses.

 Après la défaite de septembre 1939, il s’est enfui en France, où il a rejoint le gouvernement polonais en exil du général Sikorski.3 Il était, entre autres, le représentant du gouvernement à la Commission des crimes de guerre des Nations Unies. Durant la seconde guerre mondiale, en Angleterre, il a été l’initiateur, le co-fondateur et ensuite le doyen de la Faculté polonaise de droit à l’Université d’Oxford ainsi que le co-organisateur de la Faculté polonaise de médecine à l’Université d’Édimbourg et de l’École polonaise d’architecture près l’Université de Liverpool. Il a aussi été un des membres fondateurs de la Société scientifique polonaise à l’étranger.

 Après la guerre, Stefan Glaser a enseigné à l’Université de Liège, à l’Université catholique de Louvain et, pour un temps, à l’Université de Gand. Il est devenu une sommité mondiale dans le domaine du droit pénal international. Il a été l’un des initiateurs de la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, qui a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 26 novembre 1968.

 Stefan Glaser était un partisan de la coopération internationale et de l’intégration européenne. Il a participé au « Congrès de l’Europe » de La Haye où, le 8 mai 1948, au forum du Comité de la culture, il a présenté un rapport dans lequel il a plaidé pour que l’intégration en Europe ne se réalise pas seulement sur les plans politique et économique, mais également sur le plan éducatif. À cette fin, il a proposé, entre autres, la création d’une université internationale ».

Traduit et présenté par : André Karasiński

Source : https://pl.wikipedia.org/wiki/Stefan_Glaser

  1. L’habilitationest la plus haute qualification universitaire qu’une personne puisse recevoir dans certains pays, notamment européens. Faisant suite à un doctorat l’habilitation exige du candidat la rédaction d’une deuxième thèse, soutenue devant un jury analogue à celui du doctorat. Tandis qu’aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans la plupart des autres pays le doctorat est suffisant pour enseigner à l’université, dans certains autres pays (en Autriche, en Suisse, en Suède, en Bulgarie, en Pologne, en République Tchèque, en Roumanie, en Slovaquie en Estonie en Hongrie,…), seul ce supplément ouvre à l’enseignement académique ou à certains postes d’enseignement (niveau supérieur du professorat). En France, existe l’habilitation à diriger des recherches.
  2. Au maréchal Piłsudski.
  3. Après la défaite française de juin 1940, ce gouvernement ira s’installer à Londres.

 PS : Le Docteur Stefan Glaser était aussi brillant que discret. Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pas trouvé de photo de lui ! Si quelqu’un possède une photo, ce serait gentil de la partager. Merci d’avance.

1610
1.610 : COMBLAIN-LA-TOUR : Tombe de Monsieur et Madame Stefan Glaser.

Et voici 2 photos du Dr Glaser ; Grand merci à Piotr Rozenski.

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Dr Glaser
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Dr Glaser
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1.611 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.612 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.613 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.614 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.615 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.616 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.617 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.618 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.
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1.619 : COMBLAIN-LA-TOUR : Au fil de l’Ourthe.

 

Quiz n° 28, 29 et 30 :

Quiz_28
Quiz n° 28 : Ressaix aux « baraques » / foyer Maksimilian Kolbe devant la chapelle : De profil, la maman de Jerzyk, Antosz, Kazik, et Violette Kiełbowicz ; ( Mr.? ) ; de face, Genia, épouse de Stasiek Siuda de Vellereille-les-Brayeux ; de profil, Mme Spiewak ; de face encore, Cela ( Cécile ), maman de Nadine et Jean-Michel Deputat ; de l’autre côté du sztandar, Mme Młynarczykowa ; Véronique Swiderski, qui n’est venue qu’une fois à Comblain et a cassé sa jambe suite à un sketch à l’ognisko ; ? Stachura ; Elisabeth Kciuk ; Nathalie Haine ; Denis Haine ; Nathalie Swiderski ; Beata Kotara ; Maryline Desmet.
Quiz_29
Quiz n° 29 : Ressaix : Procession des Dames du Saint-Rosaire : Cherchez l’erreur ? ( ? ) ; … ; Jean-Pierre Dziewiacien ; ( ? ) ; … ; Laurence Perzyna derrière sa babcia ; …

Quiz_30_KSMP_Liège_014

Quiz n° 30 : KSMP LIEGE à Spa au centre de la « Fraineuse » – Centre Adeps : Evelyne Ghion ; Helena Wochen ; Monique Kiełtyka ; Liliane Musial ; Aline Jarosz ; Brigitte Witecki ; Elisabeth Stempniewicz ; Francine Załobek ; Mirka Patalas. Nous étions là pour nous entrainer avant un « remaniement » complet de notre programme de danses ( because nouveaux costumes ). Il y avait dans cet endroit une grande salle avec des miroirs et des tapis. On y a dansé l’Oberek « acrobatique », ou certains soulevaient soit les filles ou les garçons. Je me souviens aussi qu’il y avait un sauna après les exercices de « musculations », c’était une bénédiction pour ceux qui s’y sont risqué. Georges Załobek a eu un léger malaise qui nous a fait un peu peur. Dans l’ensemble, c’était réussi. Les jupes d’entrainement … toutes de la même couleur et du même tissu. C’était génial de danser avec çà ! Je suis à côté de Liliane … mon dieu que le temps passe … elle était si gentille et on rigolait beaucoup avec elle et Mirka. Monique Kiełtyka