0237 – Sur le fil … il était temps

L’année dernière, en 2018, alors que le soleil de juillet avait décidé de taper beaucoup plus fort que d’habitude, j’ai vu apparaître, sur le fil « à pendre le linge » de mon jardin, des tissus de couleur et de forme peu ordinaire. Un jour tout était d’un blanc immaculé … le jour suivant, c’était les couleurs de la Pologne qui s’affichaient … le jour d’après, c’était une explosion de couleur … puis, que du rouge, … puis encore toute sorte de nuances.

Au début, ça m’a fait tout bizarre ! Surtout, quand j’ai vu que tout le fil du jardin était garni d’une multitude de jupons blancs qui flottaient au vent. Comment ne pas penser à toutes celles qui les avaient un jour portés. J’imaginais déjà ce que les voisins devaient penser ! Je me laissais même envahir par une certaine fierté en me disant : « Après tout, qu’ils pensent ce qu’ils veulent … ce n’est pas moi qui irais les contredire ». Le jour suivant, quand des tabliers ont remplacé les jupons … on pouvait encore fantasmer un peu … Mais le jour d’après, quand des pantalons lignés rouge et blanc ont envahi l’espace, le charme s’est tout d’un coup rompu et le mystère du fil « à pendre le linge » s’est dégonflé comme les ballons de baudruche de notre enfance.
Il devenait évident qu’Eveline s’était mise à redonner vie à des costumes folkloriques polonais.

Il faut savoir que quelques jours plus tôt, Pierre Front nous avait conviés à un déballage inhabituel ! Après moult essais et beaucoup de persuasion, il avait enfin convaincu le prêtre, responsable du Foyer polonais de Ressaix, d’ouvrir ses caves et ses greniers pour en sortir les costumes du KSMP qui gisaient là depuis … plus de 30 ans. Pierre ayant tout transporté dans son garage, il ne « restait plus qu’à … ». L’idée, c’était de voir ce qui pouvait encore être sauvé et remis à l’ensemble Spotkanie pour que les danseurs, la chorale ou les musiciens puissent à nouveau revêtir ces habits, remonter avec eux sur scène et écrire ainsi une suite à leur histoire.

Ce déballage méticuleux fut source de sentiments contrastés. Au plaisir de revoir ces costumes, que nous avions si souvent enfilés, succédait la tristesse de constater dans quel état l’humidité et l’indifférence les avaient conduits. À la surprise de redécouvrir les noms des danseurs de l’époque, succédait la désolation de devoir jeter tant de pièces totalement inutilisables. Tout ce qui pouvait encore être sauvé fut entreposé avec infiniment de délicatesse. Le reste …

C’est ainsi qu’Eveline s’est retrouvée ce mois de juillet 2018, par un soleil de plomb, à la tête « d’un fameux ouvrage ». Durant trois semaines, elle a lessivé, repassé, trié, rafistolé, raccommodé, recousu, rapiécé, … La lessiveuse et le fer à repasser ont surchauffé. Il a fallu rechercher des boutons, des lacets, des rubans … Parfois avec deux pièces défectueuses, elle a su en reconstituer une seule. Je la voyais, sur la grande table de la terrasse, choisir dans ce pantalon à jeter quelle meilleure partie pouvait convenir pour boucher le trou de ce pantalon récupérable. Moi, je suis resté largement à l’écart !

Par expérience – après 39 ans de mariage et 49 ans après notre rencontre à Comblain – je sais que, quand c’est comme ça, je ne dois pas m’en mêler. Ce serait trop dangereux ! J’ai donc trouvé refuge dans le coin de la maison où il faisait le plus frais … devant la télévision … en n’omettant pas de me rafraîchir comme il se doit en pareil cas. Les rares fois où j’ai mis le nez dehors … mal m’en a prit … quand elle m’a vu, elle s’est rappelé que j’existais et que je pouvais aussi participer un peu « Je ne vais quand même pas tout faire toute seule … etc. ». Je vous passe les détails ! Bref, j’ai donc été contraint de mettre un peu la main à la pâte, ou plutôt la cire à la botte. Pour me mettre dans l’ambiance, on m’a revêtu du fameux chapeau de Krakowiak et j’ai été autorisé à finir la bouteille de Krakus pour bien irriguer le mouvement dans la parfaite tradition polonaise ( photo 1.845 ). Et bien sûr, les costumes retapés ont été offerts à Spotkanie.

Si j’avais envie ce lundi de vous raconter cet épisode estival, c’est qu’il s’inscrit parfaitement dans la philosophie des Anciens de Comblain. En effet, entre ces costumes et nos souvenirs, il y a tant de similitudes !

Nos souvenirs aussi étaient oubliés dans des coins de nos mémoires où nous n’allions plus ; ils s’abîmaient dans l’indifférence générale et n’intéressaient plus personne. Beaucoup d’entre eux se sont complètement désagrégés … pour d’autres, il était temps d’intervenir … sinon il n’en resterait rien ! Ces souvenirs aussi avaient connu des périodes fastes, des couleurs chatoyantes, des succès et des applaudissements ; à présent, ils mouraient d’ennui à coup « d’à quoi bon » et de « faut vivre avec son temps ». Petit à petit des trous de mémoire rongeaient nos matières grises, comme les mites et la moisissure s’attaquaient à nos costumes ; des pans entiers de tissu et de mémoire disparaissaient ; les fils s’effilochaient, la trame de la toile et celle de nos liens affectifs lâchaient. Encore un peu et on aurait dû tout jeter ! Il était grand temps.

Aujourd’hui, nous sommes contents d’être intervenu … pour les costumes comme pour nos souvenirs ! Grâce aux Anciens de Comblain, on a pu restaurer ce qui pouvait l’être. Bien sûr, aucun d’entre nous ne remettra jamais un de ces costumes … on n’a plus la même taille qu’eux. On ne les a pas restaurés rien que pour nous ! Notre passé, non plus, on ne le revivra pas. Et ce n’est pas de la nostalgie que d’avoir un regard fier sur son parcours. Ce n’est pas, non plus, pour dénigrer le présent ou pour accabler le temps qui passe que nous avons décidé d’agir, mais simplement parce qu’on s’est rendu compte que c’est une joie immense que de partager un regard tendre sur des souvenirs que nous avons eu ensemble.

19/08/2019 – JP Dz

Commentaires :

Alice Golusinski : Quel travail ! Belle initiative … je me suis souvent demandé ce qu’on en avait fait … La dernière fois que je les ai vus, c’était en 1992 … lors d’un rangement de garde-robe dans la cave -chaufferie à Ressaix … mais depuis …
Très contente qu’ils aient une nouvelle vie … ils étaient magnifiques !!!

Dominique Stefanski : Bravo à tous pour ce sauvetage, pour ce travail d’historien et ces fouilles quasi-archéologiques ! Bravo pour ce travail minutieux de restauration de tous ces costumes et accessoires comme de tous ces souvenirs enfuis …
Je propose que Jean-Pierre soit nommé le premier au patrimoine folklorique, culturel matériel et immatériel des Anciens de Comblain … ( avant une reconnaissance par L’UNESCO, … )!!!

Elisabeth Saweruk : Quel travail beaucoup de courage à vous. C’est remis à neuf ça brille.

Anna Baginska : Dziekuje panstwu ze sie posiwecacie bo to durzo pracy ale widze ze szanujecie to co Polskie.

Marilyne Desmet : Quel bonheur de les avoir retrouvé. Nous pourrons peut-être les enfiler … pour danser ?

André Karasinski : C’est magnifique ce que vous avez fait. Quel boulot ce fut ! Bravo vous trois avec mention spéciale à Eveline. Et, comme d’habitude, très bel article, Janek.

Raymond Mielcarek : Super … ils sont partis rejoindre ceux du KSMP Echo Ojczyste de Mons !!

1834

1.834 : GOTTIGNIES : Sur le fil à pendre le linge.

1835
1.835 : GOTTIGNIES : Sur le fil à pendre le linge.
1836
1.836 : GOTTIGNIES : Sur le fil à pendre le linge.
1837
1.837 : LA LOUVIERE : Re-découverte des costumes du KSMP de Ressaix : Eveline Ogonowski ; Pierre Front.
1838
1.838 : LA LOUVIERE : Re-découverte des costumes du KSMP de Ressaix.
1839
1.839 : LA LOUVIERE : Re-découverte des costumes du KSMP de Ressaix.
1840
1.840 : LA LOUVIERE : Re-découverte des costumes du KSMP de Ressaix.
1841
1.841 : LA LOUVIERE : Re-découverte des costumes du KSMP de Ressaix.
1842
1.842 : GOTTIGNIES : Sauvetage des costumes du KSMP de Ressaix.
1843
1.843 : GOTTIGNIES : Sauvetage des costumes du KSMP de Ressaix.
1844
1.844 : GOTTIGNIES : Sur et sous le fil à pendre le linge : Eveline Ogonowski.
1845
1.845 : GOTTIGNIES : Cirage et hydratation : Jean-Pierre Dziewiacien.

 

0236 – Les glaces à l’eau de Monsieur Bardo

Ce n’était pourtant que de l’eau sucrée et glacée, aromatisée à l’orange ou au citron, et figée sur un petit bâton plat en bois … mais qu’est-ce que c’était bon les glaces à l’eau de Monsieur Bardo !

Avec sa petite échoppe, Pan Bardo parvenait à combler la plupart de nos petites gourmandises. L’essentiel nous était déjà apporté pendant les repas, mais ce petit plus … cette petite fantaisie qui fait que l’enfance est si douce … ce petit goût sucré qui nous faisait tous craquer … c’est là, dans la modeste boutique, située entre la cuisine et la grande porte d’entrée, que nous trouvions notre bonheur. Il y avait là des cartes postales, des timbres et même du papier à lettres … mais surtout des bonbons … L’offre n’était pas très diversifiée, mais elle suffisait à satisfaire toutes nos envies. À l’époque, il existait beaucoup moins de variétés de friandises. Les mentos, dans leurs tubes, étaient encore tout blancs … dans les petits sachets de gommes, on avait le choix entre des souris ou des oursons colorés … la réglisse avait la forme d’un lacet ou de pièces de monnaie noires où des visages inquiétants se laissaient dévorer … il y avait encore ces soucoupes acidulées que nous appelions des hosties … les sugus et les fruitella se présentaient en tube, mais les treets en sachets … on pouvait avoir des sucettes de différents goûts et des bonbons sous forme de quartier d’orange ou de citron.

Si les chewing-gums ( nos chics ) s’appelaient déjà « Hollywood », les chocolats étaient encore bien belges … c’étaient des bâtons de chocolat « Jacques ». Dans chaque bâton, ils avaient six morceaux détachables et on pouvait choisir entre banane, moka, trois fruits, praliné ou au lait avec des noisettes entières. Mmm. On achetait un chocolat pour aller en promenade, mais on ne résistait pas à l’envie de le déballer avant de partir … pour croquer juste un des six morceaux … En cours de route, on se rappelait encore qu’on l’avait fourré dans une poche et on s’en payait encore un bout … et puis, dans l’euphorie, on l’oubliait. C’est au soir, en se déshabillant qu’on retrouvait le sachet de chocolat … tout fondu … mais qu’on mangeait quand même.

Bien sûr, tous ces « extras », il fallait les payer nous-même. À l’époque, notre argent de poche … ce n’était pas beaucoup … Pour aller en colonies, on économisait bien un peu avant, mais ce n’était jamais une fortune ; on s’en contentait. Parfois, on aspirait à être déjà le dimanche quand les parents viendraient nous rendre visite à Comblain, pour obtenir une « rallonge ». On apprenait surtout à gérer notre budget. Et quand on avait choisi son bonbon ou sa glace et que c’était le moment de payer, on comptait les pièces, une à une, sous le regard patient et amusé de Pan Bardo. Là encore on ne pouvait pas s’empêcher de penser aux parents ! Rappelez-vous sur chacune de ces pièces, il y avait un visage de mineur qui était gravé … c’était les visages de nos pères. On avait l’impression de payer nos friandises avec des gouttes de sueur de nos papas. Et ça rendait encore meilleures les glaces à l’eau de Monsieur Bardo.

Pour que les plus petits ne perdent pas leurs sous, on les encourageait à confier leur précieux trésor soit à leur moniteur ou monitrice, soit directement à Pan Bardo. Des listes reprenaient les noms, les prénoms et le « solde des comptes » de chaque dépositaire … le tout dans une confiance totale, évidemment. En quand l’argent venait à manquer, il n’était pas rare que le moniteur, la monitrice et même Pan Bardo, émus par nos regards tristes, « s’arrangeaient » pour nous offrir encore une de ces irrésistibles glaces à l’eau de Monsieur Bardo.

Personnellement, je n’ai pas eu recours à cette méthode car, quand j’étais enfant, ma mère travaillait toujours comme cuisinière. Quand j’avais envie d’une friandise, il suffisait que je me glisse discrètement dans la cuisine, que je slalome entre les tabliers, que je relève la tête pour être sûr d’être devant le tablier de maman … et que je tire dessus. Et même si toutes les autres dames savaient déjà pourquoi j’étais là, il y en avait toujours une ou l’autre pour me demander : « Qu’est-ce que tu voudrais ? » juste pour m’entendre dire : « J’ai besoin d’une glace ! ». Et toutes éclataient d’un rire tendre et compréhensif. Maman frottait alors ses mains dans son tablier, nous sortions ensemble de la cuisine, puis du bâtiment, pour rejoindre la vieille maison blanche près de la grille d’entrée où logeaient les cuisinières. Je grimpais les escaliers en courant et j’attendais là, devant la chambre, qu’à son tour maman me rejoigne. Elle avait pris soin d’apporter avec elle la grosse clé et ouvrait enfin la porte.

Le spectacle de cette chambre m’impressionnait toujours. C’était spartiate, vétuste et sans aucun confort ! Les six ou sept lits étaient alignés comme dans une prison … juste quelques planches pour ranger les vêtements qui pour la plupart restaient dans des sacs posés par terre … un seul lavabo … très peu de lumière. À chaque fois, ma première impression, quand je rentrais là, c’était une espèce de compassion teintée de tristesse. Heureusement, maman avait vite fait de prendre quelques pièces dans son porte-monnaie et de me les donner … adieu tristesse … adieu compassion … j’étais déjà en train de courir dans l’escalier, les pièces à la main, avant que l’échoppe ne ferme et me prive du « plus important » … une glace à l’eau de Monsieur Bardo.

Par contre quand, à son tour, maman avait besoin de moi … juste pour me voir … juste pour être sûre que tout allait bien … et qu’elle me cherchait du regard dans le parc … j’essayais, comme un con, par tous les moyens de lui échapper ! Je ne voulais pas que les autres garçons se moquent de moi et me traitent de « fillette » à sa maman. Alors, je me dérobais à ses yeux, je me cachais derrière les arbres et les buissons et la laissais retourner inquiète vers sa cuisine. Et je n’en suis vraiment pas fier !

Elle aurait tant aimé qu’on passe ensemble quelques minutes … juste quelques minutes. L’enfance est cruelle !

Aujourd’hui, je m’en veux tellement de ne pas lui avoir offert ce petit plaisir. J’aurais tant aimé le faire. J’aurai tant aimé aussi avoir un tout petit peu de talent pour lui écrire quelques mots tendres à la manière du chanteur Renaud sur l’air du « Mistral gagnant » …

« Ah, m’asseoir, dans le parc, cinq minutes avec toi,
Laisser les autres y courir sans moi …
Sacrifier pour une fois quelques rires, quelques jeux
Pour prendre mon plaisir dans tes yeux.
Te serrer dans mes bras devant les autres enfants
Et t’offrir là un peu de mon temps.
Te raconter enfin mes journées en colo
M’attarder sur les trucs rigolos.
M’abreuver de ton rire en te tenant la main,
Partager mon bonheur d’être ici à Comblain.
Te remercier pour tout … et pour les glaces à l’eau …
De Monsieur Bardo !
 ».

https://www.youtube.com/watch?v=_YqzuE-5RE8

12/08/2019 – JP Dz

Commentaires :

Milczanowski Véronique : Pas de doute, Jean-Pierre, le talent est sans conteste à la pointe pleine de poésie de ta jolie plume … Merci de décrire si bien ce que mon cœur ressent si profondément …

Josee Zawadzki : Oui, Mr Bardo … je ne l’oublierais jamais. Je l’ai connu depuis ma naissance, on habitait les carrés de Bois-du-Luc en ce temps-là. Repose en paix.

1823
1.823 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade dans les bois : Madame Bardo ; (? ) ; … ; Marek Bujanowski et juste derrière lui, Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; (? ) ; Jerzy Bardo ; la monitrice, Helcia Garsztka ; le Chef moniteur, Zdzisław Blaszka.
1824
1.824 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le drapeau : (? ) ; … ; Ks Kurzawa ;… ; (? ).
1825_1978
1.825 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Devant la petite chapelle : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1826_1978
1.826 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Devant la petite chapelle : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; ( ? ) ; Ksiadz Czesław Kiek ; Jef Rozenski ; Pan Paterka ; ( ? ) ; …
1827_1979
1.827 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko : Freddy Motała ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski ; ( ? ) ; … ; Henri Zapałowski ; ( ? ) ; …
1828_1979
1.828 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1829
1.829 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Jerzy Kiełtyka ; ( ? ) ; … ; Pan Bardo ;… ; ( ? ).
1830
1.830 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; Jerzy Kiełtyka ; … ; ( ? ).
1831
1.831 : COMBLAIN-LA-TOUR : En promenade : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1832_1979
1.832 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko : ( ? ) ; Ks Kurzawa ; … ; ( ? ) ; et en partant de droite : Irena Malek ; Thérèse Spiewak ; Monique Paluszkiewicz ; ( ? ) ;  … ; Nathalie Swiderski, qui danse ; plus haut : Michel Konarski ; Piotr Rozenski ; Dominique Ogonowski ; Nathalie Haine ; Cécile Dannielewski ; Béatrice Laffut, sa soeur, Fabienne Laffut, près de David et …..
1833_1977
1.833 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : En promenade : ( ? ) ; Dominique Ogonowski ; ( ? ) ; ( ? ).

 

0235 – La soirée … avec ou sans ognisko ?

Nous avons pris l’habitude d’évoquer ensemble toutes sortes de sujets, et plus particulièrement ceux qui concernent tout ce que nous avions à Comblain. Jamais, jusqu’ici nous n’avons parlé de ce que nous n’avions pas ! Vous me direz : « Quel intérêt de perdre son temps à discuter de quelque chose qui n’existait pas ? ». Pourtant, j’ai envie, ce matin, de vous entraîner sur le sujet de l’absence …

Le début des années soixante a été marqué par l’apparition ( que dis-je l’apparition, l’invasion ), dans tous les foyers du monde civilisé, de la télévision. Nous avons été la première génération d’enfants qui ont eu une télé à la maison. Très vite, ce nouvel équipement est devenu le centre d’intérêt et l’objet de toutes nos préoccupations. Bien sûr, les émissions n’étaient pas encore diffusées en continu … il fallait attendre l’heure du début d’antenne ; notre impatience nous faisait souvent regarder la « mire » durant de longues minutes. N’empêche que c’est tout notre mode de vie qui a été bouleversé. Dorénavant, toutes les soirées étaient conditionnées par la curiosité de savoir ce qui passerait dans le petit écran. Nous sommes vraiment les « enfants de la télé » et même les « premiers enfants des premières télés ». Mais quand on débarquait à Comblain … plus de TV !

Aujourd’hui, vous imaginez-vous des vacances sans télévision ? La moindre chambre du moindre hôtel, le plus modeste soit-il, est pourvu d’écran plat. C’est la même chose dans les gîtes, les chambres d’hôte, les auberges. Même les campings sont équipés de grands écrans pour ne pas rater tel ou tel match, ou telle ou telle finale de concours plus ou moins intéressants ou … plus ou moins débiles.

À Comblain-la-Tour, il n’y avait pas de télévision. Et pourtant, nos séjours ne nous ont jamais paru « monacaux » ( cet adjectif est à prendre ici dans le sens de monastère et n’a rien de commun avec un certain rocher et une certaine Stéphanie de même nom ! ). Ceux qui débarquaient pour la première fois étaient étonnés … mais très vite on s’habituait à vivre « sans ». Au contraire, c’est l’absence de télévision qui a permis de créer des liens uniques.

Du coup, cette absence faisait que nos soirées étaient rythmées par deux options : avec ou sans ognisko ?

Les soirées sans feu de camp devenaient des espaces de liberté. C’était la seule fois de la journée que nous étions libres de faire ce que bon nous semble. Le reste du temps, les activités s’enchaînaient, dès le réveil, à une cadence infernale … c’était « pobutka » … débarbouillage … levée du drapeau … déjeuner … remise en ordre de la chambre … première promenade de la journée, la plus longue … dîner … sieste … deuxième promenade … goûter … troisième randonnée … souper … et enfin … un peu de temps pour soi. On en profitait pour prendre possession du parc ; pour s’y disperser, pour changer de groupe, pour découvrir ceux qu’on avait croisés durant la journée, mais qui étaient allé se promener autre part. C’est là que les véritables affinités se forgeaient. C’est là que l’alchimie de l’amitié distillait ses savants dosages qui faisaient de celui-ci « notre meilleur ami » ou de celle-là « notre âme sœur ». La douceur de la soirée et l’obscurité qui s’installait lentement semblaient sceller des pactes invisibles mais définitifs.

Les soirées avec feu de camp écourtaient ces instants magiques de liberté pour nous rassembler autour de l’ognisko. Pourtant, personne ne considérait cette dernière activité de la journée comme une contrainte … au contraire.

Sans doute qu’être dehors quand il faisait déjà noir, qu’être assis autour d’un brasier, avec des flammes gigantesques, qu’être entouré par ses nouveaux amis, et partager ensemble des moments d’exception, nous apportaient ce petit frisson supplémentaire et l’impression de vivre des minutes dont on se souviendrait encore 40 ans plus tard … la preuve.

Ceci dit, il nous faudra bien – bientôt – comprendre que tous les plaisirs ont une fin ! Il nous faudra apprendre à passer le relais, à offrir à d’autres la possibilité de prendre la relève … à accepter de passer de « l’actualité » aux « archives » … en un mot : « de rendre l’antenne » ! Alors pour paraphraser Mr Léon Zitrone, je dirais : « A vous Comblain-la-Tour ».

05/08/2019 – JP Dz

Commentaires :

Anne Wuidar : Tes dernières phrases laissent-elles augurer de la fin de ces retrouvailles à Comblain, Jean-Pierre ? Il n’y a pas très longtemps que je participe à ces denières mais c’est à chaque fois une telle joie !!! La perspective de devoir me passer de la chaleur et de la belle humeur de chacun d’entre vous m’attristerait profondément. Même si je ne comprends pas les paroles des chansons, j’ai plaisir à chantonner en votre compagnie autour du feu, dans la clairière, où chaque fois la même magie opère. Chacun de vos visages est entré dans mon cœur et je vous remercie de m’avoir si bien accueillie et intégrée. Grâce à vous, toutes et tous, grâce à tous ces petits papillons souvenirs que tu partages, Jean-Pierre, je me sens riche d’une sève qui m’épanouit. Bises à tous, mes amis !

JP Dz : Merci Anne, c’est très gentil. Tu sais, si ces rencontres t’ont tant plu, c’est que les Anciens de Comblain c’est avant tout un « énorme enthousiasme » … Mais le plus grand ennemi de l’enthousiasme, c’est la routine ! Et si on n’y prend garde, la routine c’est le plus court chemin vers la lassitude. Ce serait dommage ! Je pense que c’est Voltaire qui disait : « Les choses ont souvent besoin d’être quittées pour être bien senties. ». Il faut donc prendre le risque, de temps en temps, de changer de direction. D’autant plus que j’ai souvent le sentiment d’être trop envahissant, trop pesant. Je déteste ma gravité. À présent, j’ai surtout envie de Vous écouter, de Vous entendre et de Vous lire ! Nous en reparlerons lors de notre week-end des ACLT, le 31 août, d’ici là, il y a encore 3 semaines …

Alice Golusinski : Bonjour … je me disais bien que tes mots prenaient ce sens … mais dans chaque groupe … quel qu’il soit il y a un meneur … tu écris et gères ce groupe comme personne pourrait le faire … encore ce matin tu m’as mis les larmes aux yeux avec la chanson de Renaud et tes mots si beaux envers ta maman …
Je ne vais plus à Comblain … mais en te lisant c’est un peu comme si je retrouvais cette enfance à jamais perdue … et qu’est-ce que ça fait du bien !
Merci pour ta belle plume, tes mots si justes … tes souvenirs si intenses …
Je me permets de te dire ces mots ici et non en privé … car tout simplement envie de le dire haut et fort … je ne te connais que par tes écrits … mais mes lundis ne se passeraient plus au soleil … comme le disait cloclo … si tu t’arrêtais de publier tes belles chroniques !
Bravo et merci.

Janina Urbanek : Très juste et beau commentaire Alice, je ressens la même chose ainsi mes souvenirs sont encore plus intenses.

1815

1.815 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Géniu Bujanowski ; ( ? ) ; Mr Joseph Szczepanski ; Mr Andreï Makarow ; ( ? ) ; Christian Szczepanski, 2ème avec les bras croisés ; … ; ( ? ).

1816
1.816 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1817
1.817 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1818
1.818 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Ludovic Serwan ; Piotr Rozenski.
1819
1.819 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1820
1.820 : Télévision – RTF : La mire.
1821
1.821 : Télévision – ORTF : L’horloge.
1822
1.822 : Télévision – ORTF : Léon Zitrone.

 

0234 – La pause photo

J’adore ces photos de groupe ! Elles sont la parfaite démonstration d’un certain vivre ensemble.

Rappelez-vous … à l’époque, les appareils de photos n’étaient pas encore « intelligents », ni numériques.

En plus, le nombre de clichés à prendre était limité à 12 ou 24 et on ne se rappelait jamais du film qu’on avait introduit dans son appareil. Il fallait donc « économiser » les prises de vues pour tenir la distance.
Quand on décidait de prendre une photo, c’était le début d’un long processus qui commençait par : « Est-ce que c’est vraiment important d’immortaliser cette scène-là ? » ; « N’y aura-t-il pas d’autres moments encore plus essentiels à photographier avant la fin du séjour à Comblain-la-Tour ? ». Ça nous obligeait, dès le départ, à faire des choix, à sélectionner, à mesurer la pertinence du geste, à modérer nos ardeurs photographiques, à filtrer nos enthousiasmes et nos émotions.

Au final, les photos que nous découvrons, 40 ans plus tard, on peut être certain que ce sont les moments les plus importants … puisque les photographes ont « choisi » de les immortaliser ! Sans compter ( si j’ose dire ) que chaque photo avait un prix en monnaie sonnante et trébuchante … qu’elle soit réussie ou ratée !

Alors, il convenait de « prendre la pose » sérieusement ; on ne pouvait pas se permettre de multiplier les tentatives ; mais, même après le clic – qu’on n’était pas toujours sûr d’avoir bien actionné – rien ne permettait de savoir « en temps réel » si la photo serait, ou non, réussie. On croisait les doigts, en faisant confiance à nos talents de photographe… On promettait aux autres de leur envoyer une copie et on attendait d’être rentré chez-soi, après les colonies, pour porter le film au magasin où le spécialiste développerait le négatif ! En attendant… on imaginait déjà le plaisir qu’on aurait quand les clichés révéleraient enfin leurs secrets.

Et puis venait le jour de vérité ! Quelques jours – quelques jours toujours trop longs – après les avoir apportés chez le photographe, nous allions enfin les rechercher. Déjà au moment de payer, on vérifiait dans la grande enveloppe pour être sûr que c’était bien les nôtres. Et puis, à peine sorti du magasin, encore sur le seuil, on ne pouvait pas s’empêcher de tout déballer ! J’imagine nos sourires … et nos yeux humides. En rentrant chez soi, on redéballait le tout pour regarder « à son aise » en pensant déjà lequel de ces souvenirs mériterait d’être dupliqué et envoyé à ceux qu’on avait pris la peine de noter méticuleusement l’adresse.

Restait encore à coller les photos dans son album, à les organiser, à les annoter, les commenter et ranger le précieux recueil jusqu’à la prochaine occasion de le ressortir pour « partager ».

Aujourd’hui, il suffit d’un « clic » pour capter la scène, et un autre pour « diffuser » l’évènement ! Évidemment … c’est beaucoup plus rapide ! Mais, du coup, mesurez-vous toute la gamme d’émotions que n’existe plus ?

Aujourd’hui, nous ne vivons plus « ensemble », nous vivons « connectés ».

N’allez pas me faire dire ce que j’ai l’air de penser. Je ne suis ni contre le progrès, ni contre les nouvelles technologies. Ce sont d’ailleurs elles qui nous ont permis de nous retrouver et de rester « en contact ». Je ne suis pas, non plus, un névrosé de la nostalgie qui s’enfermerait dans le passé pour échapper à je-ne-sais-quoi.

Mais j’avoue être un peu dubitatif … A la dictature de la « pensée positive », j’oppose timidement mon regard sceptique et interrogateur.

Aujourd’hui, il n’y a plus de limite … on ne photographie plus, on matraque, on mitraille. Il n’est pas rare qu’au retour d’un city-trip, on ramène huit cents photos prises en deux jours. Bien sûr, on ne les imprime pas ; pour quoi faire ? On les garde dans nos appareils, ou sur des supports de plus en plus surdimensionnés, mais de plus en plus fragiles et éphémères. On ne les trie pas non plus ; pas l’temps. Les photos s’accumulent, s’entassent, se mélangent à toutes les autres « applis » dont on ne sait plus se passer. On garde tout. On n’est plus capable de choisir. Et en plus, « on ne lâche rien ». On a même inventé le concept du Selfie, parce qu’on n’accepte plus de ne pas être sur toutes les photos.

On a l’impression que pour être dans le coup, il nous faut absolument être partout, tout voir par soi-même, tout suivre, tout essayer, ne rien rater et surtout, tout bien partager avec les autres. On finit par être surinformé, surbooké, surchargé, sur sollicité, surexploité … le tout dans un tourbillon sans fin. Alors, je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui, ce soit plus simple ? Comment saurons-nous, dans 40 ans, ce qui était important en 2019 … alors que déjà aujourd’hui, dans cet océan d’images et d’exaltations où on se noie, on n’arrive pas à le savoir ?

29/07/2019 – JP Dz

Commentaires :

Monique Kieltyka : « Oui, tu as raison JP, on jouait à « l’économie » en prise de photos, parce que tout le monde n’avait pas un appareil à soi. Je me souviens que moi, j’ai eu mon premier appareil photo cadeau de communion … on prenait rarement le paysage sans personnages …. sinon c’était considéré comme du gâchis de pellicule … Quant à la couleur … c’est venu vraiment plus tard … mais sans exagérations nostalgiques ces « prises de vues » sont une belle immortalisation de moments heureux ».

Dominique Stefanski : « Mon cher Jean-Pierre, je suis bien d’accord avec toi … sur tout … sauf pour le selfie … Avant le selfie, si on voulait une photo devant tel ou tel monument, point de vue ou autre, il fallait qu’un membre se dévoue et soit le photographe et on avait deux fois la même photo avec un photographe différent à chaque fois pour que chacun ait son souvenir … ou il fallait choisir quelqu’un au hasard et lui demander de prendre la photo. Il s’agissait alors de repérer avec soin, l’honnête homme ( ou femme ) qui ait l’air assez dégourdi pour savoir se servir de l’appareil et pas trop athlétique au cas où il lui prendrait l’envie de partir en courant avec ton appareil photo … Le selfie a résolu tous ces dilemmes … on est devenu photo-autonome, reste plus qu’à atteindre la photo-synthèse et ne garder que le meilleur !!!

1804
1.804 :  COMBLAIN-LA-TOUR – 1962 : Photo de groupe devant l’escalier : Au centre Ks Kurzawa ; derrière lui, Jeanine Leracz avec les lunettes ; on reconnaît aussi : Mr et Mme Bardo ; Mr Józef Rzemieniewski ; Alice et André Bardo ; ( ? ) ; … ; Pierre Ogonowski ; Vital Kciuk ; le petit Jerzy Bardo ; ( ? ) ; tout à droite, en polo et short clair, Jerzyk Kiełtyka ; Kazimir Kiełbowicz.
1805
1.805 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe dans le parc : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1806
1.806 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe devant le réfectoire : ( ? ) ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; ( ? ) ; André Bardo ; ( ? ) ; ( ? ).
1807
1.807 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1962 : Photo de groupe à la gare : 1ère rangée : Sliwinska Halina ; Barbara Ruminska, de Boussu-Bois ; Wanda ?, de Flénu ; Barbara klimczak, de Boussu-Bois ; ? Bogomila, d’Elouges ; Jeanine Osyra, de Boussu-Bois ; Kazimierz Miksiewicz, actuel Président de SPK de Boussu-Bois ; 2ème rangée : Janek ?, moniteur ; Annie Gilson ; et entre les deux, légèrement en arrière, Leokadia Ros ; ensuite, Mario Dannielewski, du Centre qui accompagnait nos chants à l’accordéon ; Mme Kiełtyka et juste derrière elle, son mari, Mr Josef Kiełtyka ; Mr Pawel Malec d’Elouges, 1er prezez du SPK débutant à DOUR ; André Bardo ; Pan Jan ; Kazimierz Socha ; Wanda ? monitrice, originaire de Winterslag et son mari, Mr. Bogusław Ferdyn ; Accroupis : Heniu Ferdyn, fils de Pani Wanda et Pan Bogus Ferdyn. Mais il y a encore du « monde » derrière la barrière … parce que pour accéder au quai c’était payant …. donc, on attendait là ! Monique Kiełtyka est perchée sur les épaules de Stefan Broniecki.

Commentaires :

Henryk Tomczak : « Superbe photo souvenir. Mon épouse Annie Gilson ( 2ème rangée, 2ème à gauche, blouse blanche), début août 1962, en stage d’initiation au scoutisme, sous la direction du Dr Edward Pomorski à Comblain. Année durant le festival de jazz où Ray Charles était présent … Ce stage a débuté le 26/07/1962 pour une durée de 15 jours ».

Alexandra Akytleik : « En toute objectivité, mes grands-parents étaient canons. N’est-ce pas Monique Kieltyka ? » ;

Monique Kieltyka : « On peut le dire … Ils avaient 35 et 32 ans. Ton Dziadzia était fort grand 1m87 et noir de cheveux … C’est vrai que Babcia avait un petit air de Juliette Binoche dans le « Patient Anglais » … Toujours ensemble partant à se dévouer là où il avait un coup de main à donner. Et naturellement jamais sans leurs enfants … on nous a toujours fait participé à toutes leurs « aventures » c’est ça qui était gai et qui a fait de nous ce que nous sommes … ».

Monique Kieltyka : « À l’extrême gauche, au deuxième rang, le grand blond en chemise foncée et sifflet de moniteur autour du cou, c’est Janek ( mais je ne me souviens plus de son nom de famille ). Il était moniteur et très copain avec Ks Adamski et me portait aussi sur ses épaules pendant les longues balades ».

1808
1.808 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1962 : Photo de groupe à la gare : Les mêmes que sur la photo 1.807, mais légèrement dans le désordre. Au milieu, en veston foncé et polo blanc, Ks. Adamski qui est sans doute le photographe de la photo précédente.

Commentaires :

Monique Kieltyka : « Cette photo est un des « trésors » de la collection de mes parents …. sur le quai de la gare de Comblain-la-Tour. Ils raccompagnaient ou venaient accueillir les petits vacanciers de la maison polonaise comme disaient les villageois … çà doit être en 1962 ou 63.

1809
1.809 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe devant l’Outhe : Henri Zapalowski ; ( ? ) ; … ; Piotr Rozenski ; ( ? ) ; … ; Hélène Piech ; ( ? ) ; … Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; … ( ? ) .
1810
1.810 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1974 ? 1976 ? : Photo de groupe dans le parc : Accroupis : Fabienne Laffut ; Dominique Ogonowski ; Isabelle Swiderski ; Elisabeth Rozenski ; Betty Nowicki ; Monica Nauschutz ; Regina Gymza ; Debout : Lilianne Kieltyka ; Renata Zapalowski ; Christine Piech ; Anne-Marie Kantyka ; Zosia Król.
1811
1.811 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe sur le terrain de volley : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Malvina Rusowicz ; Bernadette Lachowicz.
1812
1.812 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe en promenade : Cécile Dannielewski ; Hélène Piech ; ? Paluszkiewicz ; ( ? ) ; Monique Paluszkiewicz ; Béatrice Laffut ; ( ? ) ; Marilyne Desmet ; Anne-Marie Kantyka ; Christine Piech, les inséparables.

Commentaires :

Dominique Ogonowski : « Cette année-là, j’étais leur monitrice et on avait décidé de faire nos cheveux comme « fifi brindacier » ».

1813
1.813 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe dans le parc : ( ? ) ; … ; ( ? ). A l’arrière, Mme Koldziejka.
1814
1.814 : COMBLAIN-LA-TOUR : Photo de groupe devant l’Ourthe : 1ère rangée : ( ? ) ; Piotr Rozenski ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; 2ème rangée : Ludovic Serwan ; Johanna Serwan ; ( ? ) ; ( ? ).

Commentaires :

Krysia Cieslik : J’ai été très étonnée de voir sur cette photo ( vacances à Comblain la Tour ) mon fils Ludovic. À gauche au second rang, le premier qui fait des cornes avec les doigts et ensuite ma fille, Johanna, au second rang également, la première fille en partant de la gauche. 1981 ou 1982 ? – Pour la petite histoire, il a eu le « béguin » pour une jeune fille venant d’Allemagne, Eva Spendel. ( Il me dit que c’était une année suivante ?? ). Il a déjà essayé de chercher sur les réseaux sociaux pour la trouver, sans résultat !!

 

0233 – Par Delà-les-Monts

Cette année, pour notre traditionnelle promenade autour de Comblain-la-Tour, j’ai envie de vous entraîner par delà-les-monts … et ce n’est pas seulement une figure de style … l’endroit s’appelle réellement comme ça : Delà-les-Monts. C’était déjà une des promenades que nous faisions régulièrement du temps des colonies ; c’était même la promenade n° 7. Vous pouvez voir cet itinéraire sur le petit plan d’époque qui nous servait à nous orienter et à compléter quotidiennement l’order-book que Ks Kurzawa exigeait pour savoir où nous allions … et qui était déjà l’ancêtre des « fakes news » !

Comme d’habitude, nous débuterons la randonnée par la Rue du Parc, on franchira ensuite le pont, on redescendra le mythique « Basin Street », si célèbre du temps des festivals de jazz, on longera le terrain de foot, on passera devant l’illustre « Lucullus », pour s’engouffrer, au frais, dans le Chemin du Facteur. À partir de là … je préfère vous dire la vérité tout de suite : Delà-les-Monts n’est pas une vallée ! C’est entre Géromont, Tolumont, Sparmont, … et rien que cette accumulation de mots qui se terminent par « mont » ça devrait vous mettre la puce à l’oreille !

Donc, le Chemin du Facteur … quand on arrivera au bout de ce sentier, vous aurez une opinion bien plus favorable des facteurs. Heureusement pour nous, notre messager à nous, notre pompier / secouriste / bienfaiteur Czesiu sera là pour nous secourir et nous abreuver. Ce ne sera pas du luxe.

Le temps de nous sustenter et nous nous lancerons pour la seconde ( et dernière ) difficulté du jour … la longue et pentue « Delà-les-Monts » ! Vous comprendrez vite que le nom de la rue a été particulièrement bien choisi. D’ici, la vue est splendide. Au sommet, Czesiu nous attendra pour nous rassurer, nous accueillir et nous rafraîchir. À partir de là, ce n’est plus qu’une descente … tout sera en pente … même nos gosiers ! Que du bonheur ! ( Petit rappel : si vous avez des boissons rafraîchissantes, stimulantes ou autres … n’oubliez pas qu’un coffre n’est utile que s’il est rempli préalablement ! Merci d’avance ).

Pendant un long moment, nous emprunterons un petit sentier, plat et ombragé, qui serpente au bord du bois, sous les arbres ( photos 1.797 et 1.798 ). Cette agréable douceur nous fera oublier les efforts consentis pour arriver jusqu’ici. Au bout du sentier, on rejoint la Rue de Bloquay, puis la Rue d’Anthisnes. Ce passage obligé sur une route ne doit pas vous effrayer … la circulation y est modeste et même si, par endroits, il n’existe pas de trottoir, nous y marcherons en sécurité. Et très vite nous serons à Fairon.

Pour traverser la « bourgade » de Fairon, nous ne mettrons guère plus de 5 minutes ; objectif : l’Ourthe. C’est ici que notre itinéraire 2019 s’écarte de celui du plan de tout à l’heure. En effet, reprendre la Route Nationale, c’était déjà terriblement dangereux à l’époque … ce serait suicidaire aujourd’hui ! Nous quitterons donc l’itinéraire 7, pour finir par l’itinéraire 2 : le long de la rivière.

Mais ne soyez pas surpris … ici, au bord de la rivière, le décor de notre enfance a bien changé ! En lieu et place de notre sentier préféré, vous trouverez désormais le Ravel ! J’avoue être dubitatif ! Autant l’apparition du même Ravel entre Comblain-la-Tour et Comblain-au-Pont a été un énorme soulagement et une excellente initiative … autant le tronçon Comblain-la-Tour / Hamoir me laisse perplexe. Il faut dire que le premier permet enfin d’aller au marché de Comblain-au-Pont en toute sécurité ( il n’existait pas d’autres choix que de longer la Route Nationale ), alors que vers Hamoir, le sentier existe depuis des centaines d’années et que nous l’avons emprunté avec bonheur des centaines de fois. Fallait-il céder à la mode et en faire une pareille autoroute ? Est-ce cohérent de déverser des centaines de tonnes de béton, au nom de la défense de l’environnement ? Est-ce raisonnable de laisser ça, comme héritage, à nos enfants ? Est-ce sérieux de vouloir nous faire croire qu’avec ce béton on va réduire la pollution ?

Devant tant de désinformations et de manipulations, on ne peut que constater que nos petites dissimulations sur order-book – qui n’avaient comme objectif que de nous conduire, groupe de garçons et groupe de filles, au même endroit – c’était juste mignon.

Heureusement, par je ne sais quel miracle, quelques centaines de mètres du sentier d’origine ont été préservées. Là, tout est comme avant. Tout est magnifique, serein, accueillant … comme avant que les « spécialistes » se mêlent d’améliorer les choses ( photos 1.801 et 1.802 ). Sur ce tronçon, trop court, vous retrouverez l’inégalable plaisir d’avoir les orties, les ronces et tous les autres « picots » venir vous caresser doucement les mollets, si vous avez eu la bonne idée de venir en short … ce que je vous conseille. Profitons de ces derniers îlots de nature avant que tout ne devienne contrôlé, rectifié, aseptisé, stérilisé. Et si en rentrant chez vous, vous avez les guibolles qui chatouillent un peu, ce sera peut-être la dernière fois !

Heureusement aussi, que nous avons eu la bonne idée, dès 2015, d’organiser notre première promenade des Anciens de Comblain entre Comblain-la-Tour et Hamoir, précisément sur ce même sentier avant qu’il ne soit définitivement ravelisé.

Et comment ne pas être heureux d’avoir réussi à vous entraîner aux quatre coins – même aux cinq coins – de Comblain. En cinq expéditions, comme le montre l’image n° 1.803, nous avons fait le tour. La boucle est bouclée. Nos mémoires se sont renourries de nos paysages d’autrefois. Nos batteries se sont rechargées. Nous sommes prêts pour de nouvelles aventures.

22/07/2019 – JP Dz

PS : Comme chaque année, n’oubliez pas de nous rassurer quant à votre participation et de réserver vos repas et / ou nuitées. C’est important pour que nous puissions nous organiser. Merci d’avance. Petit rappel également : le week-end se déroulera les samedi 31 août et dimanche 1 septembre 2019. La promenade aura lieu le samedi. Après la promenade : ognisko et soirée ponctuée par des jeux, du rire et des amusements. C’est le moment de vous remémorer nos jeux d’autrefois, mais aussi de nous entraîner vers des divertissements plus « modernes ». On compte sur vous pour animer la soirée.

1792
1.792 : COMBLAIN-LA-TOUR : Plan de nos promenades : Ce plan était la première page de nos fascicules de colonies pour organiser nos randonnées.
1793
1.793 : COMBLAIN-LA-TOUR : Entrée du Chemin du Facteur.
1794
1.794 : FAIRON : Carrefour entre Délà-les-Monts et Rue de Géromont.
1795
1.795 : FAIRON / Délà-les-Monts.
1796
1.796 : FAIRON / Délà-les-Monts.
1797
1.797 : FAIRON / Délà-les-Monts.
1798
1.798 : FAIRON / Délà-les-Monts.
1799
1.799 : FAIRON : Ravel le long de l’Ourthe.
1800
1.800 : FAIRON : Ravel le long de l’Ourthe.
1801
1.801 : FAIRON : Ancien sentier le long de l’Ourthe.
1802
1.802 : FAIRON : Ancien sentier le long de l’Ourthe.
1803_2015_2019
1.803 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les Anciens de Comblain en vadrouille.

0232 – Revisitons Comblain ( 24 ) : De l’autre côté du mur

Tout en bas de la Rue des Écoles, juste avant de passer sous le Viaduc, on croise deux rues : à droite, c’est la Rue du Vicinal et à gauche, la Rue du Rocher de la vierge. Elles se situent l’une dans le prolongement de l’autre. Bizarrement, l’une nous était familière et l’autre beaucoup moins. Pourtant elles avaient, pour nous, toutes les deux un point commun : c’était de « l’autre côté du mur ! ».

Le remblai du chemin de fer … celui qui « balafre noss vièdge » comme disait Joseph Huberty … ne fait pas que balafrer le village, il crée une véritable séparation. La maison polonaise s’en trouve ainsi isolée du reste. Par certains côtés, ce n’est pas plus mal, ça permet de préserver nos « petits secrets » tout en offrant aux riverains une relative quiétude. Mais cette situation ne favorise pas les échanges ! Du coup, rares étaient ceux du village qui s’aventuraient de « notre » côté, du moins à notre époque. Mais il y a quand même eu des rapprochements dont il reste pas mal de souvenirs et de nostalgie.

Nous avons d’ailleurs été contactés par quelques comblinois qui ont découvert par hasard l’existence du blog des Anciens de Comblain ; l’un d’eux nous a écrit :

« … je suis originaire et habitant de Comblain-la-Tour, dans la Rue du Rocher de la Vierge, juste en face du « Parc Polonais » … Que de souvenirs revécus, en tant que « jeune de Comblain », durant les années 80 et 90 surtout. Je me suis souvenu de nombreux matchs de football organisés entre les garçons du village et les jeunes polonais, mais aussi des agréables soirées ( feu de camp, soirées dansantes, etc… ) auxquelles Monsieur Stéphane Paterka nous avait quelques fois exceptionnellement autorisés à venir participer. Pour autant que nous nous tenions bien et que nous soyons respectueux des jeunes polonaises. Car reconnaissons-le, étant adolescents, beaucoup d’entre nous venaient … pour voir les filles ». Évidemment … on s’en doutait !

Ceci pour dire qu’aucun mur ne sera jamais assez haut, aucun remblai ne sera jamais assez large, aucun fossé ne sera jamais assez profond que pour séparer ceux qui ont envie d’être ensemble. Et je suis sûr que ces tendres souvenirs sont partagés par celles qui les ont inspirés. J’encourage les comblinois – et spécialement celui qui a écrit ces quelques lignes, il se reconnaîtra – à nous rejoindre lors d’un de nos rassemblements à Comblain-la-Tour, et pourquoi pas à nous raconter.

De la Rue du Rocher de la vierge, je n’ai pas grand-chose à dire … nous l’empruntions rarement. Tout au plus on passait par là pour monter sur Xhignesse, mais c’était assez rare et particulièrement sportif.

À une certaine époque, cette rue commençait par un estaminet : le café Hofferlin, qui était d’ailleurs, avant 1905, une coopérative « A la bonne ménagère » … elle était tenue par Hortense Degotte ( la dame sur la photo 1.784 avec ses deux seaux ). Plus loin, une porte cochère donnait accès au cinéma paroissial de l’abbé Pesser ( photo 1.785 ) et juste après la porte cochère, le bureau de poste de Mme Méan s’y trouvait en 1912.

De l’autre côté du carrefour, c’est la Rue du Vicinal du nom de ce petit train dont nous avons déjà parlé. Ce tronçon-là, nous était particulièrement connu … beaucoup de nos balades commençaient ou finissaient par là. Sur la photo 1.784, on peut encore voir « l’affreux pylône » – comme l’avaient surnommé les riverains – qui datait de 1920, quand Comblain-la-Tour a été enfin électrifié, et qui était vite devenu la « pissotière » de tous les chiens du quartier. Ce pylône fut finalement supprimé. Un peu plus loin, sur la photo 1.789, l’attelage serait celui d’Auguste Talier, marchand de « clicotes » et vieux fers, et grand amateur de pèket.

Pour ma part, cette Rue du Vicinal reste une énigme ! J’ai lu, à plusieurs reprises qu’elle : « bordait jadis le canal et était habitée principalement par les « oûtlis » ( les bateliers ) des « bètchètes » » !!!

Il est certain, que d’impressionnants travaux de creusement du canal ont été entrepris entre la Rue du Vicinal et l’actuel Rue du Parc. Mais j’ignore totalement dans quel état étaient ces travaux quand, en 1865, le canal fut comblé pour la construction du chemin de fer ? Le canal était-il sous eaux ? Pour avoir lu avec attention pas mal de littérature sur le sujet, je ne peux que constater qu’il existe des théories qui se contredisent, des auteurs qui confondent le projet de canalisation de l’Ourthe et le projet du site propre, etc … Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a une certaine confusion. Bref, en absence de photo ou d’autres preuves, je ne peux qu’être perplexe.

Cette perplexité s’aggrave encore quand je regarde le plan 1.791 sur lequel il semble bien que 2 cours d’eau encerclent toute une partie de Comblain-la-Tour. Alors … je donne ma langue au chat et espère qu’un érudit, mieux documenté que moi, m’apportera la preuve qu’on naviguait bien tout autour de notre parc.

15/07/2019 – JP Dz

1783
1.783 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Rocher de la Vierge – aujourd’hui.
1784
1.784 : COMBLAIN-LA-TOUR : Carrefour Rue des Ecoles et Rue du Rocher de la Vierge.
1785
1.785 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Rocher de la Vierge : La porte cochère donnait accès au cinéma paroissial de l’abbé Pesser.
1786
1.786 : COMBLAIN-LA-TOUR : Carrefour Rue du Rocher de la Vierge et Rue du Vicinal.
1787
1.787 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal.
1788
1.788 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal.
1789
1.789 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal : L’attelage serait celui d’Auguste Talier, marchand de « clicotes » et vieux fers, et grand amateur de pèket.
1790
1.790 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue du Vicinal :
1791
1.791 : COMBLAIN-LA-TOUR : Plan ? ou croquis le l’Ourthe et du canal ?

En complément à mon texte de lundi dernier, je me dois de vous annoncer que mes doutes sont désormais de l’histoire ancienne … En effet, dès lundi matin, j’ai reçu un message très gentil d’une dame – Madame Jacqueline Renard – qui habite Comblain-la-Tour et qui m’a informé :

« Bonjour, j’habite la maison des bateliers de « l’autre côté du mur » … ayant entrepris des travaux dans la maison, nous y avons découvert les guichets où l’on payait pour prendre le bateau sur le canal ( ancien nom de la rue ) … et le pré en face de la maison s’ appelle la « petite île ». Je vous remercie mille fois de nous faire un si merveilleux site sur notre village. Bonne journée. ».

Merci infiniment Jacqueline.

Ceci confirme que le canal était bien navigable et que, par voie de conséquence, la maison polonaise, son parc et tout le quartier qui va de la maison polonaise vers la gare, était une île ceinte par l’Ourthe et le canal. Si nous avions été là à cette époque … nous aurions été des Robinson Crusoé ( ski ).

0231 – Notre folklore ( 6 ) : Le Krakowiak

Quand je vous rappelais, la semaine dernière, la légende du Smok qui terrorisait Cracovie, vous vous doutiez certainement que la suite logique serait une évocation du « Krakowiak ». Comment aurais-je pu faire autrement ? En effet, comment parler du folklore polonais sans s’attarder sur cette danse emblématique ?

Le krakowiak est une des danses qui symbolise le mieux la Pologne … La musique, les chorégraphies, les costumes du krakowiak sont tous remarquables à bien des égards … Comment ne pas évoquer les danseuses avec leurs jupes colorées, imprimées de motifs fleuris et ornées de rubans dorés à hauteur de l’ourlet ? Ou ces petits tabliers en lin blanc brodés ou en fine dentelle ?

Comment décrire le corset de ces dames, aux teintes plus foncées dont la richesse des décorations – pompons en laine, paillettes et des broderies – vient rehausser l’éclat de la chemise blanche ? Ou les très belles couronnes de fleurs accompagnées de longs rubans colorés qui donnent aux danseuses un port de reine ou les bottes à lacets et le collier de 3 rangées de perles rouges … ? Toute la magie du costume tient dans cet ensemble d’éléments colorés, richement décorés et témoins d’une longue tradition.

Quant aux garçons, si le costume est basé sur l’uniforme militaire que portait l’armée polonaise à la fin du XVIIIème siècle, il est tout aussi remarquable avec sa chemise blanche à manches longues et plutôt amples, son pantalon imprimé à rayures verticales caractéristiques, sa longue veste sans manches qui descend jusqu’aux genoux, sa large ceinture en cuir agrémentée d’un ensemble de 3 rangées de ronds métalliques au tintement mythique, ses bottes noires …

Mais c’est le fameux chapeau dont la base est noire et ronde et le haut, carré et rouge, qui paraît le plus représentatif et le plus utilisé dans le folklore polonais avec sa plume de paon et ses fins rubans colorés …
Je suis sûr qu’il n’y a pas dans le monde une seule communauté polonaise où on ne trouve, au premier rang des spectacles ou des manifestations culturelles, des enfants revêtus de ce costume folklorique, tant il est l’emblème culturel de tout un pays.

Je ne suis pas sûr, par contre, que les paons de Pologne et d’ailleurs partagent cet enthousiasme ! Eux, je pense, se passeraient bien de cette notoriété qui s’organise à leurs « dépens » … si j’ose dire !

Je ne suis pas sûr, non plus, que folklore et traditions continuent à faire bon ménage avec les défenseurs de la cause animale mais que cela ne nous empêche pas d’affirmer notre soutien à l’authenticité de notre folklore … Et si d’aventure, on voulait nous condamner à expier nos fautes et nos traditions au nom du respect de l’intégrité animale, nous pourrons toujours rétorquer que les plumes de paon, avec un peu de chance, ça se ramasse, en fait.

En attendant, réjouissons-nous d’avoir tous, un jour, porté ce caftan ou ce cerdak et d’avoir tous, un jour, bondi sur scène le bras levé et la partenaire maintenue fermement. Car si le costume est particulier, que dire des pas de cette danse sinon qu’ils sont atypiques ? Atypiques d’abord dans la façon de tenir sa partenaire, pas en face de soi, mais parallèlement à soi ; atypique ensuite par ce galop, rapide et de côté, qui rappelle tellement la course des chevaux, mais aussi par ses « ciseaux », quand les talons se touchent lors d’une sorte de « ruade » latérale, et encore par ce claquement du talon dans cette espèce de glissement de la jambe vers l’avant ; atypique enfin par les gestes amples des bras qui semblent décrire de grands ronds dans l’espace.

La musique particulièrement rythmée favorise un impressionnant déploiement d’énergie et se prête parfaitement à l’enchaînement de figures de groupe. Tantôt en cercle, tantôt en ligne ou en une série de carrés, les danseurs occupent entièrement la scène qui offre un véritable feu d’artifice de couleurs, de mouvements et d’harmonie. Pas étonnant que le Krakowiak soit régulièrement choisi pour clôturer un spectacle dont il est souvent … l’apothéose !

La chorégraphie de cette danse est parfois agrémentée par la présence d’un « Lajkonik » bondissant. Ce cavalier barbu – sorte d’homme-cheval dont la monture est agrémentée d’un jupon, tel un caparaçon – est un personnage populaire du folklore cracovien. Ses origines turco-tatares prouvent, une fois de plus, que le folklore polonais s’est confronté à bien d’autres cultures. La légende du « Lajkonik » date de 1287 : « Des guerriers tartares étaient parvenus à s’approcher imperceptiblement des murs de la ville et avaient décidé de passer la nuit au bord de la Vistule, près du village de Zwierzyniec, pour attaquer au petit matin. C’est là qu’ils furent aperçus par des bateliers. Ceux-ci surprirent l’ennemi endormi et sauvèrent ainsi la ville du pillage. Puis ils se vêtirent de costumes asiatiques pour entrer dans la ville sur des chevaux pris à l’ennemi, en éveillant d’abord la terreur, puis la joie des habitants. Le maire de Cracovie déclara alors qu’en souvenir de cet événement, chaque année, un batelier déguisé en khan tartare ferait son entrée dans la ville, suivi d’un cortège de ses confrères ».

Pour ma part, le Krakowiak est le synonyme de « première fois ». En effet, c’est le tout premier costume traditionnel avec lequel mes parents m’ont habillé … je ne devais pas avoir plus de 5 ans. Plus tard, quand je suis rentré au KSMP de Mons – j’avais à peine 12 ans – c’est la première chorégraphie qu’on m’a apprise ; et comme j’étais le plus petit de la troupe, j’étais placé tout devant, avec Stéphanie … qui était la plus petite en taille. Ça a donc été mon premier spectacle et j’y ai récolté mes premiers applaudissements. Plus tard encore, quand j’ai rejoint le KSMP du Centre et que j’ai eu la possibilité de modifier le programme, c’est la première danse que nous avons réécrite avec Eveline. Et même 50 ans plus tard, la première fois … on s’en souvient toujours !

08/07/2019 – JP Dz et grand Merci à Dominique Stefanski pour sa touche féminine.

1769
1.769 : KSMP CHARLEROI( ? ) ; … ; ( ? ).
1770
1.770 : CHARLEROI ? école ? : ( ? ) ; … ( ? ).
1771
1.771 : KSMP CHARLEROI : Irena Kotarzewski ; ( ? ) ; … ( ? ).
1772_KSMP_Charleroi
1.772 : KSMP CHARLEROI : ( ? ) ; … ( ? ).
1773_KSMP_Ressaix
1.773 : KSMP Centre / RESSAIX : André Walasczyk ; Eveline Ogonowski ; Richard Szymczak ; Daniel Kowal ; Danièle Perzyna ; ( ? ) ; Jeanine Chabera ; Casimir Nowicki.
1774
1.774 : KSMP Centre / RESSAIX : Danièle Perzyna ; Simone Wattiez ; Vital Kciuk ; Malvina Rusowicz ; André Walasczyk ; Marilyne Desmet ; ( ? ) ; Thérèse Ogonowski ; ( ? ) ; Isabelle Swiderski ; Janek Perzyna ; Jeanine Chabera ; Casimir Nowicki.
1775_KSMP_Ressaix
1.775 : KSMP Centre / RESSAIX : Richard Szymczak ; ( ? ) ; Janek Perzyna ; ( ? ) ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Malvina Rusowicz ; Daniel Kowal ; ( ? ) ; … ; ( ? ).
1776_KSMP_Liège_25_ans
1.776 : KSMP LIEGE : ( ? ) ; … ; … ; ( ? ).
1777_KSMP_Liège_083_1991_jubilé_Szymurski
1.777 : KSMP LIEGE : André Paterka ; Stefan Drozda ; Edouard Jamka ; Franco, le mari Sonia Przybyl ; Mieciu Musial ; Richard Migon ; Pierre Bartosz.
1778
1.778 : KSMP Centre / RESSAIX : Jean-Pierre Dziewiacien ; Pierre Front ; Halina Ogonowski ; Danièle Perzyna ; ( ? ) ; Casimir Nowicki ; ( ? ) ; Edouard Nowicki ; Irène Sitarz ; ( ? ) ; Nadine Deputat ; André Cornut  ; ( ? ) ; Irek Mrzyglod ; Dominique Ogonowski.
1779
1.779 : KSMP MONS : ( ? ) ; Didier Bouchéi ; ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Pierre Front.
1780__KSMP_018c
1.780 : KSMP MONS : ( ? ) ; Alfred Materna ; Hélène Borowski ; Marek Bujanowski ; ( ? ) ; … ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Christiane Bierczyk.
1781__KSMP_018d
1.781 : KSMP MONS : Franca Fisher ; ( ? ) ; Alexis Łagocki ; Christiane Bierczyk ; Jean-Pierre Dziewiacien.
1782
1.782 : Bernissart cinéma Camara : Madame Dudziak et son filleul, Jean-Pierre Dziewiacien.