



Regardez la photo 1.542 … ce petit air de déjà vu … on croit rêver mais … c’est l’incarnation d’Ala i As ! Vous la reconnaissez ? Oui, vous ne rêvez pas, c’est : Ala i As à Comblain-la-Tour !
C’est exactement comme ça que je me représentais Ala : même sourire un peu rêveur, même douceur dans le regard. Ala a enfin un visage. Comment ne pas se remémorer toutes les aventures de la petite fille modèle qui a bercé notre enfance. La voir là, à Comblain, c’est magique. Et même si As à l’air d’être un peu distrait, on imagine déjà la page suivante … la prochaine aventure … la suite. On n’a qu’une envie : continuer à feuilleter.
Ce sourire vous le connaissez, évidemment ! Il n’a pas changé. Et c’est toujours un plaisir de le revoir. Elle était avec nous en septembre. J’aurai dû prendre avec moi mon exemplaire de l’Elementarz pour le faire dédicacer ! Je suis sûr qu’elle l’aurait fait avec beaucoup de plaisir et d’humour. J’entends déjà son rire si communicatif et je m’attends à une de ses réparties, moitié en polonais moitié en français, dont elle a le secret.
Pour ceux qui en douteraient encore, ce sourire, c’est celui de Monique Kiełtyka … et en voici encore, sur la photo 1.543, deux autres « échantillons » pris à quelques mètres de distance, à quelques années d’intervalle. Elle n’a pas changé.
Les photos publiées aujourd’hui témoignent d’une autre réalité, d’un autre aspect de Comblain tout aussi important. Comblain-la-Tour, ce n’est pas « seulement » une colonie de vacances … ce n’est pas « seulement » un lieu où les enfants se rendaient, sans leurs parents, pour faire l’apprentissage d’un autre mode de vie que le modèle familial ! Comblain, c’est aussi un endroit où on se rendait régulièrement en famille, comme dans une maison de vacances où on aurait eu ses petites habitudes. Sur ces photos, Ala – ou plutôt Monique – n’a visiblement pas l’âge de participer aux colonies. Pourtant, entourée par ses parents, et par ses proches, elle découvre un autre lieu de vie, une autre maison, un autre jardin que le sien … et elle a l’air de s’y sentir déjà comme chez soi. Rien d’étonnant.
L’avantage des lieux chargés d’émotions, c’est qu’ils ne demandent qu’à déborder. Et quand ce sont nos propres émotions qui remplissent ces lieux … on n’a pas envie de résister. On se laisse envahir par la tendresse du moment, par la douceur des sourires ou par la solennité de l’instant. Et la photo devient la clé du plaisir.
Ce n’est pas par hasard si la photo 1.542 nous fait tellement penser à Ala i As. C’est parce que Comblain s’inscrit parfaitement dans la suite logique des choses : une famille qui cultive des valeurs polonaises, un entourage qui entretient les traditions, une école du samedi qui donne du sens à cette éducation, des structures qui multiplient les manifestations culturelles, des mouvements de jeunesse qui éveillent au folklore et, enfin des lieux de rassemblement qui prolongent le sentiment d’appartenir à une communauté. Ça s’appelle la cohérence et on peut dire que nos parents n’en manquaient pas. Ce n’est pas qu’ils voulaient absolument nous façonner à leur image ou nous « formater », mais ils savaient que pour l’équilibre des enfants, il était important de faire preuve de cohérence. C’est sans doute la vertu qui fait le plus défaut aujourd’hui dans le monde où nous vivons.
Il y a mille et une manières de raconter Comblain … Et nous nous y attelons chaque lundi, en essayant d’aborder le sujet, à chaque fois, par un éclairage différent. N’avons-nous pas chacun « Notre Comblain » ?
Si la réalité dépend du prisme à travers lequel on la regarde, il doit exister des centaines de Comblain. Celui que j’ai envie de montrer aujourd’hui, c’est celui d’un endroit accueillant et convivial où on vient en famille, où on prend la pose, avec ses parents, ses frères et sœurs, pour alimenter l’album familial. Album qu’on feuillettera ensuite avec tellement de plaisir, les longs soirs d’hiver, pour se souvenir d’où on vient.
Comblain, c’est cet endroit où se créaient parfois des liens quasi-familiaux à une époque où il n’était pas toujours simple, ni évident, d’entretenir des liens avec les familles restées en Pologne … Comblain, ce petit bout de terre polonaise qui savait – et sait toujours – accueillir et entretenir le souvenir !
Alors, oui, on aimerait beaucoup feuilleter vos albums, parcourir vos souvenirs dont Comblain est la toile de fond et découvrir ainsi d’autres facettes de ce lieu si attachant !
21/01/2019 – JP Dz











La même photo avec un quadrillage pour repérer plus facilement les participants.
Comme déjà annoncé, voici l’évocation d’une de ces personnalités essentielles de notre histoire polonaise en Belgique qui est enterrée dans le petit cimetière de Comblain-la-Tour. Une fois de plus, c’est notre ami André Karasiński qui nous en parle.
Monsieur Edward Pomorski ( 29 mars 1901 – 2 janvier 1995 ) était – du 11 décembre 1970 au 31 décembre 1988 – le dernier « Ministre plénipotentiaire du gouvernement polonais en exil » pour la Belgique. Il était commandant de la résistance polonaise ( organisation polonaise de lutte pour l’indépendance ) en Belgique et aux Pays-Bas ( 1940-1945 ).
Monsieur Pomorski est né le 29 mars 1901 à Węgleszyn ( près de Kielce ), alors que cette partie de la Pologne d’avant le dernier partage en 1795, faisait partie de la Russie impériale. En 1919, il a servi comme volontaire, pendant plusieurs mois, dans la nouvelle armée polonaise pendant la guerre polono-soviétique de 1919 – 1921, et a combattu à la bataille de Varsovie. Puis il est retourné à l’école à Końskito pour terminer ses études secondaires. Il a étudié la philologie polonaise à l’Université Jagellonne de Cracovie ( 1921 – 1926 ). Il commence à travailler sur sa thèse de doctorat, ses intérêts sont centrés sur la littérature de la Renaissance polonaise, mais en 1927, il est rappelé pour compléter son service militaire interrompu en 1919 ; il atteint le grade de sous-lieutenant. Il a remporté une bourse à l’Université de Dijon ( France ), où il apprend le français. En juillet 1929, il épouse Jadwiga Górska, philologue, et commence à enseigner dans les écoles secondaires de Katowice et de Jędrzejów pendant deux ans jusqu’à leur départ pour la France en 1932.
Monsieur Pomorski est arrivé avec un passeport diplomatique à Monceau ( Centre de la France ) pour enseigner à la jeunesse polonaise et fournir un soutien social et culturel aux communautés polonaises de mineurs, de travailleurs et d’enseignants. Après 5 ans, il a été transféré à Liège, en Belgique. Il s’est inscrit à l’Université de Liège pour un diplôme en affaires consulaires et diplomatiques ( 1937 – 1939 ), mais la guerre a interrompu ce projet.
Lorsque l’Allemagne nazie envahit la Pologne le 1er septembre 1939 et malgré la déclaration, le 3 septembre, de la neutralité de la Belgique, Monsieur Pomorski et sa femme recrutèrent des volontaires pour les forces alliées en France : 2.000 hommes furent envoyés, presque tous recrutés parmi les mineurs et les sidérurgistes. En 1941, la résistance polonaise en France, connue sous le nom de POWN ( Polska Organizacja Walki o Niepodległość ), qui se traduit par l’Organisation Polonaise de Lutte pour l’Indépendance, contacta Mr Pomorski qui diffusait déjà un bulletin clandestin ( Marsz ), La Marche. POWN était une organisation militaire non politique sous les ordres du général Sikorski et du gouvernement polonais en exil à Londres.
Monsieur Pomorski a été nommé commandant pour la Belgique et les Pays-Bas, avec « nom de Guerre » Bolesław ; il avait 500 membres. Les objectifs fixés par POWN étaient les mêmes pour les trois pays :
– rassembler des informations sur la circulation des troupes et des activités autour des sites industriels ;
– organiser des itinéraires d’évacuation pour les pilotes et prisonniers tombés et interférer avec le transport des renforts en préparation du D-Day ;
– identifier des sites pour le parachutage des techniciens et du matériel.
Monsieur Pomorski a franchi la frontière verte en France à plusieurs reprises et grâce à la présence de Polonais des deux côtés de la frontière et grâce à leurs efforts conjugués, POWN a identifié 182 rampes de lancement souterraines pour les missiles V1 et V2 ( toutes dirigées vers Londres ) dont 163 ont été détruites par les alliés. Une autre ligne de ces rampes a été découverte le long de la frontière belgo-néerlandaise. Des techniciens de sabotage ont été envoyés de Londres, mais leur action a été annulée, laissant Liège exposé aux missiles V1 pendant trois mois alors que les alliés étaient bloqués dans les Ardennes. Pendant les années de guerre, Monsieur Pomorski a subvenu aux besoins de sa famille en enseignant le russe dans une école de commerce à Liège, en Belgique.
Lorsque la Belgique fut libérée en septembre 1944, Monsieur Pomorski, en tant qu’unique représentant de l’émigration polonaise, prit en charge le consulat à Bruxelles. POWN a enrôlé des volontaires pour rejoindre les forces militaires polonaises à Londres. Le 5 octobre 1944, 800 hommes quittent la Belgique. Après la venue de Londres de deux diplomates, Monsieur Pomorski est devenu attaché culturel et nommé inspecteur scolaire par le gouvernement en exil. Cela signifiait la reconstruction d’un réseau d’écoles polonaises, mais aussi la mise en place d’un système scolaire rudimentaire dans les camps de déportation en Allemagne où de nombreuses familles, réticentes à retourner en Pologne, attendaient une chance d’émigrer.
Après la reconnaissance de la Pologne communiste en 1947, Monsieur Pomorski et sa famille se sont retrouvés dans une position précaire. Le gouvernement de Varsovie a fait pression sur Mr Pomorski pour s’assurer que, s’il restait avec eux, il utiliserait sa position influente au sein de l’émigration pour promouvoir leur idéologie. Sinon, il ne serait pas autorisé à retourner en Pologne.
Ainsi, Monsieur Pomorski a terminé sa thèse et a obtenu son doctorat en histoire et littérature slaves de l’Université libre de Bruxelles ( 1951 ). Au cours des 40 années suivantes, il ouvre et développe un bureau de traduction où il fait lui-même des traductions en 12 langues et plusieurs dialectes. Il a été élu par ses pairs président de l’Ordre des traducteurs de Belgique.
Après la phase de résistance armée, POWN a dû redéfinir ses objectifs puisqu’il a été créé en tant qu’organisation militaire. POWN a désigné un Comité Général de Lutte pour l’Indépendance le 14 mai 1945, avec Monsieur Pomorski comme commandant pendant 6 mois. POWN est devenu par la suite l’Union des Polonais en Belgique ( Związek Polaków w Belgii ou ZPB ) dont Mr Pomorski a été le Secrétaire pendant 5 ans et Président durant les 27 années suivantes.
Au fil des années, Monsieur Pomorski a continué à organiser des écoles polonaises, même en Allemagne de l’Ouest, et à suivre de nouveaux enseignants, dont beaucoup ont été recrutés parmi les déportés des camps nazis. Pendant quelques années, le gouvernement de Londres en exil paya jusqu’à 30 d’entre eux, enseignant jusqu’à 3.000 enfants en 1948 en Belgique. En 1949, Monsieur Pomorski fonda le Lycée Polonais de Bruxelles, une école par correspondance pour permettre aux jeunes déplacés de terminer leurs études secondaires.
Note : DP Displaced Person – Personne déplacée est une personne contrainte à vivre en dehors de son territoire à cause de la guerre ou d’une oppression politique.
Lorsque les fonds ont disparu, Monsieur Pomorski a continué à gérer le système scolaire sous le patronage de l’Union des Polonais ( ZPB ) et des Polonais Libres de Belgique ( Macierz ). Ils ont écrit leurs propres manuels et soutenu les enseignants grâce à des dons, ainsi qu’à des événements sociaux, culturels et sportifs.
Monsieur Pomorski est resté dévoué au mouvement du Scoutisme jusqu’à ses dernières années. Il a organisé des camps d’été et formé des animateurs. Avec l’aide d’autres Polonais dévoués, Macierz a acquis une propriété « Le Centre Millennium » dans les Ardennes à Comblain-la-Tour où de nombreuses activités ont encore lieu, y compris les camps d’été.
Jusqu’à sa mort en 1995, il a organisé des cérémonies annuelles dans les cimetières militaires polonais et prononcé de nombreux discours les jours d’armistice. Les frais / honoraires ( anglais : fees ) ont été financés grâce aux recettes provenant d’événements sociaux et culturels. Il a publié un bulletin Polak w Belgii ( Un Polonais en Belgique ) pendant de nombreuses années et après la mort de sa femme, il a repris Brukselskie Nowiny ( Nouvelles de Bruxelles ). Il a continué à s’intéresser à la littérature, en particulier celle touchant l’intelligentsia en exil. Il a donné de nombreuses conférences sur des sujets très sensibles aux écrivains exilés : à Londres, au Congrès polonais des sciences et de la culture contemporaine ( 1970 ), à Liège ( 1956 ), à Heidelberg ( 1957 ) et au Symposium littéraire international de Strasbourg ( 1966 ).
En 1993, il crée le Centre polonais d’études culturelles et scientifiques à Bruxelles. Ce centre, aujourd’hui très réduit, poursuit quelques activités dans le cadre de la bibliothèque polonaise de Bruxelles.
De 1957 à 1985, Monsieur Pomorski était le délégué du gouvernement en exil pour tout ce qui concernait l’émigration polonaise. En décembre 1970, le Premier ministre en exil Zygmunt Muchniewski nomma Monsieur Pomorski, ministre plénipotentiaire de Pologne pour la Belgique, un poste qu’il occupa jusqu’à la fin de 1988. Il succéda à Jerzy Korab-Brzozowski ( 1957-1970 ).
En 1975, Monsieur Pomorski a été délégué à Washington pour assister au Congrès culturel polonais ( tenu une fois tous les 10 ans ), en tant que représentant de l’émigration polonaise dans le monde entier. Il a été élu membre du Conseil national de la République par l’émigration polonaise de Belgique le 30 avril 1989.
Lorsque le président Walesa se rendit à Bruxelles pour une visite officielle, il invita Monsieur Pomorski à venir à Varsovie pour donner une conférence sur les activités de l’émigration polonaise avant, pendant et après la guerre. Le public a été surpris par l’ampleur du travail accompli par Monsieur Pomorski et sa femme, à titre gratuit.
En 1991, le président Walesa l’a nommé membre permanent du Parlement et l’a invité à assister à toutes les sessions parlementaires. Il est nommé Commandeur de l’Ordre de Polonia Restituta en 1991. Il meurt à Bruxelles le 2 janvier 1995 et est enterré au cimetière de Comblain-la-Tour avec son épouse Jadwiga, décédée à Bruxelles le 15 mai 1979. Il a eu 3 enfants, Anna, Andrzej et Alina, nés en Pologne, en France et en Belgique.
Distinctions honorifiques :
Française : La Croix du Combattant pour l’action dans la Résistance 1940 – 1945 ;
Belges : – La Croix des Valeureux pour la Résistance 1940 – 1945 ;
– Mr Pomorski a été reconnu combattant armé en 1952 par le ministre de la Défense ;
– A été honoré avec la médaille commémorative 1940 – 1945 avec des sabres croisés par le royaume de Belgique en 1956 ;
Polonaises : – Polonia Restituta, Knight ( 1970 ) et Officer niveaux ( 1988 ) décerné par le gouvernement polonais en exercice à Londres ;
– Polonia Restituta, la Croix du Commandeur ( 1991 ) décernée par Lech Walesa, Président de la République ;
– Cross des valeureux donné en 1945 par les forces armées polonaises à Londres pour l’action dans le mouvement de résistance POWN ;
– Cross des valeureux pour la défense de la patrie 1918 – 1921, attribué en 1992 par le président Lech Walesa ;
– Médaille de Bronze avec des sabres croisés pour 10 ans de service à la nation, 1938 ;
– Croix de mérite en argent avec sabres croisés pour services rendus en Pologne avec les services diplomatiques en France, 1936 ;
Yougoslave : – Médaille commémorative de l’Armée royale yougoslave donnée par le Roi Pierre II en exil pour le 20ème anniversaire de la fin des hostilités 1941 – 1945.
Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Pomorski











De tout temps, Comblain-la-Tour a fasciné les enfants que nous étions … Nous avons laissé là nos imaginations se libérer. On ne comprenait pas tout … mais, avions-nous vraiment envie de tout comprendre ? « Rien n’est plus beau qu’une clé tant qu’on ignore ce qu’elle peut ouvrir … ». Alors, quand nous tombions sur ce qui nous paraissait être une énigme, nous étions passionnés. Et en même temps, se confronter à des réalités intangibles et irréfutables nous titillait aussi … et nous titille toujours.
C’est sans doute un peu pour ça que nous avons décidé de créer le thème des « Revisitons Comblain » … pour refermer définitivement quelques énigmes … mais aussi pour libérer de la place et donner du grain à moudre à nos fantaisies … histoire de rester jeunes dans sa tête.
C’est sans doute un peu pour ça aussi que, lors de notre dernier week-end des Anciens à Comblain en septembre 2018, vous avez « flairé » une nouvelle énigme à résoudre, un nouveau challenge, une bonne excuse pour offrir à nos rêveries quelques épisodes supplémentaires. Certains d’entre vous m’ont même entraîné sur place pour constater de visu et témoigner sur ce nouveau « Mystère du fond de l’Ourthe ».
Effectivement, tout laissait à penser que nous étions face à une énigme ! En plein milieu du parc, l’Ourthe laissait apparaître, tout au fond de son cours, comme une construction humaine … comme un U en pierre, trop parfait pour être l’œuvre du hasard ! On aurait dit l’ébauche d’un pont, d’une passerelle ou d’un autre ouvrage d’art dont l’utilité ne sautait pas aux yeux ! Les photos 1.530, 1.531 et 1.532 sont bien garantes que ce n’était pas une hallucination collective. Mais alors … pourquoi n’avons-nous jamais rien vu ? Nous avons joué là des centaines de fois, nous nous sommes installés à cet endroit précis ( pour fréquenter ) des quantités de fois … sans jamais rien voir !
Il faut dire que la sécheresse de cet été a été exceptionnelle. Le niveau de l’Ourthe n’a sans doute jamais été aussi bas. Ceci explique pourquoi nous n’avons jamais vu cette construction … mais pas pourquoi cette construction est là ! Et voilà que nos imaginations s’enflamment à nouveau … Chacun y est allé de sa petite théorie : « C’était une passerelle ou un pont. C’est sûr » ; « C’est sans doute l’armée allemande quand elle occupait l’hôtel, pendant la première guerre mondiale, qui a commencé à construire un rempart ou un abri pour résister … » ; « Ou alors, c’est une rampe ou un quai de chargement ». Nous avons tout entendu. C’est magnifique de voir les imaginations s’emballer ! Je suis presque triste de vous contredire aujourd’hui. Parce que bien sûr, nous avons mené l’enquête … ou plus tôt, j’ai demandé à René Defossé, notre plus fin limier de la vallée de l’Ourthe, de mener l’enquête.
René a tôt fait de percer le mystère. Moi, j’ai préféré vous laisser un peu « mariner » avant de vous livrer les explications scientifiques et historiques que René m’avait livrées. Tout est clair à présent. Les éclaircissements sont venus d’un livre : « Mille ans de navigation sur l’Ourthe et ses affluents », écrit en 1973 par Robert Dalem et André Nelissen. On y apprend que, toutes sortes de constructions humaines ( ce n’est pas un pléonasme, tant on peut voir sur les bords de la rivière des constructions de … castors ), ont été élaborées dans le lit de l’Ourthe :
Les « vennes », qui servaient à retenir les poissons, et accessoirement à empêcher les eaux de s’écouler trop rapidement, les « rèles », qui étaient constituées d’un mur construit au moyen de grosses pierres et qui jouaient le rôle de digues pour éviter que les « crasses » entravent la navigation, les « bârèdjes » destinées à créer une réserve d’eau suffisante aux bateaux pour continuer, et d’autres encore … mais aucune de ces explications ne correspondant à la construction que nous avons pu voir dans le parc …
Pour comprendre pourquoi ce muret est là, il faut se rapporter à un article publié dans les Anciens de Comblain où j’évoquais la construction du « Canal de l’Ourthe » ( article n° 149 ). Mais les auteurs du livre, cité plus haut, attirent notre attention sur le fait que la « canalisation de l’Ourthe » » et le « canal de l’Ourthe » sont, en fait, deux choses essentiellement différentes. Même si les deux projets avaient le même but : la jonction entre la Meuse et le Rhin.
Concrètement – et en vous évitant une foule de détails – on dira que la canalisation de l’Ourthe, œuvre de Remy de Puyd, date de l’époque hollandaise et démarre en 1827. Il s’agissait ici d’atteindre la jonction en utilisant le lit propre de l’Ourthe sur toute sa longueur. Bien sûr, pour la rendre navigable, on construira dans la rivière des écluses ( 215 écluses ). La structure que nous avons observée en septembre est le vestige d’une de ces écluses. Ce projet finira par être abandonné !
Le Canal de l’Ourthe, projet suivant ( 1847 ), consistait à creuser une nouvelle tranchée parallèle à la rivière et … bien sûr, plus question de se servir des ouvrages terminés ou en voie d’achèvement. On fait table rase de tout ce qui a été fait et on recommence ! Pas une seule des écluses ébauchée sous le régime hollandais ne servira pour le nouveau projet. Et donc, Notre écluse n’aura jamais servi ! Notez que ce canal sera achevé jusque Comblain-au-Pont en 1857 et que d’immenses travaux de creusement viendront « ouvrir en deux » Comblain-la-Tour … pour finalement être abandonnés ! La tranchée sera rebouchée pour servir d’assiette à la ligne de chemin de fer.
L’énigme est ainsi résolue. Permettez-moi quand même d’ajouter que si notre écluse n’a jamais servi … nous, à chaque fois qu’on nous a servis, on a pas mal « éclusé ».
Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous laisser sans une nouvelle énigme à cogiter. Ce ne serait pas gentil.
Voici donc l’énigme suivante … Lors de ce fameux week-end, Eveline et moi dormions dans la chambre n° 8. C’était en son temps la chambre de Ks Kurzawa. Depuis, 2015, nous avons déjà dormi-là à plusieurs reprises. Pourtant, il y a quelque chose que nous n’avions jamais vu ! Sur le mur, juste à côté de la fenêtre, caché par la tenture, une inscription ! Je vous laisse la découvrir sur la photo 1.535. Je vous donne ma parole que c’est vrai et que ce n’est pas nous qui l’avons inscrite ( ce serait du vandalisme ). Mais alors … ?
07/01/2019 – JP Dz






Comme vous avez pu le constater, depuis quelque temps, nous avons entamé une nouvelle rubrique « Nos exploits folkloriques ». L’objectif de ce nouveau chapitre est de partager nos souvenirs des moments magiques que nous avons passés, ensemble, à représenter sur scène notre culture polonaise. Et si ce partage nous permet de retrouver les gens avec qui nous avons vécu ces heures heureuses, c’est tant mieux. Ce sont les deux seuls buts que nous poursuivons.
Il n’est donc pas question ici, de se servir de ces matériaux pour réécrire l’histoire à sa façon ou combler de quelconques frustrations personnelles. Je vous rappelle que les Anciens de Comblain sont une communauté de souvenirs – je dirais même une communauté de « bons » souvenirs – et non pas une communauté de ragots, de « j’ai entendu dire que » et encore moins de règlements de compte façon « cour de récréation ». Nous ne voulons pas mettre en concurrence ni juger et classifier les performances. C’est tout le contraire.
Du coup, ce qui nous importe ce sont Vos témoignages, Vos vécus, Vos souvenirs. Personnellement, je ne peux m’exprimer que sur les choses que j’ai vécues de l’intérieur ( comment peut-on faire autrement ? ). Je peux vous parler des KSMP de Mons et de celui de Ressaix, puisque j’ai largement participé aux 2 formations. Pour les autres ensembles, je n’ai que des souvenirs épisodiques des rencontres que nous avions soit à Comblain, soit lors des festivals ou des pèlerinages. Donc, nous avons besoin de vous pour nous raconter vos aventures.
Ne laissez pas à d’autres le monopole d’écrire votre histoire … et parfois d’écrire n’importe quoi.
Dans le même ordre d’idée, vous ne vous étonnerez pas d’apprendre que je possède des photos en nombre des deux formations auxquelles j’ai participé … et très peu de photos des KSMP de Liège, de Charleroi, du Limbourg, du groupe Wisla, des Harcerze, des spectacles organisés par les Związek Polaków, des groupes qui existaient avant l’apparition des KSMP, des formations de danses de Gilly, de … qui – même si nous ne partagions pas forcément les mêmes valeurs – représentaient aussi la culture polonaise. Aujourd’hui, il est temps de faire fi de toutes les spécificités ( dont nous n’étions même pas conscients à l’époque ) et de fêter, tous ensemble, le plaisir d’avoir été la Pologne de Belgique.
Ceci dit, j’attends donc avec impatience vos photos, vos témoignages, vos anecdotes. Que vous ayez été plutôt de droite ou de gauche … ou du centre … que votre participation s’est limitée à quelques apparitions sur scène … que vous ayez oublié le nom de vos partenaires … que vos rhumatismes vous empêchent aujourd’hui de reproduire les figures que vous adoriez faire à 18 ans … que vous vous êtes éloignés de tout ça depuis tellement longtemps … C’EST LE MOMENT de rajeunir !
Alors, sortez les vieux cartons à chaussures … il y a là, c’est sûr, des trésors qui, une fois publiés, feront le bonheur de ceux qui se reconnaîtront. Aidez-nous aussi à reconnaître ceux qui sont trop timides ou qui pensent, à tort, que tout ça n’est pas important !
Et pour finir, je vous souhaite, pour ce soir, un très bon réveillon et, pour 2019, une année exceptionnelle !
31/12/2018 – JP Dz










Il y a une autre odeur qui nous rappelle systématique Comblain … celle du tilleul.
Celui qui pousse un peu trop près de la petite maison au bord de l’Ourthe ( la villa Mississippi ).
Celui en dessous duquel nous cherchions un peu d’ombre quand le soleil « piquait » trop.
Son odeur nous accueillait déjà tôt le matin, quand nous sortions, en slip, de nos chambres pour nous laver à l’eau froide, tous alignés devant l’auge en pierre adossée au mur de la petite maison. Et quand nos ablutions se transformaient en bataille d’arrosage, c’est le tilleul qui nous servait en même temps de bouclier et de paravent.
Il en a vu passer ce tilleul des garnements, des espiègles, des chenapans et des mauvaises graines. Et il a survécu à tout. D’autres arbres du parc, pourtant plus imposants et robustes, se sont laissés aller. Lui résiste. Il me fait penser à un autre tilleul … celui de Dominique Stefanski … vous en avez déjà entendu parler ? Non ? Alors je ne résiste pas au plaisir de laisser Dominique vous raconter son histoire :
« Je revois comme si c’était hier, ce 25 juin où nous avons reçu les clés de la maison pour la première fois. Elle était aussi vide que le jardin était plein de broussailles et de mauvaises herbes.
Nous étions pressés d’installer notre petit confort et chaque jour, on découvrait les mille et une petites choses qui nous manquaient pour faire fonctionner la maison …
Quand j’ai entrepris de m’occuper du jardin, ce n’était qu’une mer de ronces recouvertes de liserons dont les fleurs blanches ondulaient comme de l’écume sur ces vagues conquérantes … Pour le jardin aussi, il fallait faire quelques acquisitions et j’ai commencé par acheter des gants de jardin et un petit sécateur, et je suis partie à l’assaut de cette petite jungle épineuse. Les ronces éliminées, de jolies plantes ont commencé à réapparaître çà et là, un rosier ancien très parfumé, des ancolies et bien d’autres fleurs qui profitaient de l’éclaircie pour reconquérir ce qui avait été leur espace …
C’est là que j’ai vu un petit tilleul, à peine plus haut qu’un céleri … Je l’ai coupé net, mais à regret car il poussait trop près du mur … L’année suivante, il est revenu et l’année d’après aussi … Et moi, à chaque fois « tchac » un coup de sécateur … Puis pendant un an ou deux et plus, je n’ai plus trop fait le jardin car j’avais trouvé dans des choux, quelques jeunes pousses qui m’occupaient et m’en tenaient éloignée…
De retour au jardin, j’ai constaté que mon sécateur n’était plus assez grand pour couper le tilleul entêté et j’ai pensé acheter une cisaille … Le temps de trouver une cisaille, il avait encore grandi et j’ai pensé qu’il me faudrait une scie … Le temps de trouver une scie … le voilà qui était hors d’atteinte de mes velléités « arasoires » !
Aujourd’hui, le parfum de ses fleurs embaume tout le quartier et il bourdonne de la vie de tous ces petits insectes qui se repaissent de son nectar … Il est là, immense, magnifique, volontaire et tout engoncé …
Ce 25 juin, c’était il y a 28 ans et on s’était marié l’avant-veille, le 23 … Depuis, on a agrandi la famille, la maison, la troupe d’animaux … on a des tas d’accessoires, d’ustensiles, d’outils de jardin et toujours un tilleul … Je me dis qu’il me faudrait peut-être une pelle mécanique pour déplacer… le mur. ».
Dominique Stefanski
Si j’ai souhaité partager avec vous cette histoire magnifique, racontée avec tant de poésie, c’est que ce tilleul – qui a choisi de s’implanter à Fontaine l’Evêque – mérite toute notre admiration. Par certains côtés, il me fait penser aux Anciens de Comblain … qu’on avait plantés là, à Comblain … qui ont poussé, grandi … qui ont connu d’autres horizons, mais qui reviennent inlassablement … qui s’accrochent … qui résistent … qui prennent racine.
Du coup, j’ai envie d’avoir un autre regard sur Notre tilleul … celui de Comblain … celui qui s’accroche trop près de la villa Mississippi. J’ai furieusement envie de le protéger, de l’adopter, d’en faire un emblème, un symbole. Et si on en faisait Notre arbre ?
24/12/2018 – JP Dz








Revenons vers le centre de Comblain-la-Tour. Au centre du village, il y a l’église et le cimetière … comme souvent dans les petites localités de nos Ardennes. L’église Saint-Clément – que nous connaissons bien pour l’avoir souvent pratiquée – est une petite église très sympa qui ne paie pas de mine. Son architecture est relativement sobre et, à l’intérieur, l’aménagement est fonctionnel.
Pourtant, nous ne sommes pas n’importe où …
Cette église, bâtie en 1743, sur les fondations d’un ancien édifice, était en piteux état après la seconde guerre mondiale. Le prêtre qui en avait la charge, l’abbé Pesser ne savait plus à quel saint se vouer pour lui venir en aide ! Le miracle a quand même bien eu lieu … un G.I. américain – Joe Napoli – s’est pris d’amitié pour les comblinois et a décidé d’aider le prêtre à redonner à la petite église son lustre d’antan en organisant les fameux festivals de jazz. Vous en connaissez, vous, d’autres petites églises qui ont été sauvées par un festival international de jazz ?
Autour de l’église s’enroule le petit cimetière pittoresque où reposent en paix les comblinois … plus quelques « étrangers » dont les noms résonnent étrangement en polonais. Ce n’est pas par hasard si lors de nos premières retrouvailles, en septembre 2015, notre premier geste a été de nous rendre dans ce cimetière et d’y déposer des fleurs. Ici sont inhumées quelques-unes des personnalités les plus emblématiques de notre collectivité polonaise. Nous nous sommes arrêtés longuement sur la tombe de Notre Pan Jan ( Mr Jan Smolag ), mais aussi sur d’autres tombes … celles des initiateurs, des bienfaiteurs et autres sommités qui ont très largement contribué à l’essor du Centre Millennium, mais aussi au rayonnement de notre communauté.
Parmi ces grands hommes, il y en a deux que nous avons déjà évoqués à plusieurs reprises et que nous évoquerons encore : Mr Józef Rzemieniewski, le sympathique journaliste du « Narodowiec », membre – fondateur du Comité central des Écoles des Polonais libres de Belgique ( Macierz Szkolna Wolnych Polaków w Belgii – PMSz ), et même président à partir de 1984 ( article n° 61 ) et Dr Rudolf Wilczek, Président de la Macierz Szkolna de 1956 à 1984 ( article 106 ) qui a donné, entre-autre, son nom à la splendide allée du parc qui longe le chemin de fer.
Mais d’autres personnages importants sont enterrés là. Ils ont profondément marqué l’histoire de notre émigration et méritent toute notre admiration et tout notre respect : Dr Edward Pomorski, Ministre plénipotentiaire du gouvernement polonais en exil, commandant de la résistance polonaise, président du Związek Polaków w Belgii, responsable du scoutisme polonais et Inspecteur des écoles polonaises de Belgique … pour ne citer « que ça » ; mais aussi Pr Stefan Glaser ; et encore d’autres … Nous reviendrons, bien sûr, plus en détail sur les itinéraires hors du commun de ces élites au grand cœur.
Vous en connaissez, vous, d’autres petits cimetières qui mériteraient d’abriter le Panthéon des Polonais de Belgique ?
Ce n’est pas par hasard, non plus, que des autorités polonaises de haut vol, viennent ici se recueillir et déposer des gerbes de fleurs pour marquer la reconnaissance d’une nation à quelques-uns de ses brillants ressortissants. Les photos de 1.507 à 1.510 datent du 30 septembre 2017, lors des festivités organisées à Comblain-la-Tour pour célébrer le 65ème anniversaire de la naissance de la Macierz Szkolna. On peut y voir Son Excellence, Mr l’Ambassadeur de Pologne en Belgique, Mr Artur Orzechowski, Madame la Consul Agnieszka Paciorek, ainsi que des représentants du parlement polonais, des chancelleries du Sénat et de la Présidence Polonaises qui ont fait le déplacement pour honorer le travail et la mémoire de ceux qui reposent ici. Messieurs Patrick Lecerf, député- Bourgmestre d’Hamoir et Michel Legros, Bourgmestre faisant fonction étaient évidemment présents.
Vous en connaissez, vous, d’autres petits cimetières non militaires qui sont capables de drainer pareille concentration de VIP ?
Décidément, Comblain-la-Tour n’est pas un village comme les autres …
D’ailleurs, vous en connaissez, vous, d’autres petits villages dans lesquelles on aurait séjourné quelques jours … il y a 40 ans … et qui nous auraient marqués à ce point qu’on se les remémore toujours 40 ans plus tard ?
17/12/2018 – JP Dz










Voici quelques photos du KSMP Centre « Orlęta » de Ressaix. Avant d’évoquer ce sympathique ensemble folklorique, permettez-moi d’ouvrir une petite parenthèse personnelle. Ne soyez pas surpris de voir votre serviteur danser tantôt avec le KSMP de Mons et, à d’autres moments, avec le KSMP de Ressaix … c’est normal. Et je ne suis pas un cas unique, loin de là. Les « transferts » entre KSMP ont toujours existé … pour différentes raisons.
Pour ma part, quand j’ai frappé à la porte du KSMP de Ressaix, dans les premiers jours de 1978, ce n’était pas pour demander l’asile politique. Je n’étais menacé par personne. Je ne craignais pas pour mon intégrité physique. Seulement, après 10 ans de bons et loyaux servir au KSMP de Mons – dont quatre et demi comme président – l’heure était venue pour moi de fonder famille. C’est donc l’asile « sentimental » que j’ai demandé à Ressaix. Mon transfert n’a fait l’objet d’aucune transaction ; il faut dire que les danseurs sont beaucoup moins cotés que les joueurs de football !
Mon implication à Ressaix s’est poursuivie de janvier 1978 à octobre 1981. Et finalement, Eveline – qui a toujours été une membre très active, et même présidente pendant 3 ans – et moi avons quitté ce groupe fin 81.
Mais, dès le début de 1982, nous nous sommes rendu compte que l’ambiance des KSMP nous manquait terriblement. L’envie de danser était plus forte que tout. C’est comme ça que nous sommes revenus vers la région de Mons et rejoint le KSMP local. Pendant un an, nous avons retrouvé ce plaisir indicible d’être sur scène avec des amis. Fin 1982, nos obligations professionnelles nous ont obligés à quitter définitivement l’ambiance joyeuse des KSMP. Et voilà 36 ans que nous sommes … « en manque ».
Mais revenons au KSMP Orlęta. La première chose qui m’a touché quand j’ai débarqué à Ressaix : c’est l’accueil et la simplicité. Je connaissais déjà un peu tout le monde, mais sans vraiment connaître personne. Pourtant, spontanément, les jeunes du KSMP m’ont … « adopté ». Plus tard, j’ai compris que je n’étais pas une exception. A Ressaix, la convivialité, c’était une seconde nature, et les portes ouvertes, ce n’était pas seulement une métaphore … les portes étaient vraiment ouvertes. Et j’ai découvert là des personnalités très attachantes. Toutes méritent d’être mises en lumière … je vais commencer par trois d’entre elles :
Tout d’abord, Danielle Perzyna ( sur les photos 1.492, 1.494, 1.495, 1.500 et 1.501 ) … voilà bien quelqu’un qui mérite toute notre admiration, et pas seulement parce que sa personnalité, timide et effacée, ne lui a pas suffisamment permis de briller comme elle le méritait. C’est sa gentillesse qui éclatait dès qu’elle se mettait à sourire. Sa joie de vivre était communicative. Mais là où elle était extraordinaire, c’est en dansant.
Danielle est « malentendante ». La musique est sans doute pour elle un mystère. Tout ce qui permet aux autres de suivre le rythme, d’être synchronisés, lui est inconnu. Pourtant, elle danse avec une justesse inouïe. Pour avoir souvent dansé avec elle, je peux affirmer que ce fut, à chaque fois, un plaisir. Je ne comprends toujours pas son secret. J’imagine qu’elle arrive à capter les vibrations de son partenaire ?
J’ai envie aussi de parler de ces deux demoiselles ( photo 1.495 ) que nous avons vu débarquer pour la première fois lors d’une répétition. Elles nous ont expliqué qu’elles étaient italiennes et passionnées par la danse folklorique polonaise. Leur souhait … tout simplement intégrer le KSMP de Ressaix. Elles ne connaissaient personne. Elles voulaient juste danser. Cette démarche et cette spontanéité nous ont touchés.
Aujourd’hui, je suis désolé d’avoir oublié leurs noms. Par contre, Je n’ai pas oublié le plaisir que j’ai ressenti à leur apprendre à danser. Elles ont fait un bout de chemin avec nous. Ce fut un bout de chemin très agréable.
Ces exemples, à eux seuls, illustrent parfaitement le formidable pouvoir d’attraction et l’irrésistible envie de participer que le folklore polonais projette. Nous avons eu le privilège de tomber dedans dès notre enfance.
Nous avons eu la chance d’avoir des parents qui nous ont poussés dans cette direction et un environnement culturel qui était déjà organisé et qui n’attendait que nous pour poursuivre son but. Tout ceci explique que nous soyons, encore aujourd’hui, aussi nostalgiques de cette période.
10/12/2018 – JP Dz










