0128 – Les russes blancs

Cette année-là, les russes ont envahi Comblain … heureusement … c’étaient des russes blancs et leurs intentions étaient toutes cordiales ! Si vous voulez connaître tous les détails de cette rencontre peu banale, adressez-vous à Georges Załobek. Il est intarissable sur le sujet. Il faut dire qu’il est un des héros de l’aventure.

C’était en 1979 ; Ks ??? ( Georges a oublié le nom de ce curé … ; de cette année-là, il a surtout retenu « autre chose » ) donc, Ks ??? avait entraîné derrière lui quelques garçons de la colonie pour aller saluer un groupe de scouts russes qui avaient installé leur campement dans les forêts de Mirwart à Saint-Hubert. Parmi ces garçons, il y avait Georges, qui venait de terminer son service militaire et qui en profitait pour encore un peu retrouver la douceur de Comblain.

La rencontre entre les polonais et les russes s’est très bien déroulée. Le courant est si bien passé ( et … même un peu plus ) que, ce n’est pas si fréquent, ils ont même eu envie de se revoir. Il faut dire que Katia était si belle, et Georges si fringant. Déjà, ces deux-là, avaient échangé quelques mots, quelques émotions, quelques regards complices et … même un peu plus.

C’est ainsi, qu’un matin, un groupe assez important de scouts est arrivé à Comblain sous l’autorité de Michel Volodimirof et Katia. Après les présentations d’usage, le protocole a vite fait place à une ambiance particulièrement sympathique. Ensemble ( la colonie et les visiteurs ), ils ont levé les couleurs et salué ainsi une journée qui s’annonçait sous les meilleurs auspices. Ensuite, place aux activités qui avaient été programmées pour cette rencontre ; direction les bois autour des Stepennes et jeu de chasse au drapeau. Quelques photos de cette équipée ont déjà fait l’objet des articles n° 71 et 72.

Katia et Georges se sont particulièrement investis pour que cette journée soit une réussite. Ils n’ont pas hésité à mouiller leur chemise pour faire gagner leur équipe. C’est d’ailleurs Georges ( avec l’aide de quelques autres ) qui a retrouvé le fameux drapeau et ainsi remporté le match. Mais entre-temps, les péripéties en tous genres se sont succedé. Il a fallu courir, se cacher, plonger jusque dans les ronces et j’en passe et des meilleures. N’hésitez pas à demander à Georges qu’il vous raconte lui-même cette aventure et surtout regardez comment ses yeux brilleront quand il vous racontera l’épisode du plongeon dans les ronces … sans doute un de ses meilleurs souvenirs de Comblain … parce que lui … il avait un pantalon … mais Katia était en jupe. Et donc, après cet épisode épique, il a « été obligé » de soigner Katia, au mercurochrome, sur presque l’entièreté de ses jambes qui n’en finissaient pas. On pourrait  dire que  Georges « a vu rouge » en quelque sorte, avec tout ce mercurochrome, car ils en ont profité pour partager leur slavitude et … même un peu plus.

L’histoire du monde  aurait été tellement plus simple et les murs seraient tombés combien plus tôt, si le destin des hommes avait pu se régler lors de colonies de vacances plutôt que lors réunions internationales au sommet.

L’histoire ne s’est cependant pas arrêtée là. Michel Volodimirof et Katia sont revenus participer à un ognisko à Comblain et inversement, quelques-uns de la colonie, ont assisté à un ognisko chez eux à Mirwart.

Même après les colonies, les rencontres se sont prolongées pendant un certain temps. Georges vous dira combien il était surpris et impressionné par le faste qui régnait pendant les bals russes, organisés à Bruxelles ; c’était presque des défilés de haute couture et des concours de bonnes manières, le tout dans un écrin grandiose.

Et Katia était encore plus belle dans cet environnement élégant et raffiné. Ces soirées ont permis de partager encore quelques bons moments, de créer des souvenirs heureux mais aussi de prolonger certains échanges dont la nature était certes, diplomatique mais également véritablement chaleureuse  et … même un peu plus.

Mais, comme lors de la signature de traités ou d’accords  entre dirigeants de grandes nations, les protagonistes gardent souvent pour eux, toute une part de l’histoire qui ne sera pas écrite et que le monde ne connaîtra pas … demandez à Georges, il vous livrera peut-être des éléments inédits intéressants et … même un peu plus.

24/07/2017 – Au clavier, JP Dz ; au violon, Georges Załobek

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0842 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Michel Volodimirof ; Katia Koutcharoff ; … ; ( ? ).
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0843 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Michel Volodimirof ; Katia Koutcharoff ; Ks Kurzawa ; Georges Załobek ; … ; ( ? ).
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0844 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Michel Volodimirof ; Katia Koutcharoff ; … ; Mr Paterka de dos ; … ; ( ? ).
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0845 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : … ; Mme Bardo ; … ; Ksiadz Czesław Kiek ; Mr Paterka ; Michel Volodimirof ; Ks Kurzawa.
0846_1979
0846 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Nadia Sélezneff ; … ; Freddy Motała ; Richard Chwoszcz ; Michel Pająk ; Georges Załobek.
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0847 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Nadia Sélezneff ; … ; Freddy Motała ; Richard Chwoszcz ; Michel Pająk ; Georges Załobek.

 

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0121 – 1980 … une météo exécrable

Piotr Rozenski nous a déjà évoqué, et avec combien d’émotion, cette fameuse année 1980, où la météo avait décidé de perturber les vacances à Comblain. La pluie quasi-permanente avait fini par faire déborder l’Ourthe. L’évacuation du centre s’est avérée indispensable … au grand dam des enfants et des moniteurs.

Mais cette météo exécrable avait déjà commencé plus tôt ; elle s’était déjà invitée à la fête du printemps pour jouer les « troubles fêtes ». Dans l’article du Narodowiec ci-dessous – qui date du 02/10/1980 – Mr Rzemieniewski, à son tour, nous rappelle cette « annus horribilis».

Narodowiec  du 02/10/1980  –  Nouvelles de Belgique

( traduit pour les Anciens de Comblain par André  Karasiński )

 QUOI DE NEUF AU CENTRE DE VACANCES DU COMITÉ DES ÉCOLES À COMBLAIN-LA-TOUR ?

 Les vacances sont derrière nous. A cette occasion, en ayant à l’esprit des vacances dans un environnement polonais, consacrons quelques lignes à une institution de Belgique : le Centre du Comité des écoles à Comblain-la-Tour. La saison s’est ouverte comme tous les ans par la « Fête du printemps » qui se déroule toujours le dernier dimanche de juin.

Cette année, le beau temps ne fut pas de la partie, il a plu presque toute la journée, mais cela n’a pas eu d’influence particulière sur le nombre de participants. Ce fait doit être souligné car la majorité des gens viennent de loin et s’ils le font malgré les mauvaises conditions climatiques, cela prouve que les Polonais de Belgique sont attachés au Centre de Comblain-la-Tour, qu’ils le considèrent comme le leur, qu’ils s’empressent de lui venir en aide dans la mesure de leurs moyens, convaincus que cette aide n’est pas dilapidée.
Comme habituellement, la messe a été célébrée par le recteur le père  H. Repka qui a également prononcé l’homélie. Le père Szymurski a animé les chants avec l’aide d’un groupe de membres de la chorale du KSMP de Liège.

Après le dîner, accueil des hôtes au nom du bureau du Comité des écoles par J. Rzemieniewski.

L’après-midi dansante s’est poursuivie tard dans la soirée.

Pour la première fois, les organisateurs ont été confrontés à une déconvenue. Le groupe de jeunes qui devait animer la partie artistique de la journée a brillé par son absence. A qui la faute ? Il semblerait qu’elle ne soit pas du côté du groupe.

Aucune déception toutefois de la part de ceux qui depuis tant d’années prennent en charge l’organisation de cette journée, en cuisine, dans les différents bars, etc … Ils sont nombreux, difficile de tous les nommer mais il faut exprimer à tous notre gratitude. Gros succès également de la tombola dont s’occupe depuis des années Madame M. Wilczek. Les « professionnels » dans ce domaine savent combien il est compliqué de récolter près de 1.000 lots gratuits ; c’est pourtant ce qu’a réussi à faire Madame Wilczek.

Les colonies de vacances :

Quelques jours après la fête du printemps – le mercredi 2 juillet – ont débuté les colonies de vacances. Elles accueillirent des enfants de Belgique et des Pays-Bas mais très peu de la République fédérale d’Allemagne. Plus tard et dans un autre contexte il faudra éclaircir ce fait. Soulignons simplement que cette situation n’est pas due au manque de candidats à des vacances à Comblain.

 Cette année, le soleil fit défaut en juillet. Difficile de partir pour de longues balades. En grande partie, les activités furent organisées au Centre ce qui a impliqué des obligations supplémentaires pour l’équipe éducative. A la place du feu de camp dans le parc, on organisa des veillées à l’intérieur du bâtiment. Diverses activités furent proposées ; concours de décoration des chambres, chants, bricolage, jeux d’intérieur, etc … Deux excursions en autocar furent également organisées.

 Les pluies continuelles, nous étions heureusement pratiquement à la fin des colonies, finirent par faire sortir de son lit l’Ourthe qui longe tout notre parc. Parc sous eau, caves inondées, il a fallu évacuer les enfants.

Les pompiers de la commune Hamoir – Comblain-la-Tour nous sont venus en aide ainsi que les habitants de Comblain-la-Tour avec leur curé en tête. La plupart des enfants furent emmenés à Liège où ils furent pris en charge par le père Szymurski. Il n’y eu aucune victime. Les parents sont arrivés et les enfants sont rentrés sains et saufs à la maison.

 Pour la première fois, la direction de la colonie fut confiée au père Sztylka assisté de Monsieur Z. Bardo au secrétariat avec Madame T. Kruzel-Szmytka à l’infirmerie. Monsieur St. Paterka s’est chargé de l’approvisionnement et Madame A. Bardo a géré la petite boutique. Bien secondée par Mesdames Duś Wł. et Jakubiak M., Madame Kołodziej M. s’est chargée de la préparation de repas appropriés pour les enfants.

L’entretien des locaux a été pris en charge par Mesdames Miller E., Kucharek A. et IngrytaMonsieur Makarow A. a veillé au bon état du parc tout en apportant spontanément son aide partout où elle était nécessaire. Madame Hilberding H. a animé le groupe de 12 enfants venus des Pays-Bas. Il ne faut pas oublier Madame K. Stefański qui est venue tous les week-ends préparer de délicieux beignets ( pączki ) aux enfants.

 Vacances pour les retraités

Quelques jours après le départ des enfants, Comblain-la-Tour a accueilli pour la septième fois d’affilée d’autres vacanciers : majoritairement les grands-parents des enfants. Ils doivent se plaire ici puisque leur nombre ne cesse d’augmenter. Cette année ils étaient plus de cinquante ce qui a posé quelques difficultés d’hébergement.

C’est le Club des anciens scouts qui organise le séjour des retraités.

 Contrairement à juillet, le mois d’août a été très ensoleillé. Ambiance et bonne humeur ont donc régné en maîtres parmi les retraités profitant de ces vacances reposantes à Comblain-la-Tour.

Promenades, jeux de cartes, partage de souvenirs, discussions politiques étaient au programme. Chaque soir, ils se réunissaient devant la petite chapelle du parc pour la prière commune ; petite chapelle toujours fleurie des soins des membres présentes des Dames du Rosaire.

 Tous, ici, ne forment en quelque sorte qu’une seule famille et l’on pense donc à fêter tous les anniversaires.

Cette année,  les époux Zmyślony de Liège fêtaient leurs noces d’or. Ils les ont célébrées dans leur commune mais à Comblain-la-Tour on y a pensé également : réfectoire décoré, menu spécial, cadeaux nombreux. Deux ans auparavant, les époux Zmyślony ont joué, ici même, le rôle des parents des époux Pisera de Houthalen à l’occasion de leurs noces. Cette fois, ce sont les époux Pisera qui étaient les enfants adoptifs des époux Zmyślony et Monsieur Pisera a donc prononcé le discours de circonstance. On a également chanté une chanson spécialement écrite pour l’occasion par L. Czak. La soirée s’est terminée par des danses au son de l’accordéon du docteur Kowalski de Liège mais originaire de Retinne.

Les six dames prénommées Marie présentes cette année, ont été fêtées le 15 août : Sto lat, fleurs et vœux. L’anniversaire du « Miracle sur la Vistule » ( Cud nad Wisłą ) n’a pas été oublié. Pour le feu de camp allumé par le docteur E. Pomorski, un des participants à la guerre polono-soviétique, un programme spécial a été préparé. Chaque dimanche, la messe a été célébrée par le père Pielorz.

Les retraités ont pu assister, sur place, à une soirée de chants et de danses interprétés par le groupe de jeunes Wisła de Winterslag. Une excursion au Luxembourg a également été organisée. Chaque dimanche nos retraités recevaient la visite de leurs enfants et petits-enfants : bonne ambiance toujours au rendez-vous.

 Ce séjour agréable de deux semaines on le doit aux organisateurs qui ont travaillé sans relâche aux cuisines et ailleurs. Ils savent toujours créer une atmosphère agréable.

Un des participants, Monsieur Leon Czak, leur a donc dédié une chanson qui commence par ces mots : les vacances se terminent, nous vous disons au revoir, merci aux cuisinières qui nous ont régalés, qui réagissaient immédiatement si quelque chose manquait …

Et bien évidemment, beaucoup de participants se sont donné rendez-vous l’année prochaine. Puisse Dieu, dans sa miséricorde, y consentir !

 Weekend scout :

Traditionnellement, le weekend scout, ou plus exactement celui des anciens scouts car organisé par leur Cercle pour ses membres et leurs amis, clôt la saison d’été de Comblain-la-Tour. Ce rendez-vous connaît un succès croissant. L’ambiance polonaise de Comblain-la-Tour a le don d’attirer les gens. Chaque nouvel arrivant regrette généralement de ne pas être venu plus tôt.

Cette année le weekend avait attiré 250 personnes. Ce fut un fameux casse-tête pour les organisateurs d’installer confortablement tous les participants pour les repas.

La rencontre a eu lieu cette année les 13 et 14 septembre et a débuté par une messe célébrée par le père K. Szymurski qui a également prononcé l’homélie. La petite église paroissiale a accueilli avec peine tous les participants. Les jeunes étaient présents en nombre et leurs chants magnifiques ont suscité des commentaires élogieux.

 Après la messe et le souper qui s’ensuivit, tous ont pris part au feu de camp dont le programme a été combiné avec la célébration du 50-ème anniversaire de la troupe scoute de Péronnes-lez-Binche, créée, notamment, par J. Stefański le président du Cercle des anciens scouts. Le feu a été allumé au moyen d’une torche confectionnée spécialement pour cette occasion par L. Czak.

 Le programme varié du feu de camp s’est achevé par le chant « La nuit tombe » ( Idzie noc ). Les participants se sont ensuite à nouveau réuni dans le réfectoire où ils ont dansé jusqu’aux premières heures du jour, au son de l’orchestre de Monsieur Bień. Et pourtant il a fallu se lever tôt, particulièrement ceux qui, nombreux, devaient prendre part aux épreuves sportives.

Au pentathlon, la victoire est revenue à Czerwiec avec 1.824 pts, vainqueur également du saut en longueur avec un bond de 5,37 m. La deuxième place est revenue à Chwoszcz avec 1.662 pts et des victoires individuelles au lancer du javelot ( 37,27 m ) et du poids ( 9,30 m ). Troisième place pour A. Samygin qui a totalisé 1.516 pts et a dominé le 400 m en 58″1. Suivent au classement : Lipowski, Popoff, Berken, Podobieszach, Drewinsky, Samygin, Żałobek, Brych, Zapałowski.

Parmi tous ces jeunes concurrents se trouvaient, comme vous avez pu le constater à la lecture des noms, des scouts russes membres d’une troupe bruxelloise.

Les aînés se sont affrontés à la pétanque. Les vainqueurs furent Żałobek A. et Mauze J-P ainsi que Kubacki St. Et Merta M.

 Les prix ont été remis aux vainqueurs par Karpiński, l’organisateur des jeux. Le weekend a été une réussite et une mention spéciale doit être décernée aux jeunes qui furent très nombreux à y participer.

Une dernière remarque s’impose. Le Club des anciens scouts, qui organise à Comblain-la-Tour toutes ses activités, paie au Comité des écoles pour la location du Centre de vacances le même montant que toutes les autres organisations ou les personnes privées qui utilisent les installations du Centre à l’une ou l’autre occasion. Avec cette différence cependant : les scouts affectent plus de la moitié de leurs bénéfices à l’entretien du Centre. Tout commentaire est inutile.

                                                                                                           ( j. n. ) 1

1 Józef Rzemieniewski

 Un tout grand merci à André  Karasiński pour la traduction.

0787_1980_10_02
0787 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Météo exécrable et débordement de l’Ourthe : Extrait n° 1 du Narodowiec du 02/10/1980.
0788_1980_10_02
0788 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Météo exécrable et débordement de l’Ourthe : Extrait n° 2 du Narodowiec du 02/10/1980.
0789_1980_10_02
0789 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Météo exécrable et débordement de l’Ourthe : Extrait n° 3 du Narodowiec du 02/10/1980.
0790
0790 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.
0791
0791 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.
0792
0792 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.
0793
0793 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.

 

0107 – Les Majówki

Nous vous invitons à nous rejoindre le week-end des 24 et 25 juin 2017 à Comblain-la-Tour pour fêter, comme chaque année, l’été. Cet évènement – qui trouve son origine dès 1962 et que nous appelions la « Majówka » – a toujours eu comme objectif premier de réunir la communauté polonaise de Belgique.

Ce rassemblement festif, outre sa vocation première, permettait, et c’est toujours le cas, d’aider le Centre à faire face aux dépenses liées au bon fonctionnement de l’institution. Comme le disait déjà, en 1970, Monsieur Józef Rzemieniewski : « Par leur présence, les participants aux fêtes du printemps veulent aider le Comité des écoles à exprimer leur confiance et leur reconnaissance à ceux sur qui repose la responsabilité de l’avenir du Centre ». L’intégralité de cet article du Narodowiec n° 161 du 10/07/1970 vous est livrée ci-dessous ( merci à André Karasinski pour la traduction ).

 Mais cette manifestation – qui s’appelle aujourd’hui « Powitanie lata » – permettait aussi à la communauté polonaise de montrer ce qu’elle avait de plus précieux : sa jeunesse. En 1970, c’est le KSMP de Charleroi qui était à l’honneur. D’autres années, c’était les KSMP de Liège, de Heusden-Zolder, du Centre ou de Mons qui envahissaient le chapiteau, dressé sur le terrain de volley-ball, pour galvaniser un public conquis d’avance.

Ceci prouve, une fois de plus, le lien étroit entre le Centre Millennium et l’ensemble de la communauté polonaise de Belgique. L’article ci-dessous se fait écho de cette synergie. Quant à nous, nous ne manquerons pas de rendre hommage aux KSMP, aux Scouts, aux anciens scouts, à Związek Polaków, à SPK, à tous les comités et à tous les bénévoles et sympathisants qui ont rendu cette aventure possible. MERCI à tous.

 13/03/2017 – JPDz

Narodowiec n° 161 du 10/07/1970 – Nouvelles de Belgique

 COMME LES ANNÉES PRÉCÉDENTES, LA « FÊTE DU PRINTEMPS » ORGANISÉE À COMBLAIN-LA-TOUR PAR LE COMITÉ DES ÉCOLES, A ATTIRÉ UN GRAND NOMBRE DE PARTICIPANTS.

 Depuis 9 ans déjà, le dernier dimanche de juin est la journée de rencontre des Polonais de Belgique au Centre de vacances de Comblain-la-Tour. Ils viennent nombreux et même le mauvais temps ne les en dissuade pas.

Il faisait nuageux ce dimanche 28 juin au matin et une forte pluie se mit même à tomber. Le doute commença à envahir les organisateurs. Le mauvais temps n’allait-il pas inciter un grand nombre à rester à la maison ? Et pourtant, dès 10 heures, les premières voitures arrivèrent.

Contrairement aux années précédentes, vu la météo, la messe ne se déroula pas à l’air libre mais sous un chapiteau. À 11 heures, à l’entame de la messe célébrée par le père K. Szymurski, l’immense tente était bien remplie. Le célébrant a également prononcé une homélie à la fin de laquelle il a demandé de prier pour la prospérité du Centre ainsi que pour ceux dont l’initiative audacieuse a permis l’existence et le développement du Centre.

La messe a été animée par les jeunes de Liège sous la direction de Monsieur Bień W. À la fin de la messe, tous les participants ont entonné le « Boże coś Polskę ».

Pause déjeuner.

 Après la messe c’est le déjeuner. C’est le temps des rencontres et des conversations ( chats ). Les gens continuent à arriver et le nombre d’un millier de visiteurs a été dépassé. On rencontre surtout des jeunes.
La cuisine, le bar, les buffets dans le parc tournent à plein rendement. Tout est bercé par de la musique polonaise, œuvre de Monsieur Ołownia. Durant la pause se déroule aussi un match de football entre l’équipe du KSMP de Liège renforcée et une formation belge qui s’impose 3-2. Monsieur J. Stefa
ński a pris en charge la partie technique de l’organisation de cette rencontre puisqu’il en fut un des initiateurs, soucieux de diversifier le programme de la journée.

 Spectacle donné par le KSMP de la région de Charleroi :

À partir de 14 heures, l’ensemble « Melodia Ojczysta » sous la direction de Franiu Klimanowicz interprète des morceaux qui invitent à la danse. À 15 heures, au nom du bureau du Comité des écoles, Józef Rzemieniewski souhaite la bienvenue à tous les participants. Il salue les Polonais de Belgique ainsi que leurs hôtes belges.
Il adresse des mots de remerciements chaleureux aux Polonais d’Allemagne, venus en nombre et pour la première fois, aux Polonais du Grand-Duché du Luxembourg qui participent pour la seconde fois avec à leur tête leur pasteur, le père Adamczyk et les membres des bureaux de leurs organisations. Il convient aussi de mentionner tous ceux qui ont pris en charge l’organisation des autobus : Związek Polaków de la région de Mons et de Heusden, SPK ( Association des anciens combattants ), les prêtres de la région de Charleroi, les organisations catholiques des régions du Centre et de Liège. Il faut leur exprimer beaucoup de gratitude car c’est aussi grâce à leur dévouement que le parc se remplit chaque année lors de la « Fête du printemps ».

Ensuite, Monsieur Rzemieniewski a présenté le groupe artistique de la jeunesse KSMP de la région de Charleroi qui, par ses chants et danses, a animé cette journée. C’est un des ensembles les plus jeunes de Belgique mais plein de bonne volonté et de dynamisme. Il faut excuser les défauts et récompenser la persévérance et le souci constant du groupe d’atteindre un niveau de performance plus élevé. La chorale est dirigée par Monsieur Adamowicz. La présentation des différents numéros du programme et l’animation du public furent l’œuvre de Monsieur J. Soblanka. Le public a remercié le groupe par de chaleureux applaudissements. C’est leur interprétation de la Polonaise qui a particulièrement enchanté l’assistance.

 Le père L. Lewandowski était très content. Quant à madame Henryka Matecka, elle était particulièrement satisfaite puisque c’est elle qui enseigne les danses à ces jeunes. En fait, elle se dévoue à eux corps et âme. Elle ne peut rien leur refuser. Jamais elle ne leur dira : « Je n’ai pas le temps » !

Le programme artistique a été complété par la prestation d’Urszula Szyndalik et de son frère Tadeusz, d’Anvers, qui ont récité des poèmes dans un polonais parfait.

Ensuite, place à nouveau à la musique et à la dance jusque tard dans la soirée. Car il semble qu’on ait du mal à quitter Comblain.

 Quelques remarques additionnelles :

En marge de cette fête, quelques remarques plus générales.

Bien que les organisateurs fassent tout pour que règne toujours une ambiance particulièrement chaleureuse, la majorité des participants ne viennent pas seulement pour s’amuser. Ils viennent avant tout pour « joindre l’utile à l’agréable ». Ils peuvent constater à chaque fois qu’aucun des sous qu’ils dépensent n’est gaspillé puisque le Centre de vacances du Comité des écoles s’embellit d’année en année. Par leur présence, les participants aux fêtes du printemps veulent aider le Comité des écoles à exprimer leur confiance et leur reconnaissance à ceux sur qui repose la responsabilité de l’avenir du Centre.

Il suffit d’un simple appel pour que viennent aussitôt en aide au Comité des écoles les organisations comme les personnes privées. Cette année, en un seul mois, sans efforts particuliers, le Comité a reçu en prêt la somme de 150.000 francs. Car chacun est convaincu que l’argent ne disparaît pas mais qu’il est utilisé utilement.

Tous ceux qui, des semaines, des mois durant, travaillent bénévolement au Centre de Comblain-la-Tour permettent au Comité des écoles d’épargner des milliers de francs. Et ce qui est le plus réjouissant, c’est que de plus en plus de jeunes proposent leur aide, convaincus que c’est leur Centre.

Revenons à la dernière « Fête du printemps ». Beaucoup de gens ont travaillé à sa préparation ( remise en ordre et préparation du bâtiment, etc ) et durant son déroulement : les familles Bujanowski, Bardo, Chmielecki, Matusiewicz, Soltysik, sans parler de ceux que l’on voit toujours à Comblain. La famille entière a mis la main à la pâte : parents, enfants adolescents, enfants adultes. De jeunes garçons de Heusden se sont occupés du bar. Il faut leur exprimer beaucoup de gratitude aussi bien à tous ceux qui ont été nommés dans cet article qu’à tous ceux qui n’y ont pas été expressément nommés.

Mais il ne s’agit pas seulement de cela. Il faut souligner avant tout que, nonobstant les jérémiades des pessimistes, il existe des gens sur lesquels on peut s’appuyer pour construire une vie polonaise en exil.

Une chose cependant est importante : ne pas les traiter comme des pions passifs et inconscients. Il faut tout faire, au contraire, pour qu’ils ne soient pas que des exécutants mais des coauteurs dans la mise en place des programmes.

Depuis toujours ceci est une préoccupation du bureau du Comité des écoles qui mène une gestion ouverte, en intégrant des personnes de bonne volonté lorsque des décisions importantes sont prises.

                                                                                                           ( j. n. ) 1

 1 Józef Rzemieniewski

 André Karasinski pour la traduction.

0699_1970_07_10
0699 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1970 : Majówka. Narodowiec du 10/07/1970.
0700_1970_07_10
0700 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1970 : Majówka. Narodowiec du 10/07/1970.
0701_1970_07_10
0701 COMBLAIN-LA-TOUR – 1970 : Majówka. Narodowiec du 10/07/1970.
0702_KSMP_Charleroi
0702 : KSMP de Charleroi : ( ? ) ; … ; Lodia Baum ; ( ? ) ; Ks Lewandowski.
0703_KSMP_Charleroi
0703 : KSMP de Charleroi : Christine Piech ; Dorotka Druszcz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ….
0704_(0038)_KSMP_Charleroi
0704 : KSMP de Charleroi : Karine Kotarzewski ; Malek Stanisław ; Kantyka Anne-Marie ; Annick Majchrowski ; Cathy Cieslik ; Christine Piech ; Dorotka Druszcz. ( déjà publiée sous le n° 38 ).

 

0050 – Les inondations de 1980

Par Piotr Rozenski :

On associe les colonies de Comblain au beau temps. Qui ne se souvient pas des étés ensoleillés, voire arides de 1976, 1977… De l’Ourthe il ne restait que des galets, on la traversait à pied… sans se mouiller.

Les batailles d’eau allaient bon train. Pan Jan a dû s’arracher les cheveux ou s’étouffer en recevant les factures.

En revanche, le mois de juillet 1980 était franchement pourri. Il ne faisait que pleuvoir, du matin au soir.

La seule chose qui changeait, c’était l’intensité : bruine, crachin, averse, orage… mais le plus souvent, il pleuvait tout simplement des cordes.

C’était l’année 2 du nouveau directeur, Ks. Ryszard Nouveau directeur, nouveau style. Il avait décidé de rebaptiser tous les moniteurs, sa créativité n’avait pas de bornes. Heniu Zapalowski s’est vu attribuer le sobriquet « Boris », ma sœur Elisabeth était devenue « Gina », Eddy Kaminski s’appelait dorénavant « Colonel »… Chacun pourra compléter la liste. Quant à moi, il s’est imaginé « Christophe ». Au début, on ne comprenait pas trop, voire, cela nous agaçait. Alors, le père Ryszard prenait le soin de nous expliquer que les noms n’étaient pas choisis par hasard, qu’il suffisait de déchiffrer l’étymologie…

Christophe vient du grec « Christo-phore » : celui qui porte l’enfant divin. Petit à petit on s’est laissé prendre au jeu et on a fini par s’apostropher mutuellement par les nouveaux prénoms.

Alors, il pleuvait. La salle à manger et le local de ping-pong étaient devenus les derniers refuges, ils ne désemplissaient pas. Le match de foot ( voir photo 158 ) s’est transformé en bataille de boue, on s’enfonçait dans le terrain jusqu’aux chevilles. Les vêtements n’arrivaient plus à sécher et après quelques jours les chambres commençaient à sentir l’humidité, puis la moisissure. Je vous laisse imaginer la situation en semaine 3.

Après le cinquantième match de ping-pong et la centième partie d’échecs, on ne tenait plus en place.

La promiscuité commençait à peser et le lendemain on a décidé de partir… pour Aywaille… sous la pluie ( avec Heniu, on avait réussi à dénicher des cartes topographiques militaires. C’était pour nous l’occasion de découvrir de nouveaux sentiers dans les environs, restés inconnus jusque-là ). On a renouvelé encore deux fois l’exploit, à chaque fois le groupe gonflait. Les filles ont fini par nous accompagner.

Mais ce qui gonflait, c’était surtout l’Ourthe, à vue d’œil. Plus personne ne tentait de traverser la rivière à pied, on faisait sagement le détour par le pont.

Puis est arrivé le jour fatidique. À l’aube on s’est fait réveiller par des pompiers. En descendant on s’est vite aperçu qu’ils ne rigolaient pas. La rivière était sortie de son lit ( elle aussi ! ) et l’eau arrivait au seuil de la porte du bâtiment des garçons. Les moniteurs ont réuni tout le monde dans le réfectoire pour un dernier déjeuner que Mr. Bardo et les femmes de cuisine avaient concocté avec les moyens du bord, car le boulanger n’avait pu livrer le pain.

On a mangé en silence, à moitié endormis, quand quelqu’un a remarqué qu’on n’avait pas commencé la journée comme d’habitude, par l’appel, et qu’on avait oublié de hisser le drapeau. Ce qui n’était sans doute pas arrivé depuis le début des colonies ! Il y avait une bonne raison à cela : le terrain de volley était complètement inondé. Deux héros  – Ryszard Chwoszcz et Freddy Motala ( ? ) – se sont portés volontaires et, sous les encouragements des enfants, ils ont traversé le terrain jusqu’au mât, tenant le drapeau au-dessus de la tête. L’eau montait jusqu’à la poitrine.

Le déjeuner à peine terminé, les pompiers nous ont conseillé de quitter les lieux au plus vite possible. De tous les côtés le bâtiment était entouré d’eau, les rues du village s’étaient transformées en lacs. La seule issue vers la gare menait par le talus du train. Encore fallait-il y accéder. Pas le temps de tergiverser. Les moniteurs ont attrapé les enfants et les ont portés, un à un, sur leur dos jusqu’au chemin de fer, en traversant l’eau.

C’est à cet instant même que j’ai compris toute la signification du sobriquet que le père Ryszard m’avait réservé…

Une fois les enfants sains et saufs – une centaine en tout – c’était le tour aux… monitrices d’être évacuées. J’avais bien l’impression que les moniteurs ne sentaient plus la fatigue en les portant dans leurs bras…

La colonne s’est dirigée vers la gare en suivant les rails. Bizarrement, tout cela n’avait rien d’une débandade ou d’un mouvement de panique. Tout se déroulait dans une ambiance bon enfant ( c’est le cas de le dire ), d’aucuns avaient même entonné des chansons. C’est cela sans doute l’insouciance de la jeunesse.

Je n’ai pas eu le temps de me changer, je suis monté dans le train, le pantalon, les chaussettes et les baskets mouillés. Le temps d’arriver chez moi, ils ont eu le temps de sécher mais sentaient toujours l’Ourthe.

Le pire, c’est qu’on n’a pas vraiment eu le temps, comme à l’accoutumée, de se préparer en douceur à l’au revoir, de consoler les filles sur le quai de la gare, de chanter une dernière chanson. On a juste pris la décision qu’on ne se laisserait pas voler si facilement ces derniers jours ensemble et on s’est donné rendez-vous quelques jours plus tard à Tertre et Hensies : ma sœur Elisabeth, Michel Lagocki, Michel Konarski, Freddy Motala et d’autres dont je ne me souviens plus les noms.

Aussi étrange que cela puisse paraître, il faisait beau et chaud. L’eau commençait à nous manquer. En visitant le château de Beloeil, on s’est payé un tour de barque sur le lac. Le temps était idéal pour sillonner les champs à vélo.

Je me rappelle qu’on voyait constamment de loin l’espèce d’œuvre d’art plantée au poste frontalier d’Hensies. Freddy m’a expliqué que c’étaient en fait deux mains qui se serrent, que c’était le symbole de l’amitié.

Aujourd’hui, il m’arrive de temps à autre de passer la frontière à Hensies, en voiture. Et à chaque fois, en voyant ce monument, un sourire apparaît sur mes lèvres.

29/02/2016 – Piotr Rozenski

PS : Dans un premier temps, nous avions pensé que cet épisode s’était produit en 1981. Des faits récemment redécouverts nous amènent à la conclusion qu’il s’agissait bien de 1980. Désolé pour cette confusion.

JP Dz – 20/05/2017

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0263 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Parc.
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0264 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
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0265 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
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0266 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Place du Wez.
0267_Place_du_Wez
0267 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Place du Wez.
0268_Rue_des_Ecoles
0268 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue des Ecoles.
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0269 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Place du Wez.
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0270 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
0271_Rue_du_Vicinal
0271 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
0272_Rue_du_Vicinal
0272 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
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0273 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
0274_Rue_du_Vicinal
0274 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations : Rue du Vicinal.
0275
0275 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Les inondations.