Imaginez l’effervescence … 1.280 personnes qui débarquent à Comblain-la-Tour, qui s’installent dans des camps et des infrastructures disséminées un peu partout dans le village … 1.280 personnes qu’il faut nourrir, désaltérer, guider … 1.280 personnes qui se retrouvent, le soir venu, autour d’un feu de camp … 1.280 personnes qui parlent, qui chantent en polonais, qui s’amusent, qui visitent, qui se promènent, qui achètent des souvenirs.
À ce moment précis, il y avait là, dans le village, plus de polonais que d’autochtones, plus de vacanciers que de résidents. Quant à la moyenne d’âge … elle a, tout d’un coup, fait une extraordinaire cure de jouvence … C’est la langue polonaise qu’on entendait le plus dans toutes les rues … c’est l’uniforme des scouts qui était devenu la référence … c’est leur mode de fonctionnement qui était devenu la norme … et le village tout entier s’était mis à l’heure du Jamborée.
C’était en 1982. Cet événement, à Comblain, est resté unique et a laissé, à tous les participants, le souvenir d’une incroyable exaltation. Pour les comblinois aussi, ces quelques jours resteront gravés dans leur mémoire. Aujourd’hui encore, on en parle comme d’un évènement extraordinaire. Des habitants de Comblain-la-Tour m’ont interpellé récemment pour me demander d’évoquer et d’expliquer, à tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y être, cette rencontre unique.
Personnellement, j’ai raté ce rendez-vous et je le regrette bien. Heureusement, un certain nombre d’Anciens de Comblain étaient présents. L’enthousiasme avec lequel ils en parlent fait naître, rétrospectivement bien des regrets. Je voudrais remercier plus particulièrement Elizabeth et Piotr Rozenski qui, non seulement ont fourni tous les documents et infos concernant le Jamborée, mais m’ont transmis le virus. Voici comment Piotr me l’a présenté :
« Il n’y a eu qu’UN seul jamborée à Comblain. C’était en 1982, il s’est tenu après nos colonies, du 29 juillet au 11 août plus précisément. Il s’agissait d’une réunion mondiale des scouts polonais ( zlot harcerski ), c’est-à-dire issus de la Polonia ( les polonais vivant hors de Pologne ), avec des participants du monde entier, des États-Unis, du Canada, d’Australie, du Royaume-Uni, etc … Ce genre de jamborées étaient organisés tous les 6 ans seulement. Celui de Comblain-la-Tour était le 3e après Monte Cassino, en 1969 et le Canada en 1976 et avant les US en 1988 et le Royaume-Uni en 1994.
On a du mal à imaginer l’envergure de l’organisation et les contraintes de logistique ! Tout le village était mobilisé et impliqué. Les agriculteurs, par exemple, mettaient à disposition leurs champs, car tout le monde ( sauf les commandants … ) dormait sous tente. D’autres prêtaient leurs tracteurs et leurs équipements pour conduire, tous les matins, suffisamment d’eau à chaque lieu d’implantation. »
L’animateur principal, et celui qui a œuvré pour que le jamborée se tienne à Comblain, c’était Mieczysław Dulak ; mais il est loin d’être le seul à s’être investi … parmi les autres scouts belgo-polonais de la première heure, je citerai Mr JeanStefanski, le Monsieur à la petite moustache grise stylée. Il a écrit un ( ou plusieurs ? ) article pour la presse locale, en français et néerlandais. Je me souviens qu’il m’avait demandé de corriger son texte. J’ignore dans quels journaux les articles ont été publiés, peut-être La Meuse ?
Pour l’occasion a été reconstitué un groupe ( hufiec ) de scouts belges, uniquement des filles ( ! ) sous la direction de Stefania Lutwikowska et Irena Malek, et composé de filles venant d’un peu partout, mais surtout de Maasmechelen ; il y avait là, ma soeur Elisabeth, Cécile Danielewski, Monika, la fille de Stefka, Carine Malek, la fille d’Irena, Claudia … mais aussi les soeurs Osiadacz, Elzunia et Danusia, Joanna Skowron, Elisabeth Czuk, …
Je ne sais pas pourquoi les garçons n’ont pas formé de groupe. En revanche, nous, Ryszard Chwoszcz, Georges Zalobek, Heniu Zapalowski, moi, étions « réquisitionnés » pour la logistique, c’est-à-dire l’approvisionnement en eau potable notamment. Pour cette tâche, nous étions encadrés par Lutek Kurek. J’ai quelque part une photo de la citerne qu’on attelait à une vieille jeep Willy de la 2e Guerre Mondiale, qui après quelques jours était tombée en panne. Je me souviens aussi que Ryszard lui aussi, après quelques jours était « out », ayant reçu la citerne d’eau sur son pied. Mais bien entendu, on n’a pas pu s’empêcher d’intervenir dans l’organisation. Le soir, par exemple, on divertissait les commandants qui dormaient au château. Ça les amusait tellement que finalement, ils nous ont demandés, à nous les logisticiens, d’animer un ognisko devant un millier de participants, qui s’est tenu dans le parc du château Biron… Inutile d’ajouter qu’on a assuré !!! ».
Merci Piotr. Décidément … j’aurai vraiment voulu y être.
13/08/2018 – Piotr Rozenski et accessoirement JP Dz
Je n’ai pas pour habitude de trahir l’âge de nos sympathisants … et encore moins quand ce sont des dames ! Mais aujourd’hui, c’est un peu particulier car le 22 mai, c’est l’anniversaire de Marie.
Marie est, parmi tous les Anciens de Comblain, la figure la plus connue, la plus représentative et certainement, la plus respectée … Du haut de ses 69 ans, elle est le symbole de Comblain-la-Tour, son originalité, son patrimoine. Aussi, comment pourrions-nous résister et ne pas lui dédier un « Sto lat » ?
Rien d’étonnant du coup, si c’est sa photo qui a été la première à être publiée sur le blog des Anciens de Comblain ( voir photo n° 0 ).
Rien d’étonnant, si c’est elle qui a pris la parole, la première pour se réjouir de notre retour sur les lieux de notre enfance, voir : article_0001_du 21_06_2015.
Vous l’aurez deviné … il s’agit de Marie, la Vierge du Rocher de la Vierge …
Avant elle, le Rocher de la Vierge portait déjà ce nom. L’origine de cette appellation remonte très loin. Il faut savoir qu’en pénétrant sur le territoire de Comblain-la-Tour, l’Ourthe voyait sa largeur se réduire fortement. Coincée à gauche par le « Chirmont » et à droite par les « Tartines », la rivière manifestait sa mauvaise humeur par d’incroyables tourbillons aussi dangereux qu’inattendus. Les bateliers – les Oûtelîs – étaient conscients des risques que ces remous pouvaient engendrer. Pour se protéger, ils avaient installé sur le rocher une petite statue de la Vierge. C’est cette statue qui donnera son nom au rocher.
Bien plus tard, lors des travaux de construction du chemin de fer, il a bien fallu se résoudre à créer un passage pour le train. Une partie des « Tartines » a été sacrifiée pour permettre la pose des rails. Lors du dynamitage, la petite statue a disparu … nous étions en 1866.
Un Rocher de la Vierge sans Vierge, c’est plus que les Comblinois ne pouvaient supporter. Du coup, quand l’Abée Defossez s’est décidé à porter un projet de réinstallation d’une nouvelle vierge, l’adhésion a été totale. Dès 1937, des collectes furent organisées, chaque dimanche, dans le but d’ériger une nouvelle statue. Mais il a fallu encore attendre. C’est finalement sous l’impulsion de l’Abée Gielen que le projet a été finalisé.
Un plan fut établi, dès 1947, par Mr Omer Davin, architecte à Comblain-au-Pont, et l’emplacement le plus favorable fut repéré.
C’est le sculpteur parisien J. Martin qui réalisa la statue en marbre blanc d’Italie. Elle était haute de 2 mètres et coûtait à l’époque, rendue à Comblain-la-Tour, la somme de 26.500 francs.
Elle arriva sur place en mars 1949. Son installation sur le Rocher débuta le 20 avril … jusqu’au 25, c’est-à-dire du mercredi après Pâques au lundi suivant. C’est la firme Galère et Colin de Chanxhe qui se chargea de cette installation à environ 80 mètres au-dessus du niveau de la rivière. L’inauguration fut fixée au dimanche 22 mai 1949 dans la soirée.
La cérémonie débuta à 20 h, en l’église de Comblain-la-Tour ou la « cantate pour l’érection d’une statue de la Sainte Vierge » de Vidal fut exécutée par la chorale paroissiale en présence de 10 prêtres. La procession s’organisera ensuite vers le pré « Fontaine », au tournant de la route de Xhoris. Sur place, il y eut encore un sermon, par le doyen de Ferrières, la bénédiction, une nouvelle prestation de la chorale, soutenue par l’harmonium amené sur place et un splendide feu d’artifice.
Depuis … Notre Vierge du Rocher veille sur Comblain, sur ses habitants, sur le Centre Millennium et … sur nous.
Marie a plusieurs fêtes inscrites au calendrier : le 15 août, le Lundi de Pentecôte, le 8 septembre, le 22 août, … et j’en oublie très certainement.
Pour ma part, je propose d’ajouter le 22 mai à notre petit calendrier rien qu’à nous, enfin, au calendrier de tous ceux pour qui le nom de Comblain a eu une consonance particulière. Je propose que dorénavant chaque 22 mai, nous ayons une pensée émue pour cette Marie qui nous a protégés, souvent contre nous-même et notre propre impétuosité, qui nous a aidés à grimper, sans encombre, jusqu’à elle.
Et qui nous a appris qu’ensemble, on pouvait aller plus haut, très haut même et je pourrais ajouter aussi « très longtemps » !
21/05/2018 – JP Dz
Photo n° 0 : La Vierge de Comblain-la-Tour0203 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale.0207 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Pierre Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).0208 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge. : La Vierge et l’enfant. Cette photo a été prise par Jef Rozenski.1.224 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les Rochers.1.225 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rochers de la Vierge : Vue du sommet.1.226 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sous le rocher de la Vierge.1.227 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le rocher de la Vierge : Carte postale de 1913 … sans la Vierge.1.228 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Le rocher de la Vierge : Vue à partir du parc.1.229 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2017 : Le rocher de la Vierge : Vue à partir du pied du rocher.1.230 : COMBLAIN-LA-TOUR : Installation de la Vierge : Extrait des « Echos de Comblain » de 1949.
Piotr Rozenski nous a expliqué, avec beaucoup de romantisme, la crue de 1980 à Comblain ( article n° 50 : inondation_1980 ). Malheureusement, ce ne fut pas la seule année où l’Ourthe s’est amusée à perturber nos vacances.
Les photos en annexe illustrent un autre épisode des fureurs de la rivière … en 2002. Ce qui n’était d’ailleurs une surprise pour personne.
Si vous regardez le document 1.196 – extrait d’une carte « Application inondations » de la Région Wallonne – vous constaterez que la maison et le parc sont clairement en zone inondable, en rouge sur le document.
Ces prévisions sont nettement confirmées par les autres photos qui montrent que l’Ourthe « préfère » sortir. Elle est même sortie à plusieurs reprises … et ce ne fut pas sans conséquence.
Mr Paterka, qui avait remplacé Pan Jan comme concierge, s’était installé dans la petite maison au bord de la rivière. C’est lui qui a été, à chaque fois, la première victime des humeurs de l’Ourthe. Au bout de quelques inondations, il a fini par jeter l’éponge ( c’est le cas de le dire ) et déménager.
Savez-vous comment les gestionnaires actuels du Centre appellent, avec beaucoup d’humour, cette petite maison ? « La villa Mississippi ».
En 2002, une fois de plus, les pompiers d’Hamoir sont venus à la rescousse. Ils avaient amené avec eux matériel et embarcations pour évacuer tout le monde.
Comme vous pouvez le constater sur les images, cette évacuation s’est très bien passée. Il n’y a eu ni blessé, ni précipitation, ni panique … au contraire. Les enfants installés dans les barques donnent même l’impression de s’amuser comme des petits fous. Pour eux, c’était une animation comme une autre … peut-être même mieux réussie que les autres. Vive l’insouciance de l’enfance.
Les barques ont été poussées, par les pompiers, vers le fond du parc où l’eau était moins haute. La gentillesse des pompiers et leur professionnalisme n’ont laissé que de bons souvenirs aux « rescapés ».
J’en viens même à me dire … connaissant bien quelques-unes de mes contemporaines … qu’elles aussi auraient été candidates à se faire … « évacuer » par ces pompiers-là … J’imagine déjà la scène …
Les photos du parc sous eau datent du 13 février 2002. Il ne s’agissait donc pas des colonies de vacances de juillet / août, mais des vacances de carnaval. Ce qui est d’ailleurs attesté par les tenues chaudes que les enfants portent.
Dieu merci, une fois de plus, tout finira bien. Les enfants ont eu, cette année-là un épisode de plus à raconter à leurs parents.
30/04/2018 – JP Dz
1.196 : COMBLAIN-LA-TOUR : Inondations : Extrait de « l’Application inondations » de la Région wallonne. En rouge, les zones inondables.1.197 : COMBLAIN-LA-TOUR – 13/02/2002 : Inondations : Notre terrain de volley … transformé en piscine.1.198 : COMBLAIN-LA-TOUR – 13/02/2002 : Inondations : L’Ourthe déborde.1.199 : COMBLAIN-LA-TOUR – 13/02/2002 : Inondations : Balançoires et toboggans sous eau.1.200 : COMBLAIN-LA-TOUR – 13/02/2002 : Inondations : Les pompiers d’Hamoir à la rescousse.1.201 : COMBLAIN-LA-TOUR – 13/02/2002 : Inondations : Embarquement vers le fond du parc.1.202 : COMBLAIN-LA-TOUR – 13/02/2002 : Inondations : Embarquement vers le fond du parc.
In 1982 vond in Comblain-la-Tour een belangrijk evenement plaats … een Jamboree.
Het woord Jamboree, dat door Baden-Powell werd gebruikt, duidt op een bijeenkomst van scouts. De bedoeling van een Jamboree is om met een geweldig feest de scouts van heel de wereld rond een en hetzelfde vuur, symbool van de grote verbondenheid tussen de scouts, te verenigen. In juli 1982, organiseerde de ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego, vereniging van Poolse scouts buiten Polen ) zijn Jamboree, die gehouden werd in … Comblain-la-Tour.
Mijn Jamboree 1982 door Elisabeth Rozenski :
Tijdens de zomerkolonie van juli 1982 werden de voorbereidingen volop getroffen voor de jamboree van Poolse scouts ( buiten Polen ) ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego ) in Comblain-la-Tour.
Ik was dat jaar monitrice van de oudste groep meisjes ( van 11 tot 14 jaar ). Ook Irena Malek was in Comblain en het was vooral zij die vond dat er ook een Belgische groep scouts op de jamboree niet mocht ontbreken. Doch in die tijd bestonden er geen actieve groepen Poolse scouts in België meer, dus begon het idee te groeien om zelf een groepje op te richten.
Al snel hadden we een aantal meisjes uit mijn groep warm gemaakt om samen het scoutsleven te verkennen. Irena had ergens patronen en stof vast gekregen om uniformen te ontwerpen en eenmaal thuisgekomen zetten we onze moeders aan het naaien om er als een volwaardige scout de jamboree te kunnen meemaken.
Het resultaat mocht er zijn : we vormden uiteindelijk een groepje met een 20-tal leden. Op de foto herken ik Elzbieta en Danuta Osiadacz, Carine Malek ( dochter van Irena ), Monika Kurek, Cécile Danielewski, Elisabeth ( achternaam Kciuk ? ) van Luik. Ik denk dat er ook een paar van Frankrijk of Duitsland zich bij onze groep hadden aangesloten.
Anderzijds zocht men nog vrijwilligers voor de logistiek zoals de bedeling van het water op het scoutskamp. Hiervoor hadden een aantal monitoren zich kandidaat gesteld nl. Piotr Rozenski, Heniek Zapalowski, Georges Załobek, Richard Chwoszcz.
Uiteraard sliepen en leefden we de hele tijd als echte scouts in tenten op het scoutskamp. Het ontbijt was een Engels ontbijt ( spek met eieren, bonen, Cornflakes… ) daar het merendeel van de scouts uit Engeland kwam. Het toilet was een afbakening in het bos, met in het midden een diep gat.
We kregen een spoedcursus in morse tekens en sjorren. Ieder kreeg een totemnaam, maar ik herinner mij niet meer dewelke.
Het weer viel toen niet echt mee. Het had veel geregend. We hadden moeite om onze kleren droog te houden. Gelukkig hadden we de juiste connecties in het huis beneden ( Rue du Parc ), zodat we daar terecht konden om ons op te warmen aan een tas soep, te douchen en ook niet onbelangrijk, naar een deftige toilet te gaan.
Wat mij het meest is bijgebleven zijn de kampvuren. Iedereen zong vol passie mee en vooral het lied « Góralu czy ci nie żal » was een « kippevel »-moment. Dit lied werd opgedragen aan de toenmalige Poolse paus Karol Wojtyła, die als echte « góral » zijn vaderland verlaten had om paus te worden in Rome.
Op een zondag was het bezoekdag en werd er een groot kampvuur georganiseerd samen met de lokale bevolking. Wij hadden ons toen verkleed als de boerinnekes van destijds. Kleren die we trouwens van de plaatselijke bewoners gekregen hadden. Wij kregen toen hoog bezoek namelijk van de bisschop Szczepan Wesoły.
Verder hebben wij ook een aantal uitstappen gedaan zoals naar een militair kerkhof nabij Arnhem waar ook Poolse soldaten begraven liggen.
Op een bepaald moment was er ook iets te doen op het voetbalveld in Comblain. Op de foto’s te zien moesten we toen stickers proberen te verkopen.
Het werd een onvergetelijke vakantie. Achteraf hebben we nog de eed afgelegd tijdens het jaarlijkse scoutsweekend, dat plaats had in september in Comblain. Maar dat was dan meteen ook een afsluiter en einde van mijn scoutservaring.
18/09/2017 – Elisabeth Rozenski
Et voici la traduction par Piotr Rozenski :
En 1982, à Comblain-la-Tour s’est déroulé un évènement considérable … un Jamboree.
Le mot Jamboree, utilisé par Baden-Powell, désigne un rassemblement de scouts. Le Jamboree se veut être une fête extraordinaire, rassemblant tous les scouts du monde, autour d’un même feu, symbole de la grande fraternité scoute. En juillet 1982, le ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego, l’association des scouts polonais hors Pologne ) a organisé son Jamboree qui se tiendra à … Comblain-la-Tour.
Lors de la colonie de juillet 1982, le ZHP ( Związek Harcerstwa Polskiego, scouts polonais hors Pologne ) avait entamé les préparatifs pour leur jamboree qui allait se tenir à Comblain-la-Tour.
Cette année-là, j’étais monitrice des filles ainées ( 11-14 ans ). Irena Malek s’est également retrouvée à Comblain et c’est surtout elle qui était d’avis qu’un groupe de scouts belges devait être présent au jamboree. Comme à l’époque, en Belgique, il n’existait plus d’unités de scouts polonais actives, l’idée a commencé à germer de créer notre propre groupe.
Nous avons vite réussi à enthousiasmer plusieurs filles de mon groupe pour explorer ensemble la vie de scouts. Irena a trouvé quelque part des modèles et des tissus pour fabriquer des uniformes. Rentrées à la maison, nous avons mis nos mères à la couture afin qu’on puisse participer au jamboree en vrais scouts.
On n’avait pas à rougir du résultat. Finalement on a pu constituer un groupe d’une vingtaine de membres. Sur la photo je reconnais Elzbieta et Danuta Osiadacz, Carine Malek ( fille d’Irena ), Monika Kurek, Cécile Danielewski, Elisabeth ( Kciuk ? ) de Liège. Il me semble que plusieurs filles de France ou d’Allemagne sont venues renforcer l’équipe.
Par ailleurs, on cherchait encore des candidats pour effectuer des tâches logistiques, comme la distribution de l’eau dans les camps de scouts. Plusieurs moniteurs se sont portés volontaires : Piotr Rozenski, Heniek Zapalowski, Georges Załobek, Richard Chwoszcz.
Il va de soi qu’en vrais scouts, on dormait et on vivait dans des tentes qui avaient été montées dans un des camps de scouts. Comme une bonne partie des participants venait du Royaume-Uni, le matin on nous servait un English breakfast ( œufs avec bacon, haricots, Cornflakes… ). Pour les toilettes, ils avaient aménagé une espèce d’enclos dans les bois, avec un grand trou au milieu.
On a eu droit à un cours accéléré en morse et en travaux de pionnier, on a tous reçu un nom de totem, mais je ne me rappelle plus lequel.
La météo n’était pas vraiment au beau fixe. Il avait beaucoup plu et on avait du mal à garder nos vêtements au sec. Heureusement nous avions de bonnes relations avec le château ( Rue du Parc ), où on pouvait se réchauffer avec un bol de soupe, prendre une douche et, chose importante, aller aux toilettes dignes de ce nom.
Ce qui m’a le plus marqué l’esprit, c’est les feux de camp. Tout le monde chantait en se donnant à fond, surtout la chanson « Góralu czy ci nie żal » était à chaque fois un moment d’émotion intense. Cette chanson était dédiée au pape polonais de l’époque, Karol Wojtyła, qui, étant un vrai « góral », avait quitté sa patrie pour devenir pape à Rome.
Un dimanche – c’était le jour des visites – un grand feu de camp a été organisé avec la population locale. A cette occasion on s’est déguisées en paysannes d’antan, avec des habits qu’on a reçus des habitants du village. Un des dignitaires invités n’était pas moins que l’évêque Szczepan Wesoły.
On a participé à plusieurs excursions avec entre autres une visite au cimetière militaire d’Arnhem où se trouvent plusieurs tombes de soldats polonais. A un moment donné, il y avait un évènement sur le terrain de foot de Comblain. Comme on peut le voir sur une des photos, on était missionnés pour vendre des autocollants.
Bref, c’étaient des vacances inoubliables. Après coup, en septembre, on a prêté serment lors d’un weekend de scouts organisé à Comblain. C’était une dernière expérience et en même temps la fin de ma carrière de scout.
18/09/2017 – Elisabeth Rozenski
0906 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : L’affiche officielle.0907 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : In het midden : Claudia ( ? ) ; zittend : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; ( voor hen : Carine Malek ) ; Irena Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski. Au milieu : Claudia ( ? ) ; assises : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; ( devant elles : Carine Malek ) ; Irena Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski, aumônier auprès des colonies des Ecole polonaises libres à Comblain ( à l’époque l’Aumônier faisait automatiquement partie du Comité de Direction ) et aussi aumônier des Scouts polonais.0908 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : In het midden : Claudia ( ? ) ; zittend : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; Irena Malek ; Monika Kurek ; Carine Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski. Au milieu : Claudia ( ? ) ; assises : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; Irena Malek ; Monika Kurek ; Carine Malek ; Ksiadz Kazimierz Szymurski.0909 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski ; Irena Malek ; ( ? ).0910 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Elisabeth Rozenski ; Piotr Rozenski ; Cécile Danielewski ; Heniu Zapalowski.0911 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Mgr Szczepan Wesoły.0912 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Bernard Angowski ; Bogdan Van Hemelrijck – Stefański ; Georges Załobek ; Henri Zapałowsi ; Janek Stefański ( le petit monsieur derrière Heniu ) ; Piotr Rozenski ; ( ? ) ; face à Wacek Bień et son accordéon : des membres de Wisła, dont Robert.0913 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : ( ? ) ; Irena Malek ; Lucie ( Nieduziak ? met vaandel ) ; Joanna Skowron ; Elisabeth Rozenski ; Monika Kurek ; Cécile Danielewski ; Carine Malek ; ( ? ). ( ? ) ; Irena Malek ; Lucie ( Nieduziak ? avec le drapeau ) ; Joanna Skowron ; Elisabeth Rozenski ; Monika Kurek ; Cécile Danielewski ; Carine Malek ; ( ? ).0914 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Cécile Danielewski ; Irena Malek ; Danusia Osiadacz ; Monika Kurek ; Elisabeth Rozenski.0915 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Cécile Danielewski ; Elisabeth Rozenski.0916 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : Elisabeth Rozenski.0917 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1982 : Jamboree : ( rechtstaand ? ) ; Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski. ( debout ? ) ; Elisabeth Rozenski ; Cécile Danielewski.
… ce que Georges Z. et Henri Z. vous ont toujours caché Par Piotr Rozenski
Nul ne sait quand ni comment le contact s’est établi, si c’est eux qui nous ont repérés ou si c’est nous qui sommes allés les dénicher. Georges Z. est un des rares détenteurs des clés de ce secret bien gardé. N’était-ce pas lui qui a « arrangé » la première rencontre … qui, à force de vouloir se mesurer au grand frère slave, nous a entraînés dans cette série insensée d’affrontements fratricides ?
Quoi qu’il en soit, un soir de juillet 1980, ils nous ont officiellement invités « chez eux », dans leur camp de scouts près de Saint-Hubert, et une modeste délégation d’une poignée de moniteurs/-trices, triés sur le volet, s’est mise en route avec le Père Richard, dans sa splendide VW Jetta bleu ciel … serrés comme des sardines.
Soit dit entre nous, ce qu’on serrait, c’était surtout … les fesses. Il m’arrive encore de me réveiller la nuit, en sueurs froides, hanté par ce souvenir : le Père Richard – Robert Kubica de son vrai nom – roulant à 160 km/h sur les routes sinueuses de l’Ardenne belge, ricanant avant chaque chicane et virage en épingle : « Vaut mieux ralentir un peu avant les panneaux flèches rouge et blanc, non ? ! » Ouf, nous voilà rassurés !
Cela relève d’un miracle qu’on s’en soit sortis vivants … et encore plus, qu’on ait réussi à les trouver, les Russes. Le GPS n’existait pas et, franchement, ils ne nous facilitaient pas la tâche, là, retranchés dans le coin le plus reculé de la Forêt de Mirwart. Il semble qu’à ce jour, le site n’ait toujours pas été cartographié par Google Maps. Ce qui n’a pas empêché le Père Richard, visiblement guidé par le Saint-Esprit, de foncer tête baissée, tout droit au but, comme un cheval qui a reniflé l’écurie.
Tout d’un coup, ils ont surgi, les Russes, dits Blancs*, dans leur tanière au fond de cette forêt noire, vêtus en uniformes bleus, sous leurs tentes vert-kaki … impeccables, disciplinés, sympathiques, aux consonances mélodieuses de Volodia, Olga, Sacha, Katia ou Micha …
L’accueil fut chaleureux, ponctué de chants polyphoniques qui font dresser le poil au bras et vous touchent au cœur. Et à chaque note, une myriade de voix d’anges s’élevait par-dessus les vallées jusqu’aux cieux, que dis-je, jusqu’aux confins des sphères étoilées. D’emblée, le ton était donné : 1-0 pour les Russes … Car, soyons honnêtes, malgré les barytons sonores de Georges Z. et de son compagnon de route de longue date, Henri Z. ( y mettant pourtant leurs tripes, s’efforçant de faire sortir de leurs gosiers le double des décibels habituels, c’est dire l’effort ), les nôtres venaient s’échouer, comme des râles épais, au pied du premier rang de pins de la Forêt de Mirwart.
Des anges, oui … sauf qu’au moment d’investir l’arène, ils se donnaient corps et âme, se transformant en véritables machines de guerre. Si pour nous, un jeu de nuit, c’était … un jeu, pour eux, ce qui était en jeu c’était, au bas mot, l’honneur de la Patrie et la gloire éternelle.
Lors de la première confrontation nocturne déjà, ils avaient tout prévu : camouflages, treillis, talkies-walkies, bref, ils étaient armés jusqu’aux dents … les kalachnikovs en moins. Nous, en jeans délavés, les visages pâles, qui contrastaient dans la nuit tel Zorro dans la neige, et comptant, comme seul moyen de communication, sur nos voix … audibles à des kilomètres. Passés maîtres dans l’art du guet-apens, ils avaient posté leurs Lada sur les hauteurs, aux abords de la « war zone ». En arrivant, on était aussitôt pris dans leurs phares, comme des biches. Nous voilà éblouis, tétanisés, proies faciles. Il leur a suffi de 30 secondes pour décimer 80 % de nos troupes. 2-0 !
Franchement, on ne peut le dire autrement – et sans mauvais jeu de mots – pour nous, c’était la Bérézina.
Rentrés au château au petit matin, on s’est juré : PLUS JAMAIS CA ! On n’attendait que l’heure de la revanche et, cette fois-ci, on n’allait plus se laisser prendre comme des bleus.
Un an après. L’un venait tout juste de boucler son service militaire : Georges Z., Z comme « Ze Caporal of Flémalle », un titre honorifique qui a vite commencé à circuler après son retour au bercail, où il a notamment su s’imposer au sein des « FFF » ou « Flémalle Freedom Fighters », en se forgeant une réputation solide de combattant infatigable. L’autre, rongé par l’envie de rejoindre les « marines » au plus vite possible : Henri Z., Z comme « Zéro Tolérance ».
Métamorphosés en Rambos et prêts à en découdre, ils avaient tout prévu, treillis et camouflages sophistiqués, traçant sur leurs visages, comme des calligraphes japonais, des lignes raffinées et empreintes de poésie, de complexes dessins ésotériques, en référence aux runes mythiques ou à d’autres obscurs rites kabbalistiques dont nul, hormis nos deux « warriors », n’était à même de décrypter les subtilités profondément énigmatiques.
Ce qui plus est, Henri Z. détenait maintenant une arme redoutable. Certains l’appelaient la « Grosse Berthe de Liège », d’autres y voyaient carrément la V2 des temps modernes. Mais pour le modeste Henri – naguère encore surnommé le Petit Nicolas de Saint-Nicolas – c’était tout simplement … la mère de toutes les bombes.
Depuis des mois, à ses heures perdues, il avait patiemment mis au point, dans son garage, des grenades fumigènes, soigneusement bricolées sur la base d’azotes et phosphates, méticuleusement récupérés à partir des engrais laissés à l’abandon dans l’abri-jardin de son père et de la lessive subtilisée dans le cellier de sa mère. Si vous voulez vous faire une petite idée de l’effet potentiellement dévastateur du mélange de ces produits, il suffit de vous pencher sur le cas de l’usine AZF à Toulouse, quand elle s’est littéralement désintégrée un beau matin de septembre 2001.
Semant d’abord, avec ses engins, la terreur sur sa commune natale, il a vite réussi – épaulé par Georges Z., devenu son frère d’armes inséparable, et selon toute probabilité appuyé par Francine Z., la sœur du caporal – à se frayer un chemin dans le cercle hermétique et mal famé de la « GHZZ » ou « Grâce-Hollogne Zombie Zone », « GH » ayant aussitôt été rebaptisé en « Gorges & Henri » ( prononcé avec l’accent british ), en l’honneur des deux illustres recrues fraîchement adoubées.
C’est là qu’Henri a reçu son nom de code définitif : « Boris Z. », Z comme « Zapalka » ( allumette ). Son renom allait bientôt franchir les frontières de la bourgade, sévissant sur tout le bassin liégeois, voire conquérant quasiment tout l’Est du royaume. Inutile de préciser qu’avec une seule étincelle, il aurait pu éradiquer l’ensemble des réseaux maléfiques de Verviers.
Modeste, certes. Pour autant, Henri Z. exécrait le boulot fait à moitié. Avant de larguer ses projectiles sur les Russes, il tenait absolument à effectuer un dernier test, grandeur nature. Lors d’un jeu de nuit, organisé entre nous, Henri Z. avait bien l’intention de démontrer toute l’étendue de leur efficacité et de faire honneur à son nom de guerrier. Il va de soi qu’il avait tout prévu … sauf l’imprévisible : la météo !!! Au moment de dégoupiller, le vent a tourné … de sorte qu’on s’est pris toute la fumée dans la figure. Toussant comme des tuberculeux, on n’a pas eu d’autre issue que de battre en retraite, sans coup férir. L’arme fatale a fini par se tourner contre nous.
Et tant pis pour la V2, on avait appris la leçon, on avait pris de l’aplomb. Motivés à bloc, on était dorénavant capables de nous battre à armes égales avec les Russes. On l’a bien démontré ce fameux après-midi à Anthisnes, quand « GG », le Général Georges, est sorti des bois brandissant le drapeau comme un trophée, perché, tel un torero, sur les épaules de son plus fidèle lieutenant Boris. Eh oui, on les a bel et bien tenus en échec, nos frères slaves ( voir photo 850 et 851 ). 2-1 !
Et si ce n’est pas sur le champ de bataille, c’est autour du feu de camp. Même si elle n’est pas claire et nette, la photo ( 853 ) ne ment pas : on les a bien roulés dans la farine, ces Russes ( la seule fois qu’on les a vraiment vus en blanc ! ). 2-2 !
Ouf, l’honneur était sauf.
*Descendants des Russes ayant fui leur pays dans les années suivant la Révolution bolchévique de 1917 (blanc en opposition à la couleur rouge des communistes).
31/07/2017 – Piotr Rozenski
0848 : MIRWART : Un petit village tranquille, qui en rappelle un autre : Carte postale.0849 : MIRWART : Un petit village tranquille, qui en rappelle un autre : Carte postale.0850 : Les Stepennes : Jeu du drapeau : Anne-Marie Kantyka ; … ; Georges Załobek ; Piotr et Tomasz Maj ; … ; Henri Zapałowski ; Elisabeth Rozenski ; … ; Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; Michel Konarski ; Cécile Danielewski ; Hélène Piech ; Richard Chwoszcz ; Irène Malek ( ? ) ; Freddy Motała ; Piotr Rozenski ; … et Michel Volodimiroff.0851 : Les Stepennes : Jeu du drapeau : Anne-Marie Kantyka ; … ; Georges Załobek ; Piotr et Tomasz Maj ; … ; Henri Zapałowski ; Elisabeth Rozenski ; … ; Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; Michel Konarski ; Cécile Danielewski ; Hélène Piech ; Richard Chwoszcz ; Irène Malek ( ? ) ; Freddy Motała ; Piotr Rozenski ; … et Michel Volodimiroff.0852 : COMBLAIN-LA-TOUR : Prêt pour le combat : Michel Volodimiroff ; Henri Zapałowski ; Georges Załobek.0853 : COMBLAIN-LA-TOUR : Mise à blanc : Michel ( Misha ) Volodimiroff ; Vania Drewinsky.
Cette année-là, les russes ont envahi Comblain … heureusement … c’étaient des russes blancs et leurs intentions étaient toutes cordiales ! Si vous voulez connaître tous les détails de cette rencontre peu banale, adressez-vous à Georges Załobek. Il est intarissable sur le sujet. Il faut dire qu’il est un des héros de l’aventure.
C’était en 1979 ; Ks ??? ( Georges a oublié le nom de ce curé … ; de cette année-là, il a surtout retenu « autre chose » ) donc, Ks ??? avait entraîné derrière lui quelques garçons de la colonie pour aller saluer un groupe de scouts russes qui avaient installé leur campement dans les forêts de Mirwart à Saint-Hubert. Parmi ces garçons, il y avait Georges, qui venait de terminer son service militaire et qui en profitait pour encore un peu retrouver la douceur de Comblain.
La rencontre entre les polonais et les russes s’est très bien déroulée. Le courant est si bien passé ( et … même un peu plus ) que, ce n’est pas si fréquent, ils ont même eu envie de se revoir. Il faut dire que Katia était si belle, et Georges si fringant. Déjà, ces deux-là, avaient échangé quelques mots, quelques émotions, quelques regards complices et … même un peu plus.
C’est ainsi, qu’un matin, un groupe assez important de scouts est arrivé à Comblain sous l’autorité de Michel Volodimirof et Katia. Après les présentations d’usage, le protocole a vite fait place à une ambiance particulièrement sympathique. Ensemble ( la colonie et les visiteurs ), ils ont levé les couleurs et salué ainsi une journée qui s’annonçait sous les meilleurs auspices. Ensuite, place aux activités qui avaient été programmées pour cette rencontre ; direction les bois autour des Stepennes et jeu de chasse au drapeau. Quelques photos de cette équipée ont déjà fait l’objet des articles n° 71 et 72.
Katia et Georges se sont particulièrement investis pour que cette journée soit une réussite. Ils n’ont pas hésité à mouiller leur chemise pour faire gagner leur équipe. C’est d’ailleurs Georges ( avec l’aide de quelques autres ) qui a retrouvé le fameux drapeau et ainsi remporté le match. Mais entre-temps, les péripéties en tous genres se sont succedé. Il a fallu courir, se cacher, plonger jusque dans les ronces et j’en passe et des meilleures. N’hésitez pas à demander à Georges qu’il vous raconte lui-même cette aventure et surtout regardez comment ses yeux brilleront quand il vous racontera l’épisode du plongeon dans les ronces … sans doute un de ses meilleurs souvenirs de Comblain … parce que lui … il avait un pantalon … mais Katia était en jupe. Et donc, après cet épisode épique, il a « été obligé » de soigner Katia, au mercurochrome, sur presque l’entièreté de ses jambes qui n’en finissaient pas. On pourrait dire que Georges « a vu rouge » en quelque sorte, avec tout ce mercurochrome, car ils en ont profité pour partager leur slavitude et … même un peu plus.
L’histoire du monde aurait été tellement plus simple et les murs seraient tombés combien plus tôt, si le destin des hommes avait pu se régler lors de colonies de vacances plutôt que lors réunions internationales au sommet.
L’histoire ne s’est cependant pas arrêtée là. Michel Volodimirof et Katia sont revenus participer à un ognisko à Comblain et inversement, quelques-uns de la colonie, ont assisté à un ognisko chez eux à Mirwart.
Même après les colonies, les rencontres se sont prolongées pendant un certain temps. Georges vous dira combien il était surpris et impressionné par le faste qui régnait pendant les bals russes, organisés à Bruxelles ; c’était presque des défilés de haute couture et des concours de bonnes manières, le tout dans un écrin grandiose.
Et Katia était encore plus belle dans cet environnement élégant et raffiné. Ces soirées ont permis de partager encore quelques bons moments, de créer des souvenirs heureux mais aussi de prolonger certains échanges dont la nature était certes, diplomatique mais également véritablement chaleureuse et … même un peu plus.
Mais, comme lors de la signature de traités ou d’accords entre dirigeants de grandes nations, les protagonistes gardent souvent pour eux, toute une part de l’histoire qui ne sera pas écrite et que le monde ne connaîtra pas … demandez à Georges, il vous livrera peut-être des éléments inédits intéressants et … même un peu plus.
24/07/2017 – Au clavier, JP Dz ; au violon, Georges Załobek
0842 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Michel Volodimirof ; Katia Koutcharoff ; … ; ( ? ).0843 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Michel Volodimirof ; Katia Koutcharoff ; Ks Kurzawa ; Georges Załobek ; … ; ( ? ).0844 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Michel Volodimirof ; Katia Koutcharoff ; … ; Mr Paterka de dos ; … ; ( ? ).0845 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : … ; Mme Bardo ; … ; Ksiadz Czesław Kiek ; Mr Paterka ; Michel Volodimirof ; Ks Kurzawa.0846 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Nadia Sélezneff ; … ; Freddy Motała ; Richard Chwoszcz ; Michel Pająk ; Georges Załobek.0847 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Les russes blancs : Nadia Sélezneff ; … ; Freddy Motała ; Richard Chwoszcz ; Michel Pająk ; Georges Załobek.
Piotr Rozenski nous a déjà évoqué, et avec combien d’émotion, cette fameuse année 1980, où la météo avait décidé de perturber les vacances à Comblain. La pluie quasi-permanente avait fini par faire déborder l’Ourthe. L’évacuation du centre s’est avérée indispensable … au grand dam des enfants et des moniteurs.
Mais cette météo exécrable avait déjà commencé plus tôt ; elle s’était déjà invitée à la fête du printemps pour jouer les « troubles fêtes ». Dans l’article du Narodowiec ci-dessous – qui date du 02/10/1980 – Mr Rzemieniewski, à son tour, nous rappelle cette « annus horribilis».
Narodowiec du 02/10/1980 – Nouvelles de Belgique
( traduit pour les Anciens de Comblain par André Karasiński )
QUOI DE NEUF AU CENTRE DE VACANCES DU COMITÉ DES ÉCOLES À COMBLAIN-LA-TOUR ?
Les vacances sont derrière nous. A cette occasion, en ayant à l’esprit des vacances dans un environnement polonais, consacrons quelques lignes à une institution de Belgique : le Centre du Comité des écoles à Comblain-la-Tour. La saison s’est ouverte comme tous les ans par la « Fête du printemps » qui se déroule toujours le dernier dimanche de juin.
Cette année, le beau temps ne fut pas de la partie, il a plu presque toute la journée, mais cela n’a pas eu d’influence particulière sur le nombre de participants. Ce fait doit être souligné car la majorité des gens viennent de loin et s’ils le font malgré les mauvaises conditions climatiques, cela prouve que les Polonais de Belgique sont attachés au Centre de Comblain-la-Tour, qu’ils le considèrent comme le leur, qu’ils s’empressent de lui venir en aide dans la mesure de leurs moyens, convaincus que cette aide n’est pas dilapidée.
Comme habituellement, la messe a été célébrée par le recteur le père H. Repka qui a également prononcé l’homélie. Le père Szymurski a animé les chants avec l’aide d’un groupe de membres de la chorale du KSMP de Liège.
Après le dîner, accueil des hôtes au nom du bureau du Comité des écoles par J. Rzemieniewski.
L’après-midi dansante s’est poursuivie tard dans la soirée.
Pour la première fois, les organisateurs ont été confrontés à une déconvenue. Le groupe de jeunes qui devait animer la partie artistique de la journée a brillé par son absence. A qui la faute ? Il semblerait qu’elle ne soit pas du côté du groupe.
Aucune déception toutefois de la part de ceux qui depuis tant d’années prennent en charge l’organisation de cette journée, en cuisine, dans les différents bars, etc … Ils sont nombreux, difficile de tous les nommer mais il faut exprimer à tous notre gratitude. Gros succès également de la tombola dont s’occupe depuis des années Madame M. Wilczek. Les « professionnels » dans ce domaine savent combien il est compliqué de récolter près de 1.000 lots gratuits ; c’est pourtant ce qu’a réussi à faire Madame Wilczek.
Les colonies de vacances :
Quelques jours après la fête du printemps – le mercredi 2 juillet – ont débuté les colonies de vacances. Elles accueillirent des enfants de Belgique et des Pays-Bas mais très peu de la République fédérale d’Allemagne. Plus tard et dans un autre contexte il faudra éclaircir ce fait. Soulignons simplement que cette situation n’est pas due au manque de candidats à des vacances à Comblain.
Cette année, le soleil fit défaut en juillet. Difficile de partir pour de longues balades. En grande partie, les activités furent organisées au Centre ce qui a impliqué des obligations supplémentaires pour l’équipe éducative. A la place du feu de camp dans le parc, on organisa des veillées à l’intérieur du bâtiment. Diverses activités furent proposées ; concours de décoration des chambres, chants, bricolage, jeux d’intérieur, etc … Deux excursions en autocar furent également organisées.
Les pluies continuelles, nous étions heureusement pratiquement à la fin des colonies, finirent par faire sortir de son lit l’Ourthe qui longe tout notre parc. Parc sous eau, caves inondées, il a fallu évacuer les enfants.
Les pompiers de la commune Hamoir – Comblain-la-Tour nous sont venus en aide ainsi que les habitants de Comblain-la-Tour avec leur curé en tête. La plupart des enfants furent emmenés à Liège où ils furent pris en charge par le père Szymurski. Il n’y eu aucune victime. Les parents sont arrivés et les enfants sont rentrés sains et saufs à la maison.
Pour la première fois, la direction de la colonie fut confiée au père Sztylka assisté de Monsieur Z. Bardo au secrétariat avec Madame T. Kruzel-Szmytka à l’infirmerie. Monsieur St. Paterka s’est chargé de l’approvisionnement et Madame A. Bardo a géré la petite boutique. Bien secondée par Mesdames Duś Wł. et Jakubiak M., Madame Kołodziej M. s’est chargée de la préparation de repas appropriés pour les enfants.
L’entretien des locaux a été pris en charge par Mesdames Miller E., Kucharek A. et Ingryta. Monsieur Makarow A. a veillé au bon état du parc tout en apportant spontanément son aide partout où elle était nécessaire. Madame Hilberding H. a animé le groupe de 12 enfants venus des Pays-Bas. Il ne faut pas oublier Madame K. Stefański qui est venue tous les week-ends préparer de délicieux beignets ( pączki ) aux enfants.
Vacances pour les retraités
Quelques jours après le départ des enfants, Comblain-la-Tour a accueilli pour la septième fois d’affilée d’autres vacanciers : majoritairement les grands-parents des enfants. Ils doivent se plaire ici puisque leur nombre ne cesse d’augmenter. Cette année ils étaient plus de cinquante ce qui a posé quelques difficultés d’hébergement.
C’est le Club des anciens scouts qui organise le séjour des retraités.
Contrairement à juillet, le mois d’août a été très ensoleillé. Ambiance et bonne humeur ont donc régné en maîtres parmi les retraités profitant de ces vacances reposantes à Comblain-la-Tour.
Promenades, jeux de cartes, partage de souvenirs, discussions politiques étaient au programme. Chaque soir, ils se réunissaient devant la petite chapelle du parc pour la prière commune ; petite chapelle toujours fleurie des soins des membres présentes des Dames du Rosaire.
Tous, ici, ne forment en quelque sorte qu’une seule famille et l’on pense donc à fêter tous les anniversaires.
Cette année, les époux Zmyślony de Liège fêtaient leurs noces d’or. Ils les ont célébrées dans leur commune mais à Comblain-la-Tour on y a pensé également : réfectoire décoré, menu spécial, cadeaux nombreux. Deux ans auparavant, les époux Zmyślony ont joué, ici même, le rôle des parents des époux Pisera de Houthalen à l’occasion de leurs noces. Cette fois, ce sont les époux Pisera qui étaient les enfants adoptifs des époux Zmyślony et Monsieur Pisera a donc prononcé le discours de circonstance. On a également chanté une chanson spécialement écrite pour l’occasion par L. Czak. La soirée s’est terminée par des danses au son de l’accordéon du docteur Kowalski de Liège mais originaire de Retinne.
Les six dames prénommées Marie présentes cette année, ont été fêtées le 15 août : Sto lat, fleurs et vœux. L’anniversaire du « Miracle sur la Vistule » ( Cud nad Wisłą ) n’a pas été oublié. Pour le feu de camp allumé par le docteur E. Pomorski, un des participants à la guerre polono-soviétique, un programme spécial a été préparé. Chaque dimanche, la messe a été célébrée par le père Pielorz.
Les retraités ont pu assister, sur place, à une soirée de chants et de danses interprétés par le groupe de jeunes Wisła de Winterslag. Une excursion au Luxembourg a également été organisée. Chaque dimanche nos retraités recevaient la visite de leurs enfants et petits-enfants : bonne ambiance toujours au rendez-vous.
Ce séjour agréable de deux semaines on le doit aux organisateurs qui ont travaillé sans relâche aux cuisines et ailleurs. Ils savent toujours créer une atmosphère agréable.
Un des participants, Monsieur Leon Czak, leur a donc dédié une chanson qui commence par ces mots : les vacances se terminent, nous vous disons au revoir, merci aux cuisinières qui nous ont régalés, qui réagissaient immédiatement si quelque chose manquait …
Et bien évidemment, beaucoup de participants se sont donné rendez-vous l’année prochaine. Puisse Dieu, dans sa miséricorde, y consentir !
Weekend scout :
Traditionnellement, le weekend scout, ou plus exactement celui des anciens scouts car organisé par leur Cercle pour ses membres et leurs amis, clôt la saison d’été de Comblain-la-Tour. Ce rendez-vous connaît un succès croissant. L’ambiance polonaise de Comblain-la-Tour a le don d’attirer les gens. Chaque nouvel arrivant regrette généralement de ne pas être venu plus tôt.
Cette année le weekend avait attiré 250 personnes. Ce fut un fameux casse-tête pour les organisateurs d’installer confortablement tous les participants pour les repas.
La rencontre a eu lieu cette année les 13 et 14 septembre et a débuté par une messe célébrée par le père K. Szymurski qui a également prononcé l’homélie. La petite église paroissiale a accueilli avec peine tous les participants. Les jeunes étaient présents en nombre et leurs chants magnifiques ont suscité des commentaires élogieux.
Après la messe et le souper qui s’ensuivit, tous ont pris part au feu de camp dont le programme a été combiné avec la célébration du 50-ème anniversaire de la troupe scoute de Péronnes-lez-Binche, créée, notamment, par J. Stefański le président du Cercle des anciens scouts. Le feu a été allumé au moyen d’une torche confectionnée spécialement pour cette occasion par L. Czak.
Le programme varié du feu de camp s’est achevé par le chant « La nuit tombe » ( Idzie noc ). Les participants se sont ensuite à nouveau réuni dans le réfectoire où ils ont dansé jusqu’aux premières heures du jour, au son de l’orchestre de Monsieur Bień. Et pourtant il a fallu se lever tôt, particulièrement ceux qui, nombreux, devaient prendre part aux épreuves sportives.
Au pentathlon, la victoire est revenue à Czerwiec avec 1.824 pts, vainqueur également du saut en longueur avec un bond de 5,37 m. La deuxième place est revenue à Chwoszcz avec 1.662 pts et des victoires individuelles au lancer du javelot ( 37,27 m ) et du poids ( 9,30 m ). Troisième place pour A. Samygin qui a totalisé 1.516 pts et a dominé le 400 m en 58″1. Suivent au classement : Lipowski, Popoff, Berken, Podobieszach, Drewinsky, Samygin, Żałobek, Brych, Zapałowski.
Parmi tous ces jeunes concurrents se trouvaient, comme vous avez pu le constater à la lecture des noms, des scouts russes membres d’une troupe bruxelloise.
Les aînés se sont affrontés à la pétanque. Les vainqueurs furent Żałobek A. et Mauze J-P ainsi que Kubacki St. Et Merta M.
Les prix ont été remis aux vainqueurs par Karpiński, l’organisateur des jeux. Le weekend a été une réussite et une mention spéciale doit être décernée aux jeunes qui furent très nombreux à y participer.
Une dernière remarque s’impose. Le Club des anciens scouts, qui organise à Comblain-la-Tour toutes ses activités, paie au Comité des écoles pour la location du Centre de vacances le même montant que toutes les autres organisations ou les personnes privées qui utilisent les installations du Centre à l’une ou l’autre occasion. Avec cette différence cependant : les scouts affectent plus de la moitié de leurs bénéfices à l’entretien du Centre. Tout commentaire est inutile.
( j. n. ) 1
1 Józef Rzemieniewski
Un tout grand merci à André Karasiński pour la traduction.
0787 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Météo exécrable et débordement de l’Ourthe : Extrait n° 1 du Narodowiec du 02/10/1980.0788 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Météo exécrable et débordement de l’Ourthe : Extrait n° 2 du Narodowiec du 02/10/1980.0789 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Météo exécrable et débordement de l’Ourthe : Extrait n° 3 du Narodowiec du 02/10/1980.0790 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.0791 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.0792 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.0793 : COMBLAIN-LA-TOUR : Débordement de l’Ourthe.
Nous vous invitons à nous rejoindre le week-end des 24 et 25 juin 2017 à Comblain-la-Tour pour fêter, comme chaque année, l’été. Cet évènement – qui trouve son origine dès 1962 et que nous appelions la « Majówka » – a toujours eu comme objectif premier de réunir la communauté polonaise de Belgique.
Ce rassemblement festif, outre sa vocation première, permettait, et c’est toujours le cas, d’aider le Centre à faire face aux dépenses liées au bon fonctionnement de l’institution. Comme le disait déjà, en 1970, Monsieur Józef Rzemieniewski : « Par leur présence, les participants aux fêtes du printemps veulent aider le Comité des écoles à exprimer leur confiance et leur reconnaissance à ceux sur qui repose la responsabilité de l’avenir du Centre ». L’intégralité de cet article du Narodowiec n° 161 du 10/07/1970 vous est livrée ci-dessous ( merci à André Karasinski pour la traduction ).
Mais cette manifestation – qui s’appelle aujourd’hui « Powitanie lata » – permettait aussi à la communauté polonaise de montrer ce qu’elle avait de plus précieux : sa jeunesse. En 1970, c’est le KSMP de Charleroi qui était à l’honneur. D’autres années, c’était les KSMP de Liège, de Heusden-Zolder, du Centre ou de Mons qui envahissaient le chapiteau, dressé sur le terrain de volley-ball, pour galvaniser un public conquis d’avance.
Ceci prouve, une fois de plus, le lien étroit entre le Centre Millennium et l’ensemble de la communauté polonaise de Belgique. L’article ci-dessous se fait écho de cette synergie. Quant à nous, nous ne manquerons pas de rendre hommage aux KSMP, aux Scouts, aux anciens scouts, à Związek Polaków, à SPK, à tous les comités et à tous les bénévoles et sympathisants qui ont rendu cette aventure possible. MERCI à tous.
13/03/2017 – JPDz
Narodowiec n° 161 du 10/07/1970 – Nouvelles de Belgique
COMME LES ANNÉES PRÉCÉDENTES, LA « FÊTE DU PRINTEMPS » ORGANISÉE À COMBLAIN-LA-TOUR PAR LE COMITÉ DES ÉCOLES, A ATTIRÉ UN GRAND NOMBRE DE PARTICIPANTS.
Depuis 9 ans déjà, le dernier dimanche de juin est la journée de rencontre des Polonais de Belgique au Centre de vacances de Comblain-la-Tour. Ils viennent nombreux et même le mauvais temps ne les en dissuade pas.
Il faisait nuageux ce dimanche 28 juin au matin et une forte pluie se mit même à tomber. Le doute commença à envahir les organisateurs. Le mauvais temps n’allait-il pas inciter un grand nombre à rester à la maison ? Et pourtant, dès 10 heures, les premières voitures arrivèrent.
Contrairement aux années précédentes, vu la météo, la messe ne se déroula pas à l’air libre mais sous un chapiteau. À 11 heures, à l’entame de la messe célébrée par le père K. Szymurski, l’immense tente était bien remplie. Le célébrant a également prononcé une homélie à la fin de laquelle il a demandé de prier pour la prospérité du Centre ainsi que pour ceux dont l’initiative audacieuse a permis l’existence et le développement du Centre.
La messe a été animée par les jeunes de Liège sous la direction de Monsieur Bień W. À la fin de la messe, tous les participants ont entonné le « Boże coś Polskę ».
Pause déjeuner.
Après la messe c’est le déjeuner. C’est le temps des rencontres et des conversations ( chats ). Les gens continuent à arriver et le nombre d’un millier de visiteurs a été dépassé. On rencontre surtout des jeunes.
La cuisine, le bar, les buffets dans le parc tournent à plein rendement. Tout est bercé par de la musique polonaise, œuvre de Monsieur Ołownia. Durant la pause se déroule aussi un match de football entre l’équipe du KSMP de Liège renforcée et une formation belge qui s’impose 3-2. Monsieur J. Stefański a pris en charge la partie technique de l’organisation de cette rencontre puisqu’il en fut un des initiateurs, soucieux de diversifier le programme de la journée.
Spectacle donné par le KSMP de la région de Charleroi :
À partir de 14 heures, l’ensemble « Melodia Ojczysta » sous la direction de Franiu Klimanowicz interprète des morceaux qui invitent à la danse. À 15 heures, au nom du bureau du Comité des écoles, Józef Rzemieniewski souhaite la bienvenue à tous les participants. Il salue les Polonais de Belgique ainsi que leurs hôtes belges.
Il adresse des mots de remerciements chaleureux aux Polonais d’Allemagne, venus en nombre et pour la première fois, aux Polonais du Grand-Duché du Luxembourg qui participent pour la seconde fois avec à leur tête leur pasteur, le père Adamczyk et les membres des bureaux de leurs organisations. Il convient aussi de mentionner tous ceux qui ont pris en charge l’organisation des autobus : Związek Polaków de la région de Mons et de Heusden, SPK ( Association des anciens combattants ), les prêtres de la région de Charleroi, les organisations catholiques des régions du Centre et de Liège. Il faut leur exprimer beaucoup de gratitude car c’est aussi grâce à leur dévouement que le parc se remplit chaque année lors de la « Fête du printemps ».
Ensuite, Monsieur Rzemieniewski a présenté le groupe artistique de la jeunesse KSMP de la région de Charleroi qui, par ses chants et danses, a animé cette journée. C’est un des ensembles les plus jeunes de Belgique mais plein de bonne volonté et de dynamisme. Il faut excuser les défauts et récompenser la persévérance et le souci constant du groupe d’atteindre un niveau de performance plus élevé. La chorale est dirigée par Monsieur Adamowicz. La présentation des différents numéros du programme et l’animation du public furent l’œuvre de Monsieur J. Soblanka. Le public a remercié le groupe par de chaleureux applaudissements. C’est leur interprétation de la Polonaise qui a particulièrement enchanté l’assistance.
Le père L. Lewandowski était très content. Quant à madame Henryka Matecka, elle était particulièrement satisfaite puisque c’est elle qui enseigne les danses à ces jeunes. En fait, elle se dévoue à eux corps et âme. Elle ne peut rien leur refuser. Jamais elle ne leur dira : « Je n’ai pas le temps » !
Le programme artistique a été complété par la prestation d’Urszula Szyndalik et de son frère Tadeusz, d’Anvers, qui ont récité des poèmes dans un polonais parfait.
Ensuite, place à nouveau à la musique et à la dance jusque tard dans la soirée. Car il semble qu’on ait du mal à quitter Comblain.
Quelques remarques additionnelles :
En marge de cette fête, quelques remarques plus générales.
Bien que les organisateurs fassent tout pour que règne toujours une ambiance particulièrement chaleureuse, la majorité des participants ne viennent pas seulement pour s’amuser. Ils viennent avant tout pour « joindre l’utile à l’agréable ». Ils peuvent constater à chaque fois qu’aucun des sous qu’ils dépensent n’est gaspillé puisque le Centre de vacances du Comité des écoles s’embellit d’année en année. Par leur présence, les participants aux fêtes du printemps veulent aider le Comité des écoles à exprimer leur confiance et leur reconnaissance à ceux sur qui repose la responsabilité de l’avenir du Centre.
Il suffit d’un simple appel pour que viennent aussitôt en aide au Comité des écoles les organisations comme les personnes privées. Cette année, en un seul mois, sans efforts particuliers, le Comité a reçu en prêt la somme de 150.000 francs. Car chacun est convaincu que l’argent ne disparaît pas mais qu’il est utilisé utilement.
Tous ceux qui, des semaines, des mois durant, travaillent bénévolement au Centre de Comblain-la-Tour permettent au Comité des écoles d’épargner des milliers de francs. Et ce qui est le plus réjouissant, c’est que de plus en plus de jeunes proposent leur aide, convaincus que c’est leur Centre.
Revenons à la dernière « Fête du printemps ». Beaucoup de gens ont travaillé à sa préparation ( remise en ordre et préparation du bâtiment, etc ) et durant son déroulement : les familles Bujanowski, Bardo, Chmielecki, Matusiewicz, Soltysik, sans parler de ceux que l’on voit toujours à Comblain. La famille entière a mis la main à la pâte : parents, enfants adolescents, enfants adultes. De jeunes garçons de Heusden se sont occupés du bar. Il faut leur exprimer beaucoup de gratitude aussi bien à tous ceux qui ont été nommés dans cet article qu’à tous ceux qui n’y ont pas été expressément nommés.
Mais il ne s’agit pas seulement de cela. Il faut souligner avant tout que, nonobstant les jérémiades des pessimistes, il existe des gens sur lesquels on peut s’appuyer pour construire une vie polonaise en exil.
Une chose cependant est importante : ne pas les traiter comme des pions passifs et inconscients. Il faut tout faire, au contraire, pour qu’ils ne soient pas que des exécutants mais des coauteurs dans la mise en place des programmes.
Depuis toujours ceci est une préoccupation du bureau du Comité des écoles qui mène une gestion ouverte, en intégrant des personnes de bonne volonté lorsque des décisions importantes sont prises.
On associe les colonies de Comblain au beau temps. Qui ne se souvient pas des étés ensoleillés, voire arides de 1976, 1977… De l’Ourthe il ne restait que des galets, on la traversait à pied… sans se mouiller.
Les batailles d’eau allaient bon train. Pan Jan a dû s’arracher les cheveux ou s’étouffer en recevant les factures.
En revanche, le mois de juillet 1980 était franchement pourri. Il ne faisait que pleuvoir, du matin au soir.
La seule chose qui changeait, c’était l’intensité : bruine, crachin, averse, orage… mais le plus souvent, il pleuvait tout simplement des cordes.
C’était l’année 2 du nouveau directeur, Ks. Ryszard Nouveau directeur, nouveau style. Il avait décidé de rebaptiser tous les moniteurs, sa créativité n’avait pas de bornes. Heniu Zapalowski s’est vu attribuer le sobriquet « Boris », ma sœur Elisabeth était devenue « Gina », Eddy Kaminski s’appelait dorénavant « Colonel »… Chacun pourra compléter la liste. Quant à moi, il s’est imaginé « Christophe ». Au début, on ne comprenait pas trop, voire, cela nous agaçait. Alors, le père Ryszard prenait le soin de nous expliquer que les noms n’étaient pas choisis par hasard, qu’il suffisait de déchiffrer l’étymologie…
Christophe vient du grec « Christo-phore » : celui qui porte l’enfant divin. Petit à petit on s’est laissé prendre au jeu et on a fini par s’apostropher mutuellement par les nouveaux prénoms.
Alors, il pleuvait. La salle à manger et le local de ping-pong étaient devenus les derniers refuges, ils ne désemplissaient pas. Le match de foot ( voir photo 158 ) s’est transformé en bataille de boue, on s’enfonçait dans le terrain jusqu’aux chevilles. Les vêtements n’arrivaient plus à sécher et après quelques jours les chambres commençaient à sentir l’humidité, puis la moisissure. Je vous laisse imaginer la situation en semaine 3.
Après le cinquantième match de ping-pong et la centième partie d’échecs, on ne tenait plus en place.
La promiscuité commençait à peser et le lendemain on a décidé de partir… pour Aywaille… sous la pluie ( avec Heniu, on avait réussi à dénicher des cartes topographiques militaires. C’était pour nous l’occasion de découvrir de nouveaux sentiers dans les environs, restés inconnus jusque-là ). On a renouvelé encore deux fois l’exploit, à chaque fois le groupe gonflait. Les filles ont fini par nous accompagner.
Mais ce qui gonflait, c’était surtout l’Ourthe, à vue d’œil. Plus personne ne tentait de traverser la rivière à pied, on faisait sagement le détour par le pont.
Puis est arrivé le jour fatidique. À l’aube on s’est fait réveiller par des pompiers. En descendant on s’est vite aperçu qu’ils ne rigolaient pas. La rivière était sortie de son lit ( elle aussi ! ) et l’eau arrivait au seuil de la porte du bâtiment des garçons. Les moniteurs ont réuni tout le monde dans le réfectoire pour un dernier déjeuner que Mr. Bardo et les femmes de cuisine avaient concocté avec les moyens du bord, car le boulanger n’avait pu livrer le pain.
On a mangé en silence, à moitié endormis, quand quelqu’un a remarqué qu’on n’avait pas commencé la journée comme d’habitude, par l’appel, et qu’on avait oublié de hisser le drapeau. Ce qui n’était sans doute pas arrivé depuis le début des colonies ! Il y avait une bonne raison à cela : le terrain de volley était complètement inondé. Deux héros – Ryszard Chwoszcz et Freddy Motala ( ? ) – se sont portés volontaires et, sous les encouragements des enfants, ils ont traversé le terrain jusqu’au mât, tenant le drapeau au-dessus de la tête. L’eau montait jusqu’à la poitrine.
Le déjeuner à peine terminé, les pompiers nous ont conseillé de quitter les lieux au plus vite possible. De tous les côtés le bâtiment était entouré d’eau, les rues du village s’étaient transformées en lacs. La seule issue vers la gare menait par le talus du train. Encore fallait-il y accéder. Pas le temps de tergiverser. Les moniteurs ont attrapé les enfants et les ont portés, un à un, sur leur dos jusqu’au chemin de fer, en traversant l’eau.
C’est à cet instant même que j’ai compris toute la signification du sobriquet que le père Ryszard m’avait réservé…
Une fois les enfants sains et saufs – une centaine en tout – c’était le tour aux… monitrices d’être évacuées. J’avais bien l’impression que les moniteurs ne sentaient plus la fatigue en les portant dans leurs bras…
La colonne s’est dirigée vers la gare en suivant les rails. Bizarrement, tout cela n’avait rien d’une débandade ou d’un mouvement de panique. Tout se déroulait dans une ambiance bon enfant ( c’est le cas de le dire ), d’aucuns avaient même entonné des chansons. C’est cela sans doute l’insouciance de la jeunesse.
Je n’ai pas eu le temps de me changer, je suis monté dans le train, le pantalon, les chaussettes et les baskets mouillés. Le temps d’arriver chez moi, ils ont eu le temps de sécher mais sentaient toujours l’Ourthe.
Le pire, c’est qu’on n’a pas vraiment eu le temps, comme à l’accoutumée, de se préparer en douceur à l’au revoir, de consoler les filles sur le quai de la gare, de chanter une dernière chanson. On a juste pris la décision qu’on ne se laisserait pas voler si facilement ces derniers jours ensemble et on s’est donné rendez-vous quelques jours plus tard à Tertre et Hensies : ma sœur Elisabeth, Michel Lagocki, Michel Konarski, Freddy Motala et d’autres dont je ne me souviens plus les noms.
Aussi étrange que cela puisse paraître, il faisait beau et chaud. L’eau commençait à nous manquer. En visitant le château de Beloeil, on s’est payé un tour de barque sur le lac. Le temps était idéal pour sillonner les champs à vélo.
Je me rappelle qu’on voyait constamment de loin l’espèce d’œuvre d’art plantée au poste frontalier d’Hensies. Freddy m’a expliqué que c’étaient en fait deux mains qui se serrent, que c’était le symbole de l’amitié.
Aujourd’hui, il m’arrive de temps à autre de passer la frontière à Hensies, en voiture. Et à chaque fois, en voyant ce monument, un sourire apparaît sur mes lèvres.
29/02/2016 – Piotr Rozenski
PS : Dans un premier temps, nous avions pensé que cet épisode s’était produit en 1981. Des faits récemment redécouverts nous amènent à la conclusion qu’il s’agissait bien de 1980. Désolé pour cette confusion.
Quant aux photos ci-dessous, elles ont été prises lors de l’inondation de 1995 par Mr Renaud Gillard. Merci à lui.
JP Dz – 20/05/2017
0263 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Parc.0264 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal.0265 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal.0266 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Place du Wez.0267 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Place du Wez.0268 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue des Ecoles.0269 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Place du Wez.0270 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal.0271 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal. A la fenêtre, il s’agit de la maman de Mr Renaud Gillard qui a pris toutes ces photos.0272 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal.0273 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal.0274 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations : Rue du Vicinal.0275 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1995 : Les inondations.