Les lampions des festivités de fin juin à Comblain ne sont pas encore tout à fait éteints que vous nous manquez déjà. Et déjà, on n’a plus qu’une seule idée en tête, vous revoir. Heureusement, septembre approche à grand pas et notre prochaine rencontre des Anciens de Comblain se profile à l’horizon … plus que 2 mois et ce sera à « notre tour ». Pour vous mettre l’eau à bouche ( je sais que certains auraient préféré autre chose que de l’eau ), voici déjà l’itinéraire de notre balade 2017.
C’est grâce à René Defossé que nous avons pu découvrir un nouvel itinéraire. René habite à Comblain-au-Pont. Nous sommes passés juste devant chez lui lors de notre promenade de 2016. Il est l’époux de Madame Anna Kabat ( photo 830 ), membre du comité de la Macierz Szolna et bénévole aux cuisines du Centre Millennium. C’est dire combien il connaît sa région et combien il aime la partager. Merci à lui de nous avoir servis de guide.
Voici ce que nous vous proposons : une boucle, via Comblinay et la Heid Kepenne ; un parcours de 8 km avec un dénivelé de 142 m. Ça commence doucement. On part du Centre, on prend la Rue des Écoles ( on passera devant le Café des Sports ), la Rue des Crétalles et la Rue de Comblinay. Cette partie de l’excursion, tout le monde s’en souvient, nous la faisions souvent. C’est relativement plat et toujours sur des voiries carrossables. L’arrêt « vidange » se fera au ranch Little Creek ( photo 840 ). Ce sera aussi l’occasion de faire notre premier ravitaillement. Czésiu, sa voiture-bar, et son coffre rempli, seront au rendez-vous de tous ceux qui auront soif. Merci de nous aider préalablement à le remplir.
Après une courte pause, les choses sérieuses commencent. Un petit sentier très agréable ( surtout au début ) nous permettra de monter, à travers bois, pour arriver sur les hauteurs de Hôyemont. Cette pente est escarpée. C’est la partie sportive de l’itinéraire. À déconseiller pour ceux qui n’aiment pas trop marcher. Qu’à cela ne tienne, Czésiu reconduira au Centre tous ceux qui préféreront éviter ce genre d’exercice.
Pour les autres, il suffit de monter. Le décor est splendide, la nature grandiose et mérite le détour. Enfin, après quelques dizaines de minutes, nous serons tout en haut … le plus dur sera derrière nous et il suffira de se laisser descendre, toujours à travers bois. Le deuxième ravitaillement est prévu au sommet. Il sera le bienvenu.
Pour finir, on redescendra vers l’Ourthe, en passant à proximité du camp des gitans, le long du chemin de fer, à côté des carrières, pour arriver à la gare de Comblain-la-Tour. C’est là que le troisième ravitaillement nous attendra. Je propose que tous ceux qui n’auront pas fait la promenade en entier viennent nous rejoindre là … entre la gare et la carrière. Nous ferons ce dernier tronçon tous ensemble. Comme jadis, on s’arrêtera sur la petite Place du Wez pour se regrouper et de là nous rentrerons en chantant :
« Jak dobrze nam zdobywać góry
I młodą piersią chłonąć wiatr, Prężnymi stopy deptać chmury
I palce ranić o szczyt Tart »
Les photos en annexe illustrent les décors que nous allons traverser. Je n’ai aucun doute sur le fait que vous allez apprécier. Cette troisième promenade s’inscrit parfaitement dans l’esprit des Anciens de Comblain.
Regardez la photo 841 … ensemble, avec nos balades, nous sommes en train de dessiner les pétales d’une marguerite dont la tige serait l’Ourthe. C’est notre manière à nous de dire à Comblain-la-Tour : « On t’aime, un peu, beaucoup, passionnément … irrémédiablement ! ».
17/07/2017 – JP Dz
0830 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Anna Kabat ; René Defossé.0831 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Itinéraire.0832 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Eveline Ogonowski ; Jean-Pierre Dziewiacien.0833 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : René Defossé ; Eveline Ogonowski.0834 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Eveline Ogonowski ; René Defossé.0835 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Une pente escarpée.0836 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Le ruisseau du Boé.0837 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Sur les hauteurs d’Hôyemont.0838 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Sur les hauteurs d’Hôyemont.0839 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Sur les hauteurs d’Hôyemont.0840 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Le Ranch Little Creek.0841 : COMBLAIN-LA-TOUR : Préparatifs à la promenade 2017 : Comblain-la-Tour : « On t’aime, un peu, beaucoup, passionnément … irrémédiablement ! ».
Le camping du Rocher de la Vierge et la colonie polonaise sont, apparemment, deux univers bien différents.
En effet, ces deux entités semblent appartenir à des mondes bien différents et rien, à première vue, ne justifie que ces deux univers se côtoient. Ils sont non seulement séparés par la rivière, mais aussi par beaucoup d’autres choses. Pourtant des ponts ont existé. Je ne parle pas de pont en pierres ou en béton, mais de pont « bâti » au hasard, des relations d’amitié.
Il faut dire que, quand nous allions à la « Plage », il n’était pas rare de faire un crochet par la buvette du camping. Et en revenant, c’était encore plus fréquent. Du coup, on rencontrait des vacanciers et on sympathisait.
En soirée, certains de ces campeurs ou campeuses faisaient le mur, mais dans le sens inversede nos propres échappées et venaient nous rejoindre dans notre parc. C’était interdit. Ks Kurzawa s’y opposait formellement, mais pourtant c’était courant. La concentration de jeunes filles et de garçons présents à la colonie agissait un peu comme un « aimant » auprès des jeunes vacanciers avides de rencontres et d’aventure … c’était, en quelque sorte, la loi immuable de l’attraction universelle en version « jeunesse en vacances » ! Et après tout, qu’y avait-il de mal à ça ? Tout cela restait bien bon enfant …
J’ai quand même le souvenir d’une péripétie qui aurait pu tourner assez mal pour moi.
Ce jour-là, le groupe de garçon dont j’étais le moniteur était allé à Hamoir. C’était un exploit. Le reste du temps, ils ne voulaient que suivre les groupes de filles. Il faut que je précise que c’était un groupe de « grands » garçons … j’étais à peine un peu plus âgé qu’eux. Et j’ai vraiment dû insister pour faire une grande balade rien qu’entre garçons. Tout s’était très bien passé. J’étais content de moi.
Au retour, pour récompenser mes gaillards, j’avais promis de payer une tournée générale au camping du Rocher de la Vierge. Évidemment, ils ne l’avaient pas oublié. J’ai dû m’exécuter. Mais ça me faisait plaisir ; ils l’avaient mérité. On s’est donc tous arrêté au bar du camping. J’ai ouvert mon portefeuille et j’ai payé … mais dans l’euphorie, j’ai oublié mon portefeuille sur le comptoir.
Après un ou deux verres, nous sommes rentrés à la colonie. Je n’ai même pas remarqué que j’avais perdu quelque chose. Au camping, par contre, ils avaient retrouvé le portefeuille, et comme nous étions connus – peut-être trop – une des « filles-que-je-connaissais-très-bien » – peut-être trop – s’est proposée de me le ramener. Jusque-là, tout allait bien. Sauf que …
En voulant rentrer à la maison polonaise, elle est tombée sur Pan Bardo ! Comme celui-ci refusait qu’elle rentre, elle lui a remis l’objet, gentiment, en disant : « Jean-Pierre l’a oublié chez nous au camping ».
Quelques minutes plus tard, j’étais convoqué dans le bureau de Ks Kurzawa. Le curé et Pan Bardo avaient les mines graves … on pressentait qu’un drame terrible se jouait entre ces murs. Ils m’ont directement assailli de questions … je me retrouvais devant un véritable tribunal d’inquisition : « Que faisais-tu au camping ? Avec qui as-tu passé la journée ? Comment se fait-il que ton portefeuille a glissé de ton pantalon ? Qui est cette fille qui te connaît si bien ? Pourquoi ramène-t-elle tes affaires ? ».
L’affaire était sérieuse, avec la tournure de l’interrogatoire, j’ai vite compris de quoi ils m’accusaient … tout à fait injustement. Le pire, c’est que c’était la première fois de toutes les vacances que le groupe allait là où j’avais dit que nous irions. Pour une fois que c’était la vérité !
J’essayais de me défendre, d’expliquer, mais aucun des deux ne voulait m’entendre. Pour eux, j’avais passé la journée au camping, avec cette fille, et avais perdu mon portefeuille peut-être en tombant mon pantalon ! J’étais horrifié par l’accusation et impuissant à les convaincre de ce qui c’était réellement passé … Ils m’ont dit que pareil comportement était totalement injustifiable et n’appelait qu’une seule réponse : mon renvoi de la colonie ! Cette injustice m’a fait exploser de colère.
Je me suis précipité vers mes garçons à qui j’ai expliqué toute l’affaire. Ils sont tous venus avec moi dans le bureau et tous ensemble, sans aucune exception, ils ont déclaré : « Si Jean-Pierre est renvoyé, nous rentrons tous à la maison ».
Je pense que face à la détermination de mes garçons, face à cet élan de solidarité ; les deux accusateurs ont dû admettre que nous étions sincères. Il n’y a eu finalement aucune suite à cette fâcheuse mésaventure. Le reste des vacances s’est très bien déroulé. Mais, je peux dire que j’ai eu … chaud ! Je n’ai jamais revu la fille du camping et je n’ai pas pu la remercier d’avoir rapporté mon portefeuille oublié … même si cet empressement à rendre service avait failli me coûter cher ….
Et vous, avez-vous des anecdotes inédites, amusantes, cocasses à partager concernant le camping ? Ne me laissez pas tout seul face à ce souvenir cuisant d’une déclaration de culpabilité et d’une condamnation imméritée … enfin … cette fois-là !
10/07/2017 – JP Dz
0825 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.0826 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.0827 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.0828 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.0829 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le camping – carte postale.
En ce début de période de vacance, il est important de déjà bien préparer la rentrée …
Notre rentrée à nous se décline essentiellement en 2 rendez-vous incontournables :
– Notre week-end des Anciens à Comblain les 23 et 24 septembre 2017
– Le bal de Kubiak à Hautrage le samedi 11 novembre 2017
Tous les détails concernant ces 2 rencontres vous seront transmis le plus vite possible.
Pour l’heure, il est important ( que dis-je important … ) essentiel de réserver ses places.
Pour pouvoir s’organiser, nous devons savoir combien d’entre nous serons présents.
Alors s’il vous plaît, par retour de mail ( jpdziewiacien@skynet.be ), par Facebook, par téléphone, par tout ce que vous voulez … confirmez nous votre volonté d’être des nôtres et de participer.
Le dimanche, c’était le jour de tous les dangers : on pouvait se faire choper dans le « Café des Sports » ou se faire couper un doigt dans la friterie … Mais c’était celui chargé de préparer l’ognisko qui courait sans doute le plus de risques : il pouvait se brûler en l’allumant, par exemple ( en cas d’urgence, il y avait l’infirmerie où il était toujours bien accueilli … ). En revanche – situation beaucoup plus explosive – il pouvait aussi se faire allumer par le directeur. Car pour ce dernier, le principal critère permettant de juger le travail du préparateur était de savoir si la pile de bois allait produire de belles flammes ou si de l’amas ne sortirait qu’une fumée bleuâtre empestant l’ambiance. Surtout les jours de pluie, il y avait péril en la demeure.
La journée pour les pyrotechniciens ne se terminait donc pas de la même façon : acclamations et éternelle gloire pour les uns ( les « happy few » ) ou … huées et éclats de risée pour les autres.
Afin de gagner l’estime du public ( et, accessoirement, du directeur ), chaque préparateur y allait de sa technique : empiler des branches pendant des heures, à commencer par des toutes petites, entrelacées de bouts de papier. D’autres, n’ayant pas la même patience, privilégiaient un recours aux gros moyens : un gobelet d’essence ( soigneusement siphonnée de la voiture d’un des visiteurs dominicaux ) et le tour était joué ( empestant autant l’ambiance et … l’audience, condamnée à passer la moitié de la soirée dans les vapes … effet collatéral négligeable ).
Quel que soit le procédé utilisé, le lendemain, surtout après une nuit orageuse, de l’ognisko il ne restait pas grand-chose : quelques branches récalcitrantes, un amoncellement de cendres tièdes … Et, chose intrigante, sous ces décombres, on pouvait découvrir du sable cuit, dur comme fer, qui s’était cristallisé sous l’effet de la chaleur. Avec un peu d’imagination ( et Dieu sait qu’on en avait … ), on découvrait alors des formes étranges ou des dessins surprenants. Quand on cherchait bien, on pouvait parfois même trouver une jolie rose de sable.
Quand je pense aux feux de camp, me vient alors à l’esprit ce passage d’un des poèmes du poète polonais Cyprian Norwid ( Za Kulisami ), devenu célèbre grâce au roman de Jerzy Andrzejewski Popiół i Diament ( Cendres et Diamant ) et au film d’Andrzej Wajda du même nom :
Czy popiół tylko zostanie i zamęt,
Co idzie w przepaść z burzą ? – czy zostanie
Na dnie popiołu gwiażdzisty dyjament,
Wiekuistego zwycięstwa zaranie …
Cela va-t-il en cendre et chaos se réduire,
Que jettera l’orage au gouffre ? – ou, dans un creux
de cendre, un diamant-étoile va-t-il luire,
de triomphe éternel point-du-jour radieux …
Et vous, qu’est-ce qu’il vous reste de vos passages à Comblain ?
Les colos, que vous ont elles apportées ?
Quels talents avez-vous pu développer grâce à ces séjours, quelle partie de votre personnalité ont elles forgées ? Organisation, initiative, leadership, sens de la responsabilité, vivre-ensemble, travail d’équipe, tolérance, compétences linguistiques … Ou encore autre chose ?
Dites-nous ce que vous retenez, ce qui vous a marqués.
03/07/2017 – Piotr Rozenski
0105 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko … i popiół : Alexandre Persik ; Jean-Pierre Dziewiacien ; à l’avant plan, et de dos, le séminariste : Zénon Zak ; Henri Bogdanski.0106 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko … i popiół : Alexandre Persik ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Ks Kurzawa.0819 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1978 : Ognisko … i popiół : ( ? ) ; … ; à la guitare, à côté de Ks Kurzawa, c’est Jef Rozenski ; Ks Kurzawa ; … ; ( ? ).0820 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Ognisko … i popiół : Mr Chwoszcz ; … ; Michel Volodimirof ; Mr et Mme Piech ; Michel Pająk ; Ks Kurzawa ; …0821 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko … i popiół : ( ? ) ; … ; ( ? ).0822 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko … i popiół – Juste avant.0823 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2016 : Ognisko … i popiół – Pendant : Robert Lipowski ; Elisabeth Stempniewicz ; Mme Stempniewicz ; Jean-Pierre ( ? ) ; Dorota Druszcz ; Jean Matagne ; Dominique Stefanski ; Dominique Ogonowski ; Monique Kiełtyka ; Eveline Ogonowski ; Casimir Nowicki ; Marilyne Desmet ; Michel Pietka ; Betty Nowicki ; Regina Gymza ; Stef ( ? ).0824 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko … i popiół – Juste après.
Quand on rentre crevé d’un week-end à Comblain … Qu’on a fait la fête sans vraiment penser au lendemain … Qu’on a mal aux pieds, d’avoir trop marché, trop dansé …
Que les articulations grincent et la voix déraille d’avoir trop chanté …
Qu’on a la tête lourde, d’avoir un peu trop arrosé l’amitié …
Et l’esprit rebelle qui refuse de tourner la page, de se concentrer …
Quand on rentre crevé d’un week-end à Comblain … Qu’il faut écrire quelques lignes, pour le lundi matin …
Et qu’on ne sait même pas par où on pourrait commencer …
On se dit qu’on a vieilli, qu’on aurait dû un peu s’économiser …
Qu’il y a un âge pour tout, que le mien est un rien « avancé » …
Et que la prochaine fois, c’est sûr, « Je vais me modérer » …
Mais … quand on rentre crevé d’un week-end à Comblain … Qu’on a la tête vide, le foie surchargé et l’estomac plein …
On se dit finalement : « Qu’est-ce que j’ai bien fait d’y aller … ».
On essaie de se souvenir de tous les sourires partagés …
Et on s’endort, en mesurant combien on est des sacrés privilégiés …
Parce que … « Qu’est-ce que c’est bon d’être polonais ! ».
26/06/2017 – JP Dz
809 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.810 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.811 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.812 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.813 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.814 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.815 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.816 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.817 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.818 : COMBLAIN-LA-TOUR : Powitanie lata 2017.
Il n’y avait presque rien, là … juste un peu d’herbe, un peu d’eau, un peu de soleil … et pourtant, c’est là que nous voulions aller le plus souvent … On s’installait par terre – au milieu de rien – et on se laissait vivre.
Quand l’un d’entre nous avait pensé à rapporter une couverture, on était quinze à la partager. On passait notre temps à patauger dans l’Ourthe et ensuite à sécher, à lézarder au soleil. Quand l’un d’entre nous avait pensé à rapporter un essuie, on était quinze à se frotter « avec ». Quand l’un d’entre nous avait eu la bonne idée de rapporter une bouteille d’eau du robinet, on était quinze à boire au même goulot.
Il n’y avait rien, là … pas de toilettes, pas de confort, pas de cabine pour se changer, et encore moins de distributeurs de boissons ou de friandises. La colonie était loin et personne n’imaginait retourner jusque-là pour aller chercher ce qu’il aurait oublié. Pourtant, aussi loin que remonte ma mémoire, je pense – j’en suis même sûr – que personne n’a jamais eu l’impression qu’il lui ait « manqué quelque chose ».
Il n’y avait là ni balançoire, ni toboggan, ni tremplin pour plonger … Pourtant, personne ne s’y est jamais ennuyé …
Inutile de chercher sur les photos, vous ne trouverez ni crème bronzante protection totale, indice machin, ni lunettes de protection polarisées contre les UV, ni casquette pour se cacher du soleil. Quand le soleil tapait vraiment trop fort, on improvisait des couvre-chefs pour les plus petits avec toutes sortes de linges que l’on trempait dans la rivière pour plus de fraîcheur, le reste du temps … on ne mettait rien … ou alors, parfois, quand on en trouvait, on coupait de grandes feuilles de rhubarbe pour se les mettre sur la tête.
N’y cherchez pas non plus de spray contre les abeilles, de crème contre les fourmis, de lotion contre les démangeaisons. Il n’y avait là, ni pharmacie, ni boîte de secours, ni pansements … non pas que l’on ait été négligent ou insouciant, c’était juste la nature et nous. Tous les petits bobos se résolvaient la plupart du temps, d’eux-mêmes, on prenait sur soi, personne n’aurait songé à se plaindre pour quelques attaques de fourmis ou quelques piqûres d’orties. D’ailleurs, on nous disait que c’était bon pour la circulation, les rhumatismes, … aussi, on « souffrait » de bonne grâce et en silence …
Il n’y avait pas non plus, là, de « maître nageur agréé » … « l’agréation », c’était la confiance que l’on plaçait en nous et qui était la meilleure des garanties …
Personne n’envisageait de se protéger de la nature, de La protéger … et encore moins de La sauver. On faisait corps avec elle, on ne se sentait pas coupable de ce qui risquerait d’arriver si nos jeux improvisés nous amenaient à casser une branche ou à déplacer trois cailloux. On n’avait pas la naïveté de croire qu’on était maître de la nature ou que son sort dépendait de nous … non, on aimait simplement, véritablement la nature, à une époque où tout était évident et … naturel … c’est tout.
Il n’y avait là ni connexion, ni réseau, ni 3 G ou 4 G. On n’avait pas, non plus, internet pour nous dire quelle était la température, à un moment précis, à Johannesburg ou à Anchorage … et on s’en fichait pas mal parce que nous étions pleinement heureux d’être simplement là où nous étions ! On n’avait pas « d’appli » pour nous préciser à quelle altitude on se trouvait par rapport au niveau de la mer … et ce n’était pas trop grave, parce que ce qui nous importait, c’était de pouvoir nous asseoir ou nous étendre sur l’herbe, quelle qu’ait été sa position par rapport aux astres !
On n’était pas contraint d’envoyer ou de répondre à 145 SMS par heure parce que nos meilleurs souvenirs on les gardait précieusement dans un coin de notre mémoire pour pouvoir les raconter avec force de détails, on n’était pas obligé de « liker » la dernière blague ou le dernier potin de tel ou tel autre puisqu’on avait l’occasion de se voir en « vrai » et de se « charrier » en direct. Aucun d’entre nous n’avait envie d’user ses pouces à raconter à des « amis-qui-avaient-préféré-ne-pas-être-là » comment ça se passait ici … Nos amis, ils étaient autour de nous. On n’était pas connecté avec le reste du monde – c’était même plutôt l’inverse – et ça ne perturbait personne … bien au contraire !
On vivait l’instant présent. Personne n’avait apporté sa montre ; on comptait sur notre ventre pour nous avertir que c’était l’heure de rentrer pour manger. Et quand le soleil décidait qu’il en avait assez fait comme ça pour la journée, on rentrait, à la colonie, le cœur léger … Quant aux « followers » qui nous suivaient ( pléonasme ? ), ils étaient juste derrière, en chair et en os, en file indienne, sur l’étroit sentier qui nous ramenait chez nous … Il n’y avait là, rien de virtuel ; tout était simple, direct, concret et pourtant personne n’avait l’impression d’avoir perdu son temps … bien au contraire. On avait juste passé un bon moment àla plage.