0099 – Jean-Lou

Tout le monde la connaissait comme « Jean-Lou », mais savez-vous pourquoi ?
Une partie de la réponse se trouve sur la photo 637. Ce n’est pas l’arbre aux singes, mais il aurait pu s’appeler comme ça. Et là, tout en haut, c’est elle : Jean-Lou.

Déjà, c’était un vrai garçon manqué ; elle n’avait peur de rien. On aurait pu aussi bien l’appeler « Calamity James » … mais en beaucoup plus jolie.

Jean-Lou, parce qu’à l’époque un feuilleton télévisé – les Galapiats – mettait en scène une bande d’ados parmi lesquelles Jean-Lou était le héros principal et Marion, une des héroïnes, et qui deviendra le surnom de Malvina Rusowicz. Les 2 surnoms datent du temps où notre Jean-Lou avait les cheveux courts.

Cette photo 637 est à mettre en perspective avec les normes actuelles de sécurité. Si vous êtes observateur, vous avez remarqué qu’elle est montée en tong ( à l’époque, on appelait ça des « slashs » … ce n’était sans doute plus assez exotique, alors maintenant, ce sont des tongs ! ). Aujourd’hui, quand un ouvrier – pardon un agent de maintenance – doit monter à plus de 15 cm de hauteur, il est considéré comme « à grande hauteur » …

Pour accéder, à cette grande hauteur ( + de 15 cm ), il doit être équipé d’un casque homologué, de bottines de sécurité, avec des semelles en fer et des rebords rembourrés, de gants de sécurité, d’un harnais, contrôlé au moins une fois par an, munis de mousquetons estampillés CE, d’un pantalon spécial grande altitude, d’un baudrier fluorescent, etc …

De plus, avant d’attaquer « l’escalade », il doit être formé à cet exercice et détenir la licence appropriée. Nul ne sera autorisé à grimper – à de plus 15 cm de hauteur – si le risque n’est pas parfaitement connu et analysé par le Service de Prévention et de Protection du Travail, et qu’au pied de l’arbre, un ou plusieurs collègues quadrillent la zone préventivement. Des psychologues doivent être également présents pour intervenir au cas où les curieux seraient témoins d’un quelconque incident traumatisant ! ! ! Jean-Lou, elle montait en tong

D’ailleurs, elle n’était pas la seule à monter. Elle entraînait souvent sa petite sœur Dominique et d’autres derrière elle ( photo 638 ).

Tout ça pour dire qu’on avait moins peur avant.

Vous rappelez-vous la balancelle des photos 639 et 640 ?
Elle était « archi-dangereuse » ( maintenant, on dit méga / giga ! ). Les 2 arceaux courbés venaient se loger dans 2 rails fixés au sol. Qui avait le malheur de laisser traîner ses doigts, risquait à tout moment de les coincer entre l’arceau et le rail. Bonjour la douleur !

À ma connaissance, il n’y a eu aucun cas d’amputation ? Pourtant l’attraction a été retirée ; dieu merci. C’est vrai qu’il n’était pas rare qu’un enfant s’y fasse très mal. Mais nous avons survécu. Comme nous avons survécu aux escalades au rocher de la Vierge, …. et à tout le reste.

Nous avions, à l’époque, une autre approche du danger …
On dirait même que le danger nous attirait … nous excitait … la preuve … j’ai épousé Jean-Lou.

Bon anniversaire Eveline … aujourd’hui, tu as 4 fois 15 ans … et je t’aime toujours autant.

16/01/2017 – Jean-Pierre Dz

0637
0637 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, sur un arbre : Eveline Ogonowski – alias Jean-Lou.
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0638 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc, sur un arbre : Eveline Ogonowski – alias Jean-Lou ; Dominique Ogonowski ; Yolla ( ? ).
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0639 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur la balancelle :,Antoche Kiełbowicz ; Georges Załobek ; Yolla ( ? ) ; Marek Malakov ; Eveline Ogonowski ; Georges Bardo ; François Lachowicz.
0640
0640 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur la balancelle : Antoche Kiełbowicz ; Georges Załobek ; Yolla ( ? ) ; Marek Malakov ; Eveline Ogonowski ; Georges Bardo ; François Lachowicz.
0641
0641 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Couché : Georges Załobek ; accroupis : ( ? ) ; Yolla ( ? ) ; Marek Malakov ; Debout : Eveline Ogonowski ; Georges Bardo ; Francine Załobek ; Antoche Kiełbowicz.
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0642 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : François Lachowicz ; Eveline Ogonowski.
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0643 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le perron : Eveline Ogonowski.
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0644 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le perron : Eveline Ogonowski.

 

0078 – Les traces de nos amours

Où – à part dans le parc de Comblain-la-Tour – y a-t-il autant de traces de nos amours ?

Les arbres s’en souviennent … du moins ceux qui ont survécu.

À l’époque, on ne parlait pas encore d’écologie. La santé des arbres nous préoccupait moins que nos propres petits bobos … surtout ceux du cœur … alors on gravait. Et les arbres nous semblaient être l’endroit idéal pour immortaliser des idylles qu’on espérait éternelles mais qui duraient … « ce que durent les roses … l’espace d’un matin ».

Et quand, le lendemain matin, la belle avait changé d’avis … – sans doute que durant l’ognisko, à la lueur d’une lampe torche, cet autre lui avait paru plus sexy – il nous restait l’empreinte imprimée dans l’écorce et … cette petite pincette à l’âme quand par hasard l’arbre croisait notre chemin.

Parfois, l’histoire d’amour durait. Alors, tous les jours, à la même heure, comme en pèlerinage, main dans la main, même sous la pluie, on allait caresser l’écorce comme pour la consoler de souffrir à cause de notre amour. Mais ça … c’étaient les plus romantiques.

D’autres … tailladaient les arbres comme on griffonne dans un agenda … seulement pour se souvenir du prénom de celle qui venait de craquer. Ceux-là … ce qu’ils craignaient surtout, c’est que le jour suivant, devant le même arbre, la fille se répande d’amour, se liquéfie de passion, se rappelle de tous les détails « d’un moment si délicieux » … et que … eux … ne se souviennent même pas comment elle s’appelle. L’arbre devenait : « pense-bête ».

Pour les plus cyniques, les troncs devenaient des tableaux de chasse. Quand ils gravaient les initiales de leurs conquêtes, c’était seulement pour afficher leurs scores … pour rivaliser entre machos dominants. Et l’arbre n’était plus qu’un catalogue.

Et puis, il y avait les timides, les sans histoire, les sans espoir … qui gravaient seulement leur seule initiale en se disant : « Peut-être que l’année prochaine … ».

Que reste-t-il aujourd’hui de tous ses sentiments ? Tant d’arbres ont disparu. Qui se soucie encore de nos promesses et de nos rêves d’adolescent ? Pourtant … sur certaines écorces … par-ci par-là … on peut encore retrouver des traces.

Quand vous serez à Comblain, en septembre, arrêtez-vous aux pieds des arbres … vous verrez … ils portent encore les stigmates de nos flirts d’antan. Oh, bien sûr, ce n’est plus aussi lisible qu’à l’époque … mais notre vue aussi a baissé. Peut-être reconnaîtrez-vous vos initiales et celles de votre compagne … d’alors … ou celles de votre compagnon … de l’époque ? Car peut-être, nous, les garçons, nous n’étions pas les seuls à « sculpter » … peut-être que vous aussi, Mesdemoiselles, vous tentiez d’immortaliser – sur tronc – les heures les plus douces de ces vacances ? Laquelle d’entre vous nous racontera l’histoire la plus tendre ? Allez … courage … lancez-vous.

En attendant, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici quelques-unes des gravures que nous avons retrouvées … je vous laisse rechercher vos propres inscriptions. Si vous ne trouvez pas … n’hésitez pas à faire le tour des arbres … parfois l’arrière peut aussi apporter son lot de surprises ( photo 464 ).

Et si finalement, vous ne trouvez rien, allez voir le tas de bois découpé du côté de la ligne de chemin fer ( photo 465 ) … il y a gros à penser qu’il regorge de trésors … qui finiront bientôt en cendres.

Eh oui … entre-temps les écolos sont passés par là … ils ont réussi à recycler les preuves des plus tendres de nos émois. Et si nous n’y prenons garde … c’est bientôt nous – tous entiers – qui serons recyclés. Raison de plus de vivre intensément le temps qu’il nous reste !

29/08/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0455 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0456 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0457 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0458 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0459 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0460 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0461 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0462 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0463 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0464 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc
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0465 : COMBLAIN-LA-TOUR : Les arbres du parc

 

 

0063 – Dans le parc

Quand je regarde cette carte postale ( 351 ) – dont la photo a été prise à partir du rocher de la vierge – j’ai l’impression d’entendre une petite musique … J’ai envie de me rapprocher un peu …

Plus je me rapproche, et plus cet air me paraît familier.

C’est bien ça … c’est Pierre … Pierre Bartnik. Il est occupé à jouer à la guitare : « les jeux interdits » … comme d’habitude.

Autour de lui, assises sur l’herbe, cinq ou six filles l’écoutent religieusement. Elles ont l’air d’être amoureuses. On ne sait pas si c’est le guitariste ou la musique qui les met dans un état pareil. Il a toujours autant de succès ce Pierre. À peine quelques mètres derrière, c’est cinq ou six garçons qui observent la scène … en râlant. Eux, ils ne sont pas des fans. Au contraire. « Si j’avais su qu’il suffisait de gratter une guitare pour séduire ». « En plus, il joue toujours le même morceau … ». « Au foot, il doit être nul … ». « Pour l’année prochaine, j’apprends à jouer de la guitare … ». « Ce n’est pas encore fini ce morceau ? ».

De l’autre côté du sentier, un peu en arrière, c’est le groupe des petites filles. Elles chantent la nouvelle chanson qu’elles ont apprise aujourd’hui : Piekna Hanisia. Le premier couplet ne pose plus de problème, mais à partir du deuxième, les petites filles s’emmêlent les pinceaux. La monitrice, pour les aider, s’efforce de mimer les paroles. On la voit tantôt sangloter, tantôt être heureuse. Il faudra encore répéter.

Sur le sentier, côté Ourthe, ce sont trois cuisinières qui se promènent. Elles ont enfin un moment de répit. Après une longue journée derrière les fourneaux, elles ont besoin de décompresser. Cette petite promenade quotidienne leur permet de se mélanger aux enfants ; elles adorent ça.

Dans quelques minutes, elles vont croiser Ks Kurzawa. Lui, il préfère l’autre sentier, celui qui longue le chemin de fer. C’est là qu’il avance lentement en lisant son bréviaire. Il est tellement concentré sur sa lecture, qu’il n’apercevra même pas les sourires polis de nos trois cuisinières.

Dans le fond du parc, c’est « l’arbre aux singes ». Les enfants l’ont surnommé comme ça parce qu’ils adorent monter dessus. Et comme tous les jours, il est habité. Aujourd’hui, ce sont des filles ; les cris stridents qu’on peut entendre de loin prouvent qu’elles ne s’ennuient pas.

Au centre du parc, sur la grande pelouse, une partie de l’herbe est déjà coupée. Mais le tracteur s’est arrêté … là … en plein milieu … sans raison apparente. Mais tout le monde sait que c’est l’heure de la pose pour Pan Jan. D’ailleurs, si vous regardez bien derrière le petit bosquet, vous verrez ses pieds allongés par terre. Il ronfle.

En passant autour de lui, les garçons du deuxième groupe font le tour et observent un silence respectueux. Eux, ils sont de corvée papiers. C’est-à-dire qu’ils doivent ramasser tout ce qui traîne dans le parc et ailleurs. Ce n’est pas la corvée la plus facile ; d’ailleurs ils ont pris du retard. Sans les encouragements du moniteur … et les menaces de recommencer demain … ils auraient déjà baissé les bras.

Plus près de la maison, ce sont plutôt des craquements secs qu’on entend. C’est le chef-moniteur qui a réquisitionné quelques grands garçons pour l’aider à préparer le feu de camp. La consigne, c’est de ramasser le bois mort. Mais quelques branches bien vivantes seront sacrifiées, même si elles résistent.

Tout doucement, l’édifice prend forme. Dans une heure et demie, tout le monde sera assis autour du feu. Les plus frileuses auront été chercher une couverture pour s’y abriter. On chantera beaucoup. On rira des sketches présentés, même si tout le monde connaît déjà la chute. Mr Bardo racontera une de ses histoires dont il a le secret. Pierre Bartnik nous jouera, pour la dernière fois de la journée, ses « jeux interdits ». Et il fera déjà très noir quand on entamera, de plus en plus doucement, de plus en plus faiblement, les dernières notes de la chanson : « Dobra noc… ».

23/05/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

PS : Ce post-scriptum s’adresse à Pierre Bartnik.

Mon cher Pierre, ne m’en veut pas pour ces quelques lignes. Nous savons tous très bien que tu jouais aussi autre chose que les « Jeux interdits ». Tout le monde se rappelle de Led Zeppelin et d’autres groupes mythiques que tu nous as fait découvrir et aimer. Et quand ces notes « différentes » résonnaient dans le parc, on savait que Pierre Bartnik était parmi nous … pour le plus grand plaisir de tous.

Bien sûr, les garçons étaient un peu agacés par le succès que tu avais auprès des filles. Elles te regardaient avec admiration. Nous, nous étions obligés d’attendre la fin du morceau de musique pour « réattaquer ». C’était frustrant.

C’est un peu pour « venger » tous les garçons que j’ai écrit ces quelques lignes en insistant sur les jeux interdits. Mais sois-en sûr, j’aurai infiniment de plaisir à te serrer dans mes bras si j’ai le plaisir de te revoir à Comblain … et je suis sûr de ne pas être le seul.

0351
0351 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue sur le parc à partir du rocher : Carte postale
0352
0352 : COMBLAIN-LA-TOUR : Pierre Bartnik.
0353
0353 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Pierre Bartnik ; ( ? ) ; ( ? ) … à l’arrière, Pan Bardo.
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0354 : COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko : Pierre Bartnik ; ( ? ) ; ( ? ) … à l’arrière, Pan Bardo.
0355
0355 : COMBLAIN-LA-TOUR : En balade : Pierre Bartnik ; Eddy Nowicki.
0356
0356 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue sur le parc et sur le village : Carte postale en couleur.
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0357 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vue sur le parc et sur le village : Carte postale en noir et blanc.

 

0021 – La pluie et l’orage sur Comblain

La pluie et l’orage sur Comblain :

Allumez le feu… c’était à Comblain-la-Tour une prérogative du chef moniteur ; ce qui n’était pas forcément, à tous les coups, une partie de plaisir.

L’« Ośrodek Wakacyjny Millennium » a beau être une terre polonaise – peuplée de polonais – il n’en est pas moins situé en Belgique, où l’averse passagère succède souvent à la pluie intermittente.

Trouver du bois sec relevait, bien des fois, d’un exploit aussi difficile que de prédire une météo favorable pour un feu de camp. Mais que serait une colonie de vacances sans feux de camp.

L’utilisation d’essence, bien que formellement interdite, était régulièrement le dernier recours.

Sur la photo 105 : je m’efforce d’allumer le feu en l’arrosant d’essence ! Alexandre Persich, à mes côtés, surveille la manœuvre.

Sur la photo 106 : Ks Kurzawa vient constater de visu l’acharnement du feu à rester éteint.

Les jours de pluie à Comblain étaient des jours tristes. Impossible d’aller se promener, d’aller patauger dans l’Ourthe, de jouer dans le parc,…

La maison était alors envahie d’enfants. On ressortait les jeux de société. Partout, dans le réfectoire, dans le hall d’entrée, sous le porche, des petits groupes se formaient autour des mikados, des puzzles et des jeux de carte.

C’était le bon moment aussi pour écrire aux parents. Les enfants s’appliquaient. Mais l’imagination manquait ; alors on s’échangeait les phrases : « T’as qu’à dire qu’hier on a été jusqu’à Xhoris et qu’on s’est perdu en revenant. Même qu’on est rentré en retard à la colo, et même que les cuisinières n’étaient pas contentes ». « Moi, j’ai raconté que le groupe de garçons avait été puni parce qu’ils étaient toujours en retard pour la prière du soir ». « Moi, j’ai juste demandé de m’envoyer un peu d’argent pour aller au marché de Comblain-au-Pont ».

Il faut bien avouer, ce sont surtout les petites filles qui écrivaient. Les garçons,…

C’était le moment où la petite échoppe de Mr Bardo fonctionnait le mieux. On pouvait y acheter des timbres, des cartes postales, mais aussi des bonbons, des boissons et des glaces à l’eau.

Tout le monde essayait de s’occuper. Mais chacun avait un œil sur son occupation et un œil vers la fenêtre.

Dès que le soleil faisait mine de percer, les jeux et les papiers à lettres disparaissaient comme par miracle. Tout le monde se retrouvait dans le parc. L’herbe mouillée ne faisait peur à personne. On s’y installait sans retenue. L’important c’était d’être dehors.

Dans le parc, on se laissait envahir par un mélange d’odeurs délicieuses d’ozone, d’herbe mouillée et de liberté.

Et que dire de l’orage

Qui d’entre nous n’a jamais vécu une soirée d’orage à Comblain-la-Tour ?

Dans cette vallée encaissée, les éclairs semblaient se répondre. C’était fracassant, assourdissant, grandiose.

Nous étions entassés à l’intérieur, souvent dans le hall. On regardait, par la fenêtre, les éléments se déchaîner. On entendait des « Oh », des « Aaaah », des « Waouh », des « J’ai peur ».

Et les filles se rapprochaient, pour avoir moins peur. Et nous les serrions dans nos bras.

Les garçons aimaient beaucoup les soirées d’orage à Comblain-l’Amour.

Mais connaissez-vous cette légende qui circule depuis longtemps dans le village de Comblain ?

Ça se passe à l’endroit du « Tourniquet » – photos 107, 108, 109 et 110 ; vous connaissez tous cet endroit. C’est là que l’Ourthe est la plus tumultueuse ; en allant vers la source, c’est juste derrière la série de chalets qui cachent à présent les remous.

On raconte qu’un radeau s’y est englouti, un soir de Noël : c’est Le mystère de la cloche de Saint-Laurent.

Le Tourniquet, en amont du village ( aussi appelé « Trou Lucas » ) a toujours été un passage difficile pour ceux qui tentaient de naviguer sur l’Ourthe. C’est donc là, qu’un soir de Noël, le radeau du mécréant Materne ( je vous jure que je n’invente rien ) a sombré au pied des « Tartines » ( les « Tartines » est le nom que l’on donne aux rochers étroits et verticaux qui ont l’air d’être alignés, comme des tranches de pain dans un grille-pain, derrière le rocher de la Vierge ).

C’était un soir d’orage et l’Ourthe était particulièrement agitée ; le bateau de Materne était devenu incontrôlable ; au lieu de prier et d’invoquer la Vierge, Materne s’est mis à blasphémer… le naufrage était inévitable.

Depuis lors, la cloche de Saint-Laurent gît au fond de l’Ourthe et protège Comblain-la-Tour contre la foudre ;

on dit aussi que cette cloche tinte encore les soirs de la nativité.

Les moins rêveurs, prétendent que l’air froid de Noël est tellement dense que c’est en réalité le son de la cloche de Hamoir qui descend avec l’Ourthe. Quant à ceux qui ont perçu à maintes reprises le son cristallin de cette cloche, ils vous jurent qu’il provenait du milieu de la rivière, non loin du « Tourniquet ».

Ceux qui défendent la légende disent que : « Depuis lors, on ne se souvient pas d’un coup de foudre à Comblain-la-Tour… sauf à la Saint-Valentin ».

Nous, on se souvient de beaucoup de coups de foudre ; et pas qu’à la Saint Valentin.

Il y avait ceux qui résonnaient dans la vallée les soirs d’orage. Ils étaient fracassants

Et il y avait ceux qui fracassaient nos petits cœurs… et ils étaient attendrissants.

31/08/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien – https://anciensdecomblain.com/

105 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persik ; Jean-Pierre Dziewiacien ; à l’avant plan, et de dos, le séminariste : Zénon Zak ; Henri Bogdanski.
0105 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persich ; Jean-Pierre Dziewiacien ; à l’avant plan, et de dos, le séminariste : Zénon Zak ; Henri Bogdanski.
106 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persik ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Ks Kurzawa.
0106 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persich ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Ks Kurzawa ; Kazik Rzymowski.
107 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0107 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
108 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0108 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
109 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0109 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
110 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0110 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».