0347 – A Venise

Suite de nos aventures italiennes par Malvina Rusowicz :

Nous n’eûmes pas que des déconvenues durant nos vacances italiennes. Ainsi à Venise, après l’inévitable traditionnel tour en gondole, nous marchâmes longtemps, trop heureux de retrouver le plancher des vaches.

Soudain le coin d’une ruelle plus commerçante offrit à nos yeux effarés, le plus inattendu des spectacles : Dans l’angle ombragé de la venelle, un gigantesque soupirail vitré nous livra le secret d’un atelier, où trois verriers travaillaient passionnément ! Ils se mouvaient en silence, prélevant la matière molle et brûlante, au bout de longues tiges pour la modeler avec une précision chirurgicale et des outils appropriés. Avec des gestes parfaitement synchronisés, ils alliaient imagination et compétence afin de créer « l’œuvre » dans le recueillement au fond de l’atelier en sous-sol.

Ces artistes évoluaient quasi religieusement autour d’un arbre, un arbre mort … de deux pieds de haut, tout au plus, avec des branches tristement dénudées après l’hiver.

Chaque homme s’ingéniait à lui insuffler un peu de vie en l’habillant délicatement de jeunes feuilles verdoyantes, de fleurettes fraîchement écloses, de nids minuscules habités par des oiseaux imaginaires qui veillaient sur leur couvée. Rien n’y manquait, ni les nervures du feuillage ni le relief des plumes et même, détail attendrissant, certaines coquilles d’œuf commençaient à se fendiller.

J’ignore combien de temps, nous restâmes agglutinés à la vitre, à vivre, le cœur palpitant, à la résurrection de l’arbre. Depuis lors, j’éprouve toujours la même émotion, quand j’ai l’occasion d’admirer un ouvrage en provenance de Murano.

Jerzyk ne nous avait pas accompagnés sur ce coup-là ; Avec des potes français, il pensait s’offrir une glace sur une terrasse, où l’on jouait du violon … Heureusement, ils ont aperçu les tarifs avant de commander et ils ont tous décampé comme un envol de pigeons.

Je ne suis pas tout à fait sûre de cette dernière anecdote, Georges Bardo était si excité en nous la racontant et moi, encore trop hallucinée par le travail de trois maîtres verriers.

29/11/2021 – Malvina Rusowicz 

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