0218 – Notre folklore ( 4 ) : Tant pis pour les rotules

Si vous vous demandez pourquoi j’ai commencé cette évocation de notre folklore par les danses des montagnards ? Si vous vous dites : « Pourquoi n’a-t-il pas débuté cette série par le Polonez, si royal, si majestueux … ou par le Krakowiac, si connu, si emblématique du folklore polonais … ou par le Mazur, si léger, si aérien ? » … je serais contraint de vous avouer que ces souvenirs-là, ceux du góralski, sont plus présents, moins « oubliables » que les autres … ils me tiennent au corps !

À cause d’eux – ou grâce à eux – j’ai bien compris ( et à mon avis, je ne dois pas être le seul à l’avoir compris ) que nous avons plusieurs mémoires. Il y a la mémoire du cerveau, celle qui enregistre les faits les plus importants de notre existence ; il y a la mémoire du cœur, qui retient les émotions, les joies et les plaisirs, même si ces vibrations de l’âme ne sont parfois inspirées que par des choses qui peuvent paraître insignifiantes pour d’autres … et puis, il y a la mémoire des rotules …

Les miennes se souviennent … souvent.

« Hier encore » comme chantait Charles Aznavour, tout paraissait simple. Nous avions vingt ans, une souplesse à toute épreuve, un souffle sans limite. On aurait déplacé les montagnes … en commençant par les Carpates. Le corps ne se révoltait pas … pas encore ; il suivait le rythme. On se croyait invincible et on ricanait des anciens quand ils nous saoulaient avec leurs prétendues douleurs articulaires.

Aujourd’hui, à chaque fois que j’essaie d’enfiler mes chaussettes, je repense à toutes nos acrobaties ! Je me dis qu’il aurait peut-être fallu se modérer un peu, ménager la monture, sauter moins haut, ou moins souvent.

Il aurait fallu savoir, à l’époque, que nos rotules, elles, n’oublieraient jamais !

Que reste-t-il aujourd’hui de toute cette époque ? Beaucoup de bons souvenirs, à peu près le même nombre de rhumatismes, quelques rares photos, et quelques cuipagi, accrochées au mur du hall d’entrée. À présent, elles ne servent plus à grand-chose. Tout juste pourrait-on les utiliser comme béquilles … et encore.

Mais il reste quand même quelque chose qui n’a jamais vieilli … qui est resté parfaitement en état … inaltérable, inoxydable … quelque chose qui ne craint ni l’érosion du temps qui passe, ni la fureur des vents qui nous ont dispersés, ni la sécheresse de l’individualisme … cette chose merveilleuse s’appelle : notre amitié.

Alors, « Je ne regrette rien », comme disait Edith Piaf… « Non, rien de rien… ». Et tant pis pour les rotules !

C’est Anne Wuidar qui clôturera cette série consacrée aux montagnards. Dans ce quatrième extrait de son journal, elle parle des zbójniki. Nous ne connaissions que très peu de détails sur leur existence, voici de quoi nourrir notre curiosité. Merci Anne.

08/04/2019 – JP Dz

1642_KSMP_Mons
1.642 : KSMP Mons : Zbójnicki : Freddy Motala ; ( ? ) ; Didier Boucheï ; Czesiu Kucharzewski ; Géniu Bujanowski.
1643_KSMP_Mons
1.643 : KSMP Mons : Zbójnicki : Pierre Front ; Freddy Motala ; ( ? ) ; ( ? ) ; Czesiu Kucharzewski ; Géniu Bujanowski.
1644_KSMP_Mons
1.644 : KSMP Mons : Zbójnicki : Pascal Łagocki ; Michel Brzezicha ; ( ? ) ; ( ? ) ; Didier Boucheï ; Freddy Motala.
1645_KSMP_Liège
1.645 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : Aline Jarosz ; Aline Bień ; Jasiu Paluszkiewicz ; André Paterka ; ( ? ) ; ( ? ).
1646_KSMP_Liège
1.646 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : ( ? ) ; … ; ( ? ).
1647_KSMP_Liège
1.647 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : ( ? ) ; André Paterka.
1648_KSMP_Liège
1.648 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : André Paterka ; … ; Jasiu Paluszkiewicz ; ( ? ) …
1649_KSMP_Liège
1.649 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : Henri Krauza ; François Musialowicz ; Marek ? ; Zosia Zaremba ; Henri Paluszkiewicz.

LES LEGENDES GÓRALES – par Anne Wuidar

Je tiens à signaler qu’ici j’ai quasi recopié ces textes mot pour mot.

Légende de JANOSIK :

Le chef des brigands des Carpates

Le personnage de Janosik est aussi connu du côté polonais que de l’autre côté de la frontière, en Slovaquie. Nombreux furent les poèmes, les récits puis les films qui, dans l’un et l’autre pays, relatèrent les exploits de ce brigand au grand cœur.

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En fait, Janosik a réellement existé au 18ème siècle. Il est né dans le petit village perché dans les Tatras, à Techova du côté slovaque. Dès l’âge de 15 ans, il se fit remarquer pour son courage, alors que la contrée était occupée par les forces autrichiennes de l’empire des Habsbourg. Recruté de force comme gardien de prison, il s’empressa de faire évader les prisonniers politiques. A partir de ce moment, il devint un brigand des montagnes, à la tête d’une bande de hors-la-loi (les « zbójniki ») cachés dans les forêts, tantôt du côté slovaque tantôt du côté polonais.

Il s’avéra bien vite que leurs méfaits avaient des buts très généreux. Ils dépouillaient les riches voyageurs – et plus particulièrement lorsque ceux-ci étaient des Autrichiens – pour distribuer leur butin aux pauvres.

Janosik n’a jamais tué aucune de ses victimes, se contentant de les dévaliser. Il apparaît même que si un pauvre hère venait à passer et avait besoin de son aide, il s’empressait de lui porter secours. Pour ces raisons chevaleresques, parmi la population des Tatras, Janosik et ses zbójniki étaient plus admirés que craints.

Ce qui n’empêchait pas qu’il était activement recherché par les autorités autrichiennes au pouvoir et qu’un jour il fut capturé et fut condamné à mort.

Les conditions de sa mort, telles qu’elles furent relatées, sont particulièrement atroces : un crochet fut fixé à travers une de ses côtes et il fut ainsi pendu par ce crochet, lui assurant une mort aussi lente que douloureuse.

Quoi qu’il en soit, l’histoire de Janosik se double d’une légende, relatée et chantée depuis des siècles par Polonais et Slovaques :

Selon la plupart des récits, les habitants affirmaient que Janosik avait des pouvoirs surnaturels : Une résistance surhumaine aux flèches et aux balles. Si malgré cela il avait pu être blessé, il avait tôt fait de guérir ses plaies à l’aide d’une plante qu’il portait dans sa poche.

Il pouvait en outre se déplacer d’un lieu à un autre cent fois plus vite que les autres humains. On raconte aussi qu’il imprimait la paume de sa main profondément dans les roches de la montagne.

Ses dons lui avaient été prodigués par trois sorcières qu’il avait rencontrées dans la forêt alors qu’il était enfant. S’apercevant de sa vaillance précoce, elles lui firent don de trois objets magiques : un piolet, une chemise et une ceinture.

Aussi ne voyait-on jamais Janosik sans ces trois présents qui lui assuraient chance et agilité.

Néanmoins, s’il fut finalement capturé, c’est parce qu’il avait eu le malheur de tomber amoureux d’une fille perfide qui ne méritait aucunement son amour.

Tentée par l’argent que les autorités avaient promis pour sa capture, elle le dénonça, après avoir pris soin de détruire les trois dons des sorcières qui le protégeaient.

Cependant, après la mort de Janosik, les histoires des brigands mystérieux ont continué de courir, alimentant la tradition et le folklore de toute la région. Certains vieux górales vous affirmeront que si vous vous éloignez dans les forêts autour de Zakopane, vous découvrirez les repaires des bandits.

L’une des danses spectaculaires, qu’exécutent volontiers les górales, porte le nom de

« Zbójnicki ». Les danseurs miment des luttes à l’aide de leurs piolets, tout en bondissant vertigineusement.

 Légende de Bartek et des (40 😊) zbójniki

Des histoires mystérieuses couraient sur ces brigands. Ils auraient enterré de fabuleux butins dans le fond des forêts ou bien dans des grottes.

Un jeune berger, nommé Bartek, s’était aventuré très haut dans la montagne avec ses moutons. S’asseyant sur une roche, il sentit que la lourde pierre vacillait. Intrigué, il la poussa de toutes ses forces et eut la surprise de découvrir entre les roches une fabuleuse collection de bijoux et de monnaies. Il hésita à les emporter, se rappelant les bavardages d’une vieille femme qui passait un peu pour sorcière dans le village, qui prétendait que quiconque trouverait l’un des trésors laissés par les zbójniki et l’emmènerait, serait maudit.

La tentation fut plus forte que la crainte. « Après tant d’années, la malédiction qui recouvrait le butin a dû perdre de sa force », pensa-t-il.  Il décida de n’en parler cependant à personne et cacha le trésor dans sa maisonnette.  Cependant, l’été était arrivé ; les récoltes de Bartek furent réduites à néant par un violent orage ; aucune de ses brebis ne donna naissance à des agneaux cette année-là. Bref, tout allait de travers. Ses voisins s’étonnaient de sa malchance, car aucun orage ne s’était abattu sur leurs récoltes et leurs troupeaux paissaient en pleine santé.

« Pourquoi la malchance s’abat-elle sur Bartek ? » se demandaient-ils. Ce bon bougre ne le mérite vraiment pas ». Tant et si bien que Bartek prit le trésor volé et le reporta à l’endroit où il l’avait trouvé. Etrangement, la chance lui sourit à nouveau, sa récolte fut excellente et ses brebis particulièrement fécondes. Il devint un homme riche et heureux.

Amicalement vôtre : Anne Wuidar  –  wuiwui007@hotmail.com

Extrait n° 4 des « Muses Vagabondes – Petit Journal Culturel et Artistique Slave » – n° 25 de décembre 2018.

 

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