Szła dzieweczka do laseczka
Do zielonego – ha, ha, ha
Do zielonego – ha, ha, ha
Do zielonego.
Napotkała myśliweczka
Bardzo szwarnego – ha, ha, ha
Bardzo szwarnego – ha, ha, ha
Bardzo szwarnego.
Gdzie jest ta ulica, gdzie jest ten dom
Gdzie jest ta dziewczyna
Co kocham ją.
Znalazłem ulicę, znalazłem dom
Znalazłem dziewczynę
Co kocham ją.
Myśliweczku, kochaneczku
Bardzom ci rada – ha, ha, ha
Bardzom ci rada – ha, ha, ha
Bardzom ci rada.
Dałabym ci chleba z masłem
Alem go zjadła – ha, ha, ha
Alem go zjadła – ha, ha, ha
Alem go zjadła.
Gdzie jest ta ulica, gdzie jest ten dom
Gdzie jest ta dziewczyna
Co kocham ją.
Znalazłem ulicę, znalazłem dom
Znalazłem dziewczynę
Co kocham ją.
Myśliweczek bardzo szwarny,
Czarne oczka ma – ha, ha, ha
Czarne oczka ma – ha, ha, ha
Czarne oczka ma
A ta jego kochaneczka
Łezki ociera – ha, ha, ha
Łezki ociera – ha, ha, ha
Łezki ociera.
Gdzie jest ta ulica, gdzie jest ten dom
Gdzie jest ta dziewczyna
Co kocham ją.
Znalazłem ulicę, znalazłem dom
Znalazłem dziewczynę
Co kocham ją.
O cóż płaczesz, lamentujesz
Moja dziewczyno – ha, ha, ha
Moja dziewczyno – ha, ha,ha
Moja dziewczyno ?
Wypłakałaś swoje oczka
Nie miałaś o co – ha, ha, ha
Nie miałaś o co – ha, ha, ha
Nie miałaś o co.
Tak niedawno żeśmy się zjechali, a już pożegnania nadszedł czas.
Krótko żeśmy z sobą przebywali, ale wiele wspomnień łączy nas.
I choć w życiu przyjdą smutne chwile, i choć przyjdą w życiu chwile złe,
Pamięć dni spędzonych razem mile, zmaży smutek i pocieszy Cię.
My dziś z piosenką pożegnamy się
Nasza piosenka nie zakończy się
Gdy usłyszymy tej melodii ton
To w sercach naszych radość wzbudzi on.
Życie daje nam radości tyle, tyle szczęścia i cudownych chwil,
trzeba wykorzystać każdą chwilę i zapomnieć, że istnieją łzy.
I choć smutek, żal ci serce targa, w oku twym niech nie zabłyśnie łza,
bo nikt nie zrozumie, co to skarga, trzeba śmiać się, chociaż serce łka.
My dziś z piosenką pożegnamy się
Nasza piosenka nie zakończy się
Gdy usłyszymy tej melodii ton
To w sercach naszych radość wzbudzi on.
Ceux qui sont sur facebook – et qui ont tout lu – connaissent déjà la réponse. Mais CHUT… laissez réfléchir les autres.
Alors, ça vous revient ? Mais si, la dame au centre de la photo ; avec sa sacoche et sa robe à fleurs ?
Elle, elle vous a repérés. Elle vous regarde droit dans les yeux. Ce n’est pas le genre « timide ».
J’avoue que moi aussi, j’ai eu du mal. Je ne l’ai pas reconnu. Pourtant…
Allez, je vous laisse encore un petit moment pour remuer vos méninges.
Sur la photo, il y a aussi Mr Jóseph Rzemieniewski ( qui était journaliste et correspondant du journal Narodowiec ), Ks Kurzawa et Pan Jan. Et même eux, ils font mine de ne pas avoir vu la dame.
Vous donnez votre langue au chat ?……… Pani Merta
Moi aussi ça m’a fait ça : j’ai été parcouru par un frisson.
Dès que Zdzislaw Blaszka a prononcé ce mot-là, un tas d’émotions sont revenues. Mais surtout, comme une angoisse, Pani Merta est de retour. Brrr.
Je suppose que vous êtes comme moi. Ceux qui l’ont côtoyé s’en souviennent. Cette brave dame nous a laissé des séquelles, comme une empreinte douloureuse sur « la page blanche de nos innocentes adolescences » ( oui, je sais… il faut le dire vite et pas trop insister ). Ceux qui ne l’ont pas connu – les chançards – ignorent à quel point elle nous paraissait tyrannique.
Avec le recul, c’était peut-être une personne charmante ? Peut-être quelqu’un qui s’était investi de la mission ingrate de nous faire marcher droit ? Je ne l’ai pas suffisamment pratiqué pour sonder l’intérieur de cette âme-là. L’extérieur nous suffisait, et nous affichions à son égard – et uniquement en sa présence – un respect respectueux. Bref, elle nous faisait peur. Pourquoi ?
J’ai beau creuser ma mémoire, impossible de me rappeler un seul exemple pour illustrer. Ce n’est qu’un sentiment diffus et inconfortable ancré au plus profond de nos terreurs d’adolescents.
Apparemment, les filles du Limbourg ont gardé d’elle est excellent souvenir. Bizarre.
Peut-être que Pani Merta voulait seulement « protéger » les filles du Limbourg contre les garçons wallons ?
Et pourtant, nous l’avons complètement oublié. Même en regardant la photo.
C’est le fait de prononcer son nom qui a déclenché le processus de mémoire.
Et autre exemple : il y a quelque temps, en discutant avec Czesiu Kucharzewski, il a prononcé un autre nom, tout aussi, évocateur : Lothard. Ça ne vous dit rien ? Je l’avais oublié, lui aussi. Czesiu m’a rappelé ce qui suit :
« Lothard – allemand qui d’après ma mémoire ne pétait pas un mot de polonais d’où communication difficile – s’amusait à viser nos arrière-trains ( surtout celui des filles ) avec un pistolet à plomb qu’il avait acheté au petit magasin de souvenirs de Comblain.
Même si l’arme était peu puissante, cela faisait mal et ne faisait rire que lui.
Il avait réussi à mettre toute la colonie en alerte ½ journée ; on s’est tous mis en vain à sa recherche.
Monsieur s’est ramené tranquillement après quelques heures expliquant qu’il était parti pêcher au petit matin ne comprenant pas pourquoi tout le monde s’inquiétait de son absence.
Le curé allemand, entre autres, était, à raison, furibard.
J’ai sûrement oublié d’autres épisodes, mais impossible qu’il n’y en ait pas eu.
Je doute aussi qu’on lui ait permis de revenir les années suivantes. »
Pani Ludka Merta, Lothard, et beaucoup d’autres ne renaissent dans nos mémoires que si quelqu’un les évoque. Qui se souvient encore de Violette ( photo 128 ) ? et de Tam-tam ?
C’est un peu comme dans l’œuvre de Marcel Proust « Du côté de chez Swan ». Un parfum, une odeur, un mot sont autant d’invitation à la nostalgie. Sauf que nos souvenirs à nous, ils sont plutôt « Du côté de chez Wen ».
PS : Pour ceux qui n’ont pas tout lu, ou tout mémorisé, Mr et Mme Wen sont ce couple très sympa qui dirige la superette à côté du pont de Comblain-la-Tour.
0126 : COMBLAIN-LA-TOUR – Devant l’escalier latéral : Mr Jóseph Rzemieniewski ; Ks Kurzawa ; Pani Ludka Merta ; Pan Jan. ( collection Zdzisław Blaszka ).0127 : COMBLAIN-LA-TOUR – Sur l’escalier de l’entrée : Pani Duszowa, aux cheveux noirs, elle venait chaque année de Pologne pendant 2 mois pour travailler aux cuisines et restait même pour le séjour des retraités ; Mme Bardo ; Mme Koldziejka ; ( ? ) ; Pani Ludka Merta ; l’enfant ( ? ).0128 : COMBLAIN-LA-TOUR – Dans le parc : Violette ? ; Eveline Ogonowski.
Bonne nouvelle, 4 nouveaux membres ont rejoint notre petit groupe.
Dominique STEFANSKI : Ancienne de Comblain et du KSMP de Charleroi.
Vous l’avez déjà vue sur la photo 77 ( en noir et blanc ) ; vous la reconnaîtrez sur la photo 121 ( en couleur ). C’était sur le quai de la gare de Comblain. C’était encore un jour triste puisque les gens de Charleroi repartaient chez eux. Dominique est en pull jaune, c’est la première à partir de la droite.
La photo est flou malheureusement. Sur la photo 122 : Dominique aujourd’hui.
Alexandre PERSICH : Ancien de Comblain.
Vous l’aviez déjà reconnu sur les photos 105 et 106, en train d’allumer le feu ; et donc, vous ne serez pas surpris qu’aujourd’hui, il est encore et toujours en train d’allumer le feu sur la photo 123.
Même si celui-ci est plus modeste. Alexandre, tu ne changes pas.
Christian KUCINSKI : Membre toujours actif des Polonais du Centre et de l’ensemble Spotkanie.
L’ensemble Spotkanie, tout comme l’ensemble Wisła du Limbourg, sont la meilleure preuve que les polonais ne savent pas vivre sans folklore. La longévité de ces deux groupes est remarquable.
C’est le signe que, quelles que soient les épreuves, il y a toujours quelqu’un qui reprend le flambeau.
L’âme polonaise n’est pas prête de s’éteindre. Photo 124.
Piotr ROZENSKI : Ancien de Comblain et d’Heusden / Zolder.
Piotr, dont j’ai eu la chance d’être le moniteur, était déjà sur les photos 115, 116, 117, 118 et 119, au côté de Freddy Motala dont il était l’ami. Le même en plus jeune pataugeant dans l’Ourthe sur photo 125 à droite.
0077 : COMBLAIN-LA-TOUR – A la gare, le jour du départ : A l’avant-plan, les 2 petits garçons : Eric Kotarzewski ; ( ? ) ; Au premier rang : Philippe Pietka ; ( ? ) ; Maryline Stefanski ; Dominique Ogonowski ; Patricia Jakobowski ; Liliane Kieltyka ; Isabelle Swiderski ; Dominique Stefanski ; Au deuxième rang : Georges Bardo ; les sœurs Milik : Charlotte et Karine ; Fabienne Laffut.0116_1979 : COMBLAIN-LA-TOUR : Piotr Rozenski ; Freddy Motala.0121_1976 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1976 : Sur le quai de la gare : A l’avant-plan, les 2 petits garçons : Eric Kotarzewski ; ( ? ) ; Au premier rang : Philippe Pietka ; ( ? ) ; Maryline Stefanski ; Dominique Ogonowski ; Patricia Jakobowski ; Liliane Kiełtyka ; Isabelle Swiderski ; Dominique Stefanski ; Au deuxième rang : Georges Bardo ; les sœurs Milik : Charlotte et Karine ; Fabienne Laffut + Béatrice Laffut.0122 : Dominique Stefanski.0123 : Alexandre Persich.0124 : LA LOUVIERE – Stand des Polonais du Centre : Jean-Luc Dupont ; Sylvie Jelen ; Christian Kucinski.0125 : COMBLAIN-LA-TOUR – Dans l’Ourthe : Dominique Ogonowski ; avec les lunettes de soleil, Liliane Kiełtyka ; Isabelle Swiderski ; Piotr Rozenski.
Obozowe tango, śpiewam dla Ciebie,
Wiatr je niesie, las kołysze
Do snu dziewcze me.
Śpij moja kochana i czekaj na mnie ,
Może gdy się obóz skończy
Znów spotkamy się.
I choć nas dzieli,
Może tysiące wiosek i mil,
Nie zapominaj razem spędzonych chwil.
Tę leśną serenadę śpiewam dla Ciebie,
Obozowe tango, które nam wspomnienia śle.
Czy pamiętasz miła jak przy ognisku,
W ciemnym borze, na polanie
Spotkaliśmy się.
Bór nam szumiał rzewnie,
Byłaś tak blisko.
Serca nasze z żarem iskier
Połączyły się.
I choć nas dzieli,
Może tysiące wiosek i mil,
Nie zapominaj razem spędzonych chwil.
Tę leśną serenadę śpiewam dla Ciebie,
Obozowe tango, które nam wspomnienia śle.
« Ah, les jolies colonies de vacances, merci maman, merci papa.
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence.
You kaïdi aïdi aïda. »
Pierre Perret n’a pas connu Comblain-la-Tour. C’est dommage pour lui. Mais, à écouter ses paroles, on se dit qu’il a quand même dû connaître l’ambiance des colonies. Sinon comment aurait-il pu si bien les décrire ?
Bien sûr, par moments, il exagère. Quoi que…
À Comblain, on ne respirait pas « la fumée d’l’usine d’à côté » et on n’allait pas « jouer dans la décharge municipale », mais nous avions le rocher de la Vierge. L’escalader avec des dizaines de petits, c’était le sommet de l’inconscience.
Nos surveillants à nous, non plus, n’étaient pas méchants. « Ils ne ronflaient pas les trois quarts du temps », mais étaient parfois « ronds comme des queues d’pelles ». Quand on est polonais… on est polonais.
« You kaïdi aïdi aïda »
Avec l’âge, on est devenu, à notre tour, des moniteurs et des monitrices. Et on a reproduit ce qu’on avait appris.
Je n’ai pas le souvenir d’avoir puni en « attachant en plein soleil, tout nus barbouillé d’confiture ». D’ailleurs, on n’avait pas de confiture à notre disposition. Et le sirop de Liège, qu’on mangeait à 16 heures, était trop bon que pour le gaspiller. Mais nous avions nos propres méthodes. Surtout quand la troupe était difficile.
Le groupe le plus difficile que j’ai eu le « privilège » de gérer, nous a fait perdre, à mon sous-moniteur, Géniu Bujanowski, et à moi, notre patience et… quelques cheveux. Il faut dire que c’était une bande de cracs.
Le hasard avait réuni là tout ce que l’indiscipline, la provocation et la flemme avaient fait de mieux.
Impossible de les faire avancer. Impossible de les motiver. Impossible de tout.
Parmi eux, le plus terrible, c’était Freddy Motala. Celui-là était tout simplement ingérable.
Totalement rétif à toute forme d’autorité. Une véritable tête de cochon. Il ne pensait qu’à nous fausser compagnie pour « J’vous quitte là, j’vais voir ma fiancée, une vieille qu’a au moins ses dix berges ».
« You kaïdi aïdi aïda »
Le pire, c’est que c’était – déjà – un meneur et que ces conneries amusaient tellement les autres du groupe qu’ils essayaient tous de l’imiter. Il nous a épuisés Géniu et moi. D’autant plus que l’énergie qu’il fallait déployer pour contenir ses débordements, nous ne l’avions plus – ou beaucoup moins – pour draguer les filles.
Ce qui – tout le monde le comprendra – était évidemment la principale préoccupation des moniteurs.
On a donc essayé d’innover dans l’art de « mater ». Mais le bougre était coriace.
Quelques années plus tard, Freddy Motala a rejoint le KSMP de Mons. Moi, j’étais déjà parti.
Mais un jour, il est venu à la maison, avec Géniu, et nous avons reparlé de ces années autour d’un verre.
Freddy était volubile et intarissable. Il se souvenait d’une foule de détails que nous avions enterrés profondément dans nos mémoires ( sans doute, un peu, par culpabilité ). Il racontait « nos méthodes » avec un plaisir communicatif. Il riait des punitions qu’on lui affligeait et de brimades qu’il subissait.
« You kaïdi aïdi aïda »
C’est lui qui nous a rappelé que pour faire marcher la troupe, un de nous se mettait en dernier et bottait le cul du dernier enfant de la file… c’était souvent Freddy. Il bondissait alors devant, et c’est le nouveau dernier qui trinquait. Et ainsi de suite…
Il riait en racontant comment nous le faisions redescendre de son lit, dont il occupait le matelas du haut, et remonter autant de fois qu’il le fallait pour qu’il arrête de nous emm…
Il était écroulé de rire au souvenir d’avoir été enfermé, pendant la sieste, dans une armoire métallique avec des « pschitts » de bombe anti-moustiques à travers les trous d’aération. Quelle horreur !
Mais le pire de tout, c’est le jour où nous avons décidé, Géniu et moi, pour être tranquille quelques jours, de leur apprendre à danser comme des « gόrales ». Les convaincre n’a pas été compliqué. Nous leur avons expliqué que c’était pour le feu de camp. On a donc taillé, la veille, des bâtons pour en faire des « czupagis » et dès le matin, nous avons commencé un entraînement intensif. Très intensif. Très très intensif.
Bien sûr, nous savions qu’elle serait la conséquence. Nous-mêmes, pour montrer comment il convenait de faire, nous faisions preuve de beaucoup de retenue et d’économie. Eux par contre, ils y allaient de bon cœur… toute la journée. Le lendemain matin… aucun d’eux n’a su descendre les escaliers pour aller déjeuner. On a dû les porter. Les deux jours qui ont suivi, nous avons pu – enfin – draguer un peu.
«You kaïdi aïdi aïda »
À peine quelques mois plus tard, Géniu m’annonçait que Freddy s’était suicidé.
En suivant son enterrement, je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à tous ces souvenirs mémorables.
À cette tête de cochon, qui n’en faisait qu’à sa guise, mais qu’on ne pouvait qu’aimer.
Trente ans après, son souvenir reste intact. C’est bien la preuve qu’il nous manque.
Freddy, je suis sûr que tu es au paradis… J’espère que tu les fais ch… un maximum. N’hésite pas à leur pourrir leur éternité. Ils n’auraient pas dû, si vite, te reprendre à nous.
La photo 111 illustre parfaitement l’atmosphère qui régnait, à Comblain-la-Tour, dans les années 60 / 70.
On peut y voir Mr Materna, Mr Chmielecki, Mr Markiewicz, Mr Matusiewicz, Mr Michalski et Mr Mazgaj de la région de Mons ; Mr Ogonowski, Mr Rusowicz, Mr Miklusiak et Mr Szymczak de la région du Centre ; Mde Załobek de la région de Liège.
D’autres photos montrent d’autres personnes des régions de Charleroi, du Limbourg, de Bruxelles et d’ailleurs ; tous venus là pour retrouver la même chaleur et le même esprit de partage.
Il est impossible d’évoquer Comblain-la-Tour sans parler de la communauté polonaise de Belgique, sans qui rien n’aurait existé. Cette communauté, répartie principalement autour des bassins miniers wallons et flamands, s’est organisée dans toute de sorte de structures. Il y avait les KSMP, les scouts, les comités de Związek polakók, les écoles polonaises, les sociétés St-Barbe de mineurs, les dames du Rosaire, les anciens combattants,…
Tous ces groupements ont été autant de réservoirs humains, et surtout de réservoirs d’enthousiasme qui se sont déversés sur Comblain pour donner à cet endroit mythique ses années les plus fastes.
Chacun dans leur coin, ces comités étaient souvent en proie à la compétition, à la concurrence, voir aux conflits.
Les mêmes, une fois réunis autour d’un feu de camp, dans le parc de Comblain, oubliaient leurs différends, leurs différences et leurs hostilités pour se fondre, comme par magie, dans l’harmonie d’une destinée commune.
Comblain a été, de tout temps, un pont entre tous les polonais. L’esprit de Comblain peut se résumer en 2 mots : réunir et partager. Les Anciens de Comblain s’inscrivent parfaitement dans ce programme.
Ainsi pour commencer cette série qui sera consacrée à la communauté polonaise de Belgique, je veux signaler et applaudir une initiative, toute récente, et qui mérite d’être largement diffusée.
Le groupe de danses folkloriques « Spotkanie » vient d’hériter de tous les costumes du KSMP de Mons.
Il s’agit aussi bien des costumes anciens des années 60, comme des « nouveaux » acquis dans la deuxième moitié des années 70, c’est-à-dire toute la série des Łowicz et des Kaszub.
Voilà le plus bel exemple de partage et bon sens que la communauté polonaise ait eu depuis longtemps.
À l’époque, l’acquisition de ces costumes a été une aventure extraordinaire.
Pour réunir la somme d’argent nécessaire ( et colossale ), le comité du KSMP de Mons et tous les membres ont travaillé sans relâche durant plusieurs années. On a organisé une multitude de manifestations, de bals, de surboums et d’autres activités.
Pour toutes les démarches et transactions, c’est le trio composé de Zdzisław Blaszka ; Raymond Mielcarek et Christian Wala qui a mouillé sa chemise.
Savoir qu’aujourd’hui ces costumes seront portés à nouveau, est une excellente nouvelle.
Je n’ai aucun doute sur le soin que « Spotkanie » apportera à l’entretien de cet héritage.
Je suis sûr qu’ils n’oublieront pas, non plus, d’où ce trésor provient, ni combien de jeunes avant eux les ont portés. Ceci est d’autant plus important quand on regarde les photos 112 et 113 et qu’on se rend compte que :
Annick Skopp ( décédée en 2014, à gauche sur la photo 112 ) ; Richard Glogowski ( décédé en 2013 au centre de la photo 112 ) et Freddy Motala ( décédé en 1985, au centre de la photo 113 ) ont été parmi les premiers à les porter.
Ces costumes sont chargés d’histoire. Aujourd’hui, cette histoire revit, et c’est magnifique.
Je félicite donc tous ceux qui ont participé à cette donation et j’encourage tous les autres à en faire autant.
Je suis sûr qu’il y a encore, dans les armoires de nos greniers et dans les mâles de nos caves, des costumes, des accessoires, des insignes, des drapeaux, des śpiewnik, des documents, des PV de réunion, et toute de sorte de trésors qui méritent mieux que de pourrir d’indifférence.
Il ne s’agit pas de « vivre dans le passé », mais plutôt de « ne pas laisser mourir le passé ».
Il s’agit de retrouver – et de faire revivre – une part de cet enthousiasme et de cette vitalité qui a coulé dans nos veines et qu’on a laissés, trop longtemps, coaguler.
Croyez-moi, l’enthousiasme c’est le meilleur médicament contre la vieillesse.
Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.
J’vous écris une petite bafouille
Pour pas qu’vous vous fassiez d’mouron
Ici on est aux p’tits oignons
J’ai que huit ans mais je m’débrouille
J’tousse un peu à cause qu’on avale
La fumée d’l’usine d’à côté
Mais c’est en face qu’on va jouer
Dans la décharge municipale.
Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.
Pour becqu’ter on nous met à l’aise
C’est vraiment comme à la maison
Les fayots c’est du vrai béton
J’ai l’estomac comme une falaise
L’matin on va faire les poubelles
Les surveillants sont pas méchants
Ils ronflent les trois quarts du temps
Vu qu’y sont ronds comme des queues d’pelles.
Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.
Hier, j’ai glissé de sur une chaise
En f’sant pipi dans l’lavabo
J’ai l’menton en guidon d’vélo
Et trois canines au Père Lachaise
Les punitions sont plutôt dures
Le pion il a pas son pareil
Y nous attache en plein soleil
Tout nus barbouillés d’confiture.
Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.
Pour se baigner c’est l’coin tranquille
On est les seuls personne y va
On va s’tremper dans un p’tit bras
Où sortent les égouts d’la ville
Paraît qu’on a tous le typhusse
On a l’pétrus tout boutonneux
Et l’soir avant d’se mettre au pieu
On compte à çui qu’en aura l’plusse
Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.
J’vous envoie mes chers père et mère
Mes baisers les plus distingués
J’vous quitte là j’vais voir ma fiancée
Une vieille qu’a au moins ses dix berges
Les p’tits on n’a vraiment pas d’chance
On nous fait jamais voyager
Mais les grandes filles vont à Tanger
Dans l’autre colonie d’vacances.
Les jolies colonies de vacances
Merci maman, merci papa
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
You kaïdi aïdi aïda.
Allumez le feu… c’était à Comblain-la-Tour une prérogative du chef moniteur ; ce qui n’était pas forcément, à tous les coups, une partie de plaisir.
L’« Ośrodek Wakacyjny Millennium » a beau être une terre polonaise – peuplée de polonais – il n’en est pas moins situé en Belgique, où l’averse passagère succède souvent à la pluie intermittente.
Trouver du bois sec relevait, bien des fois, d’un exploit aussi difficile que de prédire une météo favorable pour un feu de camp. Mais que serait une colonie de vacances sans feux de camp.
L’utilisation d’essence, bien que formellement interdite, était régulièrement le dernier recours.
Sur la photo 105 : je m’efforce d’allumer le feu en l’arrosant d’essence ! Alexandre Persich, à mes côtés, surveille la manœuvre.
Sur la photo 106 : Ks Kurzawa vient constater de visu l’acharnement du feu à rester éteint.
Les jours de pluie à Comblain étaient des jours tristes. Impossible d’aller se promener, d’aller patauger dans l’Ourthe, de jouer dans le parc,…
La maison était alors envahie d’enfants. On ressortait les jeux de société. Partout, dans le réfectoire, dans le hall d’entrée, sous le porche, des petits groupes se formaient autour des mikados, des puzzles et des jeux de carte.
C’était le bon moment aussi pour écrire aux parents. Les enfants s’appliquaient. Mais l’imagination manquait ; alors on s’échangeait les phrases : « T’as qu’à dire qu’hier on a été jusqu’à Xhoris et qu’on s’est perdu en revenant. Même qu’on est rentré en retard à la colo, et même que les cuisinières n’étaient pas contentes ». « Moi, j’ai raconté que le groupe de garçons avait été puni parce qu’ils étaient toujours en retard pour la prière du soir ». « Moi, j’ai juste demandé de m’envoyer un peu d’argent pour aller au marché de Comblain-au-Pont ».
Il faut bien avouer, ce sont surtout les petites filles qui écrivaient. Les garçons,…
C’était le moment où la petite échoppe de Mr Bardo fonctionnait le mieux. On pouvait y acheter des timbres, des cartes postales, mais aussi des bonbons, des boissons et des glaces à l’eau.
Tout le monde essayait de s’occuper. Mais chacun avait un œil sur son occupation et un œil vers la fenêtre.
Dès que le soleil faisait mine de percer, les jeux et les papiers à lettres disparaissaient comme par miracle. Tout le monde se retrouvait dans le parc. L’herbe mouillée ne faisait peur à personne. On s’y installait sans retenue. L’important c’était d’être dehors.
Dans le parc, on se laissait envahir par un mélange d’odeurs délicieuses d’ozone, d’herbe mouillée et de liberté.
Et que dire de l’orage…
Qui d’entre nous n’a jamais vécu une soirée d’orage à Comblain-la-Tour ?
Dans cette vallée encaissée, les éclairs semblaient se répondre. C’était fracassant, assourdissant, grandiose.
Nous étions entassés à l’intérieur, souvent dans le hall. On regardait, par la fenêtre, les éléments se déchaîner. On entendait des « Oh », des « Aaaah », des « Waouh », des « J’ai peur ».
Et les filles se rapprochaient, pour avoir moins peur. Et nous les serrions dans nos bras.
Les garçons aimaient beaucoup les soirées d’orage à Comblain-l’Amour.
Mais connaissez-vous cette légende qui circule depuis longtemps dans le village de Comblain ?
Ça se passe à l’endroit du « Tourniquet » – photos 107, 108, 109 et 110 ; vous connaissez tous cet endroit. C’est là que l’Ourthe est la plus tumultueuse ; en allant vers la source, c’est juste derrière la série de chalets qui cachent à présent les remous.
On raconte qu’un radeau s’y est englouti, un soir de Noël : c’est Le mystère de la cloche de Saint-Laurent.
Le Tourniquet, en amont du village ( aussi appelé « Trou Lucas » ) a toujours été un passage difficile pour ceux qui tentaient de naviguer sur l’Ourthe. C’est donc là, qu’un soir de Noël, le radeau du mécréant Materne ( je vous jure que je n’invente rien ) a sombré au pied des « Tartines » ( les « Tartines » est le nom que l’on donne aux rochers étroits et verticaux qui ont l’air d’être alignés, comme des tranches de pain dans un grille-pain, derrière le rocher de la Vierge ).
C’était un soir d’orage et l’Ourthe était particulièrement agitée ; le bateau de Materne était devenu incontrôlable ; au lieu de prier et d’invoquer la Vierge, Materne s’est mis à blasphémer… le naufrage était inévitable.
Depuis lors, la cloche de Saint-Laurent gît au fond de l’Ourthe et protège Comblain-la-Tour contre la foudre ;
on dit aussi que cette cloche tinte encore les soirs de la nativité.
Les moins rêveurs, prétendent que l’air froid de Noël est tellement dense que c’est en réalité le son de la cloche de Hamoir qui descend avec l’Ourthe. Quant à ceux qui ont perçu à maintes reprises le son cristallin de cette cloche, ils vous jurent qu’il provenait du milieu de la rivière, non loin du « Tourniquet ».
Ceux qui défendent la légende disent que : « Depuis lors, on ne se souvient pas d’un coup de foudre à Comblain-la-Tour… sauf à la Saint-Valentin ».
Nous, on se souvient de beaucoup de coups de foudre ; et pas qu’à la Saint Valentin.
Il y avait ceux qui résonnaient dans la vallée les soirs d’orage. Ils étaient fracassants
Et il y avait ceux qui fracassaient nos petits cœurs… et ils étaient attendrissants.
0105 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persich ; Jean-Pierre Dziewiacien ; à l’avant plan, et de dos, le séminariste : Zénon Zak ; Henri Bogdanski.0106 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persich ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Ks Kurzawa ; Kazik Rzymowski.0107 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».0108 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».0109 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».0110 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
1° Génial, deux nouveaux membres nous ont rejoints :
Regina Gymza: Ancienne de Comblain et du KSMP d’Heusden / Zolder.
Regina est la première du Limbourg à nous rejoindre ; elle est très active sur Facebook/Anciens de Comblain depuis le début et son enthousiasme à rechercher d’autres Anciens de Comblain mérite d’être souligné. Merci Regina.
Sur la photo 100, vous la reconnaîtrez à gauche ; au milieu, c’est son frère, Igor Gymza et à droite Monica Nauschutz. Tous les trois s’apprêtent à partir en vélo vers Comblain … en partant de Heusden,c’était en 1974, pour y joindre les Konarski ( Danielle et ses deux frères ).
Félicitation pour cet exploit.». Regina n’a pas changé : photo 101.
( NB : Betty Nowicki était aussi du Limbourg, mais habite Charleroi depuis très longtemps )
Georges Persich: Ancien de Comblain et … bourreau des cœurs.
Vous le reconnaîtrez sur les photos 102 et 103, entouré par Dominique et Eveline Ogonowski.
Sur la photo 104, vous verrez qu’il n’a pas changé.
Georges est, à présent, un citoyen français … un de plus à nous rejoindre.
2° Je profite de l’arrivée de Regina ( et de l’arrivée prochaine de Zosia Król, de Monica Nauschutz, et des autres du Limbourg, pour lancer notre premier chantier « multilingues ». Je m’explique :
Comme toute « communauté qui se respecte », les Anciens de Comblain ont besoin d’une chanson à eux, d’un hymne, d’un cri de ralliement. Nous allons donc TOUS ENSEMBLE créer cette chanson.
L’idée c’est de partir de l’excellente chanson « C’est écrit dans le ciel » et de l’adapter à notre démarche.
Nous avons déjà le début :
« On s’est connu à Comblain
C’est écrit dans le ciel
Des souvenirs, on en a plein
C’est écrit dans le ciel
Depuis, on a fait du chemin
C’est écrit dans le ciel
Mais cette année,on revient
C’est écrit dans le ciel
Laï laï laï ….. »
La fin sera forcément en polonais :
« I że będzie nam przyjemnie
C’est écrit dans le ciel
Bo kochamy się wzajemnie
C’est écrit dans le ciel ». »
Au milieu, un couplet en polonais pourrait être :
« My nie chcemy śpiewać sami
C’est écrit dans le ciel
Więc śpiewajcie razem z nami
C’est écrit dans le ciel
Cicho i pianissimo
C’est écrit dans le ciel
A teraz fortissimo
C’est écrit dans le ciel. »
Reste à trouver 1 couplet en français, MAIS AUSSI :
– 1 ou 2 couplets en néerlandais – je compte beaucoup sur Regina, Zosia, Monica, Betty et toutes les autres du Limbourg pour écrire ces couplets
– 1 couplet en anglais ( en souvenir de … ) – Qui peut s’en charger ?
– 1 couplet en allemand ( il faudrait qu’il y figure : « Ich liebe dich » c’est la seule chose que j’ai retenu J )
– 1 couplet en italien
– et 1 couplet en turc ( Celui que Zuhal chantait déjà à Comblain à l’époque ).
L’idée, c’est d’affirmer, dès le début, nos valeurs fondamentales de tolérance universelle et absolue.
Voilà … au travail … Cette chanson, une fois terminée, sera la première de notre śpiewnik.
0100_1974 : HEUSDEN – 1974 : En route, à vélo, pour COMBLAIN : Regina Gymza ; Igor Gymza ; Monica Nauschutz.0101 : Regina Gymza0102 : COMBLAIN-LA-TOUR – Devant le perron : Dominique Ogonowski ; Georges Persich ; Eveline Ogonowski.0103 : COMBLAIN-LA-TOUR – Devant le perron : Dominique Ogonowski ; Georges Persich ; Eveline Ogonowski0104 : Georges Persich