0057 – Pourquoi « La-Tour » ?

Nous avons déjà vu pourquoi Comblain s’appelait Comblain ? Mais pourquoi Comblain-la-Tour ?

Vous avez déjà vu une tour à Comblain-la-Tour, vous ? Moi pas. La seule que nous connaissons, c’est la Tour Saint-Martin … mais elle est à Comblain-au-Pont, au-dessus de la place du marché.

Et pourtant, il y avait bien une tour qui a donné son nom à Comblain-la-Tour … mais c’était il y a longtemps.

Ce n’était d’ailleurs pas une tour isolée, mais une espèce de « maison / ferme / fortifiée » qui comprenait, à l’origine, une tour fortifiée, haute de quatre étages et coiffée d’un clocheton. L’ensemble des bâtiments était entouré d’eau et disposé en carré autour d’une cour centrale.

L’édifice aurait été construit vers l’an 1000. Il semble que le village – fief de Comblinay – doive sa naissance à l’érection de cette « tour ». En tout cas, on en fait déjà mention en 1440.

Plus tard, en 1537, Robert de la Marck s’en empare de force et s’y établi avec son épouse Cathérine Lardinois.

En 1800, la tour qui était devenue un bien de l’abbaye de Stavelot, fut vendue, lors de la révolution française, au maire Monsieur Thys. Sa famille y habita jusqu’en 1890.

Déjà à cette époque, la tour n’avait plus que trois étages et avait perdu son clocheton.

D’autres travaux y seront entrepris … qui conduiront à sa destruction.

En effet, en voulant agrandir la surface habitable, il fut décidé de procéder à l’amincissement d’un mur …

Le 10 juin 1889, à six heures du matin, la tour s’écroula et Maria, la fille qui dormait tout en haut, atterrit saine et sauve, toujours dans son lit.

La tour ne fut jamais reconstruite. Durant des années, les ruines de l’édifice s’offraient aux regards des curieux ( photos 314 à 318 ). En 1908, enfin, les ouvriers qui construisaient la ligne du vicinal vers Manhay détruisirent les pans de murs restant afin d’y faire passer les rails du vicinal. Photo 320.

Une des filles Thys de la tour, épousa un médecin, Monsieur Biron, de Filot. Celui-ci restaura la ferme et fit bâtir cette belle demeure contiguë à la grange. La Villa Biron.

Et comme déjà expliqué, Maître Detienne, qui a construit le château qui deviendra la maison polonaise ( Centre Millennium ), était le beau-fils de Monsieur Biron.

Ce qui reste de la ferme et de la tour se trouve actuellement derrière le restaurant « Grill Kasprowy ».

En résumé, c’est une tour, construite en l’an 1000, qui a donné son nom à l’endroit où – presque 1000 ans plus tard – des polonais décident d’établir le Centre Millennium, baptisé ainsi pour honorer les 1000 ans de chrétienté en Pologne. On dira que c’est le hasard. Einstein disait : « Le hasard, c’est quand Dieu décide de passer quelque part incognito ».

Je ne peux m’empêcher de penser que notre Centre Millennium a été, aussi, une sorte de Tour … de Babel.

Combien de langues différentes pouvait-on entendre durant les colonies ? Le polonais, le français, le néerlandais, l’allemand, l’anglais étaient les langues les plus courantes. Mais nous avons aussi chanté des refrains en italien, et même… en turc.

Mais à l’inverse de ce qui s’est passé à Babel, nous, quand on est arrivé, on se comprenait difficilement, mais très vite, tout le monde a parlé le même langage : celui de la tendresse.

Aussi, il est inutile d’expliquer pourquoi Nous, on l’appelait, chacun à son tour, « Comblain-l’Amour ».

11/04/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

0314
0314 : COMBLAIN-LA-TOUR : La tour construite en l’an 1000.
315
0315 : COMBLAIN-LA-TOUR : La tour construite en l’an 1000.
0316
0316 : COMBLAIN-LA-TOUR : La tour construite en l’an 1000.
0317
0317 : COMBLAIN-LA-TOUR : La tour construite en l’an 1000.
0318
0318 : COMBLAIN-LA-TOUR : La tour et la ferme.
0319
0319 : COMBLAIN-LA-TOUR : Vers la tour.
0320
0320 : COM BLAIN-LA-TOUR : La vieille tour et la ferme : A l’avant plan, la ligne du vicinal vers Manhay.

0056 – Pourquoi « Comblain » ?

Est-ce que vous vous êtes déjà demandé pourquoi Comblain s’appelle Comblain ?
Et pourquoi, Comblain-la-Tour et Comblain-au-Pont ?

Comblain-la-Tour, et sa voisine Comblain-au-Pont, étaient autrefois orthographiées : « Comblen ».
Ce nom vient du latin « confluentes » qui signifie « confluent ».
C’est-à-dire : « Endroit où deux cours d’eau se rejoignent ».
« Comblen » est devenu à la longue « Comblain ». Bon, d’accord, mais confluent de quoi ?

Pour Comblain-au-Pont, c’est évident … c’est là que l’Amblève se jette dans l’Ourthe.
Pour Comblain-la-Tour, c’est beaucoup moins évident … et pourtant, Comblain-la-Tour est bien le confluent de deux cours d’eau : l’Ourthe et le « Ry du Boé » ou « Ruisseau du Boé ».

Ce nom vous dit quelque chose ? Évidemment, c’est aussi le nom d’une rue : celle qui part du pont, vers la droite, précisément dans la direction du ruisseau. Durant nos innombrables balades à travers le village, nous avons croisé et longé ce ruisseau des quantités de fois … sans savoir qu’il s’appelait comme ça, ni que c’est à cause de lui que Comblain porte ce nom-là. Sans doute avions-nous d’autres choses en tête …

Vous ne vous en souvenez pas ? Pourtant, quand on lit la description que fait Wikipédia du ruisseau, on a l’impression de connaître tous ces lieux, d’être – presque – chez nous :

« Le ruisseau prend source à l’ouest d’Awan ( commune d’Aywaille ) à l’orée du bois Julienne. Ensuite, il coule toujours vers l’ouest dans une vallée devenant de plus en plus encaissée, passe au nord du château de Fanson ( à Xhoris dans la commune de Ferrières ) et au sud du hameau de Hoyemont ( prononcez Oimont ) dans la commune de Comblain-au-Pont. Après un parcours essentiellement boisé, le Boé passe au pied du hameau de Comblinay, ses maisons et fermes en pierre calcaire ( commune de Hamoir ) et rejoint Comblain-la-Tour à travers les prairies le long de la Rue de Comblinay, du Clos du Boé et de la Rue du Boé pour se jeter dans l’Ourthe via un souterrain sous la Rue du Vicinal et sous la ligne de chemin de fer Liège – Jemelle, non loin de la gare ferroviaire », tout près du pont.

« Le Boé a un cours assez bref de 5,5 km et une largeur de 1 à 4 mètres. Sa source se situe à une altitude de 260 m. Il se jette dans l’Ourthe à une altitude de 105 m. Mais la donnée la plus marquante est l’impressionnante déclivité de ses versants. Près de Hoyemont, la profondeur de la vallée est de 155 m et la déclivité du versant nord dépasse les 30 %. »

Tous ces lieux ont jalonné nos aventures et ont été témoins de nos émois. Le Ry du Boé nous a accompagnés régulièrement ; il nous a rafraîchi souvent ( photo 308, 309, 310 ) … et pas seulement nous ( photos 311 et 312 ).

Juste une petite parenthèse ( S’il vous plaît, à part le ruisseau, ne cherchez pas d’autres points communs entre les photos 308, 309, 310 d’une part, les photos 311, 312 d’autre part. Eveline ( Jean-Lou ), mon épouse, Dominique, ma belle-sœur et Francine, mon amie, sont des êtres sensibles. Je m’en voudrais de les jeter en pâture…).

Maintenant, vous savez que c’est grâce au Ry du Boé que Comblain s’appelle « Comblain ».

Mais je sais ce que vous allez me dire : « En regardant ces photos, on a plus l’impression de voir un « petit pipi » qu’un véritable « cours d’eau ». C’est vrai. En temps normal, le Ry du Boé n’a rien d’impressionnant ; au contraire. Mais sachez qu’en période de cru … il peut vite gonfler et s’avérer dangereux.

J’en veux pour preuve l’attention dont il fait l’objet par la Région wallonne. Sur le document 313 – Applications inondations de la Région wallonne – le Ry du Boé est largement représenté. Il doit contribuer largement aux débordements de l’Ourthe.

Notez, au passage, que sur le même document, on peut voir qu’Hamoir est aussi au confluent de deux cours d’eau : l’Ourthe et le Néblon … pourtant, le village s’appelle Hamoir et pas Comblain ! ! !

Sans doute que deux Comblains c’était assez.

Pour être complet, il faudrait évoquer aussi « Comblain-Fairon ». Sachez que cette appellation ne devrait plus être utilisée depuis 1977.  En 1977, lors de la fusion générale des communes, Fairon et Comblain-la-Tour ont été intégrées à l’entité d’Hamoir. Cette fusion annulant la précédente, elles ont retrouvé leur nom d’origine.

L’appellation Comblain-Fairon n’a donc été que provisoire… même si on la retrouve encore par-ci par-là comme sur le document 313.

Fairon est aussi un confluent, puisque c’est là que le ruisseau de Bloquay se jette dans l’Ourthe.

La suite au prochain épisode – 04/04/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

0308
0308 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le ruisseau du Boé : Eveline ( Jean-Lou ) Ogonowski.
0309
0309 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le ruisseau du Boé : Dominique Ogonowski
0310
0310 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le ruisseau du Boé : Eveline ( Jean-Lou ) Ogonowski ; Francine Załobek
0311
0311 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le ruisseau du Boé
0312
0312 : COMBLAIN-LA-TOUR : Le ruisseau du Boé
0313
0313 : COMBLAIN-LA-TOUR : Applications inondations de la Région wallonne

 

0021 – La pluie et l’orage sur Comblain

La pluie et l’orage sur Comblain :

Allumez le feu… c’était à Comblain-la-Tour une prérogative du chef moniteur ; ce qui n’était pas forcément, à tous les coups, une partie de plaisir.

L’« Ośrodek Wakacyjny Millennium » a beau être une terre polonaise – peuplée de polonais – il n’en est pas moins situé en Belgique, où l’averse passagère succède souvent à la pluie intermittente.

Trouver du bois sec relevait, bien des fois, d’un exploit aussi difficile que de prédire une météo favorable pour un feu de camp. Mais que serait une colonie de vacances sans feux de camp.

L’utilisation d’essence, bien que formellement interdite, était régulièrement le dernier recours.

Sur la photo 105 : je m’efforce d’allumer le feu en l’arrosant d’essence ! Alexandre Persich, à mes côtés, surveille la manœuvre.

Sur la photo 106 : Ks Kurzawa vient constater de visu l’acharnement du feu à rester éteint.

Les jours de pluie à Comblain étaient des jours tristes. Impossible d’aller se promener, d’aller patauger dans l’Ourthe, de jouer dans le parc,…

La maison était alors envahie d’enfants. On ressortait les jeux de société. Partout, dans le réfectoire, dans le hall d’entrée, sous le porche, des petits groupes se formaient autour des mikados, des puzzles et des jeux de carte.

C’était le bon moment aussi pour écrire aux parents. Les enfants s’appliquaient. Mais l’imagination manquait ; alors on s’échangeait les phrases : « T’as qu’à dire qu’hier on a été jusqu’à Xhoris et qu’on s’est perdu en revenant. Même qu’on est rentré en retard à la colo, et même que les cuisinières n’étaient pas contentes ». « Moi, j’ai raconté que le groupe de garçons avait été puni parce qu’ils étaient toujours en retard pour la prière du soir ». « Moi, j’ai juste demandé de m’envoyer un peu d’argent pour aller au marché de Comblain-au-Pont ».

Il faut bien avouer, ce sont surtout les petites filles qui écrivaient. Les garçons,…

C’était le moment où la petite échoppe de Mr Bardo fonctionnait le mieux. On pouvait y acheter des timbres, des cartes postales, mais aussi des bonbons, des boissons et des glaces à l’eau.

Tout le monde essayait de s’occuper. Mais chacun avait un œil sur son occupation et un œil vers la fenêtre.

Dès que le soleil faisait mine de percer, les jeux et les papiers à lettres disparaissaient comme par miracle. Tout le monde se retrouvait dans le parc. L’herbe mouillée ne faisait peur à personne. On s’y installait sans retenue. L’important c’était d’être dehors.

Dans le parc, on se laissait envahir par un mélange d’odeurs délicieuses d’ozone, d’herbe mouillée et de liberté.

Et que dire de l’orage

Qui d’entre nous n’a jamais vécu une soirée d’orage à Comblain-la-Tour ?

Dans cette vallée encaissée, les éclairs semblaient se répondre. C’était fracassant, assourdissant, grandiose.

Nous étions entassés à l’intérieur, souvent dans le hall. On regardait, par la fenêtre, les éléments se déchaîner. On entendait des « Oh », des « Aaaah », des « Waouh », des « J’ai peur ».

Et les filles se rapprochaient, pour avoir moins peur. Et nous les serrions dans nos bras.

Les garçons aimaient beaucoup les soirées d’orage à Comblain-l’Amour.

Mais connaissez-vous cette légende qui circule depuis longtemps dans le village de Comblain ?

Ça se passe à l’endroit du « Tourniquet » – photos 107, 108, 109 et 110 ; vous connaissez tous cet endroit. C’est là que l’Ourthe est la plus tumultueuse ; en allant vers la source, c’est juste derrière la série de chalets qui cachent à présent les remous.

On raconte qu’un radeau s’y est englouti, un soir de Noël : c’est Le mystère de la cloche de Saint-Laurent.

Le Tourniquet, en amont du village ( aussi appelé « Trou Lucas » ) a toujours été un passage difficile pour ceux qui tentaient de naviguer sur l’Ourthe. C’est donc là, qu’un soir de Noël, le radeau du mécréant Materne ( je vous jure que je n’invente rien ) a sombré au pied des « Tartines » ( les « Tartines » est le nom que l’on donne aux rochers étroits et verticaux qui ont l’air d’être alignés, comme des tranches de pain dans un grille-pain, derrière le rocher de la Vierge ).

C’était un soir d’orage et l’Ourthe était particulièrement agitée ; le bateau de Materne était devenu incontrôlable ; au lieu de prier et d’invoquer la Vierge, Materne s’est mis à blasphémer… le naufrage était inévitable.

Depuis lors, la cloche de Saint-Laurent gît au fond de l’Ourthe et protège Comblain-la-Tour contre la foudre ;

on dit aussi que cette cloche tinte encore les soirs de la nativité.

Les moins rêveurs, prétendent que l’air froid de Noël est tellement dense que c’est en réalité le son de la cloche de Hamoir qui descend avec l’Ourthe. Quant à ceux qui ont perçu à maintes reprises le son cristallin de cette cloche, ils vous jurent qu’il provenait du milieu de la rivière, non loin du « Tourniquet ».

Ceux qui défendent la légende disent que : « Depuis lors, on ne se souvient pas d’un coup de foudre à Comblain-la-Tour… sauf à la Saint-Valentin ».

Nous, on se souvient de beaucoup de coups de foudre ; et pas qu’à la Saint Valentin.

Il y avait ceux qui résonnaient dans la vallée les soirs d’orage. Ils étaient fracassants

Et il y avait ceux qui fracassaient nos petits cœurs… et ils étaient attendrissants.

31/08/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien – https://anciensdecomblain.com/

105 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persik ; Jean-Pierre Dziewiacien ; à l’avant plan, et de dos, le séminariste : Zénon Zak ; Henri Bogdanski.
0105 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persich ; Jean-Pierre Dziewiacien ; à l’avant plan, et de dos, le séminariste : Zénon Zak ; Henri Bogdanski.
106 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persik ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Ks Kurzawa.
0106 : COMBLAIN-LA-TOUR – Ognisko : Alexandre Persich ; Jean-Pierre Dziewiacien ; Ks Kurzawa ; Kazik Rzymowski.
107 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0107 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
108 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0108 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
109 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0109 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
110 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».
0110 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : L’Ourthe, au lieu dit « le Tourniquet ».

0016 – La Place du Wez

Les promenades ( épisode 4 ) : la Place du Wez

Vous rappelez-vous de la jolie Place du Wez ?

Mais si, cette petite place à 300 mètres du centre polonais ? Elle était coincée entre l’Ourthe et le remblai du chemin de fer.

Même que sur le coin, il y avait le magasin de souvenirs. En revenant d’excursion, on s’y rassemblait pour renter ensemble à la colonie.

C’était devenu une tradition. Chacun marchait à son rythme, parfois main dans la main, et nos files s’étiraient à travers le village.

Ça discutait, ça gesticulait, ça chahutait, mais à l’approche de chez nous, il fallait montrer que nous étions « sérieux ».

Alors, on s’arrêtait sur la Place du Wez, pour s’attendre. Certains s’asseyaient sur les bords des vitres du magasin de souvenirs. D’autres en profitaient pour y faire des emplettes. On en ressortait, là avec un joli canif, là avec un bibelot pour ramener à la maison, là avec une peluche pour offrir à celle qui nous avait tenu la main, tout au long du chemin.

On allait voir les biches aussi… tout au bout de la place, le long de l’Ourthe, un petit sentier vers la droite, à quelques dizaines de mètres. On aurait dit que les biches nous attendaient. Elles étaient adorables.

Aujourd’hui, le magasin de souvenirs a disparu. Il a été remplacé par une… pharmacie ! ! !

À croire que, quand les souvenirs ne paraissent plus importants, on finit par avoir besoin d’autres médicaments.

Mais savez-vous pourquoi cette jolie place s’appelle la Place du Wez ?

Le mot « Wez » signifie littéralement « gué », c’est-à-dire un endroit où on pouvait traverser l’Ourthe à pied sec.

Du temps des « bètchètes » ( ces petites barques à fond plat ), les mariniers venaient s’y amarrer pour la nuit.

Depuis la construction du pont ( en 1873 ) l’accès au Wez ne servait plus que comme abreuvoir aux vaches et aux chèvres  ( photo 85 ). Un petit escalier permettait aux ménagères de puiser de l’eau sans se mouiller les pieds.

En 1914, les fantassins allemands – qui ont occupé, avant nous, le château qui deviendra la colonie – craignant que le pont ne soit miné, traversèrent l’Ourthe par ce Wez. Avant de construire une passerelle juste devant ce qui deviendra le Centre Millennium. Mais ça, c’est une autre histoire sur laquelle nous reviendront.

Jadis, de magnifiques tilleuls ombrageaient avantageusement la petite place. Ils ont malheureusement disparu ( Photo 88 ).

Par contre, ce qui n’a pas disparu, c’est la plaque « Times Square », offerte par le maire de New-York au temps du festival de Jazz.

En septembre 1944, une unité des panzers de « Das Reich » traversa à Comblain-la-Tour sur l’unique pont encore intact sur l’Ourthe.

Elle se rassembla Place du Wez où elle se camoufla avec les perches à haricots des jardins, espérant échapper aux avions de chasse anglais.

Nous aussi, on se rassemblait là, mais c’était juste pour donner fière allure à la troupe. Les garçons reboutonnaient leurs chemises ; remettaient d’aplomb leurs casquettes ; lâchaient les mains des filles. On se rangeait en deux belles files indiennes et on partait en chantant fort :

« Jak dobrze nam zdobywać góry

I młodą piersią chłonąć wiatr,

Prężnymi stopy deptać chmury

I palce ranić o szczyt Tart »

Et en criant, de plus en plus fort, au moment d’entrer dans la cour de la maison polonaise :

« Mieć w uszach szum, strumieni śpiew,

A w żyłach roztętnioną kew »

Et finalement en hurlant, pour montrer que nous étions de retour :

« Hejże hej ! Hejże hej !

Hejże ha !Hejże ha !

Żyjmy więc, póki czas,

Bo kto wie, bo kto zna,

Kiedy znowu ujrzym was »

17/08/2015  – Jean-Pierre Dziewiacien – https://anciensdecomblain.com/

0085 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0085 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0086 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0086 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0087 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0087 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0088 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0088 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0089 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez
0089 : COMBLAIN-LA-TOUR – Carte postale : Place du Wez