0160 – Monsieur Józef Zaniewski

Voici donc, le 3ème opus des textes consacrés à ces personnages que nous avons tant côtoyés à Comblain-la-Tour mais qui « revenaient de l’enfer ». Cette fois-ci, c’est Monsieur Józef Zaniewski qui décrit son calvaire.

Ses mémoires, comme celles de Ks Kurzawa et de Pan Bardo avant lui, sont extraites du livre :
« Biografia byłych więźniów politycznych niemieckich obozów koncentracyjnych » ( Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands ).

Pour nous, qui nous sommes donné comme mission d’entretenir la mémoire de la communauté polonaise de Belgique, il est essentiel de rappeler ce passé là aussi. L’âme polonaise s’explique aussi par sa faculté de résister et de croire en l’avenir. Au moment de l’achat du Centre Millennium, Monsieur Józef Zaniewski faisait partie des généreux donateurs, il a fait un prêt de 100.000 BEF remboursable en 15 ans.

Le gigantesque travail de traduction est réalisé, comme à chaque fois, par André Karasiński.

Voici comment André présente ce document : « Ce témoignage est très précis au point qu’il peut sembler froid et détaché. On a l’impression que Jozef Zaniewski est un spectateur qui relate sa propre histoire tragique. Sans doute sa formation d’ingénieur explique-t-elle sa démarche. Personnellement je trouve que ce témoignage, que j’aime beaucoup, complète très bien celui de Ks. Kurzawa, très intellectuel et philosophique ainsi que celui de Zbigniew Bardo, plus simple, plus émotionnel. ».

Combat de boxe au camp de concentration …

Par Józef Zaniewski – Belgique

Je suis né le 2.IX.1912 au domaine Otkienszczyzna, dans le district de Suwałki. Je réside en Belgique. J’ai été arrêté par la gestapo le 15.VIII.1943 à Varsovie.

Après avoir été auditionné allée Szucha, j’ai été transféré à la prison de la rue Pawia1 où j’ai séjourné jusqu’au 26.VIII.1943. Durant cette période, j’ai été interrogé trois fois par des « spécialistes » SS, confronté à d’autres prisonniers sur place, transféré deux fois pour interrogatoire dans les bâtiments de la gestapo de l’allée Szucha. De ces interrogatoires, je garde le souvenir de la file d’attente dans ce qu’on appelait « le tramway ».

Fin août 1943, dans des conditions bestiales, traité comme un animal, j’ai été transféré à Auschwitz-Birkenau. A la gare, entourés par un groupe de SS, débarqués précipitamment (schnell, schnell), traqués par des chiens, nous avons été amenés aux bains. Après m’avoir rasé la tête, on m’a attribué le n° 150 554. Ensuite, on nous a placés en quarantaine.

Ce fut le début de l’enfer. Je vais vous en narrer certains faits :

Séances d’entraînement disciplinaire. Ces séances avaient lieu dans des fossés remplis de boue ; nous étions encerclés par des chefs de bloc et des kapos munis de bâtons et de pelles. Parmi les exercices habituels, il y avait la flexion-extension des jambes, les bras chargés de lourdes pierres et la succession de « à terre-debout ». Suivait le traditionnel « hüpfen2, hüpfen, schnell » agrémenté d’une séance de coups portés au malheureux qui, exténué, avait chancelé dans les rangs.

Un jour, à la fin d’un « entraînement », on nous refoule vers un baraquement vide avec une porte de chaque côté et une cloison centrale. Les prisonniers martyrisés, fuyant leurs tortionnaires, s’agglutinent le plus loin possible de l’entrée et de leurs tyrans c’est-à-dire près de la cloison. A ce moment, la porte de la cloison s’ouvre et surgissent quelques chefs de bloc armés de bâtons qui éparpillent à grands cris le groupe vers la gauche et la droite. S’ensuivent débandade, cris d’effroi et fuite vers la porte d’entrée qui entretemps avait été refermée. Un engorgement se crée, les gens tombent, d’autres, qui veulent échapper aux coups, piétinent ces infortunés afin de se retrouver le plus rapidement possible à l’extérieur.

Accueil d’un Zugang. Le deuxième souvenir de la quarantaine est le traitement infligé à des nouveaux arrivants. Vers midi, on amène au camp un groupe de villageois de la région de Radom. Alignés en rangs, ils attendent leur ration de nourriture et l’attribution de leur bloc. Le soir est tombé, les prisonniers du camp ont rejoint leurs blocs et le silence s’est installé. Soudain, une grande confusion semble régner à l’extérieur, on entend des cris et puis des rafales de mitrailleuse tirées depuis les miradors. Il s’avère que, fatigués par leur long voyage, affamés, les membres du « Zugang » ont eu l’outrecuidance de réclamer la ration de nourriture qui leur était due. Aucun d’entre eux ne savait encore qu’au camp, hormis les coups de bâtons et les balles, rien n’était dû aux prisonniers. Aucun ne savait non plus que leur pitance serait partagée entre les chefs de bloc et les SS. Le groupe a été terrorisé à un tel point que quelques-uns, pensant trouver leur salut dans la fuite, face à la bande de chefs de bloc, pour la plupart des Allemands avec des triangles verts3, se sont approchés inconsciemment de l’enceinte barbelée et  ont été abattus par les gardes SS.

Quelques instants plus tard, le « Lagerältester »4 – un Allemand portant également le triangle vert – avec quelques chefs de bloc, pousse un vieillard du nouveau groupe dans le bloc 2, mon bloc. Déjà battu et désorienté, ce prisonnier est à nouveau brutalisé devant les autres détenus : on lui assène des coups avec une pelle jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Lorsque le manche de la pelle s’est rompu, un des chefs de bloc a donné au tortionnaire son bâton et le « prisonnier politique » a été assassiné de manière bestiale. Ensuite, le « Lagerältester » a ordonné au « sztubowy »5 d’évacuer le cadavre et de nettoyer les traces de sang puis il a appellé deux prisonniers qu’il connaissait bien, des boxeurs (Czortek et Chmielewski), et les a contraints à disputer un match de boxe sur le lieu même de l’exécution. Après ce combat, je m’en souviens, les deux boxeurs sont retournés dans leur couchette les yeux remplis de larmes. Apparemment, l’odeur de sang frais ne s’était pas encore complètement dissipée … A la fin, le tortionnaire principal s’est adressé aux prisonniers du bloc en ces termes :

« Savez-vous ce qu’il s’est passé ici ? Il y a eu un combat de boxe et rien de plus ! » Et personne ne s’est aventuré à murmurer ne fût-ce qu’un mot sur ce qui s’était produit juste avant.

Souvenirs du camp de travail. Incorporé dans un commando qui partait travailler à l’extérieur du camp, j’ai eu la possibilité, durant l’été et l’automne 1944, d’observer l’arrivée de nombreux nouveaux transports : la sélection sur le quai de Brzezinka6, le désespoir des parents et des enfants que l’on sépare. Une partie des arrivants étaient affectés au camp et les autres dirigés directement vers le crématorium. Pour ces derniers, cela commençait par un « bain » obligatoire dans un bâtiment attenant. Le scénario était le suivant : introduction dans les « bains », souvent en poussant les réticents.  Des scènes dramatiques se déroulaient parfois, de gens se rendant compte au dernier moment en quoi consistait cette « douche ». Puis fermeture bruyante des portes et admission du gaz Cyklon n° 27. Après environ une minute et demie, j’entendais des cris effroyables devenant petit à petit inaudibles et enfin un silence profond s’installait.

Transfert. À l’automne 1944, j’ai été emmené dans un camp de transit près de Berlin dans des bâtiments de la firme Heinkel8. On y a dormi à même le béton, sans couverture, dans des conditions inhumaines. Ensuite, j’ai été transféré au camp de Sachsenhausen où on m’a attribué le n° 113 282. Peu de temps après, nouveau transfert dans un camp plus petit dans un commando de travail dénommé « Klinkiernia ». Nous y avons été les témoins oculaires de fréquents raids aériens sur Berlin. C’est ainsi que le 20.IV.1945, voyant le largage des bombes, nous réjouissions-nous de cette orientation prise par la justice. Mais cette fois, les bombes commencèrent à exploser à côté de nous. Il y eut un début de panique, on cherchait n’importe quel endroit où se cacher ; dans le bunker, si on y trouvait de la place. Je fus un de ces chanceux. Quelques minutes d’attaque nous semblèrent une éternité. Le bunker tanguait au rythme des bombes. Heureusement, elles épargnèrent justement cette parcelle de terrain. Après la fin de l’alarme, nous avons contemplé un tableau de malheur et de désespoir. Le fer, les hangars en béton de la Klinkiernia9 étaient éparpillés sur le sol, il n’en restait que des débris. Le résultat fut que, le jour même, les survivants furent ramenés au camp principal de Sachsenhausen. De notre commando comptant près de 3.000 prisonniers, une bonne centaine seulement revinrent au camp.

Evacuation ultérieure. Après quelques jours, nouvelle évacuation. Départ du camp et marche vers ce qui était alors pour nous une destination inconnue et qui s’avéra être Lübeck. Notre affectation : les navires bombardés. Durant la marche, interdiction de faiblir ou de s’écarter du groupe. En cas de désobéissance, un SS s’arrêtait à côté du malchanceux, on entendait le bruit d’un tir et les randonneurs continuaient à réciter : « Seigneur, donne-lui le repos éternel »… En raison de l’avancée des fronts de l’Est et de l’Ouest, la situation générale devint incertaine. Aussi, pendant une semaine restâmes-nous à la lisière des forêts. Nous dormions à la belle étoile et ne recevions aucune nourriture, à l’affût du bruit du cliquetis fatal d’une arme. Un jour enfin retentit l’ordre de départ. Je dois mentionner ici un fait inoubliable illustrant l’amitié qui  régnait au camp. Epuisé par la marche et le manque de nourriture et d’eau, je m’évanouis pendant l’appel. Grâce à l’aide de mes codétenus (ceux de Auschwitz) j’ai pu me relever et, soutenus par eux, rejoindre l’étape suivante. C’est comme cela que, quelques jours avant la libération, j’ai pu échapper au sort de ceux qui n’arrivaient pas à suivre le groupe.

Enfin, le 2.V.1945, la pause de la mi-journée se prolonge. En regardant autour de nous, nous constatons qu’il n’y a plus de gardes : nous sommes enfin libres mais toujours encerclés par les Allemands. Cela se passait dans la forêt près de Schwerin. Nous prenons rapidement la décision de marcher vers cette ville (10 km).

Peu avant Schwerin, nous apercevons un soldat anglais et la ville est abandonnée. Nous passons la nuit dans un parc à la belle étoile. Le lendemain, c’est ce beau jour du 3 mai  et nous le fêtons spontanément dans toute la ville, avec le sentiment de nous être affranchis et d’avoir enfin retrouvé la liberté…

La liberté. Par la suite, camp des anciens prisonniers politiques à Schwerin puis à Lübeck. Prise de contact avec mes frères, Edouard prisonnier de guerre à Murnau et Romuald, prêtre, prisonnier politique lui-aussi, interné aux camps de Neugamen et de Dachau et qui résidait déjà à Leuven en Belgique. Suite à ces contacts, je pars pour faire des études en Belgique. Titulaire d’un titre d’ingénieur de la Polytechnique de Varsovie, j’obtiens un dipôme complémentaire d’ingénieur en constructions navales. Cela va me permettre de décrocher un emploi dans le plus grand chantier naval belge de réparation de navires, « Mercantile Marine Engineering » et de m’installer définitivement dans la ville portuaire d’Anvers.

Entretemps, je contacte mon amie de Varsovie, elle-aussi ancienne internée du camp de Ravensbrück, Eugenia Szyszkowska, séjournant alors en Suisse. Je la convie à venir en Belgique et nous nous marions en 1947.

Actuellement, avec mes amis, nous sommes toujours en procès avec la Bundesrepublik pour obtenir  le rembousement des frais médicaux engagés pour retrouver la santé.

Texte de Monsieur Józef Zaniewski – Traduction d’André Karasiński

[1] NdT : La « ulica Pawia – rue du Paon » a donné son nom à la prison – Pawiak – qui y a été construite en 1835. Ce fut la principale prison pour hommes de Varsovie. Après l’invasion de la Pologne par les Allemands en 1939, les locaux ont été transformés en prison de la Gestapo et firent partie du camp de concentration de Varsovie.

2 NdT : le verbe allemand « hüpfen » se traduit par sauter, bondir

3 Grüne « Vert », prisonnier de droit commun portant un triangle vert sur ses vêtements. Ce seront souvent des bourreaux sadiques et sans pitié pour les prisonniers, car les « verts » constituent en général l’encadrement des détenus (Blockälteste », Kapos…)

4 Doyen du camp : détenu ayant la responsabilité de la gestion interne du camp. Il est placé sous l’autorité directe du Lagerführer SS. C’est la plupart du temps un droit commun. Le suffixe « Ältester » qui signifie littéralement « le doyen d’âge » n’est qu’une formule vide de sens. Ce n’est pratiquement jamais le plus âgé.

5 Stube : terme allemand pour désigner la chambre des prisonniers ; traduit en polonais par sztuba. Sztubowy était un prisonnier chargé de l’entretien de la chambre.

6 NdT : Birkenau

7 NdT : Zyklon B

8 NdT : Heinkel Flugzeugwerke était une société allemande de fabrication d’avions fondée par Ernst Heinkel. Durant la Seconde Guerre mondiale, constructeur de bombardiers pour la Luftwaffe.

9 NdT : le substantif allemand Klinker se traduit par mâchefer, scorie, déchet qui sort du fer soumis à la forge, au fourneau, ou battu rouge sur l’enclume La Klinkiernia était peut-être une forge ? Il pourrait aussi s’agir d’une briqueterie ?

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1.124 : Monsieur Józef Zaniewski. Extrait du livre : « Biografia byłych więźniów politycznych niemieckich obozów koncentracyjnych » ( Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands ) – page 270.
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1.125 : Monsieur Józef Zaniewski. Extrait du livre : « Biografia byłych więźniów politycznych niemieckich obozów koncentracyjnych » ( Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands ) – page 271.

 

Śpiewnik – 092 – Dziura w desce

https://www.youtube.com/watch?v=1pDrL6Jjf_c

Wysokie płoty tato grodził,
Wysokie płoty tato grodził,

Żeby do Kasi, do Kasi żeby,
Żeby do Kasi nikt nie chodził.
Żeby do Kasi, do Kasi żeby
Żeby do Kasi nikt nie chodził.

Ale ta Kasia mądra była,
Ale ta Kasia mądra była,

I dziurę w desce, i w desce dziurę,
I dziurę w desce wywierciła.
I dziurę w desce, i w desce dziurę,
I dziurę w desce wywierciła.

Oj, żeby nie ta dziura w desce,
Oj, żeby nie ta dziura w desce,

Byłaby Kasia, Kasia by była,
Byłaby Kasia panną jeszcze.
Byłaby Kasia, Kasia by była,
Byłaby Kasia panną jeszcze.

Ale ta deska przeszkodziła,
Ale ta deska przeszkodziła,

Kasia się panną, panną się Kasia,
Kasia się panną nie nabyła.
Kasia się panną, panną się Kasia,
Kasia się panną nie nabyła.

Oj ! nie pomogą tato płoty,
Oj ! nie pomogą tato płoty,

Gdy Kasia rada, gdy rada Kasia,
Gdy Kasia rada na zaloty.
Gdy Kasia rada, gdy rada Kasia,
Gdy Kasia rada na zaloty.

0159 – Madame Bardo

Du couple formé par Pan et Pani Bardo, on retiendra surtout l’incroyable vivacité de Monsieur … toujours en mouvement, toujours en train de courir, de sourire, de s’agiter, de travailler. Véritable Zébulon, monté sur ressort et chargé comme une pile atomique, il en faisait des kilomètres sur sa journée. Après ça, on pensait qu’il avait besoin de dormir … pour récupérer … que nenni ! Il faut croire que sa lampe de poche souffrait d’insomnie, tellement il se sentait obligé de la promener partout, dans les couloirs, dans tous les recoins de la maison et du parc, jusque très tard dans la nuit. Quand dormait-il ?

Nous le soupçonnions d’être équipé d’une oreille bionique et d’un sixième sens extraordinaire … sinon comment aurait-il fait pour être partout, et surtout là où on ne l’attendait pas ? Il était capable de nous prendre la main dans le sac, avant même que le sac ne soit ouvert. C’est ça l’expérience ! Il y en a même qui disent qu’il aurait eu le don d’ubiquité … Finalement, les seuls moments où il s’arrêtait, c’était quelques secondes quand on lui demandait de faire une photo.

De Madame, on retiendra surtout le sourire plein de tendresse et de douceur. Si Comblain-la-Tour devait être représenté par un seul visage, c’est sans nul doute le sien qui serait le plus représentatif.

Elle a connu tout le monde. Présente dès les premières années, son dévouement au service de la communauté polonaise n’a connu aucun répit au cours du temps. Du coup, elle en a vu passer des enfants, des ados, des moniteurs, des monitrices, mais aussi des cuisinières, des factotums, et tous les parents qui passaient par Comblain. Pour chacun, elle avait un sourire et quelques phrases accueillantes et apaisantes. On aurait dit, que la nature, qui est bien faite, les avait réunis – elle si douce et lui si speed – l’un pour compenser l’autre … l’autre pour équilibrer l’un. Saviez-vous que Pani Bardo avait aussi été monitrice la première année ?

La dernière fois que j’ai eu le plaisir de la revoir, c’était fin des années 199.., peut-être 1999 ? En arrivant à Comblain-la-Tour, comme ça à l’improviste, alors que je n’y avais plus mis les pieds depuis tant d’années, je n’imaginais pas qu’elle puisse être encore là … Quand je l’ai aperçue, perchée sur le perron, je me suis dit : « Quel bonheur, ici rien n’a changé ! ». Quand à son tour elle nous a aperçus, Eveline et moi, on lisait sur son visage qu’elle nous avait reconnus, mais que c’était devenu impossible de mettre un nom sur nos visages.

Nous nous sommes approchés, nous l’avons embrassée, et pour répondre à la question que ses yeux posaient, on s’est présenté. On a vu alors son sourire s’illuminer. « Ah, oui … je me souviens ! ». Sa mémoire revenait et éclairait son sourire, comme un rayon de soleil après une matinée brumeuse … Maintenant, elle se souvenait de la maman d’Eveline et de la mienne … des petites bêtises qu’ensemble elles avaient vécues dans la cuisine et ailleurs. Le souvenir des papas reprenait forme aussi. Elle resituait des épisodes lointains qu’elle s’étonnait que nous ignorions. Et quand son mari est apparu dans l’encoignure de la porte, elle s’est empressée de lui dire : « Tu les reconnais ? C’est la fille d’Ogonowski et le fils de Martha ».

Les cheveux gris du couple nous paraissaient tellement inattendus … comme si eux ne pouvaient pas vieillir.
Bien sûr, Pan Bardo n’avait plus cette énergie qu’on lui avait connue ; il semblait fatigué, mais quel plaisir de voir son sourire intact et son enthousiasme toujours aussi communicatif. Dieu merci, le destin avait compris que ces deux-là étaient inséparables … il n’avait pas osé les séparer. Nous avons évoqué quelques souvenirs, quelques banalités, dans un polonais de plus en plus approximatif … Je m’en suis voulu de ne pas pouvoir leur offrir mieux … eux qui ont tant fait pour nous apprendre à parler et à chanter en polonais.

Pani Bardo se souvenait, à présent, de nos ognisko … elle se rappelait qu’elle aimait venir s’asseoir à côté d’Eveline et Dominique pour chanter sa chanson préférée « Colonine Tango » …

« I choć nas dzieli,
Może tysiące wiosek i mil,
Nie zapominaj razem spędzonych chwil.
Tę leśną serenadę śpiewam dla Ciebie,
Colonine tango, które nam wspomnienia śle 
».

Ensuite, nous sommes repartis après les avoir embrassés une dernière fois.

Sur la route du retour, avec Eveline, nous partagions nos impressions ; on se disait : « Quel couple fusionnel … ces deux-là ne pourraient pas vivre l’un sans l’autre ». Les revoir après tant d’années, les cheveux gris et la mémoire défaillante, nous a profondément touchés. Madame Bardo, celle qui connaissait mieux que personne tous les polonais qui passaient par Comblain … la mémoire des lieux … la seule qui savait les prénoms et les noms de tous les enfants … qui avait pris la peine, et le temps, d’écouter chacun de nous, de consoler les uns et de rire avec les autres … Madame Bardo commençait à ne plus se souvenir de nous … Peut-être que sa mémoire était trop pleine de nous … peut-être que son cœur débordait de cette gentillesse qu’elle avait en trop ?

Quelque temps plus tard, nous avons appris, par hasard, qu’elle nous avait quittés … et que son mari l’avait suivi peu de temps après. Ils n’auraient pas supporté de vivre l’un sans l’autre.

Madame, soyez rassurée, le souvenir de tout ce qui s’est passé à Comblain est inscrit profondément en nous. Vous étiez comme un livre ouvert où chaque page racontait une tranche de vie de Comblain … Vous étiez comme une petite encyclopédie recueillant des connaissances sur tout et tous … Vous nous avez donné l’envie de ne rien oublier … jamais. Ces souvenirs ont laissé tant de traces en chacun de nous qu’on s’est donné pour mission de les entretenir, de les perpétuer en revisitant les années « Comblain », pour capter, inscrire et faire vivre cette mémoire …

On vous le doit bien … Cette histoire, que vous avez tant contribué à écrire, on fera tout pour qu’elle continue de rayonner et qu’elle s’éparpille, ici et là, au gré du temps … Chacun de ces souvenirs est comme une petite graine qu’on aurait plantée en nous … qui a trouvé là un terrain fertile … et qui commence à ressembler à un magnifique jardin qui s’appelle « les Anciens de Comblain ».

Madame … nous ne sommes pas près de vous oublier …

26/02/2018 – JP Dz

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1.115 : COMBLAIN-LA-TOUR : La famille Bardo au complet : Jerzy Bardo ; Pani Bardo ; Pan Bardo ; Alice Bardo ; André Bardo.
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1.116 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le perron : A l’avant plan : Zdzisław Blaszka ; Pani Bardo. A l’arrière plan : Elzbieta Kowalska ; Danielle Mironczyk ; Didier Chmielecki. ( collection Zdzisław Blaszka ).
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1.117 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans la cuisine : Pani Bardo ; ( ? ) ; … ; Kz Kurzawa ; Pani Załobek ; ( ? ) ; …
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1.118 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de volley : ( ? ) ; ( ? ) ; Pani Bardo et ses petits-enfants, ? Brismez et son frère David Brismez ; ( ? ) ; …
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1.119 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le parc : Pani Bardo ; Pani Kołodziejka ; ( ? ) ; Pani Stanislawa Gzresinska ( épouse Andzej Paluskiewicz ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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1.120 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de volley : ( ? ) ; Pani Bardo et ses petits-enfants, ? Brismez et son frère David Brismez ; … A l’arrière plan : Isabelle Swiderski ; Fabienne Laffut ; ( ? ) ; ( ? ).
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1.121 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Dans les bois : ( ? ) ; … ; Pani Bardo ; ( ? ) ; …
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1.122 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1990 : Dans la cuisine : Pani Bardo ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
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1.123 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1990 : Sur le perron : ( ? ) ; ( ? ) ; Pani Bardo ; ( ? ).

 

3.605 : Pan et Pani Bardo.

Śpiewnik – 091 – Ej, przeleciał ptaszek

https://www.youtube.com/watch?v=9eX1rdq8KDA

Ej, przeleciał ptaszek kalinowy lasek,
Siwe piórka na nim zadrżały.
Nie płacz ty, dziewczyno, nie płacz ty, jedyna,
Albo ci to świat mały ?

Szumi gaj, szumi gaj, szumi gałązeczka
Żółte listki z drzewa padają, ej padają.
Zabrali mi chłopca, a ja w świecie obca,
Innego mi rodzice rają.

Leć głosie po rosie, ku zieleskim łąkom,
Przeleć Wisłę, przeleć dunaje,
Powiedzże miłemu, że ja się tu błąkam,
Że mi serce się kraje.

Leć, ptaszku, wysoko, leć, ptaszku, daleko
Do chłopca mego, jedynego. Jedynego!
Niechże on przyjeżdża, niechże on przybywa,
Bo mi rają niekochanego.

Kochanie, kochanie, dalekośwa siebie,
Niech płyną do ciebie moje łzy,
Szeroko, daleko słoneczko na niebie,
Jeszcze dalej jesteś ty.

Nie przybędziesz do mnie ani ja do ciebie,
Nie doleci do ciebie mój głos. Nie doleci !
Smutne życie moje, kiedy nie we dwoje,
Smutny mój — bez ciebie — smutny los.

 

0158 – 1961 – Jazz à Comblain-la-Tour

Nous n’étions pas les seuls polonais à débarquer à Comblain en cette année 1961. Le festival de jazz accueillait, lui aussi, quelques polonais : Andrzej Kurylewicz et son quartet et la chanteuse Wanda Warska.

Ce 3ème festival se déroulera les 29 et 30 juillet … au moment de notre 1ère colonie. Il acquiert ses lettres de noblesse … les magazines spécialisés français, Jazz Hot et Jazz Mag, envoient une équipe de journalistes à Comblain. Comme l’année précédente, 2 heures de diffusion en Eurovision permettent à des milliers de fans d’assister au spectacle, en direct, tout en restant chez eux. Les images de Comblain-la-Tour font le tour de l’Europe.

Pendant ce temps-là, les premiers vacanciers polonais s’organisent et prennent possession de leur nouvelle résidence. Bien sûr, tout n’est pas parfait. On mesure tout ce qu’il faudra encore faire pour améliorer les choses. Il manque de place, de lits, de structures … mais on fait avec ce qu’on a. Des tentes ont été dressées dans le parc et certains s’y sont installés. Durant le festival de jazz, ils ne sont pas les seuls à loger au château … quelques-uns des artistes partagent les lieux avec eux. Annie Gilson – qui faisait partie de ces premiers vacanciers polonais – se souvient très bien qu’elle a vu un des musiciens du festival s’asseoir devant le fameux piano noir, dont nous nous souvenons tous, et qu’il s’est mis à jouer. La scène l’avait frappée … parce que ce musicien-là était aveugle … et qu’il a fallu l’aider à rejoindre le piano. C’était : Monsieur Ray Charles.

Bien sûr, en 1961, Ray Charles n’était pas encore aussi célèbre qu’il ne le deviendra par la suite. D’ailleurs, en 1961, il n’aura droit qu’à une petite prestation avec un petit Jazz-Band. Il reviendra plus tard, en 1964, comme la vedette principale du festival de Comblain. En attendant, il était bien chez nous et a profité de l’hospitalité des premiers arrivants polonais au centre de vacances.

Mais revenons au festival, lors de la retransmission, en Eurovision, de samedi, on pourra entendre : l’A.F.N. Jazz all Stars ; le quintet Jean-Claude Gogny ; The Great Charlie Galbraith all Stars Jazz Band ; Henry Segers et son grand orchestre ; et la grande Diana Dors, qui se produit pour la toute première fois comme chanteuse de jazz dans un festival. La retransmission du dimanche sera consacrée : au trio Jack Van Poll ; à Arly Day ; au trio Georges Gruntz qui accompagnera successivement Flavio Ambrosetti et Dusko Gojkovic et enfin au Roman New Orléans Jazz Band.

Mais tout le monde ne peut pas passer à l’Eurovision. Beaucoup d’autres artistes sont là. Tout d’abord, les fidèles du Festival de Comblain comme : Jacques Pelzer ; Benoit Quersin ; Sadi ; Philip Catherine ; Robert Jeanne et son New Jazz Quartet ; le trio Eric Moseholm ; Lilian Terry ; Rita Reys ; et l’immense Kenny Clarke.

Ensuite, les « superstars du jazz » : Bud Powell ; Tele Montoliu ; Bobby Jaspar, Chris Barber, Stéphane Grapelly, Amadeo Tommasi ; Mais aussi, Ottilie Patterson, Cecily Forde ; Tany Golan, chanteuse de Jazz du Katanga ; On ne compte plus les orchestres, comme : l’orchestre Jean Kesteman ; l’orchestre Pol Baud ; l’orchestre Henri Segers ; le grand orchestre Swinging 16. C’est une suite ininterrompue de trios, de quintets, de sextet, …

Les artistes de variétés seront largement représentés avec les grandes vedettes du moment  comme : Colette Deréal, qui venait de participer, en 1961 à Cannes, au concours Eurovision de la chanson pour la principauté de Monaco ; Sacha Distel, qui a évité les tomates en choisissant d’apparaître plutôt comme guitariste de jazz ; les Cousins … Et comment ne pas citer : les duettistes français Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.

Le spectacle commencera samedi par le Tournoi National pour orchestre amateur qui sera remporté par Robert Babs qui gagnera, à cette occasion, son poids en fromage ( 59 kilos ), un contrat à la RTB « Jazz pour tous » et une prestation au Palais des Congrès de Liège. Le bal de clôture sera animé par Jo Carlier.

Entre-temps, ce n’est pas moins de 240 instrumentistes qui se produiront sur scène. Ils draineront 30.000 entrées. L’évènement sera couvert par quatorze radios des quatre coins du monde et sera présenté par une kyrielle de présentateurs. Une fois de plus, des disques seront enregistrés à Comblain.

https://www.youtube.com/watch?v=MYWDuB9Z2qY = Andrzej Kurylewicz
https://www.youtube.com/watch?v=XG6kp-rfULg&index=13&list=RDTtnvAuscnHA = Andrzej Kurylewicz
https://www.youtube.com/watch?v=T6Tk3-e1Qks = Wanda Warska
https://www.youtube.com/watch?v=zQ1gkLH_3cQ&list=RDTtnvAuscnHA&index=4 = Wanda Warska
https://www.youtube.com/watch?v=7LThOGnemOc = Chris Barber / Ottilie Patterson

19/02/2018 – JP Dz

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1.105 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Affiche.

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1.106 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Affiche.

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1.107 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Un grand bal clôturera le festival ; Jo Carlier.

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1.108 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Pochette du disque.

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1.109 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Bud Powel, pianiste américain.

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1.110 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Cecily Forde.

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1.111 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Chris Barber ; Ottilie Patterson.

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1.112 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Flavio Ambrosetti.

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1.113 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1961 : Jazz à Comblain-la-Tour : Andrzej Kurylewicz ; Wanda Warska.

1114_A_Echos_Comblain_juillet_1961
1.114 A : Extrait des Echos de Comblain : juillet 1961 – page 56.

1114_B_Echos_Comblain_aout_1961
1.114 B : Extrait des Echos de Comblain : aout 1961.

 

Śpiewnik – 090 – Ukochany kraj, umiłowany kraj

https://www.youtube.com/watch?v=YC4qMXZs0Lk

Wszystko tobie ukochana ziemio,
Nasze myśli wciąż przy tobie są,
Tobie lotnik tryumf nad przestrzenią,
A robotnik daje dwoje rąk.

Ty przez serca nam jak Wisła płyniesz,
Brzmi jak rozkaz twój potężny głos ;
Murarz, żołnierz, cieśla, zdun, inżynier
Wykuwamy twój szczęśliwy los.

Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Ukochane i miasta i wioski.
Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Ukochany, jedyny nasz, polski.

Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Ukochana i ziemia i nazwa
Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Nasza droga i słońce i gwiazda.

My trudności wszystkie pokonamy,
Żaden wróg nie złamie hartu w nas,
W słońce jutra otworzymy bramy,
Rozśpiewamy, rozświecimy czas.

To dla ciebie najgorętsze słowa,
Wszystkie serca, siła wszystkich rąk,
To dla ciebie, piękna i ludowa,
Każdy dzień i każdy nowy dom.

Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Ukochane i miasta i wioski
Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Ukochany, jedyny nasz, polski.

Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Ukochana i ziemia i nazwa
Ukochany kraj, umiłowany kraj,
Nasza droga i słońce i gwiazda.

0157 – L’accueil des Comblinois

Le petit garçon assis, à côté de son papa, devant le magasin familial, Rue des Écoles, à quelques dizaines de mètres de la maison polonaise de Comblain-la-Tour, c’est Patrick. Nous sommes début des années soixante ( photo 1.093 ).

Le papa de Patrick était boulanger et venait, tous les jours nous livrer le pain quotidien que nous dévorions comme des petits ogres. Patrick accompagnait souvent son père. Nous l’avons donc croisé à maintes reprises.

Aujourd’hui, comme nous, il a grandi et il est devenu Monsieur Patrick LECERF, le Député Bourgmestre de HAMOIR. De cette époque, il a gardé un souvenir touchant. Voici ce qu’il nous en dit :

« Je suis né à Comblain le 20 septembre 1959, en face de l’école du village, dans la boulangerie que tenaient mes parents depuis le printemps 1958.

Mes premiers souvenirs de la maison polonaise remontent au début des années 60, lorsque durant l’été je venais au parc avec mon père pour livrer le pain quotidien.

Je me souviens que ça grouillait de jeunes gens et que l’ambiance était très chaleureuse. Je me souviens également qu’il y avait une petite friterie à côté du parc.

Et puis ces années ont été marquées par les nombreuses courses cyclistes qui se terminaient dans la rue des écoles, en face de la salle Talier.

 Pour la petite histoire, mes parents ont construit une boulangerie à Hamoir en 1967 et nous venons d’en fêter les 50 ans. C’est aujourd’hui mon frère qui en est le propriétaire.

Pour ma part, je suis devenu bourgmestre de la commune de Hamoir en 1993 et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé la maison polonaise et que j’ai modestement aidé les responsables à satisfaire aux obligations en termes de sécurité incendie.

 Un autre souvenir dont je n’ai malheureusement pas de photo est la rencontre de football entre les jeunes Polonais et la toute nouvelle équipe locale de cadets ( je pense ) ».

Patrick LECERF  –  Député Bourgmestre de HAMOIR

Merci Monsieur le Député pour ce témoignage … et aussi pour avoir contribué à nous nourrir à une époque où notre croissance – et notre appétit – exigeaient une alimentation pantagruélique.

J’ajoute que Monsieur LECERF est trop modeste. Je sais de source sûre que sa contribution au maintien du Centre Millennium dépasse largement le cadre légal de ses obligations en matière de sécurité incendie. Il a fait preuve de beaucoup de compréhension et s’est énormément investi pour préserver le bâtiment durant les heures noires qu’a traversé la maison polonaise.

Mais revenons en arrière … Depuis le début – depuis que les polonais ont débarqué à Comblain-la-Tour, en 1961 – l’accueil qui leur a été reversé, par les comblinois et leurs autorités communales, a toujours été excellent. J’en veux pour preuve ces photos anciennes où le Bourgmestre de l’époque, Monsieur Raoul WARROQUIERS ( photos 1.095 et suivantes ), participe aux messes et aux fêtes du mois de juin. Ces documents datent du début des années 1970. On peut y voir également des réceptions, organisées en soirée, qui se déroulent dans notre réfectoire.

Monsieur Raoul WARROQUIERS sera le dernier Bourgmestre de la commune de Comblain-Fairon de 1968 jusqu’à la fusion des communes en 1976. Depuis, Comblain-la-Tour est repris dans l’entité d’Hamoir. Monsieur WARROQUIERS continuera malgré tout d’exercer des missions au sein du collège communal de l’entité, puisqu’il sera Échevin des Finances et de l’État civil de 1976 à 1982.

Monsieur André PHILIPPE, natif de Comblain-la-Tour ( en 1944 ) et actuel responsable de la salle Talier, attenante au café des Sports, et où il organise toutes sortes d’activités ( théâtre, tennis de table, marches ADEPS, cinéma pour les enfants et soupers ), est le beau-fils de feu Monsieur Raoul Warroquiers.

Il nous précise que : « En ce qui concerne l’arrivée des polonais dans le village, l’entente avec la population de Comblain a toujours été bonne. Au mois de juin, lors de votre fête, les comblinois étaient invités à participer et les conversations allaient bon train « Ah, les polonais arrivent … » ».

En dehors des manifestations officielles, des amitiés sincères se sont nouées entre les villageois et les nouveaux arrivants. Nous avons déjà évoqué comment « Jan la belote » avait été intégré à la vie locale.

Plus tard, ce fut le tour de Monsieur Stéphane PATERKA, qui appréciait particulièrement les festivités du comité Saint Nicolas organisées « au Parc Polonais ». Il était d’ailleurs devenu fort ami avec les familles Bougelet et Larock.

Monsieur André PHILIPPE se souvient également : « Qu’étant responsable du club de tennis local, le directeur de l’époque ( sans doute Ks KURZAWA ) m’ autorisait à pénétrer dans le domaine du parc pour apprendre la pratique du ping-pong ; Mr et Mme Bardo n’étaient pas trop d’accord ». Pourtant, il connaissait particulièrement bien les lieux. En effet, « J’ai fait une bonne partie de ma jeunesse à l’Hôtel du Parc avec le fils de Mr et Mme Marie-Louise Gavage, propriétaire. En 1955, ceux-ci ont racheté un hôtel à Chaudfontaine ». Merci à Mr André pour ce témoignage.

Pour terminer, je me dois d’associer encore Monsieur LEGROS, Bourgmestre ff de l’entité d’Hamoir ( dont dépend Comblain-la-Tour ), à ce concert de remerciements pour l’excellent accueil que vous avez, de tout temps, réservé aux émigrés, et fils d’émigrés, que nous sommes.

12/02/2018 – JP Dz

1093
1.093 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rue des Ecoles : Mr Patrick Lecerf ( le Député / Bourgmestre d’Hamoir ) et son papa, Monsieur Lecerf, notre boulanger.

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1.094 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le perron : ( ? ) ; le porteur de fleurs : Pan Wladysław  Wojciechowski ; … ; ( ? ).

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1.095 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers, ancien Bourgmestre de Comblain-la-Tour de 1968 à 1976.

1096
1.096 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers.

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1.097 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Bardo ; ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers.

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1.098 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers ; ( ? ) ; … ; ( ? ).

1099
1.099 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers ; ( ? ) ; … ; ( ? ).

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1.100 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers ; ( ? ) ; ( ? ).

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1.101 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ).

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1.102 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : Mr Raoul Warroquiers ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).

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1.103 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).

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1.104 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Raoul Warroquiers ; ( ? ).

 

Śpiewnik – 089 – To ostatnia niedziela

https://www.youtube.com/watch?v=5b1NSinlUeg

Teraz nie pora szukać wymówek,
Fakt, że skończyło się.
Dziś przyszedł drugi, bogatszy
I lepszy ode mnie,
I wraz z tobą skradł szczęście me.
Jedną mam prośbę, może ostatnią,
Pierwszą od wielu lat :
Daj mi tę jedną niedzielę,
Ostatnią niedzielę,
A potem niech wali się świat.

To ostatnia niedziela,
Dzisiaj się rozstaniemy,
Dzisiaj się rozejdziemy
Na wieczny czas.
To ostatnia niedziela,
Więc nie żałuj jej dla mnie,
Spojrzyj czule dziś na mnie
Ostatni raz.
Będziesz jeszcze dość tych niedziel miała,
A co ze mną będzie, któż to wie ?
To ostatnia niedziela,
Moje sny wymarzone,
Szczęście tak upragnione
Skończyło się.

Pytasz co zrobię i dokąd pójdę.
Dokąd mam iść ? Ja wiem !
Dziś dla mnie jedno jest wyjście,
Ja nie znam innego,
Tym wyjściem jes … no, mniejsza z tem.
Jedno jest ważne, masz być szczęśliwa,
O mnie już nie troszcz się,
Lecz zanim wszystko się skończy,
Nim los nas rozłączy,
Tę jedną niedzielę daj mi.

To ostatnia niedziela,
Dzisiaj się rozstaniemy,
Dzisiaj się rozejdziemy
Na wieczny czas.
To ostatnia niedziela,
Więc nie żałuj jej dla mnie,
Spojrzyj czule dziś na mnie
Ostatni raz.
Będziesz jeszcze dość tych niedziel miała,
A co ze mną będzie, któż to wie ?
To ostatnia niedziela,
Moje sny wymarzone,
Szczęście tak upragnione
Skończyło się.

 

0156 – « Mangez proprement ! »…

« Mangez proprement ! »…

Combien de fois n’avons-nous pas entendu cette recommandation quand nous étions attablés au réfectoire autour de nos moniteurs ou monitrices ? Et combien de fois ne l’avons-nous pas répétée nous-mêmes quand, à notre tour, nous sommes devenus moniteurs ? Pourtant, quand on regarde les photos qui illustrent ce texte … on est en droit de se demander si les règles qui paraissaient si « importantes » au réfectoire avaient la même portée quand on se retrouvait devant l’ognisko ? Même le Chef-moniteur s’y mettait … tout comme Monsieur Paterka ! Je plaisante … évidemment !

Les colonies à Comblain avaient un rôle éducatif important auquel veillaient les staffs des moniteurs et tous les responsables du centre. Nous y apprenions à parler polonais, à découvrir la culture polonaise et d’une manière générale, à intégrer ce que représentait le fait d’être polonais. Mais ces vacances constituaient aussi un précieux apprentissage de la vie en communauté, des bonnes manières, de la politesse et du respect  qu’il fallait accorder aux adultes, aux consignes, aux horaires, à toutes ces valeurs qui ne souffraient aucun écart ( ou si peu, nous étions tout de même en vacances … ).

Mais ces colonies nous ont aussi – et surtout – appris les bienfaits de la bonne humeur partagée, du rire franc et profond et d’une certaine légèreté … Tous ces jeux, auxquels même les adultes se prêtaient si volontiers, n’avaient qu’une seule finalité : rendre le temps que nous passions ensemble, agréable et attrayant. Et donc, nous avons beaucoup ri ensemble … ri les uns des autres … ri de nous-même. D’ailleurs, 40 ans après, à chacune de nos retrouvailles, ce sont ces parties de plaisir que nous évoquons le plus souvent.

Ce qui nous revient le plus spontanément en mémoire, ce sont les fous rires, le souvenir de ces moments où la situation basculait et où les pitreries prenaient le dessus, ces moments où les blagues et les gags en tout genre préparés et orchestrés savamment ou qui arrivaient fortuitement procuraient de la joie et du plaisir à tous !

Car que l’on ait été l’auteur de quelques « vilains tours »  ou que l’on en ait été le destinataire ou la « victime », on s’en amusait toujours ! Ces souvenirs sont  ancrés dans nos mémoires, ils sont  tenaces et ça fait du bien de voir que lors de nos rencontres d’anciens, certaines espiègleries ont la vie dure comme ce dentifrice déposé la nuit sur certaines poignées de porte …

On riait de tout et surtout, de nous-mêmes ce qui est peut-être la clé du bonheur et de la joie de vivre car comme disait je ne sais plus qui : « Bienheureux celui qui a appris à rire de lui-même … il n’a pas fini de s’amuser ».

Quand on y repense, on a l’impression d’avoir connu un certain « âge d’or humoristique », une époque où l’on pouvait rire de tout, où l’on s’autorisait une certaine espièglerie qui aujourd’hui serait peut-être moins bien perçue ….

Je ne sais pas si on peut dire que  l’autodérision est une facette de l’âme polonaise, ( d’ailleurs, à ce propos, qui pourrait me dire spontanément – sans tricher et sans aller sur Internet pour trouver la réponse – comment on traduit en polonais le mot : « autodérision » ? Alors ? Je vous laisse réfléchir …) mais je suis sûr que nous, nous avions un sens profond de ce qui est drôle et cet humour, parfois un peu corrosif, c’est en colonie que nous avons le plus souvent pu l’exercer ou … l’éprouver à nos dépens !

À une période où la palette de ce qui prête à rire se réduit à une peau de chagrin, où on risque à tout moment d’être condamné pour « légèreté », je ne peux que me réjouir d’appartenir à une génération qui savait ( encore ) rire.

Mais revenons à Comblain, sur les photos en annexe, c’est le beau Andrzej ( André Warchulinski ) qui nous montre tout ce qu’il peut faire « sans les mains » … Et ça tombe à pic ! Comment aurais-je pu écrire quelques lignes sur l’humour à Comblain sans parler d’André Warchulinski ? Pour tous ceux qui ne le connaissent pas encore bien, je peux affirmer que c’est le « pince-sans-rire » le plus irrésistible de notre petite bande de joyeux lurons. Il dissimule, sous son aspect austère et presque « trop sérieux », une tendresse déconcertante et un côté bon vivant particulièrement contagieux. Saviez-vous qu’il a été Chef-moniteur en 1981 ?

Sur la photo 1.092, plus récente, André et son beau-frère, Janusz Latkowski – avec qui il partage le même humour décapant, mais qui fait tellement de bien – posent ensemble, et pour notre plus grand plaisir, en mode « Blues Brothers ». Merci les gars, votre sens de l’humour réveille à chaque fois le jeune « kolonista » qui sommeille encore en chacun de nous … !!!

05/02/2018 – JP Dz

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1.083 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1981 : Jeux dans le parc : André Warchulinski.

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1.084 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1981 : Jeux dans le parc : André Warchulinski ; Henri Zapałowski ; ( ? ).

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1.085 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeux dans le parc : André Warchulinski ; ( ? ) ; ( ? ) ; Mr Paterka.

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1.086 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeux dans le parc : ( ? ) ; André Warchulinski ; ( ? ).

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1.087 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeux dans le parc : ( ? ) ; Mr Paterka ; ( ? ).

1088
1.088 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeux dans le parc : ( ? ) ; … ; ( ? ).

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1.089 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeux dans le parc : Frédéric Swiderski.

1090
1.090 : COMBLAIN-LA-TOUR : Jeux dans le parc : ( ? ; ( ? ) ; ( ? ).

1091_80
1.091 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Dans une chambre : Henri Zapałowski ; Michel Konarski ; Pascal Łagocki ; ( ? ) ; Philippe Rouls ; Freddy Motała ; ( ? ).

1092_2016
1.092 : COMBLAIN-LA-TOUR – 2016 : Devant le perron : André Warchulinski ; Janusz Latkowski.

 

Śpiewnik – 088 – Karlik

https://www.youtube.com/watch?v=qpGltT0ow90

Karliku, Karliku, co tam niesiesz w koszyku ?
Karliku, Karliku, co w koszyku masz ?
Mam gołąbków po parze, hej, po parze,
Chodźcie to wam pokażę, hej, pokażę.

Karliku, Karliku, co tam chowasz w kąciku ?
Karliku, Karliku, co ty chowasz tam ?
Mam tam pyrlik stalowy, hej, stalowy,
Do roboty gotowy, hej, hej, gotowy.

Karliku, Karliku, co ci po tym pyrliku ?
Karliku, Karliku, na co tobie on ?
Jak nim klupna o ściana, hej, o ściana,
Tona węgla dostana, hej, hej, dostana.

Karliku, Karliku, coś ty robił w Rybniku ?
Karliku, Karliku, coś ty robił tam ?
On tam dziołchy całował, hej całował,
Całą nockę tańcował, hej, hej, tańcował.