0170 – Salle des moniteurs

J’ai envie, aujourd’hui, d’évoquer avec vous une des aspirations les plus récurrentes des moniteurs et monitrices que nous étions : le besoin d’avoir quelques moments rien qu’entre nous !

Toutes nos journées à Comblain étaient réglées comme du papier à musique … Les activités s’enchaînaient et nous laissaient peu de place pour un peu de temps de libre. Nous étions responsables des enfants 24 heures sur 24. Alors, le soir venu, on se prenait à rêver de quelques minutes … rien que quelques minutes … où on pourrait décompresser … lâcher prise … s’entourer de jeunes gens qui avaient le même âge et les mêmes préoccupations que nous … Il nous paraissait important aussi d’échanger nos expériences de la journée, d’apprendre, aux autres moniteurs, ce que nous avions découvert nous-même, de partager …

Évidemment, à toutes ces nobles intentions, il faut bien ajouter notre besoin de se retrouver entre garçons et filles pour « fréquenter » un peu.

Ks Kurzawa n’était pas favorable à ces échanges. Quand je dis qu’il n’était pas favorable, c’est un euphémisme !

Pour lui, le sacrifice devait être complet. On était venus pour s’occuper des enfants … « alors occupez-vous des enfants ! ». Et pas question de revendiquer quoi que ce soit ! On avait beau lui expliquer qu’on en avait besoin … que ça ne nuisait en rien à l’efficacité de notre engagement, au contraire … qu’il n’avait qu’à, lui, s’occuper toute la journée d’une bande de joyeux lurons pour qui mettre en difficulté un moniteur ou une monitrice était un passe-temps très amusant … notre directeur restait inébranlable.

Et puis tout d’abord, dire qu’« On était venus pour ça … », c’était une vision très poétique … Il fallait le dire vite pour le croire un peu. Nous venions à Comblain pour beaucoup de raisons … un peu pour s’occuper des enfants … mais aussi « beaucoup » pour s’amuser, pour rencontrer d’autres jeunes du même âge et de la même origine que nous. Et si de ces rencontres pouvaient naître des couples qui perpétueraient les traditions et poursuivraient l’action, c’était tant mieux. Tous les adultes autour de nous en étaient pleinement conscients … sauf Ks Kurzawa.

Du coup, chaque année, à chaque turnus, c’était le même manège : les premiers jours, on n’osait pas trop en parler, pour ne pas brusquer le directeur … après quelques jours, on finissait par aborder le sujet, du bout des lèvres, sans vraiment insister … le prêtre faisait semblant de ne pas comprendre … quelques jours encore, et on osait enfin dire ce que nous voulions … Ks Kurzawa semblait tomber des nues … comme si la demande était nouvelle … devant son attitude, on commençait à insister fortement … il se mettait en colère en espérant que ses cris nous dissuaderaient … on faisait monter la pression … il se raidissait … finalement … il acceptait que nous nous réunissions pendant une heure en soirée … mais c’était déjà la fin des vacances. Et quand le nouveau turnus recommençait, on recommençait la boucle.

L’homme était très  rusé. Il savait parfaitement qu’en jouant à ce petit jeu du chat et de la souris, il parviendrait à limiter nos aspirations à un petit peu de liberté. En fait, il ne se départissait jamais de son rôle de garant de la morale et du sérieux. Comme il connaissait trop bien la nature humaine en général et la notre en particulier, il comprenait certainement nos besoins, mais il semblait persuadé que nous n’étions pas des anges … allez savoir pourquoi …

Plusieurs d’entre vous m’ont déjà évoqué leur combat. Quelques fois, l’issue a été positive, à d’autres moments, il a fallu aller jusqu’à faire « grève » … Par moments, on a été jusqu’à avoir notre propre salle des moniteurs … mais ça n’a jamais duré très longtemps. Racontez-nous vos expériences, vos victoires et vos défaites.

Elles font partie de l’histoire mouvementée de nos colonies de vacances.

07/05/2018 – JP Dz

1203
1.203 : COMBLAIN-LA-TOUR : Salle pour les moniteurs : Henri Zapałowski ; Fabienne Laffut ; Béatrice Laffut ; Irena Malec ; Anne-Marie Kantyka ; Christine Piech ; ( ? ) ; Jef Rozenski ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Richard Szymczak.
1204
1.204 : COMBLAIN-LA-TOUR : Devant le perron : ( ? ) ; ( ? ) ; Lodzia Baum et Jean Paluszkiewicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ).
1205
1.205 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur l’escalier de l’entrée principale : Michel Pająk ; Dominique Ogonowski ; Patricia Jakobowski ; Pierre Bartnik ; Helena Wochen.
1206
1.206 : COMBLAIN-LA-TOUR : Sur le terrain de volley : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; … ; ( ? ).
1207
1.207 : COMBLAIN-LA-TOUR : Dans le réfectoire : ( ? ) ; … ; Ks Kurzawa ; Antek Kiełbowicz ; Jerzy Bardo ; Pani Veronica Załobek ; … ; ( ? ).
1208_1979
1.208 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Dans le parc : Pani Bardo ; Pani Duszowa ; Ks Kurzawa ; David Brismé et sa soeur.
1209_1979
1.209 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Dans le parc : Fabienne Laffut ; Piotr Rozenski.

 

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