0345 – En route vers Loreto

Voici quelques anecdotes racontées et écrites par Malvina Rusowicz :

Au temps de notre jeunesse, il n’y avait pas seulement les jolies colonies de vacances à Comblain-la-Tour, il y avait également le « kurs Loreto ». Les voyages forment la jeunesse.

Un voyage mémorable

J’étais particulièrement heureuse cet après-midi-là entre Juillet et Août1976. La raison ? Très simple : d’abord, j’avais 20 ans (souvenez-vous en) j’étais hyper amoureuse, fraîchement fiancée de surcroît, et là à Bruxelles, sur un quai de gare surchauffé, je me préparais à partir en Italie en compagnie d’anciens colons de Comblain que j’aimais beaucoup : Annie, Zosia, Aline, Jean-Pierre, Marek et Jerzyk. Quelle agréable rencontre !

L’excitation de notre rencontre surprise et la perspective de passer nos vacances ensemble nous submergeaient de joie… Nous retrouvions à cet instant nos 13, 14 peut-être 15 ans, tant à nous raconter et l’envie de rire.

Alors, tous entassés dans le compartiment réservé aux filles (pas question de mixité à l’époque… chacun chez soi), dans notre compartiment donc, nous chahutâmes jusque très tard.

Tandis que nous nous remémorions nos frasques et nos aventures de Comblain-la-Tour, une nombreuse famille italienne prit possession du fief des garçons et dormait paisiblement à leur place. À la guerre comme à la guerre : nous nous sommes relayés tantôt pour somnoler brièvement, tantôt pour monter la garde dans le couloir.

C’est alors que… des grognements semblables à ceux d’un ours nous éveillèrent. Ouf ! Pas de plantigrade dans les parages. Seul un Jean-Pierre râlant, armé d’un petit couteau, agenouillé en plein passage dans l’étroit couloir et perquisitionnant son sac de voyage à la recherche du lapin que sa maman lui avait préparé pour la route. Ouh, qu’il était fâché ; car évidemment plus il grommelait, plus il nous donnait envie de rire. (je crois bien qu’il ne l’a jamais trouvé son lapin, mais nous qu’est-ce qu’on a rigolé).

Le lendemain matin, anéantis par le choc thermique, barbouillés par manque de sommeil, nous dûmes admettre que personne ne nous attendait, comme prévu, à la gare d’Ancona où nous venions de poser nos bagages. Par galanterie les garçons nous laissèrent nous reposer un peu, tandis qu’ils essayaient de se renseigner. Mais à mon avis, ils n’ont pas très bien compris…

Nous grimpâmes dans un antique tortillard tout droit sorti d’un épisode de « Don Camillo » : banquettes en bois clair verni, vues panoramiques du pays … direction Loreto. Le soleil, quant à lui, s’était fait la malle accentuant davantage l’atmosphère pesante et étouffante sous un ciel d’une noirceur inquiétante. Arrivés finalement en gare de Loreto, le chef de gare, nous indiqua que la pension se situait de l’autre côté de la colline dressée devant nous. L’ascension commença.

Personne ne disait mot, la fatigue, l’accablante température et puis quoi ? On traversait le cimetière local quand même ! Le chemin de croix sur la gauche nous permettait quelques minutes de pause devant chaque Station car la pente était raide et le sommet de la colline encore loin. Soudain une nuée creva et nous versa toute la pluie du ciel sur le dos en nous forçant à hâter le pas. Enfin, on entendit des voix, des joueurs de cartes s’engueulaient sous une pergola enguirlandée de vigne, dans une rue bien proprette et tranquille encore ruisselante de pluie. La sieste était terminée ce dimanche-là et le soleil commençait à nous sécher.

Encore quelques mètres et nous voilà enfin devant la « Casa San Gabriele ». Le prêtre qui nous ouvrit la porte nous informa que personne ne nous attendait avant le lendemain soir. Nos places étant réservées dans l’autocar français. Il y eut dysfonctionnement certes mais quel joyeux périple à Loreto, pas vrai les copains ? Le séjour qui s’ensuivit s’inscrit dans le top10 de mes plus belles vacances même si André m’a manqué un peu.

21/11/2021 – Malvina Rusowicz 

En route vers Loreto : Malvina Rusowicz et Annie Nowicki.
En route vers Loreto : Malvina Rusowicz et Annie Nowicki.

Jean-Pierre Dziewiacien :

Voyage mémorable ! Moi aussi j’avais 20 ans. Quand on y pense, entre Bruxelles-midi et Loreto, nous avons passé un paquet d’heures confinés dans ce wagon … mais j’en garde un souvenir délicieux. Comme quoi : être confiné ce n’est pas si terrible quand … on est en bonne compagnie. Par contre, j’ai complètement zappé l’épisode du lapin ! Pourtant, un lapin qui vous pose un lapin … c’est pas banal. J’aurai dû m’en souvenir.

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