0212 : Notre folklore ( 2 ) : « Za górami, za lasami »

Si les górale étaient importants … que dire des góralki ? C’est pour elles qu’ils s’affrontaient. C’est aussi pour elles – nos góralki à nous, celles de Comblain – que nous nous affrontions !

« Za górami, za lasami, za dolinami,
Pobili się dwaj górale ciupagami. 
»

Bien sûr, à Comblain elles n’avaient pas ces jupes si colorées, ni des chaussettes dans leurs kierpce, mais leurs tresses, avec un peu d’imagination, on pouvait presque se les partager :

« Hej górale, nie bijta się
Ma góralka dwa warkocze, podzielita się. 
»

Ça nous arrangeait bien de croire que, pour nous, elles avaient tout en double … « dwa warkocze », « dwoje oczu » et surtout un cœur immense « duże serce » qui pouvait contenir toutes nos passions et nous consoler de toutes nos défaites.

« Hej górale, czy dobrze wam ?
Mata na łbie wielkie guzy ja dziewczyne mam ! 
»

Mais nos góralki prenaient véritablement leurs éclats sur scène, dans les spectacles des KSMP. C’est là, dans l’habit traditionnel, comme sur les photos en annexe, qu’elles resplendissaient. Leurs chansons si particulières, avec cette tonalité et l’accent des montagnards, nous faisaient frissonner de plaisir. Quant à leur danse, elle tranchait singulièrement avec les autres chorégraphies, les Mazurs et les Polonaises aux gestes amples, aux pas allongés et aux mouvements lents et majestueux. Ici, tout paraissait concentré, millimétré … ajusté.

On les regardait tricoter avec leurs jambes légères, des petits pas si rapides, si précis, si resserrés qu’on ne pouvait pas s’empêcher de les imaginer sur les hauteurs des Carpates … là où l’espace manque et le temps est compté.

Autour d’elle, les garçons, les górale, s’appliquaient pour être remarqués. Ils rivalisaient d’adresse, de souplesse et de puissance vocale pour les séduire.

« W murowanej piwnicy,
Tańcowali zbójnicy,
Kazali se piknie grać,
I na nóżki pozirać. 
»

Parfois la douleur les faisait grimacer … jamais elle ne les arrêtait :

« Tańcowałbyk kiebyk móg,
Kiebyk ni mioł krzywych nóg.
Ale krzywe nózki mom,
Co podskoczem, to sie gnom. 
»

Et quand la danse se faisait Trojak, comme sur la photo 1.590, le góral était joyeux … il avait deux góralki pour lui tout seul … une dans chaque main … n’en lâchant aucune …

« Zasiali górale owies, owies,
Od końca, do końca, tak jest, tak jest ;
Zasiali górale żyto, żyto,
Od końca, do końca wszystko, wszystko ! 
»

Il profitait des mouvements plus lents pour contempler ses conquêtes et se préparait déjà à les faire virevolter autour de lui dès que rythme s’accélérerait …

« A mom ja ci trzy mendele
W domu dwa, w domu dwa
Zadna mi si
ę nie podoba
Tylko ta, tylko ta ! 
»

C’est là qu’il était le plus heureux … il savait déjà que la figure se terminerait inéluctablement par un bisou de chacune de ses deux góralki. Le bonheur !

En annexe, le 2ème extrait de l’article d’Anne Wuidar consacré aux montagnards. Dans ce deuxième extrait, elle nous parle, entre autres, des costumes et de la musique. Merci Anne.

25/02/2019 – JP Dz

1582_KSMP_Liège
1.582 : KSMP Liège : Spectacle du « Printemps polonais » : Jeanine Grajesz ; Haline Migon ; Régine Paluszkiewicz ; Pani Majewska ; ( ? ) ; ( ? ) ; Krysia Wochen ; Irène Jamka ? ; Madame Jamka ; Madame Wochen ; Elziunia Walczak ; Mirka Patalas ; Aline Bień ; Richard Migon ; Stasiu Krolak ; Edouard Paluszkiewicz ; César Napora ; Mieciu Musial.
1583_KSMP_Liège
1.583 : KSMP Liège : Góralski du « Pintemps polonais » : ( ? ) ; … ; André Paterka ; … ; ( ? ).
1584_KSMP_Liège
1.584 : KSMP Liège : Góralski du « Printemps polonais » : ( ? ) ; … ; ( ? ) ; … ; ( ? ).
1585_KSMP_Liège
1.585 : KSMP Liège : Góralski du « Printemps polonais » : Avec à l’avant, Aline Bień ;  Gaby Stefanski ; Aline Jarosz ; Brigitte Witecki ; Helena Wochen ; Mirka Patalas. Derrière, Madame Wochen ; ( ? ) ; ( ? ) et … Georges Załobek.
1586_KSMP_Liège
1.586 : KSMP Liège : Góralski du « Printemps polonais » : Avec Stanis Debski ; Danielle Nieglos ; Régine Paluszkiewicz ; Jeanine Grajesz ; Zosia Bień ; ( ? ) ; ( ? ). Derrière, Monsieur Bolesław Chwoszcz ; Edouard Paluszkiewicz ; Edouard Jamka.
1587_KSMP_Liège
1.587 : KSMP Liège : Góralski du « Printemps polonais » : ( ? ) ; … ; Mirka Patalas ; … ; ( ? ).
1588_KSMP_Liège
1.588 : KSMP Liège : Góralski du « Printemps polonais » : Gaby Stefanski ; Mirka Patalas ; Christiane Stefanski ; Aline Bień ; Brigitte Witecki ; Helena Wochen ; Aline Jarosz ; Danielle Nieglos.
1589_KSMP_Liège
1.589 : KSMP Liège : Góralski du « Printemps polonais » : Mr Bolesław Chwoszcz ; Edouard Paluszkiewicz ; Jasiu Paluszkiewicz ; Edmond Walczak.
1590_KSMP_Ressaix
1.590 : KSMP Ressaix : Trojak : Eveline Ogonowski ; Vital Kciuk ; Dominique Ogonowski.

 

Les GÓRALES ou Gourals – par Anne Wuidar

 https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.slavorum.org/gorals-slavic-highlanders/&prev=search

https://www.zakopane.eu/fr/folklore-montagnard

https://www.mackoo.com/Pologne/zakopane-campagne.htm

https://pologneimmortelle.wordpress.com/category/6-folklore-et-traditions/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cor_des_Alpes

https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=pl&u=https://pl.wikipedia.org/wiki/Trombita&prev=search

Le peuple Góral :

Les Górales (prononcer gourals), littéralement « montagnards ». C’est un groupe de populations indigènes du sud de la Pologne, du nord de la Slovaquie et de la région de Cieszyn en République tchèque. Il existe également une importante diaspora dans la région de Bucovine dans l’ouest de l’Ukraine et dans le nord de la Roumanie.

En Pologne, ils vivent dans la région de Podhale, dans les Tatras, et dans certaines parties des Beskides (Silésie de Cieszyn, Beskides de Silésie, Beskides de Wywiec). Dans la Slovaquie actuelle, ils vivent dans 4 groupes distincts : dans le nord de Spiš (34 villages subdivisés en deux groupes), Orava et Kysuce (2 villages) et des groupes plus petits dans 7 autres villages enclavés du nord de la Slovaquie.

Leurs divers dialectes descendent de l’ancien polonais, mais avec une influence non négligeable du slovaque depuis ces derniers siècles. En plus du polonais, la langue contient un vocabulaire d’autres origines, y compris le slovaque, le « Vlach » (langue des Valaques, à consonance romano-orientale, très parlée dans certaines régions de Roumanie) et des mots d’origine incertaine qui ont des liens avec d’autres dialectes des bergers de la région des Carpates.

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Pour la plupart des Górales, le facteur décisif dans leur identification à une nationalité n’est pas ethnique mais territoriale. Ceci, à mes yeux, est compréhensible du fait que comme leurs troupeaux, les hommes n’avaient pas conscience des frontières conventionnelles entre états. Historiquement, la question de leur identité ethnique a été très débattue et a abouti à des réclamations et à des demandes reconventionnelles à la fois de la part de la Pologne et de la Slovaquie. Ceux qui vivent dans des régions appartenant de longue date à l’État polonais s’identifient comme polonais, tandis que ceux qui vivent en Slovaquie se sont identifiés comme slovaques mais gardent en tête leur identité première, ce qui est le cas de beaucoup de minorités d’ailleurs. C’est également le cas des Hutsuls, présents en Ukraine et en Roumanie – des Lemkos, présents en Pologne, Slovaquie et en Ukraine – des Boïkos, présents en Ukraine, en Pologne et en Slovaquie. Ces trois peuples étant souvent connus sous le nom de Ruthènes.

Le costume traditionnel des hommes – qu’ils portent encore dans la vie courante à Zakopane et alentours – car les górales sont des bergers – est constitué de pantalon moulant en peau de mouton brodée (débarrassée de sa laine) de couleur blanche ou grise, décoré d’une broderie appelée « parzenica ». La parzenica est faite d’un large fil de couleur rouge et gris.

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Le reste de l’habit traditionnel comprend une chemise blanche de lin avec des pinces décoratives sous le cou. Par-dessus, en été les górals mettent des vestes en cuir ou des « cuchy » (des vestes blanches brodées). En hiver ils se vêtent de manteaux de cuir ou de fourrure.

L’élément le plus populaire de cet habit est un chapeau décoré de coquilles ainsi qu’une plume d’aigle. Leurs chaussures s’appellent « kierpce » et elles sont créées en cuir taillés dans un seul morceau. Elles sont attachées aux mollets par des lanières. Un chapeau et une cape sur les épaules complètent cette tenue.

Le costume traditionnel des femmes – Elles portent des jupes plissées avec un motif floral.

On assiste, et ce dernièrement, à un retour des anciennes jupes sans plis avec une bande de crêpe cousue dans la partie basse. Ces dernières sont accompagnées d’une chemise blanche et d’un corset lui aussi brodé avec des perles, les « kierpce », ainsi que des colliers de perles rouges autour du cou.

La musique, dite « góralska » est tour à tour ardente ou douce dans l’accompagnement des chants et danses. On y entend beaucoup le violon et l’accordéon.

La  trembita (ou trabita, ou trombita,), instrument à vent folklorique en forme de tuyau droit ou légèrement coudé à la fin, atteignant parfois 4 mètres de long, utilisé comme trompette de berger, produisant un son grave et profond et qui, comme les cors des Alpes était utilisé initialement pour communiquer à distance en montagne. Cet instrument se trouve en Suisse, en Autriche, en Allemagne, en France et, la trembita en Pologne par les Górales et les Hutsuls (régions de Beskides et de Podhale), en Ukraine et en Roumanie.

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La trembita était probablement comme le cor des Alpes, utilisée pour prévenir un village d’un danger, ou pour appeler les villageois à l’église, car le son peut parcourir des longues distances, et faire écho dans les vallées. Il servait aussi aux bergers qui pratiquaient la transhumance alpine.

Elle est réalisée dans le bois d’un jeune arbre coupé en deux moitiés dans le sens de la longueur. Ensuite, celles-ci sont creusées et jointes, collées avec de la colle. L’instrument est ensuite enveloppé d’étroites lanières d’écorces. L’extrémité est évasée. La manière de se souffler dans l’embout permet d’émettre des tonalités harmoniques différentes.

Amicalement vôtre : Anne Wuidar  –  wuiwui007@hotmail.com

Extrait n° 2 des « Muses Vagabondes – Petit Journal Culturel et Artistique Slave » – n° 25 de décembre 2018.

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