0138 – Ks Kurzawa raconté par Ks Kurzawa

Le texte d’aujourd’hui est historique et majeur.

En effet, si personne n’ignorait que Notre Directeur emblématique, Ks Kurzawa, avait « séjourné » dans les camps de concentration durant la guerre, très peu d’entre nous ont entendu le prélat en parler. C’est un sujet qu’il évitait. À titre personnel, je ne l’ai entendu qu’une seule fois évoquer cet épisode si douloureux. Je ne sais plus à quelle occasion, il m’avait expliqué que ses tortionnaires les avaient obligés lui, et ses compagnons d’infortune, à déplacer une montagne de cailloux vers l’autre extrémité du camp. Quand la montagne fut complètement reconstruite de l’autre côté, l’ordre a été donné de la replacer dans l’endroit initial. C’était le mythe de Sisyphe réinventé par les nazis.

Le texte d’aujourd’hui, est un extrait d’un livre : « Biografia byłych więźniów politycznych niemieckich obozów koncentracyjnych » ( Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands ).

Ce livre, de 1974, écrit en polonais et édité aux États-Unis, à Philadelphie, retrace le calvaire de 100 prisonniers des camps de la mort. Chacun d’eux explique, avec ses propres mots et son propre ressenti, ses années de profonde misère. Parmi ces 100 martyrs, il y en a deux que nous connaissons très bien : Ks Kurzawa et Zbigniew Bardo. C’est d’ailleurs extraordinaire que ces 2 personnages, qui ont tant marqué Comblain-la-Tour, se retrouvent ensemble dans pareil ouvrage. On y trouve aussi le témoignage de Józef Zaniewski qui a été actif, après la guerre, au sein de la communauté polonaise d’Anvers. Nous le connaissons sans doute moins – et nous n’arrivons pas à retrouver des membres de sa famille ou de ses amis qui pourraient nous le faire découvrir. Rappelez-vous cependant : au moment de l’achat du domaine de Comblain-la-Tour, il a fait un prêt d’une durée de 15 ans pour un montant de 100.000 FB. ( voir document 60 du blog « Anciens de Comblain » daté du 2 mai 2016 ).

Une fois de plus, c’est notre ami André Karasinski qui a traduit ce texte si précieux. Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous ces quelques mots d’André quand il m’a transmis sa traduction :

« Bonjour Jean-Pierre, comme toi, j’ai été ému et bouleversé en lisant le témoignage de Ks Kurzawa ; mais aussi déconcerté, décontenancé. Sa narration est à la fois très dure, car les événements qu’il a vécus ont été atroces et remplie d’espoir et de confiance dans l’avenir. Que dire de l’humour qui ne l’a pas quitté dans ces moments où beaucoup ont plongé dans le désespoir le plus profond. Cet humour et sa foi en la bonté de Dieu l’ont aidé à surmonter l’insurmontable. Sur les plans intellectuel et humain, ce texte est un des plus beaux qu’il m’a été donné de lire… Je vais m’attaquer à la traduction du récit de Zbigniew Bardo. Il donne une autre vision de la même expérience de vie traumatisante. Les deux ressentis s’entrecroisent, se rejoignent, se complètent. Ils doivent être portés tous les deux à la connaissance des Anciens de Comblain. Alors qu’ils auraient pu se refermer sur eux en maudissant le genre humain, nos deux devanciers courageux et exemplaires se sont dévoués pour leur communauté et particulièrement pour sa jeunesse. Et nous avons profité du fruit de leur travail. Amitiés. André ».

Je me dois d’ajouter que ce témoignage unique nous a été confié par Géniu Perzyna. En effet, si ce livre a été offert par l’éditeur à chaque co-auteur, Ks Kurzawa a offert son exemplaire à Géniu. Merci à lui pour cette découverte.

Voici donc le texte écrit par Ks Kurzawa. C’est Ks Kurzawa raconté par Ks Kurzawa.

Il y explique son calvaire, l’assassinat, par les allemands, de son propre frère et aussi comment il a commencé, dans sa tête à construire l’église qui sera érigée à Ressaix quelques décennies plus tard.

Ce texte est plus long que d’habitude … mais comment aurions-nous pu l’interrompre ?

Le 02/10/2017 – André Karasinski et Jean-Pierre Dziewiacien

Bribes de souvenirs … par le Père Bolesław Kurzawa – Belgique

J’ai dû me faire violence pour écrire quoi que ce soit sur les camps de concentration.

En effet, se remémorer implique de retourner vers ces lieux horribles, vers ces temps et ces gens à la frontière de l’inhumain. De revenir, en outre, en costume rayé et redevenir un numéro anonyme avec lequel on remplit un bloc, une unité de travail et que l’on dénombre lors de la distribution d’un maigre bouillon qui ne nourrit pas … Et pourtant, lorsque j’étais au camp, je brûlais du désir de faire connaître au monde tout ce qui s’y passait.

Dès la fin de la guerre, la Pologne a connu une des occupations parmi les plus épouvantables et les plus barbares mais la nation ne fut pas vaincue.

7 novembre 1939. Au retour d’une tentative d’exode en direction de Varsovie – Lublin, je me suis retrouvé à Włocławek avec un petit groupe de séminaristes. A l’exception de la bibliothèque, tous les bâtiments du séminaire étaient occupés par l’armée allemande. Nous logions dans la bibliothèque. Nous avions entamé le sauvetage des livres en les transportant en un lieu sûr car les Allemands avaient commencé à les brûler dans la cour intérieure. Nous avions travaillé jusqu’au soir dans la poussière, la transpiration perlant sur nos fronts, afin de terminer le travail au plus vite et sauver ainsi les œuvres les plus précieuses de l’inestimable bibliothèque des abbés Chodyński.

Ce jour-là, au matin, Monseigneur l’évêque Michał Kozal et le Père recteur Dr Korzyński avaient obtenu des autorités allemandes l’autorisation d’entamer une année académique au séminaire. Le soir de ce même jour, à 21 heures, nous avons tous été arrêtés : séminaristes, professeurs, l’évêque, les prêtres de Włocławek. On nous a donné 15 minutes pour faires nos bagages ! Seule recommandation des auxiliaires de police : emporter valeurs et argent liquide.

« Et les couvertures ? » demandons-nous,
« Vous pouvez» nous répond-on.
« Motif de notre arrestation ?»
« Vous partez en formation».
« Où ?»
« On ne sait pas».

C’est à ce moment-là que m’est revenu à l’esprit le proverbe appris par cœur au cours de langue allemande : « Wer einmal lügt, dem glaubt nicht, wenn er auch die Wahrheit spricht » ( traduction : On ne croit pas un menteur même lorsqu’il dit la vérité ). Ainsi donc, pensais-je, ceux qui ont menti ce matin, ne disent probablement pas la vérité ce soir.

Exactement 15 minutes plus tard, escortés par la police allemande, nous sortîmes du séminaire. En passant devant la chapelle, le groupe s’agenouilla et pria dans un grand recueillement. Ce fut un assaut vers le ciel et un appel vibrant à l’Aide divine. Après cette courte prière, naquit en moi une grande confiance dans la divine Providence ainsi qu’une paix profonde ; j’aurai suffisamment de force pour supporter le plus dur.

Un peu plus tard, la porte de fer de la prison de Włocławek se referma sur nous. On ne peut décrire par des mots ce que ressent un individu dont le seul fait d’être Polonais, prêtre, d’aimer son pays et son peuple, de les servir honnêtement, devient subitement une faute.

Chaque crissement de la clef ouvrant ou fermant la porte de notre cellule ravivait et renforçait le sentiment que la dignité humaine et que les droits humains les plus élémentaires étaient bafoués. Nous étions entassés à une cinquantaine dans l’ancienne chapelle, petite et vide, de la prison. Nous dormions à même le sol ; les manteaux servaient de couverture et la couverture, pour celui qui l’avait emportée avec lui, faisait office de couchage. Après plusieurs jours, nous reçûmes un peu de paille. Mgr Kozal était dans une cellule séparée.

Dans le registre de la prison, notre groupe était qualifié de « Sicherheitsschutzgefangenschaft » ( traduction : Détention pour des raisons de sécurité et de protection ). Que signifiait cette longue expression ? Selon l’explication sophistiquée de l’agent pénitentiaire, cela signifiait que s’il se passait quelque chose à Włocławek le 11 novembre, nous serions alors en sécurité sous la protection du Reich !

La vérité était tout autre : nous étions des otages et s’il advenait quelque chose lors de la fête du 11 novembre, nous serions fusillés. Du reste, le 11 novembre de nombreuses exécutions nocturnes eurent lieu dans la prison de Włocławek.

Au travers des fenêtres de notre prison, nous observions les mouvements des trains et voyions comment les Allemands pillaient la Pologne ainsi que le nombre de choses que, durant des mois, ils s’autorisèrent à emporter.

De tristes nouvelles nous parvenaient de la ville : la terreur y faisait rage. La population polonaise ne pouvait utiliser les trottoirs, elle devait marcher au milieu de la rue. L’usage de la langue polonaise était interdit. L’édition de livres et la parution de la presse étaient également prohibées ; les écoles polonaises étaient fermées. Les instituteurs étaient arrêtés. Seul paraissait un magazine allemand : « Leslauer Bote ».

Le quartier le plus pauvre « Grzywno » avait été détruit par le feu. La population était maltraitée et emprisonnée sans raison. On racontait aussi comment un groupe de personnes amenées dans la cour de notre prison furent alignées contre le mur, furent battues et obligées de se cogner la tête contre le mur … Des photos de ces événements paraissaient dans les journaux allemands avec la légende : « polnische Verbrecher » ( traduction : Criminels polonais ).

Le 16 janvier 1940, la température était très basse, une tempête de neige faisait rage. On nous a transférés à l’abbaye cistercienne des pères Salésiens à Ląd. Nous y fûmes internés et coupés du monde ; nous étions privés de liberté mais avions, au moins la possibilité de poursuivre nos études. Nous recevions par différents canaux des nouvelles du diocèse et du monde. Subitement, après la Fête-Dieu, un messager secret apporta à Mgr  l’évêque la nouvelle de l’exécution à Osięciny, dans la nuit du 23 mai, de deux prêtres: mon propre frère Józef et le chanoine Matuszewski. Apparemment, leur seul crime avait été l’organisation la procession de la Fête-Dieu à l’extérieur de l’église. Ce fut pour moi un choc très douloureux.

Le 26 août, jour de la fête de Notre-Dame de Częstochowa, notre séjour « bucolique » à Ląd prit fin de manière surprenante. Au matin, subitement, nous vîmes apparaître des SS enragés. Des voitures noires, semblables à des corbillards, s’arrêtèrent près du bâtiment. Comptage. Deux personnes manquent à l’appel. Menaces d’exécution.

Très vite, nous nous sommes retrouvés dans le camp de transition de Szczeglin, près d’Inowrocław.

Trois jours derrière les barbelés. A nouveau on nous a fait part des sévices atroces qu’on fait subir les colons allemands aux personnes arrêtées et envoyées au travail forcé. Pour le moindre manquement, voire même sans raison, les gardiens frappaient avec des triques en noisetier. Ceux que l’on achevait à coups de bâton étaient enterrés dans le jardin. J’ai pensé à m’évader mais ce n’était pas envisageable et encore moins possible.

Le 29 août, nouveau départ vers l’inconnu : à pied jusque Inowrocław, puis en train jusque Berlin.

Les SS  se comportaient avec nous de façon  de plus en plus brutale. De Berlin, on nous a envoyés plus loin,  dans des voitures noires ornées d’une tête de mort. Mais où allons-nous ? Où allons-nous ? En cours de route nous déchiffrons l’inscription sur un poteau indicateur : Oranienburg. Ensuite un bois. Dans le bois, des baraquements. Les voitures s’arrêtent. Qu’est-ce que c’est ? Nous n’en croyons pas nos yeux. « Koncentrazionslager Sachsenhausen ». Porte cochère métallique surmontée par l’inscription : « Arbeit macht frei » ( Traduction : Le travail rend libre ). Est-ce vrai ? Un camp de concentration ? Pour quel motif ? Pour quel motif ? Et qu’est-ce qu’un camp de concentration ?

Sous les coups et les cris des gestapistes : « los, los », nous entrâmes dans un camp de baraquements extrêmement propre. Cet ordre et cette propreté contrastaient de manière choquante avec ce qui s’y passait. Oui, même l’ordre et la propreté peuvent mentir !

C’était la nuit. Le camp était fortement éclairé. Les prisonniers dormaient déjà. En ce moment, ils étaient au moins libres en songe ! On nous a emmenés dans notre baraquement via la place d’Armes, immense et vide. Nous avons pu remarquer sur cette place les allers-retours effectués en courant par des prisonniers en costume rayé, les coursiers « Läufer ». Il fallait toujours traverser la place en courant – « im Laufschritt ». Lorsque je vis ces prisonniers-coureurs, j’eus l’impression qu’ils étaient fous. Nous reçûmes de la soupe du camp, soupe que personne ne but.

Le deuxième sentiment désagréable ressenti au camp le fut à la vue des gens tirant des charrettes – image parfaite de l’esclave du XXe siècle. Par la suite, je ressentis beaucoup d’autres émotions, ô combien horribles.

Le camp fut une réinvention de la machine à déshumaniser l’homme, un procédé complexe de fabrication d’une mentalité d’esclave. Tout ce qui s’y passait était subordonné au principe suivant : l’homme est un numéro, sans aucune valeur. Ici, on lui retirait tout : son nom, ses vêtements, ses effets personnels et le droit à un traitement humain. La faim constante, le froid, le travail souvent absurde et les chicaneries continuelles ainsi que l’incertitude liée au sort faisaient partie intégrante des journées sombres du prisonnier.

L’hôpital, appelé « rewir – le quartier » faisait aussi partie du système hypocrite du camp. On y soignait les blessures, on y mesurait la fièvre provoquée par la faim, le froid, le travail éreintant, les coups, … Et en même temps, c’était là que l’on constatait le bon fonctionnement de l’appareil de destruction des gens.

La seule admission au « quartier », à condition d’avoir de la fièvre ou d’être blessé, se déroulait selon un cérémonial qui, pour nous les prisonniers, était amusant. Après l’appel du matin, les malades étaient conduits en colonne. Ils attendaient dans le froid, la pluie et le gel, debout pendant des heures, quel que fût le temps. Et le froid à Sachsenhausen était intense ! Outre les prisonniers, les infirmiers, des médecins SS exerçaient à l’hôpital. Ils arrivaient plus tard. A leur arrivée, les ordres tombaient : Achtung ! Kehrt um ! Mützen ab ! Garde à vous ! Demi-tour ! Otez vos bonnets ! Comme ils interdisaient aux prisonniers de les regarder, les malades leur rendaient donc les honneurs en leur tournant le dos, avec mépris. Cette cérémonie nous causait beaucoup de satisfaction. Pour un instant, elle nous exaltait littéralement. Nietzsche y aurait trouvé une illustration parfaite pour son « Umwertung aller Werte » ( Traduction : Renversement ( ou réévaluation ) des valeurs ou encore transvaluation de toutes les valeurs ).

En nous imposant un travail pénible, inutile souvent et improductif, on nous détruisait physiquement et moralement. Ainsi, en automne 1940, on nous a obligés à porter une brique, les bras tendus, d’un endroit à un autre. Interdiction absolue d’alléger la tâche de quelque manière que ce soit en utilisant un fil ou un bout de ficelle ou en plaçant du papier. Toute la colonne de prêtres, entourée de gardiens, se déplaçait lentement, pas après pas, dans la pénombre. Sous les effets combinés de la fatigue et du froid, les mains s’engourdissaient, défaillaient, tout le corps, à peine protégé par le treillis à rayures, se raidissait. Une question nous obsédait : « Pourquoi faisons-nous cela ? ». Nos tortionnaires le savaient : c’était du mépris, de la torture mentale ! Afin de ne pas me soumettre à cette ineptie, afin de me calmer, de ne pas me révolter, je cherchais ma propre réponse, ma raison d’être.

Je l’ai trouvée grâce à mon imagination et ma réflexion : «  Avec cette brique que tu portes dans tes mains, tu bâtis une belle, une superbe église en action de grâce pour ton salut. Manqueras-tu de force pour la réalisation d’une telle œuvre ? ». Et toute la journée, en pensée, j’étais libre … Je faisais ce qu’on me disait de faire au camp mais dans un autre but, fictif en réalité, mais choisi par moi. Et cet objectif, pour un temps, a mobilisé toutes mes ressources dans le seul but de survivre.

Un peu avant la Noël est arrivé l’ordre de transférer tous les prêtres à Dachau. « Comment cela va-t-il se passer là-bas ? ». Mais le plus important, en ce moment, c’était que quelque chose changeait dans nos vies. Lorsque le 14 décembre notre train s’arrêta à la gare de Dachau, nous confiâmes notre sort futur entre les mains de la Mère de Dieu. À la stupéfaction des SS et de la population locale, de plusieurs centaines de poitrines jaillit le cantique « Serdeczna Matko » ( Mère Affectueuse ), Et à nouveau nous fûmes face à la porte cochère surmontée de la même inscription qu’à Sachsenhausen : « Arbeit macht frei ».

De l’autre côté de la porte, c’était plus ou moins la même chose, à l’exception du climat qui me paraissait plus supportable et de l’organisation du camp dont le fonctionnement interne dépendait de communistes allemands et de prisonniers de longue date qui, pour certains, avaient connus les débuts des camps en Allemagne. Nous retombâmes dans le système retors et hypocrite du recensement et des mensonges. Nous venions d’arriver et on s’inquiétait déjà de la cause de la mort à communiquer à nos familles si notre carrière de prisonnier devait s’achever ici. On nous pèse, et comment ! Ce n’est pas pour cela qu’on nous donnera une ration supplémentaire de pain s’il nous manque quelques kilos. On nous mesure. On définit même notre type anthropologique. Ensuite, des lèvres des bureaucrates SS, fusent les questions suivantes : « De quelles maladies avez-vous souffert ? A quelles maladies êtes-vous sujet ? Quelles sont les maladies infantiles dans votre famille » …

On m’a attribué le numéro 22.817. Au début, tous les prêtres, et puis, presque tous les prêtres, ont été affectés aux tâches les plus dures et les plus difficiles « dans les plantations ». Personnellement, le sort m’a un peu souri par la suite car pendant un temps j’ai travaillé dans la menuiserie, « à l’intérieur », ce qui était le rêve de chaque prisonnier.

Dans ce camp également, le travail était planifié pour épuiser et exterminer physiquement et moralement mais après la déroute de Stalingrad, il a été décidé d’exploiter nos forces pour un travail productif et utile.  Nous devions à ce fait providentiel l’autorisation de recevoir des colis en provenance de nos familles. Mais après un certain temps, les colis aussi disparurent. Et s’ensuivirent, à nouveau, une grande famine, le typhus, des jours de grande terreur.

Les gens tombaient comme des mouches et parmi eux des personnes de grande valeur : le séminariste Tadeusz Dulny, le prêtre Frelichowski, l’évêque Kozal, le prélat Kaczorowski, … et beaucoup, beaucoup d’autres. En général, de nombreux intellectuels polonais périrent à Dachau.

Si, d’une part, nous étions effarés par la rapidité avec laquelle les gens périssaient, nous étions étonnés, d’autre part, par les résistances morale et physique miraculeuses d’un grand nombre de prisonniers face à tout ce qu’ils subissaient au camp.

La dernière période de notre vie à Dachau a été très dramatique. La guerre touchait à sa fin. Le front se rapprochait. La liberté approchait et notre vie était très incertaine et menacée. « Qu’est ce qui nous attend ?  Soit nous allons périr pendant l’évacuation du camp, soit les SS vont nous exterminer dans le camp avant de se rendre ». Des évacuations fictives furent organisées. Nous, les prêtres, célébrâmes une neuvaine à Saint-Joseph. Le dernier jour de la neuvaine tombait le dimanche 29 avril 1945. Ce fut le jour de notre libération.

Ks Kurzawa

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0930 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Couverture.
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0931 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Exemplaire de Ks Bolesław Kurzawa.
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0932 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Comité de rédaction.
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0933 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Page 140 : Ks Bolesław Kurzawa.
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0934 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Page 141 : Ks Bolesław Kurzawa.
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0935 : Biographie d’anciens prisonniers politiques des camps de concentration allemands : Page 142 : Ks Bolesław Kurzawa.

 

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