0064 – La villa Joujou

Si vous êtes de ceux qui pensent que ce sont les garçons qui faisaient les pires bêtises à Comblain … vous vous trompez ! Les filles étaient capables d’en faire de fameuses aussi. Elles étaient même parfois « pires » que les garçons. Si, si.

L’histoire que je vais vous raconter est véridique. Elle m’a été soufflée et confirmée par plusieurs « participantes ». Mais rassurez-vous, je ne citerai aucun nom. Il n’y aura – non plus – aucune photo personnelle pour accompagner ce texte. Même si, après tout ce temps, il y a prescription, je ne voudrais pas torturer inutilement celles qui ne sont pas tout à fait en paix avec leur conscience et dont la culpabilité tiraille encore un peu. Pour les autres, celles qui faisaient partie du groupe et n’ont aucuns soucis avec ce qui suit, s’il vous plaît, aidez-moi à préserver l’anonymat de toute la bande.

C’était donc un groupe de filles, très unies autour d’une monitrice, appréciée et respectée. Elles allaient se promener, comme tous les autres enfants de la colonie, à travers le village et les alentours. Elles ne cherchaient pas forcément l’aventure et n’avaient pas forcément envie de la provoquer. Jusqu’au jour où …

Lors d’une balade vers Comblinay ( en direction du château de Fanson ), elles ont aperçu une sorte de villa qui les a intriguées. Un peu craintives au début, elles se sont finalement approchées pour voir la villa de plus près.

C’est vrai que l’édifice était particulier. L’environnement dans lequel il était posé lui conférait un certain cachet. On aurait dit un peu la villa du film « Shining » dans laquelle des apparitions subliminales font perdre la tête à Jack Nicholson. Bref, cette villa avait quelque chose de fascinant, d’attirant. Un vrai joujou. D’ailleurs, elle s’appelle comme ça : la villa Joujou.

Le lendemain, bizarrement, c’est dans la même direction que l’escapade du matin était programmée. Au lieu de flâner en cours de route, comme habituellement, les filles se sont hâtées d’arriver devant la villa. Elle était toujours aussi attirante, toujours aussi déserte. « Et si plus personne n’habitait là ? »

En tout cas, l’endroit semblait inhabité. Comme il n’y avait personne, ni dans le coin, ni dans les environs, nos aventurières se sont approchées encore plus près. Tout près. Il y a bien une petite voix intérieure qui leur disait : « Vous n’avez pas le droit d’être là ! ». Mais s’il fallait toujours écouter sa raison … on ne s’amuserait pas souvent. Et puis, l’endroit était abandonné, c’était sûr … enfin probable … enfin peut-être.

Le jour suivant, avant même que la monitrice ne dise aux filles où aller, spontanément, elles se sont retrouvées « par hasard » devant la fameuse villa. Ce jour-là, ce n’était plus le jour de se poser des questions ou de lutter contre sa culpabilité. « On devrait rentrer pour vérifier si c’est vraiment abandonné ». La porte était fermée. Elles ont essayé les fenêtres … mais c’était « juste pour essayer ».

D’ailleurs, une des fenêtres fermait mal, c’était bien la preuve du peu d’intérêt des propriétaires pour leur bien. En la poussant juste un peu … elle s’est ouverte. « Cette fenêtre-là n’attendait que ça ! ».

La première fille qui est entrée, par la fenêtre, avait quand même une certaine appréhension. « Ça ressemblait un peu à une effraction, mais quand c’est par la fenêtre, c’est quand même moins grave … non ? ».

Quand tout le groupe s’est retrouvé dans la pièce, elles ont commencé à visiter. Elles étaient quand même venues pour ça.

Il n’y avait pas grand-chose dans la villa. À peine quelques meubles et quelques bibelots. On aurait dit que les proprios cherchaient à faire croire que l’endroit était encore occupé. Mais la ruse était grossière et le subterfuge peu crédible. Ce n’est pas la boîte de cigares, posée nonchalamment sur le coin de la table, qui allait tromper nos investigatrices.

D’ailleurs, ces cigares, c’était de la provocation. On ne laisse pas des cigares comme ça … au coin d’une table. Passez à côté, sans en fumer au moins un, ce serait grotesque. En plus, ils étaient bons.

Quand elles ont eu fini de fumer, elles sont rentrées à la colonie, gentiment.

Le lendemain, les filles n’avaient plus envie d’aller de côté de Comblinay … pourquoi faire ?

Elles ont décidé de changer de terrain de chasse. C’est donc de l’autre de l’Ourthe qu’elles sont parties ; vers Fairon.

Chemin faisant, elles ont aperçu une villa pas trop moche. Il y avait même une piscine. La classe. Et … il faisait si chaud. Et … on aurait dit qu’il n’y avait personne dans la villa. Et … c’est « quand même moins grave de pénétrer dans une piscine privée que dans une villa ! » Le plus gros avait déjà été fait … Elles ont donc passé un très bon moment à nager dans cette piscine.

Les jours suivant, il a fait très chaud aussi. Cette piscine a beaucoup servi. Que des bons souvenirs quoi.

Et moi qui leur donnais le bon dieu sans confession …

30/05/2016 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0358 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0359 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0360 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0361 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0362 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.
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0363 : COMBLAIN-LA-TOUR : La Villa Joujou.

 

 

0055 : C’était le poisson d’Avril 2016

Une fois n’est pas coutume … je sais que nous ne sommes pas lundi, mais je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous la bonne nouvelle. Ça y est, nous tenons notre « activité » principale pour notre prochaine rencontre de septembre 2016.

Rappelez-vous, la dernière fois – en septembre 2015 – le défi était de faire « Comblain-la-Tour / Hamoir » aller et retour, en longeant l’Ourthe pour l’aller et en traversant les bois pour le retour. Et nous l’avons fait ! Facilement. Donc, il fallait trouver quelque chose de plus ardu. Quitte à prendre un peu de hauteur.

Nous avons donc pris contact avec une société d’escalade, qui connaît bien le Rocher de la Vierge, et qui a accepté de nous aider à l’escalader … par la face nord … c’est-à-dire à la verticale. Les photos en annexe illustrent parfaitement ce projet.

Ne vous inquiétez pas, ils ont l’habitude. L’important, c’est de bien rester collé à la paroi. Si vous faites comme sur les photos, il n’y aura pas de problèmes. En plus, ce n’est QUE 60 mètres … pas de quoi fouetter un chat.

Nous grimperons par grappe de 5 personnes.

En général, on peut aller jusque 8, mais vu notre manque d’expérience et la très légère « surcharge pondérale moyenne », les spécialistes préfèrent que nous montions 5 par 5.

Les grappes seront mixtes. Donc, mesdames, évitez de mettre des jupes … ça pourrait distraire les suivants.

On a prévu deux boîtes de secours : Eveline s’occupera des sparadraps, des bandages et du flexion gel. Czésiu s’occupera de la Wyborowa, de la Żubrówka, de la Wiśniówka et de la Stella … comme d’habitude.

D’ailleurs, avant l’escalade, on nous conseille de boire « une saké » et ensuite … banzaï.

Pour ceux qui ont encore une légère crainte, rassurez-vous, il sera possible de souscrire une petite assurance ( pas obligatoire ). Cette police d’assurance ( 9 € / personne ) couvrira tous les frais en cas de chute ; y compris les frais relatifs aux dégâts que des chutes pourraient causer au domaine de la SNCB.

L’assurance couvre également les chutes partielles ( dentiers, prothèses, … ).

Avant de se lancer, nous aurons droit à un petit cours théorique qui comprend : l’ABC de l’escalade à la verticale, les bons gestes à acquérir, le maniement des cordes et des mousquetons et la descente en rappel.

Les particularités du Rocher de la Vierge seront également expliquées avec moult détails. Vous trouverez déjà, en annexe, un petit schéma pour vous familiariser.

Ah oui, encore un détail, avant de grimper, il faudra manger léger, donc le repas principal sera organisé après la descente ; avant, nous n’aurons qu’un « en-cas ». Par contre, l’apéritif sera prolongé.

Voilà, j’espère que tout le monde appréciera cette initiative qui permettra de nous éclater en plein air… Je suis sûr qu’on va beaucoup s’amuser. J’en connais qui ont déjà hâte d’y être.

Premier avril 2016 – JP Dz

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0300 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0301 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0302 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0303 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0304 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0305 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0306 : L’activité que nous avons prévue pour vous en septembre 2016
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0307 : COMBLAIN-LA-TOUR : Rocher de la vierge.

0040 – Les Anciens de Comblain mènent l’enquête ! ( 1 )

Bonjour à tous et à toutes :

Les Anciens de Comblain mènent l’enquête ! ( 1 ) :

Compte rendu des faits :

Ce matin-là, quand nous nous sommes rassemblés pour la levée du drapeau, nous nous sommes rendu compte que le mât avait disparu ! ! !

Tout le monde était là, comme d’habitude, les garçons à droite, les filles à gauche, en file indienne… mais l’élément principal du rassemblement manquait. C’était la stupeur générale ! Quelqu’un avait volé le mât.

Au début, c’était surtout l’inquiétude qui se lisait sur les visages incrédules ; surtout celui des filles.

Chez les garçons, il y en avait quelques-uns qui arboraient comme des petits sourires en coin… qui en disaient long. Donc, très vite, les soupçons se sont portés vers les garçons… mais qui ?

Le Chef moniteur avait beau interroger, insister, menacer, faire les gros yeux… le ou les auteurs du méfait ne se dénonçaient pas.

Le crime était d’ampleur. On s’était attaqué à un symbole. C’était un crime de lèse-majesté. Impensable. Inqualifiable… et très amusant. D’ailleurs, quand tout le monde a compris que c’était quelques garçons, courageux et espiègles, qui avaient fait une farce, c’est un large sourire qui illuminait tous les visages.

Le Chef moniteur s’impatientait. Mais il comprenait aussi qu’il avait devant lui, toute la colonie qui se marrait discrètement. Devant ce silence et cette unanimité, il a décrété : « Personne n’ira déjeuner tant que le mât ne sera pas remis en place ».

Au bout d’un long moment, on a vu certains garçons s’échanger des regards complices. La farce était réussie, certes, mais les ventres criaient famine. Ils auraient préféré remonter le mât, en toute discrétion, la nuit suivante ! Mais, là… tout le monde était pris en otage. Ça commençait à faire long…

Donc, contraints et forcés, les petits farceurs sont sortis du rang, sont allés dans le parc et ont ramené le mât, sous les applaudissements nourris de la jeune assistance. Tout le monde ne riait pas.

Les témoignages :

Cette « affaire » nous a été racontée par différents témoins, de générations différentes, avec tant de détails différents, qu’il n’est pas impossible que le « crime » ne se soit répété plusieurs fois !

Mais alors… quand ?… qui ?… comment ?… avec quelle complicité ?… ? avec quelle conséquence ?

Nous avons décidé d’ouvrir une enquête.

Appel à témoins :

Si vous aussi, vous avez assisté à ces événements, ou à des événements similaires, vos témoignages nous intéressent. Rassemblez vos souvenirs. Creusez vos mémoires. Fouillez dans votre passé. Tous les détails sont importants. Il faut absolument retrouver le et les auteurs, le ou les commanditaires, le ou les complices.

Ne vous inquiétez pas… vu la gravité des faits… ils ne risquent qu’une chose… notre sympathie éternelle.

Ce que nous savons déjà :

  • Au moins un de ces crimes a été perpétré en juillet ( peut-être en 1973 ? )

Ce que l’enquête doit démontrer :

  • Combien de fois le mât a-t-il disparu ?
  • En quelles années ces événements se sont-ils déroulés ?
  • Quels sont les ( courageux ) garçons qui sont les auteurs de la farce ?
  • Qui était le ( les ) chef( s ) de la bande ?
  • Comment les faits se sont-ils déroulés ?
  • Quels étaient leurs complices ? Il fallait des outils pour démonter le mât.
  • Où le mât était-il caché ?
  • Quelle a été la punition ?

Tous vos témoignages sont attendus au : jpdziewiacien@skynet.be

Dominique Stefanski et moi-même, nous nous chargerons d’éclaircir cette obscure affaire.

On compte sur vous. Merci d’avance.

21/12/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

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0209 : COMBLAIN-LA-TOUR : le mât : ( ? ) ; …
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0210 : COMBLAIN-LA-TOUR : le mât : ( ? ) ; … ; Malgosia Jaroszewska, la monitrice ; Gisèle Wojas ; au drapeau : Elisabeth Rozenski.
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0211 : COMBLAIN-LA-TOUR : le mât : Pan Jan ; Dr Wilczek ; Mr Paterka ; Mme Bardo ; ….
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0212 : COMBLAIN-LA-TOUR : 1978 – le mât : ( ? ) ; …
0213
0213 : COMBLAIN-LA-TOUR : le mât : Fabienne Laffut ; Piotr Rozenski ; Béatrice Laffut ; Michel Konarski ; Isabelle Swiderski ; Richard Szymczak ; ( ? ) ; Freddy Motala ; ( ? ).

 

0023 – les jolies colonies de vacances

« Ah, les jolies colonies de vacances, merci maman, merci papa.
Tous les ans, je voudrais que ça r’commence.

You kaïdi aïdi aïda. »

Pierre Perret n’a pas connu Comblain-la-Tour. C’est dommage pour lui. Mais, à écouter ses paroles, on se dit qu’il a quand même dû connaître l’ambiance des colonies. Sinon comment aurait-il pu si bien les décrire ?

Bien sûr, par moments, il exagère. Quoi que

À Comblain, on ne respirait pas « la fumée d’l’usine d’à côté » et on n’allait pas « jouer dans la décharge municipale », mais nous avions le rocher de la Vierge. L’escalader avec des dizaines de petits, c’était le sommet de l’inconscience.

Nos surveillants à nous, non plus, n’étaient pas méchants. « Ils ne ronflaient pas les trois quarts du temps », mais étaient parfois « ronds comme des queues d’pelles ». Quand on est polonais… on est polonais.

« You kaïdi aïdi aïda »

Avec l’âge, on est devenu, à notre tour, des moniteurs et des monitrices. Et on a reproduit ce qu’on avait appris.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir puni en « attachant en plein soleil, tout nus barbouillé d’confiture ». D’ailleurs, on n’avait pas de confiture à notre disposition. Et le sirop de Liège, qu’on mangeait à 16 heures, était trop bon que pour le gaspiller. Mais nous avions nos propres méthodes. Surtout quand la troupe était difficile.

Le groupe le plus difficile que j’ai eu le « privilège » de gérer, nous a fait perdre, à mon sous-moniteur, Géniu Bujanowski, et à moi, notre patience et… quelques cheveux. Il faut dire que c’était une bande de cracs.

Le hasard avait réuni là tout ce que l’indiscipline, la provocation et la flemme avaient fait de mieux.

Impossible de les faire avancer. Impossible de les motiver. Impossible de tout.

Parmi eux, le plus terrible, c’était Freddy Motala. Celui-là était tout simplement ingérable.

Totalement rétif à toute forme d’autorité. Une véritable tête de cochon. Il ne pensait qu’à nous fausser compagnie pour « J’vous quitte là, j’vais voir ma fiancée, une vieille qu’a au moins ses dix berges ».

« You kaïdi aïdi aïda »

Le pire, c’est que c’était – déjà – un meneur et que ces conneries amusaient tellement les autres du groupe qu’ils essayaient tous de l’imiter. Il nous a épuisés Géniu et moi. D’autant plus que l’énergie qu’il fallait déployer pour contenir ses débordements, nous ne l’avions plus – ou beaucoup moins – pour draguer les filles.

Ce qui – tout le monde le comprendra – était évidemment la principale préoccupation des moniteurs.

On a donc essayé d’innover dans l’art de « mater ». Mais le bougre était coriace.

Quelques années plus tard, Freddy Motala a rejoint le KSMP de Mons. Moi, j’étais déjà parti.

Mais un jour, il est venu à la maison, avec Géniu, et nous avons reparlé de ces années autour d’un verre.

Freddy était volubile et intarissable. Il se souvenait d’une foule de détails que nous avions enterrés profondément dans nos mémoires ( sans doute, un peu, par culpabilité ). Il racontait « nos méthodes » avec un plaisir communicatif. Il riait des punitions qu’on lui affligeait et de brimades qu’il subissait.

« You kaïdi aïdi aïda »

C’est lui qui nous a rappelé que pour faire marcher la troupe, un de nous se mettait en dernier et bottait le cul du dernier enfant de la file… c’était souvent Freddy. Il bondissait alors devant, et c’est le nouveau dernier qui trinquait. Et ainsi de suite…

Il riait en racontant comment nous le faisions redescendre de son lit, dont il occupait le matelas du haut, et remonter autant de fois qu’il le fallait pour qu’il arrête de nous emm…

Il était écroulé de rire au souvenir d’avoir été enfermé, pendant la sieste, dans une armoire métallique avec des « pschitts » de bombe anti-moustiques à travers les trous d’aération. Quelle horreur !

Mais le pire de tout, c’est le jour où nous avons décidé, Géniu et moi, pour être tranquille quelques jours, de leur apprendre à danser comme des « gόrales ». Les convaincre n’a pas été compliqué. Nous leur avons expliqué que c’était pour le feu de camp. On a donc taillé, la veille, des bâtons pour en faire des « czupagis » et dès le matin, nous avons commencé un entraînement intensif. Très intensif. Très très intensif.

Bien sûr, nous savions qu’elle serait la conséquence. Nous-mêmes, pour montrer comment il convenait de faire, nous faisions preuve de beaucoup de retenue et d’économie. Eux par contre, ils y allaient de bon cœur… toute la journée. Le lendemain matin… aucun d’eux n’a su descendre les escaliers pour aller déjeuner. On a dû les porter. Les deux jours qui ont suivi, nous avons pu – enfin – draguer un peu.

«You kaïdi aïdi aïda »

À peine quelques mois plus tard, Géniu m’annonçait que Freddy s’était suicidé.

En suivant son enterrement, je n’ai pas pu m’empêcher de repenser à tous ces souvenirs mémorables.

À cette tête de cochon, qui n’en faisait qu’à sa guise, mais qu’on ne pouvait qu’aimer.

Trente ans après, son souvenir reste intact. C’est bien la preuve qu’il nous manque.

Freddy, je suis sûr que tu es au paradis… J’espère que tu les fais ch… un maximum. N’hésite pas à leur pourrir leur éternité. Ils n’auraient pas dû, si vite, te reprendre à nous.

« You kaïdi aïdi aïda »

 07/09/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien – https://anciensdecomblain.com/

0114 : -COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : Patrick Magdaj ; Cécile Dannielewski ; Michel Konarski ; Hélène Piech ; Freddy Motala ; Christine Piech.
0114 : – COMBLAIN-LA-TOUR – 1977 : Patrick Madaj ; Cécile Dannielewski ; Michel Konarski ; Hélène Piech ; Freddy Motala ; Christine Piech.
0115 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Devant le drapeau : Piotr Rozinski ; Michel Konarski ; Richard Szymczak ; Freddy Motala.
0115 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Devant le drapeau : Piotr Rozenski ; Michel Konarski ; Richard Szymczak ; Freddy Motala.
0116 : COMBLAIN-LA-TOUR - 1979 : Piotr Rozinski ; Freddy Motala.
0116 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1979 : Piotr Rozenski ; Freddy Motala.
0117 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Freddy Motala ; Piotr Rozinski ; Michel Konarski.
0117 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Freddy Motala ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski.
0118 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Freddy Motala ; Piotr Rozinski ; Michel Konarski.
0118 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Freddy Motala ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski.
0119 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Freddy Motala ; Piotr Rozinski ; Michel Konarski.
0119 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Freddy Motala ; Piotr Rozenski ; Michel Konarski.
0120 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Dans le parc : Freddy Motala ; Fabienne Laffut ; Michel Konarski.
0120 : COMBLAIN-LA-TOUR – 1980 : Dans le parc : Freddy Motala ; Fabienne Laffut ; Michel Konarski.

0012 – La famille Bardo

Bonjour à tous et à toutes,

La famille Bardo est indissociable de Comblain-la-Tour. Mr et Mme Bardo ont consacré leur vie au bon fonctionnement de la maison polonaise. Ils ont largement contribué – avec quelques autres – à nous laisser Comblain en héritage. Photos 68 et 69.

Les anecdotes concernant Mr ou Mme Bardo sont légions.

Personnellement – et comme à mon habitude – je me contenterai d’aborder le sujet par le « petit bout de la lorgnette ».

Cette année-là, mon moniteur était un certain Krystof  ( en rouge sur la photo n° 70, juste à droite de Ks Kurzawa ). C’était un gars robuste, bien dans sa tête et bien sur ses jambes. Membre des scouts du Limbourg, il était le responsable du groupe Wisła.

Son autorité naturelle et son sens du respect en imposaient.

Moi, je devais avoir 8 ou 9 ans. Notre groupe était composé d’une bonne quinzaine d’enfants de mon âge.

Toute cette joyeuse troupe logeait dans la petite maison au bord de l’Ourthe. Nous disposions de 2 petites chambres et 2 grandes, réparties au rez-de-chaussée et au premier étage. Avec un chef comme Krystof, nous marchions droit et personne n’avait jamais rien à nous reprocher. Jusqu’au jour où…

C’était un vendredi après le repas de midi. La consigne nous imposait, à tous, une sieste d’une heure et demie. Nous étions donc en chambre – dans un calme relatif – à lire ou à écrire aux parents, quand… tout d’un coup… et sans vraiment savoir pourquoi… la pagaye s’est installée : bataille générale de coussins. Je ne sais pas qui a commencé, mais Krystof a laissé faire. Pire, il s’y est mis aussi ! Attiré par le bruit et les cris, les enfants des 3 autres chambres sont arrivés et tous se sont jetés dans une bagarre totale : Krystof et son sous-moniteur contre tous les autres. Très vite, des plumes ont volé dans toute la chambre. On aurait dit des belettes dans un poulailler.

Rapidement, les matelas se sont érigés en barricades. Tout ce qui pouvait servir de matériaux pour construire des remparts était réquisitionné ; tout ce qui pouvait servir d’arme était utilisé. Des couvertures sont passées par la fenêtre, des draps aussi. C’était le chambard absolu. La chambre ne ressemblait plus à rien ; si à un champ de bataille. Mais le pire était encore à venir…

Quand la première tomate s’est écrasée contre le mur… il y a eu un moment de stupeur. Qui avait osé dépasser les bornes ? Qui avait ramené, la veille, du marché de Comblain-au-Pont ces tomates ? Et qui les sacrifiait maintenant comme projectiles ?

Mais quand la deuxième s’est écrasée à son tour, l’hystérie collective a repris de plus belle. C’était l’apocalypse, le breakdown.

On ne s’était jamais autant amusé.

Nos cris de joie devaient s’entendre de loin et ont fini par attirer l’attention de Mr Bardo. Personne ne l’a vu arrivé. Nous avions mieux à faire. Quand il est apparu dans l’encadrement de la porte… et qu’il a vu le « bałagan »… il a jeté ses bras en l’air en hurlant : « Skandal, skandal ». Et il est reparti, en courant, chercher Ks Kurzawa en continuant à crier « Skandal, skandal ».

Cette courte apparition, nous a tétanisés. C’était comme-ci, en une fraction de secondes, nous prenions enfin conscience de la gravité de la situation. Nous avions dérapé. La folie collective faisait maintenant place à une culpabilité douloureuse. Mais très vite, notre instinct de conservation nous a dicté le bon réflexe : tout remettre en place. Vite. Très vite. Tout me monde s’y est mis.

Les uns ramassaient les plumes, les autres refaisaient les lits. Celui-là est descendu ramasser ce qui était dehors, et celui-ci frottait les taches de tomates. Le balai, la ramassette, les torchons, mais aussi les essuies, les gants de toilettes et… les brosses à dents, tout s’est mis en action en même temps pour effacer les traces du dérapage. Et pourvu que Ks Kurzawa tarde à venir…

Heureusement, le bon Dieu est du côté des « repentis ». Ks Kurzawa était loin. Sans doute au fond du parc à lire son bréviaire comme tous les jours. Le temps que Mr Bardo le retrouve, lui explique et le ramène, dix minutes s’étaient écoulées.

Et quand, finalement, ils ont fait irruption dans la chambre, tous les deux, essoufflés, c’est un calme absolu qui y régnait.

Nous étions couchés, sagement, sur nos lits ; chacun sur le sien. Krystof et le sous-moniteur étaient assis un livre à la main. Ils avaient même l’air d’être étonnés par cette visite impromptue. On entendait voler les mouches.

Mr Bardo s’est agenouillé pour voir en dessous des lits : rien. Ils ont ouvert quelques armoires métalliques sans rien trouver d’anormal. Ils ont cherché les tomates. Quelles tomates ? Se sont précipités sur la poubelle : vide et propre.

Aucun des deux n’a ouvert la bouche. Qu’auraient-ils pu dire ? Leurs visages reflétaient une colère contenue, mais impuissante.

Ils ont fini par redescendre, la « queue entre les jambes ».

Quand ils ont été suffisamment loin, nous avons éclaté de joie ! On s’embrassait les uns les autres. C’était un immense soulagement.

J’ignore si, après cet épisode, Krystof a été « recadré ». Il n’en n’a jamais parlé. Mais notre affection pour lui s’est encore accrue.

Quant à Mr Bardo… je n’ai pas raconté cette histoire pour le diminuer. Au contraire. Il jouait parfaitement son rôle.

Dans le petit jeu du chat et de la souris, cette fois-là, c’est nous qui avions gagné. Mais lui aussi a gagné.

Il a démontré qu’il protégeait NOTRE héritage, mais que, dans le fond, il nous aimait bien.

Il a prouvé qu’il n’était pas rancunier et jamais il n’est revenu sur l’incident.

Il représentait une autorité que notre statut d’adolescent nous dictait de provoquer. Les relations n’ont pas toujours été simples.

Mais, tout compte fait, il mérite bien notre tendresse.

Panie Bardo, dziękujęmy wam za wszystko.

Sur la photo 71, Pan Bardo admire sa fille – la très belle Alice – qui exécute une danse des gitans avec une grâce absolue.

03/08/2015 – Jean-Pierre Dziewiacien

0068 - COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0068 – COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0069 - COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0069 – COMBLAIN-LA-TOUR : la famille Bardo
0070 - COMBLAIN-LA-TOUR – Dans le parc en nocturne : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Franek Klimanowicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Krystof ? ; Ks Kurzawa
0070 – COMBLAIN-LA-TOUR – Dans le parc en nocturne : ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Franek Klimanowicz ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; ( ? ) ; Krystof ? ; Ks Kurzawa
0071 - COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko – de jour – devant le perron : Les danseuses : ( ? ) ; Alice Bardo ; ( ? ) Sur l’escalier à gauche : Mr Bardo
0071 – COMBLAIN-LA-TOUR : Ognisko – de jour – devant le perron : Les danseuses : Thérèsia Swierkowicz ; Alice Bardo ; ( ? ). Sur l’escalier à gauche : Mr Bardo

C’est VOTRE tour … racontez-nous vos chahuts, vos chambards et toutes les bêtises que vous avez faites à Comblain.

Nous sommes impatients de vous lire.